Après l'automne qui étend son grand manteau coloré et blabla bla, voici que l'hiver approche à grands pas avec son cortège de températures froides et son lot de pare brises de bagnole à gratter dès le matin avant d'aller au taf, ooooh putain que ça m'énerve !!!!!
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

 

Oui alors, comme ça, à vue de nez, on ne comprend peut être pas très bien le rapport entre le titre de ce billet qui est  -, rappelons-le au passage "Riglos, c'est rigolos" ,-   et l'en-tête introductive. Mais c'était sans compter sur la magie de l'explication qui va suivre pour nous remettre dans le droit chemin de la raison par quelques révélations fracassantes à nos consciences éveillées qui découvriront à terme la fabuleuse évidence qui nous fera nous exclamer :
"Ah ben oui, putain, mais bien sûr, j'suis con (ou conne), j'y avais pas pensé, mais maintenant que t'en parles, c'est évident : Riglos et températures froides bien sûr : tout est lié !"

Voilà. Bon... Euh... Je me rends en compte en direct au moment où j'écris ces mots que, finalement, l'enchainement prévu sera plutôt nul. Je me contenterais donc de quelques mots simples pour énoncer ici qu'étant donné qu'il fait très froid dans le Pays Basque où je me trouve, j'ai décidé de faire un peu de tri dans les photos prises quand il faisait chaud et beau.

DONC, aujourd'hui :

Riglos, c'est Rigolos !

À l'époque où je m'y suis rendu, il faisait chaud, il faisait beau, on se trimballait en T-Shirt, on mangeait du taboulet, on buvait de bonnes bières bien fraîches en terrasse, on marchait dans la pampa sous un soleil de plomb, les jours étaient longs ! Revenons à cette époque lointaine...

Nous sommes en juin 2011. Aaaah oui, ça nous rajeunit pas, hein ! J'étais jeune et beau, je croyais à plein de choses, j'étais désinvolte et je voulais bouffer le monde ! Alors que maintenant, j'ai complètement changé ! Je suis rentré dans le moule de cette société corrompue de toute part, je ne fais plus de sport, je ne me lave plus. Tiens, je ne passe même plus l'aspirateur chez moi !

Nous sommes en juin 2011. C'est une belle journée. Il fait beau, il fait chaud. Une météo idéale pour aller marcher un peu, non pas dans la montagne, mais dans un endroit original où il n'y a pas trop d'efforts à fournir.
Je me rends chez Maître Arnaud pour lui confirmer la météo ambiante qu'il avait déjà remarquer de lui-même depuis sa vallée d'Aspe presque natale.

JéNORME : "- Bon alors, où est-ce qu'on va boire du rosé avec un soleil pareil ?
MAITRE ARNAUD : "- Riglos.
JéNORME : "- Plaît-il ?
MAITRE ARNAUD : "- Très bien !"

Je lui demande s'il faut prendre avec nous le magnifique tableau de Sonia qu'il a dans la chambre d'amis...

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Il me dit que non. Donc on peut y aller.
Et là, à ce moment précis, dans ta tête de lectrice/teur attentif, tu te dis : "Mais bordel, qu'est-ce que tout ceci veut dire ? Riglos, Rigolos, qu'est-ce que c'est que ce jeu de mots à la Ruquier à la con ?"
Tout d'abord, précisons que malgré sa terminaison en "OS", Riglos ne se localise pas dans les Landes, contrairement à...

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Eh bien, saches que Riglos est une petite commune située en Aragon, dans le nord de l'Espagne.

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C'est ici même que nous nous rendons ce jour. Pour cela, il nous faut prendre la voiture, parcourir plus de 120 km en pénétrant dans la vallée d'Aspe pour traverser Accous, La Goutte d'eau, Cette-Eygun, Etsaut, Urdos, le tunnel du Somport...

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...l'Espagne, Canfranc, Villanua, Jaca...danser ! Gars et filles tout mélangés, races et peaux tout coller ! Ouaaaaaaiiissss !!!!!

 

A chaque fois que je passe dans la capitale espagnole du Mojito, je ne peux pas m'empêcher de chanter c'te vieille chanson bien sympathique des années 1980. Encore un groupe, un tube et puis plus rien ! Pourtant ils avaient continué à faire des albums, mais ça n'a pas pris.
Nous empruntons à présent la N-240, serpentant entre le Rio d'Aragon à notre droite, et les montagnes de Santa Cruz de la Seros à notre gauche. Nous quittons cet axe principal qui traverse l'Espagne du Nord d'Est en Ouest ; ou d'Ouest en Est, ça dépend d'où tu pars et où tu vas pour emprunter une plus petite route, l'A113, qui s'en va serpenter du côté de Bailo avant de rejoindre Santa María de la Peña.

