Dans l'épisode prédécent... prétençant... déprécent... centenpant... Oh pis merde !
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

 

Oui, la montagne est belle ! Et comment... non mais COMMENT quoi ! Comment peut-on s'imaginer en voyant un vol d'hirondelles que l'automne vient d'arriver ? Hein ? Non, mais je te le demande !
Ah pardon, on me signale une coupure flash info spécial en direct tout de suite maintenant, c'est du drect, allons-y, c'est à vous, priorité à l'info avant tout bravo merci...

 

FLASH INFO

Un homme affirme ne pas avoir d’avis sur l’affaire Florence Cassey.

gorafiRouen – Un jeune homme affirme ne pas avoir d’avis général sur l’affaire Cassez, estimant que ce n’est pas sa  préoccupation immédiate. Même s’il connaît vaguement le fond de l’affaire, il prétend être heureux du retour en France de l’ex prisonnière mais pense que cela ne changera en rien la suite de sa journée.

Une journée normale au fond
Lors d’une conférence de presse, Julien Giomard, 25 ans, résidant à Rouen a déclaré qu'il n’avait rien à exprimer sur l’affaire Cassez. «J’ai vaguement suivi l’affaire mais je n’ai pas d’avis plus développé sur cette affaire» a-t-il signifié à la presse. Alors que l’ex-prisonnière est arrivée cet après-midi en France après sept années de détention, le jeune homme a expliqué qu’au fond cela ne changeait en rien sa journée. «Je vais lire les informations de ce soir, mais ce n’est pas une priorité pour moi».

L’homme affirme aussi ne pas vraiment se soucier du rôle de l’ancien président Nicolas Sarkozy ou de François Hollande dans l’issue de cet imbroglio juridique. Il annonce par ailleurs qu'il n’a pas l’intention de chercher plus en avant. « Je suis assez occupé en ce moment » a -t-il expliqué sans donner plus de détails sur son emploi du temps. Le jeune homme s’est refusé aussi à «participer à l’emballement médiatique par des déclarations à l’emporte pièce sur un sujet qu'il ne connaît pas du tout».
De leur côté, les proches et collègues de Julien sont partagés sur cette absence d’implication. C’est la cas de Pierre, son colocataire: « Je sais pas comment il arrive à faire ça. J’veux dire, c’est quand même une innocente ». Même son de cloche chez Sophie, sa collaboratrice: « C’est louche qu'il ne réagisse pas. Est-ce qu'il est normal de faire preuve d’aussi peu d’empathie ?»
Dans l’immédiat Julien a refusé de répondre à ces accusations, arguant que sa pause-café allait être bientôt terminée.

                                                   LE GORAFI

 


Merci et n'hésitez pas à reprendre l'antenne dès que vous avez du nouveau.
Bon, où est-ce que nous en étais-je ?
Ah oui ! La Haute-Savoie, massif du Mont Blanc, aiguille du Midi, téléphérique, Chinois-ou-Japonais-ou-Coréens-je-ne-sais-jamais, ascenseur et PAF !

Oui, ultime moyen de transport permettant de prendre la hauteur ultime de ce pic rocheux ultime qu'est l'Aiguille du Midi, l'ascenseur ouvre ses portes dans cette sinistre grotte humide de l'antre de l'aguille. Les portes se referment avec ici et là, tout autour de moi, sur une surface au sol de 2 m2 environ, des gens.
L'ascenseur prend son envol. Mystérieux. Ténébreux. Et soudain : une ambiance de folie, bretzels, champagne, pole-dance à gogo, musique à fond ! Incroyable ! On regretterait presque d'arriver à notre but vingt secondes après le départ ; tellement c'est intensif, prenant, festif, décalé, et plein d'autres mots du même genre.
Non, eh oh j'déconne : cet ascenseur est le seul ascenseur au monde à ne pas avoir de musique d'ascenseur. Tu sais cette musique longue et lancinante, vagabondant fébrilement, comme par erreur, dans les oreilles inattentives des passagers furtifs. L'ascenseur est, il faut le dire, n'ayons pas peur des mots, l'endroit propice pour penser à autre chose qu'au fait que nous soyons dans un ascenseur ; hormis pour certains flippés de leurs races qui se remémoreront des films comme Speed (1994), Devil (2010) ou encore L'ascenseur (1983), film extraordinaire  -et c'est bien que l'on parle à ce moment précis- qui a bercé mon enfance éduquée au Mad Movies, Impact et autres Ecran fantastique... Bande annonce, tout de suite, afin de savourer les étonnants dialogues de ce film mémorable...

