Après avoir sillonné la France en long en large, en diagonale, en parallèle (pas facile !) et en symétrie à deux entités variables sans oublier de retrancher le cosinus en multipliant le tout par Pie au carré, Jénorme s'est dit : "Bah eh oh, la France est un bien beau pays, mais si j'allais faire un tour en Espagne pour voir si on mange des churros et de la païella en robe rouge à dentelles tout en regardant des matchs de foot Barça-Real Madrid en buvant deux litres de sangria pour ensuite aller danser le Flamenco sur du Julio Iglesias au milieu d'une arène où a lieu une corrida ?"
Ah ouais, pourquoi pas, tiens ?!
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

 

Au niveau des clichés, je crois que je suis pas mal. J'ai juste oublié de mentionner aussi que les Espagnols parlent très fort (non, ça c'est vrai !), qu'ils bouffent des tortillas à tous les repas et qu'ils dorment toute la journée.
Remettons les choses en place après ces quelques moments de racisme primaire !

 

RÉSUMÉ DES ÉPISODES PRÉCÉDENTS

Ce voyage à Moraira se passera avec Mélanie et Fifou.
Fifou et nanie

Mélanie est la fille de Fifou ; ce qui fait du coup que Fifou est le père de Mélanie.
Jusqu'ici, tout va bien, tout le monde suit.


Au début, Mélanie et Fifou devaient partir tous les deux en octobre 2014, mais par un concours de circonstances que je ne saurais expliquer ici car ce serait trop long, nous nous sommes retrouvés à partir tous les trois.
Au début, on devait partir pour le Maroc, ou la Tunisie, ou l'Egypte, ou le Mali, ou la Namibie, ou la Côte d'Ivoire, ou la Mauritanie, ou le Sénégal en avion pour une semaine tout compris dans un hôtel avec grande piscine donnant sur la plage.
Et puis, les choses ont évolué. C'est la vie, c'est ainsi.
Il a ensuite été question d'aller à Casablanca en avion pour voir la mer et profiter de la douceur du climat d'automne marocain. Prises d'otage au Mali et otage français décapité au Maroc nous ont donné envie d'aller voir ailleurs.
Et puis les choses ont évolué. C'est la vie, c'est ainsi.
Il a donc été décidé d'aller à Marrakech en camion pour voir la Médina et son marché. Mais en regardant les prix de la traversée du détroit de Gibraltar en bateau (environ 400 euros), on s'est dit qu'il pouvait bien aller se faire foutre, tiens !
Et puis les choses ont évolué. C'est la vie, c'est ainsi.
Il a alors été décidé de se rendre en avion en Tunisie près de la mer. Mais vu que nous nous y étions pris un peu tard et que cela tombait en plein dans les vacances de Toussaint, il n'y avait plus beaucoup de places à pourvoir ou alors très chères aussi ; et ce malgré les aides des unes, des uns et des autres (merci Magali pour tes bons plans, mais bon, voilà quoi).
On n'a alors carrément changé notre fusil d'épaule en le passant sous le sacrum avec les métacarpes.
Du coup... Oui parce que là, toi, lectrice-teur, tu es en train de te dire :
TOI : "- Mais finalement, ils sont partis en vacances ou pas làààààààààà ?"
Et moi de te répondre :
MOI : "- Ben ouais, eh con, c'est pour ça que ce billet s'appelle "Moraira, pourquoi pas ?", enfin allons !"

Et comme nous en sommes à nous poser plein de questions, demandons-nous comment nous est venue l'idée d'aller dans ce lieu espagnol qui n'est pas si connu que ça ? Hein ? Ah, ah, ah, ben ouais, alors, on fait moins la maline et le malin, là ?! Parce que, bon, ça parait simple comme ça de dire "J'ai envie de partir ne vacances !". Ouais. Mais c'est également intéressant de savoir comment viennent les idées de destination. Hein ? Non ? Mais si ! Cela fait partie du voyage aussi. Non parce qu'on aurait très bien pu aller ailleurs en suivant les conseils du Guide du Craignosse.

 

Par exemple,
nous aurions pu aller passer
des vacances :

1) Sagada         1) sanatorium de Beelitz-Heilstätten, Allemagne
Aux Philippines                                             À Beelitz-Heilstätten (Allemagne),       
voir les cercueils suspendus                            dans ce magnifique sanatorium abandonné
de Sagada.                                 