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De ce village, Maître Arnaud me dit soudainement de prendre à gauche pour emprunter une route encore plus étroite. Nous passons un pont métallique sommaire...

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...d'où nous pouvons voir le barrage qui provoque la retenue d'eau artificielle appelée l'embalse de la Peña. Je n'ai pas fait de photo. Par contre, je n'ai pas loupé le panneau du village situé juste après et qui te met du baume au coeur comme c'est pas permis.

Bienvenue à..
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Mais comment appelle-t-on les habitants de Triste ? Les Tristos ? Quelles sont leurs activités ? Y'a -t-il une grande fête de la Tristesse chaque année où les gens ne dansent pas, ne mangent pas, ne boivent pas... et même ne sortent pas du tout ?

 

On continue cette petite boucle étrange qui ne va pas du tout à l'endroit où nous devions nous rendre a départ, c'est à dire Riglos. Nous contournons ce lac artificiel qui, parait-il, a une profondeur de 20 à 40 mètres, mais qui n'est pas très beau. C'est vrai : ils sont pas super les lacs espagnols. Il manque toujours un truc, un aménagement, de la verdure, une cabane à Mojitos ou un parasol Miko.
Tiens, en parlant de ça, sais-tu comment a été inventé l'esquimau ? Hein ? Non !

 

ATTENTION ANECDOTE !

L'INVENTION DE L'ESQUIMAU

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Immigrant danois Christian Kent Nelson , propriétaire d'un magasin de bonbons, affirme avoir eu l'idée de l'Esquimau Pie (premier nom officiel de l'esquimau) en 1920 à Onawa, Iowa , quand un garçon dans son magasin était incapable de décider de dépenser son argent sur ​​de la crème glacée ou un barre de chocolat. Après avoir expérimenté différentes façons de mêler chocolat fondu à briques de crème glacée, Nelson a commencé à vendre son invention sous le nom de "Bars I-cri perçant". En 1921, il dépose une demande de brevet, et conclu un accord avec le producteur de chocolat locale Russell C. Stover pour produire en masse sous le nouveau nom de marque "Eskimo Pie" (un nom suggéré par Mme Stover) et créer les Esquimaux Pie Corporation.
Pour le faire connaître, il décide alors de vendre ses friandises à la sortie d'un film qui passe à l'époque: "Nanouk l'Esquimau". Son invention séduit les américains, et les dirigeants de l'entreprise européenne Gervais reprennent alors l'idée et lancent en 1931 "l'Esquimau" (marque déposée) avec le franc succès que l'on connaît aujourd'hui...

Ah bon, je croyais l'idée de création plus originale... Ah ouais, mais non, je confonds avec l'invention de la glace à l'eau. On recommence.

ATTENTION ANECDOTE ! 2, le retour

L'INVENTION DE LA GLACE à L'EAU

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"Il se dit qu'en 1905, un petit garçon âgé de 11 ans, Frank Epperson, se prend d'une subite envie de boire de la limonade bien fraîche. Point de limonade à la maison ? Qu'à cela ne tienne, il mélange avec un petit morceau de bois de l'eau gazeuse et du soda en poudre, qu'il met à refroidir sur le rebord de la fenêtre, en plein hiver. Mais le sommeil gagne le garnement, et le voilà qui s'endort. À son réveil, voilà qu'est né le premier esquimau, lointain ancêtre de ce qui s'appellera ensuite « Popside », aux saveurs de fruits si variées, dont trois milliards d'exemplaires sont consommés chaque année.
19 ans plus tard, ce petit garçon devenu grand brevette son invention, en utilisant son nom : Epsicle Ice Pop. Cela s'accompagne d'ailleurs de l'accroissement du parc individuel des congélateurs individuels. Un an plus tard, le brevet est acquis par Jœ Lowe Cie.
Ce ne sont alors plus seulement des glaces à l'eau qui sont confectionnées, mais aussi des crèmes glacées, qui sont alors entourées d'une fine couche de chocolat. L'idée en revient à Christian Nelson, qui baptise sa création Eskimo-pic."  OMNILOGIE

