LE VOYAGE DE JENORME

22 juin 2017

Le Cantal, à l'Est d'Embrassac, partie 3 : Salers (15)

La vache : ils sont de plus en plus longs ces titres de billets !!!!
Mais cela tombe bien que l'on parle de vache car voici le dernier épisode de notre série "Le Cantal, à l'Est d'Embrassac" et celui-ci devrait nous amener à Salers, petite ville bien connue pour son fromage, son apéritif, sa viande et et et... ses vaches.
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

 

Est-ce que je fais un résumé des épisodes précédents ? Hein ? Non, on n'a pas le temps, Ok.
Toutefois, si tu veux comprendre pourquoi cette série a pour titre "Le Cantal, à l'Est d'Embrassac", tu peux aller voir le premier épisode en cliquant sur : "Le Cantal, à l'Est d'Embrassac, prequel."

Saches qu'il n'y a là aucune allusion au au verset biblique relatant la fuite de Caïn, après le meurtre d'Abel : "Caïn se retira de devant l'Éternel, et séjourna dans le pays de Nôd, à l'est d'Éden." Il n'y a également aucun rapport avec le roman de John Steinbeck, À l'Est d'Eden, publié en 1952, ou encore avec le premier film en couleurs d'Elia Kazan, À l'Est d'Eden, réalisé en 1955, avec un certain James Dean pour qui ce fut le premier grand rôle avant qu'il ne décède, quelques mois plus tard en septembre, dans un accident de voiture du côté de Cholame (Californie), devenant pour le coup une icône du cinéma américain ; un de ces mythes fauchés tragiquement aux prémices de sa gloire.

Et puisque nous parlons voiture, revenons sur notre itinéraire cantalien. Nous quittons à présent le Pas-de-Peyrol, route la plus élevée du Massif Central avec ses 1589 mètres d'altitude, pour nous rendre à Salers. T'as vu l'enchainement là ? Tac, "à l'Est d'Embrassac" - "à l'Est d'Eden" - "James Dean - voiture - Salers".

Et pour rejoindre Salers depuis le Pas-de-Peyrol,
il nous faut passer par le Col de Néronne...
Col de Néronne, panneau (15)
...que l'on prononce "neronne", et pas "Néronne"
comme "neuronne".

Là encore, nous avons une belle vue sur la vallée de la Maronne...
Col de Néronne, panorama sur la vallée de la Maronne
...qui se prononce aussi Neuronne, et pas Néronne.
Hein ? Mais non, qu'est-ce que je raconte ?


Situé à 1242 mètres d'altitude selon les organisateurs et à 1241 mètres d'altitude selon la police, c'est un véritable carrefour des routes du Falgoux, du Puy Mary, de Salers et de Récusset, permettant ainsi le passage entre la vallée du Mars et la vallée de la Maronne.

Il offre également un magnifique point de vue
sur les vallées et la ligne de crête.
Col de Néronne, panorama sur la vallée de la Maronne
              Col de Néronne, panorama sur la vallée de la Maronne

Et comme il est Midi passé, et comme nous avons faim, c'est un peu plus loin, à mi-chemin entre le col et Salers que nous nous arrêtons pour casser une croûte aux Trois Burons.

LES TROIS BURONS
Salers, les trois Burons

Alors, pourquoi cela s'appelle "Les trois burons" ? Eh bien, tout simplement parce qu'il y a trois burons ; et sur ce point les organisateurs et la police sont d'accord. Pourtant, ils ont tort car il n'y en a que deux. L'un sert de Musée de la vache de Salers et du fromage, l'autre de Musée de la Gentiane et de restaurant-bar.
Maintenant, tu vas me dire : "OK, 2 ou 3 c'est déjà pas mal, hein, on va pas se plaindre non plus. Mais qu'est-ce qu'un ou une buron ?"
Bonne question, attelons-nous à y répondre le plus clairement possible grâce à plusieurs enseignements pris par la lecture d'articles dans différents sites internet.

Déjà, on dit bel et bien UN buron, et non une buron. Le mot buron vient de la racine bur qui a donné en vieux français (XIIème-XVème siècles) le mot buiron signifiant cabane.
Ensuite, un buron est une habitation en pierres, couvert de lauzes et d'ardoises. Il sert à abriter la fabrication du fromage et à loger les buronniers.

