LE VOYAGE DE JENORME

17 septembre 2014

EN DIRECTION DE PLOUGRESCANT DEPUIS LA NIÈVRE (29)

C'était au mois de juillet dernier. Apparemment, il faisait un temps exécrable dans toute la France, sauf en Bretagne et plus précisément dans el Nord de la Bretagne, et plus précisément dans el Côtes d'Armor, et plus précisément au nord de Saint-Brieuc dans un petit territoire régional nommé Trégor. Cela tombait plutôt pas mal puisque c'est là-bas même que nous avions décidé de nous rendre.
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

 

Après avoir quitté le Pays basque pour rejoindre la Nièvre, il me restait encore quelques kilomètres à parcourir pour rejoindre la Bretagne et le Trégor.

trajet Bayonne Plougrescant
Carte : Google maps

Vu comme ça sur une carte, il est vrai que cela faisait un bon détour. Oui, certes, pourquoi pas, c'est vrai. Mais si je repassais par la Nièvre du samedi soir, c'était tout simplement parce que nous nous rendions en famille -, parents, soeur, filleul, nièce,- du côté du petit village de Plougrescant, tellement situé au nord du département des Côtes d'Armor qu'elle en est même la commune la plus septentrionale de Bretagne. Alors t'as qu'à voir !
Valises faites, chargées, gîte réservé, plein d'essence, pique-nique, machin tout ça HOP c'est parti !

Le 19 juillet, jour de la saint Arsène. Une pensée pour Arsène Lupin, Arsène Wenger, Arsène Houssaye ou encore ArsèneVermenouze à qui nous devons ce beau poème que je m'en viens te réciter tout de go :

Poussant des boeufs pourprés dans le brun des labours,
Et tranchant le genêt, déracinant la brande
Les bouviers du pays partout chantent la 'Grande'
A pleins poumons. - Ils ont, comme les guerriers boërs,

D'épais colliers de poil tout autour des mâchoires,
Ils s'attachent aux reins un tablier de peau ;
Et, sur leurs crânes ronds de Celtes, un chapeau
Ouvre, énorme et velu, de larges ailes noires.

A leurs Chants, que nota quelque vieux ménestrel,
Ils mêlent par instant de sonores vocables ;
Et les boeufs, entendant 'Yé Bourro ! yé Queirel' !
Font saillir des tendons aussi gros que des câbles.

 Et puisque nous parlons de boeufs, nous quittons la Nièvre, et plus précisément Nevers, et plus précisément Varennes-Vauzelles. Je ne sais plus quelle heure il était, mais le but était d'arriver au fin fond du nord de la Bretagne pour le début de Fort Boyard. Ben oui, c'est les vacances, c'est l'été DONC c'est Fort Boyard à la télé.
Un passage par La Charité-sur-Loire où le camping de la ville recevait une vacancière inattendue, comme le relatent Le Journal du Centre et sa journaliste Laure Brunet, en vadrouille dans les différents coins du département bourguignon.

Comment j’ai rencontré Corinne Masiero,
actrice nominée aux César 2013

Corinne Masiero, JDCAlors que je m’apprêtais, hier matin, à partir du camping de la Saulaie, à La Charité, pour rejoindre Baye ; je devais faire une rencontre extraordinaire en sortant de la douche…

7h30, hier matin. Camping de la Saulaie à La Charité. Je dois reprendre le camping-car affrété par Le Journal du Centre pour cette page Itinérance, en direction de l’étang de Baye. Je souhaite partir tôt, pour me laisser un maximum de temps à Baye, pour aller à la rencontre des vacanciers ou des travailleurs.
Mais, quand j’enfile mon peignoir et sors de la douche des sanitaires communs, je ne me doute pas de la surprise qui m’attend derrière la porte.
J’ouvre et je tombe nez à nez avec Corinne Masiero (je reconnais tout : ses yeux en amandes, son nez un peu pointu, ses taches de rousseur, sa longue chevelure), dont, à cet instant précis j’ai oublié le nom, mais dont je n’ai rien oublié de sa prestation incroyable de comédienne dans le film Louise Wimmer.
Un film qui m’a marquée. Elle y incarne une travailleuse pauvre, qui dort dans sa voiture et se lave dans les toilettes du “rade”. Je me dis qu’elle a dû prendre l’habitude…

louise wimmer
La quarantaine bien entamée, divorcée et isolée, Louise Wimmer n'a, à présent, pas d'autre domicile que sa modeste voiture.
Outre ce toit de tôle, elle partage son temps entre le bistrot qui lui sert d'adresse postale, l'appartement de son amant et les lieux où elle est employée comme femme de ménage.
Au fil de ses débrouilles vitales, Louise ne poursuit qu'un seul but :
retrouver à tout prix un logement décent...