Un jour que je roulais du côté des Alpes (mais ça aurait très bien pu être ailleurs), j'ai entendu à la radio que l'inventeur de l'esquimau s'était perdu sur la banquise et qu'il ne lui restait plus rien à manger si ce n'est qu'un fond de crème qui avait congelé. Il avait alors décidé de le mettre sur un bâton pour... euh... ouais bon d'accord ! J'ai du rêver ou modifié l'histoire parce qu'elle était trop simple.
Toujours est-il que lorsque l'on découvre comment la glace à l'eau a été inventée et quel argent elle rapporte à son créateur aujourd'hui, on se dit que personne n'est pas à l'abris d'avoir une invention révolutionnaire pour faire fortune. Moi, j'y crois ! J'attends. J'ai bien une idée, mais je ne l'écrirai pas ici...

 

En attendant, nous continuons de longer les berges du lac de la Peña. Elles ne sont pas entretenues et pas avenantes. Nous avons même l'impression que l'eau baigne dans un fond de ciment poussiéreux.
Après quelques virages serrés, l'A132 nous retrouve, ou l'inverse. Elle s'en va plonger dans des gorges magnifiques. C'est une première approche des Mallos de Riglos. Les paysages ont subitement changé ; cela tient du rêve éveillé ; bien que je n'aime pas utiliser ce genre d'expression à la con. On se croirait dans le Colorado, mais on n'est pas obligé de comparer. Les montagnes s'affirment comme des buttes soudaines, sortes de cônes orangés magnifiques.

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Spectacle naturel complètement inattendu ! Telle une sorte de mâchoire animal défiant la plaine lui faisant face au Sud.
Je ne connaissais pas ce lieu, je n'en avais jamais entendu parler. Rien ne présageait une telle vision quelques minutes auparavant. Nous nous aventurons dans des gorges étroites où se faufile la Rio Gallego dont les forts courants, même en juin, décourageraient le moindre paddle boardeur.
Nous prenons une route sur la gauche pour traverser des champs d'amandiers et d'abricotiers magnifiques aux feuillages éclatant sous les éclats du soleil.

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Au coin d'un virage, nous retrouvons face à nous les Mallos-de-Riglos...

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La nature se fait plus sauvage...

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C'est à se demander si cette route n'a pas été faite pour que nous écoutions une bonne compil' de Johnny Cash avec du Elvis dedans !

 
Jusqu'à ce que nous retrouvions en ligne de mire le village de Riglos, retenu par ces étranges falaises qui semblent, déjà, nous dévisager et nous interroger :
"Mais qu'est-ce que vous venez faire là petits hommes ?"

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Tu ne trouves pas que ces montagnes ont l'air d'interroger le voyageur ?
Riglos et ses quelques 50 habitants sont logés à 620 mètres d' altitude . Il est situé à la limite Sud des Pyrénées , à environ cinquante kilomètres à vol d'oiseau de la frontière franco-espagnole et à quarante kilomètres de Huesca. Dans la province de Huesca, on trouve d'ailleurs d'autres formations géologiques identiques à celle des Mallos. Citons par exemple : Vadiello en Sierra de Guara, Salto de Roldan , San Cosme et Agüero.
Nous entrons dans le village et il est grand temps de se demander : "Mais qu'est-ce que quoi que c'est grandes cheminées oranges là, c'est incroyable ça enfin quoi ?"

 

MALLOS DE RIGLOS

IMG_7884Les Mallos de Riglos présentent une hauteur de près de 300 mètres (et de près de 1000 mètres au-dessus du niveau de la mer).
Les "Mallos" évoquent une haute paroi en forme de cigare. Ils sont composées de poudingue : galets roulés, soudés entre eux par un ciment ; sous la forme d'un conglomérat de miocène. Ces alluvions ont été élevées par plissements des couches inférieures et érodés a posteriori, donnant la forme de ces murs coniques très impressionnants. Ils ont entre 20 et 30 millions d'années. Les teintes rouges de la roche sont produites par l'oxydation des matières ferreuses.
A l’époque le Rio Gallego qui lèche paisiblement le pied des Riglos de ses eaux turquoises était déjà en place dans son lit actuel. Rien à voir avec l’aimable cours d’eau qui fait aujourd’hui le plaisir des amateurs de rafting et autres sports aquatiques. Il faut imaginer de phénoménales masses d’eau et de boues liquides en mouvement, dévalant la montagne avec une puissance infernale.
Les blocs concassés, roulés puis polis dans cette lessiveuse naturelle sont réduits à l’état de galet et arrondis. Les boues durcies sous l’effet de la pression cimentent le tout. L’escaladeur connaît bien ce type de rocher aux prises parfois incertaines. Les géologues, poètes à leurs heures, lui donneront le nom de poudingue. Le terme provient par analogie de l’anglais « pudding ». Bonne comparaison avec ce monument de la gastronomie »très british » fait d’une pâte compacte dans laquelle se distinguent les raisins secs et fruits confits. Le terme francisé au XVIII siècle est très suggestif.
Quelques millions d’années plus tard, à l’ère quaternaire (dans laquelle nous nous trouvons encore), un puissant phénomène d’érosion entre en œuvre. Les roches tendres notamment les grès sont rapidement dégagées. Les poudingues, plus solides résistent.

