SUR LA ROUTE DE GAVARNIE, Lourdes... épisode II (65)
Dans l'épidose... non... Dans l'époside... Aaah... Dans l'épisode... ouais voilà ! L'épisode... Bien ! Bon... Qu'est-ce que je voulais dire ? Je sais plus.
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...
Je quittais la côte Atlantique et Huchet pour reprendre la route censée me conduire vers des lieux plus appropriés à la saison et à la météo dominantes du moment. La montagne, par exemple.
Huchet m'avait laissé une de ces drôles d'impression dans le crâne, qui te vide en te propulsant ailleurs. J'étais certes plus détendu, mais je n'en finissais pas de m'interroger sur les raisons qui avaient pu pousser les propriétaires de ces maisons ensablées à venir faire construire ici.
Oui, d'accord, il y avait le calme, l'océan, le bruit des vagues, la solitude, des oiseaux égarés, des méduses échouées ; mais pourquoi alors ce lieu-dit semblait à chaque fois déserté lorsque je m'y rendais. Un peu comme si, quelques minutes auparavant, le peu d'habitants hypothétiques avaient eu l'écho d'une menace quelconque ; dans le style d'une tempête, un fléau, un tsunami, un monstre en approche, une menace atomique...
En me promenant dans les rues ensablées d'Huchet, vidées de tout habitant, j'avais cette impression que notre monde -,oh oui ce Monde lààà ! Oooh monde que tu es !!!,- partait en live (ou en quenelle) de toute part et il suffisait juste d'écouter les infos de ces derniers jours pour s'en rendre compte.
De Toulouse...
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(Source : Annonces.fr)
...à Rennes...
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UNE MOMIE DECOUVERTE...
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Source : Ouest France
...en passant par Amiens.
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Source : Le Courrier Picard
Merci Robi !
Oui, le monde était devenu fin fou !
Que se passait-il ? La société prenait-elle l'eau de toute part ? La crise rendait-elle les gens instables et dépressifs ? Et quelle crise ? Et Dieu dans tout ça ? Que faisait-il ? Existait-il vraiment ? Et si non, pourquoi ? Mais admettons qu'il existe, comment pouvait-il supporter tout ce cirque ? Et s'il revenait sur Terre, mettrait-il de l'ordre dans tout cela ou signerait-il un contrat de trois ans au Real Madrid pour la modique somme de 76 millions d'Euros par semaine ?
STOP, attention : enchaînement tiré par les cheveux !
Puisque nous parlons de Dieu. Puisque nous sommes sur la route de Gavarnie. Ne voilà-t-il pas que je croisais justement le chemin de...
Alors, bon, bien sûr, nous pourrions parler de l'éthymologie de ce nom : Lourdes. Parce que bon, c'est pas facile à porter ; même si l'on est la fille de Madonna.
Alors, pourquoi Lourdes ? Pourquoi pas "Blouck" ou encore "Glube" ; voire même "Traton". C'est mignon "Traton".
Imagine : tu retournes au boulot un lundi et tes collègues te disent :
TES COLLEGUES : "- Alors eh dis don', qu'esss-ce t'as foutu ce week-end toi qui fait toujours des trucs de dingue ?"
TOI : "- Eh ben, je suis allé à Traton."
TES COLLEGUES : " - Ah ouais ! Bon ben c'est bien."
Voilà... OK ! Passons !
Pourquoi Lourdes ?
Eh bien, écoutons cette fabuleuse légende véridique qui ne nous rajeunit pas.
"Un jour de 778 un aigle volant au-dessus du château et tenant dans ses serres une énorme truite argentée, la fit soudain tomber au milieu des Maures assiégés. Mirat jeta la truite par-dessus les remparts. Charlemagne crut alors que les Sarrasins avaient assez de vivres pour soutenir encore longtemps le siège et décida de lever le camp. Toutefois Turpin, l'évêque du Puy-en-Velay, proposa alors un marché à Mirat : il pourrait garder la ville à condition de rendre les armes à la Vierge. Mirat accepta et, en posant les armes devant la vierge noire du Puy-en-Velay, il décida de prendre le nom de Louerda (la rose en arabe), en l'honneur de la vierge aux roses." WIKIPEDIA
Fabuleux non ?
Alors, bien sûr, nous pourrions également parler du château de Lourdes...

... qui passa de mains en mains durant des siècles et des siècles, amen.
MAAAAAAIIISSSS, je sens dans tes yeux de lecteur que ce n'est pas ça qui t'intéresse.
