LE VOYAGE DE JENORME

17 novembre 2019

BAYONNE, FESTIVAL POINT DE VUES ART IN THE STREET 2019, périple 2 (64)

Pour la troisième année consécutive, le Festival Points de vue s'est déroulé à Bayonne du 16 au 20 octobre 2019... Déroulé... c'est moche comme verbe... Déroulé... Que pourrais-je utiliser comme autre verbe ?...
Tout de suite : tapons dérouler synonyme...
Dérouler : évoluer, déplier, filtrer, onduler, sinuer, circuler, déployer, débobiner, évoluer, rouler, défiler, dévider, mouvoir... Hein ? Mouvoir ? Non, mais ça va pas ?!
Bon... Reprenons !
Au programme de cette troisième édition du festival Points de vue : de multiples activités, ateliers, concerts, expositions, rencontres et plusieurs street artistes dévoilant sur l'art sous forme de fresques en plusieurs endroits de la ville.

Lors de notre précédent épisode, nous avions déambuler sur la rive droite de l'Adour dans différents quartiers et rues. Nous traversons à présent le pont Saint Esprit afin de rejoindre la rive gauche du fleuve.
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

 

Alors d'enblée, soyons d'accord : il ne faut pas confondre "Festival du tatouage de proximité" avec "Festival de Street art avec grande fresque".
Eh ouais. Parce que bon, on va pas te tatouer une fresque de 25 mètres de haut sur les fesses au "Festival Points de vue-Street art" de Bayonne ?!
OK, on est d'accord ?! Donc, pour ceux qui se sont perdus en pensant trouver des idées de tatouages en allant sur ce blog, eh ben non : ici, pour ce billet, c'est du street art ! Et, en même temps, pourquoi pas ?

DONC  : le Festival Points de Vue- art in the street nous invite à regarder des gens qui font des tatouages de 22 mètres de hauteurs sur des gens qui n'en font que 1,80 m...


NON !

REPRENONS !

 

Le festival POINTS DE VUE nous invite à regarder la ville autrement, à vagabonder dans les rues, se poser sur les places. 'Simple' fresque colorée ou fresque à message, les... ohlalala, où je me lance là ?! Arrêtons !

BON : dans notre précédent message, nous avons découvert quelques-unes des fresques de cette édition 2019 (cf : BAYONNE, FESTIVAL POINTS DE VUE ART IN THE STREET 2019, périple 2) après avoir élaboré un itinéraire tiré au cordeau.

1) METHYL'MNE, 30 rue Albert Thomas.
2) ETIEN', école Malégarie
3) HOW&NOSM, 28 avenue de Mounédé
4) ENAER, 7 avenue de Mounédé
5) EXPOSITION MONKEYBIRD, quai de Lesseps
6) NEVERCREW, 6 place de la République
7) ELLA&PITR, 17 petite rue de l'Esté

Bayonne, Festival Street art Points de vue 2019, fresque METYL'MNE       Bayonne, Festival Street art Points de vue 2019, fresque ETIEN
Bayonne, Festival Street art Points de vue 2019, fresque How et Nosm (64)
     Bayonne, Festival Street art Points de vue 2019, fresque ENAER (64)      Bayonne, Festival Street art Points de vue 2019, fresque NEVERCREW
Bayonne, Festival Street art Points de vue 2019, fresque FANAKAN (64)       Bayonne, Festival Street art Points de vue 2019, fresque ELLA PITR

Retrouvons maintenant la suite de notre itinéraire.

8) FANAKAPAN, 15 rue Marengo
9) ELLA&PITR, Carreau des Halles
10) SEVERIN GUELPA, Bastion Royal
11) AHENEAH, 11 allée de Glain
12) ADOR, 23 avenue du Docteur Léon Moynac
13) MIKA, 1 avenue André Grimard, stade Jean Dauger
14) ZALEZ, 10 rue Alberic Poitrenaud
15) ALECRIM, 33 avenue du Quai Resplendy

carte 2

 


Traversons l'Adour par les 200 mètres du Pont Saint-Esprit arborant fièrement de multiples drapeaux tous les dix mètres, soient euh... plein de drapeaux de plusieurs pays différents !
Et la première étape de notre second itinéraire se situe au 15 rue Marengo, dans le Petit Bayonne. Et là, si tu ne connais pas Bayonne, si tu n'as jamais mis les pieds dans le pays basque, tu me dis : "Mais qu'est-ce que c'est que ça le Petit Bayonne ?"
C'est une bonne question et pour y répondre, faisons un point géographie urbaine en regardant cette carte du centre ville.

bayonne plan

T'as vu : vu comme ça, le centre-ville de Bayonne ressemble à des poumons humains.

poumons

Boh si, regarde bien. Le n°11 qui représente le larinx est facilement reconnaissable en 1A et 1B, puis on descend le long de la trachée représentée par le pont Saint-Esprit, puis on continue en passant le n°10 (bronche primaire) représentant le quai Amiral Lespes. Les deux poumons séparés par la Nive personnifient à la perfection le Grand et le Petit Bayonne. Quant au mini-Bayonne, eh bien, saches qu'il n'existe pas.
DONC : à notre gauche sur le plan ci-haut, nous avons le Grand Bayonne, séparé du Petit Bayonne par la Nive. Considéré comme le creuset originel, c'est le quartier le plus ancien de la ville avec ses principaux monuments, comme l'Hotel de ville, le théatre, la cathédrale Sainte-Marie, le chateau Vieux, les fortifications de Vauban,... C'est là que le castrum romain fut implanté.
Jusqu'au XVIIème siècle, Bayonne était sillonnée de voies d'eau servant au commerce. La rue du Pont-Neuf était un canal et les maisons à arcades de cette rue sont construites sur pilotis. Nous ne parlerons pas de ces magnifiques maisons hautes rouges et blanches, ou vertes et blanches, ou bleues et blanches qui font le charme du pays basque et qui rendent difficile les indications précises. Un exemple ? Fastoche.