Dans le même créneau, mais plus récent, tu peux également t'empresser de regarder ce très beau film qui parle de montagne et de télésiège...


Voilà. Je suis à présent au sommet du sommet du piton central de l'Aiguille du Midi. 3842 mètres, comme le rappelle ce Schtroumpf...

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A ce moment précis, en lisant ces mots, tu dois te dire : " - Mais quelle vue il doit y avoir d'une telle hauteur ?! Cela doit être magnifique, inoubliable, à couper le souffle, ébouriffant, abracadabrantesque, merveilleux, et plein d'autres mots du même genre !!!"

Oui, sûrement, mais tu te calmes !
Pour le moment, contrairement à la plupart des personnes arrivant en ces lieux, nous allons prendre le temps de nous poser et ne pas considérer quelque chose comme acquis à partir du moment où l'on paye 50 euros pour l'obtenir. Merde alors !
Je prends donc le temps de me poser. S'il y avait eu un champs d'herbes grasses avec quelques coquelicots et un olivier sur lequel apposé mon dos, je t'avouerai que je l'aurais fait ? Mais nous sommes ici à 3800 m, sur une plate-forme aménagée, loin de toute verdure, de tout recueillement poétique. Alors je m'assois à terre, sur cette infime espace fait de latrines de bois millénaires, le dos accoudé contre une murette blanche nourrie par ce soleil d'altitude, mêlé à cet air vivifiant des altitudes normalement inatteignables. De là, je ne regarde pas le paysage ni le panorama, mais plutôt les sorties de cet ascenseur.
Toutes les 4 minutes, une dizaine de personnes rejoignent l'ultime terrasse. Sans racisme aucun  - car je n'ai pas le temps mais on en reparlera un autre jour très certainement car faut pas déconner-  , je peux te dire ici que les Chinois (ou Japonais, ou Coréens, je ne sais toujours pas) me fascinent. Ils sont nombreux à venir visiter l'aiguille du Midi.
A chaque nouvelle arrivée d'ascenseur, c'est la même cérémonie. La cage métallique ascendante se stabilise. Les portes s'ouvrent et un flot de dix touristes se précipitent sur la plate-forme, appareil photo en main, prêt à mitrailler n'importe quoi, n'importe comment, le plus vite possible !!!

Vite, VITE, VITE !!!!

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Ils parlent, se placent, se déplacent dans tous les sens, tels des fourmis, regardent à peine le cadre, se prennent en photo mutuellement. Prendre la pose VITE ! Prendre une photo du paysage VITE !

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Cet endroit devait être calme il y a deux siècles... En même temps, je savais que c'était un des lieux les plus visités de France.
Toute cette agitation ne semble pas perturber les deux mécano-alpinistes, entrevus tout à l'heure, et qui profitaient d'une petite pause pour admirer le panorama...

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Tiens, d'ailleurs, en parlant de ça, il serait peut être temps de s'approcher des rembardes pour admirer les paysages.
Un ciel bleu total. Une visiblité limpide. Au-desssus des montagnes...

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Photo : A vue d'oeil

Le premier panorama marquant est sans conteste celui que nous avons sur les cimes italiennes...

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et sur...

LES GRANDES JORASSES

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Arête faitière d'orientation Est-Ouest, matérialisant la frontière franco-italienne, l'ensemble des Grandes Jorasses culmine à une altitude de 4208 m. à hauteur de la pointe Walker, du nom de l'alpiniste, Horace Walker, qui la gravit en 1868.
Géologiquement parlant, les Grandes Jorasses appartiennent au domaine de la très haute montagne. Comme l'ensemble du massif du Mont Blanc, elles s'appuient sur un sol cristallin taillé dans les schistes et le granit d'âge hercynien et soulevés à l'ère tertiaire. Elles présentent un versant italien remarquablement abrupt, qui offre un dénivelé de 2800 mètres, contrastant avec un versant français certes adouci mais creusé par de longues langues glaciaires.
Ainsi, du côté français (versant Nord-Ouest), les Grandes Jorasses dominent la Mer de Glace et l'immense glacier de Leschaux. Du côté italien (versant Sud-Est), elles surplombent la vallée dite "en auge" du Val Ferret et la station de Courmayeur.
Outre la pointe Walker, les Jorasses comprennent les pointes Whymper (4184 m), Croz (4110 m) et Marguerite 4066 m). L'arète qu'elles dessinent donc sur près de 2 km de long est délimitée au Nord-Est par l'Aiguille de Leschaux (3759 m) et au Sud-Ouest par l'Aiguille du Géant (4013 m).