Une légende raconte qu'il y a bien longtemps, fort longtemps, se trouvait ici, juste à côté de Mallos, une petite bourgade appelée Foz de Escalete, dans laquelle vivait une sorcière gigantesque. Son aspect et sa taille effrayaient les voisins et, lassée, elle éleva les immenses rochers et se cacha de tous.

 

Nous garons la voiture non loin d'un bar nommé El Puro, dont le nom n'a rien à voir avec ce western italo-espagnol, "El Puro, la rançon est pour toi", réalisé en 1969 par Edoardo Mulargia (sous le pseudonyme de Edward G. Muller). El Puro (en français : le cigare), c'est cette "montagne" dominant le village de Riglos et qui fait la joie des grimpeurs-escaladeurs.

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JEU :
Découvres où se cachent les grimpeurs des Mallos dans cette image
et gagne ton poids en album de
Micropénix,
dessiné par Le Liquide de la Tête.

 

Riglos est un haut lieu de l'escalade Pyrénéenne. On y dénombre plus de 200 voies de difficultés variables sur une vingtaine que compte Mallos culminant aux environs de 1000 mètres d'altitude (Mallo Pisón, la Visera, Mallo Firé , Mallo Del Agua, Mallo Colorado , Mallo Herera, El Puro...)
Longtemps les voies des Mallos résistèrent aux assauts des grimpeurs. Les voies les plus exposées et les plus surplombantes ne furent vaincus qu'après 1945.
Le Mallo Pison (vaincu le 20 avril 1946 par Peyré, Panyella et Murgia) est le sommet le plus célèbre de Riglos; on y trouve les voies les plus difficiles (cotées Extrêmement Difficile). Il est uni à l'ensemble du massif par sa crête Est. Une fine aiguille de 180 mètres se dresse au milieu de sa face Ouest: le Puro (vaincu en 1953).

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C'est toujours impressionnant de voir ces petites "tâches humaines" sur de grands blocs. Y'a pas de secret : quand tu es en bas, tu regardes en haut. Et quand tu es en haut, tu regardes en bas. Mais que peuvent bien voir ces alpinistes-escaladeurs-grimpeurs ?
La réponse avec cette vidéo chopée sur Internet :


Voilà ! C'est impressionnant, c'est vertigineux, ça coupe le souffle, c'est beau, c'est la nature en action !
Mais nous, on ne va pas du tout faire ça ; tout simplement parce que nous ne sommes pas assez équipés pour nous lancer dans une telle aventure. Nous n'avions pas prévu cette activité. Nous n'avons avec nous que deux bières, une bouteille de rosé, du saucisson, quelques tranches de jambon de pays et une boite de pâté artisanal ; et force est de constater que ce n'est pas le matériel adéquate pour se lancer dans un trip escalade.
Nous nous reportons donc sur une bonne vieille randonnée pas compliquée que Maître Arnaud a plus ou moins étudié avant que nous arrivions. Il s'agit de faire le tour des Mallos-de-Riglos. Cet itinéraire peut, apparemment, être décliné de deux façons :
- soit tu fais le grand tour pour 5 heures de marche avec un dénivelé de 750 m sur 13 km
- soit tu te tapes le petit tour de 7 bornes avec un dénivelé de 450 m qui t'amène à 1000 m d'altitude.
Sans aucun plan ni la moindre idée du chemin à suivre, nous traversons le village omni-dominé par les Mallos...

