Dans notre précédent épisode, nous avions pu voir qu'il était tout à fait possible de faire 817km entre Bayonne et Limay sans forcément passer par Châteauroux.
Seulement voilà, une autre question se posait à présent : était-il possible d'aller plus loin encore ?

.

Après une courte nuit, mais courte, il était grand temps de repartir afin de poursuivre ce périple qui, rappelons-le, prenait l'appellation "Demi-tour de France" puisque nous avions pour projet de ne passer ni par la Normandie, ni en Bretagne, ni dans le Nord, ni en Alsace, ni dans le Jura, ni en Provence, ni dans les Alpes...
En même temps, qu'est-ce que tu voulais qu'on aille foutre dans les Alpes puisqu'à l'époque, il n'y avait pas de neige et que Mélanie avait peur de se casser une jambe rien qu'en restant dans le camion ?

.

INTERMEDE LES ALPES
.
Aujourd'hui :
Que faire dans les Alpes quand il n'y a pas de neige ?

   

La seconde étape s'imposait alors tout naturellement.

.

                                      Allezzzz,
                                  c'est parti !!!!
.
                                      MUSIQUE
.
                                                

                                                                 Découvrez la playlist Limay-Paris avec INXS

.

SECONDE ETAPE :
;
LIMAY-PARIS
63 km

Oui alors, bien sûr, certains - et je suis prêt à parier un Cio Vespa...

VespaCiao_02En 1967, sortie du "CIAO" qui est un cyclomoteur
marquant un tournant dans le secteur
de la motorisation ultra-légère.
Engin économique et léger,
le Ciao reprend le parcours des Vespa.
Il se révèle vite, en effet, le véhicule idéal :
il consomme peu et est adapté à tous les membres de la famille .

...que ce sont les mêmes que ceux qui ont pu dire : "- Mais pourquoi partir de Bayonne ?"...

Oui, bon bref : certains diront : " - Ah bah putain, vous vous foulez pas trop ce coup-çi ?!
Et je leur répondrai simplement : " - Ah ah ah, mon grand ou ma grande... Je ne vois pas très bien d'ici... Ah ah ah... Je crois que tu n'imagines pas tout ce qu'il y a à faire entre Limay et Paris là ah ah ah ?!"

.

OUAIP !

.

Bon, en fait, vu que l'on n'avait pas beaucoup de temps à consacrer aux endroits incontournables entre les deux villes étapes de ce jour puisqu'il fallait récupérer une étagère à Drouot afin de pouvoir, ensuite, aller manger Chez Chartier ; le tout avant 12h30, le cachet de La Poste faisant foi, eh bien le résumé qui va suivre pourra peut être te paraître un peu... un peu...

.

OUAIP !

.

Enfin voyons !

.

ENTRE LIMAY ET PARIS...
.
Photos souvenirs

.

PORCHEVILLE
.
a__Porcheville__tel_quel

Quel doux nom n'est-ce pas ? Et quelle présence ?! Quel prestige !
D'après la prédiction du Zorion, Grand Devinateur du Grand Tout pour le Groupe "Zourglav pour tous en 2020" (et aussi avant-centre de l'équipe de foot de Fistufles), c'est ici même, entre les deux tours de cette superbe centrale électrique, que devrait apparaître Jésus Christ.
Un indice pour le reconnaitre : il sera en train de manger un hamburger en lévitation.

.

                                                                 FLINS-SUR-SEINE
.
a__Sur_la_route__Flins_sur_Seine
                   Flins de face

a__Sur_la_route__Flins_sur_Seine
Flins de profil                     

Et une fois que l'on a vu cela, que dire de plus ? Hein ?
1) Pourquoi une taupe sur un rond-point, alors qu'il n'y a que des "Cédez le passage"... t'sais Staupe-taupe... hein.. bon ouais d'accord ?
2) La taupe est-elle la gardienne de la ville de Flins (du latin figulus, qui veut dire potier), sachant que cet animal n'a pas d'oreille et est plus ou moins aveugle ?
3) Est-ce ici que l'on a retrouvé la plus grande taupe du monde et cela a-t-il un rapport avec la centrale électrique de Porcheville ?
4) Pourquoi cet animal est-il l'emblème de la ville de Gonnehem qui, elle, se trouve dans le Pas-de-Calais ?
5) Et pis merde : à quoi ça sert une taupe ? A amuser la galerie... hein... hein... bon ouais ok ?

