Ah, ah, ah ! On l'avait oublié ce Kaliningrad Tour effectué en juillet 2013 avec Maître Arnaud, hein ? Eh bien, on s'en reprend une petite louche pour parler aujourd'hui du trajet séparant Prora (Allemagne) de Kołobrzeg (Pologne).
Quand, soudain, ne voilà-t-il pas...

 

Ah oui, je me suis levé ce matin en me disant : "Oh merde, on va pas encore parler de l'Espagne dans le blog, là !?"
Je regardais les photos en attente de billets, présentes dans la bécane de l'ordi. Il y en avait de Nocito, de Barcelone, de Moraira, de Paris... ah non, ça, c'est pas en Espagne..., des Trois Couronnes, de la vallée de la Garcipollera, le village abandonné d'Acin...
J'ai continué en gueulant dans le vide "Mais bordel, je passe ma vie en Espagne, c'est pas possible !!!!!" Puis, un éclair venu de nulle part a frappé ma tête pour me faire repenser que, quelque part dans les antres cachées des archives de mes clés USB, d'autres photos étaient conservées ; notamment celles prises lors du périple de juillet 2013 en direction de la Russie, plus communément appelé ici : le Kaliningrad Tour.
C'est parti !

 

RÉSUMÉ DES ÉPISODES PRÉCÉDENTS
C'était en février 2013. Le temps était à la neige. Avec Maître Arnaud, nous avions rejoint le bar communal de Borce pour boire quelques bières belges aux sons d'une musique tranquille et devant un bon feu de bois. En plein milieu d'une partie de fléchettes effrénée, Maître Arnaud s'exclamait :
MAÎTRE ARNAUD : "- Mais moi, il y a un endroit qui m'énerve dans ce monde là, je ne comprends pas ce que c'est, je ne sais pas ce que ça veut dire ni ce qu'il s 'y passe, c'est ce truc là !!!! Au milieu de la mer Baltique !!!"

isthme de courande
Carte : Google maps

Après concertations, échanges, mise en place et bières belges au kilo, nous décidions de prendre la route le 24 juillet 2013 pour aller voir de plus près à quoi pouvait bien ressembler cet Isthme de Courlande. Mais pour cela, il nous fallait tout d'abord passer par différentes villes, différents départements, différentes régions, différents pays en se confrontant à différentes langues, différentes personnes, différentes routes, différents paysages et tout ça, et tout ça.

Kaliningrad Tour
Carte : Google maps

Lors d'une première étape, nous quittions Nevers pour rejoindre Paris afin de récupérer nos visas pour la Russie.
Difficulté première : il nous fallait impérativement être à la frontière le 30 juillet.
Difficulté deux : la personne qui nous a délivré les visas nous a prévenu qu'il était possible que nous ne puissions pas passer avec la voiture.
C'est avec ce doute immense que nous avons traversé la France, puis l'Allemagne en marquant une pause dans la fascinante et contrastée capitale de Berlin avant de nous plonger dans le nord du pays en passant par l'ex-camp de concentration de Ravensbrück. Oui, c'était comme ça : pendant que la plupart des Français partaient chercher le soleil en prenant les routes du Sud de l'Europe, nous, nous nous dirigions plein nord !
Le 27 juillet, nous arrivions à Prora, petite station balnéaire située sur l'île de Rügen. Bien connue pour accueillir en son sein la plus grande auberge de jeunesse d'Europe (400 lits), elle offrait cependant des paysages et une architecture assez monotone, typique début 1936-fin 1942 ; période à laquelle une certaine catégorie d'Allemands se plaisaient à foutre du béton partout dès qu'il y avait un peu de sable vierge.

 

DE NOS JOURS, LE 28 JUILLET 2013
Le jour se lève sur Prora. J'en ai vu des lever de soleil, mais celui-ci sort vraiment de l'ordinaire.

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Ben oui : on ne voit pas un seul millimètre de l'astre solaire. La grande barre de béton de plus de 4,5 km n'a pas bougé depuis hier et masque l'horizon duquel le soleil doit sûrement tenter de s'extirper à cette heure. De toute façon, et malgré certaines polémiques, la barre bétonnée n'a pas bougé depuis 1936 ; époque à laquelle Hitler et ses architectes nazis avaient décidé de construire ici le plus grand complexe vacancier du monde avec possibilité d'hébergements de plus de 20 000 vacanciers. Ces derniers devaient tous avoir une chambre de 5m sur 2,5 avec vue sur la mer. Le bâtiment devait proposer aussi une salle de cinéma, une salle de spectacle de 25 000 places assises, un théâtre et deux piscines.
Alors, puisque le soleil ne parvient pas à surpasser ces six étages de béton, nous allons regarder une dernière fois avant de partir ce déluge de couleurs grisâtres.
Les fêtards de la veille ont bien tout rangé leur bordel. Pas une bouteille vide qui traîne, pas un papier abandonné, pas une trace de vomi. Tout est bien amassé sous la grande table de leur campement. C'est aussi cela la rigueur allemande. Chapeau bas ! En France, ça ferait longtemps qu'il y aurait de la gerbe partout, un mec en train de dormir sous une table, des cadavres de verre éparpillés tout autour du campement, une chaussure qui se reposerait dans un verre, un T-Shirt en train de sécher de nuit sur le toit de la tente du voisin et un mec essayant veinement depuis 4 heures du mat de replier sa tente pour voir si il y arrive.

Non, ce matin,
face à l'immense colosse de Prora, tout est calme !

Pendant que Maître Arnaud reste pantois, je m'en vais faire un dernier tour de la propriété. Ces huit bâtiments identiques, construits entre 1936 et 1939 par l’organisation de loisirs Kraft durch Freude (KdF, en français : « la force par la joie »), sont vraiment impressionnants. Très glauques certes, mais impressionnants.