UN  TOURISTE : "- Bonjour, je cherche le cabinet du Docteur Etcheverry.
UN LOCAL : "- Oui, bien sûr, c'est très facile. Vous allez continuer tout droit en longeant les maisons rouges et blanches, puis, après la maison rouge et blanche, vous allez prendre la première à droite, vous continuez un peu jusqu'à la hauteur d'une maison rouge et blanche et, juste après, vous prenez à droite. Vous verrez, le cabinet du docteur se trouve juste en face d'une maison blanche et rouge située à côté d'une maison rouge et blanche. Vous en pouvez pas vous tromper."

Ben ouais.
Remarquons tout de même au passage comme ça pour dire que c'est dans le Grand Bayonne, et plus précisément dans la rue des Faures ("forgerons") qu'aurait été inventée la première baïonnette. Une origine pas banale.

LA BAÏONNETTE
Son origine remonterait à un événement fortuit. Au cours des conflits sporadiques qui agitèrent les campagnes françaises du milieu du XVIIème siècle, les paysans de Bayonne se trouvèrent à court de poudre et de projectiles. Ils fichèrent leurs longs couteaux de chasse dans les canons de leurs mousquets, confectionnant des lances improvisées.

Le Grand Bayonne,c'est aussi le coeur commerçant... oui, ça change du poumon... de la ville avec les Halles, plusieurs restaurants, boutiques de pret-à-porter et grands commerces. et c'est également dans le Grand Bayonne que nous trouvons le temple bayonnais du rugby, je veux parler du stade Jean Dauger qui a vu les nombreuses victoires (et défaites aussi) de l'équipe phare de la région : l'Aviron Bayonnais.

Le Petit Bayonne (à droite de la Nive sur la carte) est apparu au XIIème siècle. Lui aussi était parcouru de nombreux petits canaux qui servaient de voies de Ce quartier aux rues étroites, et en grande partie perpendiculaires aux quais, fut le refuge de nombreux Basques espagnols chassés par la montée du franquisme.communication.
Une atmosphère populaire se dégagent de ses rues étroites bordées de hautes maisons et de multiples bars et bodegas. On y trouve également le musée basque, le musée Bonnat-Helleu et le Château-Neuf.
Mais Petit et Grand Bayonne ne doivent pas nous faire oublier -et en même temps, pourquoi pas-  les cinq autres quartiers de la ville que sont Polo-Beyris, Saint-Léon, les Arènes, Saint-Bernard et Sainte-Croix. Hein ? Hein ? Ben oui alors !

Allez : pour se rendre dans le Petit Bayonne, mieux vaut garer la voiture sur un des grands parkings jouxtant le centre. Au choix : parkings des Allées Boufflers, des Allées Marines, Paul Bert... Bon, eh, tu te démerdes un peu, hein ?!
Une fois le véhicule motorisé garé (ça m'évite de répéter à nouveau le mot "voiture"), plongeons dans l'ambiance du Petit Bayonne. On peut encore apercevoir sur certaines boites aux lettres le travail de C215, réalisé pour le festival en 2017.

Bayonne, Festival Street Art Point de vue 2017, C215 (64)Bayonne, Festival Street Art Point de vue 2017, C215 (67)Bayonne, Festival Street Art Point de vue 2017, C215 (70)Bayonne, Festival Street Art Point de vue 2017, C215 (72)

Le graffeur parisien avait ainsi "décoré" une dizaine de boite aux lettres dans toute la ville. En février, on a remarqué que deux d'entre elles avaient disparu (cf : France Bleu).

J'arrive sur la place Paul Bert, l'un des fondateurs de l'école laïque, gratuite et obligatoire. Lors des fêtes de Bayonne, c'est ici, sur la place Paul Bert qu'ont lieu les courses de vaches.

Ce qui donne à peu près ceci :
Bayonne, les fêtes 2016, vache (64)

C'est rigolo parce que l'école Paul Bert et la place Paul Bert encerclent la paroisse Notre-Dame de l'Assomption et l'église Saint-André ; et quand on sait que Paul Bert était un anticlérical convaincu... Bon... Au pied de l'église Saint-André, un camion grue est posté. Ah ! C'est un de ces camions dont se servent les graffeurs pour pouvoir réaliser leurs oeuvres à des hauteurs vertigineuses, comme a pu le voir avec NEVERCREW sur la place de la République.
Dans le programme, il n'est pourtant pas fait allusion à ce lieu dans le programme du festival quant à la réalisation d'une quelconque fresque.