Au début du XVIIIème siècle, dans une lettre de Trudaine, alors intendant d'Auvergne, elles sont décrites  comme "
des cabanes sous terre, en partie recouvertes de gazon où l'on fait le fromage de pays et qui sont construites à peu de frais. Les propriétaires des pâturages de montagne trouvent un avantage à changer de place de temps en temps leurs burons dans l'intérêt des fermiers." 

"Dès la fin du Moyen-Âge, l’élevage dans le Cantal n’était plus seulement une activité complémentaire de l’agriculture, il est devenu une spécialité dans la zone de "montagnes". Dès le XIIIème siècle, ces pâturages saisonniers représentaient des biens recherchés. A partir du XIVème siècle, le pastoralisme commença à se généraliser.
Les traces de centaines de cabanes de bergers dans toutes les montagnes du Cantal en sont encore les témoins. Les tras, fogal, mazuc ou cabanes sont les plus anciennes structures d’estive. Aux siècles suivants, sera mis en place un vrai système d’estive.
Dès le XVIème siècle, des investissements importants furent engagés sur les structures d’estive avec des bâtiments vastes et maçonnés.Le XIXème siècle fut la grande époque de construction des burons que nous voyons toujours sur les montagnes cantaliennes."  BURONS DU CANTAL

Et architecturalement, comment est composé un buron, hein ?
"Une unique porte, ménagée dans le mur pignon lorsqu'il fait face à la vallée, permet d'entrer dans la première pièce où le fromage est fabriqué, ensuite dans le « caveau » qui sert à conserver et à faire mûrir les nouvelles pièces de fromages (les fourmes). Pas de cheminée pour le feu qui se fait dehors, ni de chambre pour les bergers, mais toujours une bonne source à proximité.
Il se compose de trois pièces : à l'étage, la pièce où dorment les buronniers et où le foin est engrangé, au rez-de-chaussée, la pièce où est fabriquée la tome (
tóumo), caillé frais pressé qui permet de préparer un mets, l'aligot (oligót), et qui donne la fourme (fóurmo), et la cave, dans laquelle s'affinent les fromages."
  WIKIPEDIA

Et puis... les burons ont peu à peu disparu...
"Dans les années 1945-1950, un millier de burons étaient encore en activité dans ce qui était encore des montagnes à fromage. Dans les années 1960, leur nombre chuta à environ 60 à la suite de la modernisation de l'agriculture. Les deux derniers burons de l'Aubrac (Calmejane en Aveyron et Le Théron en Lozère) furent fermés le 13 octobre 2002, la mise aux normes européennes exigeant des investissements trop lourds.
Les burons ont été abandonnés en raison de plusieurs facteurs : politique de réduction démographique de la population agricole et rurale, baisse de rentabilité de l'agriculture extensive, normalisation des modes de vie, remplacement des solidarités communautaires et familiales par le droit social des salariés. La pénibilité des conditions de travail (la traite des vaches sous la pluie, le vent, la neige parfois, l'absence de confort et de logement décent) rebutaient les jeunes, qui préféraient gagner la capitale à la recherche d'un emploi administratif." WIKIPEDIA
Plus d'informations complémentaires sur le site : LAVEISSIERE.FR


Pour nous, il est l'heure de passer à table. Nous sommes accueillis chaleureusement et on nous amène à une table de pique-nique située au bord de la vallée, laissant ainsi place à un magnifique panorama sur la belle verdure de la vallée de la Maronne.

Sur cette table,
des sets en papier sont déposés
et expose les produits locaux.
Salers, les trois Burons, set de table (15)
            Salers, les trois Burons, set de table

Nous commençons avec une petite Gentiane de Salers en apéro. C'est bon, c'est frais, c'est des plantes, c'est local. Un peu d'histoire ? Fastoche !

salers apéro"(...) En 1885, au cours de tournées commerciales dans le Cantal durant lesquelles il vend son kirsch réputé, Ambroise Labounoux découvre un breuvage concocté par les paysans d’Auvergne : le quinquina du pauvre. Cette boisson préparée en laissant infuser des racines de gentiane dans du vin blanc y est fort appréciée, à la fois pour sa saveur et pour les effets bienfaisants qu'elle dispense sous ce rude climat ; une saveur qui  séduit son fils Jean dit Alfred.
Formé au métier de distillateur en région bordelaise, Alfred va s’inspirer de cette tradition Auvergnate pour créer sa propre recette de liqueur apéritive, en utilisant ces mêmes racines de gentianes récoltées sur les pentes du Puy Mary près du village de Salers. C'est un succès !" GENTIANE DE SALERS

