Il y avait le 1... Voici le 2.
La Rhune, montagne mythique basque, attaquée par sa face Ouest par Jénorme lors du précédent épisode qui portait le même titre mais avec des 1 à la place des 2.
De suite, nous retrouvons la suite de cette incroyable aventure en nous posant plusieurs questions : "Mais puisqu'il est déjà monté, de quoi va-t-il nous parler à présent ? De la descente ? Mais s'il nous parle de la descente, pourquoi n'a-t-il pas titré ce billet "On a marché sur la Rhune : jour 2, descente 1" ? Et pourquoi aurait-il mis autant de temps pour descendre ? Avait-il trouvé au sommet quelque chose dont il ne nous avait parlé dans le précédent épisode ? Tu peux m'amener un café s'il-te-plaît ?"
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

 

Ah là, quand je vois un titre comme ça, je pense de suite à Mesrine. Si, si.
Pas l'ex-ennemi public n°1 à qui tu peux envoyer des fleurs en cliquant sur ce lien : DES FLEURS POUR MESRINE.
Mais aux films (L'ennemi public n°1 et L'instinct de mort) de Jean-François Richet, réalisés en 2008, et que l'on appelle Diptyque. Dytique parce que c'est une oeuvre qui se compose en deux morceaux se regardant, et dont les sujets se regardent pour se compléter l'un l'autre.

Et voilà, on le voit le rapport : Mesrine - diptyque - la Rhune, épisode 2.
C'est le bordel les films en ce moment. Les producteurs, scénaristes et réalisateurs ont trouvé une nouvelle méthode narrative pour faire des films. Ils appellent ça les Prequels ; c'est à dire un film dont l'histoire précède une œuvre antérieurement créée, en se concentrant sur les événements se déroulant avant le récit original. Par exemple, tu as eu les Prequels des James Bond, Batman et Star Wars, ou encore le plus évident X-Men avec X-Men le commencement, puis Wolverine, puis le prochain film qui parlera des origines de Mythique. Peut être qu'un jour, les producteurs exploiteront le filon de "Blanche-neige et les 7 nains" en faisant un prequel pour chaque nain : "Joyeux, les origines", "Simplet, le commencement", "Grincheux enterprise", "Atchoum l'éveil", "Dormeur, la source",... Car il est vrai que l'on ne sait pas trop comment ces nains sont devenus comme ça et que l'on aimerait bien savoir comment on devient simplet, ou grincheux, ou dormeur, ou... Et puis si ça marche bien, les scénaristes pourront toujours ensuite s'attaquer aux "101 dalmatiens".
Notons qu'il existe également le Pré-prequel ; c'est à dire le film qui vient avant le film qui vient avant le film. C'est comme ça que Bruno Dumont a adapté les origines de Spiderman au cinéma en y ajoutant un peu de terroir bien français du Nord.

Voilà ce que ça donne dans le texte
en images et en extrait:

Ah oui, là, on est en plein dedans et je ne saurais que te recommander ce qui va autour et qui porte le titre de "P'tit Quinquin" (2014)... surtout les deux premiers épisodes parce qu'après c'est un peu chiant.

MAIS BON :
IDéE !

Pour contrer tout ce beau monde, j'ai eu l'idée de lancer le premier Postquel. Tu l'auras compris, c'est la même chose qu'un Prequel, mais inversé. C'est à dire que le film parlera d'une histoire qui se concentrera sur des évènements qui se seront déroulés bien après.... mais alors longtemps longtemps après... le récit original.
Avec Maître Arnaud, nous sommes déjà sur le coup pour produire-écrire-réaliser "Spiderman Postquel", dont voici l'affiche en avant-première :

Spiderman postquel

Un Prequel de Postquel d'affiche a déjà été posté sur les réseaux sociaux et les gens ont l'air emballé lorsqu'on lit leurs messages :

Mac Chime : "Il est devenu con !"
Fristyle Laurent : "Déchéance !"
Nick Canon : "eT bEN mES cADETS...!"