 

NOTRE DAME DE L'ASSOMPTION
EGLISE SAINT ANDRE
Bayonne, Notre Dame de l'Assomption (64)

 

Alors, interrogeons-nous un peu là : quelle fresque est prévue sur la façade de l'église Saint-André ? A-t-on seulement le droit de concevoir une fresque sur la façade d'un lieu catholique ? Faut-il demander l'autorisation au pape lui-même ? Et si oui, qu'en pense-t-il ?
Autre hypothèse : peut être que là, je ne suis pas face à l'église Saint-André mais face à un ancien mur blanc sur lequel a été peinte la façade de l'église... Eh, hein... Bien fait ! Hyperréaliste !
L'autre question qui se pose est bien sûr : mais que peut-on peindre  -fresquer-  sur un tel monument ? Serait-ce ne rapport avec le catholicisme ou avec Bayonne ? Va-t-on retrouver des jambons, ou des piments, ou des carrés de chocolat, ou une équipe de rugby peints sur la façade de l'église ? Ou alors, plus en rapport avec la religion, peut être va-t-on peindre Jésus, ou Dieu, ou des anges, ou Jésus chevauchant une licorne, ou... Oui, OK, j'arrête mes suppositions.
Après plusieurs minutes de contemplation inutile et de questionnements ridicules, je constatequ'aucune fresque n'est prévue sur la façade de l'église Saint André d'après le plan et le programme du festival. Non. En fait, l'édifice est tout simplement en travaux ; peut être pour éviter un nouvel effondrement de la voûte comme ce fut le cas en 1895 puisque l'édifice était construit sur un terrain marécageux.

Je contourne l'église pour entrer dans les petites rues, et notamment la rue Marengo. Petite rue étroite aux hauts murs, c'est au numéro 15 que FANAKAPAN a réalisé sa seconde fresque bayonnaise après celle vue Place des Gascons.

 

FANAKAPAN
15 rue Marengo
Bayonne, Festival Street art Points de vue 2019, fresque FANAKAPAN (64)

Tout simplement ! Mais c'est pas si simple que ça. Le rendu est étonnant, on a envie de le toucher ce faux ballon gonflé à l'hélium. Les ombres, les reflets et les volumes sont incroyablement bien rendus.

Bayonne, Festival Street art Points de vue 2019, fresque FANAKAPANNous avons déjà parlé de FANAKAPAN un peu plus haut.
Mais nous pouvons nous interroger sur le choix du chiffre 5. C'est vrai : pourquoi le 5 ? Pourquoi pas le 6 ou le 2 ? Et pourquoi un chiffre ? Pourquoi pas une lettre ou un symbole ? Hein ? Et puis d'où vient ce nom, Fanakapan ?
"Cela vient de mon enfance. Ma mère appelait ma sœur 'fanny fanakapan', 'viens fanny fanakapan! Nous allons être en retard!' Je pense qu'il y avait aussi une chanson de l'époque de guerre intitulée 'Fred fanakapan' de Gracie Field. Cela explique la nature inutile d'un homme qui, je suppose, était son mari. J'ai aimé le mot et pensé que ça sonnait un peu étrange, donc ça convenait assez bien à mon imagination."

Tu peux retrouver des photos de son travail sur son compte Instagram : FANAKAPAN.

 

Je continue à avancer dans la rue Marengo pour rejoindre les rives de la Nive. Les murs sont hauts, la rue est étroite. Ah oui, mince, je l'ai déjà dit. Sur l'un de ces hauts murs, mon regard fouineur s'attarde sur une plaque discrète.

Bayonne, rue Marengo (64)

Qu'est-ce donc que "ce" tour ? Et ces enfants abandonnés ?
Autrefois maison de négociant et un entrepôt portuaire jusqu’en 1640, puis lieu de recueil des visitandines de 1640 à 1680, la Maison Dagourette devint un hôpital civil de la fin du XVIIe siècle jusqu’au Second Empire. Cet hôpital avait également un service d'acceuil des enfants abandonnés qui étaient déposés, dans l’anonymat, ici, sous cette fenêtre aujourd'hui fermée par des barreaux. Cette fenêtre était appelée "dépose bébé", "tour" ou "tour d’abandon" de Bayonne. Ces abandons d'enfants étaient très fréquents à Bayonne, ville où les filles-mères étaient nombreuses. Explications.
"Comme à l’hôpital des Innocents, à Florence, il y avait un système de tiroirs qui tournaient, et l’enfant abandonné à l’extérieur se retrouvait ainsi à l’intérieur du bâtiment. Parfois, un bout de papier ou un ruban accompagnait le bébé. Ces souvenirs permettaient de mieux connaître le milieu social de la mère.", explique Olivier Ribeton, le conservateur du Musée basque. (cf : article de Sud-Ouest)
Le tour ferma en 1867.

Un peu plus loin, en arrivant sur les bords de la Nive, je me rends compte que cette plaque est aposée sur sur la façade de l'immeuble abritant aujourd'hui le Musée basque et d'histoire de Bayonne dans lequel sont regroupés s'étendent sur plus de 3 000 m² d’espaces d’exposition, des objets et œuvres d’art - collectés pour l’essentiel au début du XXème siècle témoignant du fonctionnement de la société basque.

Je traverse la Nive par le pont Marengo, l'un des trois ponts enjambant la rivière séparant le Grand-Bayonne du Petit Bayonne. Je rejoins le Carreau des Halles. C'est ici que ELLA&PITR ont composé leur fresque géante pour le festival ; juste avant de réaliser celle que nous avons vu au 17 petite rue de l'Esté.


ELLA&PITR
Carreau des Halles
Bayonne, Festival Street art Points de vue 2019, fresque ELLA PITR, carreau des Halles (64)

Si on ne sait pas que ELLA&PITR conçoivent des fresques monumentales allant de 500 à 21 000 m2, on peut chercher celle du Carreau des Halles pendant un bon moment tout en marchant dessus sans le savoir.
Alors : profitons de cette quête pour errer un peu dans les Halles et aux alentours.
Prenons le temps de nous poser en terrasse d'un des bars-restaurants.
Prenons le temps d'entrer dans ce marché couvert où de nombreux étales ont pris place. Mais oui, bien sûr !

