30 avril 2009
Le désert des Bardénas, épisode 2 : une histoire de chemins
RESUME DES EPISODES PRECEDENTS
Après avoir testé les différents bars de la ville d 'Olite by night en parlant de salsa et de tango, Nathalie essaya coûte que coûte de nous faire écouter sur le chemin de retour à l 'auberge de Beire "See that my grave is kept clean" par Lou Reed. De son côté, le mange-CD de la voiture jugeait, lui, qu 'il était bien trop tard.
Ce disfonctionnement nous permettait alors de revenir sur ce morceau de blues datant de 1927, interprété par
Blind Lemon Jefferson
Père fondateur du blues texan et chanteur itinérant, Né en septembre 1893 à Coucheman, dans le Texas, Clarence "Blind Lemon" Jefferson est né à Coucheman (Texas) en septembre 1893.
On ne sait pas s 'il est né aveugle ; mais, encore adolescent, vers 1912, Jefferson commence à vivre de la musique en se produisant à des pique-niques ou à des fêtes. Il joue également dans les rues de plusieurs villes du Texas. Sur ses débuts, son cousin, Alec Jefferson, écrira : "Ils étaient désagréables et grossiers. Les hommes prostituaient les femmes et faisaient de la contrebande d'alcool pendant que Lemon chantait pour eux durant toute la nuit. Il commençait vers 20h et continuait jusqu'à 4h du matin."
Dès 1925, il enregistre plusieurs morceaux et c 'est en 1926 qu 'il connait ses premiers succès enregistrés pour la Paramount.
Jefferson est également célèbre pour avoir beaucoup voyagé pour l'époque notamment dans le sud des États-Unis ce qui entraîne une relative difficulté à catégoriser sa musique. Il s'affranchissait en effet des conventions musicales, modifiant ses riffs et ses rythmes et chantant des textes complexes et expressifs d'une manière exceptionnelle pour un "simple chanteur de country blues" de l'époque.
Très vite, il gagne beaucoup d 'argent.
Pourtant, il meurt sans un sous à Chicago en décembre 1929. Sa mort dans des circonstances dramatiques (aveugle, il est mort de froid dans les rues de chicago après que la neige tombée lui ait fait perdre ses repères) a encore accru son aura légendaire.
Paramount paye le retour de son corps en train vers le texas. Il est enterré au Wortham Negro Cemetery où sa tombe restera vierge et inconnue jusqu 'en 1967, date à laquelle un marqueur est érigé à proximité, l 'endroit précis étant inconnu.
Bref !
Puisque nous parlons de tempête de neige, il était bien deux heures du mat' lorsque nous nous rendions compte qu 'il fallait se lever tout à l 'heure pour rejoindre le désert des Bardénas...
DE NOS JOURS, MAIS TOUT A L 'HEURE
C 'est pas pour nous vanter, mais on a le beau temps ce matin.
Un soleil à peine voilé se lève sur la petite église de Beire...

... à côté de laquelle se trouve le portrait sculpté
d 'un homme à lunettes répondant au doux nom de...
Victoriano Flamarique Biurrun
Curé et sociologue de Beire, il fut un des principaux impulseurs
au début du XXe siècle, d'intiatives sociales en faveur des classes ouvrières et paysannes.
En 1900 il fonde la Caja Rural, pour contenir la fuite de l'argent des champs vers la ville.
Il tentera toute sa vie durant d'améliorer la situation sociale et économique
des petits travailleurs du milieu rural, raison pour laquelle il est aujourd'hui très reconnu.
Et puisque nous parlons de paysans, de ruralité et tout ça, il est grand temps pour les aventuriers que nous sommes de se casser d 'ici afin de reprendre la route...
° °
LES AVENTURIERS TESTEURS
DE L 'EXTREME

Nathalie teste la cuisine douce extrême

Jénorme teste le bowling extrême
° °
SUR LA ROUTE...
Après avoir petit-déjeuné dans une cafétaria de bord de route dès plus sympathiques, située non loin de l 'entrée Ouest du parc des Bardénas, les paysages tant recherchés se dessinent au loin...

Oui, je sais, on voit pas bien, mais j 'ai dit que cela se dessinait au loin.
La tension monte... Mais qu 'allait donc nous réserver ce foutu désert dont on parlait depuis des mois ? Qu 'allait-on y voir ? Qu 'allait-on y faire ? Que manger ? Que boire ? Quel sport y pratiquer ? Allons-nous en sortir vivants ? Allons-nous seulement en sortir ? Mais où est l 'entrée d 'abord, bordel de merde ?
C 'est parti !
Nous quittons la route goudronnée pour nous aventurer sur un chemin de terre...
...qui n 'était pas sans nous rappeller que le Paris-Dakar se déroule à présent en Argentine.
C 'est à cet instant précis... Là... Maintenant... que nous avons tous eu une pensée pour Daniel Balavoine à qui nous devons, il faut le dire, quelques citations bien senties, comme :
"C'est petit joli c'est doux c'est fort C'est plein de couleurs Pour l'amour l'ennui ou pour la mort Pour sucrer les pleurs Rouge au cœur
Lipstick pour les hommes Lipstick pour les femmes Lipstick for the men Lipstick for the girls" Daniel Balavoine
Nous sommes dans une des premières réelles particularités des Bardénas : un foisonnement de chemins.
LES BARDENAS REALES
Une histoire de chemins
Attention, pas une histoire de chemins comme celle dont nous parle Téléréma avec ce documentaire :
LE DROIT CHEMIN (2008), documentaire de Jarmila Buzkova
"Condamné pour des braquages commis en toute inconscience à l 'âge de 18 ans, Christian Laplanche a depuis travaillé dur pour passer son bac en prison, obtenir un doctorat en droit, enseigner à l 'université. Et réaliser son rêve : devenir avocat. C 'est là que ça coince. Pendant cinq ans, les barreaux de Nîmes, d 'vignon, d 'Alès rejettent sa candidature en invoquant son passé. Les recours juridiques n 'y changent rien. Comme le relève maître Henri Leclerc, il est inquiétant que des juges et des avocats estiment impossible la réhabilitation d 'un homme. A Nîmes, ça n 'émeut pas le bâtonnier : "Pourquoi il veut devenir avocat ? est-ce qu 'il n 'a pas les moyens de s 'épanouir autrement qu 'en venant nous emmerder ?" Drôle de plaidoirie..." Samuel Gontier
Non, non ! Du bon vieux chemin de trace !
Nous posons la voiture à un endroit où, semble-t-il, il n 'y a aucune chance que l 'on nous crève les pneus car Le Guide du Croutard le dit bien dans ses pages :
"Attention : beaucoup de lecteurs nous signalent des crevaisons de pneus. Il est important de ne pas se garer en-dehors des chemins réservés aux voitures sous peine de réveiller
l 'agressivité des bergers des Bardénas."
Cela nous met de suite en confiance : non seulement on ne sait pas où on va, mais, en plus, on ne sait même pas si nous allons pouvoir en repartir.
Bref !
La voiture est posée dans un chemin apparemment inoffensif. Pas un troupeau à l 'horizon ! Pas un berger embusqué dans un taillis !
° °
ANALYSONS LES IMAGES
AFIN DE MIEUX COMPRENDRE
LE MONDE ET LES GENS EN PLEIN DESERT
° °
Equipés de gants, de tapas enveloppés soigneusement dans un papier alu de première classe et
d 'une bouteille de jus d 'oranges pur Espagne, nous nous lançons à l 'assaut du premier chemin venu.
Sauf que, très vite,
cela ne semble pas être la bonne direction...
Analyse de l 'image :
Alors, là, c 'est très intéressant.
Regardez. Qu 'est-ce qu 'il se passe exactement
dans cette image ?
Pendant qu 'Arnaud ne regarde pas du tout
dans la continuité du chemin,
Nathalie a défait une anse de son sac à dos
comme pour magnifier sa désinvolture.
Demi-tour,
autre direction !
Nouveau chemin
avec la Blanca Baja
en point de mire :