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Je ne peux pas m'empêcher d'aller fouiner un peu partout dans le moindre recoin. Je regarde, je m'arrête, j'observe. Je pars, je reviens sur mes pas. Ça m'énerve de ne pas trouver LE truc qui ferait dire "Ah oui, ça, c'est Prora !" Je suis face à une telle immensité architecturale qu'il n'y a plus de place pour l'infime détail. Il y a peut être un tag, une entrée, un pans de mur différent avec un écrit, une trace, une tâche différent et symptomatique du lieu. Ce petit truc au milieu du grand tout que personne n'a vu. Je me sens comme un "chercheur d'or" qui pense toujours trouver LA pépite que personne n'a vu. Je vais, je viens, je reviens. Il y a plus de 4,5km à se faire !
Et puis, j'arrête car je vois là-bas, au fond, Maître Arnaud qui commence à s'impatienter. Dans sa posture que je vois en silhouette lointaine, je devine comme une expressivité physique annonçant un "Bon eh oh, on va pas passer toutes nos vacances devant ce tas de béton ?! Y'a de la route avec plein d'autres trucs à voir !"
Je me rapproche donc de notre campement. Nous plions les sacs de couchage et les tentes. Dernières minutes face au "Colosse de Rügen". Encore un petit tour au bureau de l'auberge de jeunesse pour voir s'ils n'ont pas reçu de nouvelles cartes postales depuis hier soir... Non, rien !
Je voulais envoyer un souvenir original du lieu à Alban pour le remercier de nous avoir conseillé cette halte sur notre périple, mais pas moyen ! Dommage, j'aurais également pu utiliser les nouveaux timbres-poste "Liquide de la tête" qui viennent juste de sortir.

 

VOICI LE NOUVEAU TIMBRE MARIANNE

"La nouvelle Marianne 2013 je l’ai voulu buraliste,alcoolique,obèse et couverte de plaques à cause de l’insécurité". Ainsi s’exprime Stanley Liquide,à qui le gouvernement a demandé de "relooker"  l’égérie républicaine, pour la somme de 955.000 euros.

timbre liquide3 milliards de timbres imprimés chaque année
François Hollande a dévoilé le nouveau timbre devant une délégation d’élèves ayant participé au vote,ainsi que le chanteur Harry Connick Jr, et des psychiatres qui jouaient au Puissance 4 contre des compagnies de théâtre de rue.

 

Pour les lycéens, mon combat est celui de la République
A la question “manga,où bien ?” le jeune (42 ans) Stanley Liquide s’emballe et ses yeux deviennent rouges : “Je n’ai rien voulu fusionner du tout. Il se trouve que Madame le Pen (bonjour Madame) risque d’être élue bientôt ,alors je n’ai pas voulu prendre de risque en représentant vous savez…..en représentant une… vous savez bien,quoi?.. en représentant…une “Nord Africaine” “.

Une tradition depuis 1944
Le choix final du “président de quelques français” est finalement intervenu : “Notre Marianne , nous l’avons voulu  un symbole de la république, avec des fesses plutôt forte parce que c’est là que vont mes préférences”.

L’opposition a vu dans le choix de cette Marianne une provocation : “les buralistes ,il y en a trop , ils n’ont qu’à rentrer chez eux si la France ne leur plaît pas” a même déclaré un député de l’Extrême-centre . Une critique qui ne semble pas vraiment atteindre le très jeune (à peine 42 ans) Stanley Liquide, qui répond “mon timbre représente la jeunesse , l’égalité, le combat pour l’avenir et la lutte des oiseaux qu’on jette sur des cochons verts pour leur faire tomber des caisses en bois dessus et les détruire, comme dans Angry Bird”

Des menaces de mort
La vie de Stanley est menacée par sa création, chaque jour plus de 8000 e-mails lui parviennent ,qui le préviennent de “faire attention”.
"Je reçois des menaces de mort tous les jours , mais c’est parce que je suis libre et que je suis un artiste complet et total dans le sens tel que l’a définit André Malraux, (où bien Goebbels je ne sais plus).Mais ce n’est rien par à rapport au soutien et à l’énorme amour que je reçois en contre-partie de la part des prostituées, que je fréquente parfois . L’une d’entre elles m’a même envoyé son soutien-gorge avec des "mon chéri" dedans alors, vous voyez"

CONCLUSION
En tout cas , une drôle histoire que la petite république de France…n’est pas près d’oublier." 

LE LIQUIDE DE LA TETE INTERNATIONAL

 

Allez, on s'casse !

Voiture chargée, nous quittons le jardin de Prora, puis son parking, puis son complexe. La route s'élargit et... nous entendons un bruit de tintement métallique, un peu comme des pièces qui tomberaient du ciel. Peut être venons-nous de rouler sur ce trésor caché des nazis dont on n'arrête pas de parler à Canfranc (Espagne) ou encore à la frontière tchéquo-allemande, sous les monts Métallifère ? Ou peut être sont-ce des restes du butin du pirate Klaus Störtebeker ?

 

KLAUS STÖRTEBEKER

Störtebeker_Highlight_Hamburg_Museum"Klaus Störtebeker est une figure emblématique des côtes de la mer Baltique. C'est dans le village de Ruschwitz sur cette île de Rügen, que serait né en 1370 le célèbre pirate. Un jour, alors qu'il était au service d'un maître et qu'il avait très soif, il s'approcha de la chope de bière de ce dernier et absorba une grande lampée du breuvage. L'ayant vu faire, le maître le fit enchaîner et lui fit affliger une sévère correction. Mais le jeune homme était d'une telle force qu'il brisa ses chaînes et mit à mal ses bourreaux.  S'enfuyant dans un bateau de pêcheurs, il atteignit le Cap Arkona, où il rencontra Michael Gödecke, chef d'une bande de brigands de sinistre réputation. Avant d'être admis parmi eux, il dut accomplir quelques tours de force, ce qui ne lui causa aucun problème. Il devint alors l'un des pirates les plus redoutés de son époque et se mit à écumer les mers, jusqu'à ce que, trahi par l'un de ses compagnons, il finisse par être arrêté en 1401 à Hambourg et condamné à périr sous le couperet. Son dernier voeu (saver de la mort quelques-uns de ses fidèles) fut exaucé.
La légende raconte qu'il aurait caché son butin dans les falaises des Stubbenkammer et qu'une fois par an, un bateau à voiles, conduit par les ombres fantomatiques des flibustiers, hante les lieux...
Une autre version dit que le nom "Störtebeker" vient de l'expression « Stürz den Becher » (« déverse le gobelet »). Effectivement, toute nouvelle recrue devait vider, comme le capitaine, un gobelet géant (4 litres) rempli de bière (ou de vin), en une seule gorgée." 
LE GUIDE VERT MICHELIN (photo : musée Hambourg)