1) Mexico, île des poupées
      1) hopital militaire, Cambridge

       À Mexico (Mexique)                                            À Cambridge (Angleterre)

     sur l'île aux Poupées.                                          à l'hôpital militaire abandonné

1) hopital psychiatrique, Parme      1) Le monument abandonné de Buzludzha, Bulgarie
Parme (Italie)                                                                    Buzludzha (Bulgarie)
et son hôpital psychiatrique abandonné    et son ancienne salle de congrès soviétique

1) Lukova, Rep Tchèque       1) chateau de Leap, Irlande
               À Lukova (République Tchèque)                         Au château de Leap (Irlande),   
dans l'église Saint-George                                l’un des châteaux
une partie du toit se soit effondrée                     les plus hantés dans le monde
lors d’une messe funèbre en 1968
.                                                                                                          

Ou encore une semaine de détente complète à Pripyat, en Ukraine,
tester les effets du nucléaire sur nos corps et nos esprits.


Mais finalement non. Disons simplement que les choses ont évolué. C'est la vie, c'est ainsi ; et après réflexions, débats, dialogues, pourparlers, suppositions, congestion, controverses, délibérations et rationalisation...

ATTENTION
Un mot incongru s'est glissé dans ce début de phrase,
retrouve-le et gagne ton poids en éponges Stompex.

 

BREF : on a penché pour la Costa Blanca. C'était une distance assez raisonnable à faire en camion pour être dépaysé et trouver un climat agréable en cette saison de Toussaint propice aux inondations.
MAAAAAIIISSSS attends ! C'est pas le tout de dire : "Ouais direction La Costa Blanca, fous les valises dans le camtar et on s'casse, on s'en branle !"
Ah non, parce qu'au début, on devait partir pour un petit périple allant de Torre Haradada situé au Sud de la Côte Blanche à Perpignan qui n'a plus rien à voir avec cette même côte Blanche, ni même l'Espagne.
Et puis les choses ont évolué. C'est la vie, c'est ainsi. Finalement, nous avons décidé de nous poser dans un seul endroit pour la semaine, histoire de bien se reposer.
MAAAAAAIISSSSS attends ! Sur La Côte Blanche, ce n'est pas si facile que ça quand tu veux un peu de calme, des beaux paysages et peu d'immeubles. Non, non, non.
Le mieux, c'est de regarder sur Internet et quand tu tapes direct sur Google search "Côte Blanche" pour voir des photos chatoyantes et amicales, eh bien tu tombes là-dessus :

Recherches côte blanche

Alors, bon, ok : passer une semaine à l'arrière d'un C15 à écouter de la musique techno de merde à fond, propulsée par des baffes de 15214 décibels, c'est pas banal, comme dirait Yolande...

...mais nous, ce que l'on cherchait, c'était plutôt du calme et du repos.
Nous avons donc ajouté le mot "Espagne" à notre recherche Google qui comprenait à présent les mots suivants "Côte Blanche Espagne" :

Recherches côte blanche espagne

AH ! C'est mieux. Nous ne comprenons pas vraiment la présence de cette poubelle qui crame au milieu à droite, ni ce générique de documentaire sur la ville du Havre juste en-dessous, mais c'est déjà mieux.
Affinons encore un peu et après je te fous la paix avec ces recherches que tu peux faire toi-même. Et si on tapait "Costa Blanca", hein ? Si on se mettait déjà un peu à parler espingouin, histoire de rentrer dans le moule. Voyons.