 

Le menu, ici, aux Trois Burons, est simple : c'est truffade ! Truffade avec ou sans jambon, mais truffade ! Avec ou sans vin rouge, mais truffade !
Et là, tu me dis : "Mais bon sang de bonsoir, qu'est-ce donc encore que ce nouveau mot ????"
Alors, eh, oh, tu te calmes : ce n'est pas un nouveau mot. Dans les dialectes auvergnats, "Trufa" signifie "pomme de terre" ou "patate".
La truffade, c'est le plat traditionnel du Cantal et ce fut la nourriture des buronniers. Il se compose de pommes de terre et de fromage de Salers, poivre, sel. Le tout servi dans sa poêle encore chaude.

Comme ceci !

Les Trois Burons, truffade

Les Trois Burons, truffade

Le déjeuner se passe très bien. La truffade est bonne, c'est copieux, il fait beau.
Le propriétaire des lieux vient nous voir pour causer un peu afin de savoir d'où l'on vient et parce que nous avons parlé de cyclisme. Il en profite pour nous raconter l'histoire de ce lieu qu'il a monté lui-même.
Ancien géomètre des mines d'uranium de la Cogéma et coureur cycliste passionné, Jean-Pierre Lallet a reconstruit en 1996 à l'identique un des burons abandonné en bord de route avant de le transformer en buron et d'en construire un second. Pour reprendre cette histoire, dirigeons-nous vers l'entretien qu'il avait donné au journal LA CROIX, en 2005.

Salers, les trois Burons (15)"Le Cantal me plaisait beaucoup et, quand j'étais aux mines, j'avais acheté un buron pour y passer mes week-ends. J'ai donc choisi de m'y installer, entre Salers et le puy Mary et je me suis dit : pourquoi ne pas faire quelque chose ici ? D'où l'idée de parler de burons, de vaches et de fromages et d'établir un musée."
Après des démarches administratives, la restauration d'un buron de l'autre côté de la route, en face de son buron personnel, il entreprend donc la collecte des outils, des photos d'anciens burons, indispensables à l'élaboration du musée.
"Petit à petit, je suis allé voir les anciens vachers et buronniers et j'ai discuté avec eux. C'est comme ça qu'ils m'ont transmis cette passion. Moi, l'ancien mineur à moins 400 mètres, et eux, les buronniers à plus de 1 500 mètres, on s'est trouvé des points communs..."
C'est finalement en 1996 que la maison du fromage et de la race salers ouvrira ses portes. "En six-sept ans, on est devenu le site le plus visité du secteur", précise-t-il, assez fier. (...)" LA CROIX

En 2002 et en collaboration avec la famille Labounoux, concepteurs et fabricants d'apéritifs à base de gentiane, il construit un second buron qui servira de Musée de la Gentiane salers, retraçant l'histoire de cette plante caratéristique du département, avec dégustation et vente. Autre initiative : faire vieillir le vin de Pierre Desprat dans la cave de son buron. Commencée en 1996 avec 100 bouteilles, ce sont aujourd'hui 26 000 bouteilles de vins de Côte d'Auvergne La Légendaire qui passent l'hiver dans le buron avant d'être sorties au printemps. Pour en savoir plus sur cette méthode de veillissement de vin en altitude, tu peux aller lire l'article du journal de La Montagne.

Pour notre part,
nous terminons le déjeuner par un petit digeo tout simple :
le Birlou.
Salers, les trois Burons et Birlou (15)

Et là, tu me dis : "Mais quand est-ce que va cesser l'emploi de ces mots incompréhensibles et inconnus ???"
Et je te réponds : "Tout a une explication !"
"À l'origine, le Birlou était une liqueur maison que Henri Monier servait à ses clients dans son échoppe du Veinazes dans le Cantal. Face au succès rencontré par le Birlou auprès de ses clients, Henri Monier décida de reprendre une licence et de distribuer le Birlou au-delà du Veinazes.
C'est ainsi que naquit à l'aube de l'an 2000 le Birlou, mariant la saveur de la pomme et le mystère de la châtaigne.
"Bir", c'est pour bière, car le breuvage s'accommode parfaitement avec elle et lui donne un goût entre cidre doux et bière rousse. "Lou", c'est pour pelou (mot occitan signifiant la bogue du châtaignier) car la liqueur de châtaigne est à la base de sa création avec la pomme."  BIEN MANGER.COM

Bon, comme tu peux le lire, le Birlou se boit plutôt en apéro, mais bon, hein, on va pas chipoter !

