PAUSE ASCENSION !
Eh oui, comme chaque année, le jeudi de l'Ascension tombe un jeudi. L'occasion rêvée de se lancer à l'assaut des montagnes pour s'interroger sur le monde qui nous entoure ou simplement pour pique-niquer dans les alpages pyrénéens en se demandant pourquoi Jésus avait-il préféré multiplier les pains plutôt que les sandwichs.
Mais soudain...
Petit rappel chrétien vite fait : l'Ascension, c'est le jour où Jésus s'éleva au ciel quarante jours après Pâques et après avoir fait ce triste constat que les prix des ampoules halogènes étaient aussi chères sur Terre comme au Ciel, et pour des siècles et des siècles amen...
L'Ascension 2012, elle, intervient deux jours après la montée au ciel de François Hollande avant qu'il ne redescende frappé par la foudre...
Ceci étant dit, grimpons ! Et notre choix se porta cette fois-ci sur le plateau de Sanchèse.
Oui, tu as raison : nous y sommes déjà allés et nous avons déjà parlé dans un billet précédent. Mais on s'en fout et ça m'arrange.
Petit rappel DONC pour les lecteurs qui n'étaient pas là, ou ailleurs, ou partis pisser, ou qui s'en foutent, ou qui se demandent de quoi on parle...
C'est un lieu un petit magique, situé non loin du petit village de Lescun, dominant l'un des plus beaux cirques des Pyrénées, veillé par les redoutables aiguilles d'Ansabère...
C'est également l'endroit idéal pour se livrer à des jeux fantasques et reposants, comme...
...ou encore aux joies retenues de la pêche...
Le plateau de Sanchèse estaussi (oui, en un mot !) le lieu idéal pour des pique-niques de folie ; à proximité de la magnifique cascade d'Anaye.
Oui, c'est vrai : c'est un endroit bruyant, mais en même temps, si tu es avec des gens qui ont des conversations inintéressantes, c'est pas plus mal.
Facile d'accès, tout promeneur (petit, grand, nu, fainéant, végétarien, atteint du syndrome de Gilles de la Tourette,...) peut profiter de ce paysage.
Par exemple, Maître Arnaud qui fut sauvagement agressé par une table en marbre italien de 40 kg il y a de cela trois ans, et qui, depuis, connaît actuellement un léger soucis de mobilité, peut venir se détendre au plateau de Sanchèse.Rappelons au passage que cet évènement dramatique l'oblige à se déplacer avec cette magnifique chaussure du cosmos, pouvant également servir de glaciaire...
Pour que la randonnée devienne plaisir...
LA CHAUSSURE-GLACIAIRE
Aaaah, on dirait bien que les cloches de l'Ascension sont passées par là pour laisser quelques victuailles dans la chaussure du cosmos de Maître Arnaud... Ah, ah, ah !!!! Ouais OK c'est nul.
Alors, bien sûr, vu que ce lieu est reculé et magique (en plus d'être accessible par tout le monde), il suscite toutes les passions. C'est ainsi que nous fussâmes surpris, Sophie Minouche, Maître Arnaud et moi-même, de tomber nez à nez (ou pied à pied pour d'autres) avec un étonnant tournage de film.
En effet, toute une équipe était mobilisée en ces lieux pour tourner le prochain film de Pat Audiard, intitulé "Quelqu'un est parti...", retraçant les premiers jours de Carla Bruni-Sarkozy, loin du palais de l'Elysée.
C'est un certain Nick Canon qui interprétera le rôle de la cantatrice botoxée italienne. Pour les besoins du film, il a du subir une légère opération esthétique afin de ressembler au mieux à son personnage.
Mais, tout de suite, sans plus attendre, maintenant, pas une minute de plus, immédiatement, les premières images exclusives du tournage...
A n'en pas douter, et si la censure n'intervient pas avant et si le budget n'est pas dépassé, comme cela est déjà prévu. ce sera le frisson du prochain festival du film de Bourlat qui aura lieu en mars 2013 et dont le Président du jury sera le groupe KMFDM...
OBJECTIF RHUNE ! Part 1
Rien à voir ni avec un album d'Hergé ni avec une des promesses électorales de Jacques Cheminade.
Non, la Rhune -,que certains nomment encore la Crhune pour des raisons bien précises qu'il nous est impossible de fournir ici en hommage à Diogène,- c'est tout à fait autre chose.
Et là, de ton esprit de lecteur sort une interrogation subite : "Eh beh oh, j'ai encore rien dit !"
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...
Eh oui, ça y est : les élections sont terminées !
Plus la peine d'aller dans les mairies pour déposer un bulletin dans une urne et cela même si, en tant que bon Français assisté qui a toujours une excuse que tu es, tu oses prétexter que tu n'étais pas au courant, ou que tu avais loupé ton bus, ou que ton réveil n'avait pas sonné, que tu triais tes cartes Pokémon, que ta moto-neige ne voulait pas démarrer, que tu étais venu hier mais qu'il n'y avait personne, que ton horoscope te conseillait de rester chez toi,...
C'EST FINI !!!!
Place à la Gauche, au revoir la Droite...
Générique.
Pourtant... oui, pourtant... Tous les partis politiques en présence, ou presque, avaient un programme intéressant. Et pour s'en persuader, il suffit de se remémorer les affiches (non)officielles, ou presque, de campagne, conçues par notre bon Liquide de la Tête :

à cause d'une faute d'orthographe
Sans oublier les quelques promesses qui vont avec et qui, il faut bien le dire, furent parfois, peut être mal comprises, ou presque...

LA POPAïNE est un mélange de Cocaïne et de Poppers. Inventée par Michel Drucker, cette nouvelle drogue enflamme les passions au sein du monde politique. "Elle est terrible j'assure 48 heures sur 24" déclare Jean Pierre Chevènement avant de soulever sa voiture de fonction avec le chauffeur dedans ! Quand à notre président , il avoue en mettre jusque dans ses petits suisses."Parfois,Je fais des joggings de deux jours" nous confit le Petit Homme qui saigne un peu du front dans son fauteuil présidentiel.La communauté de Monaco ne sert même plus de plats dans ses restaurants princiers, il n'y en a plus que pour la Popaïne.Avec presque aucun effet secondaire à part la sclérose en plaque, cette drogue a tout pour séduire les participants du prestigieux "DINER DU SIECLE"."Maintenant , nos dîners vont VRAIMENT durer UN SIECLE" , éclate de rire Alexandre Adler en torturant un homard avec une machette. Si ça continue , les Pauvres eux-même pourront se payer le dérivatif de la Popaïne, le PRACK, qui transforme un gentil gardien de parking en monstre prêt à tuer un bébé pour un centime d'euro
Toutes ces promesses, entre autres, à retrouver sur :
A.F.P., l'Agence de la Flûte et du Pipeau
Oui eh oh, n'empêche... tu rigoles... mais nous avons eu quelques histoires abracan...abranca... acabranda... abrancades... abracadambresques... abracadabrantesques ! Putain de merde de mot à la con ! Qu'est-ce que je disais ?
Oui, il y en a eu quelques-unes d'histoires pas banales, concernant les anciens Président de la République française. Tiens, je t'en prends 2,3, là, comme ça, vite fait...
Les fabuleuses péripéties
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de nos Présidents
FELIX FAURE (1841-1899)
Président de la République de 1895 à 1899
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Félix Faure, dont on a dit qu'il était plus célèbre par sa mort que par sa vie, mourut au palais de l'Élysée, à l'âge de 58 ans.
Revenons sur les faits. Nous sommes le 16 février 1899. Félix Faure, 7ème président de la République française, ancien franc maçon, hostile à la révision du procès Dreyfus qui divise alors les Français... Bref : Félix Faure téléphone à Marguerite Steinheil, sa maîtresse, et lui demande de passer le voir en fin d'après-midi au palais de l'Elysée. Quelques instants après son arrivée, les domestiques se précipitent pour répondre à des coups de sonnette éperdus, et découvrent alors le président râlant, allongé sur un divan, tandis que Marguerite réajuste ses vêtements en désordre. Quelques heures plus tard, le décès de Félix Faure est officiellement annoncée. Congestion cérébrale.
Dès lors, la rumeur populaire s'en donne à coeur joie et colporte que c'est une fellation prodiguée par sa maîtresse qui aurait provoqué l'orgasme fatal, ce qui vaut à Marguerite Steinheil le surnom de la pompe funèbre. Les chansonniers affirment: Il voulait être César, il ne fut que Pompée. Georges Clémenceau, qui ne l'aimait guère, déclare de son côté : « En entrant dans le néant, il a dû se sentir chez lui. » et « Ça ne fait pas un Français en moins, mais une place à prendre. ».
Oui, déjà, les hommes politiques entre eux n'étaient pas très tendres.
Autre cas ? OK, allons-y !
HENRIETTE POINCARE (1858-1943)
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Et en voyant ce prénom et cette photo, tu te dis : "Mais, mais, mais... Jamais une femme n'a été président de la République française ?!"
Exact ! Mais bon, voici une anecdote amusante concernant celle qui fut la première Dame de France de 1913 à 1920, en étant l'épouse de Raymond Poincaré.
Très active durant la Première Guerre mondiale, elle s'occupe de plusieurs œuvres caritatives de soutien au moral des troupes et des familles de mobilisés en établissant au palais de l'Élysée des ateliers chargés de préparer des colis à destination des soldats sur le front et, à l'occasion des fêtes, des cadeaux, des friandises et des vêtements sont distribués aux enfants de poilus ou à ceux des écoles situées dans les zones occupées par l'armée française d'Alsace et de Lorraine. Elle fait également partie des « marraines de guerre », avec, selon son époux, plus de 12 000 filleuls dans les tranchées. Elle accompagne enfin son époux dans la plupart de ses déplacements, n'hésitant pas à porter la coiffe ou le foulard traditionnel de la région visitée. Le couple aime à se reposer dans le jardin du palais. Raymond Poincaré écrit ainsi : « Depuis quinze jours, la roseraie de l'Élysée est en pleine floraison et répand une délicieuse odeur. Le jardin est rempli d'oiseaux. »
Maaaaaaiiiissss : en 1917, Henriette Poincaré est surprise dans le jardin du palais de l'Élysée par un orang-outan échappé d'un cirque qui se tenait alors au théâtre du Rond-Point voisin (une autre version veut qu'il s'agisse d'un chimpanzé échappé de son chez maître, un diplomate logeant près du palais) : l'animal tente alors d'entraîner l'épouse du président de la République dans un arbre. La censure a par la suite interdit à la presse de parler de cet incident.
Raymond Poincaré "laisse sa place" à Paul Deschanel le 17 janvier 1920. Et là, une autre aventure présidentielle -, de courte durée certes,- commence...
PAUL DESCHANEL (1855-1922)
Président de la République de février à septembre 1920.
Adepte des films de Buster Keaton au point de vouloir être comédien, cet homme de Lettres, académicien, excellent orateur, représentant d'une nouvelle génération d'hommes politiques vit sa carrière brusquement interrompu suite à un incident...
"Au cours d'un voyage en train à destination de Montbrison, le 23 mai 1920, vers 23 h 15, s'étant penché par la fenêtre de son compartiment alors qu'il éprouve une sensation d'étouffement, Paul Deschanel chute accidentellement de la voiture. Heureusement, le convoi circule à ce moment-là à relativement faible allure (50 km/h) dans une zone de travaux à Mignerette (dans le Loiret, à une douzaine de kilomètres au nord-ouest de Montargis). Tout ensanglanté, quelque peu hébété et vêtu de son seul pyjama, Paul Deschanel ne tarde pas à rencontrer André Radeau, ouvrier cheminot qui surveille la zone de travaux, et auquel il se présente comme étant le président de la République. L'image des hommes publics étant à l'époque encore peu diffusée dans la population, le cheminot se montre sceptique — pensant à première vue avoir affaire à un ivrogne — mais conduit néanmoins le voyageur accidenté jusqu’à une maison de garde-barrière toute proche, où le blessé est soigné et mis au lit par ses sauveteurs. Le garde-barrière, Gustave Dariot, impressionné par la dignité du blessé et la cohérence de ses explications, part pendant ce temps prévenir la gendarmerie de Corbeilles. Pour la petite histoire, la femme du garde-barrière aurait dit à des journalistes : « J'avais bien vu que c'était un monsieur : il avait les pieds propres ! ».
La lenteur des communications entre les divers échelons fait que, malgré les faibles distances, le sous-préfet de Montargis, M. Lesueur, n'est prévenu par télégramme que vers 5 heures du matin. L'incident commence à avoir un retentissement certain lorsque l'on s'aperçoit, avant l'arrivée du train en gare de Roanne, vers 7 heures du matin, que le président de la République a disparu. La suite présidentielle attendant sur le quai de la gare ne reste pas longtemps sans nouvelles...
L'incident donne évidemment lieu dans la presse de l'époque à de nombreuses caricatures, souvent cruelles, et inspire la verve des chansonniers. Tout le monde ne se laisse toutefois pas aller à broder de manière démesurée voire mensongère sur un incident certes curieux (et qui frappe les esprits en raison de la notoriété de sa victime). Un « riverain » des lieux de l'accident obtiendra ainsi, plusieurs décennies plus tard, que soit apposée une stèle commémorative très sobre de l'incident, sans aucun élément de caricature, à proximité du passage à niveau et de l'ancienne maison de garde-barrière où avait été conduit Paul Deschanel après sa chute.
La chute du train semble être la conséquence d'une forme de somnambulisme causée par plusieurs facteurs (hypnotique, chaleur du compartiment, etc.) mais également par l'ouverture particulière des fenêtres du train qui a permis le basculement du Président vers le dehors. Il semble en fait fort probable que le président Deschanel ait été simplement très sensible aux médicaments.
En revanche, d'autres prétendus incidents (baignade avec les canards dans les bassins du parc de l'Élysée, l'apposition par le président de signatures mentionnant Napoléon ou Vercingétorix sur certains documents, ou encore la lettre de démission qui aurait été en réalité signée par sa femme), ne sont attestés par aucune source sérieuse et sont apparemment plus le fruit de médisance d'adversaires politiques. Les signatures officielles se faisaient toujours devant témoin et il n'existe aucune trace administrative de ces dernières.
Paul Deschanel serait en fait victime de dépression et de surmenage prenant conscience qu'en tant que chef de l'État sous la IIIème République, il n'a en réalité que peu de pouvoirs. Ceux-ci étaient en effet concentrés dans les mains du président du Conseil." WIKIPEDIA
Alors, une fois que tout cela est dit : rien ne vaut une bonne marche dans les alpages ou les pyrénéages pour prendre l'air bien pur, dénué de tous sons et de toutes paroles.
C'est ainsi qu'alors cependant tout à coup soudain que naquit L'OBJECTIF RHUNE !
Après quelques heures de route effectuées depuis Bayonne, j'arrivais au petit village d'Ohlette...
...lieu de départ de la randonnée prénommée "La boucle de la Rhune". 5h30 de marche avec un dénivelé de 800 mètres répandus sur 10km.
Ciel bleu et cerisiers en fleur...
...rappelant de ces tableaux de Van Gogh...
Amandier en fleur, Van Gogh, 1890,
Saint-Rémy-de-Provence, Musée Van Gogh, Amsterdam
...qui, pourtant, n'avait jamais mis les pieds
ni laissé le moindre bout d'oreille dans le Pays Basque.
Et là, au loin, là-haut, plus loin, apparaissait le sommet de la montagne à atteindre...
DANS NOTRE PROCHAIN EPISODE
Mais que peut-il bien se passer au sommet de la Rhune ? Et quelles rencontres allaient-on faire avant d'atteindre son sommet ? Et pourquoi ? Et comment ?
PAUSE MUSICALE
SUR LA ROUTE DE GAVARNIE : Huchet, épisode 1
Gavarnie !
Son nom seul évoque tant de choses dans les esprits des grands voyageurs que nous sommes tous un peu quelque part que quand, soudain, ne voilà-t-il pas...
.
Oui, les beaux jours étaient revenus.
Je l'ai déjà dit dans le précédent billet, mais peut être que, toi lecteur, tu as oublié. Alors je le répète encore et encore : Oui, les beaux jours sont revenus....
On peut également le dire au présent du subjonctif :
"Il semblerait bien que les beaux jours seraient revenus."
J'entends au loin des gens demander le présent du subjonctif ?! Pas de problème. Accrochons-nous : "Ohlalalalala, mais dis donc, ne serait-ce pas les beaux jours qui soient revenus !?"
Mais déjà, au loin, des gens crient : "Le gérondif, le gérondif !!!!"
Ah non, pas le gérondif !
DONC :
Il n'y avait pas à se cacher ou avoir honte, c'était comme ça et pas autrement. Personne ne pouvait rien y faire : oui, les beaux jours étaient revenus et il fallait faire avec. Des évènements ne trompaient pas.
Premier signe :
nous avions attaqué la saison des barbecues de belle façon et tout en couleur...
viande !
.