Situées au coeur de la ville, les Halles de Bayonne existent depuis 150 ans, mais leur architecture a beaucoup changé en fonction des évolutions économiques et sociales.

LES HALLES
Halles de Bayonne, 1963 1994
         Bayonne, vue sur les quais de Nive, les halles (64)
Les Halles, 1963-1994                                      Les Halles depuis 1994

Les premières halles datent de 1866 après que le maire de l'époque, Jules Labat, ait décidé de faire raser 26 maisons du quai du charbon. Même si pour certains l'espace accordé aux Halles est trop grand et luxueux pour une ville de taille moyenne comme Bayonne, les habitants se les approprient. Mais le 11 janvier 1945, sous le poids de la neige, la toiture s'effondre. Des structures en bois solidifient l'ouvrage de manière provisoire... pendant 20 ans. C'est en 1963 que le projet architectural de Pierre Lafitte est adopté pour remplacer l'art nouveau fait de verre et de verre. Le nouveau bâtiment est aussi grand que le précédent, accueillant au premier étage un parking accessible par deux grandes rampes métalliques blanches suite à la démocratisation de la voiture. Mais ces halles seront elles aussi détruites en 1993.
Les Halles actuelles datent de 1994, pensées par les architectes Jacques Leccia et Christian Parra, avec de nouvelles dimensions. Plus petites et moins hautes, elles permettent un rapprochement et une proximité plus juste avec les commerçants et le centre de Bayonne.

Une fois les portes automatiques passées, nous entrons dans un vrai marché, lumineux, sonore. Ouvertes toute l'année, tous les jours de 7h à 13h30, les Halles accueillent une vingtaine de commerces tenus par des producteurs locaux : charcuterie, traiteur, poissonneries, fruits et légumes, bars, crémeries, fromagers, produits artisanaux,... Tout ceci dans une ambiance de marché populaire aux multiples senteurs.
Allez hop : une petite planche de charcuterie avec fromage de brebis arrosé par un ou deux verres de vin rouge fruité !


Un coup que ça c'est fait : repartons à la recherche de la fresque d'ELLA&PITR.

Bon, eh, oh : on va pas non plus faire durer le suspense plus longtemps puisque leur fresque immense a été réalisée sur le Carreau des Halles même. L'ancien parking devenu place piétonnière s'est paré de couleurs et de formes aléatoires que l'on ne peut comprendre qu'en prenant un peu, beaucoup de recul...

Depuis 2013, ils ont peint plus de quarante de leurs géants à travers le monde. Le géant du Carreau des Halles fait un peu plus de 1000 m2 et, paradoxalement, on ne peut pas vraiment apprécier l'oeuvre malgré sa grande taille. Sauf si... nous prenons un peu d'altitude...

Bayonne, Festival Street art Points de vue 2019, fresque ELLA PITR, carreau des halles
Photo : ELLA&PITR

 

Longeons à présent les quais de la Nive, rive gauche. Ouais, c'est ça : nous sommes sur la rive gauche de la Nive qui se trouve sur la rive gauche de l'Adour. Bayonne, c'est Venise ou quoi ?!
Nous passons de quai en quai : quai Dominique Roquebert, ancien officier de la marine française ; puis quai Amiral Jaureguiberry, ancien officier de la marine française et homme politique. Finalement il n'y a que deux quais. Enfin, deux quais certes, mais avec plusieurs noms se succédant entre les différents ponts.

Bayonne, pont sur la Nive (64)          Bayonne, pont sur la Nive

Sur le quai côté Grand Bayonne, se succèdent les quais Amiral Dubourdieu, Dominique Roquebert et Amiral Jaureguilberry.
Sur le quai côté Petit Bayonne, nous marchons tour à tour sur les quais des Corsaires, Galuperie et Augustin Chaho qui n'a rien à voir avec le chanteur, oui, je te voyais venir ! Joseph Augustin Chaho (1811-1858), Agosti Xaho en basque était écrivain, périodiste, indianiste, philologue et homme politique basque français de langue basque et française. Il était l'homme des "premières" : inventeur de la formule zazpiak bat (les sept font un, autrement dit les quatre provinces basques du sud et les trois du nord forment un Pays basque uni), il créa le tout premier journal exclusivement rédigé en basque Uskal-herriko Gaseta. Il fut également le premier Basque inhumé au pays en dehors de tout rite religieux.

Et le quai Augustin Chaho vu du quai Amiral Jaureguilberry,
cela donne ceci quand nous avons une belle lumière d'automne en fin d'après-midi.
Bayonne, bord de Nive, octobre (64)
Lors de la foire au Jambon au mois d'avril, ces façades arborent des panneaux variés.
Bayonne, fête du jambon (64)
Bayonne, foire au jambon 2019


Un peu plus avant, le quai Galuperie aussi étend
ses belles façades d'immeubles colorées.
Bayonne, quai Augustin Chaho, octobre (64)

Autrefois, sur ces quais, on débarquait le poisson. Bayonne était jadis l'un des ports les plus importants de l'Atlantique. Ces maisons des XVIème et XVIIIème siècles sont construites sur des passages à arcades. Certaines de ces maisons sont également construites sur pilotis puisque nous sommes ici sur une zone marécageuse. À l'époque, la marée montait jusque dans les rues ; la Nive, comme l'Adour, étant soumise aux courants atlantiques non loin d'ici.