Elle prend ma place dans les sanitaires. Je me prépare et monte dans le camping-car, hésitant à la rechercher entre les toiles de tente et les caravanes. Je fais ma manœuvre, non sans appréhension, comme toujours. C’est décidé, je pars. Avec juste en tête la stupeur de cette rencontre tellement inattendue.
Le portail du camping s’ouvre. Je jette un dernier œil dans le rétroviseur et je vois la silhouette de Corinne Masiero… La voir deux fois en si peu de temps est un signe. Je gare le camping-car, j’ai repéré son emplacement. Une petite tente. Deux vélos. Je l’aborde. « Je vous ai reconnue, vous êtes l’actrice de Louise Wimmer ». Elle me sourit : « Et bien, vous êtes physionomiste ».
Immédiatement, la discussion s’engage. Je lui demande ce qu’elle fait là. « Avec mon amoureux, Nicolas, on fait la Loire à vélo, jusqu’à Saint-Nazaire. On est parti de Nevers. C’était génial ! Sans s’être donné rendez-vous, j’ai retrouvé des copains acteurs qui venaient de participer au Festival des arts de rue. On a assisté au feu d’artifice, lundi soir. Et, là, j’ai pensé très fort à la scène du 14 juillet dans Louise Wimmer. Elle aurait pu être tournée à Nevers, dans cet endroit, à ce moment ».
Avec son accent du Nord, elle, la fille de Roubaix, m’explique que, chez elle, on dit “ça drache” pour dire qu’il pleut. Je rétorque : « Dans la Nièvre, on dit que ça déciele ».

« On dirait le Québec »
J’ai à peine le temps de la questionner sur sa nomination pour le César de la meilleure actrice, en 2013. C’est elle qui veut savoir : la Loire, les écluses…
« Je découvre tout cela. C’est magnifique. On dirait le Québec. Le Québec, c’est ma deuxième maison. C’est la même ambiance ici et les gens sont sympas ».

Elle évoque l’esprit de François Mitterrand, qu’elle a ressenti très fort. Je lui parle de Christian Paul et de ses combats. Béré, aussi, bien sûr.
Elle me demande ce que je fais au camping. Je détaille le projet Itinérance. « Moi, j’aime rester dans un endroit pour découvrir les gens. Ça doit être dur de changer de lieux tous les jours. Il faut savoir prendre le temps ».
Je lui décris l’endroit qui m’attend : Baye, l’étang, le canal du Nivernais, les voûtes de La Collancelle, construites pierre par pierre par des prisonniers. « C’est dingue tous ces beaux endroits à découvrir. Chez moi, dans le Nord, c’est pareil. Des découvertes insensées ».
Je ne veux pas la quitter sans lui parler du Morvan. Je lui donne le dernier Morvan Magazine.
Elle me demande mon prénom. « À bientôt peut-être. J’ai envie de revenir ici ». Je remonte dans le camping-car. D’autres rencontres m’attendent…

LAURE BRUNET,  Le Journal du Centre, 17/07/2014

 

Eh oui, La Charité-sur-Loire, petite ville nivernaise très active notamment culturellement avec ses festivals de Blues, du Mot et ses foires aux livres ; sans négliger son architecture variée avec sa maison du Nain, son chemin des 84 marches, ses remparts, son vieux pont de Loire  - d'où l'on peut admirer la succession de toits -  ou encore bien évidemment bien sûr le prieuré Notre-Dame, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO.

La Charité-sur-Loire, la gare (58)         La Charité-sur-Loire, Loire et glace (58)
La Charité-sur-Loire, mais en hiver

Et puis La Charité-sur-Loire, c'est aussi La Loire à vélo qui fait venir quelques touristes, comme Corinne Masiero, voulant allier sport-détente, découvertes et gastronomie...
Souvenons-nous de ce périple réalisé il y a deux ans, qui m'avait amené de Cuffy à Bonny-sur-Loire après moult arrêts et moult rencontres avec le patrimoine et les spécialités locales (cf : LA LOIRE À VELO)

La Charité, La Loire à vélo

Fort de ce succès, une autre initiative a été prise pour faire découvrir la région et le fleuve de manière encore plus originale et sportive...