 


Eh bien non. Pas de trésor nazi, pas de butin de pirate ! Ce bruit de pièces provient tout simplement du portefeuilles que Maître Arnaud avait oublié sur le toit de la voiture et qui venait de tomber sur le bitume. Demi-tour, ramassage, passage de la police allemande qui se demande ce que nous faisons, grand rire de Maître Arnaud, on remballe, on continue !

Au programme aujourd'hui : quitter l'Allemagne pour se rapprocher le plus possible de Gdansk, en Pologne. Seulement 580 bornes séparent ces deux destinations... Mais oui, c'est rien ça !!! Toutefois, comme nous n'avons pas prévu de faire du rapido-tourismo...

Tiens, ce mot rapido me rappelle ce fabuleux générique-télé
de la fin des années 1980 !

Bon Bref !

Toutefois, comme nous n'avons pas prévu de faire du rapido-tourismo, eh ben on verra bien où on échouera ce soir quand on en aura marre de rouler !

Pour commencer ce périple du jour, nous prenons la route qui nous conduit à Binz ; c'est à dire complètement à l'opposé d'une des curiosités incontournables de l'île de Rügen : le Königssthulh, que l'on peut traduire en français par "La chaise du Roi".
Le Königssthulh est apparemment une falaise de 117 mètres de haut dominant l'impressionnante côte calcaire escarpée qui surplombe la mer. Par jour ensoleillé, on aperçoit ce rocher blanc entouré de verdure brillant de tous ses feux au-dessus de la mer bleue foncé.

stubbenkammer
Photo : Landhotel Ulmenhof

Un véritable paysage de carte postale (à envoyer avec les timbres Liquide) qui inspira le peintre allemand Caspar David Friedrich, dont nous avons déjà parlé, mais dont on va quand même reposer ici l'un de ses tableaux les plus célèbres regarder avec attention par deux personnes anonymes :

Caspar David Friedrich
Photo : DW de

Non, nous n'irons pas ici !
On n'est pas venus sur l'île de Rügen pour voir la nature, on est venu pour admirer du béton ! Et puis, moi, ça me rappelle toutes nos plages océaniques françaises ces grosses blocs allemands ! Ah oui, je te l'avoue : la France me manque déjà ! Ça fait quatre jours qu'on est parti et je me sens perdu ! Les gens ne parlent pas la même langue que nous, ils ne bouffent pas pareil, ils ne rangent pas comme nous, c'est le bordel !!!!

 

MAIS CONTINUONS !

Une fois passé Binz où nous ne nous sommes pas arrêtés car nous y étions déjà la veille, nous traversons la forêt de Granitz.

Rien à voir avec les barres de céréales
que les gens bouffaient en regardant Patrick Edlinger
grimper des montagnes à doigts nus !

Non, la forêt de Granitz,c'est je-sais-pas-combien d'hectares et au milieu, mais pas tout à fait, de laquelle on trouve le Jagdschloss Granitz, pavillon de chasse souhaité par le prince Wilhem Malte Ier von Putbus.

JAGDSCHLOSS GRANITZ

jagdschloss_granitz_c_Michael_Eichhorn_Fotolia_comSitué sur le Templeberg, point culminant de Rügen-Est à 107 mètres d'altitude, ce pavillon de chasse de style Tudor néogothique se dresse tel un château massif avec ses tours rondes crénelées. Un belvédère d'une hauteur de 38 mètres fut érigé en 1844 dans la cour intérieure, d'après les plans de Karl Friedrich Schinkel. Les 154 marches d'un superbe escalier en colimaçon en fer forgé permettent d'accéder à la plate-forme offrant une vue époustouflante sur lîle de Rügen.

Jagdschloss_Granitz_Treppe
Photos : MvTravel et Wikipedia

Ça a l'air magnifique. Mais nous n'irons pas ! Voilà, ça, c'est dit ! Nous continuons à rouler.
Hier soir, à Binz, lorsque je regardais les cartes postales locales dans les boutiques à souvenirs, j'ai vu sur l'une d'entre elles une sorte de grosse maison posée sur une jetée en bois. Cette curiosité se trouve apparemment à Sellin, c'est à dire à 18 km de Prora.

                    "Sellin" que l'on prononce
                    "Céline", comme l'écrivain.
                      céline

ou "Céline"                                   
comme la chanson d'Hugues Auffray.                                   
hugues-aufray céline
                                   

"Dis-moi Céline, les années ont passé,
Pourquoi n'as-tu jamais pensé à te marier ?
De tout's mes sœurs qui vivaient ici, Tu es la seule sans mari
"

Allez, tous ensemble, on chante !!!!

"Non, non, non, ne rougis pas, non, ne rougis pas
Tu as, tu as toujours de beaux yeux
Ne rougis pas, non, ne rougis pas
Tu aurais pu rendre un homme heureux"

 

En même temps, ça change de Daft Punk et son casse-couilles "Get lucky" !?
Quelques vingt minutes de route plus tard, nous trouvons "la chose".

 

SELLIN
(Allemagne)

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Et cette chose que l'on ne peut pas manquer lorsque nous nous rendons à Sellin, c'est bel et bien cette grande bâtisse en bois posée sur la grande et longue jetée en bois aussi, encore appelé en allemand la "SeeBrücke", que l'on peut très facilement voir se détacher de la côte si on regarde la ville par satellite.