Bayonne, inondation, février 2014 (64)Je me souviens des inondations à Bayonne en février 2014,
provoquées par la conjonction de fortes de pluie
associées à un fort coefficient de marée.
Pour éviter que l'eau n'entre
dans les commerces et immeubles
du quai Amiral Jaureguilberry,
un énorme boudin blanc avait été installé.

 

 

 

 

Je traverse à nouveau la Nive par le Pont du Génie pour rejoindre le village du festival qui se trouve dans le Bastion Royal.
Le Bastion Royal est l'un des bastions les plus imposant des remparts cernant Bayonne et édifiés selon les directives de Vauban. Un belvédère y a été aménagé d'où l'on peut découvrir une belle vue sur les quais de Nive et sur les hautes fortifications. Quelques fois, sur les pentes herbeuses jouxtant les murs, on peut voir des chèvres brouter l'herbe des talus. Une présence originale.

J'entre dans la petite cour où s'est installé le point d'accueil du festival. Des exposants, des foodtrucks, un bar, une radio-media, un concours photo, un mur d'expression libre, des jeux, de multiples ateliers et des concerts, le soir seulement.

Dans la Poudrière du Bastion,
l'artiste suisse Séverin Guelpa expose son installation monumentale
prénommée Airbags.
      Bayonne, Festival Street art Points de vue 2019, Severin Guelpa, Airbags (64)
Elle est composée d'une série de six structures gonflables d'un mètre de diamètre chacune et de cinq mètres de longueur. Chaque élément est alimenté par une soufflerie qui s'allume et s'éteint aléatoirement. Pour l'artiste, cette exposition invite le spectateur à s'interroger sur les enjeux de préservation et de protection du patrimoine architectural et environnemental.
Bon... C'est pas évident pour moi, mais il est vrai qu'en rationalisant un peu, trouver ces boudins en plastique dans ce lieu réhabilité et restauré, c'est un peu paradoxal. J'ai bon ? Non, oui...

Allez tiens,
je vais boire un coup !

Bayonne, Festival Street art Points de vue 2019, pause (64)

Comme nous ne sommes pas obligés de parler que art, fresques, culture tout ça, parlons un peu de cette bonne bière artisanale locale pour dire qu'elle s'appelle Kipett et qu'elle est brassée à Briscous. L'étiquette de la canette est une série limitée, spécialement éditée et mis en bouteille pour le festival. Voilà ! Et elle est bonne la Kipett !
Au même moment à quelques tables, plusieurs personnes s'affairent autour d'une sorte de canevas... Ouais ben je sais pas comment on dit !? Ils prennent des bouts de ficelle colorées et semblent les accrocher après des petits clous enfoncés sur une grande planche. Le résultat sera visible d'ici quelques jours sur la façade du mur de la maison des Associations de Bayonne, au 11 allée de Glain. Il est l'oeuvre de AHENEAH, artiste designer portugaise.

 

QUELQUES JOURS PLUS TARD

AHENEAH
11 allée de Glain
Bayonne, Festival Street art Points de vue 2019, fresque AHENEAH (64)

Ça vient de moi ou j'ai l'impression que c'est pas fini.
"Aheneah (Ana Martins) se distingue par ses oeuvres poétiques entièrement réalisées au point de croix.  Par son travail, elle cherche à explorer les liens entre les supports numériques et analogiques afin de :
« Déconstruire, décontextualiser et transformer une technique traditionnelle en un graphique moderne, reliant les cultures et les générations. ». La pratique, appelée «cross stitch bombing» littéralement «bombardement au point de croix», est une forme de street-art apparue en 2005, investissant le cadre urbain d’oeuvres à base de fils."  POINTS DE VUE

Patience et ténacité pour voir apparaitre un visage aux yeux fermés et à la bouche demi ouverte. Une fresque originale totalement réalisée au point de croix.
"C'est en voyant sa grand-mère faire du point de croix sur un torchon de cuisine qu'Aheneah fait le rapprochement avec les pixels : 2 unités similaires appartenant à différentes générations, et qui une fois assemblées dans un environnement urbain, donnent le "cross-stitch bombing"." POINTS DE VUE
68 heures de travail, 5 personnes, 14 kilomètres de laine, 15000 vis.
Tu peux retrouver son travail sur son site : AHENEAH.

 

Après cette petite pause, je reprends la route avec modéartion... avec madoration... avec modération ! Ouais !
Repassons la Nive pour monter un peu. Direction les abords du mythique Stade Jean Dauger qui a vu en son sein les victoires (et défaites) de l'Aviron Bayonnais Rugby Pro.
Fondé en 1904, le club a notamment été trois fois champion de France en 1913, 1934 et 1943 ,a remporté le Challenge Yves du Manoir par deux fois, en 1936 et en 1980 et a remporté le championnat de Pro D2 pas plus tard qu'au mois de juin dernier.
C'est dans l'Avenue du Docteur Léon Moynac qu'ADOR a conçu une fresque.