Dans les rues, de ci de là, les gens rayonnaient et prenaient l'initiative de porter pour la première fois de l'année qui de un short, qui de une jupe, qui de des tongs, qui de une cravate ; etc.
Éparpillés aux quatre coins de la France et de Navarre, la famille et les amis m'envoyaient quelques photos symboliques de ce changement de températures et de météo.
.
Depuis Nevers
où les cerisiers étaient en fleurs...
Depuis Château-Chinon,
je sais pas ce que c'est que ce truc jaune,
mais c'était en fleurs aussi !
Tout comme cet arbuste
de couleur prune-mauve-lavande.
De son côté, François était à Lyon.
Non pas pour constater les belles couleurs
qui envahissaient les rues de la préfecture du Rhône
suite à un mouvement de grève des éboueurs...
.
Photo : Joël Philippon
...mais pour mirer les arbres en fleurs du parc de la Tête d'Or...
.
Pour sa part,
Aurélie s'arrêtait au milieu des ronds-points
pour constater l'éveil printanier
de la nature champenoise.
Je supposais également que,
comme chaque année à cette époque,
le bûcher de Jeanne d'Arc devait également
avoir de belles couleurs
suite à la montée des températures...
Quant à l'Île d'Yeu, chère au Maréchal Pétain,
le mimosa devait sûrement être en fleur
dans le jardin de cette maison
au nom si sympathique...
OUI : la couleur était partout !
Y compris dans les nouveaux dessins d'Axel, 4 ans 1/2,
qui a réalisé cette oeuvre pour mon cadeau d'anniversaire :
Couleurs encore en terrasse des bars montmartrois
d'où Céline m'envoyait un MMS à base de Michou
et sa traditionnelle veste bleue.
Sans oublier le long des routes
avec ces nombreuses affiches de vide-greniers,
lotos et autres manifestations
qui avaient disparu
durant les mois d'hiver !
Le tout sans oublier l'approche, chaque jour plus imminente (c'est con comme expression !), des élections présidentielles qui, par leur affichage parfois sauvage, ajoutait une touche colorée aux piles de pont, portes de transformateurs, pylônes électriques, cabines téléphoniques, arrêts de bus et autres panneaux d'affichages publiques ; mettant parfois une touche d'humour impromptue ou décalée...
Oui, les beaux jours étaient revenus.
Il faisait beau. Il faisait chaud. Un temps idéal pour aller à la plage. Si, si, si ! Déjà ! Oui, parfaitement ! Je n'ai pas aménagé dans le Sud-Ouest pour aller arpenter les rayons bio ou charcuterie à la coupe de Carrefour dès qu'il y a du soleil.
Je fais mon sac de plage, mêlant pèle-mêle (c'est con aussi comme expression ça !) serviette de bain, tongs, crème solaire, bouteille d'eau et magazines. Je monte dans la voiture. Je mets la musique adéquate qui sent le soleil...
Je démarre. Je roule... Mais où je vais aller au fait ?
Ben oui parce que c'est bien beau de vouloir aller à la plage, mais où ?
Pays basque ou Landes ? Landes ! Il me faut du beau sable fin, et non du granulé de chantier.
Landes sud ou Landes nord ? Landes sud avec ces grandes étendues.
Je gardais un excellent souvenir d'Huchet, situé non loin de Moliet-et-Maa, à deux pas de Vielle Saint Girons. Enfin, tu vois bien quoi...
Ce n'est pas tout à fait un village ; ce n'est pas non plus un lieu dit. D'ailleurs, il ne figure sur aucune carte...
Oui, je vais aller à Huchet... si je retrouve la route sur laquelle le soleil, déjà, jetait ses rayons troublant l'asphalte noire goudron.
Après avoir traversé des hectares de pins pas en fleurs du tout, tout comme ces quelques palmiers dispersés d'ici de là dans les jardins de particuliers, j'arrivais au lieu dit "Pichelèbe". Pas d'excentricité par ici. Il s'agit juste d'un pont enjambant le courant d'Huchet, qui tente à cet endroit de se frayer un chemin aquatique entre racines d'arbres et marais.
Je gare la voiture. Je sors de la voiture. Je prends le sac de plage et je me lance le plus tranquillement du monde à l'assaut d'un petit chemin allant se perdre dans la forêt de pins séparant la route de l'océan, et donc le parking de la plage, et donc la voiture de Huchet !
Quelques mètres plus tard...
Huchet n'avait pas changé.
Les mêmes maisons abandonnées au sable
avec vue imprenable sur l'océan...
Ce même sable fin omniprésent,
recouvrant les hypothétiques chemins et terrasses.
Les mêmes maisons vides, fermées, désertées...
...rappelant de ces anciens villages désertés depuis la fin de la ruée vers l'or au XIXème siècle, dans le nord de l'Amérique, comme celle de Bodie, la plus connue, la plus touristique.
BODIE
.
Photo : Amandine Durand, L'Internaute magazine
Un lieu pour se perdre, pour se dire que parfois les choses peuvent s'arrêter, un lieu où le temps n'existe pas. On pourrait peut être y trouver un de ces couples dont Gabriel Garçia Marquez parlent dans son roman "Pas de lettre pour le colonel"(1957)...
Depuis une quinzaine d’années, dans un petit village colombien isolé et pauvre, le colonel attend sa pension de retraite. Son existence est rythmée par cette quête passive de la justice, son dû pour services rendus à la grande muette et à la révolution. Tous les vendredis, il se rend à la poste dans l’espoir qu’arrive la lettre qui le délivrera de cette attente interminable et le récompensera de sa patience. En attendant, la misère est là et ne laisse pas de répit au colonel et à sa femme asthmatique. Il faut bien manger. Urgence de la faim et inquiétude du lendemain, inséparables de la pauvreté. Soucis pécuniaires et angoisse rampante, insidieuse. Les deux personnages font et refont les comptes dans leurs têtes ; anticipent sur d’hypothétiques rentrées d’argent, essayent d’estimer les biens de valeur et de les vendre comme ils peuvent. La lettre n'arrive toujours pas et le couple continue de se restreindre sur tout, toujours dans le moins. La pauvreté demeure, rongeant le quotidien, les pensées, les corps, les perspectives, la tranquillité. Comment s’en sortir ? C’est la question qui envahit leur vie. La femme asthmatique du colonel est un partenaire bien mal en point qui lui sert de soutien mais en même temps qui l’accable. Ces deux là ont en plus perdu leur fils récemment et ne se raccrochent plus qu’au coq de combat de ce dernier. Arrive alors ce dilemme : nourrir ce coq pour le faire combattre est-ce une question d’honneur ou de la stupidité alors que le vendre les soulagerait financièrement ?
Ici, à Huchet, rien ! Que le sable ! Les volets fermés ! On sent pourtant que des gens viennent de temps à autre combler ses maisons en bois. Sinon, comment cette façade aurait-elle été repeinte ?
Le vent soulevant quelques poussières tournoyantes ! Des oiseaux égarés venant siffler à proximité ta venue pour repartir aussitôt ! Que le bruit de l'océan et ses vagues incessantes ! Inquiétant ? Reposant !
J'avance dans le sable fin ; peut être suis-je chez des gens. Je ne sais pas.
Là, un panneau :
Suivons la direction indiquée afin de prendre le premier bain d'océan de 2012 !
Quelques mètres plus bas et plus tard, revoici cette longue et grande immense plage.
J'avance...
Personne non plus de ce côté là. J'avance. Des choses apparaissent devant moi...
Un troupeau de mouettes noires attendant le bus...

Ou était-ce une hallucination...
Une méduse orangée de bronzage... 
Ou était-ce une hallucination...
.
Une vue à perte de vue sur rien...
.
C'est fabuleux le rien, finalement. Et qu'est-ce que le rien ?
Tu es seul avec ton esprit, tes pensées, ta connerie. Ton regard ne se concentre sur aucun détail, sur aucun tourment visuel, sur aucun repère factice et inutile.
Qu'est-ce que c'est reposant ! Un sentiment de douceur... Tu sais, de cette douceur dont Alphonse Gratry disait qu'elle était la plénitude de la force.
Ou encore ce qu'exprime Pinsonneault dans son livre "Les abîmes de l'aube" :
"Il y a des instants qu'on voudrait voir durer la vie entière. Cela tient à une scrète plénitude, à un mystérieux apaisement en nous de l'inquiétude, cette autre forme du désir."
AAAAh, il ne manque plus qu'un bar à Mojitos avec des fauteuils en soie diffusant de la musique Lounge, ou encore un supermarché qui ne vend que des Knackis, ou encore lààààà, une vasque avec une eau bouillonnante...
Oui, OK, je me casse !
Laissant là quelques empreintes de pas dans ce sable vierge...
...je regagne Huchet par la dune...
...puis le village isolé.
Puis la forêt de pins.
Puis le parking.
Puis la voiture.
Puis la route...
Force est de constater qu'il était encore trop tôt pour aller à la plage.
DANS NOTRE PROCHAIN EPISODE
Je ne serai pas surpris que cette fois-ci nous parliâmes enfin de Gavarnie pour de bon !
SUR LA ROUTE DE GAVARNIE, Lourdes... épisode II (65)
Dans l'épidose... non... Dans l'époside... Aaah... Dans l'épisode... ouais voilà ! L'épisode... Bien ! Bon... Qu'est-ce que je voulais dire ? Je sais plus.
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...
Je quittais la côte Atlantique et Huchet pour reprendre la route censée me conduire vers des lieux plus appropriés à la saison et à la météo dominantes du moment. La montagne, par exemple.
Huchet m'avait laissé une de ces drôles d'impression dans le crâne, qui te vide en te propulsant ailleurs. J'étais certes plus détendu, mais je n'en finissais pas de m'interroger sur les raisons qui avaient pu pousser les propriétaires de ces maisons ensablées à venir faire construire ici.
Oui, d'accord, il y avait le calme, l'océan, le bruit des vagues, la solitude, des oiseaux égarés, des méduses échouées ; mais pourquoi alors ce lieu-dit semblait à chaque fois déserté lorsque je m'y rendais. Un peu comme si, quelques minutes auparavant, le peu d'habitants hypothétiques avaient eu l'écho d'une menace quelconque ; dans le style d'une tempête, un fléau, un tsunami, un monstre en approche, une menace atomique...
En me promenant dans les rues ensablées d'Huchet, vidées de tout habitant, j'avais cette impression que notre monde -,oh oui ce Monde lààà ! Oooh monde que tu es !!!,- partait en live (ou en quenelle) de toute part et il suffisait juste d'écouter les infos de ces derniers jours pour s'en rendre compte.
De Toulouse...
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(Source : Annonces.fr)
...à Rennes...
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UNE MOMIE DECOUVERTE...
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Source : Ouest France
...en passant par Amiens.
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Source : Le Courrier Picard
Merci Robi !
Oui, le monde était devenu fin fou !
Que se passait-il ? La société prenait-elle l'eau de toute part ? La crise rendait-elle les gens instables et dépressifs ? Et quelle crise ? Et Dieu dans tout ça ? Que faisait-il ? Existait-il vraiment ? Et si non, pourquoi ? Mais admettons qu'il existe, comment pouvait-il supporter tout ce cirque ? Et s'il revenait sur Terre, mettrait-il de l'ordre dans tout cela ou signerait-il un contrat de trois ans au Real Madrid pour la modique somme de 76 millions d'Euros par semaine ?
STOP, attention : enchaînement tiré par les cheveux !
Puisque nous parlons de Dieu. Puisque nous sommes sur la route de Gavarnie. Ne voilà-t-il pas que je croisais justement le chemin de...
Alors, bon, bien sûr, nous pourrions parler de l'éthymologie de ce nom : Lourdes. Parce que bon, c'est pas facile à porter ; même si l'on est la fille de Madonna.
Alors, pourquoi Lourdes ? Pourquoi pas "Blouck" ou encore "Glube" ; voire même "Traton". C'est mignon "Traton".
Imagine : tu retournes au boulot un lundi et tes collègues te disent :
TES COLLEGUES : "- Alors eh dis don', qu'esss-ce t'as foutu ce week-end toi qui fait toujours des trucs de dingue ?"
TOI : "- Eh ben, je suis allé à Traton."
TES COLLEGUES : " - Ah ouais ! Bon ben c'est bien."
Voilà... OK ! Passons !
Pourquoi Lourdes ?
Eh bien, écoutons cette fabuleuse légende véridique qui ne nous rajeunit pas.
"Un jour de 778 un aigle volant au-dessus du château et tenant dans ses serres une énorme truite argentée, la fit soudain tomber au milieu des Maures assiégés. Mirat jeta la truite par-dessus les remparts. Charlemagne crut alors que les Sarrasins avaient assez de vivres pour soutenir encore longtemps le siège et décida de lever le camp. Toutefois Turpin, l'évêque du Puy-en-Velay, proposa alors un marché à Mirat : il pourrait garder la ville à condition de rendre les armes à la Vierge. Mirat accepta et, en posant les armes devant la vierge noire du Puy-en-Velay, il décida de prendre le nom de Louerda (la rose en arabe), en l'honneur de la vierge aux roses." WIKIPEDIA
Fabuleux non ?
Alors, bien sûr, nous pourrions également parler du château de Lourdes...

