LE VOYAGE DE JENORME

26 février 2015

BIARRITZ ET GRANDES MARÉES (64)

"On nous fera pas le coup deux fois !"
C'est ce qu'aurait pu dire le maire de Biarritz après les inondations à répétition de l'année dernière qui ont touché la ville. D'ailleurs, peut être qu'il l'a dit. Je sais pas. Faut voir.
En tout cas, il fallait prendre des mesures. Des mesures ont été prises. Jénorme est allé voir.

Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

 

Souvenons-nous, l'année dernière.
Biarritz, la côte basque dans son ensemble et les Landes connaissaient plusieurs inondations successives suite à une conjonction malheureuse d'éléments naturels, composés de pleine lune, grande marée et fortes pluie. Quelques images surréalistes et souvent désagréables apparaissaient alors aux yeux des Sud-Ouestistes.

Bayonne 2014      Bedous 2014
Bayonne et son boudin                                       Water-rugby à Bedous

Biarritz 2014 luno      Les Landes 2014
Anglet, Lumo pour tous                                         Les Landes en XL

 

De son côté, Biarritz tentait de faire face à des vagues de plus de 10 mètres de haut en confectionnant une vague de sable de 12 mètres. Cette dune artificielle était censée parer aux inondations à répétition qui touchaient le casino.

Biarritz 2014         Biarritz 2014
Vagues de sable

Malheureusement, celle-ci céda, engloutie par l'océan. Barres tordues, fenêtres arrachées, baies vitrées explosées. Un phénomène qui ne s'était pas produit depuis 40 ans.
Allez, maintenant, c'est l'heure de se poser une batterie de questions. Comment Biarritz et ses établissements de bord de mer se préparent-ils en cette année 2015 alors que les autorités annoncent de très grandes marées ; et même LA marée du siècle pour le 21 mars ? Qu'en est-il des préparatifs ? Comment faire face ? Quelles autres mesures prendre pour éviter à nouveau les inondations ? N'y a-t-il pas un moyen d'exploiter cet abus soudain d'eau ? Et pourquoi ne faut-il pas dire "fontaine je ne boirai pas de ton eau" ? Et si on ajoute du Ricard dedans, est-ce que la formule est toujours valable ? Et si non, pourquoi ? Mais si oui, alors pourquoi pas ?  Et Superman dans tout ça, qu'est-ce qu'il fait pour la ville ?

Bon, très bien. 

 

L'AN DE GRÂCE 2015
Après avoir lu le journal qui annonçait de biens belles initiatives qui te foutent la pêche, un peu comme celle-ci, par exemple :

À 109 ans, il tricote des pulls pour les manchots blessés

penguin-foundation-phillip-island"Il n’y a pas d’âge pour s’investir dans une cause environnementale. Pour preuve, l’homme le plus vieux d’Australie passe son temps à tricoter manteaux et gilets pour des manchots mis en danger par l’activité humaine. Un symbole positif qui en inspirera plus d’un.

 Le plus « ancien » d’Australie
Alfie Date a 109 ans et ses journées sont bien remplies. Entouré d’autres bénévoles, il tricote sans relâche des pulls à destination de Manchots pygmées d’Australie d’un refuge local. Aussi appelée Little Penguin, la petite bête s’est vue menacée par une marée noire en 2001. Après le renversement d’un pétrolier près de Phillip Island, la Penguin Foundation, centre de réhabilitation pour pingouins, va venir en aide à 483 manchots. Beaucoup d’autres sont probablement morts à cause dans cette catastrophe. Les pingouins sauvés étaient englués dans du pétrole, et rien, excepté une carapace spéciale (ou l’arrêt de l’activité pétrolière, ne rêvons pas), ne pourrait éviter un futur accident de ce type. L’idée du pull en laine va alors émerger.

En 2013, la Fondation de protection des manchots de Phillip Island a lancé un appel à l’aide international. Des centaines de « tricoteurs » du monde entier vont répondre à l’appel du projet Knits For Nature. 96% de ces pingouins ont ainsi pu être remis en liberté en toute sécurité. Alfie, aujourd’hui en maison de retraite, fait partie de ces merveilleux bénévoles qui donnent de leur temps et de leur savoir-faire pour habiller ces oiseaux désormais protégés.

Rempart contre le pétrole
A ce jour, on recense pas moins de 32.000 pingouins sur l’île. Le pétrole a tendance à se coller facilement dans les plumes de ces manchots. Ceux-ci lissent leur corps de leur bec pour se nettoyer. Ils ingèrent alors le pétrole qui devient mortel. Ils ne peuvent plus manger et, dans le moins pire des cas, se mouvoir ou réguler leur température. L’idée peut sembler saugrenue, mais elle peut être vitale pour ces créatures. Et tant qu’à se rendre utile, pourquoi ne pas décorer ces vêtements ? Pour inciter les participants, le projet va prendre des allures de défilé de mode. Un concours fut organisé pour sélectionner le pull animalier le plus tendance. Les 6 gagnants sont visibles sur la photographie.

Considéré comme un bienfaiteur des manchots de l’État de Victoria, l’histoire de Alfie Date, à la fois incroyable et emprunte de simplicité, fait aujourd’hui le tour du monde. Un message à retenir : petit ou grand, le colibri a fait sa part."  MONDIALISATION.ORG

 

Après avoir pris des nouvelles de ma Nièvre natale qui n'en finissait pas de s'interroger sur ce mystérieux fait divers survenu dans la petite ville de La Machine un certain jour de novembre 1973...