Cela promet, j'ai hâte, comme ils disent les critiques bobos parisiens.

BREF !
Revenons à nos moutons, et plus précisément à nos brebis puisque c'était la dernière photo postée sur le précédent billet évoquant cette ascension et possible descente de La Rhune.

REVENONZANOBREBIS !
La Rhune, brebis et arbre (64)

Dernière vision de Rhune en ce samedi de fin d'octobre. Je regagnais ensuite Saint-Jean-de-Luz, station balnéaire réputée de la Côte Basque, protégée par ses digues des colères de l'océan Atlantique. C'est ainsi que nous pouvons dire que Saint-Jean-de-Luz se trouve bel et bien dans une baie. Hein, voui, voui, on peut le dire. Voilà. Et une fois que l'on a dit cela, on peut passer à autre chose. Par exemple, ce matin, je me suis levé non loin du centre-ville, là où il y a maintenant plus de 354 ans, Louis XIV épousa Marie-Thérèse d'Autriche. Il fait très beau. D'ailleurs, nous sommes en plein mois d'octobre et qué ne vois-je ??? Des gens se baignent !

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Pas de baignade pour moi. Je me dirige vers de premières hauteurs sous les conseils de Laurence. Ne voulant pas se lancer à l'assaut de La Rhune, elle m'a indiqué une curiosité pas si connue que ça dans la région. Il s'agit d'une chapelle, appelée Crypte du Chevalier Firmin Van Bree.

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Non, la crypte n'a pas la particularité d'être penchée ; c'est moi qui a du mal à trouver un équilibre ce matin.
Je m'approche. il n'y a pas grand chose à signaler.

POUR LA PETITE HISTOIRE :
"Firmin Van Bree (1880-1960), était un industriel belge de renom, captivé par la beauté de Saint-Jean-de-Luz et la colline de Sainte Barbe, où il passait ses étés depuis 1920. Il était tombé amoureux de la Côte basque lorsqu'il survolait la région en revenant de ses nombreux voyages au Congo.
Très généreux et avec un grand coeur, il a collaboré avec des différentes institutions : Fondation Nationale contre le Cancer et la Lèpre, Croix Rouge du Congo, Fondation Hoover. Il a emménagé à Sainte Barbe où il est parvenu à acheter des terrains et à construire 3 villas, il a vécu les dernières années de sa vie dans l’une de celles-ci. À la fin des années 50, il a chargé son ami Pavlosky de la construction d’une petite chapelle et d’une crypte semblable à celle où a été enterrée Saint Firmin à Amiens, pour lequel il sentait une véritable dévotion. A cet endroit se trouve sa dépouille. Elle est située au sommet de la colline de Sainte Barbe, et dans son entrée on peut voir une copie de la statue de Saint Firmin comme celle qu’on trouve au Musée du Louvre."  MON NUAGE

Je cherche un peu. Au-dessus- en-dessous, alentours, devant, derrière... Un petit détail, un truc à montrer à Laurence pour la remercier de m'avoir envoyé ici... Mais que dalle ! C'est une chapelle, placée sur un parking fraîchement goudronnée, voilà, c'est tout. oh, tiens, une petite lumière sur des pièces situées à l'intérieur de la crypte...

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Bon, écoute... En tout cas, cela nous aura permis de faire connaissance avec cet homme généreux et de découvrir qu'il n'y a pas que Luis Mariano, Jean Borotra et des rugbymens dans le Pays Basque.

Bon allez, on s'en va !!!!!

Après être passé par Ascain où Jacques Chaban-Delmas repose dans le cimetière du village, j'arrive à nouveau dans le petit village d'Ohlette. C'est encore d'ici que je partirai pour rejoindre le sommet de la Rhune. Mais j'ai prévu de suivre un autre sentier... peut être... si je ne me plante pas...
Je démarre mon ascension du parking d'Ohlette. En suivant l'enfilade de gîtes du village, je vais en direction du petit ruisseau dont je ne parviens pas à lire le nom car il se trouve sur la pliure de la carte IGN ! Arrivé au petit pont qui l'enjambe, au lieu de prendre à gauche en direction de Lauregikoborda (qui n'est pas indiqué, mais je le dis quand même), je pars vers la venta Yasola, ou encore Deskargahandiko Lepeoa. Mais c'est plus simple de dire "Yasola". C'est parti pour je-ne-sais-pas-combien-d'heure de marche et de montée. D'après le blog "Rando64", voici vers quoi je me lance...