OK bon tout ça c'est bien gentil, mais on a d'la route ! 626 km très précisément qui vont nous faire traverser le Cher en passant par Bourges et Vierzon. Deux villes entre lesquelles nous empruntons l'autoroute A71 pour passer au niveau de l'aire des Croquettes.

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Puis c'est le Loir-et-Cher ! Mais oui, vas-y chantes du Michel Delpech puisque ça te fait plaisir !
Et qui dit "Loir-et-Cher", dit "Sologne" : Pruniers-en-Sologne, Gy-en-Sologne, Mur-de-Sologne, Swing Soings-en-Sologne.
Et l'Autoroute 85 qui traverse le département d'Est en Ouest, ou d'Ouest en Est suivant d'où tu pars. Sur cette autoroute de belle facture, tu peux voir défiler les panneaux indiquant la proximité des chateaux de la Loire, tels que Chambord, Cheverny, Pouille, Ange, Montrichard !
Petite parenthèse, souvenons-nous : c'est ici que Steven Spielberg a fait débuter son film "Arrête-moi si tu peux !" (2002) avec Leonardo Di Caprio, Tom Hanks, l'excellent Christopher Walken et Nathalie Baye.

arrêtes moi si tu peuxFrank Abagnale Jr croyait vivre dans une famille stable. Lorsqu'il apprend que ses parents ont décidé de divorcer, il ne supporte pas la situation et, sous le choc, fugue. Bien vite confronté aux réalités de la vie en solitaire, il tente de s'insérer, mais découvre qu'il est plus facile d'endosser de faux chèques que de travailler. Il prend l'identité d'un pilote de ligne et mène la belle vie, voyageant gratuitement sur les lignes, et encaisse des salaires fictifs dans différentes banques des États-Unis. Contraint de changer de costume, il devient médecin urgentiste avant de travailler en tant qu'assistant d'un procureur. Un agent du FBI opiniâtre le suit à la trace en espérant un jour le coincer...

Mais c'est également ici que se termine le département du Loir-et-Cher pour laisser la place à l'Indre-et-Loire.
On continue avec les panneaux de châteaux de la Loire : Chenonceau, Amboise ou encore Le Clos Lucé, dernière demeure d'un autre Leonardo : Leonardo di ser Piero da Vinci. Ou Léonard de Vinci, en français, si tu préfères.
Bon, j't'le dis tout de suite : les châteaux de la Loire, vue de l'autoroute, c'est pas terrible. Mais, pour toi cher lectrice/teur, j'ai retrouvé des vieilles photos prises lors d'une virée précédente dans les parages... Tellement c'est vieux que le numérique n'existait pas encore. D'ailleurs, je me demande si Leonard de Vinci était déjà passé au Clos-Lucé. Toujours est-il que c'est un lieu très solennel où l'on ose à peine marcher de peur de salir les âmes tournoyantes en cet endroit silencieux.

INTO THE CLOS LUCÉ

Le Clos Lucé, chambre et appartement de Léonard de Vinci (37)
Appartement et lit de Léonard de Vinci

"Avec sa cheminée décorée des armes de France , le lit Renaissance, les cabinets italiens à secrets… De la fenêtre de sa chambre, Léonard de Vinci aimait à contempler le Château royal de son ami François Ier.
Le plus grand, tout au moins par le génie, de ceux qui franchirent la poterne en ogive du château fut Léonard de Vinci. En 1516, à plus de 60 ans, il quitte l’Italie, laissant derrière lui les travaux accomplis à Milan, Florence, Rome, et traverse les Alpes à dos de mulet emportant avec lui trois de ses œuvres majeures : Sainte Anne, la Vierge et l’enfant, la Joconde et Saint-Jean Baptiste ainsi que ses nombreux carnets de croquis et ses multiples études.
Le 23 avril 1519, Léonard considérant la certitude de la mort et l’incertitude de son heure rédige son testament avec l’aide de Maître Guillaume Boreau, notaire en la Cour royale.
Considérant que nul être ne va au néant, Léonard rend l’âme dans sa chambre du château du Clos Lucé, le 2 mai 1519 à l’âge de soixante sept ans, après avoir reçu les derniers sacrements de l'Église."  CHÂTEAUX DE LA LOIRE


Non, nous ne passerons ni à Blois, ni à Montoire-sur-le-Loir.
Par contre, nous nous retrouvons en Indre-et-Loire et à Tours pour constater que cette ville porte bien son nom car, effectivement, il y a beaucoup de tours.
Direction plein Nord ! Ce qui veut dire que nous n'irons pas non plus voir les cendres de Yul Brynner , acteur américain d'origines suisse, mongole et russe, reposant dans le cimetière privé de l'abbaye royale Saint-Michel de Bois-Aubry, à Luze (c'est à dire à 52 km de Tours).