... qui passa de mains en mains durant des siècles et des siècles, amen.
MAAAAAAIIISSSS, je sens dans tes yeux de lecteur que ce n'est pas ça qui t'intéresse.
Oh noooon ! Toi lecteur, tu veux du sensationnel ! Tu veux du frisson ! Tu veux de l'émotion, de la passion, du fantastique... et un peu de religieux aussi. Allez, soyons fous : un peu de religieux aussi, c'est ma tournée !
CAR OUI : Lourdes est bel et bien une ville mariale, qui plus est capitale mondiale des apparitions de la sainte Vierge ; et ce depuis un beau jour (ou pas) de février 1858 où Bernadette Soubirous se rendit dans la grotte de Massabielle qui, rappelons-le, avant les apparitions, s'appelait "la Tute aux cochons" car on y menait les cochons. C'est marrant, non ?
Certes, depuis 1858, le lieu saint a quelque peu changé.
Oui, rappelons-le, ce fut par un beau jour (ou pas) de 11 février 1858, que Bernadette Soubirous, humble bergère de 14 ans, asthmatique, ne sachant ni lire ni écrire, ayant affronté le choléra en 1855, issue d'une famille ruinée, expulsée de leur logis pour aménager dans une cellule de l'ancienne prison... Oui, bon, c'était pas facile tous les jours pour Bernadette, quoi !
Et c'est peut être que pour cela, par un beau jour (ou pas) du 11 février 1858, alors qu'elle ramassait des os et du bois mort avec sa soeur et une amie, elle aperçoit une "lumière douce" dans laquelle apparaît une très belle enfant, de petite taille (ou pas)... Dix huit fois, entre ce jour et le 16 juillet, ce phénomène se reproduira aux yeux seuls de Bernadette.
Mais comment valider ? Comment authentifier ces apparitions dont seule... oui, je dis bien "seule"... Bernadette Soubirous fut la témoin ?
Eh bien, ce fut une commission d'enquête, menée pendant plus de trois ans, qui validera les apparitions aux prix de trois critères essentiels : « vérifier la santé mentale de Bernadette, la permanence de l'impact spirituel des apparitions et la solidité des guérisons».
Ces trois critères paraissant établis à Mgr Laurence, ce dernier publie un mandement le 18 janvier 1862 :
« Nous jugeons que l'Immaculée Marie, Mère de Dieu, a réellement apparu à Bernadette Soubirous, le 11 février 1858 et les jours suivants, au nombre de dix-huit fois, dans la grotte de Massabielle, près de la ville de Lourdes ; que cette apparition revêt tous les caractères de la vérité, et que les fidèles sont fondés à la croire certaine. Nous soumettons humblement notre jugement au Jugement du Souverain Pontife, qui est chargé de gouverner l'Église universelle. »
Mgr Laurence estimera également que jamais durant l'enquête Bernadette n'a cherché à le tromper, il juge son récit cohérent :
« Notre conviction s’est formée sur le témoignage de Bernadette, mais surtout d’après les faits qui se sont produits et qui ne peuvent être expliqués que par une intervention divine.»
Il détaille alors les « faits merveilleux » survenus à Lourdes depuis la première apparition. Ils seraient « des effets surnaturels et divins » produits par une apparition « surnaturelle et divine.»
Bon nombre d'esprits rationalistes tenteront et tentent encore aujourd'hui d'apporter une "vision" contraire à l'évènement : rien ne serait apparu à Bernadette - ; elle aurait menti ou aurait été le jouet d'hallucinations ;- et les guérisons miraculeuses seraient une illusion. Mais croire au miracle reste un acte de foi et, comme le dit Jean Lhermitte : "les guérisons miraculeuses ne sauraient « être objet de démonstration scientifique…"
Toujours est-il, quoiqu'on en dise, qu'un véritable commerce du culte s'est installé autour de ce lieu. Ne parlons plus de grotte, parlons de... de... je sais pas... Lieu de recueillement ? Lieu d'échanges ? D'argent ? mais si, mais si ! Allons, oh : ne faisons pas la mijorée en disant que tout ceci est bâti pour la gloire du Christ et de l'espèce humaine.
Et chantons :
J'erre un peu dans les allées, autour. On a beau pas être croyant, il y a quelque chose qui interpelle, qui interroge. est-ce parce qu'il y a énormément de monde ou parce que le lieu est réellement chargé d'une aura métaphysique et spirituelle ?
« Boulet aoue la gracia de bié aci penden quinze dias? »
(Voulez-vous avoir la grâce de venir ici pendant quinze jours ?)
« Pénitence ! Priez Dieu pour les pécheurs.
Allez baiser la terre en pénitence pour les pécheurs. »
« Allez dire aux prêtres qu'on vienne ici en procession
et qu'on y bâtisse une chapelle. »
« Que soy era Immaculada Councepciou. »
(Je suis l'Immaculée Conception.)
Je sors du lieu de culte pour rejoindre la vraie ville, dont on ne peine pas à croire qu'elle puisse être la seconde ville hôtelière de France. Eh oui, depuis 2011, Lourdes se place juste derrière Paris et devant Nice par le nombre d'hôtels qui peuplent ses rues.
16 000 habitants "fixes" et, chaque année, la ville accueille plus de 6 millions de pèlerins ou visiteurs venus du monde entier (selon le secrétariat général des sanctuaires), dont environ 60 000 malades et invalides. Oui, cela fait du monde et imaginez le bordel que cela peut être lorsque les plans de la ville sont affichés à l'envers, comme ce fut le cas en septembre 2010. Des milliers de pèlerins perdus dans la ville, déroutés, cherchant leur chemin...
Cette ville me fascine.
Je me souviens que lorsque j'étais encore enfant, originaire de Nevers, mes parents me parlait de Bernadette Soubirous, principale attraction touristique de la ville nivernaise. Je ne comprenais pas comment les gens présents autour de la bergère n'avaient pas pu voir ou photographier la Vierge. Comment se faisait-il que Bernadette fut la seule à voir l'Immaculée Conception et, surtout, comment une femme seule pouvait créer une telle effervescence par ce genre d'évènement, peut être factice ? Comment une ville de prime abord quelconque pouvait devenir mondialement connue ?
Et puis, c'est intrigant cette ferveur toujours présente, malgré les années et les décennies passantes. Tous ces gens présents dans la ville pour une seule chose : aller à la grotte qui n'est finalement qu'un endroit restreint et confiné.
Fascinant d'errer dans les rues de la ville avec ses multiples boutiques de souvenirs et autres objets de culte. On se croirait dans une sorte de Las Vegas du culte chrétien en plein coeur des montagnes pyrénéennes.
Peut être devrait-on rebaptiser la ville et l'appeler... euh... Lourdasses ! Sorte de symbiose contractée, reprenant les noms de Lourdes et Las Vegas pour n'en faire qu'un... La fille de Madonna serait également obligée de changer de nom... Ouais, bon, allez !
Je me promène au hasard. Des couleurs, des enseignes clignotantes ! Pas de machines à sous, mais des objets de toute sorte, emprunts d'une dévotion sans bornes.
« Allez dire aux prêtres qu'on vienne ici en procession et qu'on y bâtisse une chapelle. »
« Allez dire aux prêtres qu'on vienne ici en procession et qu'on y bâtisse une chapelle. »
« Allez dire aux prêtres qu'on vienne ici en procession et qu'on y bâtisse une chapelle. »
Et la chapelle fut construite... Puis une basilique... Et Lourdes tel qu'il est aujourd'hui...
Une autre anecdote restait également en suspens. Les deux dernières apparitions auraient été à nouveau silencieuses après que la dame blanche ait donné son identité. Pourtant, il semblerait que cette dernière ait confié à Bernadette trois secrets qui n'ont jamais pu lui être arrachés. Quels pouvaient-ils être ?
PAUSE MUSICALE
marquant l'interrogation suspendue
Fin de journée.
La lumière, peu à peu, disparaissait par ci, par là...
Le soleil s'en allait de l'autre côté de l'horizon... . 
Je reprenais la voiture pour faire un petit passage rapide au petit village de Bartrès, situé à 4 km.
C'est ici que se trouve la bergerie dans laquelle Bernadette Soubirous venait garder ses moutons avant les apparitions...
Un lieu simple, silencieux ; loin des clinquements (oui, ce mot n'existe pas non plus) de Lourdes.
Je continuais ma route sans avoir de réponses à mes questions pour atteindre Luz-Saint-Sauveur. C'est ici que j'allais passer la nuit dans un hôtel quelque peu mystérieux, avec des airs shiningiens...
J'avais pris mon ordinateur portable et quelques DVD. Machinalement, je décidais de regarder le film d'Andrew Niccol, "Lord of War", avant de m'endormir.
Gavarnie n'était plus très loin et cela tombait plutôt bien car l'objectif de ce billet, comme le précédent, était d'en parler.
DANS NOTRE PROCHAIN EPISODE
Mais quand est-ce que j'allais arriver à Gavarnie, bordel ?
.
SUR LA ROUTE DE GAVARNIE : ...............................Luz-Saint-Sauveur (65)
Oui, cher lecteur internet-ien, je sens dans ton regard ,- et cela même si nous sommes séparés par quelques dizaines ; voire centaines ; voire milliers de kilomètres mais n'est-ce pas la magie d'internet de... de... de... hein ? Mais bien sûr, tu as raison !
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...
Oui, cher lecteur, tu te demandes quand est-ce que Jénorme va atteindre Gavarnie puisque c'est là le troisième billet contenant le nom de ce fabuleux site naturel qui fait figure ici.
Oui, cher lecteur, tu te demandes aussi pourquoi lorsque tu cliques "Gavarnie" dans ton moteur de recherche, ton ensemble standardisé de protocoles de transfert de données t'envoie dans des lieux comme Huchet ou Lourdes ; et maintenant Luz-Saint-Sauveur.
Oui, cher lecteur, tu aimerais arriver à tes fins et ne plus voir s'afficher ces lieux impromptus qui n'ont rien à voir avec ta quête initiale.
Mais non, cher lecteur !
Car c'est aussi ça la vie ! Même sur Internet ! Lorsque tu es bien calé dans ton fauteuil face à ton ordinateur en te disant : "Tiens, je vais faire des recherches sur Gavarnie et uniquement sur Gavarnie !"
Non, cher lecteur ! Car, cher lecteur, ce sont aussi là les aléas de la vie : vouloir atteindre quelque chose et arriver autre part. Et ne crois pas qu'Internet échappera à cette perspective. Hein ? Hein ? Hein ?
Alors, oui, cher lecteur, je comprends que tu veuilles peut être voir DU Gavarnie, mais ce ne sera pas aussi facile.
Car toute chose se mérite. Toute chose est dépendante d'autres choses. Et que si nous perdons cette curiosité, cette aptitude à chercher par nous-même, nous finirons comme des légumes indigestes qui ne seront même plus capables de ressentir la moindre des émotions face au plus beau des paysage, devant la plus belle des femmes, en écoutant la musique la plus inspirée, en rencontrant la moindre personne...
PUTAIN LA VACHE !!!!
Mais qu'est-ce qu'elle était longue cette intro ?! On se croierait en pleine campagne présidentielle pour élire la plus belle région de France.
Mais oui, cher lecteur, toutes ces questions étaient à poser.
Et c'est alors que les mots d'Hafid Aggoune, extraits de son roman "Premières heures au paradis" (2008) me venaient au crâne :
"On passe toute sa vie à chercher une vérité qui nous torture, sans savoir qu'une fois confronté à sa lumière, la route ne fait que s'ouvrir à soi."
Et puis, pourquoi aller vite d'un point à l'autre, dans le simple but d'atteindre son objectif premier, alors qu'il y a tant de choses à voir en chemin car, comme le disait Aragon :
"Je réclame le droit de rêver au tournant
De la route aux grands charmes de la promenade
Le droit de m'émouvoir du monde maintenant
Que s'approche la canonnade." ("Les yeux et la mémoire")
Ou encore ce que disait un gars un peu bourré l'autre jour au Pub :
"De la naissance à la mort, la route est bien courte.
Je la prolonge en zigzaguant."
Sans oublier Jean-Jacques Goldman...
"Y'a que les routes qui sont belles.
Et peu importe où elles mènent."
...qui nous rappelle, par la même occasion, qu'il a bien fait d'arrêter la chanson si c'est pour pondre des phrases aussi utiles au commun des mortels que nous sommes.
BREF !
En ce matin de mars, je quittais la mystérieuse Luz-Saint-Sauveur. Je dis "mystérieuse" car le ciel était gris de nuages lourds, parfaitement accordés avec l'humeur incolore de ce village étrangement bâti sur deux niveaux, matérialisant deux ambiances. En bas : Luz ; en haut : Saint-Sauveur-les-Bains. Les deux noms furent raccordés pour n'en donner qu'un en 1962 ; le même jour où la Tanzanie sera touchée par une curieuse épidémie de fou rire qui durera six mois.
LUZ-SAINT-SAUVEUR
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Photo : Wikipedia
Décortiquons les deux lieux, séparés par le Gave de Pau...
LUZ
Faut-il y voir une allusion à la lumière (lux) émanant de celui-ci ?
C'est ce que sous-entendait Victor Hugo lors de son passage dans cette région des Hautes-Pyrénées en septembre 1843...
Photo : Le grand raid des Pyrénées
« Charmante vieille ville (...) délicieusement située dans une profonde vallée triangulaire. Trois grands rayons de jour y entrent par les trois embrasures des trois montagnes. Quand les miquelets et les contrebandiers espagnols arrivaient d'Aragon par la Brèche de Roland, ils apercevaient tout à coup à l'extrémité de la gorge obscure une grande clarté, comme est la porte d'une cave à ceux qui sont dedans. Ils se hâtaient et trouvaient un gros bourg éclairé de soleil et vivant. Ce bourg, ils l'ont nommé Lumière, Luz » VICTOR HUGO
Gorge obscure que cette vallée de Luz dont parle l'écrivain, située dans une zone sensible aux tremblements de terre, dont le plus terrible fut ressenti en juin 1660, provoquant l'apparition de chaos et de nouveaux lacs naturels en montagne. Aujourd'hui encore, la terre peut trembler à hauteur d'une magnitude de 5 sur l'Echelle de Richter, comme ce fut le cas en avril 2010.
Je n'ai pas grand chose à dire sur cette partie de la ville ; si ce n'est qu'il y a une pizzeria-bowling, le Txoko car, oui, lancer des boules de 2 kg en becquetant de la tarte italienne, c'est possible !
SAINT-SAUVEUR
Je traverse le Gave par le pont de la Hiélandière, dédiée à la reine Hortense. Quelques lacets pour atteindre la station thermale, perchée sur ses hauteurs isolées à 730 m d'altitude. Saint-Sauveur possède une unique rue, en corniche au-dessus du Gave, sur laquelle se sont posés quelques hôtels et lieux d'hébergements divers, exposant leurs façades grisâtres aux multiples fenêtres.
Le nom Saint-Sauveur (Salvador) s'est placé sous la protection du Salvator, nom mystique du Christ.
A moins que ce nom ne provienne de la phrase symbolique du prophète Isaïe, retranscrite sur le premier édifice thermale de la ville, en 1512 : « Vous prendrez joyeusement les eaux de la source du sauveur ».
Émergeant à 34°, ces eaux bienfaitrices, riches en souffre et en barégine, sont reconnues pour traiter les affections ORL et les troubles de la circulation. Elles créeront la réputation du village.
Au XIX° siècle, les habitants voit arriver à Saint-Sauveur, devenue la station à la mode, bon nombre de grands de ce monde, telles que les Duchesses d’Angoulème en 1824 et de Berry en 1828, amenant avec elles une véritable cour.
L’empereur ordonne alors de nombreux travaux : aménagement de l'établissement thermal, chapelles, routes et ponts.
Monument incontournable de la station, le pont Napoléon III relie les deux rives du gave de Pau.
Terminé en juin 1861 après deux ans de travaux, le tablier de l'édifice a 68 mètres de longueur et est situé à 63 m au-dessus du Gave. L'arc qui le soutient a 42 m de diamètre. La voûte repose directement sur les rochers à pic qui bordent le Gave. Un endroit idéal pour se livrer au saut à l'élastique...
Bien que d'un naturel farouche, les habitants de la vallée n'ont pas ménagé leur reconnaissance à l'Empereur et à sa femme. Le tour du bassin de Luz, du pont de la Reine au pont napoléon en passant par la chapelle Solférino, prend l'allure d'un véritable "circuit Napoléon III". Une via ferrata a été aménagé près du pont Napoléon, à inclure dans un parcours aventure avec tyrolienne de 120 m et franchissement du Gave par un pont Népalais (trois câbles suspendus).
Par contre, à cette période de l'année, n'espère pas ramener un aigle de l'Empereur de 60 kg en fer forgé, ou une bouteille d'eau de vie à l'effigie de l'Impératrice ou encore une de ces fameuses glaces dont les enfants raffolent les jours d'été...