 

ADOR
23 avenue du Docteur Léon Moynac
Bayonne, Festival Street art Points de vue 2019, fresque ADOR

Elle n'est pas extrêmement grande en comparaison avec celles que nous avons vues précédemment, mais elle est vive et pleine de couleurs.
"(...)ADOR est le blaze d’un artiste né en 1972 à Philadelphie. Il vit et travaille à Nantes. Passionné de dessin  depuis toujours, il s’est rapidement tourné vers la rue comme support de prédilection. Le 'mur' comme support idéal pour donner libre cours à son imagination, échanger et communiquer avec les gens.
Du vocabulaire du cirque ou de l’enfance, des contes ou de l’actualité, comme des parades, l’artiste crée ces univers joyeux qui défilent et présentent des manifestations qui s’organisent comme elles peuvent.
Son blaze est une référence évidente au goût ; un prénom qui rappel quelque chose d’enfantin et coloré. Ensuite, lui sont venus des objets pour qu’ils correspondent : une image illustrée par une cage sans oiseau, un porte Terre sans Terre, un réveil sans aiguilles et un robinet sans eau : Attrapé, Délaissé, Oublié, Rejeté.
C’est en 2003 qu’il commence à taguer dans la rue, puis en 2005 se tourne rapidement dans l’élaboration de fresque à ciel ouvert. Ses inspirations sont multiples et inépuisables. Bien qu’ayant étudié aux Beaux Arts l’artiste ne s’enferme pas  dans un style particulier et encore moins dans un carcan académique.
Un thème récurrent dans son travail: « l’énorme farce ou la grande parade ». Une multitude de personnages est proposée dans une structure désordonnée ou le chaos supposé semble offrir un semblant d’ordre.(...)" 
STRIPART
Ici, au pied des tribunes du stade, on peut penser qu'il a reproduit quelques supporters se rendant au match avec excitation. J'aime bien moi. Y'a de la couleurs, du mouvements, du "bruit".

 Tu peux retrouver son travail ici : ADOR.

 

 


D'après le plan du festival et d'après mon itinéraire, la prochaine fresque à trouver se trouve dans un quartier un peu isolé des autres points de manifestation. Pour la trouver, il faut se diriger vers l'école de danse de Marylène Philip, puis tourner à gauche avant Le bistrot des filles à hauteur du Conservatoire Maurice Ravel. Tu remontes vers le nord, et, en face de la maternelle Lahubiague, tu peux voir une petite impasse menant à un fronton. Voilà : c'est ici.

ZALEZ
10 rue Alberic Poitrenaud

Bayonne, Festival Street art Points de vue 2019, fresque ZALEZ (64)

Beaucoup de mauvaises langues auraient tendance à dire : "Mais elle est où c'te fresque ?"
Eh ben lààààà !!! Tu la vois pas ! Des deux côtés du fronton de ce quartier bien calme, situé au milieu de quelques immeubles à quatre étages.

Bayonne, Festival Street art Points de vue 2019, fresque ZALEZ          Bayonne, Festival Street art Points de vue 2019, fresque ZALEZ

Bayonne, Festival Street art Points de vue 2019, fresque ZALEZ"Street artiste graffeur et pochoiriste, ZALEZ est un artiste français hyperactif toujours en quête de nouveauté. Après des études de Design, d’Architecture et finalement les Beaux-Arts, il s’essaie au graffiti au sein d’un groupe dénommé « Zone Agréee Libertaire Éduquée ». Son travail, axé autour de l’identité de la femme, crée des paradoxes provocants, mêlant l’art du Nu aux techniques et dénonciations modernes de l’art urbain contemporain. Un équilibre subtil entre une esthétique classique et une visée réactive, une vision contemporaine par laquelle les femmes reprennent pleine possession de leur corps.
Dans cette fresque il a pris comme parti de travailler sur un sport en relation avec le lieu (In Situ) qui lui a été proposé. La pelote basque qui est un des piliers de la culture locale. Ainsi il a pu se rendre compte que ce sport est peu représenté par les femmes et que les compétitions féminines ne sont reconnues que depuis 1975 par la fédération. Avant cela on ne retrouve que peu d’information sur la pratique féminine de la pelote pourtant présente de manière significative depuis le 17e siècle dans toutes les provinces Basques. Il lui a semblé important de mettre en avant ces femmes qui pratiquent (dans le club de la société nautique de Bayonne) sous le nom des Nautiquettes (nom rappelant les suffragettes du début du 20e siècle), et ainsi de rendre hommage à leur amour du sport et aux difficultés et manque de  reconnaissance de leurs pratiques pendant des années (voire des siècles)."  POINTS DE VUE

Son travail à retrouver sur : ZALEZ.

 

 

 

Je quitte ce petit quartier de Bayonne pour me replonger dans la circulation bruyante de la D810. C'est de celle-ci que l'on peut apercevoir la grande fresque réalisée par MIKA sur le mur d'une des tribunes du stade Jean Dauger. Oui, oui, oui : je te vois venir, mais non : ce MIKA n'a rien à voir avec le chanteur. Ici, c'est MIKA le graffeur, basé à Bordeaux après avoir passé beaucoup de temps dans les îles, françaises ou non du Pacifique.

MIKA
1 avenue André Grimard
Bayonne, Festival Street art Points de vue 2019, fresque MIKA

Ouais OK, d'accord, on ne voit pas bien.

Rapprochons-nous un peu...
Bayonne, Festival Street art Points de vue 2019, fresque MIKA (64)

Bon, c'est pas tellement mieux.

Approchons-nous encore !
Bayonne, Festival Street art Points de vue 2019, fresque MIKA

Ouais ben là, on ne voit carrément rien. Bon, tant pis. Lisons la biographie exhaustif de cet artiste.
"Menuisier de formation, Michaël Husser alias MIKA, est un graphiste et illustrateur bordelais. Passionné de dessin et de voyages, il ne se sépare jamais de son carnet de croquis. C’est en Australie que ces dessins quitteront le papier pour rejoindre les murs, en habillant les villes de ses personnages disproportionnés et poétiques qui interagissent avec la nature et les animaux. Le dessin ne le quittant jamais, Mika cherche toujours à garder la dynamique qu’il trouve dans ses croquis de recherche en y ajoutant de la matière, car pour lui la peinture et les croquis se nourrissent mutuellement." POINTS DE VUE

Il me semble que l'on retrouve cette inspiration des îles du Pacifique avec le visage de cet homme sur la fresque qui me fait penser au visage d'une statue de l'île de Pâques. Dans d'autres oeuvres, MIKA a préféré les animaux, et notamment les oiseaux. C'est le cas pour cette petite vidéo ci-dessous, faisant parti de la série "Meeting the wall", dont le concept repose sur la réalisation de fresques sur des maisons ou bâtiments voués à être démolis.