AU MENU, CE JOUR
la carte du jour

Durée:  3 heures 20 minutes
Distance: 10,88 km
Dénivelés: + 849 m / - 845 m

 

Je n'ai pas fait dix mètres que, déjà, je tombe en arrêt devant cette vision.

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Hein ? Eh ? Pas mal ? Non, parce qu'à cet endroit, tout le monde s'arrête pour regarder la Rhune, mais personne ne voit cette sculpture ! C'est étrange, non ? Bon, en fait, quand on regarde de plus près, on peut comprendre que quelqu'un est venu taillé l'arbre à la tronçonneuse et qu'il a du partir en urgence pour on-ne-sait-quelle-raison et cela donne ceci.
Bon, en tout cas, la Rhune est bel et bien là ; ce qui tombe plutôt pas mal puisque le but du jour est d'atteindre son sommet.

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Des rumeurs disent que des centaines camions viennent à son pied chaque nuit pour lui retirer de la terre afin de construire l'Ikéa Bayonne 2008 et que, du coup, elle ne ferait plus 900 mètres, mais bel et bien 760 mètres d'altitude. Certains randonneurs qui avaient constaté que leur temps de marche était plus court que celui annoncé par les guides ont tenté d'en parler aux différents offices deu tourisme de la région, mais ils ont ensuite mystérieusement disparu... J'dis ça, j'dis rien ! Tiens, le soleil a du mal à se lever ce matin. Il joue à cache-cache avec les nuages et les fougères qui ont revêtu leurs couleurs automnales, composée de marron, d'orange et de jaune foncé.

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Photo pas très intéressante, posée à ce moment du billet
afin de faire diversion quant à la rumeur dont il ne faut pas parler

Après je-ne-sais-pas-combien-de-minutes-de-marche, j'arrive à un premier palier ; celui -là même où se trouve la Venta Yasola, dont je ne parlerai toujours pas aujourd'hui, mais dont tu peux retrouver les photos, prises un autre jour, ici : YASOLA, épisode 3.
Il y a beaucoup de monde car c'est l'heure de l'apéro... Putain, mais je suis parti à quelle heure, moi, bordel ?! Et je vais arriver à quelle heure au sommet ?! Pas de panique.
Je passe au-dessus de Yasola par une petite sente. J'évite le bois de Sugizeaga dans lequel se sont réfugiés quelques brebis. Peut être les mêmes qu'hier. Après une montée assez raide due au fait que je me suis planté de chemin en voulant aller vite, j'arrive sur un espace herbeux dégagé d'où s'affiche une vue première vue dégagée sur la côte basque et les monts espagnols. A ma gauche, un sentier s'en va vers la cime du rocher de Subizia ( ♪ "je te veux si tu veux de moi" ♫ ). Cela semble être un très beau point de vue avec une montée de belle facture, mais il y a déjà du monde qui s'est emparé des lieux DONC je passe tout droit afin de trouver un coin plus tranquille.
Après quelques mètres, j'arrive non loin à côté de la mini-Rhune... Si, si, si. Tu as La Rhune, la Petite Rhune et la mini-Rhune. Elles sont toutes les trois dans un alignement composé par un dégradé d'altitude. C'est le moment de boire une mini-bière... une petite bière.

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Bon, là, sur la photo ci-haut, on ne voit pas très bien la mini-Rhune car elle est caché par une petite bière, mais elle est bel et bien là, comme tu pourras le voir plus tard.
Le cul posé dans une herbe grasse et confortable, je peux admirer de façon posé un premier panorama sur la côte basque. Enfin, c'est ce que je croyais, mais il y a beaucoup de passage.