.

Bon bref ! C'est en tout cas dans ce rond-point que l'on peut voir un panneau qui indique la direction du village de Boissy-sans-Avoir. Oui, et ça, ça m'avait marqué lorsque j'étais venu en juillet dernier.
Je m'étais dit :
"Mais bon sang de bois, qu'est-ce qui leur a pris de donner un nom pareil à ce patelin ?"
Pour le savoir, j'avais alors décidé de prendre la direction du bled en question. Cela m'avait amené à passer par Montainville qui, comme tout le sait, est la ville où André Raimbourg, dit Bourvil, habitait...

.

MONTAINVILLE

                                     

Aaaah, Bourvil !
"Salade de fruits", "Les crayons", "La rumba du pinceau", "La tendresse", "Pour sûr", "C'était bien"... Petite révision avec ce clip de Philippe Découflé :

                                       

Et puis, Aaaah Bourvil !
"La grande vadrouille", "Le corniaud", "La traversée de Paris", "La cuisine au beurre", "Le jour le plus long", "Un drôle de paroissien", "Le cerveau", "Le cercle rouge", "L'arbre de Noël"...
Je devais avoir 8 ans lorsque j'ai vu ce film. Comme chaque année, j'étais en pension chez mes grands-parents maternels à Château-Chinon. Nous avions pris l'habitude de nous poser tous ensemble en seconde partie d'après-midi devant la télévision afin de regarder ce genre de film que la télévision a l'habitude de passer pour les fêtes de fin d'année.
Mon grand-père ne connaissait pas "L'arbre de Noël"
l_arbre_de_noel01
et nous décidâmes de le regarder ensemble au détriment de Croque-Vacances animé par Claude Pierrard claude_pierrard
qui s'apprêtait à lancer un énième épisode de Vik le Viking
vik
.

.

Ben putain :
le choc de Noël, tiens !
.

Après la fin du film, un lourd silence s'est installé, finalement brisé par un violent "Bon, on mange ?" de mon grand-père, peinant à se relever du fauteuil.
Toujours est-il que toi, chère lectrice ou cher lecteur, tu me feras le plaisir de le montrer à tes gosses s'ils te font chier une veille de réveillon ! Cela va te les calmer, mignon !!!
Ormi ce film dont la vision peut interpeller l'esprit d'un enfant qui trouverait alors que ses parents sont devenus soudainement trop tolérants à ses multiples frasques, Bourvil reste pour moi une sorte de visage sympathique, affectueux et convivial qu'on aime à retrouver dans les moments simples de la vie.
Tiens, un lien : ENTRETIEN AVEC BOURVIL.
Si, si ! Regarde-le ! Prends-toi dix minutes dans ta putain de vie et regarde, écoute !
Aujourd'hui, l'acteur repose humblement dans le petit cimetière du village jouxtant l'église.

.

Mais voilà que quelques kilomètres plus tard, j'arrivais à...

.

BOISSY-SANS-AVOIR

Boissy_Sans_Avoir__panneau__78_
... tout simplement pour prendre une photo du panneau
puisqu'il n'y avait pas grand chose d'autre à voir ici.

Le village était calme, quelque peu austère avec ses multiples maisons aux murs de pierres apparentes, laissant à penser qu'il s'agissait d'un lieu de villégiature pour Parisiens richissimes, en mal de campagne proche de la capitale. Une sorte de Disneyland du bourgeois sans attraction, ne désirant que du calme. Pourquoi pas. J'ai autre chose à foutre qu'à critiquer les gens qui vont tous au même endroit pour trouver la même chose... ensemble. Comme si on leur soumettait que le seul endroit où l'on pouvait être au calme, à quelques kilomètres de Paris, c'était ici : à Boissy-sans-Avoir. Une sorte de ghetto finalement où il ne se passe jamais rien parce que c'est ce que les habitants veulent.
Pourtant, autrefois, ce village était  -comme son nom l'indique- sine censu, du latin "sans fortune, sans bien".