Sellin, google map 2
Photo : Google maps

Sur cette photo satellite, on voit bien également que Sellin a poussé au milieu des arbres de la forêt de Granitz. Mentionné sous le nom de "Zelinische beke" (la "baie verte") en 1295, c'est en 1880 que la station balnéaire naît. Son développement est confié en 1898 au marchand Hermann Holtz qui créé le centre de balnéothérapie.
Beaucoup d'Allemands et d'étrangers viennent y passer leurs vacances, comme Albert Einstein en été 1915, ou Sophie Taeuber-Arp en 1923.
En 1953, comme dans toutes les stations balnéaires en RDA, on expulse et confisque les hôtels particuliers et les pensions. En 1960, le temple est incendié partiellement. Après 1989, de grandes rénovations peuvent entreprises. En 1992, la jetée est rebâtie et ouverte en 1998. Au sud-est, on construit de nombreux quartiers résidentiels avec des immeubles.
C'est ainsi que l'on peut déambuler sur la Wilhelmstraße pour apprécier ses splendides maisons de l'architecture de villégiature (Ressort et Bäder), datant de la fin du 19ème et début 20ème siècle. Un peu plus loin, se trouve le Musée de l'Ambre, fondé en 1999.
Enfin, oui, bien sûr : le lieu incontournable de Sellin, c'est sa jetée.

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Ses 394 mètres de long en font la plus longue de toute l'île de Rügen. Sur celle-ci, on ne voit que cet imposant bâtiment en bois peint de blanc, construit dans un style Art-Nouveau-balnéaire-sur-pilotis. Trônant au-dessus de la plage principale de Sellin, il sert aujourd'hui de restaurant et de lieu d'événéments, essentiellement des mariages. Sur la jetée, on découvre aussi des petites cahutes cuisinant du poissons dans de gros barbecues que l'on ne distingue pas par satellite ; d'où l'intéret, parfois, de se rendre sur place.

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Des filets de poissons sont disposés sur une broche immobile, au-dessus d'un bon petit feu de bois.
Impossible de résister ! Il faut goûter ! C'est simple, c'est mariné, c'est fumé, c'est parfumé, c'est gourmang, c'est croquang, c'est super bon quoi !
Autre caractéristique incontournable de Sellin, ce sont ses plages de sable fin blanc sur lesquelles sont venues se poser les typiques fauteuils de plage décoratifs.

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Nous reprenons la route. L'idée est maintenant de retrouver le continent.
Direction plein Ouest par la route L29. Nous passons à Putbus, encore appelée "ville blanche" ou "perle de Rügen" pour son homogénéité architecturale. Pour nous Français, c'est un nom rigolo. Non ? Si. Pute Bus... Non !
On peut y visiter le Circus, place circulaire entourée d'édifices aux nombreuses décorations classiques. Enduits d'un blanc éblouissant, ils tranchent avec la couleur verte des chênes alentours. Ou encore le Théâtre, construit par Steinmeyer de 1819 à 1821, célèbre pour son acoustique unique en Europe. Ou encore le parc du Château de 75 hectares, avec son orangerie et ses écuries. Ceci étant dit, vu que nous nous ne sommes pas arrêtés à Putbus, je n'ai aucune photo à te présenter ici.

Dix kilomètres plus loin, c'est Garz. Pour nous Français, c'est un nom rigolo. Non ? Si. Garce... Non !
Alors non seulement nous ne nous y sommes pas arrêtés DONC pas de photos, mais, en plus, je n'ai rien à te dire sur cette bourgade de transition qui nous fait prendre à gauche pour prendre la route du Poltenbursch afin de rejoindre Glewitz, où se trouve une sorte de ferry nous permettant de rejoindre Reinberg sans repasser par le pont de Straslund.
Juste pour l'anecdote qui n'est pas moindre tout de même, on peut dire que la ville de Garz a obtenu des droits communaux en 1316. Mais jusqu'au XVIème siècle, le jeu des successions a fait basculer l'île de Rügen d'une quasi-indépendance à la domination poménarienne. Cependant, en 1648, après la Guerre des Trente ans, elle devint suédoise pour un temps. Mais l'époque napoléonienne fut loin de mettre un terme à cette redistribution. Occupée par les Français dès 1807, elle devint suédoise en 1814, puis prussienne dès 1815. C'est à cette époque que débute alors véritablement l'expansion de l'île. Putbus est fondée dès 1810 et la construction de la résidence princière de Granitz commence en 1836. Le développement du tourisme dans la seconde moitié du XIXème siècle marquera le début de l'essor économique de Rügen. Un réseau de chemin de fer y sera implanté et la "domestication" de l'île prendra une tournure définitive en 1936 avec la construction de la digue la reliant au continent.
Eh bien cette digue, nous la reprendrons pas ! Voilà ! Et dix kilomètres plus tard, nous arrivons à la fin de la route du Poltenbursch, c'est à dire ici.

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De l'eau, du métal, des drapeaux et une interdiction formelle de se noyer ou de lever les bras en se baignant dans ces eaux agitées de la baie de Poméranie.

Vue du ciel,
cela donne plutôt cela :
traversée Faehrverbindung_Stahlbrode-Glewitz

Photo : Aus der Luft

Il doit y avoir encore une dizaine de kilomètres de traversée pour rejoindre Stahlbrode ; le tout pour la modique somme de 4,90 euros.

Et vue de très près, personnellement,
je vois plutôt ça !

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Un p'tit camion peinard posé là et qui nous fait quelques Räucherfisch, Fischbrötchen und Marinaden en attendant que la navette-ferry arrive. Traduisons par là, et comme savent le rendre évident les photos sur le camion : du poisson fumé, des sandwichs de poissons frais et des poissons marinés. Müritzaal, truite, truite mouchetée, sébaste, flétan, haddock, harengs,
C'est frais, c'est gourmang-croquang, ça fait un bel effet sur les assiettes, c'est maling, c'est bien vu, ça donne envie, on y va !!!