Trente-huit ans après, le mystère de l'esprit frappeur de La Machine demeure entier

La Machine esprit frappeur"En novembre 1973, à La Machine, un curieux phénomène va durer près d'un mois. Un esprit frappeur, dans le mur d'une chambre, répond aux questions qui lui sont posées. Aujourd'hui, le mystère est toujours entier.

Commence alors une incroyable histoire et une enquête menée par l'adjudant Bernard Guilbert, à l'époque commandant de la brigade de La Machine.
Ce dernier, aujourd'hui en retraite à Imphy se souvient parfaitement des faits : « J'ai constaté à plusieurs reprises le phénomène et j'ai personnellement pu discuter avec l'esprit ».
L'affaire fait évidemment grand bruit à tel point que les Machinois et autres curieux, venant parfois de fort loin, se rendent en nombre dans la maison qui semble hantée.
Des scientifiques sont aussi là : « Pas mal de charlatans également », commente Bernard Guilbert. L'histoire paraît surréaliste, un esprit frappeur tape dans la cloison de la chambre d'un adolescent et il répond même à des questions précises.
« On lui a demandé les arrivées du tiercé, qu'il a donné d'ailleurs. Il était aussi capable de rythmer des marches militaires, ou des chansons de Marie Laforêt. Il a répondu à des questions très personnelles que je lui ai posées. Bref, c'était véritablement déstabilisant. Mes gendarmes étaient, du reste, perturbés. »
« Forcément, on a mené une enquête sérieuse. On a fait des planques. On a placé des gendarmes partout, à l'étage, derrière la cloison, au sous-sol, dans le jardin. Rien, il n'y avait rien. Je suis sûr d'une chose, il n'y avait pas de trucage, pas de supercherie » raconte, péremptoire, l'adjudant Guilbert.
Phénomène supra naturel ? Rien ne sera jamais démontré. Toutefois, l'adjudant Guilbert a fait des enregistrements. C'est édifiant et c'est surtout une première dans ce genre d'investigation."
Christophe Journet, Le Journal du Centre

 

Après avoir concocté un coquetier pour manger un oeuf à la coque bien frais
de la fermière de Saint-Pée-sur-Nivelle...
coquetier

Ben oui, j'avais pas de coquetier,
mais j'avais un verre à Tequila et une bouteille de Coca.

 

BREF : après tout ça, j'ai décidé d'aller prendre l'air parce que, bon, eh oh, oulalalalalala, eh prrrrrrrr, hein, alors bon, quand même parce que après sinon hein ! Et ça tombait plutôt pas mal de vouloir prendre l'air à ce moment précis puisque Mélanie avait décidé d'inviter Maître Arnaud et moi-même au restaurant.
Mais attention, pas n'importe quel restaurant ?! Oooooohhhh que non !
Elle a choisi "L'impertinent". Et PAF ! Une étoile au Guide Michelin, s'il te plaît, hein, c'est pas du Flunch à deux balles avec moules-frites à volonté et un machin bleu qui vient danser autour de ta table pour faire rire les gamins !
L'impertinent, restaurant gastronomique, est situé place Saint Charles à Biarritz ; pile poil en face de la boutique de Mélanie, où tu peux également te rendre, non pas pour manger, mais pour découvrir-acheter de bien beaux objets en tout genre et pour toutes les bourses.

mélanie objet 3 mélanie objet 5 mélanie objet 6 mélanie objet 7Mélanie boutique
mélanie objet 4 mélanie objet 1 mélanie objet 8 mélanie objet 2
BROCANTE-ANTIQUITÉS SAINT-CHARLES, BIARRITZ

 

DONC oui, alors, "L'impertinent", qu'est-ce qu'on y mange quoi ?
Attention, du calme ! T'affoles pas ! C'est gastro et raffiné, mais aussi agréable et pas guindé. Nous sommes là pour découvrir des saveurs, des aliments que l'on ne mange pas partout. Rien à voir, par exemple, avec ce qui suit de suite :

nuggets                                   sandwich
Nuggets sur lit de coquillettes et son ketchup                Double toast fromage-cornichons et sa sauce tabasco

pieuvre saucisse et ses pâtes      saucisse nouilles
Pieuvre-saucisse et nouilles-coquillages                      Saucisse baconnée et nouilles ramen
Photos : Topito

NON ! Voici ce que Sarah et Fabian Feldmann proposent dans leur restaurant de la place Saint-Charles.

 

 L'IMPERTINENT
L'impertinent
Les impertinents Sarah et Fabian Feldmann vous font partager la cuisine de Fabian, réalisée avec des produits de qualité et de saison, en partenariat avec les producteurs locaux. Après que Fabian aie effectué un tour des grandes tables d'Europe pendant huit ans, le couple ouvre leur premier restaurant gastronomique en 2004 à Heroldsberg, à côté de Nuremberg en Allemagne. Neuf mois plus tard ils seront récompensés d'une étoile au Guide Michelin.
Après six ans d'activité, et toujours une étoile et 17 points au Gault & Millau, Fabian, chef cuisinier, et Sarah, sculptrice-céramiste, unis par le feu et la passion, décident de revenir dans le Sud-Ouest, au Pays Basque, dans le but d'y ouvrir le restaurant l'Impertinent.
Au fil des rencontres et des amitiés, l'impertinent voit le jour en Avril 2012 dans le sympathique quartier Saint-Charles de Biarritz. Dix mois plus tard seulement, le Guide Michelin décerne une étoile au restaurant. Fabian Feldmann voit ainsi son travail récompensé à nouveau, la passion et l'amour de la cuisine ne connaissant pas de frontières.