Mais bon, on s'en fout !
Finalement, la chose qui me soit restée de ce village, je ne l'ai découverte qu'un peu plus tard en apprenant qu'une autre personnalité du cinéma avait vécu en ces lieux  :

                                  

Alors bon, Romy Schneider !
Oui ben là, c'est pas Bourvil, mais ces deux comédiens ont pour point commun de voir certains de leurs films passer chaque année pour Noël.
"Le bossu" ou "Le capitan" pour Bourvil ; "Sissi", "Sissi impératrice", "Sissi face à son destin", "Sissi s'est acheté une brouette", "Sissi a fait un gâteau", "Sissi achète un congélo", "Sissi travaille plus pour gagner plus",... Non, j'confonds avec autre chose !
.
Mais Romy Schneider, c'est aussi "Les choses de la vie", "Le procès", "César et Rosalie", "Garde à vue", "Plein soleil", "Le vieux fusil", "Max et les ferrailleurs", "Le mouton enragé" et putain LE film :

                                   "L'important c'est d'aimer" !
.
                                    

L'important c'est d'aimer... L'important c'est d'aimer... Etrange titre, étrange film...
Nerveux, sur la corde raide, ballotage, instable, sans repère, drôle, chaotique, triste, foutraque, salace, désordre !!! Cela me faisait penser à ce truc qu'un mec disait l'autre jour dans ce bar nocturne et que j'ai oublié. Mais il avait raison le bougre ! Et c'est ça l'amour, vois-tu !

Bref : Romy Schneider repose à ce jour dans le petit cimetière jouxtant l'église du village.

.

Après ces passages imprévus dans ces deux villages de région parisienne, bien sûr, j'aurais pu poursuivre ce léger détour - morbide de prime abord mais faisant parti intégrante des aléas de la route-  en passant à Montfort-Lamaury pour étudier la vie de Ravel ou encore à Garancière-La Queue pour poser devant le panneau d'entrée de village, mais j'avais autre chose à foutre ce jour-là !
Et puis, aujourd'hui, dans ce billet, ce qui importe, c'est...

.

CE DEMI-TOUR DE FRANCE...

.

Alors que mes pensées s'échappaient sur ces variations routières d'autrefois, nous arrivions, Mélanie, Yann et moi-même, dans les environs de La Défense, 22 janvier 2011, où, en quelques photos rapidement prises le lendemain, nous tentions de remettre l'homme à sa juste place dans un univers fait de gratte-ciel affairistes, tout de verre vétu...

.

La place de l'homme dans
LA DEFENSE

La_D_fense__tour_et_statue___77_                   La_D_fense__l__Homme_moderne__77_

La_D_fense__hommes_et_pub__78_

La_D_fense__le_coeur__78_  La_D_fense__tours_et_statue__77_

Oui, oui, nous étions bien peu de choses !
Mais avant même d'avoir posé et répondu à toutes les interrogations sur cette nature humaine qui se faisait bouffer de toute part par les obligations formelles et informelles, cette saloperie de voix féminine robotisée du GPS de Mélanie nous répétait en boucle et sans discontinuer que nous étions arrivés...
"Vous êtes arrivés. Vous êtes arrivés. Vous êtes arrivés. Vous êtes arrivés. Vous êtes arrivés..."
Pas moyen de faire autrement, la voix du GPS était impénétrable : il fallait garer le camion, sortir très vite et aller à l'endroit recherché-trouvé... Quelque part là, au centre de Paris par une fin de matinée pluvieuse...

.

DANS NOTRE PROCHAIN EPISODE

Tu verras bien ce qu'il se passera !

.

.