                  RECETTE

poissonsIngrédients :
Pour 600 G de saumon ( soit une entrée pour 5-6 personnes

ou en plat principal pour 3/4 personnes)
- 1 beau filet de saumon frais sans peau d'environ 600 G (idéalement du sauvage )
- 50 G de sel ( ici de la fleur de sel)
- 50 G de sucre ( ici sucre complet)
- Poivre sichuan
- Un bouquet d'aneth frais ou de l'Aneth surgelé.(ici surgelé)

Préparation:
Le Gravlax est du saumon frais, mariné avec des épices et des herbes et qui est ensuite servi avec une petite sauce moutardée légèrement sucrée.Plat typiquement d'origine Suédoise, le GRAVLAX a rapidement conquis tout la Scandinavie où il fait parti d'un ensemble de plats servis traditionnellement à Noël ! Cette mode de préparation du saumon est simplissisme, il suffit de le préparer 48 Heures minimum avant la dégustation...de s'en occuper quelques minutes par jour.

Préparation:
Lavez & Séchez la chair du poisson avec un Sopalin . Otez les arètes à l'aide d'une pince à épiler .
Frottez soigneusement le poisson avec le mélange sel, sucre et poivre, le déposer dans un plat ( plat et sans sans couvercle)  et le couvrir du mélange. Enveloppez le plat  dans un film alimentaire de façon hermétique.Posez un poids ( pour ma part j'ai utiliser une brique enveloppée de film alimentaire ) sur le poisson et  Laissez mariner pendant 48 heures dans le réfrigérateur. Toute les 12 heures , drainer le poisson (c' est à dire enlever le liquide obtenu) .
Égouttez le saumon de la marinade, Rincez le et frottez  le pour enlever les épices.Séchez  le à l'aide de papier absorbant  Tranchez le saumon et parsemez d'aneth frais ciselé ou surgelé. Filmez le  et réservez au frais jusqu' a la consommation. Par contre vous veillerez à le sortir 30 minutes avant la consommation pour qu'il prenne toute sa saveur .
Ce saumon se conserve 1 semaine au frigo. Se déguste , en apéritif , en entrée avec du pain et typiquement avec une vinaigrette moutardée sucrée , ou en plat principal avec des pommes de terre, du fenouil confit ... 

LES FOODISES


Le ferry accoste. Nous montons. Nous traversons. Maître Arnaud aimerait bien profiter du paysage en allant se poser sur le pont. Malheureusement, une voiture nous a serré d'un peu trop près et il lui est impossible de sortir. Quelques minutes plus tard, nous arrivons à Stahlbrode. Sortie de ferry. Reprendre la route L30 qui nous amène à Reinberg, où nous aurions pu aller voir le plus vieil arbre d'Allemagne...
              Reinberg arbre Photo : Wikipedia
                    
...mais on a oublié !

Route 105. Reinberg, Mesekenhagen, Greifswald. Nous contournons, ou longeons, c'est comme tu veux, la baie de Poméranie.

LA BAIE DE POMÉRANIE
baie de poméranie

Photo : Google map

UN PEU DE GÉOGRAPHIE
Entre l'Allemagne et la Pologne, reliant le sud-ouest de la mer Baltique et le golfe de Szczecin  -dans lequel se jette l'Oder, l'un des plus grands fleuves d'Europe-  , la baie de Poménarie constitue une ouverture majeure de l'Europe centrale sur les grandes mers du Nord.
Parsemée de nombreuses îles très fréquentées et jouissant de la douceur du climat, elle est toutefois mise en danger par le trafic maritime et l'exploitation piscicole. En effet, ouverte au nord sur la mer Baltique, la baie se situe au sud d'une ligne reliant le nord de l'île allemande de Rügen et le port polonais d'Ustka, à l'Est.

DANS LE GOLFE DE SZCZECIN
Au Sud-Est, le littoral polonais est bordé de falaises et de plages de sable blanc. Parfois accidenté comme à Jaroslawiec, il présente toutefois une relative continuité. En revanche, le littoral allemand qui s'étend au sud-ouest entre Stralsund et Greifswald, est très découpé. S'en détachent plusieurs îles dont celle de Usedom où règnent un microclimat et un ensoleillement exceptionnels (près de 2000 heures de soleil par an). Au sud de Usedom, au-delà du canal de Swine, une autre île tapisse les eaux de la baie : l'île de Wolin. Elle ferme le golfe de Szczecin dans lequel se jettent les eaux de l'Oder, fleuve frontalier de la Pologne et de l'Allemagne.

UN ENVIRONNEMENT À PROTÉGER
Bien que le golfe de Szczecin communique avec la baie par de fins estuaires, il joue le rôle d'un immense bassin de rétention des eaux de l'Oder. Il recueille ainsi les eaux du fleuve souillées par les résidus industriels. Ce phénomène, couplé à l'exploitation piscicole intense de la baie, nuit considérablement à la diversité écologique de la région. C'est, en dehors du golfe de Gdansk, la zone la plus polluée du littoral polonais.

LE ROYAUME DES MARSOUINS
La baie de Poméranie est l'un des plus importants domaines écologiques de la mer Baltique. Sa situation relativement méridionale autorise une diversité florale et animale. On trouve notamment des cétacés et des delphininidés, dont environ un demi-millier de marsouins communs (Phocaena phocaena).

marsouin
Photo : Nammco

UN PEU D'HISTOIRE
À l'image de toute la région polonaise de Poméranie, les eaux et les rives au sud de la Baltique ont subi des conflits successifs qui se sont apaisés il y a juste 50 ans. Colonisées par les hommes depuis des millénaires, les rives de la Baltique sont pour la première fois mentionnées dans un texte de Tacite daté de l'an 98.