L'impertinent, salleLa région et les produits locaux sont une fantastique source d'inspiration pour lui. Dans la cuisine, ne sont travaillés que des produits frais de grandes qualités, issus de l'agriculture biologique ou raisonnée, et fournis principalement par des producteurs locaux passionnés et respectueux de l'environnement. Le poisson provient exclusivement de la criée de Ciboure, approvisionnée par les bateaux du port de pêche. Tout ici est fait maison, jusqu'au pain, façonné par le chef avant chaque service.
La carte est sans cesse renouvelée au grès des saisons et des inspirations pour offrir une cuisine gourmande et gastronomique, inventive et juste. Association de textures, cuissons maîtrisées et assaisonnements parfaits, Fabian Feldmann exprime son art et sa passion, porté par son équipe en cuisine, dans une ambiance conviviale et néanmoins rigoureuse.

Nous sommes arrivés sur le coup des 20 heures. Super accueil, simple et dynamique de Sarah qui nous invite à la suivre vers une table au calme, très légèrement éclairée afin que notre attention ne se concentre que sur la cuisine qui va nous être servie.

Au loin, un tableau intrigant nous fait de l'oeil.
un tableau intrigant

Nous choisissons le .Menu Découverte à 72 euros.

Allez, c'est parti !

 

Amuse-Bouches

Impertinent plat 1Coquilles Saint-Jacques de plongée
Crues et snackées, mandarines corses, pois chiche, nigelle, coriandre
Incroyable ! Un jeu de saveurs variées ! Tu t'amuses à mêler les différents éléments. Sucré, salé, émulsion ! Fabuleux !


 

LImpertinent poissonLouvine
Pochée, salsifis, chanterelle, shitaké, algues
Je n'ai jamais mangé un poisson aussi bien cuit ! Juste ce qu'il faut ! La fourchette s'enfonce délicatement dans la chair blanche, ça fond dans la bouche ! Avec un accompagnement subtil qui s'accorde complètement, sans prendre le pas sur le poisson et vice-versa !

 

 

 

L'impertinent platCaille de Pierre Duplantier et foie gras
Topinambour, épinard, blette, sésame
Ah ben, là, j'aime un peu moins, mais il faut dire que la caille a un goût très prononcé. Ici, elle est fumée et délicate. Mais après ce fabuleux poisson, il était difficile d'être encore plus surpris !

 

 

l'impertinent dessertAnanas-banane
Crème à l'ananas, glace à la banane, sorbet fromage blanc, pâtissière fève „Tonka“, écume Cardamome
Ça glisse tout seul. Une fois de plus, l'assiette est emplies de curiosités gustatives. Tu prends un peu par là, tu ajoutes un peu de ceci, un peu de cela. C'est frais, c'est bon, c'est gourmand, hein, c'est gourmand !
Petits-Fours

Nous avons passé plus de quatre heures à table sans voir le temps passer. Un parfait équilibre des assiettes et du menu dans sa composition font que nous n'avons plus faim et que nous ne sommes absolument pas repus non plus. Juste parfait ! Le chef Fabian vient ensuite faire le tour des tables pour discuter. Sarah nous parle du choix de ses vins. Le personnel est discret, mais toujours au petit soin.
OUI : si tu vas à Biarritz, tu ne peux pas ne pas aller à L'Impertinent !
Bon, Ok, je comprends : 72 euros, c'est un peu cher pour les porte-monnaies en crise. Mais pourquoi ne te ferais-tu pas inviter, hein ? Alors ? Un cadeau d'anniversaire ? Un déménagement ? Un mariage ? Un divorce ? Il fait beau ? Il pleut ? La chienne du voisin qui a mis au monde une portée de huit chiots ? Mais oui : tout se fête et tout est bon pour aller dans un bon restaurant ! De plus, L'Impertinent te propose d'autres formules : Menu du marché à 36 euros, menu Dégustation à 89 euros, à la carte avec des plats à 35 euros,...
Nous quittons le restaurant. Il est environ Minuit 32. Impossible d'aller voir l'océan à cette heure-ci. Enfin, ce serait possible, mais bon... eh... ça va ben aller pour ce soir. Remettons le constat "Biarritz, grandes marées 2015 : es-tu prête ?" à demain ; sans oublier toutefois les propos d'Oscar Wilde alors qu'il était assis dans son fauteuil depuis plus de trois mois :

"Je ne remets jamais au lendemain ce que je puis faire le surlendemain."
Oscar Wilde

 

EN L'AN DE GRÂCE 2015, le lendemain.
Ce coup-ci, c'est la bonne, on y va merde alors ! On a dit qu'on y allait donc on y va ! On ne va pas non plus sans arrêt reporter les trucs là !
Nous sommes le lendemain du jour où j'avais dit que j'irai voir si la ville de Biarritz avait bien tout prévu pour, cette fois-ci, contrer efficacement les grandes marées du siècle. La première mesure efficace a été prise par l'Hôtel du Palais qui a décidé de fermer pour congés annuels. En même temps, on les comprend : l'année dernière, ils étaient ouverts et il a fallu évacuer les résidents ; ce qui n'est pas terrible pour l'image d'un palace. Mais, en même temps, que veux-tu faire contre la nature qui se déchaîne ? Et n'est-ce pas rassurant de voir que celle-ci a encore un pouvoir certain sur l'humain qui veut tout maîtriser ? Hein ? Non... Mais si enfin. Si tout était toujours prévu, dans quel monde vivrions-nous ? Hein ? Dans une ville à la Mark Zuckerberg ? Hein ? Aseptisée ? Chronométré ? Observé ? Artficialité ? Conditionné ?