Analyse de l 'image :
Alors, là, c 'est très intéressant.
Regardez. Qu 'est-ce qu 'il se passe exactement
dans cette image ?
Pendant qu 'Arnaud garde sa main collée à sa hanche
comme pour signifier picturalement un doute persistant,
Nathalie arbore une démarche forcenée,
toutes épaules baissées.
Même si le doute semble persister,
aucun des aventuriers ne le montre.
Analyse de l 'image :
Alors, là, c 'est très intéressant.
Regardez. Qu 'est-ce qu 'il se passe exactement
dans cette image ?
Pendant que Nathalie montre avec entrain ce chemin qui semble être le bon,
Arnaud reste suspicieux devant la tenue arborée par sa partenaire de randonnée.
Pour lui, il semble clair que le chemin va être long.
Peut être faudra-t-il prévoir de passer deux ou trois nuits dans le désert.
FIN D 'ANALYSE
MERCI
Tout semble rentrer dans l 'ordre et,
à partir de ce chemin, nous empruntons...
d 'autres chemins !
Tour à tour serpentants parmi des montagnes majesteuses...

...ou se faufilant dans des profondeurs reculées...
...nous échouons finalement au milieu de nulle part !
Et cela tombe bien car c 'est là notre premier objectif.
LES BARDENAS REALES
L 'escalier qui ne mène nulle part
J 'avais lu plusieurs articles sur les Bardénas avant de venir.
Je savais notamment qu 'il y était impossible de capter Rires et chansons et que c 'était le seul endroit d 'Espagne où il n 'y avait pas de grue.
Oui parce que, il faut que tu le saches, la particularité de l 'Espagne, c 'est de te foutre des grues partout afin de commencer des travaux qui ne finissent jamais : sur les routes, au milieu des villages, sur des parkings,... PARTOUT JE TE DIS !
L 'exemple le plus célèbre étant peut être celui çi :
En 1882, Josep M. Bocabella achète des terrains pour édifier un temple dédié à la Sainte Famille. Après des désaccords avec le premier architecte, Francesc de Paula Villar, le travail est confié à Gaudí. Ce dernier modifie le projet original et le rend plus ambitieux. La Sagrada Familia fut d 'ailleurs en compétition pour devenir une des Sept nouvelles merveilles du monde.
Durant les dernières années de sa vie, Gaudí ne travaille et ne vit pratiquement que pour la construction de ce temple. En 1926, le destin arrête sa progression : vêtu de vêtements élimés et usés, personne n'a reconnu en lui le célèbre architecte lorsqu'il fut renversé par un tramway. Il mourut des suites de cet accident quelques jours plus tard, dans un hôpital (Hospital de la Santa Creu i Sant Pau) où il aura été conduit trop tard. Il laisse alors de très nombreux plans, projets et ébauches (les plans et maquettes furent malheureusement quasiment tous détruits pendant la guerre d'Espagne, une dizaine d'années après sa mort).
Je pense que l 'Espagne est le pays qui compte le plus de grues au m2.
Bref !
revenons aux Bardénas
et
à ce fameux escalier qui ne mène nulle part.
En fait, c 'est faux.
Cet escalier nous entraine dans un endroit bien précis. Si, si !
Sur une butte... Ouais, ouais !
Qui n 'est autre qu 'une butte sur laquelle, O merveilleuseté de l 'Espagne, se trouve une cabane en pierres.