 

YUL BRYNNER,
LE "MERCENAIRE" QUI REPOSE EN TOURAINE

yul

Photo : Western action shooting

On pourrait croire que le chauve le plus célèbre du monde, "oscarisé" en 1956 pour son rôle dans Le roi et moi, repose pour l’éternité à Los Angeles ou New York. Surprise : c’est au sud de l’Indre-et-Loire, à Luzé, que les cendres de Yul Brynner ont été enfouies. Plus précisément dans le petit cimetière mitoyen de l’abbaye royale Saint-Michel de Bois-Aubry, une propriété privée qui a appartenu, entre 1976 et 2006, à l’église orthodoxe. C’est d’ailleurs ce rapport au christianisme d’Orient qui explique que l’acteur est enterré en Touraine, une région qu’il n’a pas connue de son vivant.
Yul Brynner, né à Vladivostok en 1920, était un amoureux de la France et de Paris, où il a débuté comme trapéziste puis artiste de cabaret – il rejoindra les États-Unis en 1942. Après son décès à New York, le 10 octobre 1985, ses cendres ont été transférées vers un village du Calvados, où son épouse et lui possédaient une résidence. Suite à la vente de celle-ci par madame Brynner, les cendres auraient dû être mises en terre dans le cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne).  L’opération ne s’est pas faite, et l’urne est finalement arrivée dans l’une des possessions de l’église orthodoxe, l’abbaye Saint-Michel, au fin fond de la Touraine.
La tombe, extrêmement sobre, est gravée du nom de la star. Il est possible de la voir, dans le cadre d’une visite de l’abbaye, un monument qui côtoie majestueusement la dernière demeure du fameux "mercenaire"."  FRANCE-AMERIQUE

 

Nous n'irons pas non plus au cimetière de La Salle à Tours où, pourtant, nous aurions pu voir quelques tombes incroyables, comme nous en parle Philippe Landru dans son site "Cimetières de France et d'ailleurs".

famille Boyer   Victor Lasalle   jean marc Lelong

françois Boileau   ni dieu ni maitre
Au centre, la tombe de Jean-Marc Lelong, dessinateur de Carmen Cru
Photos : Cimetières de France et d'ailleurs

 

Mais pourquoi je parle de cimetière là comme ça, moi, sur la route des vacances ? Cela doit provenir de l'influence radiophonique.
Tours, c'est passé.
Maintenant, ce sont Ecommoy, Téloché, Changé qui nous passent sous le nez avant que l'on atteigne Le Mans !
Le Mans : ses 24 heures, ses rillettes, ses mutuelles. Tiens, en parlant de cela, retrouvons-nous après une photo de pub.

pub pour banque


Direction pllein Ouest avec Coulans-sur-Gée, Joué-en-Charnie, Vaiges, Soulgé-sur-Ouette et Laval ! Tu l'auras bien compris : nous sommes dans le département de la Mayenne.
J'étais passé à Laval il y a quelques années pour me rendre également en Bretagne. Je m'étais arrêté pour aller visiter la maison natale du navigateur Alain Gerbault.

Laval, maison natale d'Alain Gerbault (53)ALAIN GERBAULT, HEROS SOLITAIRE
Une plaque, place du Hercé, sur la grille de sa maison natale, un buste dans le square voisin, un musée parc de la Perrine, rappellent que le navigateur a vu le jour à Laval en 1893. Son destin de fils d'industriel, qui semblait tout tracé, se heurta à la guerre. Ayant servi comme pilote, il en revint désabusé et, après une brève carrière de tennisman (défaite en finale des championnats du monde à Roland Garros, en 1921), se tourna vers la mer. Pour réaliser en 1923 une première : Cannes-New York en solitaire, 101 jours de navigation épuisante à bord d'un cotre de 12 mètres, le Firecrest. Un an plus tard, il repartait pour un tour du monde, bouclé en 1929. En 1932 enfin, Gerbault remettait le cap sur les mers du Sud. Mais à trop critiquer la colonisation, il perdit sa popularité. Rejeté, il mourut en 1941, à Timor, en tentant de regagner la France en guerre.