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         Un homme qui chante fort à son enfant pour qu'il s'endorme                                        Une femme avec de grosses lunettes                         
                                                                                                                   qui tentent d'instruire des enfants pour qu'il reste éveillés

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Un chien qui passe, s'arrête, me regarde et repart

Après plus de deux heures d'attente, finalement, je parviens à être seul face à la baie de Saint-Jean-de-Luz... encore... ben oui...

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Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Je vais pas te poser une photo de la Tour Eiffel ou du pont de Brooklyn, on ne les voit pas du pays basque. A la rigueur, pour changer, voici une vue sur le col d'Ibardin que l'on aperçoit aussi de là où je suis.

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Ou encore du chemin de randonnée que nous avons pris hier...

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Durant cette attente, je n'avais pas remarqué que le soleil était parvenu à se débarrassé de ces nuages laiteux encombrants et accrocheurs. Le ciel bleu éclate à présent de mille feux et les rayons solaires viennent se poser sur les multiples couleurs des fougères automnales.

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Rhune, Petite Rhune et mini-Rhune

 

Aaaaaaaaah !!! Quand je vois ce soleil, ce ciel bleu, ces couleurs !!!! Ohlalala, ça m'donne envie de courir dans les fougères çaaaaaa !!!!

Mais il me faut avancer. Je quitte le plateau de Subizia ( ♪ "je te veux si tu veux de moi" ♫ ) pour rejoindre le sommet de la Petite Rhune, situé à 700 mètres d'altitude selon les organisateurs, et 689 mètres selon la police.
De là-haut se dégage bien évidemment une très belle vue sur la baie de Saint-Jean-de-Luz...

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...ainsi qu'un panorama sur les montagnes basco-espagnoles sur lesquelles on peut tout de même apercevoir les Ventas du Col d'Ibardin.

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Maaaaaaaiiiisssss ce qui retient de prime abord l'attention, c'est le magnifique cairn placé au bout de la montagne.

Regarde, il est là !

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C'est parti pour faire le tour de l'édifice, exposé plein vent !

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  Petite Rhune et baie de Saint-Jean-de-Luz                                              Petite Rhune et Rhune              

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Petite Rhune et Océan 

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Voilà. C'est beau, c'est prenant, c'est vivifiant. Je continue en marchant sur la crête de la petite montagne.

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Lumière naturelle sur paysage espagnol

Au bout de celle-ci se trouve un bloc de béton indiquant qu'il y a des cromlechs à cet endroit.

DSCN1786Ah... Bon... Ici, comme on peut le voir, ce n'est pas évident. Toutefois cependant encore bien même que ne, cela nous permet de nous recueillir en repensant à ces temps anciens où La Rhune   -,ou Larrun, dérivé de "Larre" qui veut dire "lande", était encore recouverte de forêts. Oui : des forêts, madame, monsieur ! Des forêts de hêtres, comme dans de nombreux endroits au Pays Basque, mais de chênes également. On parle d’il y a 8 à 10 000 ans… Aujourd’hui, elles ont disparu ! Le climat océanique chargé d’humidité a eu raison des forêts et de leur sous-bois. Autrefois tapissés de mousse et parsemé de lichens, le sous-bois abritait des espèces appréciant la fraîcheur telles que la salamandre tachetée ou l’armillaire couleur de miel. Mais tout ceci est bel et bien fini.
Aujourd'hui, oui, aujourd'hui, ce sont des fougères, de la bruyère, des ajoncs et des graminées… la végétation typique de la lande, qui s'accommode d’un sol pauvre et érodé, issu de la déforestation. La lande a remplacé les arbres et pris le pas sur les anciennes forêts. Et comme on peut s’en douter, les brebis se chargent de maintenir cette végétation basse, où se cachent le tarier pâtre et la fauvette pitchou.