Eh ouais !
Bon, franchement, de prime abord, vu comme ça, tu te dis : "Euh ouais d 'accord, mais franchement, entre nous, c 'est nul non ?"
Mais atteeeeeeeennnnnnndddddssss !!!!
Tout d 'abord,
tu as de très belles vues :
Et puis, une fois que ça c 'est fait, tu peux être amené à te poser de multiples questions, comme Pourquoi ? Comment ? Quand ? Qu 'est-ce que c 'est que ça ?
Débouchant sur d 'inombrables suppositions, telles que un arrêt de bus ? Un futur plongeoir pour suicidaires ? Une ancienne cabane à saucisses biologiques ? Une demeure intemporelle qui hébergea les plus grands architectes espagnoles ? Et ne serait-ce pas
l 'endroit le plus idéal du monde pour faire une bonne partie de dominos ?
C 'est en se rapprochant quelque peu de la cible que des réponses surviennent.
Là, sur un pan de mur de cet abris délabré,
mais si typiquement espagnol (oui, oui, j 'insiste !)...
... un tag sommaire capte notre attention :
Bon, alors, qu 'est-ce que c 'est que ça, là ?
Pourquoi ce Jean Rochefort ici, en plein désert des Bardénas, sur le pan de mur de ce pseudo-abris délabré (oui, oui, encore) ?
Parce que, bon, Jean Rochefort, on connait, nous, les Français :
JEAN ROCHEFORT

Jean Rochefort et son chienchienchien ou l 'inverse
Grand acteur français que nous avons pu voir dans des films comme Cible émouvante, Un éléphant, ça trompe énormément, "Tandem", Le fantôme de la liberté, Le mari de la coiffeuse", Le grand blond avec une chaussure noire, Calmos, Un étrange voyage, RRRrrr..., il est également connu pour ses talents
d 'écuyer qui prirent fin en 2002 après qu 'il ait connu une infection de la prostate lors du tournage du film de Terry Guilliam, The man who killed Don Quixote.
Eh oui, c 'est ici même... Bon, pas dans cette cabane à la con qui sert à rien... mais dans le désert des Bardénas que le génial et débile réalisateur Terry Guilliam tenta de tourner sa version de Don Quichotte d 'après le roman de Cervantès.
L’INGENIEUX HIDALGO
DON QUICHOTTE DE LA MANCHE
El Ingenioso Hidalgo Don Quijote de la Mancha
de Miguel de Cervantès
"L’intrigue couvre les voyages et les aventures de Don Quichotte et son écuyer Sancho Panza. C’est un hidalgo qui est obsédé par les livres de chevalerie. Ses amis et sa famille pensent qu’il est fou quand il décide de devenir à son tour un chevalier errant et de parcourir l’Espagne sur son cheval, Rossinante, en combattant le mal et protégeant les opprimés.
Il passe pour un illuminé auprès de ceux qu’il rencontre. Il croit que les auberges ordinaires sont des châteaux enchantés et les filles de paysans de belles princesses. Il prend les moulins à vent pour des géants envoyés par de méchants magiciens. Il considère qu’une paysanne de son pays, Dulcinée du Toboso, qu’il ne rencontrera jamais, est l’élue de son cœur à qui il jure amour et fidélité.
Sancho Panza, son écuyer, dont la principale préoccupation est, comme son nom l’indique, de se remplir la panse, estime que son maître souffre de visions, mais il se conforme à sa conception du monde, et entreprend, avec son maître, de briser l’envoûtement dont est victime Dulcinée.
Aussi bien le héros que son serviteur subissent des changements complexes et des évolutions pendant le déroulement du récit.
Peu à peu Sancho Panza opère une métamorphose, et du lourd paysan qu’il était, il se transforme en un être plus éduqué, suscitant même par sa clairvoyance et la finesse de son jugement l’étonnement du peuple qu’il administre lorsqu’il est nommé gouverneur d’une île par le Duc et la Duchesse (Volume 2, chapitre 55). Don Quichotte, quant à lui, reste invariablement fidèle à lui-même, il ne cède à aucune pression extérieure, il brave les archers de l’inquisition qui sont à ses trousses depuis qu’il a libéré les galériens (Vol. 1, chap. 22).
À la fin du deuxième volume, Don Quichotte, vaincu par le chevalier de la Blanche Lune (le bachelier Samson Carrasco), s’en retourne chez lui. Sancho le supplie de ne pas abandonner, lui suggérant de prendre le rôle de berger, souvent mis en scène dans des histoires bucoliques. Ayant abandonné la lecture de tout roman de chevalerie, il retrouve la raison et fait dès lors preuve de la plus grande sagesse, avant de mourir entouré de l’affection et de l’admiration des siens.
Les deux compères ont vécu ensemble beaucoup d’aventures, provoquant souvent de nombreux dégâts. Ils rencontrent, au cours de leurs pérégrinations, quantité de personnages qui délivrent une sociologie détaillée de l’Espagne du siècle d’or. On y voit défiler des criminels envoyés aux galères (sont-ce des Juifs poursuivis par l’Inquisition ?), des morisques sous le coup de l’édit d’expulsion de 1609(Ricote, Ana Felix)." WIKIPEDIA
Si le film n 'a jamais vu le jour, il nous reste ce documentaire réalisé par Keith Fulton et Luis Pépé,
LOST IN LA MANCHA
Je me souviens des propos tenus par le co-scénariste du film de Guilliam :
"Dans le roman, Cervantès fait une chose étrange et cruelle. A chaque page, il ridiculise Don Quichotte. A chaque fois, il en rajoute pour montrer la folie de ce vieillard. Plus il est cruel, plus on aime Don Quichotte. Quand il redevient sain
d 'esprit à la fin, le lecteur ne le supporte pas. On veut qu 'il reste dans sa folie parce que sinon, on sait qu 'il va mourir." Tony Grisoni
Analyse intéressante à remettre en rapport avec les motivations du réalisateur américain :
"Dans les challenges, j 'aime la difficulté. Si c 'est facile, je ne le fais pas. Si c 'est quasi impossible, je tente le coup. Je tire mon adrénaline de ça. C 'est peut être ce qui stimule ma créativité. Sans bataille, je ne dois pas savoir comment m 'y prendre." Terry Guilliam
Et c 'est sur ces mots que je terminerais ce billet parce qu 'à un moment donné, il faut bien fermer sa gueule un peu.
20 avril 2009
Le désert des Bardénas, épisode 1... En route
RESUME DE L 'EPISODE PRECEDENT
Bien décidé à quitter Dax pour les Bardénas, Jénorme se rend finalement compte que cela faisait longtemps qu 'il n 'avait pas eu de nouvelles de Micheline Dax. Après moults études, il pond un billet qui n 'a rien à voir avec la choucroute.
DE NOS JOURS, QUELQUE PART
C 'est armés de plusieurs Télérama que Nathalie, Arnaud et Jénorme prennent la route des Bardénas avec la ferme volonté de... de... d 'y aller.
Tout d 'abord, rapide présentation des protagonistes de ce voyage, et qui sont également de vais touche-à-tout, avides de nouvelles expériences.
NOS AVENTURIERS
Nathalie teste un sac de couchage
Arnaud teste le bitume d 'une route espagnole
Jénorme teste de grosses lunettes
La route que nous empruntons nous amène dans un premier temps à Dancharria ; endroit rêvé pour réaliser un vieux plein d 'essence à des prix tout à fait abordables.
Située non loin de la petite station encerclée par trois grues (tradition espagnole oblige, le pays est en perpétuelle construction), nos regards se posent sur cette magnifique exposition de reproductions de toiles de maîtres jouxtant des plats à paélla dans un commerce de cette petite localité bien sympathique au demeurant :

