A chaque fois que j'écris ou que je prononce le mot "Épilogue", je pense soit au réalisateur polonais Krzystzof Kieslowski et à son "Décalogue" ; soit à la fausse pub des Nuls pour la margarine "Épis d'or".

 Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

 

                           REPRENONS, veux-tu !
Il y a quelques semaines de cela, c'était le 21 avril 2014, jour de Pâques.
Jénorme décidais de se lancer sur le Sentier du Littoral qu'il rebaptisa "Sentier du Mojito" en référence aux quelques bars de plage qu'il croisa en route pour tester les différents cocktails cubains servis. Car oui, Madame, Monsieur, le Mojito est cubain. Il faut le savoir ! On ne peut pas simplement se lancer comme ça sur les routes et les chemins de randonnée sans savoir un minimum de choses. Et profitons de ce dernier épisode... j'espère... sinon, y'a quoi après épilogue ?
Profitons DONC de ce dernier épisode pour mieux connaître et peut être comprendre d'avantage ce que Mojito est. Merde, j'ai foiré mon jeu de mots !

                           REPRENONS, veux-tu !
Gnananana et peut être comprendre d'avantage ce que Mojito boggan !
Oui, mais ça ne veut plus rien dire si je fais ce jeu de mot là ; même si cela permet de placer le fait que Boggan (Tim de son prénom) était un joueur de tennis de table américain ainsi qu'un historien dont la visite en Chine en 1971 a permis le dégel des relations américano-chinoises.
Aaaah, ça m'énerve, tiens !!! Envoyez l'Histoire du Mojito.

 

MOJITO, UNE HISTOIRE

mojito jénorme"Le Mojito est un cocktail à base de rhum cubain qui est apparu dans l´île de Cuba en 1946 sous l´impulsion du barman de la Bodeguita del Medio.
Toutefois cependant tout de même, les origines du Mojito remontent plus loin dans le temps. Il faut retourner au XVIème siècle, la grande période de prolifération des pirates pour trouver les racines de cette boisson.

A cette époque, le pirate anglais Francis Drake, premier anglais à faire le tour du monde et connu sous le nom d'El Draque disposait d´un repère à Cuba, dans la petite île d´Isla de la Juventud. La beauté de l´île, qui inspira aussi au fameux écrivain Stevenson le livre « l´île au trésor », stimula la créativité du pirate pour créer une préparation à base de rhum, de citron vert et de menthe. Cette boisson appelée Draque connut rapidement du succès et devint l´une des boissons de référence de l´île jusqu´en 1946 où une variante plus raffinée, le Mojito, prit sa place en tant que cocktail de référence.
Le Mojito n´est en effet qu´une version plus raffinée du
Draque avec l´utilisation de rhum et d´eau gazeuse.
A partir de 1946, le Mojito connut rapidement un succès mondial en passant en premier lieu par les États-Unis puis s´exporta dans les quatre coins du globe."
  DRINKAVENUE


Et puisque nous parlons de Pirates HOPLA enchaînement ! Fastoche tranquille putain c'te classe, où il va chercher tout ça ?!
Saches-le, dans le Pays Basque aussi, il y eut des pirates. Si, si, si et ces panneaux présents sur le Sentier du Mojito littoral nous le rappellent.

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Bon OK, ils parlent de corsaires mais Corsaires, pirates... Oh, c'est pareil, hein !... Non ! Bon, en fait, ça se joue à peu de chose.

                           EXPLICATIONS, veux-tu !
Le pirate était un hors-la-loi qui attaquait et pillait les navires pour son propre compte alors que le corsaire, lui, était un civil considéré comme partie des forces militaires du Royaume. Il avait donc l'autorisation du roi d'attaquer les ennemis du Royaume. Ils étaient indépendants mais devaient rendre des comptes. Ils étaient donc au service de leur pays.
Mais bon, eh oh, on m'la fait pas : certains corsaires abusaient aussi de ce droit pour attaquer qui croisaient leur route, de la même façon que les pirates et piller pour leur propres intérêts. Hein, eh oh, non plus alors !
DONC les corsaires basques, qui c'étaient-ils ? Un peu d'histoire. Oui encore !