Tu peux retrouver son travail original, varié et coloré, véritable invitation au voyage et à la contemplation, sur son site : MICHAEL HUSSER.

 

Je reprends la route pour me rendre à la dernière fresque recensée sur mon périple cette année. Celle-ci se trouve avenue du capitaine Resplandy, sur les bords de l'Adour.C'est chouette comme nom "Capitaine Resplandy" ! On dirait un nom de super héros ; un peu comme "Super souris" que mime Jim Carrey sous l'apparence d'Andy Kaufman dans le film de Milos Forman "Man on the moon".

Andy Kaufman ! Voici un homme, une personnalité troublante. Happening, personnalités diverses, faux, vrai, fiction, réalité : tout se mélangeait dans ses prestations ; si bien que même lorsqu'on annonça sa mort le 16 mai 1984, tout le monde crut à une énième blague de sa part. Alors ? Kaufman lui-même avait annoncé que s'il en venait à mettre en scène sa propre mort, il réapparaîtrait alors 20 ans plus tard, jour pour jour. Le 16 mai 2004, ses amis survivants organisèrent une fête sur le thème de "Bienvenue à la maison Andy", mais Kaufman n'y fut pas présent personnellement.

Mais qui état ce capitaine Resplandy ? Je ne sais pas. J'ai fait des recherches et je n'ai rien trouvé. Il reste un mystère... Capitaine Resplandy... Capitaine Caverne ?

 

Toujours est-il que c'est sur cette avenue qu'en 2017 et 2018, deux artistes du festival, Sismik-Azot et Mantra, ont chacun réalisé deux belles grande fresques sous forme de portraits.

Bayonne, Festival Street Art Point de vue 2017, fresque Sismikazot (64)                 onf
Sismik et Azot                                                                                                             Mantra

La fresque de cette année est moins imposante... apparemment. J'ai du mal à la trouver. Je m'attendais à un travail d'importantes dimensions comme ceux réalisés les années précédentes, mais, apparemment, ce n'est pas le cas. Je train un peu le long des abords de l"Adour. Je regarde à gauche, à droite, en l'air, sur les façades vierges des maisons et des immeubles. Rien ! Je m'arrête boire un verre au convivial bar-restaurant-presse du Mousseroles, puis j'entre dans la nouvelle grande boutique d'antiquités-brocante de Mélanie Chanard. Il y a des meubles, des miroirs, des tables basses, des tables hautes, des fauteuils, des chaises, des verres, des assiettes, des lampes, des livres, des disques, des objets curieux, des choses insolites,... Tout ceci organisé dans des petits mondes : monde antique, monde apéritif, monde basque, monde vintage,... C'est rigolo et c'est plus grand qu'à Biarritz où se trouvait sa précédente boutique, en plein quartier Saint-Charles. En 2017, je m'y étais rendu pour réaliser un reportage sur la première plage créée en France en plein centre-ville.

Souvenons-nous !

Juste derrière la boutique de Mélanie, un autre lieu de brocante jouxte le parking de l'impasse Gayon. Il s'agit de la Brocante Okil. Là aussi, il y a un très grand choix d'objet variés et insolites. Une vraie brocante avec plein de petites surprises, de découvertes et tout ça et tout ça. 

Jénorme fait confiance à la Brokronenbourg, Bayonne (6')Un endroit bien sympathique
où il fait bon boire une petite bière
préalablement achetée ailleurs,
mais pour aller avec,
tout est dans cetet boutique.

 

 

Et puisque nous approchons de la fin de ce périple, que nous allons cesser bientôt de nous interroger sur les poyrquoi su comment avec du parce que, pourquoi ne pas s'interrgoger sur la signification et l'origine du nom de cette brocante ? Brocante Oki... Est-ce le nom des propriétaires ou autre chose ? Car rien n'est acquis !
Eh bien, oui et non : Brocante Okil, le nom ne vient pas du nom d'un des propriétaires, mais bel et bien d'autre chose ! OKIL... mot étrange et interpellant... OKIL.. qu'est-ce ?


OKILPremière recherche : OKIL, en arabe,
veut dire "Intelligence, sagesse. Fonceur et anticonformiste.".

N'est-ce pas un peu présompteux de se présenter
comme anti-conformiste ?


Creusons encore.

"OKIL : oiseau de la famille des genres
vivant dans les forêts d' Europe et d' Asie occidentale.

Il vit également au Pays basque, un oiseau commun."
WIKIPEDIA

 


Mais oh eh dis don' : toutes ces rencontres, ces boutiques, ces brocantes, tout ça ne doit pas nous faire oublier notre ultime mission : trouver la dernière fresque de ce troisième Festival Points de vue Art in the street. Hein, alors, eh, avec modéartion quand même !
Eh bien, figures-toi que c'est après moult détours et recherches que, finalement,t, j'ai trouvé un passage mystérieux un peu après les boutiques brocante. Là, juste avant les piliers du pont sur laquelle passe la D810. Sur la droite... Une impasse... Une petite rue qui monte... Au numéro 33... Suspense. Quelle va être cette fresque ?!... Je monte... Doucement... Je vois des immeubles...