Tougouze, en attendant le Tour (15)Nous quittons les Trois Burons qui ne sont que deux pour reprendre la route.
Nous croisons quelques sculptures rendant hommage au Tour de France cycliste qui passera dans quelques jours par ici...

 

 

 

 

Magazine 200, le tour de MontcuqMais attention, rien à voir avec cet autre Tour de France, baptisé le Tour de Montcuq, qui part de Sachy pour se rendre à Montcuq.
Voici, pour toi lectrice/teur, la carte ci à droite.
2200 kilomètres à vélo en 14 jours pendant lesquels les cyclistes participants ont traversé des villes aux noms particuliers et en s'offrant une journée de repos à Glandage. 200 km par jour pour une trentaine de participants. Plus d'infos : LA DÉPÊCHE DU MIDI

 

 

 

 

De notre côté, nous arrivons à Salers.

SALERS
Salers, rue commerçante (15)

Aaaaah, mais je suis bien d'accord avec toi : la photo ci-dessus ne présente pas grand intéret de prime abord. On serait même tenté de dire : "putain, si c'est Salers, ça donne pas envie d'y aller !"
Mais attends, c'est pas fini ! Que voit-on sur cette photo ?
Nous voyons dans le désordre une femme de dos qui marche avec une poche accrochée au coude. Il y a également un siensien de dos couché au milieu de la rue, des tables et des chaises disposées de ci de là. Pas de voitures en vue. Tout ceci veut dire que nous sommes dans une rue piétonne.Et ça, vois-tu, c'est bien.
Ensuite, nous découvrons une très belle rue avec des pierres cimentées grises au sol, des façades grises tout autour. Tout ceci veut dire que nous sommes dans une région volcanique. Et ça, vois-tu, c'est encourageant.
Là-bas, contre un mur, nous distinguons un étrange vélo jaune. Tout cela veut dire que les habitants ont décoré le village pour recevoir le Tour de France ; ce qui est le signe d'une grande mobilisation touristique, dynamique, prête à faire des choses pour faire vivre le village. Et ça, vois-tu, c'est pas mal.
Si nous pouvons deviner plusieyrs façades de commerces à droite et à gauche, nous distinguons également la présence d'une église en fond de champ. Ce qui peut être motivant les jours de grande chaleur car quoi de plus agréable que d'aller se réfugier dans une église quand il fait chaud. Et ça, vois, tu, c'est malin.

Bon, on va arrêter de tourner autour du pot !
En fait, j'ai oublié de faire une photo générale du village... ou de la ville... je ne sais pas comment on dit... Quand il n'y a que 300 habitants, on peut dire que c'est un village. Oui, non. Bon, on va dire "village de Salers". Et puisque nous parlons "village", il faut savoir que Salers est classé parmi les "plus beaux villages de France" ; appellation qui, rappelons-le, est demandée par les villages concernés et qui se doivent de verser 800 euros et 50 centimes par habitants. En clair, un village peut être très très beaux, original, atypique et ne pas faire partie de cette association car, oui, "Les plus beaux villages de France" est une association dont le but est, entre autre, de regrouper des villages pour les sortir de l'anonymat et relancer leur économie par le tourisme. Et ça, vois-tu, pourquoi pas. Mais n'oublies pas que ce n'est pas parce qu'un village n'a pas l'appellation "Plus beaux villages de France" qu'il est forcément moche. D'ailleurs, je ne connais pas d'association qui ait monté un label "Plus moches villages de France".
Maintenant que nous savons cela, engouffrons-nous dans les rues et ruelles sagraniennes (ou salersoises, les deux sont acceptés) pour en savourer le charme et plus si affinités. La meilleure façon de découvrir Salers est peut être de flâner au gré de son humeur dans les rues de la cité. Lever le nez vers les fenêtres que défendent des grilles de fer, guetter sous un porche les premières marches d'un escalier tournant, observer la composition des façades parfois ornementées d'une imposante tourelle.
Mais pour bien comprendre l'unité architecturale du village, il faut aussi se plonger dans son passé.