Recherches Costa Blanca

Ouais !!! Y'a de la plage, de la mer bleue, du sable blanc, du palmier, du soleil. Ça a l'air pas mal !
MAAAAAAIIISSSSSSSS, sur quelques photos éparses et dispersées dans cet inventaire d'images mises bout à bout par la magie internétienne, il y a quand même quelque chose qui choque. Putain : y'a de saloperies de gros immeubles sur le bord des plages !!!! Et nous, c'est pas ça qu'on veut !
Ce qu'on veut, c'est pas du béton, c'est de la petite maison !
Ce qu'on veut, c'est pas des ordures, c'est de la verdure !
Ohlalala, c'est beau comme une comédie musicale ce que j'écris là !
Ce qu'on veut, c'est du silence, du dépaysement, des plages sans touristes, une eau turquoise... mais pas d'immeubles de 800 mètres de haut !
Alors, nous sommes obligés d'affiner encore nos recherches. Et dire qu'au départ, on devait prendre simplement l'avion pour l'Afrique du Nord ou du Sud...
MAAAAAAAAIIISSSSS, bon : on trouve un petit village de pêcheurs, qui n'en est peut être pas un, situé près de la mer, sans immeubles. C'est même le seul de toute la Côte Blanche-Costa Blanca-Espagne à ne pas avoir de ces grandes bâtisses dé-paysageantes. Et ce "village", c'est Moraira.

 

C'EST PARTI !

Non, non, non ! Attends, oh !

 

Il faut trouver une maison ou un appart' avant de se lancer vers l'inconnu comme ça !
En trois recherches et trois mails, l'affaire est conclue. Nous trouvons un petit appartement, peut être sympa, à Moraira. Quelques photos regardées sur l'ordinateur, un petit explicatif sur les lieux. Le nom est marrant : Guatipiti. On se voit déjà dans les îles en train de siroter des punchs-coco sur la plage de sable fin.

1) guatipiti
C'te terrasse de guedin !!!!!

À 100 mètres de la plage, trois chambres, deux salons, deux terrasses, deux salles de bain ! Tout ce qu'il faut pour passer des vacances séparément au cas où on se prenne la tronche.
Oui parce que ça aussi, il faut y penser !
Nous réservons, nous payons, nous sommes fin prêts à partir.

 

DE NOS JOURS...
ENFIN L'AUTRE JOUR, EN OCTOBRE

Nous sommes très précisément le 20 octobre 2014. Il est 8 heures du mat à Cherchebruit (64) et dans le reste de la France. Nous montons dans le camion, direction Moraira. 698 kilomètres à parcourir pour une durée approximative de 7h30 de route.
Dans un premier temps, pour rejoindre l'Espagne, nous passons par Sare, ville du gateau basque. Nous suivons le petit ruisseau au nom interminablement imprononçable de Lizuniakago Erreka, sans toutefois rouler dans son lit. A notre droite, la Rhune se réveille aussi en tentant d'extirper son sommet d'une brume matinale vagabonde.
Dix minutes plus tard, nous passons le col de Lizuniaga, culminant à une hauteur vertigineuse de 250 mètres. Nous sommes en Espagne. Ben oui, déjà ! Nous nous sentons complètement dépaysés. Les gens ne parlent pas comme nous, ne s'habillent pas comme nous, ne mangent pas comme nous, ne marchent pas comme nous, ne vivent pas comme nous.
Nous redescendons à présent sur la ville de Vera-Bera, bien connue pour son carnaval qui n'a pas lieu à la Toussaint. Souvenons-nous de cette visite que nous avions faite avec Maître Arnaud il y a quelques années.
Clique sur la phrase colorée ci-dessous et découvre un univers rempli de féerie et de sangria.

CARNAVAL À VERA/BERA
Vera bera, carnaval

 

Et puis, maintenant, c'est l'autoroute ! Tout le temps ! Jusqu'à la Méditerranée ! Quand nous sortirons de celle-ci, nous serons à Moraira... sauf si on se perd à Pampelune. Et ce fut le cas. Mais cela nous a permis de voir ce magnifique rond-point tout en tôle et représentant avec grâce et panache l'espoir, la vie, tout ça :

Pampelune, rond point

Les kilomètres défilent. Nous avons décidé sans en parler de ne pas mettre la radio. C'est bien dommage car, pour une fois, nous aurions capté les fréquences espagnoles qui, contrairement aux françaises, ne diffusent jamais de chansons de Jean-Jacques Goldman. Non, mais franchement, je ne sais pas si ça te le fait aussi, mais à chaque fois que je monte dans ma bagnole et que j'allume la radio, il y a une saloperie de chanson de Goldman ! Cela fait 13 ans qu'il n'a pas sorti un album et on entend que lui sur les FM et les grandes ondes ! Et si c'est pas lui qui chante, c'est les Enfoirés du Coeur ou M.Pokoslip, ou Jennifer, ou Dal, ou... Fait chier ! On se croirait à GoldmanLand !
BREF : pas de radio, pas de musique. D't'façon, j'm'en fous : moi, j'ai un air en boucle dans la tête pendant que les paysages tantôt désertiques, tantôt urbains s'enchainent.