 

ALECRIM
33 avenue du Quai Resplandy
Bayonne, Festival Street art Points de vue 2019, fresque ALECRIM (64)

Ah oui, moi aussi, j'ai été surpris. Attention, je ne dénigre pas le travail de cet artiste, mais après les deux précédentes fresques monumentales sur la même avenue, je m'attendais à quelque chose de plus tonitruant.
Il faut alors chercher à comprendre le choix des couleurs, la disposition des formes, le support et peut être le le choix du lieu. Déjà, sachons-le : l'oeuvre s'appelle "Hold your time" ("Prends ton temps").

Bayonne, Festival Street art Points de vue 2019, fresque ALECRIM"Artiste portugais résidant à Lisbonne, Alecrim puise son inspiration dans l’art primitif, la nature et ses éléments. Ses réalisations, a priori  minimalistes par le choix des couleurs et l’utilisation de formes géométriques, sont en réalité le fruit d’un langage artistique complexe. En effet, l’artiste crée pour chaque idée, concept ou élément, un symbole graphique qui lui est propre. En résulte des œuvres dialoguant littéralement avec leur environnement local.
L’œuvre Hold your time réalisée dans le cadre du festival est une combinaison de deux éléments : le temps et la structure. Il s’agit d’un travail qui reflète ce que nous faisons de notre temps, de la façon dont nous le subissons et nous le développons. Nous pouvons voir un mélange de graphisme moderne et ancien. Permettant une fusion entre le passé et le futur. L’œuvre elle-même est un support, une continuation de la structure du bâtiment, où le blanc permet cette connexion, cette continuation du bâtiment."  POINTS DE VUE

Bon ok. Nuno a déjà officié l'année dernière dans l'excellent et original festival de street art qui se tient chaque année en Bourgogne, à Villars-Fontaine : "Street art on the roc".

Tu peux retrouver le travail de Nuno Alecrim en allant sur son site : NUNO ALECRIM.

Je ne veux pas être médisant, mais j'aurais vu plus de couleurs, plus de formes, plus de folie, plus de... Temps, structure, OK ! Graphisme moderne, ancien, OK ! Mais... je sais pas... Bon, j'aurais aimé un truc, tu vois, style Van Gogh, par exemple, hein. C'est bien Van Gogh !
Tiens, en parlant de Van Gogh, et pour terminer ce périple Festival Points de vue arts in the street 2019, je suis tombé sur un article du site ARTIPS qui évoque une étrange coïncidence entre les tableaux de l'artiste batave et les turbulences interstellaires.

 

Van Gogh, nuit étoilée          Van Gogh étoiles
La nuit étoilée, Van Gogh, 1888, Musée d'Orsay Paris
Turbulence observée dans les gaz et la poussière interstellaires autour de l'étoile V838 Monocerotis, photo : NASA

"2004. Des astrophysiciens se grattent la tête devant les images époustouflantes que le télescope Hubble leur présente.
Étrangement, l’une d’elles a un petit air familier : un nuage de gaz et de poussières stellaires leur rappelle un tableau…

Lequel ? La nuit étoilée de Van Gogh ! En effet, le ciel agité du peintre est rempli de tourbillons, tout comme le phénomène observé au télescope.
Ce dernier s’appelle une turbulence : on en trouve par exemple dans les vortex formés par l’eau ou les nuages. Mais il y a plus qu’une simple ressemblance entre les deux images…
Une équipe de physiciens veut en avoir le coeur net. Les voilà qui mesurent les propriétés des tourbillons de Van Gogh : intensité lumineuse, couleurs, répartition sur la toile…
Ils passent ces données à la moulinette de leurs équations mathématiques et les comparent aux propriétés physiques des tourbillons naturels. À leur grande surprise, cela correspond tout à fait !

Ébahie, l'équipe examine d'autres tableaux. Plusieurs toiles de Van Gogh offrent des résultats similaires… En revanche, les œuvres d’autres artistes, si mouvementées soient-elles, ne donnent rien.
La technique des peintures vibrantes et agitées de Van Gogh est donc unique. Pourtant, l’artiste n’avait aucune idée des lois complexes derrière les turbulences. Elles ont été énoncées bien après sa mort, et les physiciens s’arrachent encore les cheveux dessus !

Les surprises ne s'arrêtent pas là : coïncidence ou non, les turbulences presque parfaites de Van Gogh datent de ses épisodes les plus psychologiquement troublés.
La Nuit étoilée, par exemple, est peinte depuis l’asile dans lequel l’artiste décide de se faire interner après de graves crises. Rien de tel dans ses périodes paisibles. Pourquoi ? Le mystère reste entier…
"
ARTIPS


Étonnant, non ? Qu'estce que c'est chouette l'art ?! Dans toutes ces formes, dans toutes ces expressions ! C'est infini, c'est varié, ça ouvre l'esprit ! Ça questionne, ça émerveille, ça surprend ! Van Gogh avait dit... je ne sais plus quel jour, je crois que c'était un jeudi... cette phrase :
"N'oublions pas que les petites émotions sont les grands capitaines de nos vies et qu'à celles-là nous y obéissons sans le savoir."

Capitaine... Je retrouve l'activité routière de l'avenue du Capitaine Resplandy. Ce périple 2019 à la recherche des fresques du Festival Points de vue Arts in the street se termine. C'était encore une belle édition.
Longue vie à ce festival !