"Au Xème siècle, Salers n'était qu'un gros village que rien ne prédestinait à devenir cette cité à la fois austère et élégante avce ses demeures seigneuriales et ses hôtels particuliers. L'histoire en décida autrement lorsque, en 1428, le roi autorisa les habitants à élever des remparts destinés à protéger leur cité. Mais le développement de la vilel ne commença vraiment qu'en 1564. Le baillage, ou tribunal, des hautes montagnes d'Auvergne était alors installé à Saint-Martin-Valmeroux. Le roi Henri II décida de le transférer à Salers. Juges et officiers de justice affluèrent dans la ville et y firent construire des demeures dignes de leur rang, qui lui donnèrent la physionomie qu'elle conserve aujourd'hui." ÉDITIONS ATLAS


Mais Salers, pour commencer, c'est aussi la gastronomie !


Faisons un point sur le mot Salers

qui évoque déjà beaucoup de choses.

L'apéritif !                        La viande
Salers, verre de Gentiane (15)
              viande

Le fromage                      La vache
fromage salers
                    Salers, vache (15)
Aaaah oui,

nous sommes dans un lieu
où la gastronomie et la bonne bouffe
sont bel et bien présents !

Et puisque nous parlons vaches, regardons maintenant comment celle-ci est déclinée sur les cartes postales présentes dans la première librairie-souvenirs croisée en bas du bourg, rue Notre-Dame.

Salers, carte postale (15)

Salers, carte postale         Salers, carte postale

Salers, carte postale       Salers, carte postale

Hein ? Hein ? Hein ? Ah eeeeehhh : y'a du potentiel là !
Et comme l'été approche à grands pas, offrons-nous un petit moment de détente avec ce questionnaire spécial vache car la vache, c'est chouette.

LA VACHE
(questionnaire conçu par "Tout le monde veut prendre sa place")

1) Selon un trait distinctif, laquelle de ces vaches portent des lunettes ?
     a) La Montbéliarde               b) La Normande
2) En Inde, que signifie l'expression "gao Mata" qui désigne les vaches sacrées ?
    a) Vache soeur                       b) Vache mère.
3) De 1910 à 1913, où la vache nommée Pauline Wayne broutait-elle son herbe ?
    a) à la Maison Blanche           b) Au château de Windsor
4) Dans "La ferme des animaux" de George Orwell, quels animaux prennent le lait des vaches pour s'en nourrir ?
   a) cochon    b) coq      c) chien       d) âne
5) Sur le devant de la pochette de l'album de Pink Floyd d'"Atom heart Mother", comment est photographiée la vache ?
   a) de face   b) dessus     c) profil     d) 3/4 arrière
6) Dans le dessin animé "La noiraude", à qui téléphone la vache au début de chaque épisode ?
7) D'après les paroles de "La vache à 1000 francs" de Jean Poiret, où est la vache "au premier temps" ?
8) dans le film "La vache", à quel salon se rend un Algérien en bateau et à pied avec sa vache nommée Jacqueline ?
9) En 1896, quel artiste représente une vache rouge furieuse sur l'affiche publicitaire du journal "La vache engagée" ?
10) En bande dessinée, avec quel jeu Gaston Lagaffe essaye-t-il d'occuper une vache livrée au journal ?
11) Dans la mythologie grecque, quel dieu change sa maîtresse Io en génisse pour la protéger de la jalousie de sa femme Era ?

Voilà.

Oui, à Salers, la vache est reine. D'ailleurs, au début du mois d'août, lors de la Journée du folklore et de la vache, les ruelles pavées résonnent d'une belle musique : des dizaines de vaches, cloche au cou, défilent dans les ruelles de la cité auvergnate. Meuglements sourds, entrechoquements de cornes, bruits des sabots, soufflements nasaux... La Salers est là. Arborant une sombre robe d'acajou, elle se targue d'être une laitière hors pair à l'origine de ces fromages de renom tels le cantal ou le salers. Et sa viande... Quelle viande !


Nous remontons à présent la rue Notre-Dame pour nous approcher de l'église Saint-Mathieu.


ÉGLISE SAINT MATHIEU

Salers, église Saint-Matthieu, extérieur

Ben oui, ben oui, ben oui ! J'ai encore oublié de prendre une photo générale de l'église pour rester concentré dans un premier temps sur ces visages sculptés à l'entrée de l'édifice.

Salers, église Saint-Matthieu, extérieur (15)

L'église est une reconstruction de la fin du XVème siècle, mais le portail rappelle le reste de l'église romane qui la précédait, néanmoins intégralement restaurée à la fin du XIXème siècle après que la foudre lui soit tombée dessus. Le porche roman, lui, date du XIIème siècle.
Après être resté scotché une bonne dizaine de minutes à tenter de comprendre le pourquoi de ces petits visages, je me suis décidé à entrer.

