LE VOYAGE DE JENORME

05 février 2016

NEVERS ALORS ?!, visite 1

Bon : on recommence !
Nevers n'est pas seulement cette ville où elle a passé son adolescence dans le roman de Marguerite Duras, "Hiroshima mon amour".
Nevers, ce n'est pas seulement la ville dont Pierre Bérégovoy fut le maire pendant dix ans.
Nevers, ce n'est pas que la faïence de Giens... euh de Nevers.
Nevers, ce n'est pas que... Bon eh on va tout dire énumérer non plus lààààà !!!
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

 

Oui alors, j'en parlais dans le billet précédent avant de m'emporter sur cette réforme de l'orthographe à la con : Nevers, depuis le 27 janvier 2016, est grincheux. Attention : rien à voir avec le fait que la ville nivernaise soit jumelée avec un des sept nains de Blanche-Neige. Non : Nevers est colère car, le 27 janvier 2016, France 2 a diffusé ce reportage dans son journal de 20 heures.

Souvenons-nous !

France 2

Oui : Nevers est en colère ! la ville apparaît ici comme une ville fantôme, morte, absente, vide, immobile... et plein d'autres mots du même acabit.
Nevers est devenue une sorte d'"Hiroshima d'après bombe nucléaire". Les habitants ont fui et fuient encore. Les commerçants ont peur. Le centre-ville devient no man's land. Les chiens hurlent. Les loups ne sont pas loin. Ils guettent et attendent leur heure. Là-bas, les prémisses d'une tempête dévastatrice se dessinent. Les volets claquent, la lumière disparaît peu à peu...
C'est vrai qu'il n'est pas très encourageant ce reportage. Il ne donne pas envie de s'installer à Nevers. Pour un peu, nous pourrions comparer la préfecture de la Nièvre avec ce petit village espagnol que j'avais visité il y a quelques mois...

Larrosa, il s'appelait. Il n'y a plus que quelques pans de murs rappelant une activité très ancienne avec son église, ses maisons, ses fermes, ses commerces, laissés soudainement à l'abandon comme beaucoup d'autres villages de cette partie régionale de l'Aragon. Nous en reparlerons ici prochainement.

Mais pour l'instant,
concentrons-nous sur Nevers, Nièvre, Bourgogne, France.

En réponse au reportage déprimant de France 2, un internaute a réalisé ce petit reportage remettant quelques commerçants dynamiques de la ville au premier plan.


 jeremie nestel on Vimeo.


Oui, il est grand temps de rétablir la vérité et de prouver au monde entier que Nevers n'est pas une ville morte. J'ai donc pris mes jambes et mon sac. J'ai tout mis dans la voiture, j'ai démarré, j'ai laissé le Pays Basque derrière moi et, sept heures de route plus tard, je suis arrivé dans la Nièvre du samedi soir par ce pont de pierre enjambant ce fleuve sauvage nommé Loire. Et déjà, enfin, une vision urbaine magnifiquement mise en place.

C'EST NEVERS !

Nevers, pont de Loire (58)

Déjà là, eh hein, ça pète ! C'est beau ! Ces maisons, ces toits, ces superpositions, cet enchevêtrement de façades. Et puis cette cathédrale qui domine fièrement comme pour guetter et jauger de l'arrivée de chaque nouveau voyageur.. Je pourrais commencer ma visite de Nevers en tournant sur la droite pour aller faire un tour du côté du bassin de la Jonction où l'on pratique une activité originale.

LE SAUT À L'ÉLASTIQUE EN BATEAU
Nevers, bassin de la Jonction, saut en bateau (58)

Le procédé est le même que le saut à l'élastique normal, sauf qu'au lieu que tes jambes soient tenues par un élastique, on te met dans un bateau qui, lui, est tenu par un élastique. Après, libre à toi de faire ce que tu veux pendant ton temps de chute.

 Ou encore partir flâner (flâner)
le long du canal latéral à la Loire, si reposant...