La non-présence de ces cromelchs nous rappellent donc que les temps changent. Autrefois, les éleveurs habitants du site érigeaient ces monuments de pierre pour pratiquer leurs enterrements. Avec ses 24 dolmens, le massif de la Rhune est le plus riche de tout le pays basque ! Le cromlech est plus récent (-2000 à 0 av. J.C.). On trouve sur la Rhune encore onze de ces anciens cercles de pierre destinés à déposer des restes d’incinération. (d'après "Sites et musées du Pays basque")

 

Un peu plus loin, autre temps, autres moeurs.
C'est la borne frontière n°22 qui apparaît.

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Au sud de celle-ci, c'est l'Espagne.
Au Nord, c'est la France.

              Au sud, l'Espagne...
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Au nord, la France...                          
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Derrière, y'a la Rhune.
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                      Au sud, l'Espagne...
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Au nord, la France...                          
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Derrière, y'a La Rhune.
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Mais donnons plutôt la parole au réalisateur-acteur-scénariste Orson Welles qui nous parle de cette frontière franco-espagnole, du Pays Basque et de ses habitants.Ah oui, ce petit documentaire date de 1950, mais ça n'a pas beaucoup changé... enfin si... mais... Regardons et écoutons.

Intéressant, non ?
Nous aurions pu également parler d'Orson Welles, l'un des plus créatifs réalisateurs cinématographiques. Sa vie, son oeuvre, ses échecs, son héritage artistique. Cette fameuse soirée du 30 octobre 1938 où il fit peur à toute l'Amérique en faisant croire à une invasion martienne par les ondes radios. Et Rosebud ? La Dame de Shangaï ? Le Troisième homme ? Le Procès ? Et La soif du mal ? Oh putain, que de bons films ! On aurait pu parler de son projet jamais abouti sur l'adaptation ciné de "Don Quichotte" qui rappelle celle de Terry Guilliam, jamais aboutie non plus. Et qu'aurait-il fait avec le scénario de "Spiderman postquel" entre les mains ? Et pourquoi ne pas réfléchir sur ce génie exubérant, excellant dans tous les domaines artistiques et qui fut incompris alors qu'il est aujourd'hui considéré comme un réalisateur visionnaire. On pourrait parler aussi... si, si, si... de ses cendres dispersées quelque part en Espagne après sa mort en 1985. Pourquoi ? Comment ? Le tout sans oublier ses ennuis avec le fisc qui l'amenèrent, justement, à venir faire un petit tour dans le Pays Basque.
Quelles impressions ! L'idée d''un pays à cheval sur une frontière, "petit coin isolé sur la planète, pour rester libre et indépendant". Et ce dialogue qui nous renvoie aux mystères de la Rhune abordés lors du précédent billet :
O. WELLES : "- On parle toujours du mystère de la langue basque et de son origine. Au Pays Basque, du côté français comme du côté espagnol, les habitants parlent une langue qui n'a aucune racine dans une langue européenne.
UNE ABORIGÈNE : "- Il existe plusieurs théories défendues par les uns et attaquées par les autres. Seules deux théories sur la langue basque m'ont convaincue : d'abord, c'était la langue du jardin d'Eden. Et l'autre, que c'était la langue du diable."

Oui, nous aurions pu parler de tout cela, nous lancer dans de plus profondes recherches, mais il y a encore un peu de marche pour atteindre le sommet de la Rhune avant la nuit.
Après avoir joué à cache-cache-frontière, j'atteins le col de Zizkoitz, où se trouve la borne frontière n°23. 

Au sud de celle-ci, c'est l'Espagne. Au Nord, c'est la France. Derrière, c'est la Rhune.

STOP !

 

 

DSCN1764aJ'aurais pu passer par les parois du poudingue du versant ouest de la Rhune. Mais non. J'ai pris la contre-allée, comme l'aurait si bien chanté notre regretté Alain Bashung dans sa chanson "Aucun express". Son lancinant, musique répétée, voix en échos, paroles sur-réalistes. Je parcours les derniers mètres qui me séparent du sommet avec cet air en tête. Loin des chemins et des sentes, c'est un début de retour à la civilisation.