 

Et on continue dans la Mayenne avec La Brulatte, La Gravelle, et HOP : Saint-Aubin-des-Landes qui, comme son nom ne l'indique pas, nous signale que nous sommes dans le département d'Ille-et-Vilaine.
L'Autoroute est devenue Nationale. On enchaîne : Servon-sur-Vilaine, Noyal-sur-Vilaine, Thorigné-Fouillard, Rennes !

LE SAVAIS-TU ?
RENNES : Au XVIIIème siècle, la ville avait encore son aspect moyennâgeux : ruelles étroites, maisons en torchis et en bois. Mais le 22 décembre 1720 au soir, un menuisier ivre enflamme avec sa lampe à huile un tas de copeaux. La maison flambe comme une torche et le feu se propage.
Les quartiers brûlés seront reconstruits sur les plans de Jacques Gabriel. Pour que les constructions neuves trouvent plus vite des occupants, on les divise en appartements, vendus séparément. Ainsi est née la copropriété.

 

La Nationale 157 est devenue Nationale 12 ; cette même nationale qui relie Paris à Brest, antique chemin royal de la capitale à la Bretagne.
Vézin-le-Coquet, Bédée, Quédillac et ATTENTION ! Nous entrons dans le département des Côtes d'Armor.
Broons... quand notre coeur fait Broons, Trémeur, Dolo, Lamballe, Langueux, Saint Brieuc !

 

SAINT BRIEUC
LA SAINT JACQUES, REINE DE LA BAIE

CoquillesStJacques"Si au XVIIème, on n'appréciait guèrela coquille Saint-Jacques, si au XVIIIème on ne la consommait qu'en période de disette, il faut attendre le XIXème pour qu'on lui trouve enfin un intérêt gastronomique certain. Tant et si bien qu'il faut après le deuxième guerre mondiale en réglementer la pêche !

Des dates d'ouverture et de fermeture de pêche officielles et des durées de pêche de 30 à 45 minutes par jour.  Le nom de Saint-Jacques vient du pèlerinage : très répandue en Galicie, les jacquets la portaient en collier, signe de reconnaissance, mais également ustensile qui leur permettait de manger, boire, mendier... d'où son autre nom, la pèlerine...
 La coquille de Saint-Brieuc est aussi appelée la "Perle blanche de Saint Brieuc", caractéristique car pêchée en hiver, elle ne possède pas de corail... 
Riche en protéines et en glucides, c'est un aliment aux excellentes qualités nutritionnelles... Et côté cuisine, on appréciera la finesse de son goût, la délicatesse de sa chair qu'on la déguste en carpaccio, juste poêlée, pochée ou à la vapeur... C'est un met de roi !"  JE DÉCOUVRE LA FRANCE

 
Au revoir Nationale 12 ! Va, poursuis ta route jusqu'au bout de l'Europe de l'Ouest. Nous, nous divaguons vers le Nord par la Départementale n°6.
Tréméloir, Trégomeur, Tréguidel, Tressignaux, Tréméven, Trévérec, Tré en retard ! Pontrieux ! Tiens, ça change, faisons une halte pour boire un panaché bien blanc.

 

PONTRIEUX
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"Situé au fond de l'embouchure du Trieux, Pontrieux est une petite cité de caractère s'étendant de part et d'autre de la rivière. Ses jolies maisons fleuries et son caractère authentique attirent tous ceux qui apprécient de trouver la campagne à la mer." ÉDITIONS ATLAS
Oui, c'est bien vrai ça... Tiens, quand j'utilise cette expression, je repense à...

Et HOP attention enchaînement, c'est incroyable ce qu'il se passe, merci mon Dieu, merci Jésus, merci la vie, hasard, coïncidences, magnifique, la vie est incroyable, mais qui tire les ficelles hein ????
Oui, coïncidences et tout ça car Pontrieux est également connue pour ses multiples lavoirs. Aaaah aaah hein c'est pas de l'enchaînement ça ?!
Le village en compte plus de cinquante ! Tous les ans, le 15 août, Pontrieux retrouve son atmosphère d'autrefois à l'occasion de la fête des Lavoirs. Des lavandières vêtues à l'ancienne et des sonneurs défilent alors à travers le village, où l'on se remet à laver le linge à la main... C'est quand même bizarre comme fête, non ?
Imagines...
UN(E) HABITANT(E) : "- Tu vas à la fête des lavoirs cet après-midi ?
L'AUTRE : "- Tu m'étonnes : j'ai plein de slips à laver !!!"