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Ensuite, nous pouvons admirer à loisir
l'incroyable construction du complexe de l'Aiguille du Midi,
perchée tel un nid d'Aigle et dominant l'un des plus grands glaciers européens...

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LE GLACIER DES BOSSONS

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On compte trois glaciers dans le massif :
 - la Mer de Glace, le plus long (14 km) et le plus populaire avec le site-tableau de Montenvers
 - le Glacier d'Argentire (11km), le plus impressionnant au pied de la grandiose face Nord de l'Aiguille Verte.
 - le Glacier des Bossons (7 km), le plus pittoresque !

Langue de glace impitoyable qui prend naissance au coeur du massif du Mont Blanc à 4808 m d'altitude ! Bien qu'aujourd'hui, il ne mesure plus que 7 km de longueur, il n'en reste pas moins une impressionnante et majestueuse cascade de glace.
Titré "plus grande cataracte de glace d'Europe occidentale", il glisse jusque dans la vallée de Chamonix sur plus de 3500 mètres de dénivelé. Longé par un sentier aménagé sur sa gauche, il est possible de l'accompagner quelque temps, mais cette "balade" reste reservée aux randonneurs les plus aguerris. Marqué par des stries témoignant du fait qu'il continue à se déplacer, il est bordé de hautes moraines latérales constitués de débris rocheux qu'il entraîne avec lui, les façonnant en roches pommelées et en dômes arrondis. Son flanc oriental présente de profondes entailles, provoquées par la chute de séracs, c'est à dire le décrochement de gros blocs de glace.
Sa zone d'ablation (c'est à dire le secteur où la glace fond), apparaît très accidentée, révélant une succession de bédières et de moulins, ruisseaux et puits creusés dans la glace par la puissance érosive des eaux de fonte. Enfin, à l'avant d'un plateau faiblement incliné sur lequel il s'étale, le front des Bossons  -sa partie inférieure-  est remarquablement bombé et abrupt. La langue de glace avance alors entre forêts de mélèzes où chantent la mésange alpestre et le pipit des arbres.

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Avec une zone d'accumulation  -là où se forme la glace-  de plus de 30 mètres d'épaisseur, le glacier des Bossons est inéluctablement entraîné sous l'effet de son propre poids : avec une pente de 45%, sa vitesse d'écoulement est relativement rapide : ce fleuve gelé avance de 200 à 250 m par an.
C'est le passé mouvementé du glacier qui a permis aux scientifiques d'établir sa vitesse de déplacement et qui fait également qu'il en émane une atmosphère grandiose, empreinte d'émotion. Plusieurs accidents dramatiques (dévissages d'alpinistes, catastrophes aériennes) se sont produits ici : dévissages d'alpinistes, mais aussi catastrophes aériennes.
Le 3 novembre 1950, le Malabar Princess, un lockheed Constellation d'Air India, s'écrasa près du Rocher de la Tournette, faisant 48 victimes. Quinze ans plus tard, le 24 janvier 1966, le Kanchenjunga, un Boeing 707 de la même compagnie Air India, avec à son bord 117 personnes, s'écrase presque au même endroit, ne laissant aucun survivant. Au nombre des victimes figurait Homi Jehangir Bhabha un des pères du programme nucléaire indien.
NB : Le 21 août 2012, soit quelques jours après ce passage sur le Pic du Midi, deux alpinistes découvrent une valise diplomatique indienne provenant de l'épave de l'avion.
Merveilleux glacier ! Énigmatique glacier  qui restitue corps et débris au moyen d'une progression inexorable et qui, par ailleurs, offre un remarquable témoignage de la richesse de la vie glaciaire.

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Photo : Glacier des Bossons, aujourd'hui et son passé

 

Mais bien sûr, bien sûr... Ah, ah, ah, ah... Bien sûr ! Si nous sommes tous venus ici ce soir, aujourd'hui, en cet bel après-midi de juillet, c'est pour lui !
Oooh oui : que ne le voici LE grand, LE beau, l'incontournable -enfin, si, on peut le contourner lors d'excursions- , L'illustre... Oui, vous l'avez reconnu, il s'agit bien évidemment du...

 

MONT BLANC

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Le Mont Blanc, vue depuis l'Aiguille du Midi

Aaah, je sais pas toi, mais moi, quand je vois ce mythique sommet recouvert de ces neiges éternelles, secrètes et presque inaccessibles, je pense à la mousse que fait une bonne bière belge dans un verre...