Canal latéral à la Loire, la Jonction (58)

Nevers, canal latéral à la Loire, la Jonction (58)

 

Nevers, stèle Pierre Bérégovoy et ombre (58)Encore emprunt de la mémoire de Pierre Bérégovoy puisque c'est dans ces parages que l'ancien maire de Nevers et ancien Premier Ministre s'est donné la mort le 1er mai 1993. Une stèle lui rend hommage. Bon, sur cette photo, on ne voit pas très bien parce que j'avais le soleil dans le dos, mais il est écrit : "Ici, le 1er mai 1993, un Juste a retrouvé la paix. Pierre Bérégovoy, 1925-1993. Dans la nuit de ce monde, le soleil brillera."

 

 

 

Ce lieu-hommage se trouve non loin de l'ancienne piscine plein air de la ville, plus communément nommée Piscine de la Jonction. C'était un vrai lieu de rassemblement pour la jeunesse nivernaise. Cinq bassins au compteur, un grand toboggan à virages. Et une grosse sonnerie qui annonçait la formation de vagues dans le grand bassin. Mais...

LA PISCINE DE LA JONCTION

AVANT
piscine de la jonction carte

MAINTENANT
piscine de la jonction

Oui, ça a un peu changé. Pourtant, combien d'enfants sont venus parsser leurs après-midi ici ? Combien d'histoires d'amour ont vu le jour en cet endroit de rencontres aquatiques ? Et ces Neversois qui ne pouvaient partir à la mer, n'étaient-ils pas heureux de venir en cet endroit béni où, dans ses dernières années d'existence ?
Eh ben oui, je suis Neversois ! Je suis venu me baigner ici ! J'y ai vécu des histoires d'amour éphémères en croisant qui de Stéphanie en maillot bain fluo, qui de Sandrine et son sourire ensoleillé, qui de... merde comment elle s'appelait déjà là, Hortense, Charvance, Laurence... ça finissait par "ence"... Avec la bande, on en était venu à l'appeler "flatulence" parce qu'elle avait un gros cul, mais cela n'enlevait en rien ce charme incroyable qu'elle avait lorsqu'elle sortait du grand bassin. Un geste, une action qui, à elle seule, nous donnait envie de venir à la piscine de la Jonction même quand il pleuvait.
Nous étions une bande. Nous défions les autres bandes. Du Banlay, des Courlis, de la Grande Pâture ! On était de Vauzelles ! Nous arrivions en 103 SP phare rond (le phare carré, c'était nul!) ou en 50 Suzuki ER2 litres, ou en Ciao made in Fourchambault, et nous en imposions !
Peut être même que nous avons croisé Yann Moix, cet écrivain-réalisateur-chroniqueur, neversois d'origine, et qui, lui aussi, a parlé de cet endroit neversois à part lorsque le précédent maire de la ville, Didier Boulaud, a fait fermer l'endroit :

Podium"Né à Nevers, la piscine de la Jonction a toujours été pour moi un lieu vital. C’est là que j’ai ébauché la plupart de mes livres et là, surtout, qu’entre deux séances de crawl, j’ai écrit, le temps d’un été, la première version du scénario de mon film Podium. C’est, disons-le, ma piscine préférée sur Terre. La détruire, la supprimer, la fermer serait une hérésie. D’abord parce qu’elle fait partie du patrimoine de la ville de Nevers, mais aussi, mais surtout, parce que pour beaucoup de générations, et pour de nombreuses générations à venir encore, elle est la mer. La mer qui coûte trop cher.
La Jonction a toujours très bien su remplacer l'océan.

Sans se faire mousser, bien sûr : c’est une piscine très humble. C’est pour ça qu’on l’aime. On est chez nous dedans. L’eau y sera toujours bonne. Les filles toujours jolies. Notre jeunesse est encore dans le grand bain, en train d’apprendre la brasse, regardez.....". YANN MOIX

 

Mais ooooohhhh, poï poï poï, comme dirait Enrico...