L'office du tourisme ne m'a pas dit s'il y avait ensuite un grand concours d'étendage de linge à travers le village. Par contre, tu peux parcourir ces nombreux petits lavoirs charmants et bucoliques au cours d'une promenade en barque sur le Trieux.

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Par les divers documents présents en son enceinte, l'office du tourisme relate également l'histoire très intéressante et active de Pontrieux.On y apprend que le village a été dévasté à plusieurs reprises, notamment au cours de la Guerre de Cent Ans, en 1343 puis en 1345. Plus tard, en 1488, la forteresse de Chateaulin-sur-Trieux, située à 800 mètres en amont, a été rasée. Mais le village a toujours su renaître. Passage obligé entre les routes du Trégor et du Goëlo, il est devenu le port de commerce de Guingamp. Commune en 1790, puis paroisse et chef-lieu de district, c'est au XIXème siècle une petite cité très active. La rivière, exploitée par le biais de très nombreux moulins, permet l'installation de scieries, de tanneries et de papeteries. C'est ici que seront fabriqués les premiers tickets du métro parisien.
Dans le port réaménagé de façon moderne, transitent alors du bois, du sel, des grains et des toiles de lin produites sur place. L'arrivée du chemin de fer à la fin du XIXème siècle, permet de multiplier les échanges commerciaux.
A la fin des années 1950, cependant, la cité a perdu une bonne partie de sa population, et ses fabriques ont, elles aussi, pour la plupart disparu.
De cette prospérité passée témoignent les belles maisons aux façades de granit et pans de bois édifiées autrefois par les négociants, les armateurs et les industriels.

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Oui, on est bien à Pontrieux. Il y règne un calme solennel malgré le passage des voitures dans la petite artère bien aérée du centre-ville. Il y a de la couleur, du soleil et une ambiance que l'on sent sympathique et chaleureuse.
Je veux continuer de faire un tour vite fait du village en me rendant au monument nommé "Maison Tour Eiffel". Cela m'intrigue : est-ce qu'elle ressemble à la Tour Eiffel ? Est-ce qu'elle a été bâtie par Gustave Eiffel ?
Ni l'un ni l'autre ! Et je n'ai pas beaucoup de chemin à faire puisque l'office du tourisme se trouve dans cette maison Tour Eiffel.

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Cette belle demeure, reconnaissable entre toutes à ses colombages bleus, est l'une des plus anciennes du village. Construite dans les premières années du XVIème siècle, elle semble avoir eu pour rôle de surveiller le port et les embarcations remontant la rivière grâce à une tour de guet qui s'élevait à l'arrière, sur la falaise. Le nom d'Eiffel ne lui a été donné qu'après la construction de la célèbre tour parisienne (en 1889), sans doute par dérision...
Autre particularité touristique de Pontrieux : sa vapeur.
Non rien à voir avec un fer à vapeur pour repasser le linge laver aux lavoirs. Non : la vapeur de Pontrieux est une locomotive qui reprend du service entre mai et septembre pour promener les touristes de Paimpol à Pontrieux.

pontrieux-paimpol-en-train-vapeur-15-kmNée en Allemagne en 1912, elle se faufile sur une quinzaine de kilomètres le long de l'estuaire du Trieux.
Une 230G de 108 tonnes et 1000 chevaux-vapeur. Trainant son panache de fumée, elle traverse bois et campagne. Le viaduc de Leff, le chateau de la Roche Jagu, le village de Lancerf défilent. Des hotesses habillées à la mode d'autrefois racontent histoires et anecdotes.
(Photo :
La vapeur du Trieux)

 

Nous ne prendrons pas le vapeur. Premièrement une parce qu'ils n'y servent pas de panaché, et deuxièmement deux parce qu'il ne va pas à Plougrescant qui est, rappelons-le au passage comme ça mine de rien, notre objectif ! Mais comme disait Jack Kerouac l'autre jour au Pub :

"Ma garce de vie s'est mise à danser devant mes yeux,
et j'ai compris que quoi qu'on fasse,
au fond, on perd son temps,
alors autant choisir la folie."