 

LES CORSAIRES BASQUES
A partir du XVIIème siècle, de nombreux Basques abandonnèrent la pêche pour la course au service du Roi de France. Pour cela, il était nécessaire d'obtenir une lettre de marque de l'Amirauté et de respecter les règles strictes : le bateau devait être déclaré "bonne prise" pour que la cargaison soit vendue. Le simple pillage était passible de mort.

etienne pellotLe Capitaine Etienne Pellot d'Hendaye, dit "Montvieux", est le plus célèbre des corsaires de l'Empire. A bord du "Général Augereau" armé à Bayonne, il combattit, le même jour, deux navires anglais, "Le William Scott" qu'il enleva à l'abordage et la "Marguerite" qui n'évita le même sort que par la fuite.
Autre corsaire basque connu : Johannès de Suhigaraychipi, dit Coursic.Ce corsaire bayonnais, d’un tempérament particulièrement fougueux, ramenait le plus souvent ses prises dans le port de Saint-Jean-de-Luz, plus facile d’accès à l’époque que celui de Bayonne, ensablé par l’Adour. Terreur des espagnols, des anglais et des hollandais, il captura à lui seul plus de cent navires. Même Louis XIV avait eu vent de ses prouesses.
Du XVIème au XIXème siècles, les corsaires basques réussirent à faire du Golfe de Gascogne un lieu redouté des Anglais : en occupant les mers ils rendirent le commerce et la pêche très difficiles.
Les corsaires étaient souvent des bateaux de pêche transformés ou construits à Bayonne, Saint-Jean-de-Luz, Ciboure ou Hendaye. Le bois nécessaire venait de la vallée d'Aspe, via le chemin de la Mature et par flottage sur les gaves.

 

Tu as vu, c'est incroyable ces coïncidences ! Si Kieslowski était encore parmi nous, il dirait : "Aaah, il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous."
Ah non, c'est Paul Éluard qui disait cela. Paul Éluard, souviens-toi, dont nous avons parlé dans un épisode précédent de cette série "Le sentier du Mojito" alors que la vallée d'Aspe et le chemin de la Mâture, combien de fois en avons-nous parlé ici ? Combien de fois avons-nous arpenté ces chemins ? Hein ? Non, mais je te le demande. En parlant à cet instant du chemin de la Mâture et de la vallée d'Aspe alors que nous sommes au bord de l'océan Atlantique, j'ai comme l'impression qu'une boucle se tourne ; ou qu'une page est bouclée... je ne sais plus comment on dit.

BREF !

Mais de quoi on parlait déjà, lààààààà ?
Dans les précédents épisodes, nous avons pu voir que différents phénomènes géologiques, plages, bars sillonnent ce parcours reposant et distrayant. Mais il est grand temps à présent d'en voir le bout.
Au départ du début de l'initiative, je voulais parcourir les 18,84 km qui séparent les deux villes basques que sont Bidart et Saint-Jean-de-Luz. Mais les rencontres se faisant et les heures défilant, force était de constater que ce ne serait pas possible. Ce que le guide annonçait comme une petite randonnée de 3h30 avait sous mes pas dégénéré en marche vagabonde de plus de six heures. Et j'étais encore loin d'arriver.

Au moment où je reprends la randonnée officielle, je me trouve à Acotz, sur la magnifique terrasse du bar "Le Bibam", donnant sur la petite plage de Mayarco.
Je quitte ma table et mon verre de Mojito vide. Je traverse le mini-golf qui sépare le bar de la route.
Mini-golf. Lorsque l'on prononce ces deux mots reliés en un, je pense de suite à une publicité des Nuls... Non ! Je repense de suite à cet endroit mythique du Moyen-Nord des Landes : le mini-golf de Vieux-Boucau-les-Bains.

REPORTAGE

Y'a des trucs comme ça qui ne sont pas écrits dans les livres d'Histoire.
Allez, après cette petite traversée de mini-golf, je rejoins la route goudronnée qui traverse Acotz. Pas d'église, pas de rond-point avec un grand verre de Mojito ou une baleine dessus. C'est bien dommage.
Par contre, tu as une série de campings impressionnantes. A gauche, à droite, au-dessus, en-dessous ! Partout ! on se croirait en Vendée !
Pour l'instant, tout est calme, mais en été, qu'est-ce que cela doit être ? Le son des tongs, des claquettes partout ! Des gens qui marchent un rouleau de PQ à la main !
Eh oui, ici, nous ne parlons plus de corsaires, mais de touristes. Souvent, nous pouvons entendre les originaires de la région se plaindre de l'afflut des masses touristiques. Mais, tiens, pour une fois, changeons la donne en évoquant les Basques qui ont émigré.