Salers, église Saint-Matthieu, intérieur (15)

Ouais, bon, ben voilà, c'est une église. Il y a des vitraux, un autel. Classique.

À gauche, quelques tapisseries d'Aubusson du XVIIème siècle,
dont une est le "Serment de Montmartre",
acte fondateur de la Compagnie de Jésus par saint Ignace de Loyola
Salers, église Saint-Matthieu, tapisserie (15)

À droite, une belle mise au tombeau
polychrome datée de 1495,
offerte par le père Géraud Vitalis pour la reconstruction
et la consécration de l'église.
Salers, église Saint-Matthieu, mise au tombeau (15)
..sous alarme.
Salers, église Saint-Matthieu, mise au tombeau

 

Continuons de progresser dans le bourg en prenant la direction de la place Tyssandier d'Escous qui domine Salers.
Pour cela, nous empruntons de multiples petites rues et ruelles dont la particularité s'affirme par l'omniprésence de la pierre. Une pierre tour à tour blanche et grise.

Salers, ensemble de vieilles maisons (15)                 Salers, maisons

Salers, ensemble de vieilles maisons

Salers, une rue (15)             Salers, porte du beffroi (15)

Cette architecture propre aux villes et villages auvergnats est poussée à son paroxysme ici à Salers. Perché à 1000 mètres d'altitude sur les rebords d'un volcan volcanique, le village porte aussi très haut son passé de la Renaissance. Salers, ville close bâtie dans la pierre sombre du pays.

"En errant dans les multiples ruelles, on remarque que le patrimoine monumental de Salers doit son originalité au contraste entre son austérité, héritée de l'architecture défensive, et son raffinement ornemental issu de la Renaissance. Cette austérité est renforcée par la couleur sombre de la pierre basalte et les sévères toitures de lauzes qui habillent les demeures, dotées pour la plupart (maison de Bargues, hôtel de la Ronade, maison Bertrandy) de ravissantes cours intérieures, de portes ogivales, de fenêtres moulurées, de balcons sculptés et de blasons."
  ÉDITIONS ATLAS

Après une charmante petite montée qui nous a fait passer, entre autre, sous la porte du beffroi et la Tour de l'Horloge, nous voici sur la belle place Tyssandier d'Escous.


PLACE TYSSANDIER D'ESCOUS

Salers, marché et statue

Ah ben oui, nous sommes mercredi et le mercredi, c'est jour de marché à Salers. Du coup, le boucher a garé son camion devant la statue emblématique de cette place qui porte le même nom que le.... ohlalalalla, qu'est-ce que c'est que cette phrase, je recommence !!!!
Du coup, le boucher a garé son camion devant la statue représentant l'homme qui a donné son nom à cette place... mouais... bon... est-ce que j'm'a fait comprendre bien ? Hein ? Non ? Bon, en fait, allons à l'essentiel : la statue dont on croit qu'elle sert de gyrophare au camion du boucher est en fait la statue de Tyssandier d'Escous. Ernest de son prénom. Et moi, Ernest, je ne sais pas pourquoi, cela me fait penser à Nestor, et Nestor cela me fait penser à la pêche aux moules.

Je me souviens, en 1975   -j'avais alors 1an-  tout le monde chantait, dansait, reprenait en choeur cette chanson. Et ça faisait la chenille, et ça buvait, et ça rigolait !!! Moi, elle me faisait pleurer, cette chanson. Ben ouais, c'est triste merde. On lui a piqué son panier au pingouin ! C'est triste. Les gens sont ignobles quand même ! Tout le monde est là à reprendre le refrain en se fendant la tronche : "à la pêche aux moules moules moules, je ne veux plus y aller maman, les gens de la ville ville ville m'ont pris mon panier, maman !" On est bien d'accord : c'est une chose horrible qui vient de se passer dans ce petit village où ce gentil pingouin allait tranquillement à la pêche aux moules moules moules avec son panier. Et son panier, on lui a chourré !!!! Moi, je suis désolé, mais ça ne me fait pas rire !
Et d'ailleurs, qu'est-il devenu ce pingouin ? Le sais-tu ? T'es-tu seulement posé la question ? En a-t-il retrouvé un autre ? A-t-il quitté le village, le pays, le continent ? Et pour aller où ? Et ce panier, il est bien quelque part, bordel ? Y'a personne qui a vu envie de lancer des recherches, de venir en aide à ce pauvre animal meurtri ? Cruauté, tiens ! Aaaaaah parfois, l'être humain me débecte.
Bon, soyons sérieux : qu'est-il devenu Nestor... et l'homme qui l'accompagnait, qui portait un chapeau et une barbe ? Il s'appelait David Michel, je crois. Certains disaient même que c'était lui qui chantait, et pas Nestor.