Tiens, puisqu'on en parle,
j'écouterais bien cette chanson :

Eh hein, j'aime bien cette chanson festive sur des rythmes entraînants. Et puis, il y a ce décor improbable qui peut nous faire dire : "Mais ils n'ont pas voulu le laisser entrer sur le plateau pour qu'il chante ou quoi ?!" Et puis il y a la fin de la vidéo...

 

Mais oooooooooh !
On se calme, comme dirait Christophe Dechavanne...Tiens, ça fait longtemps que je ne l'ai pas vu et entendu cette chanson-remix. On l'écoutait en boucle avant d'aller à la piscine de la Jonction....

Voyons si ça n'a pas trop vieilli :

Ah non, en effet, ça n'a pas pris une ride, dis don'. Bravo. Ça vaut pas les Footbrothers, mais c'est pas mal.
Bon, où on en était ? Ah oui, bassin de la Jonction à l'abandon, suicide de Bérégovoy...

Oooooooooohhhhh ! Dis !!!!
On ne va pas déjà sombrer dans la déprime alors que je ne suis même pas encore entré dans la ville ?!!! Allez ! Je passe le magnifique pont de Loire, construit en 1767, puis écroulé en 1790, avant d'être remplacé par un pont de bois "provisoire" jusqu'en 1832, époque où le pont fut enfin terminé et solidifié en complétant l'ouvrage des sept arches qui lui manquaient pour en faire quatorze encore aujourd'hui.
Attention : je ne roule pas seulement sur le pont de Loire de Nevers... Je suis également en ce moment même sur la légendaire Route Nationale 7. La fameuse Route Bleue, la route des vacances. La route des Congès payés. Cette route qui allait de la Porte d'Italie (Paris) à la frontière italienne (Menton). De l'urbanisation à la mer en passant par quelques-unes des éclectiques régions françaises, de l'Île-de-France à la Côte d'Azur en passant par le Centre, la Bourgogne, l'Auvergne, le Rhône, longeant le Vercors où il faisait bon sauter à l'élastique, et puis la Provence. La route la plus longue de France avec ses 996 kilomètres.
Aujourd'hui, la Route Nationale 7 n'est plus. Elle est devenue Départementale 907. Et puis, la route bleue des vacances a disparu pour devenir Autoroute A6 et A77, contournant villes et villages, restaurants et petits bars locaux.
Eh ben, tiens : puisqu'on en parle, et si j'allais boire un coup avant de commencer sérieusement la visite de Nevers.
Une fois le pont de Loire passé, je longe les façades de maisons de bord de route, située au pied de cette butte dominée par la cathédrale que je ne vois plus. À ma gauche, une grande bâtisse blanche, peut être moderne et contemporaine, mais très moche et ne collant pas du tout avec le reste de l'agglomération et de ses bords de Loire. Il s'agit de la Maison de la Culture ; la MACU, comme nous l'appelions autrefois lorsque nous allions y voir le concerts du groupe Niagara ou participer à cet incroyable festival qu'était le Festival De Nevers à l'Aube !!!!!