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Vu comme ça, on pourrait presque penser au Mont Rushmore, mais sans les visages sculptés des Présidents américains... Bon et si la pierre n'était pas orange... Hein ? Mais si, avec un peu d'imagination ! Et poussons encore plus loin l'effet : qu'est-ce que le gouvernement ou le ministère de la Culture espagnol pourrait faire sculpter dans ces magnifiques élans de sédiments coniques ? Rossi de Palma, Rafaël Nadal, Gloria Lasso, Julio Iglesias, Salvador Dali, Miguel Indurain, Pablo Picasso, Garcimore, Javier Bardem, Franco,... Ah pardon !
Alors, bien sûr, quand on est à Riglos, on ne voit que ces grandes "cheminées orangées" ; ce qui nous ferait presque oublié que, pourtant, Riglos recèle de petites choses discrètes tout aussi fascinantes, comme cette plaque apposée sur un mur située pile poil en-dessous d'un réverbère, ou encore l'entrée du club d'escalade du village, ou encore ce panneau indiquant la présence d'un téléphone, ou encore l'enseigne du bar El Puro qui veut dire "le cigare" en espagnol, rappelons-le... Comme ça, je sais dire deux mots en espagnol : el Puro (le cigare) et una cerveza (une bière). C'est pas mal ! Avec un tel vocabulaire, je vais pouvoir survivre en Espagne au moins pendant... bouaf... un, deux... cinq jours en faisant un peu de sport en plus !

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N'oublions pas non plus cette charmante petite maison bleue
discrète adossée à la colline

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...on y vient à pied lalalalla lalalalala !!!!
Oh putain qu'elle m'énerve cette chanson !!!

Bon ! Allez ! L'excursion commence un p'tit peu mal sur les bords puisque nous ne parvenons pas à sortir du village qui semble même refermer les murs de ses maisons sur nous !!!!!

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C'est marrant, ça fait trois fois que l'on passe devant cette pancarte "Telefonos". En même temps, cela m'amène à me demander si les habitants, un peu comme les Schtroumpfs, ne parlent pas tous en utilsant que des mots qui finissent par OS. Riglos, Mallos, telefonos, albinos, Dionysos (pas facile à placer dans une conversion, sauf quand on a soif !), Hydargos, gratos, Angelopoulos, bali-brosse, hypoglosse, Bogdanov... ah non, ça marche pas ! BREF : on ne va pas tous les citer non plus puisqu'il y a plus de 36 640 mots espagnols qui se terminent par OS. Ah oui, ça laisse rêveur, mais on va quand même passer à autre chose et tenter de sortir de ce village. Le but n'étant de faire le tour de Riglos, mais de Mallos-de-Riglos !
Finalement, après quelques minutes d'errance hasardeuse, nous parvenons à sortir de Riglos pour rejoindre un sentier qui s'en va se perdre dans la "toundra". Comprends par là qu'on ne sait pas trop s'il s'agit d'un sentier étant donné qu'il semble s'aventurer dans de hauts herbages accompagnés d'acacias aux épines tendues.
Cependant pourtant, Maître Arnaud avance d'un pas décidé. Le chemin prend très vite de la hauteur avec une inclinaison proche de 90°. Mais il s'en fout Maître Arnaud, il marche ! Il a chaussé la casquette Duvel, il prend ses appuis à l'aide d'un baton de marche aimablement prêté par la FIBRA (Fédération International des Buveurs de Rosé en Altitude).
Petit problème, même avec toute la motivation du monde, quand on ne sait pas où on va, on a beau être motivé, eh ben : on ne sait pas où on va.
Après quelques minutes de marche intensive, Maître Arnaud semble s'être un peu égaré...

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Je comprends pas tout : il monte, il descend, il crie, il repart, il revient, il souffle. Tiens, il est où ? Ah là-haut ! Il redescend, marque un temps d'arrêt, il observe, gueule un grand coup : "Aaaaah bordel !!!" que les Mallos lui revoient en échos redondants. Il sort d'un buisson pour disparaître derrière un autre avant de s'arrêter pour pisser face aux Mallos en disant "c'est quand même beau !" Puis il repart dans un trou duquel il sortira un peu plus loin en gueulant...
Apparemment, nous n'avons pas pris le bon chemin. De mon côté, je ne bouge pas et je regarde le paysage avec les Mallos de profil.

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Oui, c'est beau, c'est haut, c'est fascinant. Peut être qu'au coucher du soleil, ces montagnes rouges s'enflamment ; un peu comme le Ayers Rock en Australie.

MAITRE ARNAUD : "- Làààà, voilà, c'est par là !!!! Allez !"