Oh noooon ! Toi lecteur, tu veux du sensationnel ! Tu veux du frisson ! Tu veux de l'émotion, de la passion, du fantastique... et un peu de religieux aussi. Allez, soyons fous : un peu de religieux aussi, c'est ma tournée !
CAR OUI : Lourdes est bel et bien une ville mariale, qui plus est capitale mondiale des apparitions de la sainte Vierge ; et ce depuis un beau jour (ou pas) de février 1858 où Bernadette Soubirous se rendit dans la grotte de Massabielle qui, rappelons-le, avant les apparitions, s'appelait "la Tute aux cochons" car on y menait les cochons. C'est marrant, non ?
Certes, depuis 1858, le lieu saint a quelque peu changé.
Oui, rappelons-le, ce fut par un beau jour (ou pas) de 11 février 1858, que Bernadette Soubirous, humble bergère de 14 ans, asthmatique, ne sachant ni lire ni écrire, ayant affronté le choléra en 1855, issue d'une famille ruinée, expulsée de leur logis pour aménager dans une cellule de l'ancienne prison... Oui, bon, c'était pas facile tous les jours pour Bernadette, quoi !
Et c'est peut être que pour cela, par un beau jour (ou pas) du 11 février 1858, alors qu'elle ramassait des os et du bois mort avec sa soeur et une amie, elle aperçoit une "lumière douce" dans laquelle apparaît une très belle enfant, de petite taille (ou pas)... Dix huit fois, entre ce jour et le 16 juillet, ce phénomène se reproduira aux yeux seuls de Bernadette.
Mais comment valider ? Comment authentifier ces apparitions dont seule... oui, je dis bien "seule"... Bernadette Soubirous fut la témoin ?
Eh bien, ce fut une commission d'enquête, menée pendant plus de trois ans, qui validera les apparitions aux prix de trois critères essentiels : « vérifier la santé mentale de Bernadette, la permanence de l'impact spirituel des apparitions et la solidité des guérisons».
Ces trois critères paraissant établis à Mgr Laurence, ce dernier publie un mandement le 18 janvier 1862 :
« Nous jugeons que l'Immaculée Marie, Mère de Dieu, a réellement apparu à Bernadette Soubirous, le 11 février 1858 et les jours suivants, au nombre de dix-huit fois, dans la grotte de Massabielle, près de la ville de Lourdes ; que cette apparition revêt tous les caractères de la vérité, et que les fidèles sont fondés à la croire certaine. Nous soumettons humblement notre jugement au Jugement du Souverain Pontife, qui est chargé de gouverner l'Église universelle. »
Mgr Laurence estimera également que jamais durant l'enquête Bernadette n'a cherché à le tromper, il juge son récit cohérent :
« Notre conviction s’est formée sur le témoignage de Bernadette, mais surtout d’après les faits qui se sont produits et qui ne peuvent être expliqués que par une intervention divine.»
Il détaille alors les « faits merveilleux » survenus à Lourdes depuis la première apparition. Ils seraient « des effets surnaturels et divins » produits par une apparition « surnaturelle et divine.»
Bon nombre d'esprits rationalistes tenteront et tentent encore aujourd'hui d'apporter une "vision" contraire à l'évènement : rien ne serait apparu à Bernadette - ; elle aurait menti ou aurait été le jouet d'hallucinations ;- et les guérisons miraculeuses seraient une illusion. Mais croire au miracle reste un acte de foi et, comme le dit Jean Lhermitte : "les guérisons miraculeuses ne sauraient « être objet de démonstration scientifique…"
Toujours est-il, quoiqu'on en dise, qu'un véritable commerce du culte s'est installé autour de ce lieu. Ne parlons plus de grotte, parlons de... de... je sais pas... Lieu de recueillement ? Lieu d'échanges ? D'argent ? mais si, mais si ! Allons, oh : ne faisons pas la mijorée en disant que tout ceci est bâti pour la gloire du Christ et de l'espèce humaine.
Et chantons :
J'erre un peu dans les allées, autour. On a beau pas être croyant, il y a quelque chose qui interpelle, qui interroge. est-ce parce qu'il y a énormément de monde ou parce que le lieu est réellement chargé d'une aura métaphysique et spirituelle ?
« Boulet aoue la gracia de bié aci penden quinze dias? »
(Voulez-vous avoir la grâce de venir ici pendant quinze jours ?)
« Pénitence ! Priez Dieu pour les pécheurs.