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L'ÉMIGRATION DES BASQUES
La première organisation moderne basque d'émigrants a été établie à Montevideo, Uruguay, en 1876, suivie par Buenos Aires, en Argentine et Manille, Philippines l’année suivante.

drapeau de Saint Pierre et MiquelonLa population basque de Saint-Pierre-et-Miquelon descend, en grande majorité, des pêcheurs basques venus au XIXème siècle travailler dans les sécheries de morues. Ils y ont bâti routes et maisons. Pour être un Basque authentique, il faut, dit-on, trois conditions : porter un nom qui dise l'origine, parler la langue et... avoir un oncle en Amérique ! Presque chaque famille du Pays basque a son "émigré.
Les premiers émigrants voyageaient en bateau et la traversée, qui durait deux mois, était si éprouvante que certains ne revinrent jamais au pays, incapables d'affronter le voyage de retour.

C'est vers 1830 que l'on assista à un départ massif pour l'Amérique du sud qui souhaitait peupler ses immenses territoires. Entre 1832 et 1884, 64227 personnes aux 2/3 Basques émigrèrent de Bayonne à La Plata (Chili). L'émigrant basque souhaitait revenir au plus vite car "l'Américain" qui rentrait bénéficiait d'un grand prestige. Souvent, il se faisait construire une grande et belle maison, symbole de sa réussite.

embarquement pour les amériques      émigration basque
Photos : je sais pas

Dès 1848, les États-Unis deviennent, à leur tour, terre d'accueil. Des agences de voyages organisaient les départs collectifs et prenaient en charge toutes les formalités. Elles payaient des agents et avançaient l'argent du voyage.
Ces hommes exerçaient en Amérique toutes sortes de métiers. Si la plupart étaient bergers ou bûcherons, on trouve aussi des boulangers, hôteliers, restaurateurs, jardiniers... Leur vie était très rude, faite d'un travail sans relâche. Car ils se devaient de faire fortune pour retrouver leur patrie d'origine ou s'installer déféinitivement dans leur pays d'adoption.
Voici ce que l'on appelle la Diaspora basque, c'est à dire la dispersion des Basques dans le monde entier, et principalement en Argentine, au Chili et aux Etats-Unis. Par contre, pas un ne s'est rendu au Japon. On estime à 4.500.000 les personnes d'origine directe basque à l'étranger et à 15.000.000 celles ayant un nom de famille basque.


J'arrive à un croisement. Un escalier s'en va se perdre un peu plus bas, sûrement au plus près de l'océan dont j'entends les vrombissements lointains.
Je descends. De la musique se mêle aux vagues. Sur la droite, un bar fermé qui propose une terrasse amène la plage. De quoi poser ses coudes sur un comptoir improvisé artisanal faisant certainement face au coucher de soleil s'il n'était pas... Tiens, mais quelle heure est-il au fait ?

 17h46
Oh putain, déjà ! Mais c'est l'heure de l'apéro ! Et je suis où ?

 

17h46, LAFITE
Ok. Ici, face à un comptoir en bois où il ferait bon poser ses coudes face au coucher de soleil.
Seulement voilà, en avril, l'astre solaire ne se couche pas avant 20h39. Donc je vais continuer un peu. D'autant plus que ce bar au comptoir en bois n'est pas ouvert.

Ici, c'est donc la plage de Lafite ou Lafitenia.

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Oui, comme ça, on ne voit pas très bien. Il faut plutôt récupérer le sentier du Littoral du Mojito qui s'en va vers le sud en partant vers la gauche pour pouvoir apprécier un panorama du lieu digne de ce nom.

Guéthary, plage de Lafite

On dirait une mini-concha, sans les immeubles, ni les plagistes...

San Sebastien, la baie
San Sebastian, la Concha

Ni les fameux Pintxos de San Sebastian !