Non ! Impossible de te procurer ces objets car tous les commerces sont fermés.
Mais, pas de panique : ils réouvriront bientôt ! Peut être pour accueillir le tournage de la nouvelle série réalité de TF1, "Babes on the bus", dont le tournage s'installera du 30 mai au 3 juin 2012, dans la station chère à l'Impératrice Eugénie.
Le sujet de cette chose télévisuelle, condensée d'émissions de M6 elles-mêmes inspirées d'une série norvégienne ? Fastoche !
Pitch :
"25 femmes célibataires rêvent d’aller à la campagne. Elles parcourront une dizaine de villages en bus afin de rencontrer des hommes eux-mêmes célibataires. À chaque étape de leur voyage qui devrait durer dix semaines, les villageois font tout pour les convaincre de rester et des datings sont organisés. À la fin de la semaine, elles doivent décider si elles préfèrent rester dans le village ou retourner dans le bus chercher l'amour dans un autre village. Le but est de retour dans la capitale avec un bus vide. "
Eh oui, les temps changent ! Encore que... Alors que je m'aprêtais à quitter cette station un peu grisâtre des Pyrénées, je pensais soudainement à l'acteur Christopher Lee. Oui, oui ! Il y a quelques fois dans les voyages et les rencontres des choses qui te viennent spontanément, telle une impression symbiotique de ce que tu viens de voir et d'entendre.
Christophe Lee a toujours cette image de Dracula qui lui colle aux dents pour avoir interprété le vampire de Bram Stoker plusieurs dizaines de fois. Pourtant, l'homme a plusieurs cordes à son arc.
CHRISTOPHER LEE
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Photo : Ciné Pizza
Il est l'acteur vivant ayant tourné le plus de films (plus de 300) ! Né en 1922, ce gigantesque comédien, dont la taille (1,96m) fut un handicap à ses débuts, trouva le succès en acceptant des rôles de "monstres" sur les conseils de Boris Karloff.
Issu de la plus ancienne noblesse italienne, ce Britannique fut le premier à donner un pouvoir de séduction au comte Dracula. Il avoue tout de même préférer d'autres méchants de sa filmographie, comme le Lord Summerisle de The Wicker Man (1973). Il fut également l'un des plus beaux ennemis de James Bond, Scaramanga, dans L'homme au pistolet d'or (1974). Son cousin, Ian Fleming, créateur de l'espiuon britannique le plus célèbre du cinéma, avait voulu qu'il joue Docteur No, mais le rôle était déjà pris...
Christopher Lee est également un acteur érudit. Parlant plus de dix langues et chantant l'opéra, sa carrière a tout de même connu des hauts et das bas. Il lui ai notamment arrivé de doubler un manga dans un allemand parfait lors de période de vaches maigres. Cela n'enlève rien à son magnétisme et à sa recherche permanente. Autre anecdote, il y a quelques années, il a participé à un album de heavy metal, par simple curiosité.
Oui, Luz-Saint-Sauveur me faisait penser à Christopher Lee. Derrière la prime image sectaire et étriquée de ce lieu, se cachaient une vie, une Histoire et des activités pluralistes.
Bon eh oh !!!!
On va y arriver à Gavarnie là
ou bien ?!
Eh bien, oui !
Mais pas par cette route...
...qui devait me mener au lac des Gloriettes et à son barrage électrique.
Rien à foutre par là, moi !Demi-tour pour repasser devant cet habitant qui me lance le même regard interrogateur que celui qu'il m'avait adressé lorsqu'il m'avait vu emprunter cette route fermée. Ça m'énerve ce genre de tronche, entre interrogation et dédain.
Je reprenais donc la route officielle de Gavarnie, cernée par les montagnes et les forêts avec dans la tête la mélopée musicale du générique de Shining, mêlant "Symphonie fantastique" de Berlioz et Dies Rae sur fond de synthétiseur obscur. Aaah, ça me fait souvent ça quand je suis sur une route montagneuse, en hiver ou au début du printemps.
ET SOUDAIN...
OUI... ENFIN !
DANS NOTRE PROCHAIN EPISODE
Un suspense à couper au cordeau qui amène le lecteur à se poser la question essentielle : "Franchement, Jénorme, Gavarnie, tu y es allé ou pas ?"
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SUR LA ROUTE DE GAVARNIE : Gavarnie 1 (65)
Oui, le titre de ce billet est étrange. On pourrait y voir un hommage à tous les bègues de France et de Navarre, voire même du monde et pourquoi pas de l'univers car, oui Mesdames, oui Messieurs : Mars et Saturne ont également le droit d'avoir leurs bègues ! Il n'y a pas de raison !
Qu'est-ce que je disais ? Ah oui : on pourrait voir en ce titre un hommage rendu à tous les bègues de France, de Navarre, du monde et de l'univers, mais en fait non ! C'est juste qu'après deux escales dans des villages pas du tout limitrophes, il est tout à fait possible qu'enfin Jénorme arrive dans ce lieu peut être magique qu'est le cirque de Gavarnie Gavarnie.
Quand soudain, ne voilà-t-il pas que ne voilà-t-il pas...
J'arrivais à Gavarnie avec une incroyable envie de chanter du Stefan Eicher... Ouais... Ben non, je sais pas trop pourquoi... C'est comme ça !
J'avance dans le village car il ne faut pas oublier que Gavarnie n'est pas seulement un cirque, c'est aussi un village au pied du cirque, qui vit du tourisme, relativement calme à cette période lorsque la météo oscille entre neige et soleil, pluie et vent, verdure et blancheur hivernale.
Ma première impression se fige sur un nombre important de magasins et autres établissements hôteliers fermés ou à vendre. Pourtant, le site de Gavarnie est un des plus visités de France
DONC beaucoup de visiteurs !
DONC du commerce possible !
Alors pourquoi un bon nombre de magasins et d'hôtels étaient-ils à vendre ?
"Trop de charges !", répondent la plupart.
C'est le cas pour la petite épicerie Casino de proximité.
"Les grandes surfaces ne sont taxées qu'à 9% alors que nous, nous sommes imposables à 35 ! De plus, il faut rembourser les emprunts, pouvoir gérer un stock de marchandises périssables et "dépendantes" des conditions climatiques ; c'est à dire que s'il pleut pendant trois semaines, les randonneurs et les touristes ne viennent pas et notre marchandise est foutue. Trop de contraintes ! Trop de dépendances difficiles à gérer puisque soumises aux aléas météorologiques ! Trop d'instabilité ! Trop l'impression de se faire bouffer par l'Etat alors que nous ne sommes là que pour assurer des services de proximité aux gens qui ne peuvent pas se déplacer ou qui ont oublié certaines fournitures."
Nous ne sommes pas vraiment là, à Gavarnie, site classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, parcouru par plus d'un million de visiteurs chaque année -,500 selon la police,- pour se prendre la tête sur la façon dont l'Etat français fait tourner le pays et appauvrit définitivement les petits entrepreneurs !!!! Hein ! Eh oh allons !!!! Ce n'est pas le lieu pour parler de ce fossé qui se creuse tous les jours d'avantage entre les riches et les moins riches, au détriment de la classe moyenne qui a sans doute déjà disparu ! Non, ne parlons pas de cela ! Ce n'est pas le lieu pour parler de cette France à deux vitesses, entre ceux qui profitent du système et les autres ! Ceux qui travaillent six mois par an pour toucher ensuite le RMI pendant deux ans ! NON ! Nous n'avons pas le temps de parler de ces entreprises qui licencient à tour de bras malgré les bénéfices toujours plus importants qu'elles réalisent grâce aux travailleurs que nous sommes tous ici, vous et moi !
Oh la vache, les élections approchent ! Ça me monte à la tête d'un coup là !
Allez ! J'achète un paquet de gâteaux Bastogne, histoire d'avoir quelque chose qui tienne bien au corps. Oui, je sais : ce ne sont pas des biscuits régionaux faits avec amour par le boulanger du coin qui s'est levé à 4 heures du mat', mais c'est ça que je veux pour me lancer dans les montagnes.
Avant de partir pour les hauteurs, j'aurais également pu me rendre dans la petite église romane, située exactement pile poil sur l'emplacement de l'ancien chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. J'aurais pu ainsi découvrir en son antre chrétienne la statue Notre-Dame-du-Bon-Port en bois polychrome, tenant à la main une gourde...
Mais non !
J'aurais également pu aller dans le petit cimetière jouxtant cette église afin de me recueillir sur les tombes des plus grands grimpeurs "pyrénéistes" de la région, tel que :
- L'abbé Gaurier (1875-1931) : L'Abbé Ludovic Gaurier fut le glaciologue, et plus précisément le limnologue (étude des lacs) des Pyrénées, mais aussi géologue, cartographe, spéléologue... rien de ce qui touche les Pyrénées n'est resté étranger à la curiosité de Ludovic Gaurier, chargé par les ministères de l'Agriculture et des Travaux Publics d'étudier les glaciers et les lacs pyrénéens. Vingt-cinq années à parcourir et à gravir la chaîne, de l'Atlantique à la Méditerranée, à pied, à cheval, à ski, en longues campagnes d'été, en courses hivernales, ont scellé entre Ludovic Gaurier et la montagne une relation passionnée d'une incomparable richesse. En 1926 Gaurier a déjà cartographié 171 lacs et sa campagne de la même année porte son total à 200 lacs. Ce travail n'a pu être accompli que dans des conditions exigeant des efforts et des fatigues considérables, et le hardi montagnard s'est trouvé souvent exposé à de graves dangers. Gaurier fut aussi un des pionniers du ski dans les Pyrénées. Son nom reste associé à une grotte qu'il a découverte et qu'il aménagea près de la fausse brèche à Gavarnie et à qui il a donné le nom de "Villa Gaurier ".
- Célestin Passet (1845-1917) : Il était agriculteur. Sa carrière montagnarde commence le 03 juillet 1872; il a 27 ans. Il réalise la première du Mont Perdu (3355 m) par l'Est avec Henry Russell. Il devient rapidement le plus célèbre des grands guides des Pyrénées. Sa réputation dépasse le petit cadre de Gavarnie; il voyage à travers le monde, accompagnant ses nombreux clients, notamment Anglais, en Europe, en Afrique et en Asie. L'exploit le plus remarquable de Célestin Passet reste l'ascension du Couloir de Gaube le 06 août 1889, en compagnie de Henri Brulle, Jean Bazillac, Roger De Monts et François Bernat-Salles, où il taille dans la glace un escalier de 1300 marches. A la sortie, le petit piolet de Brulle qui lui permet de sauver l'escalade, s'appellera par la suite: "fleur de Gaube" .
- François Bernat-Salles (1855-1934) : Comme la plupart des habitants du village montagnard de Gavarnie, François Bernat-Salles est un modeste agriculteur et berger. Avec l'arrivée des touristes désireux de découvrir la montagne, on demande des guides et des porteurs, ce qui est pour beaucoup une occasion de s'assurer quelques revenus supplémentaires. Grâce à sa force et à sa connaissance de la montagne, il devient guide de première classe. Si sa réputation de force physique est légendaire, peut-être la doit-il aussi à sa capacité de récupération : François Bernat-Salles est un gros dormeur, qu'il faut souvent aller réveiller chez lui pour partir pour une course, et qui ne perd pas une occasion de s'endormir dès qu'il a un instant de répit.
- Jean Arlaud (1896-1938) : Médecin et alpiniste français, il fut membre de la première expédition française en Himalaya, au Karakoram, en 1936. Il se tue en montagne à l'âge de 42 ans, à la crête des Gourgs-Blancs.
Mais non !
Cela ne m'empêchait pas de penser à tous ces aventuriers qui s'en étaient lancés dans l'inconnu des montagnes pyrénéennes et internationales en des temps où il n'y avait pas de biscuits Bastogne.
Non, en ce qui me concerne, je partais pour une randonnée très simple, usitée, classique, sans grands efforts, pénarde, pépère, tranquille.
Pas plus de dix kilomètres avec un dénivelé de 494m sur un chemin que l'on pouvait emprunter à ski, ou en raquettes, ou à cheval, ou à dos de mulet ; mais apparemment encore parsemé de quelques couches neigeuses glacées par endroits, d'après les informations de l'office du tourisme... qui, lui, ne devrait pas fermer ou être vendu.
C'EST PARTI !
J'avais pas fait 200 mètres depuis le parking que déjà je m'arrêtais dans un restaurant, ou plutôt devant un restaurant, attiré par ce beau panneau le jouxtant...
Je n'ai pas trop compris le truc.
Cherchons des réponses à des questionnements.
1) "On reçoit les touristes"
Alors qu'est-ce que ça veut dire : que les autres, c'est à dire les non-touristes, on ne les reçoit pas ? Et à quoi reconnaît-on un touriste d'une personne normale ? Est-ce qu'il y a une carte d'identité spécial touriste ? A partir de quelle distance de son lieu de résidence peut-on considérer quelqu'un comme touriste lorsqu'il arrive ici ? Étant touriste... enfin, je crois... Je veux dire par là que je ne suis pas de Gavarnie -, qui compte au dernier recensement 140 habitants,- mais je suis un peu de la région. Enfin... Pas du département, mais de la région Aquitaine. En même temps, Gavarnie est situé dans le département des Hautes-Pyrénées, dépendante de la région Midi-Pyrénées. Oui, donc, alors, je suis quand même un peu touriste. Moins touriste que si je venais de Cercueil, petit village de l'Orne...
...que j'avais traversé l'été dernier en me rendant en Bretagne, mais... Bon, allez, disons que sur une échelle de 1 à 10 du touriste, je dois être à 3.
2) "On reçoit les touristes avec leurs provisions"
Est-ce que cela veut dire que les touristes viennent dans ce restaurant avec leur propre bouffe ou alors est-ce qu'ils sont obligés de venir avec leur bouffe car on ne les sert pas dans ce restaurant ?
Un exemple :
Le restaurateur : "- Bonjour. Vous êtes touriste ?
Le touriste : "- Oui.
Le restaurateur : "- Bon. Vous avez amené votre bouffe parce qu'on ne sert pas les touristes ici ?"
3) "Provisions" :
Et là, je pose les questions importantes : jusqu'à combien de kilos de provisions j'ai droit pour être reçu ? Et pour combien de touristes ?
Par exemple, si j'arrive avec des potes -, qui sont eux aussi touristes bien entendu,- pour fêter mon anniversaire, on peut venir à combien avec nos provisions ? Et qu'est-ce que des "provisions" ? Est-ce que j'ai droit d'arriver avec 20 litres de Mojito si je n'aime pas manger et que je préfère aller en montagne avec 4 grammes dans le sang parce que, vu que je suis touriste, forcément, je vais aller en montagne ?
Profitons-en d'ailleurs pour rappeler la recette de ce cocktail :
Pour une personne ne buvant qu'un verre :
5 cl de rhum blanc
7 à 8 feuilles de menthe
le jus de 1/2 citron vert
2 cuillères de sucre en poudre
6 cl d'eau gazeuse 4 glaçons pilés
Préparation : 5 mn, Cuisson : 0 mn, Repos : 0 mn, Temps total : 5 mn
Dans un verre, écraser les feuilles de menthe au pilon, puis ajouter le sucre, les glaçons et tous les autres ingrédients. Pour finir... Mélanger à la cuillère pendant quelques secondes et servir aussitôt.
Comme je n'avais pas pris de provisions ni de Mojitos, je décidais de poursuivre mon chemin pour l'instant relativement plat. Et j'atteignais déjà un premier lieu insolite...
Oui, c'était là le pont d'où s'élançaient en été les amateurs de sensations pas fortes ayant peur du vide pour se livrer au plus court saut en élastique du monde avec 1,78 m de chute libre. Déconseillé aux personnes (même les touristes) de plus de 1,80 m.
Passer ce petit pont de pierres... oui toi aussi, ça te donne envie de chanter du Yves Duteil quand on te dit "Petit pont de..." ?
Passer ce petit pont de bois en pierres, le sublissime, l'étonnant, le gigantesque, le merveilleux cirque de Gavarnie s'ouvrait à moi...
Encore un peu éloigné certes. Légèrement voilé par une brume persistante qui ne faisait que renforcer l'attente de se confronter à lui.
Oui, on a beau avoir vu
le Mont Saint-Michel...
...ou l'abre de Noël
des Galeries Lafayette...
...ou le rayon boissons énergisantes
de la venta Peyo de Dancharria...
...ou encore les alignements
de Carnac...
...le site de Gavarnie est de suite magique, immense, impressionnant et donne une envie irrépressible de se prendre en photo devant un tel spectacle...