Dancharria, véritable symbole de la séparation frontalière des deux pays.
D 'un côté, toute la classe française ; de l 'autre, tout l 'esthétisme espagnol.
Une fois que ça c 'est dit, nous poursuivons notre route non sans lire quelques articles de Télérama, comme...
ZETWAL (2008) documentaire de Gilles Elie-dit-Cosaque
"Voici l 'histoire de Robert Saint-Rose, surnommé Zétwal. Nous sommes en 1974 et la Martinique va mal. Les affrontements politiques se durcissent avec en première ligne le Parti Progressiste martiniquais d 'Aimé Césaire, sévèrement réprimé par les autorités. Pour prouver à la face du monde la fierté de son peuple, Robert Saint-Rose a une idée toute simple : être le premier Antillais à marcher sur la lune.
Aidé par sa famille et ses amis, il entreprend donc de construire un fusée.
L 'énergie nécessaire au décollage sera puisée dans la puissance poétique des textes d 'Aimé Césaire, déclamés au moment du compte rebours. Quelques jours après les premiers essais, Zétwal et sa fusée disparaissent mystérieusement. Personne ne les reverra plus..." Samuel Gontier
Et nous marquons un premier véritable arrêt très rapide à Huarte, en banlieue de Pampelune (prononce Pampelune, et non Pamplune) pour faire une photo urgente de ceci.
HUARTE
Ville de banlieue étrange où se mêlent différentes recherches artistiques, des Totem au milieu d 'un parc pour enfant au musée Oteiza, dédié à cet artiste espagnol reconnu comme le grand sculpteur du "vide".
Reprenons un bout de route... Et reprenons le Télérama de cette fameuse semaine 16 par la même occasion
GREGORY CREWDSON : BENEATH THE ROSES.
Exposition à la galerie Daniel Templon, Paris 3ème, jusqu 'au 25 avril.

"Gregory Crewdson est considéré comme une star de la photographie contemporaine pour ses mises en scène des angoisses de la classe moyenne amércaine qu 'il révèle dans son habitat privilégié, les zones résidentielles. Rien
n 'est laissé au hasard, chaque détail contribue à créer une atmosphère fantastique, onirique -une branche cassé par le vent à côté d 'un tricycle renversé évoque un drame. Né en 1962 à New York, Gregory Crewdson assure avoi forgé son imaginaire en écoutant aux portes. L 'oreille collée à celle du cabinet de son père psychiatre, il découvre avec les confidences des patients ce qui se cache derrière les apparences de la normalité. Pour restituer les états
d 'âme de cette classe moyenne, qui vit dans de coquettes maisons blanches, le photographe imagine des scènes sans début, ni fin. Que fait au coin d 'une rue cette femme enceinte, nue, les bras ballants ? A quoi pense cet homme assis en robe de chambre au centre d 'une pice, qui garde à portée de main sa zapette télé et ses médicaments ? Chaque fois, Crewdson projette le spectateur dans une histoire en cours, à reconstruire. (...) Chacun est plongé dans sa solitude, sans espoir de contact avec l 'autre." Luc Desbenoit
... pour arriver à...
AOIZ
(Agoitz en basque)
Petite ville où se trouve, entre autre,
une sculpture d 'homme à poil dans une position dès plus absconnes.
Juste devant le Centre d 'Art contemporain
qui diffuse le film "Bienvenidos al Norte"

Peut être que le sculpteur a cherché à 'immortaliser
un spectateur à poil en pleine crise de fou rire
devant le film...
A moins que ça n 'ait rien à voir :

Toujours est-il qu 'on a la dalle et qu 'il est grand temps de grailler un truc bien espagnol dans une des auberges de préférence ouverte.
Juste en face d 'un splendide mur jaune...

... nous entrons dans un petit restaurant dans lequel se trouve, entre autre, un brave homme avec une casquette qui m 'intrigue alors que j 'attaque ma Bakalao.