Je traverse le square Edouard VII
avec son bassin d'eau non potable et sa sculpture étrange.

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J'arrive sur la promenade longeant le bord de mer, plus communément appelée "Promenade de la Grande Plage"... enfin je crois. Les mouettes ont disparu. Le son de l'océan s'est retiré pour laisser place à cette présence jaune et mobile, sentant le pétrole.

Biarritz, les pelleteuses attaquent

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Des pelleteuses ! Partout sur la grande plage ! Elles font des va-et-viens incessants ! Prennent du sable ici pour le poser en tas juste derrière !
Mais que se passe-t-il ? En bon reporter-journaliste que je ne suis pas, je réfléchis, je m'interroge, je pose des questions, je cherche à comprendre. Après plusieurs secondes d'analyse en me fondant dans le paysage, je décide de faire état de la situation.

REPORTAGE

Ne nous arrêtons pas à ce faiblard constat et continuons à errer sur la promenade. Biarritz ne peut pas se comporter comme ça. En plein période de grande marée, elle ne peut pas ne penser qu'au business, au fric, à la rentabilité. Il doit y avoir une autre raison. Et puis, franchement, entre nous, de nos jours, qui a les moyens de s'acheter une pelleteuse pour venir parader sur la plage ? Notre monde a-t-il tellement évolué ? Le fossé entre les classes moyennes et la bourgeoisie s'est-il à ce point creusé ? Où sont ces humbles enfants qui se contenateint de jouer avec un seau et une pelle dans l'espoir de concevoir le plus beau château de sable de la côte ? Combien de pelleteuses faudra-t-il pour tuer définitivement le prolétariat ?
Je peste, je m'insurge. Où est la France que j'aime ? Quelle est cette société à deux vitesses, à deux fortunes ? Les très riches d'un côté, et puis les autres. Finie la classe moyenne ! Bonjour les actionnaires qui s'engrossent sur les petits gens ! Bonjour ces footballeurs surpayés par des pays producteurs de pétrole et autres !
Je marche. Je rumine, mais, un peu plus loin, je comprends mieux le travail, le bruit et les les mouvements incessants de ces pelleteuses.

REPORTAGE

Ces pelleteuses, et ces gens qui conduisent des pelleteuses, ne sont pas des touristes de passage, avides de nouveautés loisiristiques. Non, ce sont des travailleurs, comme vous (enfin toi qui lis ces mots en ce moment, je ne suis pas sûr), comme moi. Ils sont là pour sauver Biarritz de la noyade. Ils sont là pour mettre la Grande Plage au niveau des Grandes Marées afin que l'océan ne s'engouffre pas une fois de plus dans les établissements jonchant l'esplanade.
Avec ce coup, cette année, la dune-digue s'est rapprochée de la piscine Émile Lamothe...
Tiens, au passage, là, comme ça, pendant qu'on en parle, j'ai fait des recherches pour savoir qui était cet homme à qui on a pris le nom pour le donner à une piscine. Eh bien, je n'ai rien trouvé. Tu tapes Émile Lamothe sur Google, Yahoo, Soso, Ask, Bing, Gigablast, Lycos, DuckduckGo, Panguso,... que dalle ! Å chaque fois, on me sort qu'Émile Lamothe est une piscine à Biarritz. Point barre !
Et puis, tiens d'ailleurs, en parlant de moteur de recherche, de ville artificiel, de classes sociales, de fortunes diverses... savais-tu que le siège de Google se trouve juste à côté d'un des plus grands camps de SDF des États-Unis ?

 

THE JUNGLE
the jungle plan

La richissime Silicon Valley a relégué ses SDF dans un immense camp, "The Jungle". L'immobilier a explosé, chassant de chez eux les oubliés de la révolution High-tech.
"This is America", semble dire la bannière étoilée ondulant dans la brise automnale, plantée tout en haut d'un arbre. Perchée dans les cimes, une espèce de cabane en bois, la "demeure" la plus luxueuse de "The Jungle", l'un des plus gros camps de SDF des Etats-Unis, situé à San José, dans la richissime Silicon Valley. Elle a été construite par Troy ex-charpentier qui s'est retrouvé dans la rue il y a deux ans. Elle est vide depuis deux mois. Il paraît que Troy a trouvé un logement. Il reviendra peut-être. On revient toujours dans la Jungle.

DEUX MONDES PARALLÈLES
Le camp ressemble à la vision apocalyptique et désolée d'un monde après destruction atomique, tout droit sorti d'un roman de science-fiction. C'est un immense bidonville de tentes à même le sol, poussiéreux et sale. Plusieurs centaines de personnes vivent dans cette zone d'environ 25 hectares, qui s'est considérablement étendue ces deux dernières années. Il faut slalomer entre des montagnes de déchets s'accumulant entre les arbres. Les chiens aboient. Parfois, un pied sort d'une tente, on voit un corps, allongé sur un matelas par terre. Des silhouettes fantomatiques traînent dans les allées des chariots remplis de bric et de broc.