CHRÉTIENNE ET HANSÉATIQUE
Sous Mieszko Ier, converti en 966 au christianisme, puis sous son fils Boleslas Ier le Vaillant, les rives polonaises de la baie de Poméranie connaissent un développement intense dû à la fondation de nombreux évèchés : d'abord Kolobrzeg en l'an 1000  -créée sous l'influence de Radzym Gaudenty, archevêque de Gniezno et son frère de Saint-Adalbert-, puis Wolin en 1140 et, enfin, Kamien en 1176.
À partir du XIIème siècle, la baie de Poméranie passe successivement sous le controle de souverains rivaux  -danois, germains, polonais-  conscients de la situation stratégique de cette région maritime pour le contrôle des échanges européennes.
Szczecin adhère à la ligue hanséatique en 1360. La baie de Poméranie voit alors s'intensifier le trafic des navires qui, depuis les royaumes du nord (Danemark et Suède) redescendent par l'Oder vers l'Europe centrale.

DE LA REFORME À LA STABILISATION
En 1485, Wolin voit naître Johannes Bugenhagen, plus tard appelé le "Docteur poméranien", correspondant de Luther, et réformateur de l'Allemagne du Nord et de Szczecin en 1523. En 1648, après avoir plusieurs fois tenté d'envahir la Pologne (1625 et 1629), les Suédois prennent le contrôle de Szczecin et de la baie. Ils doivent se retirer au profit de la Prusse en 1720, puis de la France de Napoléon entre 1806 et 1813. En août 1945, lors de la Conférence de Postdam, la frontière entre l'Allemagne et la Pologne est fixée le long de la ligne Oder-Neisse lusacienne. Le controle de l'estuaire de l'Oder et de la quasi-totalité du golfe de Szczecin est alors attribué à la Pologne.

UN TOURISME INTENSE
Les littoraux et les îles qui bordent et tapissent la baie de Poméranie sont des centres touristiques en pleine expansion. Les plages de sable, où règne un climat relativement doux, attirent de nombreux vacanciers. Ces derniers apprécient aussi les lacs de l'île de Usedom, où la température de l'eau est plus chaude que la mer. Sur l'île de Wolim, un parc national a été aménagé afin de conserver un patrimoine naturel apprécié des visiteurs. Les rives polonaises ont aussi su se développer depuis une dizaine d'années de nombreuses structures d'accueil.

ÉDITIONS ATLAS


J'ai pas tout compris ce que je viens d'écrire, mais pourquoi pas.
Nous roulons sur la Route 109. Diedrichshagen. Puis nous tournons à gauche. Route 111. Lühmanndorf, Wolgast.
Et là, attention : nous quittons le continent pour rejoindre l'île d'Usedom qui possède quelques stations balnéaires allemandes bien tranquilles, au bord de mer Baltique. Sable fin et blanc, cottage, camping, couleurs au programme.
C'est parti avec Zempin, la plus petite station balnéaire de l'île, située au point le plus étroit entre la Baltique et les eaux stagnantes. C'est un ancien village de pêcheurs possédant également une quarantaine de maisons aux toits de chaume ; ce qui lui donne un côté très romantique. Par contre, jouxtant le village, la forêt fut entre 1943 et 1945 la base de trois lanceurs pour tester la bombe volante Fi FIESELER 103, dite V1. Les essais réguliers commencèrent le 14 octobre 1943 et les cibles furent la France et la Belgique. Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les bâtiments de la marine ont été détruits, les bâtiments techniques laissés à l'abandon et les rails recouverts par la forêt.
Car c'est l'autre particularité du golfe de Poméranie, et plus précisément de l'île d'Usedom. On en parle comme un lieu de villégiature pour vacanciers allemands et polonais venus profiter des plages et du climat, mais c'est également une région où l'on trouve les restes des installations de recherche et de production des V1 et V2. Vestiges de la guerre technologique et industrielle que chercheurs français, anglais, soviétiques et américains après la guerre pour développer leur capacités dans le domaine des fusées et du nucléaire.
Nous continuons sur la route 111 qui traverse l'île d'Ouest en Est. Loddin, Ückeritz, Pudagla, Heringdorf, Zirchow...

STOP !!!!!
Frontière allemagno-polonaise !

frontière polono-allemande
Photo : Jean-Paul Chapon

C'est la première fois que Maître Arnaud met les pieds dans ce pays. Il a traversé Benarès, le Liban, le Pakistan, l'Inde, le Laos, la Chine, les fêtes de Dax, la Lybie, l'Arménie, la Turquie, la Georgie,...

ARNOFOTO, Benarès         arnofoto, Fatehpur
ARNOFOTO
arnofoto 1
        arnofoto 2        arnofoto 3

Mais Maître Arnaud n'est jamais allé en Pologne.
J'ai immortalisé ce moment en faisant une magnifique photo de lui... que, malheureusement, je n'ai plus... Hein ? Ah si, on me signale que celle-ci vient d'être retrouvée.

LA VOICI !
Maitre Arnaud à la frontière polonaise
Maître Arnaud passant pour la première fois la frontière polonaise.

Apparemment, c'est la seule qu'il reste d'une série pas banale.
Ben oui, c'est comme ça, avec d'autres photos du périple "Kaliningrad Tour", je l'avais laissée sur une autre clé USB que j'ai malencontreusement échappée dans la cascade de Xoxorin en tournant cette vidéo incroyable...

BREF ! Nous sommes en Pologne ; et plus précisément à Świnoujście. C'est assez glauque.

 