Il est là, seul, à côté d 'un autre gars, seul aussi. Face à la télévision. Une casquette bien vissée sur la tête.
Et cette casquette ! D 'où vient-elle ? Qui a pu lui offrir ? L 'a-t-il acheté lui-même dans un lieu précis ? Est-ce un porte-bonheur ? Etait-il marin ? Ou a-t-il pensé un jour à être le premier espagnol avec une casquette à marcher sur la lune ? Et si oui, pourquoi ? Mais si non, alors pourquoi pas ? Sait-il seulement qu 'il a une casquette sur la tête ? Quelqu 'un lui a-t-il seulement dit ? Et que mange-t-il ?
Nous payons et nous quittons ce restaurant un peu quelconque avec ces multiples interrogations sans réponse puisque nous ne sommes même pas allés voir ce brave homme qui, peut être, n 'est tout bonnement qu 'un ancien nazi planqué dans ce coin paumé de la Navarre. Oui parce que, bon, eh oh, faut pas croire !
La route... Télérama...
SUR LA PLAGE DE BELFAST (1996), documentaire d ' Henri-François Imbert
"Qui n 'a jamais tenté, trouvant sur le trottoir une photo d 'identité, de partir à la recherche de la personne exposée par ce fragment d 'identité ? Qui s 'est jamais décidé à le faire ? A l 'intérieur d 'une caméra super-8 achetée chez un brocanteur de Bangor, en Irlande du Nord, Henri-François Imbert a découvert une pellicule oubliée par l 'ancien propriétaire. une fois developpée, elle lui a révélé deux minutes de scènes familiales d 'une fascinante banalité, qu 'il a voulu restituer aux personnes filmées après les avoir maintes fois visionnées.
Sur la plage de Belfast est le récit de cette quête. un court métrage d 'une grande délicatesse, semé de belles rencontres et porté par la voix blanche du réalisateur, qui nous mène d 'indices en fausses pistes, sur les traces d 'une famille irlandaise semblable à beaucooup d 'autres." François Ekchajzer
PARENTHESE COMME çA
Et puisque nous parlons brocante,
quoi de neuf à la brocante d 'Arcangues
ce week-end ?
EH BIEN CECI :
Orgue de barbarie : 3500 Euros
L'appellation orgue de Barbarie viendrait de sa sonorité, moins noble que celle des orgues d'église, ou de l'origine exotique des joueurs de rue : les joueurs des XVIIe et XVIIIe siècles « baragouinaient" un français approximatif.
Personnellement cet instrument d 'outre-tombe me fait penser automatiquement à "La cité des enfants perdus" :
FIN DE LA PARENTHESE COMME çA
Bref : on en était où là ?
Oui, bon, donc, hein, ah... Aoiz, c 'est fait. Mais ne voilà-t-il pas que la jeune femme de l 'office du tourisme de la ville nous conseille d 'aller voir le plus bel endroit de la région, c 'est à dire le barrage du lac d 'Itoiz.
LE LAC D 'ITOIZ
Ouais ben, c 'est pas pour dire, mais c 'est un peu nul quand même !
Et ce malgré les remarques dithyrambiques d 'Arnaud
sur la couleur de l 'eau, le pouvoir du vent, la force de la nature
et je-ne-sais-tout-quoi encore.
Clique ICI pour découvrir la photo d 'Arnaud.
De la flotte, du bitume et des grues. L 'Espagne quoi !
Allez va, nous nous enfonçons un peu plus vers le Sud et la Navarre avec Johnny Cash dans les oreilles...
Pendant que l 'appareil photo de Nathalie affiche un no-batterie qui l 'amènera à ne pas pouvoir prendre une seule photo de tout ce week-end dans les Bardénas, la route prend la forme de lacets pour serpenter sur des monts inconnus et sombres sur lequels se dressent un nombre incroyable d 'éoliennes qui ne sont pas sans évoquer une de ces inquiétantes histoires de machines dominatrices du monde, que nous narrait il n 'y a pas si longtemps encore l 'ami Sébi. Son titre : LE REVEIL.

Photo Rayon basque
Par contre, la vue sur le plateau de Zidacos est pas dégueulasse.

Et qui dit montagne, dit village perché.
Au pif, comme poussés par un élan de découverte inaltérable, nous nous aventurons sur une petite route qui ne semble mener nulle part sinon à...
Ce village se trouve dans la zone frontalière avec l 'Aragon.
Il parait presque à l 'abandon.
Les ruelles sont défonçées...

Les maisons et murs de pierres inachevés
sont battus par le vent...
Seul du linge séchant aux fenêtres...

... présuppose qu 'il y aurait des gens.
En tout cas, une chose est sûre :
c 'est le printemps puisque les arbres sont fleuris.
Et ça, n 'est-ce pas, ça met du baume au coeur quand même !
Une fois en haut, tu peux fermer les yeux et laisser le vent te fouetter la tronche
ou bien regarder en bas pour découvrir une vue imprenable n 'est-ce-pas :
Dans la foulée des villages perchés de Navarre-Aragon, nous enchainons avec celui d '...
UJUE
(Uxue en basque)
Oui OK, d 'accord, la photo est nulle. Mais elle a le mérite de poser des questions :
qu 'y 'a-t-il d 'écrit sur ces panneaux ? Pourquoi un arbuste à droite et pas à gauche ?
Qui est cette femme qui monte l 'escalier ?
Et au menu du bar, des chipirons ou de la migas de pastor ??
Alors, bien sûr, tu t 'en doutes : nous ne répondrons pas à toutes ces questions car, bien sûr, on s'en fout complètement ; mais saches qu 'en passant le pas de cette porte, nous étions loin de nous imaginer ce qui allait nous arriver.
Nous passons le pas de porte. Nous montons cet escalier étroit. Nous poussons une petite porte qui émet un long grincement semblant surgir des fins fonds des cavités les plus profondes de La Pierre-Saint-Martin.
Et là,
sur l 'un des murs du bar,
une rencontre !
Remarque également au passage le choix audacieux
d 'afficher une photo de Juli Valencia goutant un plat fourni
juste en-dessous de ce magnifique grouin de sanglier.
Et là, ô miracle, la tête de sanglier se mit à nous raconter Ujué.
"Vigie entre la montagne et la Ribera (zone sud de la Navarre). Magnifique village descendant par les pentes de la sierra du même nom. On raconte que al création du village est due à la présence musulmane dans le sud de la Navarre et ce serait Inigo arista qui l'aurait décidé.Vigie entre la montagne et la Ribera (zone sud de la Navarre). Magnifique village descendant par les pentes de la sierra du même nom. On raconte que la création du village est due à la présence musulmane dans le sud de la Navarre et ce serait Inigo arista qui l'aurait décidé. Le coeur du roi navarrais Carlos II est conservé dans le sanctuaire Santa Maria de Ujué, véritable forteresse située en haut du village. Eglise romano-gothique du XIs, modifiée au XIVs avec une galerie défensive.
La spécialité locale d 'Ujué est les amandes caramélisées, en vente dans plusieurs petits magasins. Mais, parait-il,qu 'il vaut mieux aller voir la grand mère qui les vend juste à la sortie de l'église. Son magasin serait un vrai musée avec des registres datant de plusieurs siècles.
Je vous conseille donc d 'aller la voir ; puis de vous rendre à l 'église Santa de Maria afin d 'y admirer les merveilleux chapiteaux , sans oublier la vue incroyable sur la Ribera."
La tête de sanglier ressombra dans un silence statique et profond. A-t-on rêvé ? Notre esprit est-il touché par cette merveilleuse bière espagnole qui sent l 'eau ? Pourquoi Le Guide du Routard ne parle pas de ça ?
Un peu surpris, nous décidons tout de même de nous diriger vers les lieux prescrits par l 'animal empaillé.
1) La grand-mère aux amandes n 'est pas là.
Tout est fermé.
Même pas un mot.
Nous sommes inquiets mais pas trop.