Oui, c'est vrai que là, comme ça, on ne voit plus tout le cirque.
Voyons sous un autre angle !
Bon allez ! J'arrête mes conneries et parlons un peu du site pendant que je marche dans cette neige craquante en direction du cirque de Gavarnie...
Ooooh, j'ai dans la tête ce morceau de Bashung...
DANS NOTRE PROCHAIN EPISODE
Nous ne répondrons peut être pas à la question que tout le monde ne se pose pas : "Qui fait une tapinose ?"
SUR LA ROUTE DE GAVARNIE : Gavarnie 2, la suite
Je ne comprendrais jamais pourquoi, à chaque fois que je vais chez le coiffeur -, et ce n'importe où, n'importe lequel et à n'importe quelle heure,- il y a toujours, à un moment donné, un morceau du groupe Police qui passe dans la radio de la boutique ! Et ça, vois-tu, à mon sens, cela fait parti des grands mystères de la nature.
Et puisque nous parlons "nature", enchaînement subtile pour revenir à Gavarnie.
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...
Oui, cette fois-ci, j'étais bel et bien à Gavarnie.
Tarin au vent, je marchais droit devant, en direction de cette immense paroi calcaire, haute comme cinq Tours Eiffel. C'est ce qu'annonçaient fièrement les panneaux explicatifs trouvés sur le site. Habile comparaison, permettant, peut être, au touriste lambda de ne pas être trop dépaysé et déstabilisé par cette nature omniprésente.
J'avance sur un chemin en pente, recouvert de cette neige glacée, rappelant l'intérieur d'un congélateur du Fouquet's. Je scrute les différents sommets ciselés, telles les pointes de la couronne de la statue de la Liberté de Beaugrenelle. Quelques fois, un oiseau noir de taille moyenne s'approche et tournoie au-dessus de ma tête en poussant quelques sifflements, rappelant la sonnerie du métro parisien lorsque les portes vont se refermer.
Silence gris, paysages blancs, froid bleuâtre. Mornes couleurs, mais ce n'était pas grave.
Inspiration vagabonde. Pensées pour les personnes qui sont passées par là et Dieu (ou quelqu'un d'autre) sait si elles sont nombreuses. De l'époque où cet endroit était inconnu de tous à aujourd'hui.
L'heure était au bilan. Non pas que j'avais vu grand chose, mais un point s'imposait avant d'aller plus loin...
Oui, oui, Juliette Drouet est bel et bien venue ici, à l'été 1843, avec ce sacré Victor Hugo qui, durant cinquante ans, restera son amant. Elle abandonna même sa carrière théâtrale à la demande de l'écrivain pour vouer le reste de ses jours à son amant qui lui demandait de vivre cloîtrée chez elle et de ne sortir qu'en sa compagnie ; consentante victime, à son insu, de l'imagerie d'Épinal de « l'éternel féminin ».
Elle mourra quarante ans plus tard et fut inhumée au petit cimetière de Saint-Mandé, en banlieue parisienne ; situé non loin d'un hôtel de renom possédant de ces chambres aux douches enthousiasmantes...
Voilà, ça, c'est fait ! Mais où en était-on ? C'est le coup des cinq tours Eiffel qui m'a égaré.
Revenons à nos moutons et contemplons le paysage en nous instruisant de quelques mots explicatifs...
C'est au pied des plus hauts sommets pyrénéens que le cirque de Gavarnie étire sa monumentale muraille de pierre.
Des chiffres ? Fastoche !
Circonférence : 6000 mètres.
Encerclé par 35 sommets de plus de 3000m.
Plus haut sommet : 3248 m
14 km de crêtes.
Imagine le décor... Tu es au cœur du Parc National des Pyrénées. Là, chevauchant la frontière franco-espagnole, se dresse le massif du Mont-Perdu qui dépasse les 3000 m d'altitude. Au sud, les canyons extraordinaires de Ordesa, Aniscle et Pineta. Adossés à eux, au nord, le pays des cirques avec le majestueux Gavarnie, Troumouse, le plus vaste de tous, et Estaube le plus sauvage. Depuis 1997, cet ensemble de plus de 30 000 hectares est inscrit au patrimoine mondial par l'UNESCO, tant pour ses richesses naturelles que culturelles. Seuls 27 sites au monde bénéficient à ce jour d'une telle reconnaissance.
Sa forme semi-circulaire épouse celle de la frontière franco-espagnole à l'arrière de laquelle se dresse le monte Perdido, le Mont Perdu en français, culminant à quelques 3355 mètres d'altitude. C'est ici que s'élève également la plus forte concentration des "3000" pyrénéens : le pic Marbore (3248m), le pic de la Cascade (3029m), la Tour (3009m), l'Astazou (3071m), le Casque (3006m), le Taillon (3144m),...
Le cirque et ses pics,
un autre jour...
.
Le nom de Gavarnie provient d'une racine pré-romane kab gab qui, à l'origine, ne désigne absolument pas un sandwich turque fourré de viande grillée, mais une courbure. Et ne cherche pas de contraction de mots qui te ferait dire en te trouvant au pied du cirque : "Oooh Kebab garni !"
Peu à peu, la racine du mot est venue à désigner un creux, une caverne ou le lit d'une rivière. C'est ce qui donna le mot Gava, "torrent", d'où les nombreux "gaves" des Pyrénées.
Comment s'est formée cette extraordinaire amphithéâtre naturel ? Sa naissance remonte à 250 millions d'années, au début du quaternaire, quand les Pyrénées se sont soulevées, plissant ainsi la grande bande calcaire et de granit horizontale qui se trouvait à cet emplacement. Par suite, les eaux de torrents et de pluie sont venues grignoter la paroi petit à petit pour former d'immenses falaises. Un peu plus tard, les glaciers ont encore élargi le cirque et confectionné des gradins de pierres. En les observant bien, on constate que les trois gradins sont inclinés à 30°, dans la même direction, à savoir le centre de gravité du cirque où coule le Gave...
S'il est âgé de plusieurs millions d'années, le cirque de Gavarnie connaît une véritable renaissance au XIXème siècle, lorsque l'engouement pour l'alpinisme gagne les Pyrénées et que de valeureux aventuriers organisent les premières excursions jusqu'au pied -puis jusqu'au sommet- de la gigantesque arène circulaire.
Louis Ramond de Carbonnières, l'une des plus grandes figures de l'alpinisme pyrénéen, découvre en 1802 le cirque de Gavarnie depuis le Mont Perdu.
Bien sûr, il y a les Pyrénéistes, dont nous avons parlé dans le précedent billet et qui repose dans le petit cimetière du village. Mais nous pouvons également parler de Franz Schrader, géographe bordelais né en 1844. Il dressa des cartes précises de toute la chaîne des Pyrénées et peignit des tableaux saisissants du cirque, au pied duquel il avait demandé que l'on porte sa dépouille sur un flanc de cette montagne, au Turon-de-Gourade.