The jungle      the jungle 2
Photos : New York Post

Un homme déboule de Story Road, la route de San Jose qui longe le camp, se faufilant sous la glissière de sécurité avec une brouette pleine de bouts de bois : "Pour faire un feu, j'ai froid." Comme un fantôme, il disparaît, happé par le néant. De la route on ne voit rien de ce monde parallèle, celui des damnés qui vivent là, sans eau courante, sans sanitaires, sans chauffage. Seul détail qui interpelle : les vélos. De temps à autre, des silhouettes sortent. Enfourchent une bicyclette déglinguée. Certains résidents du camp vont ainsi au travail, car ils ont parfois des jobs. Ou partent en expédition pour prendre une douche dans un club de gym des environs qui les laisse entrer.
This is America. A quinze minutes en prenant la mythique Route 101 (la "one o one"), on arrive à Mountain View, autant dire "Google City". L'entreprise qui, dit-on, façonne notre futur et dont la devise est "Don't be evil", "Ne soyez pas malveillant". A Mountain View, on tourne la tête, et Google est partout, sur tous les immeubles, comme le mystérieux mot "Ubik", dans le roman de Philip K. Dick. Voilà le Googleplex, le campus principal. Tous les gens semblent sortis d'un dépliant publicitaire. Ils sont jeunes, beaux, leurs dents sont blanches, bien soignées. Les dents, c'est la frontière entre les have et les have not, ceux qui ont tout et ceux qui n'ont rien.

DES MILLIARDS COMME S'IL EN PLEUVAIT
Au Googleplex, tout est gratuit : cafétéria avec nourriture bio, cours d'ukulélé, piscine, terrain de basket, de sorte qu'on a rarement besoin de sortir. Google, c'est finalement un peu comme la Jungle, on n'en part jamais : la compagnie est connue pour outrageusement bien payer ses salariés. Vient alors nous gifler cette image, dans un effet kaléidoscopique vertigineux. Les vélos. Google a mis des vélos gratuits à la disposition de ses salariés dans tout Mountain View, aux couleurs de l'entreprise, bleu, rouge, jaune, vert.

google plexEt toute la journée, on assiste au ballet incessant des cyclistes. Dans la Silicon Valley, les millionnaires et les miséreux vivent les uns à côté des autres sans jamais se croiser, mais ils ont un point commun : les deux-roues.
This is America. Le long de la Route 101 s'égrènent les noms prestigieux : Google, Apple, Facebook, Yahoo !, eBay. Les 150 entreprises les plus grosses de la Valley pèsent en Bourse 2.419 milliards de dollars, à peu près le PNB de la France. Depuis deux ans, la folie a gagné - à nouveau - ce petit bout de Californie où les milliards semblent tomber du ciel, comme dans le dessin animé "Tempête de boulettes géantes". Whatsapp et ses trente salariés se sont fait racheter presque 20 milliards de dollars par Facebook, Airbnb vaut désormais plus qu'Accor : la Silicon Valley compterait une cinquantaine de milliardaires, et une dizaine de milliers de millionnaires.
Et de plus en plus de pauvres, aussi. Depuis deux ans, le nombre de homeless a grimpé de 8%, l'un des plus mauvais chiffres enregistrés aux Etats-Unis. Autour de San José, il y a une soixantaine de camps de sans-abri, cachés derrière les échangeurs d'autoroute. Sans compter les SDF qui dorment dans leur voiture, chassés de leur appartement par la hausse des loyers. Depuis trois ans, l'immobilier a explosé - le loyer moyen à Palo Alto est de 2.600 dollars par mois ! Les libéraux vantaient l'effet trickle down - l'effet "ruissellement" de la croissance, l'argent des riches boostant l'économie, et donc bénéficiant aux plus pauvres...

LES NOUVEAUX ARISTOCRATES
Dans la Silicon Valley, le "ruissellement" a été radioactif, rayant progressivement la classe moyenne de la carte et aspirant les plus fragiles vers le fond. C'est l'application grandeur nature du best-seller de l'économiste Thomas Piketty "le Capital au XXIe siècle", sur l'explosion des inégalités. Et l'émergence d'une classe de "super-cadres", oligarchie dominante dans un peuple de gueux. Retour à l'Ancien Régime ? Il y a peu, un entrepreneur de la "tech" qui venait de vendre sa start-up 1 milliard de dollars à Microsoft a fêté ses 40 ans avec faste. Le thème de cette somptueuse soirée costumée où le rappeur Snoop Dogg était convié ? "Qu'ils mangent de la brioche", la phrase célèbre de Marie-Antoinette...
Alors, à quand un 1789 ? Comme les carrosses au temps jadis, les bus Google, ces bus qui transportent les riches salariés de Facebook ou Google de San Francisco vers la banlieue de la Silicon Valley, se font désormais caillasser par les activistes du mouvement Occupy. Car depuis quelques années, les "techies" ne jurent plus que par la ville de Kerouac et des hippies. Twitter, Airbnb ou Uber se sont installés dans le quartier South of Market. Et même ceux qui travaillent le long de la Route 101 préfèrent faire le trajet et vivre dans la capitale, en particulier dans Mission District, le quartier, jadis populaire, où Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, a acheté un pied-à-terre pour la modique somme de 10 millions de dollars, en plus de sa maison princière à Palo Alto, au cœur de la Silicon Valley. Les loyers ont explosé... et les évictions se sont multipliées.
Rebecca Solnit, écrivain, regarde avec effroi sa cité changer :
"Je serai peut-être bientôt la dernière. Artistes, écrivains, musiciens : les 'startuppeurs' sont en train de nous chasser. Quand je les vois s'engouffrer dans les 'Google buses', ces grands bus blancs aux vitres teintées, j'ai l'impression de voir des aliens dans leur vaisseau spatial, venus nous conquérir. Ils vont gagner. Ils ont l'argent. L'arrogance. Ils sont les nouveaux aristocrates qui dirigent la ville. Nos Médicis à nous... Sauf que, hélas, on n'a pas la Renaissance qui va avec."