2) Les chapiteaux de l 'église
C 'est sur ces belles images que nous décidons de reprendre une dernière fois la route pour aujourd 'hui afin de rejoindre une petite ville en banlieue d 'Olite. Arnaud avait réservé en ce lieu une chambre pour trois personnes dans la seule auberge pour pédophiles reconnues par les plus grandes guides touristiques...
DANS NOTRE PROCHAIN EPISODE
T 'as vu, on n 'a encore pas vu une seule photo ni même lu une seule ligne sur le désert des Bardénas alors que c 'est pourtant le titre de cette série de billets qui part dans tous les sens.
18 avril 2009
Le désert des Bardénas, prologue
RESUME DE L 'EPISODE PRECEDENT
La vache, la côte de Guipüzcoa, c 'est un peu de la merde en boite quand même !
Mais ne restons pas sur une défaite et retournons en Espagne...
DE NOS JOURS, MAIS UN PEU APRES
Tiens, si on allait voir du côté du désert des Bardénas...
C 'est sur ces courtes mais bonnes paroles
que nous enfourchons les sièges de la voiture afin de quitter Dax...
... pour prendre la direction de l 'Espagne...
Et là, je sens dans ton cerveau bouillonnant qu 'une question cruciale te taraude l 'esprit :
LA QUESTION QUI TE TARAUDE L 'ESPRIT
Micheline Dax est-elle encore en vie ?
Ah, ah, ah : voilà une bonne question !
Parce qu 'on parle de Dax tout ça, mais Micheline Dax, qu 'est-elle devenue ?
ENQUETE
Soeur de Michel Etevenon (créateur de la Route du Rhum en 1978), Micheline Dax est née le 3 mars 1924 à Paris.
Très populaire à la télévision dans les années 1970 et 1980,
elle est une invitée régulière des émissions de jeux,
notamment de L'Académie des neuf et des Jeux de 20 heures.
(Oui, je suis bien d 'accord avec toi : on ne voit pas assez Micheline dans cet extrait)
Grande figure du doublage,
elle est notamment la voix de Miss Peggy
dans le Muppet show.
(Oui, je suis bien d 'accord avec toi : on ne voit pas assez Micheline dans cet extrait)
Elle mène une riche carrière au théâtre de boulevard
depuis la fin des années 1950 et a été nommée deux fois aux Molières :
en 1999 (dans la catégorie Meilleure comédienne dans un second rôle)
et en 2004 (dans la catégorie Meilleure comédienne).
(Oui, je suis bien d 'accord avec toi : on ne voit pas assez Micheline dans cet extrait)
Elle a également enregistré plusieurs disques
comme siffleuse.
Ou encore écrivain avec notamment...
Elle fait aussi parti de la PMAF
(Protection Mondiale des Animaux de Ferme)
Nommée au grade de commandeur dans l'ordre des Arts et des Lettres en 2007, elle se produit aujourd 'hui sur scène dans la pièce de théâtre Les monologues du vagin à l 'âge de 85 ans.
Mais quel parcours ?! Quelle vie ?! Quelle tenacité ?!
DONC, après enquête, nous pouvons dire que, oui, Micheline Dax est bel et bien vivante.
FIN DE L 'ENQUÊTE
Nous pouvons à présent retourner à nos moutons et parlez tranquillement des Bardénas ; lieu où nous nous rendons...
Mais, ô putain la vache, il faut que j 'aille étendre mon linge !
DANS NOTRE PROCHAIN EPISODE
Peut être que nous parlerons enfin du désert des Bardénas...
09 avril 2009
Visions d 'Espagne
Il y a plusieurs façons de voir, apprendre et découvrir
l 'Espagne...
Putain, ça, c 'est une intro rapide qui permet sans pinailler de rentrer dans le vif du sujet.
Le week-end dernier, influencés par une chanson sortie de nulle part, on s 'est dit :
"Tiens, il fait beau, il fait bon...
... et si on allait voir un peu ce que le Gipuzkoa donne !"
Oui, c 'est vrai, dit comme ça, tu te demandes.
Gipuzkoa, qu 'est-ce que quoi ?
Un alcool basque ? Une sauce ? Une façon de dire bonjour au XVIIème siècle ? Un nouveau modèle de canapé ? Un cri de guerre lointain voulant dire "Et pour les légumes, j 'épluche quoi ?"...
Non ! Gipuzkoa n 'est pas un plat en sauce ni une soupe, mais bel et bien une côte.
Le Guide Vert Michelin nous le rappelle avec ses mots à lui qui nous amène à, pourquoi pas, baver :
"Sans doute moins préservée que celle de Biscaye, la côte guipuzcoane n 'en demeure pas moins riche en plages de sable fin, en petits ports et en routes de corniche panoramiques. Entre mer et collines, vous découvrirez un pays à l 'identité bien marquée." LE GUIDE VERT MICHELIN
Après être passés devant une magnifique pharmacie...
... nous pouvons harpenter le bitume pour l 'Espagne.
Au fur et à mesure que les kilomètres défilent et que la frontière franco-espagnole, ou l 'inverse,
s 'approche, les nuages se font de plus en plus nombreux, répandant leur sale venin laiteux sur nos lunettes enfumées.
Première pause à San Sebastien ou San Seb ou San Sé ou Donastia ; capitale du pintxos (comme nous l 'avions vu lors d 'un précédent billet).
Maaaaaiiiiisssss... ATTENTION ! San Seb, ça bouge tout le temps ! Jamais pareille San Sé !
Alors, nous sommes en droit de nous poser la question : "Bordel : quoi de neuf à Donastia en ce 5 avril 2009 ?
Eh bien ceci :
Deux sortes de groupes de personnes : ceux qui se trimballent dans les rues avec leurs planches de surf sous le bras et ceux qui se errent avec une branche de rameau. Cela mérite une explication...
LE DIMANCHE DES RAMEAUX, POURQUOI ?
"Le Dimanche des Rameaux est le dimanche qui précède le dimanche de Pâques. Cette journée célèbre l'arrivée de Jésus dans la ville de Jérusalem. Quand Jésus arriva à Jérusalem, ses disciples s'empressèrent d'agiter et de jeter des branches de palmier à ses pieds en guise de tapis.
Aujourd'hui, les Catholiques vont à l'église, le Dimanche des Rameaux pour faire benir leurs rameaux et les accroche au crucifix afin de se protéger du mal durant l'année." Pâques, histoire et traditions
Le religion a ses mystères que la raison ignore.
A l 'époque d 'Internet, de la bombe nucléaire, des traders, l 'aspirateur sans sac, des actionnaires, de la crise, des avions à réaction, du téléphone sans fil, du micro-ondes, la valise ronde et autres inventions révolutionnaires..., je suis toujours fasciné par les gens qui perdurent ces croyances et ces rites de plus de 2000 ans.
Et si à Jérusalem, les gens avaient décidé d 'agiter et de jeter des raviolis, tout le monde se seraient-ils munis d 'une boite de raviolis sous le bras pour aller à la messe ce jour là ?
En tout cas, la vie est faite de coïncidences... Aaaaaaah, toi, la vie... ¨Grande folle que tu es, tiens !... Jésus et les rameaux. Jésus qui marche sur l 'eau. Jésus en surf...
T 'as vu le rapport là ? Jésus et le surf... Hein ? Hein ?
Bon, bref : dans le cas précis de San Sebastien-Donastia-San Seb-San Se, une autre manifestation eut lieu quelques décennies plus tard.
En 1813, les Français brûlent San Sebastian au moment où Wellington les déloge. La population les suit en rigolant et en les imitant : c 'est la naissance des Tamborradas.
LES TAMBORRADAS
Dans les villages de la province de Teruel, les habitants fêtent las Tamborradas au cours de la Semaine sainte. On assiste alors à une manifestation populaire durant laquelle on fait rouler les tambours et les grosses-caisses tout au long de la nuit. Les musiciens se « font le poignet » plusieurs semaines auparavant afin de pouvoir supporter de jouer aussi longtemps.
Quelques tapas accompagnés d 'une bonne vieille San Miguel dans un bar fumeur plus tard, nous reprenons la route en nous perdant ; puis en longeant la côte.
Prochain arrêt :
"Gertaria est un petit port de pêche réputé pour ses chipirones (calmars) et ses poissons grillés. On n 'y part plus pour la pêche à la baleine, ni pour les Indes comme Juan-Sebastian de Elkano, qui ramena des Philippines l 'unique bateau restant de l 'expédition, concluant ainsi le premier tour du Monde en 1522."
LE GUIDE VERT MICHELIN