Ah non, merde, c'est pas celle la ! Et puis de toute façon, c'est un proverbe gitan qui dit :

"Ce n'est pas la destination
mais la route qui compte.
"

Encore une vingtaine de kilomètres grosso merdo. Ploëzal, Pommerit-Jaudy, La Roche-Derrien, Tréguier, petite cité de caractère !

 

TRÉGUIER
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Encore !? Il n'y a que des cités de caractère dans cette région. Et qu'est-ce que cela veut dire ? Je ne sais pas trop, mais elle arbore ses maisons anciennes à colombages multiples.

"Là où le Jaudy et le Guindy se rejoignent pour former la rivière de Tréguier, la petite ville fut autrefois un port commercial actif. Entre ses quais désormais voués à la plaisance et le petit Bois du Poète, qui abrite au bord du Guindy la tombe un peu délaissée d'Anatole Le Braz, toutes les rues grimpent vers la cathédrale.
La rue Ernest Renan est peut être la plus intéressante avec ses deux hautes tourelles carrées de l'ancienne porte de la ville et ses pimpantes façades fleuries, alternant granit et pans de bois.

Ernest Renan est né à Tréguier en 1823 et fut l'un des intellectuels les plus marquants... et les plus détestés de son siècle. Promis à une carrière ecclésiastique à laquelle il renonça dès le grand séminaire, il paria sur l'esprit et la Science contre le surnaturel et le dogme théologique, entreprenant de désacraliser l'étude des Écritures. Blasphème que les catholiques  -et le Vatican-  ne lui pardonnèrent jamais. Sa "Vie de Jésus", en 1863, provoqua un scandale retentissant. "L'Histoire des Origines du Christianisme" en huit volumes, suivie de cinq tomes de "L'Histoire du peuple" d'Israël" n'arrangèrent rien. Bien que la IIIème République l'eut couvert d'honneurs et malgré son entrée à l'Académie française en 1878, l'inauguration de sa statue à Tréguier en 1903, onze ans après sa mort, devait encore mettre la ville au bord de l'émeute." ÉDITIONS ATLAS

Autre particularité de cette "petite cité de caractère", la présence du tombeau de Saint-Yves dans la cathédrale Saint-Tugdual.

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Né le 17 octobre 1253 à Minihy, non loin de Tréguier, Saint Yves consacra sa vie à la justice et aux pauvres. Après son décès en cette même ville de Tréguier en mai 1303, il fut canonisé le 19 mai 1347 par le pape Clément VI. Saint Yves est le saint patron de toutes les professions de justice et de droit, notamment celle d’avocat. Il est également saint patron de la Bretagne et fait l'objet d'un grand pardon. Son tombeau est devenu un lieu de pèlerinage très fréquenté, étape majeure du Tro Breiz (pèlerinage des sept saints fondateurs de la Bretagne).

 

Dernière ligne droite ! Dernière départementale, la D8, qui s'en va surplomber l'estuaire avant de partir vers les terres de la presque presqu'île de Plougrescant. Sept kilomètres plus tard, nous voyons le célèbre clocher penché de la chapelle de Saint Gonery.

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Quelques centaines de mètre encore, nous nous pouvons nous poser au gite, situé dans un lieu-dit prénommé "Pors-Hir".
La personne chargée de nous recevoir est là, nous fait faire le tour du propriétaire. C'est très bien entretenu, tout le confort à disposition. Petit jardinet, plusieurs chambres, grand salon, belle cuisine. Et la télé... Oui, la télé qui s'en va nous diffuser Fort Boyard car il est déjà 20h40 !
Après l'émission, nous allons tous faire un petit tour à la plage et au bord du petit port de Pors Hir.
La nuit tombe tranquillement. "Tout est calme", comme aurait pu le dire l'album de Yann Tiersen... Il est chiant d'ailleurs c't'album, c'est dommage !
Clinquements de cordes sur le mat métallique des bateaux en pause. Petit roulis de la marée montante venant se coucher sur la plage de sable fin. Des oiseaux égarés survolant l'eau et le port pour signaler anecdotiquement leur dernier passage éphémère journalier.
Nous regardons le jour disparaître lentement sur les côtes bretonnes...

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 DANS NOTRE PROCHAIN EPISODE

Nous nous lancerons à l'assaut de Plougrescant et de ses environs... si le jour se lève.

 

 

 

 


Fin »