ŚWINOUJSCIE
(Pologne)
Świnoujście

Avec ce passage de frontière, nous avons quitté un univers urbain carré et propre pour évoluer dans un milieu composé de batiments en briques rouges parmi lesquels tournoient des papiers virevoltants à travers les rues. Quelques personnes habillés en treillis militaire, des commerçants assis sur une chaise devant leur boutique fument des clops et des voitures de police qui tournent.
Il faut dire qu'avec ces histoires de Seconde Guerre Mondiale et de Guerre Froide, la situation géographique et politique de Świnoujście n'a jamais été très évidente.
Le 12 mars 1945, peu avant la fin de la Seconde Guerre mondiale, la ville fut visée par une attaque aérienne et détruite en grande partie. Plus de 20 000 personnes périrent. La plupart des victimes ont été ensevelies dans des fosses communes, tout près, à Golm, point le plus élevée de l'île d'Usedom (71 m d'altitude) ; ce qui en fait le plus grand cimetière militaire allemand, ici où au XIXème siècle, les gens aimaient à se promener pour apprécier le panorama en se posant à la terrasse d'un café.
Le 5 mai 1945, la ville fut occupée par l'armée soviétique. En automne de la même année, une administration polonaise fut mise en place. La ville, nommée jusqu'alors Swinemünde, reçut le nom de Świnoujście. À cette époque 30 000 Allemands vivaient à Świnoujście et sur Wollin. Au début 1950, ils n'étaient plus que 500 à 600. Ils travaillaient pour la plupart sur la base navale soviétique comme spécialistes, certains dans la ville, d'autres dans l'administration du port. Cependant, la population polonaise immigrée ne leur faisait pas la vie facile.
À partir de 1950, seuls les Allemands qui pouvaient prouver une origine polonaise eurent le droit de rester dans leur pays natal. La présence continuelle d'une grande garnison soviétique et d'une garnison polonaise compliquait la liberté de circulation des Polonais. Les installations portuaires ainsi que le quartier de cure étaient réservées aux troupes soviétiques.
En 1948 commença la construction d'une base de grande pêche en haute mer sur la rive orientale de la Swine (la conserverie de poisson Odra).
À partir de 1958, la reconstruction de la ville fut intensifiée. Suivit l'agrandissement du port de haute mer (le complexe portuaire Szczecin-Świnoujście). Après qu'en 1958 les forces armées soviétiques eurent évacué le quartier de cure, Świnoujście redevint à côté de Kołobrzeg et de Zoppot une station balnéaire renommée de la région. En décembre 1992, les dernières unités de l'armée soviétique se retirèrent. Depuis 1989, souvent au prix de licenciements secs, la restructuration de l'économie en Pologne se reflète aussi dans l'aspect de la ville, qui profite beaucoup de la proximité de la frontière. Un grand nombre de touristes allemands animent l'économie de Świnoujście et contribuent avec leur argent au bien-être croissant de la population. (Sources : Wikipedia)


Et puisque nous parlons d'argent, c'est ici aussi que nous décidions de suite de retirer de l'argent polonais puisque le pays se trouve dans la zone européenne depuis 2004, mais n'a toujours pas à l'Euro. Aux dernières nouvelles, ce sera possible en 2016. En attendant, la monnaie nationale est le Złoty.

zloty

zloty_banknoten 1   zloty_banknoten 2

Une fois l'argent retiré, nous ne nous sommes pas attardés à Świnoujście, même si nous aimons cette sorte d'instabilité qui peut régner dans les villes frontières.Ici, cela se traduit également par quelque chose ressemblant à de l'incertitude et de l'insécurité avec des policiers qui tournent en permanence et des regards méfiants lancés par quelques citadins, provisoires ou fixés.
Nous avons continué un peu loin pour rejoindre la route E65, qui débute une fois le bras de mer Świna traversé en ferry.

Nouvelle mission, ici, en Pologne :
boire un Mojito en bord de plage.

Vingt kilomètres plus tard, après avoir suivi la Route 111, nous arrivons à Międzyzdroje, station balnéaire polonaise très courue.

 

MIEDZYZDROJE
(Pologne)

C'est un peu le bordel pour trouver une place de parking, mais après quelques tours de ville, nous accédons à une sorte de parking un peu clandestin tenu par un gars qui ne veut surtout pas que l'on paye en Złoty. OK, pas de problème !
On se gare, on se méfie, mais on prend à pinces la direction de la plage.

Putain, mais y'a un d'ces monde bordel !!!!

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Mais il y a aussi un bar
dans lequel on sert des Mojitos !!!

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Servi par une charmante serveuse brune aux cheveux longs et au regard de biche souriante, nous constatons que le breuvage est bien composé. Je tente de remercier cette jeune Polonaise en polonais. "dziękuję", lui dis-je... Apparemment, c'est pas clair. Je lui montre le mot en question, elle sourit, on s'est compris. Elle me reprend sur l'accent, puis semble me dire "De rien" en polonais, ou autre chose. Je ne sais pas. Peut être qu'elle ma demandé en mariage ? Peut être m'at-elle donné rendez-vous dans un endroit où je ne suis jamais allé ? Peut être me traitait-elle de "gros connard de Français" ? Je ne sais pas.

Au loin, un drakkar s'en va.
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Ben oui, c'est comme ça. Nous aurions pu également aller voir l'esplanade des célébrités (Walk of fame) ou le bunker-musée du V3 (Bunkier V-3), mais l'heure tourne !

 

Nous ne savons pas exactement où nous allons dormir ce soir. Il semble difficile et fort compromis de rejoindre Gdansk aujourd'hui. C'est trop loin et nous aimerions profiter un peu de la côte baltique polonaise en traversant quelques villes.
Nous récupérons la voiture et prenons la direction Nord-Est en longeant la Baltique.

Route 102 : Wiselka, Kolosewo, Dziwnow,  Łukęcin, Trzęsacz, Trzebiatów...
À partir de cette ville, nous voulions aller en direction des côtes en suivant la route 109 et les villes de Trzebusz, Mrzeżyno, Rogowo, Dźwirzyno. Mais, on a du louper l'embranchement et nous avons attéri dans la ville de Kołobrzeg à la nuit tombante.

 

KOLOBRZEG
(Pologne)
poland-kolobrzeg

Nous nous lançons à la recherche d'un hôtel. Nous en trouvons un qui nous annonce qu'il est complet. Pas grave, la ville est suffisamment grande pour que nous en trouvions d'autres. Autre hôtel... Complet aussi. Ben merde ! Un autre ? Complet ! Mais qu'est-ce qui s'passe là ? Nous tournons dans la ville pour prendre la direction de la gare car qui dit "gare", dit "hôtel". Complet ! Ohlalalala, ça craint un peu, là ! Un peu à l'Ouest de la ville, nous tombons sur un lieu très éclairé, genre festival, tu vois. Ah ? Ceci expliquerait peut être cela. Effectivement, après consultation des affiches locales, nous constatons que la ville est en plein festival  : le festival Sunrise. Apparemment, ce serait un gros évènement en Europe, consacré à la musique électronique. Enfin, je crois...