 

 

 

Le sommet de la Rhune ! Encore !
Mais, comme toujours dans cette région, la lumière, les paysages, les odeurs et le sons sont différents. Les sens sont en action.
Contrairement à hier où nous avions un ciel un peu laiteux sur les bords, aujourd'hui, qui plus est en fin de journée d'octobre, des éclairs de nuages se sont formés au-dessus des montagnes et de la côte. Étonnantes homogénéité des bandes nuageuses avec un parallélisme régulier.

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Que dire de plus sur ce sommet dont nous avons déjà maintes et maintes fois parlé : CE JOUR-Là, et puis aussi CE JOUR-çI, ou encore CETTE FOIS-çI. Donc ça va bien ! Bon, allez, on va pas repartir sans regarder quelques photos du petit train.

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DSCN3665       la rhune la lune

Je rencontre à nouveau la jeune demoiselle croisée hier lors de ma redescente.
JEUNE DEMOISELLE : "- Dernier train pour la descente... Vous prenez le train... Ah mais je vous ai déjà vu ?
MOI : "- Oui, hier, au même endroit.
JEUNE DEMOISELLE : "- Voilà, c'est ça. Vous dormez sur la montagne ?
MOI : "- Ah non, je redescends à pied comme tous les jours.
JEUNE DEMOISELLE : "- ????"
Et je disparais... Hop... Magie... Rien compris...

La lumière baisse très vite à présent. Il s'agirait de ne pas tarder à rentrer, mais avant cela, j'ai une dernière mission à accomplir et non des moindres.
En effet, le but est maintenant d'assister au coucher du soleil depuis les hauteurs rhuniennes. Aaaah oui : ça doit être magnifique ! Le ciel qui s'embrase sous les derniers rayons du soleil avant que ce dernier n'aille plonger dans l'océan, là-bas, où se confondent ciel et Atlantique. Afin d'assister à ce spectacle sans aucun doute grandiose, je décide de rejoindre au plus vite le petit arbre où j'avais pique-niquer hier midi.
J'emprunte cette sorte de faux sentier qui tente de se montrer à travers les multiples pierres plates du sommet de la Rhune. C'est chiant ce passage lààààààààà !!!!! Putain, on se tord les chevilles, on n'a pas d'appuis, ça glisse ! Fait chiiiiier ! Bétonnez tout ça ! Oui, bétonnez le sommet de la Rhune !!! Une belle chape ! Et après on rajoute un skate-park ! Ouais !!!

Le passage pénible est franchi. J'arrive maintenant à l'arbre de la veille. Souvenons-nous.

HIER, 13h32
la rhune hier

 

AUJOURD'HUI, 17h44
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Incroyable et sans trucages. La Rhune est devenue orange. Fougères, bruyère, ajoncs et graminées se sont colorés pour métamorphoser les paysages.

Derniers rayons de soleil...
mais... mais... Ah ben merde !

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Ah non, mais c'était pas prévu ça !!!!

 

Le soleil devait se coucher sur l'océan et lui donner cette belle couleur rouge-rose là !!! Les paysages devaient s'embraser avant que la lumière ne disparaisse complètement !!!!! Ben... Ben... Ooooooh !!!!
Je reste seul sur le sentier, mon appareil-photo à la main ballante. Putain... C't'acte manqué là ?!

 

La Rhune disparaît elle aussi peu à peu...

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Les pottoks courent dans le sentier vers une destination inconnue, dont eux seuls ont la connaissance.
    
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La baie de Saint-Jean-de-Luz ne s'illuminera pas sous les derniers rayons du soleil.
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À défaut de voir le soleil se coucher,
je regarde le ciel disparaître.

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Bon ben voilà quoi !
Je suis à présent dans le noir et il me reste encore quelques kilomètres à parcourir sur La Rhune avant de rejoindre le parking et la voiture. J'avance tranquillement en écoutant les bruits de la nuit : chants d'insectes, bruissements de feuilles, léger vent dans les fougères,...