MAIS DE QUOI PARLIONS-NOUS AU FAIT ?

Ah oui, d'Ernest... d'Ernest Tyssandier d'Escous. Rien à voir avec un pingouin, puisque ce brave homme, né en 1813 et décédé en 1889, est le restaurateur de la race bovine de Salers qui tombait dans la décadence et l'oubli.
Pour mieux voir ce buste de bronze, il suffit de contourner le camion.

Salers, statue d'Ernest Tyssandier d'Escous

Pour l'anecdote, ce buste fut inauguré en 1897 sur la plus grande place de la ville, devenue Place Tyssandier d'Escous. En 1943, pour échapper à la campagne de récupération de métaux lancée par l'Allemagne, après l'invasion de la Zone libre, le buste a quitté son socle dans la nuit du 14 décembre en laissant le message : "Je reviendrai quand les Boches seront partis ".
C'est donc à Ernest Tyssandier d'Escous que l'on doit l'appellation officielle "race bovine de Salers", obtenue en 1852 grâce à son travail de sélection. Il était alors propriétaire de terres dans le Cantal, passionné d'agronomie.

Tout autour de la place, nous pouvons observer plusieurs grandes maisons. Certaines demeures se visitent, comme la Maison du Bailli qui abrita Antoine de Mossier, avocat du Roi. On découvre alors un intérieur médiéval traditionnel auvergnat.

Tout autour de la place toujours, un ensemble de demeures aristocratiques en pierres grises, surmontées de hautes toitures de lauzes d'où émergent des tourelles en encorbellement coiffées de toits en poivrière ou à pans. Une unité architecturale sans fausse note, composée d'hôtels particuliers au décor ouvragé typique de la Renaissance. Signalons, par exemple, la Maison de la Ronade et la Maison Lafarge avec leurs tourelles d'angle, leurs encorbellements et leur tour poivrière. Un véritable décor de théâtre soutenu par la douce fontaine faisant face au buste de Tyssandier d'Escous.

Un décor qui n'est pas sans nous rappeler l'Écosse...
Salers, ensemble de vieilles maisons
         Salers, entrée typique et antenne sat (15)Salers, maison de la Ronade (15)         Salers, en attendant le Tour (15)

Mais si ! D'ailleurs, c'est ici que quelques scènes des "Grandes vacances" (1967) de Jean Girault ont été tournés lorsque le scénario posait les protagonistes en Ecosse.
Tu te souviens des "Grandes vacances" ? Louis de Funès, Claude Gensac, Ferdy Mayne, Maurice "Michonnet" Risch...


C'est également sur la place Tyssandier d'Escous que se trouve l'office du tourisme. Oui, c'est vrai, tu as raison, l'office du tourisme est l'endroit idéal pour avoir des informations sur les visites, les lieux touristiques, les évènements et la météo de la région. Mais c'est aussi ici, à l'office du tourisme de Salers que se trouve une plaque émaillée des plus originales, posée là, sur un bureau, derrière deux ordinateurs mis à disposition des gens pour aller surfer sur internet...

Salers, office du tourisme (15)

Dans un premier temps, je n'ai pas trop compris ce que cela voulait dire. Salers a-t-elle décidé de virer tous les fumeurs du village ? Peut-on trouver un vendeur de clops à Salers ? A-t-on seulement le droit de fumer dans les rues de Salers ?
Tout ceci était trop imprécis. Je me suis donc approché de la charmante personne à l'accueil de l'office pour lui demander de quoi il en retournait.
"En 1971, les Sagraniennes et les Sagraniers (noms des habitants de Salers) ont décidé ensemble d'arrêter de fumer. C'est le premier village de France à l'avoir fait."
Ah bon ? Comme ça. Je remercie l'officieuse et je m'en vais retourner dans les rues salersoises... sagranoises, la tête emplie de questions.
"Est-il possible que tous les habitants de Salers aient arrêté ensemble de fumer ? Combien étaient-ils ? Ont-ils tenu ? Où sont-ils aujourd'hui ? Habitent-ils encore Salers ou ont-ils déménagé quand ils ont senti qu'ils ne pourraient pas s'arrêter de fumer définitivement ? Y'a-t-il eu une loi votée afin de virer les habitants qui s'étaient remis à fumer ? Ces gens là ont-ils été bannis à vie de Salers ? Et pourquoi cette plaque est ici, sur un bureau de l'office du tourisme, un peu planquée ? etc."