Tiens le voilà :

Tafalla, Olite, Tudela... ça sent bon le désert des Bardenas. Le parc naturel est trop loin pour que nous puissions l'apercevoir depuis le camion. Par contre, nous voyons très bien les éoliennes et les nombreux panneaux solaires qui peuplent la région. De véritables armées d'hélices d'acier se dressent sur les monts navarriens.

DSCN4202

panneaux solaires
Photo : Bivouac 4×4net                                            

L'éolien est ainsi la première source d'énergie électrique d'Espagne avec 21,1% de la production, juste devant le nucléaire (20%).
Le photo-voltaïque ne représente, lui, que 3,1% de la production. L'utilisation de ce procédé énergétique avait été soutenu à partir de 2004 par la mise en place de politiques de soutien. En 2008 s'est produit un "boom" dans l'installation de panneaux photo-voltaïques, propulsant l'Espagne au rang de premier producteur d'énergie solaire du monde. Mais cette progression a été stoppée en 2012-2013 par la suspension des aides, précipitant des milliers de particuliers dans l'endettement. Reste des champs couverts de panneaux solaires non rentables, des arbres arrachés en masse, des familles endettées et une électricité plus chère. Toutefois, il y eut aussi des gagnants : les fabricants de panneaux solaires allemands et chinois.
C'est con, ça partait d'un bon sentiment d'utiliser les énergies renouvelables plutôt que le nucléaire.

Quelques kilomètres plus loin, un autre visage de la crise espagnole apparaît.
Nous passons à hauteur de Saragosse, ou Zaragoza, où fut signé en 1529 entre Espagnols et Portugais pour le partage des découvertes du Nouveau Monde. Nous contournons la ville par la rocade afin de rejoindre la partie du sud. Une étrange disposition d'immeubles au milieu d'un mini-désert se présente à nos yeux. C'est Arcosur.

 

ARCOSUR
saragosse arcosur

Photo : ForosNet

En 2008, l'Espagne voit des pans entiers de son économie s'effondrer, à l’image du secteur de la construction. La bulle immobilière des décennies précédentes, fruit d’une spéculation délirante, a éclaté sous l'impact de la crise, laissant des centaines de milliers de travailleurs sur le carreau et parsemant le paysage des stigmates laissés par les chantiers inachevés.
Ici, à Saragosse, dans cette partie sud de la ville, il était prévu de construire plus de 27 000 foyers sur une superficie de 435 ha. Au niveau des infrastructures, il comporte un réseau routier de 45 km distribué en 90 rues, une piste cyclable de 20 km, 78 km de réseau d'approvisionnement, 45 km de réseau de collecte d'eaux de pluie, 35 km pour l'assainissement et 37 km de conduites pour le réseau d'arrosage, ainsi que des réservoirs d'approvisionnement d'une capacité de 20 000 m3, des bassins d'irrigation (9 000 m3), des lacs (180 000 m3) et un terrain municipal de golf à 18 trous.  Il dispose également d'un réseau de collecte de déchets ménagers par aspiration pneumatique enfouie par un réseau de 16 km. (sources : Quartier Arcosur)

arcosur
Photo : Quartier Arcosur

Mais la crise bloqua ce chantier pharaonique à partir de 2011. Depuis, il reste un paysage fantomatique où quelques immeubles éparses se distinguent sur des lambeaux de terre vierges.

 

Nous roulons à présent en direction de Teruel sur l'A23. Là encore, nous traversons des paysages semi-désertiques au charme westernien. Nous nous posons d'ailleurs la question du jour.

 

LA QUESTION DU JOUR
"Les westerns spaghettis ont-ils été tournés dans cette région de l'Aragon ?"