San Sebastien, bar et Pintxos a

Non, bon, en fait, ça n'a rien à voir !

Continuons.
Il se fait tard quand même. Il est sûr à présent que je n'atteindrai pas la cité des Corsaires aujourd'hui. Quand je dis cité des Corsaires, je ne veux pas parler de Saint-Malo en Bretagne, mais de Saint-Jean-de-Luz en Basqueland. Tout de même, je marche encore un peu pour avoir peut être une vue sur la baie de la ville.
Le sentier suit de haut la plage de Lafite ; puis s'en va se perdre au loin. Je continue à travers la végétation, composée de je-sais-pas mêlés avec des trucs dedans.
Deux possibilités :
- soit je reprends la route goudronnée pour aller vers Saint-Jean-de-Luz
- soit je m'aventure dans ce qui est signalé comme une impasse, mais d'où je pense avoir une future belle vue sur la baie de Saint-Jean et sur la côte nord basque.
Seconde idée retenue. de toute façon, il est trop tard. J'avance maintenant dans la flore environnante, composée de machins jaunes avec au-dessus des bidules verts.  Quelques oiseaux passent au-dessus de ma tête, curieux et silencieux.

 

18h32, BOUT DE L'IMPASSE
Après quelques minutes de marche, j'arrive au bout de cette impasse d'où se dégage au sud un panorama sur la plage d'Erromardie, située au nord de Saint-Jean-de-Luz.

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Je vois un bar en bas, mais cela fait une trotte. Il reste deux kilomètres pour atteindre la pointe Sainte-Barbe. J'hésite. Et puis non ! Retour sur Lafite et Acotz amorcé.
Sur le chemin en sens inverse, c'est la côte basque avec Biarritz au loin et le chemin parcouru qui apparaissent...

Guéthary, Lafite, vue sur la côte basque (64)

Je retrouve la plage de Lafitenia.

Guéthary, plage de Lafite (64)

Et Hop :
application peinture !

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Peut être que Turner aurait peint cette plage de cette façon ? Et Renoir, comment l'aurait-il peinte ?
Et Cézanne ? Et Van Gogh ? Et Kirchner ? Et Dali ? Et Otto Dix ? Et Hooper ? Et Basquiat ?
Et Volegov ? Et Bosch ? Et Merello ?
Et Butzer ?

Mais la plus grande et la plus profonde interrogation à ce moment précis est plutôt : est-ce que le bar-comptoir croisé tout à l'heure sera maintenant ouvert ?

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Ohlalala, comme elle est bien mimée cette interrogation ?!

Quelques mètres plus tard, la réponse est donnée :

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Non ! C'est con : il avait l'air vraiment à part ce bar.
Je continue ma route pour retrouver Acotz où Le Bibam, lui, continue de servir.

 

19h08, ACOTZ, le retour
Voilà. Il ne reste maintenant plus qu'à attendre la fin du jour pour regarder le soleil se coucher et constater que cette randonnée a été presque accomplie. Je suis bel et bien parti de Bidart, mais je ne suis pas parvenu jusqu'à Saint-Jean-de-Luz.
En même temps, si tu veux encore plus de marche et d'effort, saches que le Sentier du Littoral se poursuit jusqu'à San Sebastian-Donastia.

Sentier du littoral carte
Lien : Rando64

 

Et maintenant, regardons le soleil se coucher
avant de rejoindre la voiture restée à Bidart...

Acotz, Mojito du BiBam (64)

Acotz, coucher de soleil (64)       Acotz, Mojito du BiBam, Hop  

Acotz, coucher de soleil 1 (64)      Acotz, coucher de soleil 5 (64)

Acotz, coucher de soleil 7 (64)      Acotz, coucher de soleil 8 (64)

Et voilà. La musique Dub prend place sur la terrasse plongée dans la nuit.
Je quitte le comptoir donnant sur l'océan afin de rejoindre la voiture restée à Erretegia. Cela devrait me laisser le temps de désembrumer. Auquel cas, je demanderai au Capitaine de soirée de prendre le volant...

 

DANS UN PROCHAIN EPISODE

Nous randonnerons sur le sentier du White Russian, pour rendre hommage, entre autre, au Duc.