Je n'en saurais pas plus. Il faut dire que je n'ai rien demandé, mais cela mériterait une enquête plus approfondie.
Nous continuons à nous promener dans Salers. Toujours ces belles petites ruelles souvent étroites et toujours grises. Nous passons devant le Musée des Templiers.
"Construite au début du XVème siècle, la Maison des Templiers accueille depuis une vingtaine d'années un musée des Métiers et des Traditions de la région. On y admire une pharmacie du XIXème siècle, de riches ornements sacerdotaux, des costumes traditionnels... Mais le plus intéressant reste les reconstitutions d'intérieurs auvergnats, d'un grand raffinement avec leurs médaillons sculptés, cheminées monumentales et boiseries sculptées." ÉDITIONS ATLAS

Les ruelles disparaissent. Nous voyons le ciel et nous faisons face à un vaste espace. Il s'agit de l'esplanade de Barrouze.

ESPLANADE DE BARROUZE
Salers, esplanade de Barrouze, panorama (15)

Aérée et avec un bel espace vert, elle détonne du reste du village emmuré.
La promenade de Barrouze est un superbe belvédère ouvert sur les vallées de la Maronne, de l'Aspre et du Rat...

Salers, esplanade de Barrouze, WC (15)...ainsi que sur les toilettes d'un autre temps
dans un jardin de particulier.

 

 

 

 

 

C'est également d'ici que part le chemin de ronde, encore appelé parfois Chemin des Loups.

CHEMIN DES LOUPS
Salers, chemin des Loups (15)

Le Chemin des Loups, ou chemin de ronde, se faufile sous les remparts du village, versant Ouest.
La présence de ces remparts rappellent que Salers, siège d'une baronnie au Moyen Âge, était doté d'un château fort autour duquel a grandi le village.
"De nombreuses fois pillé par les Anglais et les bandes de routiers, il est enfin encerclé au XVème siècle de remparts, dont subsistent aujourd'hui plusieurs vestiges (portes de la Martille, du Beffroi). Lorsqu'en 1564 Henri II déplace à Salers le bailliage des Hautes-Montagnes d'Auvergne, la douzaine d'officiers de justice qui compose ce tribunal se fait construire d'élégantes résidences dans le style de l'époque." ÉDITIONS ATLAS
Préservée par cette enceinte, Salers, ville close, a ainsi pu résister au temps.

Salers, chemin des remparts (15)

Salers, eau reflets (15)         Salers, esplanade de Barrouze, croix (15)

Après ce petit quart de tour du village, nous retrouvons la voiture.

Il est grand temps de faire un bilan de cette petite visite en vidéo.

 

Après ce beau périple qui nous a conduit de la vallée du Mars au sommet du Puy Mary en passant par les petits villages de Moussages, du Falgoux et de Salers, nous retrouvons le grand gîte d'Embrassac où une bière locale est servie.

Embrassac, bière locale

 

Notre séjour dans le Cantal prend fin. Ce fut une très belle rencontre avec un terroir et un territoire variés avec des gens accueillants.
Il y a tout dans le Cantal : les montagnes, la gastronomie, la simplicité, l'Histoire, de belles randonnées le long de petits ruisseaux ou sur les crêtes des anciens volcans.
J'aurais également pu parler du sentier de l'Auze, du barrage de l'Aigle, de l'intrigant village d'Aynes, de l'église de Chalvignac, des belles fleurs de Crouzit-Bas,...

Aynes, église (15)Chalvignac, barrage de l'Aigle, profilChalvignac, barrage de l'Aigle, mémorial (15)Chalvignac, barrage de l'Aigle, retenu et DordogneChalvignac, buvette (15)
Crouzit-Bas, fleurs 1 (15)Crouzit-Bas, fleurs 3 (15)Crouzit-Bas, fleurs 4 (15)Crouzit-Bas, fleurs 6 (15)
Aynes, panneau (15)Jénorme au Peyrou (15)Sentier de l'Auze, rivière de l'Auze 7 (15)Sentier de l'Auze, rivière de l'Auze et pique-nique (15)

 

À plus tard !