La réponse est non. Voilà ! Merci. Salut.
En fait, Sergio Leone et autres réalisateurs italiens ont tourné leurs films dans le désert de Tabernas situé plus au sud, dans la région d'Almería.
Oui, oui, tu as raison  -, même si tu n'y pensais pas du tout,-  cette fameuse ville d'Almeria que dont parle Gainsbourg à la toute fin de sa chanson "The initials BB".

L'HISTOIRE : "Initials B.B. est une chanson française écrite, composée et chantée par Serge Gainsbourg entre février et avril 1968. La chanson est une évocation poétisée de la relation qui a uni Serge Gainsbourg à Brigitte Bardot en 1967. Elle emprunte à la Symphonie n° 9 dite « Du nouveau monde » de Dvořák pour la musique, et au poème Le Corbeau d'Edgar Allan Poe pour les paroles d'ouverture. Le narrateur y parcourt le roman L'Amour monstre, de Louis Pauwels, que Brigitte Bardot avait conseillé à Serge Gainsbourg en disant : « Lis ça ! Tu pourrais le méditer, c'est un ouvrage tout à fait pour toi ! Il est écrit à coups de fouet : ça claque à chaque page ! ». L'héroïne y prononce « Almería » : c'est le lieu de la rupture définitive entre Serge et Brigitte Bardot : elle part y tourner le film Shalako avec Sean Connery ; Gainsbourg ne la revoit plus jamais après ce départ." WIKIPEDIA


Ce désert des Tabernas est doté d'espaces vierges ressemblant aux paysages de l'Arizona ou du Nevada avec des conditions météo exceptionnelles, des steppes, des dunes, des ravins, des collines et des canyons. A partir de 1964, la main d'œuvre bon marché et la facilité d'accès à quelques kilomètres de grandes villes avaient fini de convaincre les réalisateurs de ce style cinématographique à privilégier le désert espagnol aux plaines américaines.

 

Les couleurs de la terre varient. Du rouge ocre au jaune...ocre aussi. De l'ardoise grise, de l'argile brune ou claire, ce calcaire blanc grisâtre. D'immenses plateaux se succèdent entre deux chaînes de montagnes aux crêtes dentelées et acérées.

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Certes, on ne se rend pas bien compte comme ça là sur les photos, mais les paysages sont vraiment magnifiques et les noms des villes et villages croisés sont également évocateurs de contrées lointaines. Par exemple, tiens, maintenant, nous passons non loin de Santa Fé qui a le don à la fois de me faire penser au Nouveau-Mexique, mais aussi à cette chanson du groupe Beirut.

 

A hauteur de Cariñena, ce sont des étendues de vignes qui peuplent un plateau, niché entre deux chaînes de montagnes aragonaises. En cette saison automnale, le vignoble explose de couleurs : du rouge, de l'orangé, un peu de vert, marron, rouge,... C'est magnifique.

vignes espagnoles
Photo : Uvinum


L'autre particularité de cette autoroute, et des autoroutes espagnoles en général, c'est qu'elles exhibent par moment des sculptures tout en ferraille assez destabilisantes.

Un exemple ? Fastoche !

 

D'autres exemples ? Fastoche aussi !
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C'est ça faire la route. Et on continue !
Nous croisons pêle-mêle au hasard des rencontres quelques situations, quelques gens, des hôtels, un chemin de croix vertigineux et des noms de bled fantastiques.

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Teruel, La Puebla de Valverde, Barracas, Jérica, Navajas, Soneja, Torres-Torres... Et puis, là, face à nous, au loin, à hauteur de Los Monasterios, pour la première fois depuis que nous sommes partis : la mer Méditerranée . Première vision de la grande bleue... je sais pas si on l'appelle encore comme ça... Fini le désert. Finis les rochers couleur ocre. La végétation est ici luxuriante, verte, grasse, abondante et variée.
Nous atteignons la banlieue lointaine de Valence. Sa communauté est reconnue pour être la troisième région productrice d'agrumes au monde et représente 18% des exportations mondiales d'agrumes.
C'est ainsi qu'en bordure de route, nous voyons une multitude d'arbres fruitiers : orangers, citronniers, clémentinier, mandarinier ; mais aussi des amandiers, des figuiers et autres néfliers.
200 kilomètres plus tard en suivant l'A7, nous arrivons à Benissa. C'est ici que nous quittons définitivement l'autoroute pour nous plonger sur les routes sinueuses des villes de la Côte Blanche afin de trouver l'agence de location qui nous filera les clés de l'appartement.