"Quand la montagne vous a pris le coeur,
tout vient d'elle et tout vous y ramène." P. Schrader
Ou encore le peintre Gustave Doré qui immortalise le paysage sur une de ses toiles en 1882.
Autre grande figure du site, le Toulousain Henry Russel Killough qui, en août 1858 manque d'y mourir de froid : perdu dans une terrible tempête, il erre sur les gradins du cirque pendant toute une nuit, au bord des précipices. Personnage fascinant ayant parcouru le monde avant de venir se fixer ici, à Gavarnie.
HENRY RUSSEL-KILLOUGH
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Né en 1834, il a 22 lorsqu'il entreprend son premier grand voyage en se rendant en Amérique du Nord.
En 1858, il ascensionne le pic de Néouvielle, l'Ardiden et trois fois le mont Perdu. En 1859, il entreprend son second voyage lointain qui dure trois ans. Il se rend à Saint-Pétersbourg, Moscou, Irkoutsk, Pékin. Il traverse deux fois le désert de Gobi, descend le fleuve Amour. Il séjourne à Shanghai, Hong Kong, puis se rend en Australie et en Nouvelle-Zélande. Il passe enfin une année en Inde et revient par Le Caire et Constantinople.
À partir de 1861, il se consacre à l'exploration des Pyrénées ; infatigable pyrénéiste, qui fera avait du pic de Vignemale "sa" montagne au point de louer le massif entier au syndicat de la vallée pour y être tout à fait tranquille.
Photo : Bibliothèque de Pau
Il veut alors passer des nuits en montagne. Pour cela, il adopte l'invention de son aîné et ami Charles Packe, que celui-ci a utilisée en 1860 : un « sac de couchage » fait de peaux d'agneaux cousues. Mais souffrant trop du frois malgré sa nature endurante, il envisage alors l'aménagement des grottes, car il pense que toute autre construction serait inesthétique et malvenue. Il fait creuser sept grottes de 1881 à 1893.
Le 1er août 1882 la première grotte est achevée; c'est la villa Russell, située à 3 205 m d'altitude, au col de Cerbillonna (3 m de long, 2,5 m de large et 2 m de haut). Russell habite sa grotte pendant trois jours. Le 12 août 1884, il la fait bénir ainsi que le Vignemale.
Il veut alors passer des nuits en montagne. Pour cela, il adopte l'invention de son aîné et ami Charles Packe, que celui-ci a utilisée en 1860 : un « sac de couchage » fait de peaux d'agneaux cousues. Mais souffrant trop du frois malgré sa nature endurante, il envisage alors l'aménagement des grottes, car il pense que toute autre construction serait inesthétique et malvenue.
Il fait creuser sept grottes de 1881 à 1893. Le 1er août 1882 la première grotte est achevée; c'est la villa Russell, située à 3 205 m d'altitude, au col de Cerbillonna (3 m de long, 2,5 m de large et 2 m de haut). Russell habite sa grotte pendant trois jours. Le 12 août 1884, il la fait bénir ainsi que le Vignemale.

Photo : De Toulouse à Tamanrasset
En 1885, il fait creuser la seconde grotte (celle des Guides) puis en 1886 la troisième, celle des Dames. Il y reçoit ses amis et de nombreux visiteurs, avec libéralité mais un confort relatif. Une visite de ses amis Brulle et Bazillac, qui dressent une tente sur le glacier, avec des tapis d'orient et une profusion inaccoutumée d'accessoires (« il y avait même des vaporisateurs »), lui vaut une réputation de luxe extravagant qu'il ne mérite pas tout à fait. Le 5 décembre 1888, il demande au préfet des Hautes-Pyrénées de lui accorder la concession du Vignemale (200 ha entre 2 300 et 3 300 m). La location annuelle est fixée à 1 franc sur 99 ans et débute en janvier 1889. Le glacier recouvrant ses grottes, trois autres seront creusées 800 m plus bas, à la base du glacier (2 400 m) : les grottes Bellevue. La dernière, la grotte du Paradis, est creusée à quelques mètres sous le sommet de la Pique-Longue. Tu peux retrouver une statue d'Henry Russel à l'entrée de Gavarnie. Une première effigie, inaugurée en 1911, fut fondue pendant la Première Guerre mondiale, en vertu d'une loi prescrivant la récupération des métaux non ferreux pour fabriquer des affûts de canon. La statue actuelle date de 1952.
Étrange fait de l'histoire : savoir que bon nombre de statues furent re-fondues pour être re-matérialisées en munitions et finir dans les corps de soldats durant la Première Guerre Mondiale.
Autre statue symbole du village : Notre-Dame-des-Neiges. Impressionnante carrure de six tonnes, dressée sur un piton de 1519 mètres d'altitude, elle fut portée en cinq morceaux par 50 Gavarniens et veille depuis sur les montagnards.
Parmis les personnalités qui ont fait connaître le site de Gavarnie au monde entier, il y eut bien sûr Victor Hugo... Oui, je sais, j'en ai parlé plus haut, mais soyons sérieux là, eh oh hein ! Bon nombre de ses écrits sont encore aujourd'hui repris dans les différents guides touristiques, alors que pourtant, il ne fait aucune allusion à la Tour Eiffel. Hein ? Ah oui, merde, elle n'existait pas encore lors de sa venue, en 1843.
GAVARNIE
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par Victor Hugo
"Vous avez visité peut- être les Alpes, les Andes, les Cordillères, vous avez depuis quelques semaines les Pyrénées sous les yeux ; quoi que vous ayez pu voir, ce que vous apercevrez maintenant ne ressemble à rien de ce que vous avez rencontré ailleurs. Jusqu’ici vous avez vu des montagnes ; vous avez contemplé des excroissances de toutes formes, de toutes hauteurs ; vous avez exploré des croupes vertes, des pentes de gneiss, de marbre ou de schiste, des précipices, des sommets arrondis ou dentelés, des glaciers, des forêts de sapins mêlées à des nuages, des aiguilles de granit, des aiguilles de glace ; mais, je le répète, vous n’avez vu nulle part ce que vous voyez en ce moment à l’horizon.
Au milieu des courbes capricieuses des montagnes, hérissées d’angles obtus et d’angles aigus, apparaissent brusquement des lignes droites, simples, calmes, horizontales et verticales, parallèles ou se coupant à angles droits, et combinées de telle sorte que de leur ensemble résulte la figure éclatante, réelle, pénétrée d’azur et de soleil d’un objet impossible et extraordinaire. Est-ce une montagne ? Mais quelle montagne a jamais présentée ces surfaces rectilignes, ces plans réguliers, ces parallélismes rigoureux, ces symétries étranges, cet aspect géométrique ? Est-ce une muraille ? Voici les tours en effet qui la contre-butent et l’appuient, voici les créneaux, voilà les corniches, les architraves, les assises et les pierres que le regard distingue et pourrait presque compter, voilà deux brèches taillées à vif et qui éveillent dans l’esprit des idées de sièges, de larges bandes de neige posées sur ces assises, sur ces créneaux, sur ces architraves et sur ces tours ; nous sommes au cœur de l’été et du midi ; ce sont donc des neiges éternelles or, quelle muraille, quelle architecture humaine s’est jamais élevée jusqu’au niveau des neiges éternelles ? Babel, l’effort du genre humain tout entier, s’est affaissée sur elle-même avant de l’avoir atteint. Qu’est-ce donc que cet objet inexplicable qui ne peut pas être une montagne et qui a la hauteur des montagnes, qui ne peut pas être une muraille et a la forme des murailles ? C’est une montagne et une muraille tout à la fois ; c'est l'édifice le plus mystérieux du plus mystérieux des architectes. Un colosseum de la nature, un théâtre où Stamboul, Memphis, Londres, Rome, avec leurs millions d'hommes pourrait s'asseoir, où Paris flotterait comme un essaim d'un soir ! Gavarnie ! Un miracle ! Un rêve !"
Il choisira d'autres mots
pour son poème "Dieu" :
"Et maintenant regarde : un cirque ! un hippodrome.
Un théâtre où Stamboul, Tyr, Memphis, Londres, Rome,
Avec leurs millions d'hommes pourraient s'asseoir,
Où Paris flotterait comme un essaim du soir ! 
Gavarnie ! un miracle ! un rêve ! Architectures
Sans constructeurs connus, sans noms, sans signatures,
Qui dans l'obscurité gardez votre secret,
Arche, temples qu'Aaron ou Moise sacrait,
Panthéons, parténons, cathédrales qu'ont faites
De pauvres charpentiers aux âmes de prophètes,
Monts creusés en pagode où vivent des airains,
Aux plafonds monstrueux, sombres ciels souterrains,
Cirques, stades, Elis, Thébe, arenes de Nîmes,
Noirs monuments, géants, témoins, grands anonymes,
Vous n'êtes rien, palais, dômes, temples, tombeaux,
Devant ce colisée inouï du chaos !
Vois : l'homme fait ici le bruit de l'éphémère
C'est l'apparition, l'énigme, la chimère
Taillée à pans coupés et tirée au cordeau.
L'aube est sur le fronton comme un sacré bandeau,
Et cette énormité songe, auguste et tranquille.
Morceau d'Olympe ; reste étrange d'une ville
De l'infini, qu'un être inconnu démembra ;
Cour des lions d'un vague et sinistre Alhambra."
Même si Victor Hugo était un grand écrivain, n'oublions tout de même pas d'être critique et de constater qu'il n'était, par contre, pas très photogénique.
Mais ne l'incrimons pas pour de telles fadaises puisque, quelques jours plus tard, alors qu'il était à la terrasse d'un bar chic de Biarritz, Victor Hugo allait apprendre par les journaux la mort par noyade de sa fille chérie, Léopoldine, à Villequier, non loin du Havre.
Et à laquelle il écrira ces quelques vers des plus célèbres de son oeuvre, extrait des Contemplations (1856), avec pour seul titre son incipit :

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.
Exilé sur l'île de Guernesey, condamnant et refusant le coup d'Etat de Napoléon III (Napoléon le petit)...
Ce même Napoléon III qui permit l'essor touristique de Luz-Saint-Sauveur, dont nous avions parlé précédemment.
Autre écrivain ayant séjourné à Gavarnie : Gustave Flaubert, qui écrit dans ses Notes de voyages : "Jusqu'à présent ce que j'ai vu de plus beau c'est Gavarnie (...) Tout s'oublie vite quand on arrive dans le cirque. C'est une enceinte de deux lieues de diamètre, enfermée dans un cercle de montagnes dont tous les sommets sont couverts de neige et du fond de laquelle tombe une cascade."
En 1958, le site atteint son apogée en accueillant deux millions de visiteurs à l'occasion du centenaire de la ville de Lourdes.
Depuis, c'est plus d'un million de visiteurs par an qui se rendent sur ce lieu, comme, par exemple, les Baroudeurs.
La tête pleine de ces beaux mots, je poursuivais mon chemin. La pente se faisait plus raide. Je longeais quelques murs de calcaire sur lesquelles étaient venues se figer quelques cascades glacées, comme pour marquer la fin du calcul du temps et des heures et des minutes et des secondes.
Oui, tout s'arrêtait soudainement, puis définitivement lorsque, là-bas au loin, en haut, je vis un édifice des plus inattendu...
Il semblait bien qu'il s'agisse d'un hôtel. Je décidais de m'y rendre... De toute façon, c'était sur ma route. Je n'avais pas le choix, même si, peut être, une fois arrivé, le pire était à craindre...
DANS NOTRE PROCHAIN EPISODE
Mais qu'est-ce que Jénorme allait-il bien pouvoir trouver dans cet hôtel des hauteurs, isolé et peut être abandonné ? Une chambre où dormir ? Un repas bien chaud servi par une plantureuse serveuse ? Des Mojitos ? Des gens répétant en boucle "All work and no play makes Jack a dull boy" ou "Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras" ? Et d'ailleurs pourquoi la phrase du manuscrit de Jack Torrance était-elle traduite ainsi ?
SUR LA ROUTE DE GAVARNIE : Gavarnie 3
Souvenons-nous !
Pour se rendre à Gavarnie, Jénorme a du partir du petit village d'Huchet qui n'en était pas vraiment un ; puis il est passé par Lourdes pour remarquer les résultats d'une apparition qui n'en était peut être pas tout à fait une ; avant de rejoindre Luz-Saint-Sauveur exposant de nombreux vestiges napoléoniens-troisième enfermant la ville dans une grisaille tenace qu'il avait probablement rêvée.
Mais toutefois cependant quand même encore que dorénavant à fortiori et, surtout, à un moment donné, il fallait s'en douter : Jénorme arrivait à Gavarnie. Il erra tout d'abord dans les maigres rues du village où de nombreux commerces étaient à vendre. Mais, lui, c'était pour le cirque qu'il était venu ; ce cirque dont Victor Hugo et Gustave Flaubert parlaient comme l'un des lieux les plus extraordinaires au monde, et plus si affinités.
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...
Cela faisait bien deux heures que je marchais dans cette neige gelée qui n'en finissait pas de craquer sous chacun de mes pas ; un peu comme si je dérangeais là sa présence silencieuse. Mes chaussures n'avaient aucun repère solide sur lequel s'aggripper et il m'arrivait souvent de riper, c'est à dire de glisser brusquement entraînant mon corps dans une sorte de chorégraphie furieuse, intempestive et désordonnée. Tu sais, ce genre de recueil de mouvements subis que tu ne peux pas faire quand tu le souhaites vraiment ; une sorte de fracas de gestes improvisés et désordonné qui n'auraient rien à voir avec ceux-ci...
Donc je marchais. Je marchais si bien qu'à un moment donné -, en ces endroits où l'on ne peut plus regarder derrière soi,- je rejoignais...
L'Hôtel du Cirque et de la Cascade
Lieu reculé, mais facile à atteindre.
Personne en terrasse pour boire quelques Mojitos. Personne aux fenêtres des chambres pour secouer les draps. Personne à l'accueil pour faire signer le livre d'or du lieu. Pour un peu, on se croirait à la gare de Canfranc, mais version hôtel en pleine montagne.
J'imagine qu'il doit y avoir beaucoup de monde lors des belles journées. Mais aujourd'hui, pas un chat ! Ni même un chien ! Et encore moins de lama ou de Saïga !
"LE SAÏGA : Seule antilope eurasiatique, occupait autrefois les mêmes régions montagneuses que les chamois. On ne le trouve plus guère que dans les steppes sèches et les déserts semi-arides de l'Asie centrale. Cet animal est reconnaissable à son nez très arqué descendant sur la bouche et donnant l'aspect d'une trompe. Saïga est un mot russe qui veut dire « antilope ».
Originaire de d'Asie Centrale, le saïga est un survivant de l'ère glaciaire, pendant laquelle il a dû traverser le détroit de Béring pour se rendre en Amérique. Depuis environ 10 000 ans, il a disparu de l'Amérique et il vit dans les steppes arides d'Asie centrale (Russie, Kazakhstan, Mongolie, etc.)." WIKIPEDIA
Volets fermés. Terrasse rangée. Nous pourrions croire que les propriétaires seraient partis suite à l'approche imminente d'une tempête, d'un tremblement de terre, d'une irruption volcanique ou voire même d'une terrible épidémie, comme celle qui sévissa à Strasbourg, en 1518.
"En juillet 1518, une femme nommée Frau Troffea se mit à danser frénétiquement dans une rue de Strasbourg. Elle continua pendant environ 6 jours. En l’espace d’une semaine, 34 personnes l’avaient rejoint, et au bout d’un mois c’est une foule de 400 personnes qui dansait sans pouvoir s’arrêter. Le tout sans aucun DJ. Les autorités ne trouvèrent rien d’autre à préconiser que « d’avantage de danse » pour soigner les possédés, si bien qu'à la fin de l’été, la plupart moururent d’attaques cardiaques, ou d’épuisement.
Pendant des siècles, cet évènement étrange a sidéré les chercheurs qui essayaient de trouver une explication à cette danse fatale et insensée. Les archives et chroniques de l’époque ne laissent aucun doute sur le fait que les victimes dansaient , et n’étaient pas simplement saisies de tremblements ou de convulsions. Parmi les causes avancées, il y a la possible intoxication à l’ergot de seigle, un petit champignon à l’origine du LSD qui fut notamment responsable d’hallucinations de masse à Pont St Esprit en 1951. Certains pensent qu'il s’agissait d’une extase religieuse faisant partie d’un rituel hérétique, d’autres encore avancent un cas singulier d'hystérie collective. Le plus étonnant étant peut-être que cet évènement n’est pas isolé. Une épidémie de danse éclata à Madagascar durant les années 1840." AXOLOT
C'est toujours fascinant d'atteindre ces lieux de montagne isolés en hiver, ou lors des jours de météo capricieuse, et d'imaginer la vie qu'il peut y avoir un autre jour.
Internet ne donne pas beaucoup d'informations sur ce lieu. Pour en savoir d'avantage sur la présence de cet édifice à cet endroit, il faut se plonger dans la presse spécialisée, comme "Pyrénées magazine" qui consacre son dernier numéro au site de Gavarnie.
"De mon canapé, j'ai la plus belle vue de toutes les Pyrénées, c'est l'antichambre du paradis" , emphase Pierre Vergez, propriétaire des lieux. Situé à 1570 mètres d'altitude, ce bâtiment jouit d'une situation extraordinaire et unique dans les Pyrénées.
L'histoire commence en 1839, lorsqu'un guide de Gavarnie rentre du mont Perdu avec un fidèle client : le duc de Montpensier, fils du roi Louis-Philippe. Ils marquent une halte sur les crêtes du cirque. Tout à son euphorie procurée par l'ascension, le duc de Montpensier souhaite offrir un présent à son guide, en guise de remerciement. L'oeil malicieux, le guide Palasset désigne alors cette petite parcelle, 1500 mètres plus bas, située au pied de la grande cascade et protégée des avalanches par le verrou glaciaire. Il en devient propriétaire quelques mois plus tard, pour quelques louis d'or symboliques...
Palasset construit d'abord des granges, puis une auberge voit le jour et abrite les expéditions de passage.
A la fin du XIXème siècle, Benjamin Vergez, grand-père de l'actuel propriétaire, voit grand et transforme ce lieu en hôtel de luxe pour les pyrénéistes aisés, et, surtout, pour la noblesse en vacances. Les clients, de riches notables et beaucoup d'Anglais qui arrivent de Pau, disposent de viennoiseries fraiches et du journal tous les jours, ainsi que d'une cuisine réputée et de magnifiques chambres. (...) On trouve également quelques pyrénéistes de prestige accompagnés par leurs guides, comme le comte Russel ou Tchihatcheff, le vainqueur de l'Aneto.
"Les guides et porteurs ne se mélangeaient pas avec la clientèle dans l'hôtel, raconte Pierre Vergez. Ils s'installaient à part, en bas près de la cuisine dans la salle des guides. Mon grand-père mangeait avec eux." Cette petite pièce existe encore, c'est le lieu où se restaure le personnel. La seconde moitié du XXème siècle voit le tourisme évoluer avec la montée en puissance de Lourdes et les débuts du tourisme de masse. Pierre Vergez succède à son père en 1985 et dédie sa vie à l'hôtel. Il représente la septième génération, depuis le guide Palasset, et reste très attaché à l'histoire familiale et au pyrénéisme. L'hôtel n'offre plus de chambres pour le public et ne propose qu'un self-service pour se restaurer..." PYRENEES MAGAZINE
Toujours appelé "hôtel" bien que l'on ne puisse pas y dormir, mes recherches internetiennes m'ont conduit vers un autre lieu d'hébergement de la région où les personnalités désirant découvrir Gavarnie allaient en pension. Il s'agissait de l'"Hôtel des Voyageurs", anciennement situé à l'entrée du village...