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Hein ? Hein ? Hein ? Non ! Bon d'accord. Revenons au Mont Blanc !
Et d'ailleurs, pourquoi le Mont Blanc s'appelle-t-il Mont Blanc ? Pourquoi pas plutôt Mont Saint-Michel ? Ou Mont Sainte-Odile ?

L'appellation actuelle date de la fin du XVIIIème siècle et correspond à l'éveil des voyageurs pour ces hauteurs terrifiantes. Les seules traces attestées attribuaient auparavant le terme de "montagnes maudites" à l'ensemble du massif.
Les premiers découvreurs du Mont Blanc et des grands massifs alpins alignés à l'Est de la Savoie seraient stupéfaits devant la transformation des sommets qu'ils ont durement conquis : gigantesques réseaux mécaniques tissés au-dessus des massifs, hôtels et maisons poussant comme des champignons dans les vallées et sur les hauteurs et, surtout, innombrables touristes investissant les pentes, été comme hiver... et dont nous faisons partie. En 1786, un médecin de Chamonix, le docteur Paccard et un chasseur de chamois, Jacques Balmat, s'élancent à l'assaut du Mont Blanc... qui ne figure alors sur aucun cadastre et qui fut longtemps ignoré en raison de son climat rigoureux et de son relief infranchissable. La conquête des territoires et des sommets : tout semble lié pour arriver à ce fameux jour du 8 août 1786.

    UN PEU D'HISTOIRE...
Après avoir résisté aux ambitions italiennes, la Savoie perd son indépendance en faveur de la France. Le département du Mont Blanc est créé en 1792, puis supprimé en 1815 lorsque la Savoie passe brièvement dans le giron du royaume de Sardaigne. Le 24 mars 1860, la Savoie est définitivement annexée par la France. Pour célébrer l'évènement, le 2 septembre de cette même année, l'empereur Napoléon III et l'impératrice Eugénie effectuent une excursion jusqu'à la Mer de Glace, assurant ainsi la renommée du site. Ces péripéties politiques n'empêchent surtout pas certains aventuriers de tenter l'impossible. Déjà, en 1741, les Britanniques William Windham et Richard Prococke explorent les glaciers du massif. Mais, au matin du 8 août 1786, les Français Michel Gabriel Paccard, médecin de Chamonix, et Jacques Balmat, guide de montagne, sont les premiers de l'histoire à vaincre le point culminant, le Mont Blanc, second sommet d'Europe derrière l'Elbrouz, dans le massif de Caucase. L'année suivant, Balmat réitère cet exploit, cette fois en compagnie d'Horace Bénédict de Saussure, éminent naturaliste et physicien suisse.

 

Chamonix, statues de Balmat et Saussure (74)
Statues de Balmat et Saussure à Chamonix

Jacques Balmat étonnait toujours par son comportement. Ainsi, après sa première ascension du Mont Blanc, il se rendit à Genve pour recevoir la récompense promise aux prelmiers hommes qui graviraient la montagne. Sur le chemin de retour, il confia naïvement son argent à deux aigrefins qui prétendaient les faire fructifier... il ne les revit jamais. Toujours à la recherche d'une fortune qui ne lui avait pas souri, il disparut en 1834 dans un précipice de la vallée de Sixt alors qu'il se livrait à son occupation favorite : la recherche de l'or.

 

Grâce à ces pionniers, le massif du Mont Blanc s'impose comme le haut lieu de l'alpinisme mondial. Dès lors, les "premières" s'enchainent :     
- l'ascension de l'Aiguille du Midi le 4 août 1818     
- l'ascension de l'Aiguille d'Argentière le 15 juillet 1864     
- le parcours des Grandes Jorasses le 24 juin 1865     
- l'ascension du Mont Maudit le 31 juillet 1901,...
Aujourd'hui, parvenir au sommet de la plus haute montagne d'Europe est presque devenu banal : ils sont en moyenne 400 par jour, l'été, à en fouler la neige.

   UN PEU DE GéOLOGIE...