LA MANCHE 2.0
Reste une autre population d'autochtones, plus encombrante. Celle des SDF Nombreux. Trop nombreux. Là aussi, les petits génies de la "tech" ont la solution. Version radicale, ça donne :
"Pourquoi doivent-ils être si près de nous, c'est un fardeau pour la ville ! Il faudrait les mettre ailleurs !", commentaire d'un "startuppeur" sur Facebook.
Version soft, ça donne The Homeless GoPro Project, qui se propose de leur prêter pendant quinze jours... une camera GoPro pour qu'ils réalisent des vidéos embarquées façon "vis ma vie de SDF".
"Nous voulons augmenter l'empathie à leur égard", assure Erika, l'une des cofondatrices, en pleine campagne de crowdfunding (financement participatif).
Cette autre société, HandUp, les aide à mieux se vendre pour, eux aussi, comme une start-up, lever des fonds auprès des internautes : la manche 2.0. Sur le site, vous pouvez consulter une galerie de photos de pauvres à aider, classés par catégories : les familles, les vétérans de guerres, les malades. A chacun de se présenter avec le meilleur storytelling possible !

The Jungle 3          the jungle 4
Photos : Latinofoxnews

Jef, sympathique SDF flûtiste, ne pouvait plus jouer de son instrument après avoir été agressé dans la rue et s'être fait briser les dents ? Il a réussi l'exploit de convaincre en six mois 95 donneurs, et a collecté les 3.605 dollars dont il avait besoin pour des prothèses.
La jolie Lora, 22 ans, en foyer, a réuni 375 dollars en moins d'un mois pour acheter des couches et des habits pour son nouveau-né.
Danny qui avoue ses problèmes de santé mentale, de drogue et d'alcool, est moins populaire. Il veut également des soins dentaires, mais n'a glané que 50 dollars en six mois.
Les visages et les histoires défilent sur l'écran rassurant de l'ordinateur. Il suffit de cliquer sur la bannière "Faites un don maintenant", et de remplir les références de sa carte Bleue. Surtout ne pas oublier de spécifier si on bénéficie d'un code de réduction, précise le site.

LES GENS-VOITURES
Merveille du web ! On aimerait qu'ils soient toujours ainsi, les pauvres. Souriants et émouvants, sagement relégués dans une galerie photo interactive. Ou en tout cas discrets. Le problème, c'est quand on les remarque. A Palo Alto, la mairie veut promouvoir une loi pour interdire aux citoyens de dormir dans leur automobile. Une façon de chasser les SDF réfugiés dans leur voiture, une population qui a explosé. Carrie LeRoy avocate qui, bénévolement, s'est lancée dans une bataille contre cette loi et a obtenu sa suspension provisoire, ne décolère pas :
"A Atherton, la ville voisine où se sont installés tous les millionnaires, ils ont fait passer une loi encore plus hypocrite. Il est autorisé de dormir dans sa voiture le jour... mais pas la nuit !"

The JUngle 1Le petit peuple des "gens-voiture" a pourtant appris à être invisible et à ne pas se faire repérer des autres, les "gens-maison".
"Je ne vous dirai pas où je me gare la nuit, c'est secret ! Je fais très attention à changer d'endroit, pour passer inaperçue", nous explique Susan, 68 ans.

Impossible d'imaginer que cette aimable dame, avec ses lunettes de soleil et sa mise soignée, dort depuis deux ans dans son van. Les vitres fumées de la voiture cachent en effet le bric-à-brac de sa maison ambulante : sur le siège passager, de la nourriture, derrière des couvertures, des habits, toute sa vie, quoi...
Susan a été chassée de son appartement après une énième hausse de loyer, il y a deux ans. Avec son mari diabétique, elle a commencé à habiter dans leur voiture, attendant un hypothétique logement social. Son mari est décédé il y a quelques mois :
"Je suis seule, maintenant, et, oui, j'ai peur, la nuit, dans cette voiture. J'attends que le matin se lève. Et je file à la banque, la Chase Manhattan Bank, pour consulter le solde de mon compte, je peux alors siroter un café chaud, il est offert aux clients... C'est le seul moment où j'ai l'impression de redevenir quelqu'un qui appartient à la société normale. Je tourne dans les différentes agences de la Chase Manhattan Bank pour ne pas me faire repérer."

LOYER Å 2200 DOLLARS
Fred Smith, lui, zone au McDonald's de la rue El Camino Real car le wifi est gratuit. Il trimballe toujours son ordinateur portable. Et... il programme. Pour le plaisir. "J'étais ingénieur informaticien." Au McDo, il croise d'autres gens-voiture comme lui, cette jeune femme, courtière en matières premières par exemple, qui y travaille tous les jours et n'a pas assez pour se payer un logement sur Palo Alto. Fred s'est installé dans la Silicon Valley dans les années 1970, quand Apple était encore dans un garage.
"J'ai connu l'euphorie. Il y a encore dix ans, je gagnais 150.000 dollars par an."

Fred a été licencié une première fois ; a retrouvé un autre job, moins bien payé. Cela devenait de plus en plus dur de payer l'appartement. Sa femme est tombée malade. Les économies ont fondu, petit à petit. Elle est morte en 2007. Fred a été à nouveau licencié. En 2010, il a rendu son appartement, incapable de payer les 2.200 dollars de loyer. Il vit désormais dans un camping-car.
Il a aussi sa voiture, deux ordinateurs, des affaires stockées dans un hangar qu'il loue 160 dollars par mois et une carte d'abonnement à un club de gym pour aller prendre sa douche. Fred touche une retraite de 1.600 dollars par mois, il est trop riche pour prétendre à un logement social : "Et pourtant, j'ai une leucémie, mais ça ne suffit pas." Il pourrait déménager dans le Nevada, où il trouverait des appartements avec des loyers dans ses moyens, mais il ne s'y résout pas :
"J'ai 70 ans, et c'est ici que j'ai fait toute ma vie et que ma femme est enterrée. Commencer une vie ailleurs ? Je ne sais même pas si mon camping-car est assez solide pour faire la route."