La Victoria,
premier bateau à avoir effectué la circumnavigation du globe
Eh oui, il faut venir dans cette petite ville pour apprendre que ce n 'était pas Magellan qui avait réalisé le premier tour du monde, mais De Elkano, natif de Getaria. Magellan, lui, n 'était pas parvenu à boucler la boucle, bouffé qu 'il fut par les cannibales comme un vulgaire missionnaire.
Souvenons-nous...
RECIT DES DERNIERS MOMENTS DU VOYAGE DE MAGELLAN
"À l'époque de Magellan, la circonférence de la Terre n'est pas encore connue avec précision, malgré le travail d'Eratosthène qui l'avait calculée près de 18 siècles auparavant. Mais Magellan ne sous-estime pas la dimension du Pacifique, comme une opinion courante le prétend. Son mémoire géographique, qu’il laisse au roi avant de partir, ainsi qu’une carte dressée par Jorge et Pedro Reinel en 1519 à Séville en font foi. La surprise du navigateur est de trouver un océan vide. Par malchance, il n'approche aucune des nombreuses îles qui parsèment l’océan, à l'exception de deux atolls déserts, baptisés islas infortunadas où il ne put accoster. L'eau n'est plus potable, les rations vont s'amenuisant, le biscuit même vient à manquer, l'équipage doit survivre en mangeant des rats. Antonio Pigafetta écrit : « nous ne mangions que du vieux biscuit tourné en poudre, tout plein de vers et puant, pour l'ordure de l'urine que les rats avaient faite dessus et mangé le bon, et buvions une eau jaune infecte. ». Le scorbut et le béribéri attaquent l'équipage, mais sans le décimer. Une étude récente montre qu’il n'y a eu que neuf morts lors de cette traversée de trois mois et demi et que cela est sans doute dû au céleri
sauvage abondamment récolté dans le détroit. Le 6 mars 1521, ils parviennent en vue de Guam aux Mariannes où ils peuvent se ravitailler partiellement. Ils font voile ensuite pour les Philippines, et débarquent le 17 mars sur l’île d'Homonhon. Ils trouvent des paysages idylliques, les épices, les oiseaux multicolores, des indigènes qui semblent pacifiques. Une première escale a lieu sur l’île de Limasawa, où est dite la première messe, une seconde sur celle de Cebu où le roi se convertit au christianisme avec son peuple." WIKIPEDIA
On continue pour atteindre...
Ah ben ouais, c 'est moche. Pourtant, ce n 'est pas ce que disent les guides, merde ! Nous faisons un peu le tour du bordel...
Un parc de jeux pour enfants au milieu de nulle part
Un phare inatteignable sur un mont désertique
Sans oublier le banc de marbre
qui fait face à un mur de pierres
Ou encore l 'allée qui fout les boules...
Voilà ! Sinon, on peut toujours se dire que Zumaia est la ville qui héberge la maison du peintre Ignacio Zuloaga (1870-1945), dans laquelle sont exposées ses tableaux ; ainsi que des oeuvres de Zurbaran, Morales, le Greco, Rodin et Goya.
Mais bon !
On continue.
Cette fois, le village que nous devons rejoindredre fait l 'unanimité :
"Ce village s 'honore de posséder l 'une des plus enchanteresses plages de la côte basque, la plage de Santurraran.
Son petit centre ne manque pas d 'attrait non plus, entre ses maisons blasonnées et ses ruelles mystérieuses." LE GUIDE VERT MICHELIN
Et ce village s 'appelle...
MUTRIKU
Effectivement, la première vision interpelle :
Et puis, de beaucoup plus près...
Pendant que nous croisons quelques enfants
jouant à faire rouler des canettes de bières dans les multiples escaliers en béton,
le village acquiert un visage différent où ça sent la vieille bière
qui a fermenté sur le pavé toute la nuit durant.
L 'un des nombreux blasons
qui ornent les façades obscures
La place du village,
ornée de pancartes
Le Guide du Routard nous donne une autre approche de Mutriku :
"Encaissé dans une crique, traversé de ruelles et d 'escaliers qui mènent au port,le village ancien garde un aspect nostalgique et fait regretter l 'urbanisation récente. Bastion du séparatisme, Mutriku ne laisse rien ignorer de ses préférences politiques, mais avec gentillesse et bonhomie. Ici, on aime bien les touristes parce qu 'on peut leur expliquer les choses..."
LE GUIDE DU ROUTARD
Et le séparatisme, sauce basque, qu 'est-ce que c 'est ?
LE MOUVEMENT SEPARATISTE BASQUE, VITE FAIT