De nevers à l'aube

Fini le festival ! Enfin tel qu'il était à l'époque et pendant les 20 années de son existence avec une semaine de festivités, tournant autour de courts-métrages, de films, de rencontres, de spectacles, de performances, de concerts, d'expostions, d'apéros, grand public, jeunes, étudiants, désinvoltes, bobos, cultivés, incultes, artistes, comptables, petits, grands, noirs, blancs, safari, coco, gauchos,... Quelle chance d'avoir connu un tel évènement ! Aujourd'hui, ce festival perdure sous le même nom, mais sous une autre forme. Une seule soirée, mais toujours avec entrain, musique, films. C'est différents, mais toujours présent ! Et ça, vois-tu, c'est une autre particularité de Nevers. Il y a ici un putain de dynamisme associatif, festif, créatif, rassembleur que j'ai rarement trouvé ailleurs. On va me dire : "Ouais, eh oh, toi, t'habites dans le Sud-Ouest maintenant, c'est génial ! Il y a l'océan, la montagne, le soleil, les ferias, toro, sangria, cochon grillé, pitxouri et trompette !!!!!"
Oui, oui, oui. Certes. Mais à Nevers, il y a le rock. Il y a ce que je ne sais quoi de j'en foutiste et qui fait quand même. Peu importe le résultat ! L'envie est là. L'envie de rassembler et de se rassembler, d'écouter de la musique, même en amateur, même au coin d'une salle de bar. Cette envie de bouger, de se bouger, d'être en alerte. Je garde en mémoire cette journée commémorative, une semaine après les attentats parisiens du 13 novembre 2015.
J'étais dans le Pays Basque. Il n'y avait rien. Juste la pluie dans les rues de Bayonne en bord de Nive. Alors qu'à Nevers, les différentes associations artistiques et les groupes locaux musicaux (amateurs et professionnels) se sont dispersés dans toute la ville en investissant les places, les bars pour donner de multiples concerts et prestations en hommage aux victimes parisiennes sous l'appelation tonitruante "Musique VS barbarie".

musique contre BarbarieL'idée d'une mobilisation des musiciens de Nevers lancée sur les réseaux
"
Pour répondre à l'horreur qui risque bien de nous submerger si chacun se renferme dans sa coquille, l'idée d'une mobilisation générale des musiciens de Nevers a été lancée lundi soir par un petit groupe réuni à l'initiative d'Alexis Réjasse.
Dans l'urgence de la mise sur pied de cette réunion, nous n'avons pu contacter que quelques personnes mais déjà, un certain nombre de musiciens ont répondu présents à ce premier appel. Cette "offensive" musicale massive intitulée MUSIQUE vs BARBARIE est prévue pour le samedi 21 novembre de 15h à 3 heures le lendemain dans différents lieux de Nevers. L'organisation, la recherche de ces lieux sont en cours d'élaboration. Nous venons de créer cette page Facebook où vous pourrez très bientôt obtenir toutes les infos sur cette opération. Restez connectés et BANZAÏ !"



Bon, je vais le boire ce coup ou merde !
Làààààà, un peu après la MACU, un rond-point sans sculpture exubérante dessus, comme à Hagetmau, Lorignac, Saint-Georges-de-Didonne, Bègles,... Simple, efficace, banal. Je pratique un trois quart de tour pour dépasser les anciens murs de fortifications de la ville afin de tenter une approche peut être plus centresque.

MAIS OOOOOOOOOH LAAAAAAA DIIIISSSSSS !!! Il y a un Pub ! Le Donald's Pub. Pourquoi Donald ? Je ne sais pas, mais il s'agit bien d'un Pub. De dehors déjà, j'aperçois le comptoir en bois dominé par les bouteilles de whisky et autres bourbons. Juste devant et un peu en-dessous, les tireuses à bières dorées. J'entre. Je visite. Je sympathise. Je rencontre des gens... Non, bon, je déconne. Je suis de Nevers donc je connais un peu de monde et surtout les tenanciers de la carlingue. Mais il n'empêche qu'après deux, trois bonnes bières belges, je ne peux m'empêcher de te faire visiter un des lieux mythiques de la ville.

ALLEZ, C'EST PARTI !

 
Bon, comme tu peux le voir, c'est une visite qui s'annonce bien, mais pas tout de suite. Nous visiterons Nevers plus en détail dans notre prochain épisode.

 

 

DANS NOTRE PROCHAIN ÉPISODE

Nous visiterons Nevers plus en détails dans notre prochain épisode... Oui, je sais, je l'ai déjà écrit plus haut, mais que veux-tu que je te dise de plus si ce n'est que nous visiterons Nevers plus en détails dans notre prochain épisode.