En attendant, ben, y'a plus un hôtel de dispo ! Nous ressortons de la ville. Il fait nuit et nous nous demandons si nous n'allons pas dormir dans la bagnole. Sur le trajet aller, je me souviens avoir vu à la sortie de la ville un panneau avec le dessin d'un lit. Je n'ai pas fait de photo, mais grâce à Google Street view, j'ai retrouvé la rue et le panneau en question.

pologne route lit
Photo : Google street view

C'est marrant Google Street view. Tu peux aller au bout du monde et voir ce qu'il s'y passe au hasard, au coin d'une rue, d'une impasse, d'une maison. Il n’est pas rare que les caméras panoramiques des Google Car parviennent à capter des moments sur le vif, et à livrer ainsi des clichés rares, comme ceux ci :

google-street-view-photos-insolites-1      google-street-view-photos-insolites-7

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google a    google b

BON BREF !
C'est bien les dessins quand on est dans un pays étranger dont on ne parle pas la langue. Nous faisons demi-tour pour tenter de retrouver le panneau. Quelques minutes plus tard, nous trouvons. On se lance dans l'impasse où est, apparemment, situé le lieu d'hébergement. C'est pas très rassurant. La route se transforme en chemin boueux. Les maisons sont un peu vides avec des carreaux cassés. Maître Arnaud ne dit plus un mot. Nous arrivons devant une sorte de camionnette de police qui semble dater de la guerre froide.

pologne route lit 1
Photo : Google street view

C'est un peu inquiétant. Dans la cour, juste derrière, il y a un homme pas rasé, en marcel blanc, la quarantaine, le bras bandé, qui fume sa clop, posé sur une chaise.
MAÎTRE ARNAUD : "- Bon... Qu'est-ce qu'on fait ? On lui demande si il a une chambre ou pas ?"
La scène n'inspire pas vraiment confiance, mais j'ai envie de te dire que c'est ça aussi les imprévus des voyages dans les pays de l'Est.
JENORME : "- Mais oui, allez !"
Je gare la voiture. Maître Arnaud descend, muni de notre dictionnaire de trois feuilles, comprenant quelques mots essentiels polonais, comme :

Bonjour : Dzień dobry
Au revoir : Do widzenia
Non : Nie
Oui : Tak
Merci : Dziękuję
S’il vous plait : Proszę
Combien ça coûte ? : Ile kosztuje ?
Où est ...? : Gdzie jest ...?
Centre historique : Stare miasto
Je ne comprends pas : Nie rozumiem
Je suis français : Jestem francuzem
Pharmacie : Apteka
Sandwich : Kanapka
Je suis saoul comme un Polonais : Jestem pijany jak polski
Eau : Woda

Pour ce dernier mot, tu constateras qu'il ne manque pas grand chose pour que l'eau se transforme en alcool et que, du coup, ton voyage devienne complètement différent. Un détail de lettre qui nous permet ici, maintenant, de rendre hommage au réalisateur polonais Krzystof Kieslowski, défenseur virulent des détails et du hasard par ce cinéma à la précision scénaristique et visuelle très personnelle.
Pour toi, parce que tu es sympa, voici une leçon de cinéma par Kzrzystof Kieslowski...

Finalement, pas besoin du maigre dictionnaire puisque le propriétaire des lieux parle légèrement anglais. Et lorsque Maître Arnaud lui demande s'il a des chambres libres, le visage de l'homme s'illumine d'un large sourire pour répondre que oui.
Très accueillant, il nous fait signe que nous pouvons garer la voiture dans sa cour. Avec quelques mots mêlant anglais et polonais, il nous fait faire le tour du propriétaire : la cuisine, les salles de bain, les chambres. La chambre est à vingt euros et possède le confort minimale et essentielle.

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C'est parfait. Nous prenons deux chambres.
Nous lui demandons à présent avec quelques gestes et de maigres mots issus de notre dictionnaire basique s'il est possible de manger quelque chose, quelque part dans le coin. Il reste dubitatif, s'interroge, lange un petit "Argh." ; puis s'en va prendre son téléphone pour passer un coup de fil. Un défilement de mots s'e suit avec son interlocuteur, il rit, il marque un temps d'arrêt, "Tak", raccroche, puis nous amène vers la sortie de la maison. Ah ? On est déjà virés ? Qu'est-ce qu'on a dit ? Non, pas du tout. Avec quelques gestes, il nous explique qu'une amie tenant une épicerie se teint au coin de la grande rue. Nous y allons.

jantawora épicerie
Photo : Google street view

Il s'agit d'une épicerie de quartier comme on en croise dans toutes les villes de France, sauf qu'ici il y a un bison devant la vitrine et tout est écrit en polonais. La tenancière d'une cinquantaine d'années nous accueille avec le sourire. Nous lui montrons par gestes les denrées alimentaires que nous souhaiterions et qui se trouvent soit derrière elle, soit dans une vitrine protégée. Au menu : chips, jambon, salami, pain, fromage cellophané et bières.
Nous ramenons tout cela à la "maison" où le propriétaire nous indique que nous pouvons manger dehors, sur une petite table de pique-nique en bois, dans la cour. Il nous apporte assiettes, verres et couverts, puis s'en va se rasseoir sur sa chaise fétiche pour fumer une clop. Nous mangeons en silence, cernés par les moustiques qui ont fait leur apparition avec la tombée de la nuit.
Fin de repas. Nous remontons les couverts dans la cuisine. Nous les lavons, puis regagnons chacun notre chambre.
Fin de journée.

 

 

DANS UN PROCHAIN ÉPISODE

Gdansk ! C'est pas facile à prononcer, mais est-ce que c'est beau ? Est-ce qu'il y a des choses à voir ? Qu'est-ce qu'on y mange ? Est-ce qu'il y a des Mojitos ?