Carte postale : Habitants.fr
"Fermé depuis quelques années déjà, le célèbre et historique hôtel des voyageurs a subi un incendie accidentel fin 2006. Durant une trentaine d’années un registre fut mis à la disposition des visiteurs, registre que Marcel Lavedan – disparu en 2007 - eut la bonne fortune de pouvoir consulter :
"C’est un vieux cahier dont la couverture, en très fort carton fatigué par l’usage, est d’une couleur indéfinissable. Il dut contenir cent pages et n’en a plus que 97 aujourd’hui, encore sont-elles si salies, si jaunies, si usées d’avoir été feuilletées qu’elles sont d’une lecture parfois difficile. L’encre aussi a pâli avec le temps, ce qui n’arrange rien. (…)Malgré tout, quelle richesse ! De 1858 à 1884, c’est toute l’histoire du Massif Calcaire qui se présente sous les signatures prestigieuses des Russell, Packe, Lequeutre, Wallon, Swann, Lourde Rocheblave, les Frossard, Maxwell-Lyte etc. (…)Mais aussi, bien du beau monde de l’époque : des rois, des princes, des lords, toute une aristocratie européenne, venue ici parce que les Pyrénées sont à la mode. De la première page, qui s’ouvre sur le 1° juin 1858 à la dernière, en 1884, c’est toute l’histoire du pyrénéisme qui, parfois sous de simples signatures, est cachée." La revue des Pyrénées
L'autre anecdote sur cet hôtel des voyageurs porte sur la nuit du 24-25 juillet 1807.
Hortense de Beauharnais, épouse de Louis, Roi de Hollande, en villégiature à Cauterets (loin du mari tyrannique auquel le sort l'a liée), rêve de gravir les hautes montagnes et notamment celle qui sépare la vallée de Cauterets de celle de Gavarnie. L'excursion est périlleuse. Il s'agit d'atteindre la Hourquette d'Ossoue que seuls jusqu'ici des chasseurs d'isards ont osé franchir ! Deux guides, Clément Lacrampe et Martin, conquièrent dans cette expédition une gloire légitime. Pour ses compagnons, c'est une folie. Mais enfin, après cette audacieuse entreprise, "Voici la verdure retrouvée et l'Hôtellerie de Vergez-Bellou montre sa toiture de chaume". Aucun fâcheux officiel ne se trouve dans cette modeste auberge en cette nuit du 24 au 25 juillet 1807, et c'est de son propre aveu,"l'une des plus heureuses de sa. vie". (Pierre de Gorsse : Ombres dans le Cirque). Le 11 avril 1808, elle met au monde un troisième fils que l'Histoire connaît nous Le nom de Napoléon III, et les historiens indiscrets supposeront que cette halte de Gavarnie cache un amour mystérieux : une personne de la suite royale ou…. Un gavarnien ?
En 1824, le Capitaine Alfred de Vigny, venu garder un fort au fond de La Vallée d'Aspe, parcourt les Pyrénées. A l'automne, il est à Gavarnie et en souvenir "de ces pyramides bleues chargées de neige, de forêts et de gazon", écrit les célèbres strophes du "Cor" :
"O montagnes d'azur ! O pays adoré !
C'est là qu'il faut s'asseoir, c'est là qu'il faut entendre
Les airs lointains du cor, mélancolique et tendre..."
L'année suivant, c'est la baronne Aurore Dudevant, plus connue sous le nom de George Sand, qui passera à l'auberge après avoir randonné au pied de la Grande Cascade.
Et justement, puisque nous en parlons, revenons à nos moutons, et plus précisément au lieu où je me trouve actuellement et duquel j'ai du mal à partir tant le lieu est prenant et reposant.
Que cet hôtel, qui n'en est pas un, porte le nom d'"Hôtel du cirque", on le comprend facilement. Mais pourquoi "Hôtel du Cirque et de la Cascade"? Une dénomination qui me fait d'avantage penser à un numéro d'équilibriste qu'à un lieu d'hébergement ? "Cirque", "cascade"... j'ai l'image de Jean-Paul Belmondo sur les toits du métro parisien dans "Peur sur la ville" qui me vient à l'esprit. Puis, Steve McQueen. Les deux Steve McQueen. L'acteur.
"Qu'on se le dise : Steve McQueen, le blond le plus brun (à l'intérieur) de Hollywood, est à la mode. Il n'y a qu'à voir les Tee-Shirts à son effigie qui s'arrachent depuis un an dans les boutiques pour ados branchés. Tous les objets amassés par cet acteur grand collectionneur atteignent toujours des prix record, comme la combinaison qu'il portait pour le tournage du film "Le Mans", en 1971, récemment adjugée 984 000 dollars. James Dean, c'est fini ! Place à l'autre passionné de vitesse, l'autre rebelle furieux de vivre qui trimballa sa silhouette sexy dans le cinéma des années 1960-70. Héros de la contre-culture qui fut, tout de même, l'acteur le mieux payé au monde en 1974. Pourquoi ce revival ? Pour cause de virilité. A l'heure du retour des vrais mecs et du ras-le-bol du nouvel hygiénisme, McQueen a tout pour plaire : homme à femmes tendance violence conjugale, gros fumeur, dégaine très mâle, regard extra bleu avec étincelle d'irrévérence et, pour la mythologie hollywoodienne, enfance pourrie, délinquance, puis sauvetage miraculeux par l'Actor's Studio. "On ne m'a pas mis au monde. On m'a laissé tomber." C'est comme cela que Steve McQueen parlait de sa naissance, le 24 mars 1930, dans la banlieue d'Indianapolis. Un père aviateur acrobatique, qu'il connut à peine, une mère pas maternelle pour deux sous, danseuse pour les bars, et vaguement prostituée, qui l'abandonne dans la ferme d'un oncle. Il la retrouve à 12 ans, mais le mal est fait : il ne lui pardonnera jamais cet abandon. Ils partent ensemble à Los Angeles. Steve abandonne très vite l'école pour se mêler aux bandes de voyous avant de s'engager dans la marine marchande pendant cinq ans. En 1952, il décide d'étudier à l'Actor's Studio. Jusqu'à sa mort, à 50 ans, rongé par un cancer du poumon, Steve considéra l'existence comme une amère plaisanterie. Lignes droites (de cocaïne), courbes rapides et virages serrés qu'il prend lui-même, sans doublure, avec une petite tendance suicidaire : sa vie et sa carrière ressemblent fort au circuit d'Indianapolis. D'ailleurs, le cancer qu'il développera trouva son origine à l'amiante contenue dans les combinaisons ignifugées qu'il portait pour les courses automobiles. Paradoxe de la protection... Autre facette : Steve McQueen était un ami de Sharon Tate et Jay Sebring. Lorsqu'il apprend leur assassinat le 9 août 1969, par des membres de la « famille » de Charles Manson il est sous le choc ; d'autant plus que son nom figurait sur la liste noire de Charles Manson. Il achète alors des armes pour protéger sa femme et les enfants. Il devient méfiant et la prise de drogue le rend de plus en plus paranoïaque jusqu'à l'excès, jusqu'à la maladie compulsive. Sa filmographie, de La proie des vautours, son premier bon film, à La grande évasion, en passant par L'affaire Thomas Crown ou Bullit regorge de mecs à qui on ne la fait pas. En uniforme, en pantalon de bagnard ou en col roulé cachemire, c'est pareil, il a l'air de se foutre de vous, de tout. Un vrai dur, avec de la tendresse en miettes à l'intérieur : indémodable, forcément." Guillemette Odicino
Et le réalisateur de ces deux films profondément contemporains que sont Hunger (2008) et Shame (2011)...
SHAME
par Louis Guichard Extraits
"C'est un cinéma ample, lyrique, qui se déploie à partir d'un lit défait, d'une chambre à coucher, d'une salle de bains, puis d'une rame de métro, d'un bureau aux parois de verre. C'est un regard insistant, scrutateur (celui du réalisateur) sur un homme, dans ses moindres faits et gestes, a fortiori les plus intimes. Célibataire, trentenaire, bien fait, élégant et peu disert. Bel appartement impersonnel à Manhattan, bon job insupportable, du « consulting », ce genre-là. Des messages suppliants sur son répondeur, dont il n'a que faire. Steve McQueen, révélé par Hunger(en 2008), confirme qu'il est l'un des grands metteurs en scène d'aujourd'hui, capable de donner une résonance quasi métaphysique aux images d'un tel quotidien. Est-ce ainsi que les mâles new-yorkais vivent ? Une impression de vacuité, de néant pèse sur les heures du beau héros aux yeux délavés. On dirait un personnage de Bret Easton Ellis, un yuppie, période American Psycho, mais sans la faculté de nuire, juste la froideur, la mélancolie et la frénésie sexuelle. Car le film est l'étude d'une addiction - la maladie du nouveau siècle paraît-il, qu'elle porte sur le jeu, le travail ou sur le chocolat. Brandon lui, ne pense qu'au sexe, se masturbe du matin au soir, y compris dans les toilettes du bureau. Utilise tous les moyens modernes à sa disposition, de la webcam à la prostitution en ligne. Ignore le sentiment amoureux, la stabilité affective. Reflète un monde où la pornographie disponible à l'infini sur Internet a formaté les fantasmes et transformé le rapport à autrui."
DONC oui, alors si cet hôtel, qui n'en est pas un, se prénomme "Hôtel du cirque et de la cascade" (rappellons que le cirque de Gavarnie possède treize cascades), c'est parce qu'il se trouve non loin de la plus haute cascade d'Europe : La Grande Cascade.