"Les Basques sont apparus pour la première fois dans l’histoire écrite à la fin du 1er siècle av.JC, alors qu’ils repoussèrent les envahisseurs romains venus d’Espagne, préservant ainsi leur indépendance. Ils se convertirent au christianisme entre le IIIe et le Ve siècle.
A la fin du VI siècle, des groupes de Basques espagnols émigrèrent vers le nord en traversant les Pyrénées jusqu’en Aquitaine. Ils préservèrent leur tradition d’autonomie à travers tout le Moyen-Age. Biscaye, fut indépendante de 1093 à 1350. Ce n’est qu’en 1370 qu’elle fut intégrée au royaume de Castille, auquel Guipùzoca et avait été annexé en 1200 et Alava en 1332.
Lorsque le royaume espagnol fut établi à la fin du XV siècle, les provinces basques conservèrent leurs coutumes, leurs lois et les relations diplomatique qu’ils avaient avec les autres pays jusqu’en 1876, date à laquelle les provinces furent annexées par l’Espagne. Un état basque autonome fut établi par le gouvernement républicain, lors de la guerre civile (1936-1939). Mais cette indépendance fut supprimé quelque temps après, avec la victoires des nationalistes menés par le général Francisco Franco. Le mouvement séparatiste pris une ampleur spectaculaire dans les années 70. De nombreux incidents violents éclatèrent. Entre 1979 et 1983, le gouvernement espagnol accorda aux provinces basques un statut d’autonomie. Depuis, les relations entre les Basques et le gouvernement se sont améliorées malgré les actes terroristes commis par la branche militaire de l’organisation séparatiste basque : ETA.
Le séparatisme basque est un mouvement animé par des partisans de l’indépendance des provinces basques espagnoles de Guipùzcoa, d’Alava et de Vizcaya regroupées en Communauté autonome du Pays basque et par les partisans de l’indépendance des provinces basques Française de Soule, de Basse-Navarre et du Labourd, formant le Pays basque Français.
La Navarre est le seul Etat puissant et unitaire qu’ai connu le Pays-Basque. Elle connaît son apogée aux X-XI siècle puis décline. Du XV au XVI siècle, cette région est partagée entre la France et l’Espagne.
L’ETA (Euzkadi Ta Azkatasuna) est une organisation séparatiste basque, qui cherche à obtenir l’indépendance du Pays basque par tout les moyens. Son nom est très révélateur puisqu’il signifie « le pays basque et sa liberté ».
Cette organisation séparatiste, dont le symbole est une hache entrelacée d’un serpent, a été fondée le 31 juillet 1959 par des étudiants en rupture avec le parti national basque(PNV) fondé à la fin du XIX siècle sur l’idéologie ethnique et ultra-catholique de Sabino Arana.
L’ETA se distingue du PNV par la violence. Pour elle, c’est un moyen légitime de parvenir à ses fins. Le terrorisme est monnaie courante. Mais au sein meme de l’ETA, des différences apparaissent. Certains restent fidèle aux objectifs traditionnels de l’indépendance basque, respectant les institutions, tandis que d’autre adopte une ligne plus dure et privilégie les attentats à la bombe et les assassinats. L’ETA a déjà provoqué la mort de plus de 780 personnes depuis le 7 juin 1968, date de son premier attentat mortel. De son coté, l’ETA aurai perdu 200 activistes.
L’intransigeance de l’ETA ne semble permettre aucune solution politique rapide au problème basque." BAC-FACILE
En fait, il aurait peut être fallu lire plus attentivement et dès le début les articles du Guide du Routard :
"Vallées perdues et zones industrielles, qu 'il s 'agisse d 'agriculture, de villes balnéaires ou d 'industrie lourde, le Gipuzkoa est riche. De Donastia à Mutriku, les plages s 'ornent de belles villas aux parcs souvent impressionnants.
Visiter le Gipuzkoa, c 'est essayer de dépasser les apparences. Il faut avoir la curiosité de quitter le bitume, de plonger dans le coeur des villes afin d 'atteindre la beauté des quartiers anciens et des églises romanes. Et puis, ce serait passer à côté d 'un morceau de choix : les Basques, à la fois travailleurs et fêtards.
Le Gipuzkoa est une belle fille souvent mal habillée qui cache sous les haillons du modernisme des recoins d 'une saveur inoubliable."
Ben ouais ! M 'enfin quand même là euh...
La prochaine fois, nous tenterons tout de même de trouver du charme à la côte de Biscaye avec sa grande muraille de San Juan de Gaztelugatxe...

OK, c 'est parti !






