FAIRE LA ROUTE
Faire la route ? Mama Red, dans la Jungle, n'y pense même plus.
"C'est ma maison, ici", dit-elle en désignant sa tente misérable, où flotte le drapeau américain.
Elle ne se rappelle plus bien sa vie d'avant, quand elle tenait son magasin de fleurs, à San Jose. Elle est sans abri depuis plus de dix ans, a écumé tous les campements de la région. Sa fille, enceinte, est venue s'installer ici elle aussi. Elle dort dans une tente à côté. La ville a décidé d'évacuer la Jungle en décembre. Mama Red s'inquiète. Elle va avoir un appartement, lui promet-on. Mais elle a quatre chiens. Ils l'ont accompagnée dans ses années d'errance. Ils ne pourront pas la suivre. Mama Red préférerait encore rester ici, dans la Jungle, avec eux.

Les chiens. Chez Google, les salariés ont le droit de venir travailler avec leur chien. Comme le boulgour bio gratuit, le babyfoot ou bientôt la congélation d'ovocytes – 20.000 dollars par an - offerte par Facebook et Apple aux salariées, ça fait partie de l'imagerie de la start-up. Les chiens. La "pet tech" est le dernier segment de marché qui fait fureur : des geeks ont créé des applications pour votre toutou, tracker avec GPS, nutrition, dog-sitter. "Making the world a better place", comme disent toutes les campagnes de pub des entreprises de la Silicon Valley. Un monde meilleur, vraiment ?

DOAN BUI, envoyée spéciale de "l'Obs" en Californie. The Jungle

 


Donc, oui, nous disions que cette année, la dune s'est rapprochée des édifices que sont la piscine Émile Lamothe, le Café de la Grande Plage et le casino.

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Tout ceci dans le but, bien évidemment, de protéger le casino, le café de la Grande Plage et la piscine Émile Lamothe de la montée des eaux... tiens, c'est un peu surréaliste : protéger une piscine de la montée des eaux... En plus de cette grande dune de 10 mètres de haut, la mairie a fait disposer de gros sacs de sable devant les vitrines et les entrées.

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                       Sacs de sable devant piscine Lamothe

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Sacs de sable devant poste de secours fermé                   

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Sacs de sable devant Café de la Grande plage

 

Le Café de la Grande Plage. C'est le lieu à Biarritz où les gens aiment aller pour boire un café, une bière, un thé, un chocolat chaud, une anisette, un jus d'orange, un Schweppes, une coupe de champagne, un Breizh Cola, une eau gazeuse... Bon, ils boivent ce qu'ils veulent, hein, mais tout ceci en regardant l'océan et ses mouvements perpétuels. Ici, à Biarritz, c'est bien depuis le Café de la Grande Plage que l'on peut avoir la plus belle vue sur le large.
Je suis donc allé voir par moi-même ce que cela pouvait donner en ces jours de grande marée. Pour cela, il faut faire le tour par le casino, monter un grand escalier, rejoindre le hall du Bellevue, traverser la salle Atlantique dans laquelle se tenait le Festival des Cadets...

festival des cadets

Il ne s'agit pas là d'une réunion où tous les fans des commentaires_de_Nick_Canon se retrouveraient pour échanger quelques "eT bEN mES cADETS...!" bien sentis et fort à propos en cette période. Le Festival des Cadets du casino de Biarritz est un festival de bridge ouvert et réservé aux enfants de moins de 16 ans.

festival des cadets 1Plus de 1500 viennent ici concourir ; de tout milieux, de toute région, de tout pays. Étrange impression de traverser ces lieux où tout le monde est habillé d'un sweat-shirt rouge "Festival des cadets" dans ces grands couloirs de l'espace Bellevue. Une sorte de mélange des deux films que sont "Shining" (1980) de Stanley Kubrick avec "Dans la peau de John Malkovich" (1999) de Spike Jonze.

 

 


Je traverse ces lieux et ces gens rapidement pour rejoindre un autre escalier jouxtant la salle des jeux du casino. En bas de celui-ci, une grande porte me permet d'accéder au bar et à ses tables bordant l'immense baie vitrée donnant sur l'esplanade de la Grande Plage.
Et comment se sent-on au Café de la Grande Plage à cette période ?

Quelques photos de la vue depuis les tables bordant la grande baie vitrée...

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C'est également peut être le moment de se demander ce que sont vraiment les Grandes Marées. Quel est ce phénomène ? À quoi est-il du ? Comment se produit-il ? À quelle fréquence ?

 

LES GRANDES MARÉES,
POURQUOI ?
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Dans la famille des Phénomènes naturels, celui des marées et grandes marées compte parmi les plus importants. Depuis la nuit des temps la mer monte et se retire sur les côtes, avec une force et une rapidité qui dépend de nombre de facteurs dont la position des astres.

maréeLa marée correspond à la variation du niveau de la mer due à l’action gravitationnelle de la Lune et du Soleil. Autrement dit : les marées sont le résultat de l'attarction de la Lune et du Soleil sur les mers et océans.
Parce que la lune gravite autour de la Terre et que le couple Terre-Lune gravite autour du Soleil, les forces gravitationnelles mises en jeu se combinent et modifient la surface déformable de l’océan. Bien que la Lune soit beaucoup plus petite que le Soleil, sa proximité fait qu’elle influe de façon prépondérante (2,5 fois plus que le soleil) sur les phénomènes de marées.
Les forces centrifuges, dues au mouvement de la Terre sur son orbite autour du centre de gravité du système Terre-astre, jouent également un rôle dans la création de l’onde de marée. 