Photo de gauche : Marlène Porthéault
Bon, certes, à cette période de l'année et par cette météo fraîche, on ne se rend pas bien compte de la hauteur et de la force de cet élément naturel. L'été, cela donne plutôt ceci :
Photo centrale : Astronature 16
423 mètres de chute ; soit un peu plus que la hauteur de la Tour Eiffel... Je dis ça pour ceux qui aiment bien avoir des comparatifs avec le monument payant le plus visité au monde. Si les autres cascades puisent leurs eaux dans la fonte partielle des petits glaciers, la Grande Cascade, elle, est en fait une résurgence de l'étang Glacé situé sous le Mont Perdido. Il s'agirait de la plus grande cascade d'Europe, selon les organisateurs ; et de la plus grande cascade de France, selon la police. Comme toujours, les chiffres se perdent un peu à droite, à gauche... Une sempitrenelle bagarre pour attirer un maximum de touristes en créant l'évènement.
Avec ses 423 mètres de hauteur, la cascade de Gavarnie est la plus haute chute d'eau de France métropolitaine, et l'une des plus impressionnantes d'Europe. Le gave de Gavarnie ou gave de Pau, à quelques centaines de mètres de sa source sise dans un contrefort du Marboré, y dégringole un pan de muraille impressionnant, la paroi de la Grande Cascade. La hauteur de la chute, divisée en deux sauts dont le plus important rattrape un dénivelé de 281 m, est si importante que l'eau se vaporise en un panache d'embruns. Le courant d'air de la cascade détermine un micro-climat froid à son pied et entretient un névé avec un pont de neige (qui disparaît peu à peu avec la hausse des températures). Le débit est très variable, pouvant descendre à 6 m³/s en période d'étiage et atteindre 200 m³/s durant les crues.
Pourtant, en 2005, je me souviens qu'avec l'ami Nick, nous nous étions rendus en Autriche suite à un pari un peu hors tranche. Nous nous étions mis en tête de rejoindre le Kelhstein, ancien nid d'aigle d'Hitler en passant par quelques camps de concentration, comme Mauthausen. Passons le côté glauque, mais historique de cette histoire, pour constater qu'en Autriche, nous avions attéri aux cascades de Krimml...
Photo : Allo, t'es où ?
...réputées pour être les plus hautes cascades d'Europe. Certains diront : "Oui, mais pas leur débit !" Bon. N'empêche que pour se rendre dans ce lieu, nous avions emprunté la route du Grossglockner, réputée pour être la plus haute d'Europe. Certains pourront même ajouter que c'est là que l'on trouve les plus beaux T-Shirts à porter pendant un barbecue ou encore les plus belles cartes postales de montagne...
Il n'empêche que, quelques jours auparavant, nous avions déjà pris la route la plus haute d'Europe, mais en France, du côté de Jauziers, dans les Alpes-de-Haute-Provence...
BREF ! Je pose la question : "Mais on se fout de la gueule de qui là, hein ?"
Tout ceci était bien déstablisant, mais ne devait pas nous faire perdre le fait que là, maintenant, je me trouvais au pied d'un des plus beaux cirques de France, voire d'Europe, et peut être même du monde, et plus si affinité !
Le moment était venu de se taire et de se laisser aller. Petit que j'étais, cerné par ses hautes montagnes, à méditer sur les mots de Victor Hugo...
"Quel cyclope savant de l'âge évanoui.
Quel être monstrueux,
plus grand que les idées,
a pris au compas haut de cent mille coudées et le tournant d'un doigt prodigieux et sûr, a tracé ce grand cercle au niveau de l'azur ?"
Là-haut, sur l'un des paliers glacés, je voyais quelques randonneurs se livrer à l'escalade périlleuse...

JEU :
Retrouve les trois escaladeurs de paroi glacée dans cette photo
et gagne un magnifique circuit voiture pour hamster.
Voilà...
Il ne me restait plus qu'à reprendre la route et à revenir un autre jour pour découvrir le site de Gavarnie sans la neige, au soleil et faire d'autres images, un peu comme celles-ci...
Allez, on reprend la route pour d'autres lieux et d'autres découvertes...
SAINT-LARY-SOULAN, dernières neiges ?
Oui, nous avons eu froid ! Oui, il y a eu de la neige !
Mais bientôt, qui sait peut être, la canicule sera de nouveau présente ; et là, alors, de nouvelles discussions ! De nouvelles plaintes ! De nouvelles mesures !
En attendant, il fallait profiter à fond une dernière fois des quelques grammes de neige qui restaient de-ci, de-là.
Et soudain, que ne voilà-t-il pas...
Oui, l'hiver fut rude et on se demande pourquoi Eric Charden ne nous a pondu un tube pour célébrer cela ; ce qui aurait permis, par la même occasion, peut être, relancer sa carrière qui semble quelque peu battre de l'aile...
"Battre de l'aile", quelle bien étrange expression ?! Pas aussi mystérieuse que "Appeler un chat un chat" ou "casser du sucre sur le dos de quelqu'un", mais tout de même.
D'où peut-elle bien venir ?
BATTRE DE L'AILE
"Cette expression date du début du XVIIème siècle. Elle a été précédée de la locution "ne battre que d'une aile" dont le sens était extrêmement proche ("avoir perdu de sa vigueur, de son crédit, de sa prospérité") et dont la forme éclaire un peu mieux l'origine.
Nous avons ici affaire à une métaphore sur l'oiseau blessé qui n'est plus capable de battre que d'une seule aile, qui se traîne et n'arrive plus à s'envoler. Il est probablement condamné à mourir, comme va certainement s'arrêter la chose ou le projet dont on peut dire indifféremment qu'il bat de l'aile ou qu'il a du plomb dans l'aile." Les Expressions françaises
BREF !
Idée à soumettre à Eric Charden : après "L'été sera chaud", voici "L'hiver a été rude".
Pourtant, en février, la NASA nous démontrait le contraire par cette animation, retraçant l'évolution climatique de 1880 à 2011...
En tout cas, le printemps arrivait à grands pas... Tiens, une autre idée à soumettre à Charden : "Le printemps sera tiède"... Ouais, Ok, j'arrête !
Le printemps arrivait à grands pas avec son cortège d'arbres en fleurs, d'oiseaux gazouillant, de pollen volant et de frelons asiatiques toujours plus nombreux. En cette année de grâce 2012, il était grand temps de profiter une dernière fois, peut être, des pistes enneigées pour aller se livrer une ultime fois aux joies glissantes du ski, non sans avoir profité au préalable de l'augmentation silencieuse des taxes sur le pétrole en allant faire le plein à la pompe.
Et ce week-end, le choix se portait sur la station de Saint-Lary-Soulan, dans le département des Hautes-Pyrénées (65). Je monte dans ma superbe nouvelle voiture toute droite sortie de chez Peugeot que je salue au passage. J'allume le poste en exerçant une pression sur un bouton rond de couleur noire, situé juste en-dessous du tableau de bord... En somme, je mets de la musique.
Et pour accompagner cette route séparant Bayonne de Saint-Lary-Soulan, jonchée de ronds-points exubérants, ce sera Rover...
Non pas comme la bagnole puisque je roule en Peugeot (que je re-salue au passage), mais comme ce nouveau chanteur recommandé par Nick Canon :
SAINT-PIERRE-D'IRUBE
Rond-point et dinosaures
LACQ
Rond-point et puits de pétrole
Après ces multiples découvertes, nous arrivions à Sailhan, très petit village situé sur les hauteurs Sud-Est de Saint-Lary-Soulan. C'est ici que nous allons passer deux nuits ; et plus précisément dans le magnifique et chaleureux gîte "Le relais de l'Empereur", tenu par les non moins sympathiques (comme dirait Guy Lux) Fabienne et Pierre.
Sauna, chambre avec cheminée, literie à cheval, petit jardin avec terrasse, grande table où tous les hôtes se retrouvent le soir pour manger ensemble une bonne reblochonnade, accompagnée d'une redoutable fondue aux cèpes avant l'arrivée du dessert : omelette norvégienne ! Parfumée ! Onctueuse ! Aaaah, mais quelle omelette !!!! J'en mangerai sur la tête d'un lépreux, tiens !

Photos : Le relais de l'Empereur
Bon, eh oh !
Le lendemain, il faut aller skier ! Nous nous rendons donc quelques kilomètres plus bas pour rejoindre...
La haute montagne débute vraiment à Saint-Lary. Plusieurs pics aux alentours des 3000 m d'altitude s'y dressent, constituant la vallée d'Aure. Protégée par ces massifs, cette vallée bénéficie d'un climat exceptionnel, exempt de vents humides par exemple. Grâce à cette propriété climatique, elle s'enorgueillit de la plus importante forêt de pins à crochets de toute l'Europe.
La vallée d'Aure, qui vivait traditionnellement du pastoralisme et de quelques cultures fut frappée par l'exode rural au XIXème siècle ; Saint-Lary comptait à peine 300 habitants au début des années 1950. Conscient du fait que les usines hydroélectriques installées sur le territoire de la commune et dans les alentours ne pouvaient, à elles seules, assurer le développement du village, le maire de l'époque, Vincent Mir, fit le pari de créer une station de ski.
Dès 1957 fut mis en service le téléphérique reliant Saint-Lary au Plat d'Adet, à 1700 m d'altitude, où une station commença à sortir de terre. Si, si, si ! Pas besoin de construire : t'arroses et ça pousse tout seul.
Aujourd'hui, la station de Saint-Lary Soulan se compose de trois niveaux :
- Saint-Lary village (830m), atmosphère chaleureuse et authentique d'un vrai village Pyrénéen.
- Saint-Lary 1700 (Pla d'Adet) et Saint-Lary 1900 (Espiaube) offrent un panorama grandiose sur la chaîne des Pyrénées.
Le domaine skiable, qui compte 100 km de pistes, permet à tous les sportifs, débutants ou confirmés, la pratique du ski de piste, du snowboard et du ski de fond dans un cadre grandiose dominé par la silhouette majestueuse du pic de Néouvielle.
Si le vieux village voit défiler un flux incessant de touristes, dont nous faisons partie intégrante, il a su conserver son cadre préservé. S'organisant autour d'une rue principale dont les maisons à arcades abritent commerces, restaurants et bars, le bourg compte quelques édifices anciens, comme la tour Hachan (XVème), seul vestige de ce que fut le manoir seigneurial, la maison Fornier et la chapelle romane Sainte-Marie, qui abrite un retable baroque, dont nous ne montrerons aucune photo puisque la chapelle était fermée ; comme la plupart des édifices religieux de nos jours.
Saint-Lary est également une station thermale. L'eau des sources de Garet est d'ailleurs connue depuis toujours pour ses propriétés curatives dans le domaine des affections rhumatologiques et respiratoires. Marcel Proust... ah non, je confonds avec une autre ville...
A proximité de l'établissement thermal, le nouveau centre thermoludique reconstitue un univers fait de rivières, de cascades, de grottes et de geysers. Par contre, aucun ours dans le complexe !
Ce grand mammifère plantigrade de la famille des ursidés a sa propre maison... ou du moins son musée dans la ville : La maison de l'Ours.
La menace d'extinction de l'ours pyrénéen, ours brun européen, avait permis la mise en place d'un programme de réintroduction d'ours slovènes en 1996 et 97. Le retentissement médiatique de la mort de Canelle, tuée par un chasseur a relancé le problème de la disparition de l'ours des Pyrénées.
Mal aimé des bergers et des chasseurs, l'ours est depuis toujours présent dans les Pyrénées.
Animal sauvage et féroce certes, mais également terriblement intelligent, protecteur et parfois proche de nous... Force et tendresse !
La maison de l'ours propose documentaires, vidéos, expositions, mais également un centre multimédia et des ateliers pédagogiques. Toutefois, tu ne verras pas ce documentaire fort intriguant, décortiquant le dessin animé Winnie l'ourson...
NB: Il ne fallait peut être pas montrer ce documentaire aux jeunes enfants.
Mais l'ours n'est pas le seul animal imagé présent dans la station. Non !
On peut également remarquer l'omniprésence du Patou, sous toutes ses formes ; véritable emblème nature !
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LA CAMPAGNE DE COMMUNICATION

Séance photo avec ce mannequin de 80 kg, prénommé Sherpa,
sélectionné par casting canin, et qui a dû passer près de trois heures
en studio afin de permettre au photographe de saisir le bon angle !
PLAN DE PISTE POUBELLE SCULPTURE

Ceci étant dit, il ne nous restait plus qu'à rejoindre les pistes.
En cette matinée de mi-mars, la station était plongée dans le brouillard. Mais un brouillard qui sentait la fumée.

Photo : Arnofoto
La montagne était en feu. Un feu plus ou moins maîtrisé, destiné à éliminer les broussailles et résidus végétaux secs. C'est l'écobuage.
Pratique agricole ancestrale et économique, l'écobuage permet de relancer la pousse des plantes herbacées du printemps dans les champs où les troupeaux viendront paître bientôt. Les cendres ont un effet fertilisant, mais le feu peut empêcher le repeuplement du gibier et gêner l'équilibre biologique ; le tout sans parler des dégradations de sol et des incendies s'il n'est pas maîtrisé.
Et là, pour le coup, c'était pas la grande sécurité...

Photo : ArnoFoto
En tout cas, en ce samedi de mars, proche du printemps, le Plat d'Adet était littéralement plongé dans la fumée écobuesque et pour respirer le bon air de la montagne, il fallait se sauver le plus haut possible.
Après quelques minutes de remontées mécaniques en tout genre (tire fesses, télésièges, télécabines, parachute, escaliers roulants, tapis automatique, catapulte,...), nous arrivions à 2515 m d'altitude, au lieu dit "Pichaleye".
Très peu de monde sur les pistes ! Pas de fumée en vue ! Soleil ! Bonne neige ! Magnifique ciel bleu sur lequel venaient se greffer de lourds nuages aux formes onctueuses, presque érotiques !
Il n'y avait plus qu'à se laisser aller à descendre, en toute sérénité...
DANS NOTRE PROCHAIN EPISODE
Ah oui, nous devions parler de Gavarnie...
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