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Frontière naturelle entre la France, la Suisse et l'Italie avec 45 km de long pour 12 km de large, le Mont Blanc est un massif à la fois rocheux et glaciaire. La hauteur vertigineuse de ses multiples aiguilles granitiques est spectaculaire et sont séparées les unes des autres par de profondes dépressions transversales par lesquelles transite le lit "immobile" des glaciers. Si les Alpes ont pris leur configuration actuelle il y a quelques 20 ou 30 millions d'années, il faut remonter à 200 millions d'années pour trouver l'origine des grands massifs cristallins de l'Est de la chaîne. Les rudes conditions climatiques ont fait éclater les roches, les ciselant en aiguilles et en crêtes pointues ou, comme c'est le cas avec le mont Blanc, en habillant leur sommet arrondi d'une calotte de glace. Son relief témoigne d'une intense activité glaciaire qui l'a modelé en une belle variété de formes où de vertigineuses aiguilles acérées côtoient des dômes épais. Par ailleurs, le massif présente une incontestable asymétrie : entièrement glaciaire du côté français, à la fois rocheux et glaciaire du côté italien. Au versant italien, très abrupt et difficilement franchissable avec son cortège d'aiguilles aux sombres paroies verticales, répondent les versants suisse et français moins raides et creusés par une centaine de langues glaciaires qui ont sculpté un relief spectaculaire de cirques et de vallées en auge. Les glaciers bleutés descendent jusqu'aux alpages et traversent, à partir de 2500 m, des forêts de sapins, de mélèzes et d'épicéas. Autre particularité, le Mont Blanc "grandit" en dépit du phénomène d'érosion. De 4807 m, son altitude était passée à 4808 m en 1986, à la suite de mesures faites lors du centenaire de sa première ascension, mais elle a été officiellement établie en 2001 à 4810,4 m, toujours au moyen du système satellitaire GPS. Cet inhabituel phénomène de croissance peut toutefois être interprété : d'une part, le phénomène géologique qui a soulevé les Alpes se poursuit imperceptiblement ; d'autre part, la calotte de glace s'épaissit au sommet du mont.

C'est au sommet du Mont Blanc que naît l'un des plus impressionnant glacier d'Europe : le glacier des Bossons. Cette longue cascade blanche de 7 km termine sa course 3600 mètres plus bas, dans la vallée de Chamonix. Gigantesque étendue de glace et de neige, chargée de débris de roches et de poussières, le Bossons est l'un des derniers vestiges des grands glaciers du quaternaire qui ont sculpté le massif alpin.

 

LA PREMIERE ASCENSION PHOTOGRAPHIQUE
Photos : L'image déhiscente

frères Bisson  frères Bisson  Frères Bisson Frères Bisson

Ce sont les frères Bisson, photographes de sa majesté l'Empereur Napoléon III qui, en 1860, accompagnent une ascension jusqu'au sommet du Mont Blanc. L'entreprise est d'une grande complexité si l'on songe au matériel de l'époque : des plaques de verre qu'il faut préparer juste avant la prise de vue, dans une tente spécialement dressée à cet effet, des "chambres noires" dont l'acheminement nécessite le recours à un porteur, des pieds qui ont une fâcheuse tendance à s'enfoncer dans le neige pendant les 10 ou 20 minutes que dure la prise de vue... Et pourtant, la série de photographies rapportées par les frères Bisson sont d'une qualité admirable.

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LES FEMMES AU MONT BLANC 

Marie Paradis Henriette d'Angeville Meta Brevoort Straton

C'est Marie Paradis, une paysanne de Chamonix, qui s'adjuge la première ascension féminine du Mont Blanc en 1809. Trente ans plus tard, Henriette d'Angeville est la seconde femme à atteindre le "toit de l'Europe". Celle qui deviendra pour la vie "la fiancée du Mont Blanc" se fait porter par ses guides pour être plus haute encore que ses prédécesseurs. En 1865, l'Américaine Meta Brevoort danse le quadrille au sommet de la montagne mythique. C'est encore une femme, l'Anglaise Isabella Straton qui, en 1876, réussit la première ascension hivernale du mont Blanc. Cette première très convoitée sera menée à bien sous la conduite de Jean Charlet, le meilleur guide chamoniard de l'époque et se terminera par un mariage entre le valeureux guide et son intrépide cliente. Et enfin, c'est Marguette Bouvier qui réalisera la première descente féminine à ski en février 1929, par -40°.

 

Tout cela était très beau, mais dans ce lieu hautement touristique où je me trouvais, finalement, la question primordiale venait à se poser...

 

Ben oui, quand même !

 

DANS NOTRE PROCHAIN 2PISODE

Nous verrons, entre autres, si Jénorme parviendra à trouver la touche clavier de son ordinateur qui lui permettra d'écrire un "é" majuscule plutôt qu'un "2"...