Allez baiser la terre en pénitence pour les pécheurs. »
« Allez dire aux prêtres qu'on vienne ici en procession
et qu'on y bâtisse une chapelle. »
« Que soy era Immaculada Councepciou. »
(Je suis l'Immaculée Conception.)
Je sors du lieu de culte pour rejoindre la vraie ville, dont on ne peine pas à croire qu'elle puisse être la seconde ville hôtelière de France. Eh oui, depuis 2011, Lourdes se place juste derrière Paris et devant Nice par le nombre d'hôtels qui peuplent ses rues.
16 000 habitants "fixes" et, chaque année, la ville accueille plus de 6 millions de pèlerins ou visiteurs venus du monde entier (selon le secrétariat général des sanctuaires), dont environ 60 000 malades et invalides. Oui, cela fait du monde et imaginez le bordel que cela peut être lorsque les plans de la ville sont affichés à l'envers, comme ce fut le cas en septembre 2010. Des milliers de pèlerins perdus dans la ville, déroutés, cherchant leur chemin...
Cette ville me fascine.
Je me souviens que lorsque j'étais encore enfant, originaire de Nevers, mes parents me parlait de Bernadette Soubirous, principale attraction touristique de la ville nivernaise. Je ne comprenais pas comment les gens présents autour de la bergère n'avaient pas pu voir ou photographier la Vierge. Comment se faisait-il que Bernadette fut la seule à voir l'Immaculée Conception et, surtout, comment une femme seule pouvait créer une telle effervescence par ce genre d'évènement, peut être factice ? Comment une ville de prime abord quelconque pouvait devenir mondialement connue ?
Et puis, c'est intrigant cette ferveur toujours présente, malgré les années et les décennies passantes. Tous ces gens présents dans la ville pour une seule chose : aller à la grotte qui n'est finalement qu'un endroit restreint et confiné.
Fascinant d'errer dans les rues de la ville avec ses multiples boutiques de souvenirs et autres objets de culte. On se croirait dans une sorte de Las Vegas du culte chrétien en plein coeur des montagnes pyrénéennes.
Peut être devrait-on rebaptiser la ville et l'appeler... euh... Lourdasses ! Sorte de symbiose contractée, reprenant les noms de Lourdes et Las Vegas pour n'en faire qu'un... La fille de Madonna serait également obligée de changer de nom... Ouais, bon, allez !
Je me promène au hasard. Des couleurs, des enseignes clignotantes ! Pas de machines à sous, mais des objets de toute sorte, emprunts d'une dévotion sans bornes.
« Allez dire aux prêtres qu'on vienne ici en procession et qu'on y bâtisse une chapelle. »
« Allez dire aux prêtres qu'on vienne ici en procession et qu'on y bâtisse une chapelle. »
« Allez dire aux prêtres qu'on vienne ici en procession et qu'on y bâtisse une chapelle. »
Et la chapelle fut construite... Puis une basilique... Et Lourdes tel qu'il est aujourd'hui...
Une autre anecdote restait également en suspens. Les deux dernières apparitions auraient été à nouveau silencieuses après que la dame blanche ait donné son identité. Pourtant, il semblerait que cette dernière ait confié à Bernadette trois secrets qui n'ont jamais pu lui être arrachés. Quels pouvaient-ils être ?
PAUSE MUSICALE
marquant l'interrogation suspendue
Fin de journée.
La lumière, peu à peu, disparaissait par ci, par là...
Le soleil s'en allait de l'autre côté de l'horizon... . 
Je reprenais la voiture pour faire un petit passage rapide au petit village de Bartrès, situé à 4 km.
C'est ici que se trouve la bergerie dans laquelle Bernadette Soubirous venait garder ses moutons avant les apparitions...
Un lieu simple, silencieux ; loin des clinquements (oui, ce mot n'existe pas non plus) de Lourdes.
Je continuais ma route sans avoir de réponses à mes questions pour atteindre Luz-Saint-Sauveur. C'est ici que j'allais passer la nuit dans un hôtel quelque peu mystérieux, avec des airs shiningiens...
J'avais pris mon ordinateur portable et quelques DVD. Machinalement, je décidais de regarder le film d'Andrew Niccol, "Lord of War", avant de m'endormir.
Gavarnie n'était plus très loin et cela tombait plutôt bien car l'objectif de ce billet, comme le précédent, était d'en parler.
DANS NOTRE PROCHAIN EPISODE
Mais quand est-ce que j'allais arriver à Gavarnie, bordel ?
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