Apparemment il a trouvé une issus. Je le suis. Mais, très vite, en plus de s'avérer être très mystérieux, il semblerait bien que le sentier choisi n'en soit pas du tout un...

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Oui, on dirait d'avantage une sorte de lit de cascade asséchée.
Imagine le lit d'une rivière asséchée. Oui, bien joué, tu as raison : c'est plat.
Alors, maintenant que tu es bien concentré et que tu entends ma voix, rien que ma voix, tu n'entends que ma voix, tout est calme et paisible tu n'entends que ma voix... Imagine alors le lit d'une cascade asséchée. Hein ? Oui on est d'accord : c'est un peu plus en pente.
Nous continuons tout de même notre progression parce qu'il faut bien le dire, nous sommes allés trop loin et on en a trop bavé pour faire demi-tour maintenant !
Nous suivons les ombres que développent les Mallos sur le paysage, et plus précisément l'ombre du Visera d'où l'on entend quelques bruits de mousquetons d'altitude, accompagnés visuellement de quelques vols de vautours attendant, peut être, une éventuelle chute humaine.

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C'est marrant : quand on est au pied de cette "cheminée", on ne dirait pas comme ça qu'elle fait 300 mètres de haut !


Nous marchons, nous montons. C'est abrupt. Après quelques réflexions, il semblerait bien que nous ayons pris le chemin par lequel les pros de l'escalde descendent une fois qu'ils ont gravi les cimes des Mallos. Autrement dit, on s'est complètement planté d'itinéraire et, déjà, le suspense nous assaille en nous faisant dire "Mais bordel de merde : à quelle heure on va pique-niquer ? Et où ? Et comment ?"
Un stress que l'on peut facilement deviner sur mon visage que j'ai malencontreusement laissé devant l'objectif alors que je voulais photographier l'étonnant Mallo Fire.

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Oui non parce que c'est très beau, c'est impressionnant Mallos-de-Riglos, mais si y'a pas moyen de boire un coup de rosé, je vois pas l'intéret.
Après avoir rejoint un autre sentier sorti d'on-ne-sait-où... de toute façon on ne sait pas où on est et on ne sait pas par où on va redescendre... nous atteignons une sorte de corniche d'où la vue est encore plus sublime.

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A gauche, Mallo Pison (933m) et à droite, Mallo Fire (953m) ; le tout séparé par la plaine et la rivière Gallego. C'est l'endroit parfait pour se poser et réaliser un état des lieux...

Nous n'avons pas vraiment atteint notre objectif. En même temps, nous n'en avions pas tellement. Cette petite randonnée -, que nous serions incapables de reproduire car nous ne savons pas par où nous sommes passés,-  a aiguisé nos regards sur cette nature décidément surprenante.
Nous entamons la descente vers Riglos. Il y a cette fois-ci un vrai chemin, sans doute le sentier officiel qui fait le tour des Mallos.
Les panoramas se succèdent...

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Les falaises revêtissent des allures originales. Nous pouvons presque y voir des silhouettes connues.


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Ici, à gauche, ne vois-tu pas
un éléphant
avec sa trompe,
son oeil droit et
son oreille gauche ?

 

 

 

 

 

 

 

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 Ici, là, sur le côté,
n'aperçoit-on pas
une main tendue

vers le ciel
ou
des doigts de pied
en éventail

 

 

 

 

 

 


Et là, en-dessous, là, c'est évident :
c'est le visage de Van Gogh !!!!

IMG_7997   IMG_7997a

IMG_7987Et là, hein, quand même,
c'est un éléphant...

Oui, je sais,
je l'ai déjà faite.
Mais là, il est plus près !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

IMG_7996Ohla, ça pète aux yeux :
on voit très bien qu'il s'agit de...
euh...ben... ouais un truc là...le...

Bon, on ne voit pas bien
parce que la photo est prise en contre-jour,
mais c'est évident quand même !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Là, par contre, aucun doute possible et personne ne pourra démentir :
il s'agit bien d'une biiiiièèèèèèrrrree fraîche, bordel !!!

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A consommer avec qui tu veux.

 
Et tu sais ce que ça veut dire ça ?
Oui, cela voulait que notre boucle des Mallos-de-Riglos prenait fin.
Il ne nous restait plus à présent qu'à méditer sur tous ces beaux paysages et cette magie de la nature.

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DANS NOTRE PROCHAINE EPISODE :

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