 

La résultante (en noir) entre la force centrifuge (en violet) et la force gravitationnelle (en rouge) est la force génératrice de marée, laquelle est variable en fonction de sa position sur la Terre.

La marée haute (ou pleine mer : PM) correspond au niveau le plus élevé atteint par la mer au cours d’un cycle de marée.. En conséquence, sur la surface de la Terre qui se trouve à 90° par rapport à la Lune, le niveau de l’eau diminue pour donner une marée basse (ou basse mer : BM).

marée 1

Le passage du Soleil dans le plan équatorial, qui se fait aux équinoxes, donc deux fois par an. Au moment des équinoxes, ces deux points seront en permanence sur l’Équateur. Chaque point de l’équateur sera donc soumis à un effet de marée maximal du Soleil deux fois par jour. Le 23 septembre et le 21 mars sont les deux seules dates de l’année (équinoxes ) où le soleil se trouve « dans le plan de l’équateur » et où sa force d’attraction se fait le plus sentir sur nos mers et océans . Cela donne les fameuses marées d’équinoxe de printemps et d’automne.

marée 2

En ce moment, la terre, la lune et le soleil sont parfaitement alignés. Un phénomène qui ne se reproduit que tous les 20 ans environ. L'attraction de la lune et du soleil vont s'additionner, les marées sont donc au maximum, c'est ce que l'on appelle, les vives-eaux.
D'après Oléron-Plage  et  LE SHOM

 

Je reprends la route ou plutôt l'esplanade de la Grande Plage. repassage dans l'escalier, traversée des cadets, sortie sur le parvis du Bellevue, descente d'escaliers encore et, après le boulevard du Général de Gaulle, j'harpente le boulevard du Maréchal Leclerc. De Gaulle, Leclerc, deux grands noms qui ont marqué la Seconde Guerre mondiale en France. C'est important de s'en rappeler lorsque tu empruntes cette promenade bucolique le long de l'océan. Moi, j'aurais plus vu Boulevard Laurent Voulzy, suivi de l'Avenue Alain Souchon, mais bon, c'est Biarritz.

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J'arrive au port des Pêcheurs.
A l'origine, le port de Biarritz était situé au lieu dit "Port-Vieux", un peu après le Rocher de la Vierge autrefois appelé Rocher de Cucurlon. Eh oui, tout change. Le "Port-Vieux" est devenu une plage où se baignent chaque 1er janvier les ours blancs.
Le Port des pêcheurs actuel date de 1780. La difficulté à construire des digues suffisamment solides pour résister aux vagues reporte son inauguration jusqu'en 1865.
Pas beaucoup de pêcheurs à cette époque. Les petits cabanons pittoresques construites à même la roche., encore appelés crampottes, sont fermés. Ces habitats sont attribués aux propriétaires des bateaux qui mouillent dans les bassins du port. Il n'y a que 65 crampottes pour 95 mouillages, et elles sont propriété de la ville, qui les loue au compte goutte. (France 3 Infos)

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La Crampotte 30

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Enseigne située vers le clun de plongée               L'ancre du Padosa

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Tête de Corsaire de Laurent Hervé, dit "Bréchues dents", canonnier sur "Le petit soleil"

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Les noms des rues sont originales. Sur la photo ci-dessus  gauche, il est indiqué que nous nous trouvons sur la place de la Surprise. Mais il existe aussi l'impasse G. Lacoste, dit Gantchi, ou encore la Via Romana, ou le boulevard Farbos dit Momo, ex l'orphelin, sans oublier la place Jeannot Dornaletche, fils de Pierre dit La Rascasse.
Ce dernier fut élu maire à vie du Port des Pêcheurs après que ce lieu ait été déclaré Commune Libre le 7 juin 1961.
C'est dans cette partie haute du port se trouve le quartier dit du "Petit Casino". J'y trouve des fresques sur émail et des petits coins de pierre aménagés comme barbecue improvisé sur lesquels de la cendre noir est restée.

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Au début du XXème siècle, 300 pêcheurs pratiquaient leur activité, mais dans les années 1950, il n'en restait plus que 30. De nos jours, l'activité dominante est la navigation de plaisance, le tourisme et la restauration.​

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Je redescends vers la jetée, ou embarcadère, je ne sais pas comment on dit. Là où il y a des bateaux, quoi. Et des bassins creusés dans la roche et tenus par du béton gris.

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Bateaux attendant une autre marée

J'emprunte les murs en béton qui servent de digue et qui bordent les bassins en direction du grand large.
C'est marée basse ce qui fait que les vagues ne viennent pas percuter violemment les digues, mais ces dernières restent glissantes. L'air du large vient s'engouffrer dans mes narines. Je me pose quelques minutes, le temps de regarder ce va-et-vient incessant des vagues...

 

Quelques photos...

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Et je repars. Chemin inverse pour rejoindre le quartier populaire Saint-Charles en croisant à nouveau les lieux étranges biarrots en cette saison...

Biarritz, plage et rocher

Biarritz, plage et dune            Biarritz, plage et dune 1

Biarritz, dune et casino

Il n'y a plus qu'à attendre le 21 mars où l'on annonce un coefficient de marée de 119.

 

 

 

 


Fin »