Bon, apparemment, il ne devrait pas y avoir de problème. On entre l'adresse de l'agence dans le GPS qui nous dit de sa voix rocailleuse et répétitive par où passer afin d'atteindre notre but et on n'en parle plus.
MAAAAAAAIIIIISSSSS ce n'est pas si simple ! Ah que non ! Après quelques kilomètres dans Bénissa, puis à travers Moraira, nous arrivons à l'adresse indiquée par le plan de l'agence et par le GPS. Malheureusement, ici, point d'agence. Non.. Par contre, il y a un bar-restaurant portant l'humble nom de "The king of the Tapas". Nous appelons l'agence qui ne sait pas comment nous renseigner car elle ne sait pas où nous sommes. Heureusement, après quelques minutes d'attente à faire le point, le "The king of the Tapas" vient nous voir en parlant un français approximatif, mais très compréhensible.
THE KING : "- Mais pourquoi vous demander pas, hein ? Qu'est-ce que vous cherchez quoi ? Une agence de location appartement non ? Si. Elle est pas là. Chaque fois, les gens viennent ici et sont perdus. L'agence n'est pas à Moraira. Il faut aller à Calp ! Alors, faut demander."

Putain, mais il nous engueule, là, le roi des Tapas ?! On le remercie avec le sourire. Il nous file une centaine de prospectus de son établissement à refiler à l'agence et nous prenons la route de Calp.
Quelques kilomètres plus loin, nous finissons par trouver l'agence Guzman. Nous entrons, nous parlementons pour leur signaler que leur adresse est fausse et que cela fait plus d'une heure que nous les cherchons sans que personne de leur établissement ne puisse nous renseigner par téléphone.
Un café à la main et le sourire aux lèvres, surgi d'une arrière-salle dont nous n'aviojns jamais jusqu'à présent imaginer la possible existence, c'est notre intermédiaire Juan José. Et il est désolé Juan José.
JUAN JOSE : "- Eh oui, on sait, mais notre site n'a toujours pas été mis à jour et les GPS envoie les clients à l'autre bout de la ville."

Ah ben ouais, mais merde là oh, on vient de se taper 700 bornes dans le désert nous, là, oh, hein, bon ?!
JUAN JOSE : "- Notre chauffeur va vous amener à votre appartement Guatipiti pour pas que vous vous perdiez."

Juan José re-disparaît dans cette arrière salle incroyablement mystérieuse où il semble se passer des choses insoupçonnables. Nous attendons dix minutes. Juan José revient.
JUAN JOSE : "- Bon euh, désolé, mais notre chauffeur doit partir très loin pour guider d'autres gens donc ça va pas être possible."

Juan José nous file un plan de Moraira avec le lieu précis où se trouve notre résidence. Un cercle au stylo Bic bleu pour situer très précisément Guatipiti 6. Apparemment, c'est tout droit, il ne devrait pas y avoir de problème.
Quelques kilomètres plus tard, nous arrivons à Moraira... encore... mais cette fois-ci avec les clés de l'appartement que nous avons loué pour une semaine. Nous traversons la ville en longeant la mer. La plage, le port, le centre-ville, un parc. Ça a l'air très calme et c'est tant mieux. Nous arrivons à hauteur d'une petite baie prénommée le Cap d'Or. C'est apparemment dans ses parages que se trouve l'appartement.
Après avoir échoué dans un cul-de-sac, nous garons le camion et décidons de poursuivre nos recherches à pied. Après quelques minutes...encore!..., ça y est : nous sommes face à l'entrée de Guatipiti 6.

 

DANS NOTRE PROCHAIN EPISODE

Mais que se cache-t-il derrière ce nom exotique de Guatipiti 6 ? Y'at-il bien deux terrasses, deux salles de bain, trois chambres et un presse-agrumes ? Et Moraira, hein ? C'est quoi ça Moraira ? Qu'est-ce que ça veut dire ? C'est où ? Qu'est-ce qu'on y fait ? Qu'est-ce qu'on y mange ? Y'a-t-il un bar à Mojito ?