Dans l'épisode précédent, Nanie, Maître Arnaud, Ludo et moi-même étions partis du pays basque pour rejoindre Le Tréport en passant par Dieppe, mais sans nous arrêter à Mers-Les-Bains alors que c'était prévu dans le titre. Il était grand temps de rédiger au plus vite un autre billet afin de se rendre à Mers sans passer par Dieppe, d'où le titre présentement de ce nouveau billet, mais quand soudain, ne voilà-t-il pas...

 

Eh oui, même au Tréport, quelques fois,
et souvent le soir,
il fait nuit !
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Par contre, magiiiee,
le matin, il fait jour !
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C'est avec le cris des goélands qui ne sont pas des mouettes que nous nous réveillons dans le chouette appartement du quai de la République, faisant face au Tréport qui, déjà, expose un alignement de commerces des plus stricts.
En me levant le matin, parfois, il m'arrive de me demander : "- Et si je ne comprenais plus le français..."
Imagine. Tu as toujours vécu en France, tu as toujours parlé français, tu ne maîtrises pas vraiment les autres langues étrangères et un matin, PAF : tu te lèves et tu parles russe et tu ne comprends que le russe.
Encore plus troublant, ici au Tréport, puisque je suis avec des gens que je connais bien... mais que je ne comprends pas. Que faire ? Faut-il attendre que ça passe et peut être que la nuit prochaine, je reparlerai français ? Faut-il que je suive des cours de français ? Faut-il que je change d'existence pour aller vivre en Russie ?


BON BREF : ce n'est pas encore ce matin que je ne parle plus français. Je comprends tout ce que l'on dit et, apparemment, y'a pas grand monde qui veut se lever pour aller chercher le pain. Pour le comprendre, il n'y a pas besoin de parler cinq langues. Il suffit juste de voir les postures et d'écouter les râles sortant de sous les draps.
C'est donc vers 8h46 que je me dévoue pour aller chercher le pain ; ce qui me permettra par la même occasion de faire un tour en solitaire dans la ville. C'est parti.
Une fois dans la rue, c'est la jungle... enfin, c'est le port. Des goélands qui gueulent et qui volent dans tous les sens, comme pour se laisser porter par le vent au hasard.

DSCN5932Je quitte le quai de la République pour rejoindre le quai Sadi Carnot en passant par l'écluse sas qui expose ses longs piliers d'acier colorés.
J'emprunte ensuite une série de passerelles en acier surplombant le canal d'Eu au Tréport. Pour expliquer, ce canal permet à la ville d'Eu située à 4 km des côtes de la Manche d'avoir son propre port. Entre Eu et la Manche se trouve le petit port de plaisance dont l'accès n'est possible qu'à marée haute et avec de bonnes conditions météo. Apparemment, comme nous le rappelle le site Moteur Boat, c'est toute une aventure que d'atteindre Le Tréport en bateau.

 

Tiens, et puisque nous parlons de bateau et de mer agitée, marquons une...

 

PAUSE FACE À L'AVANT-PORT
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Ici, à l'embranchement du quai Sadi Carnot et du quai François 1er, une reproduction picturale fait face à l'avant-port. Et déjà, plusieurs questions :
1) S'il y a un avant-port, il doit aussi y avoir un pendant-port et un after-port ; et peut être même un le Tré-avant-port ?
2) Est-on sûr que la peinture retranscrite sur ce panneau a bien été peinte ici lorsque l'on voit la platitude de La Manche ?
3) Mais qu'est-ce que faisait Alexeï Bogoliubov, peintre russe, au Tréport en 1876 ?

"Dans la seconde moitié du XIXème siècle, la France devient plus attirante que d'autres pays européens pour les peintres, au point de vue purement artistique. La nouvelle école de paysages représentée par les peintres de Barbizon, la vie artistique très intense avec les salons devenus une véritable foire d'art contemporain, l'ardente polémique autour des toiles de Courbet exposées au Pavillon du Réalisme à l'écart de l'Exposition Universelle de 1855 attirent les artistes de tous horizons. Ainsi, dans les années 1850-1870, un nombre important d'artistes russes arrive à Paris, parmi lesquels les peintres d'histoire et de genre, des portraitistes et des paysagistes. parmi ces derniers, Alexeï Bogoliubov (...). C'est lui qui découvrira la Normandie en 1857 et y amènera ensuite toute une pléiade d'artistes russes. Avec lui, la Normandie deviendra pour les jeunes peintres venus de Saint-Petersbourg, une véritable école de plein air et de paysage.(...)
La côte normande attire Bogoliubov par la présence de la mer et du ciel, souvent bas et immense, par ses couleurs gris perle et cette atmosphère humide proche de celle de Saint-Petersbourg, par cette lumière si particulière et ses variations au gré des marées.(...)
Comme Boudin, le peintre russe parcourt la côte normande avec sa palette au seul but de fixer ces changements de lumière et des couelurs sous différents effets météorologiques. (...) Pour lui, comme pour Boudin, ces modifications de la lumière en fonction du temps représentent l'essence même de la peinture, son sens profond." 
TATIANA MOJENOK NININ pour
POINT DE VUES

 

Pour apprécier cette lumière si normande et adulée par les peintres, je me rends sur la plage. Pour cela, j'emprunte le quai François 1er. Pourquoi les autorités locales ont-elles décidé de donner ce nom à ce quai plutôt que de le baptiser "Quai Zinédine Zidane" ou "Quai Guy Lux" ou "Quai Vine Costner", je ne sais pas.

Sur la droite, commerces, boutiques, poissonniers, bars, restaurants...
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                   La pêche ne sera pas bonne aujourd'hui pour ce bateau

 

Sur la gauche, l'avant-port à marée basse...
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                   Bateau de pêche jouant à cache-cache avec le quai François 1er             


Ah ben là, tu ne vas pas voir un bateau rentrer dans le port avec une couche de sable pareil.
Une fois passé la place de la Poissonnerie sur laquelle se trouve la halle aux poissons ouverte aux particuliers qui veulent manger du vrai bon poisson frais, j'emprunte la jetée Ouest en bois qui s'élance vers le petit phare du Tréport avant de devenir jetée de pierre...

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Je n'ai pas de tubes de peinture, ni de palette, ni de chevalet, mais... j'ai le logiciel Instagram sur mon I-phone. Ah aah ahga : c'est horrible hein ?!
Et voilà ce que donnent les photos une fois retouchées par l'application en question :

Le Tréport, phare (76)               Le Tréport phare
Photos : Jénorme Instagram

Ben tiens !
Aaaah les phares : ça me fait toujours penser au film "Shutter Island" (2010) de Martin Scorsese, adapté du roman éponyme de Dennis Lehane.
Quand tu es au bout de la jetée, au bout du phare et donc au bout du Tréport, le panorama se découvre.

Au Nord, Mers-les-Bains et sa falaise.
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Au Sud, la plage du Tréport et sa falaise.
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C'est à ce moment précis que tu comprends que Le Tréport-Mers-les-Bains est un bout de plage ouvert entre deux hautes falaises, comptant parmi les plus hautes falaises de craie d'Europe avec des sommets grimpant jusqu'à 110 mètres.
Les couleurs et la lumières sont très claires et très pures. Il n'y a pas grand monde dans l'endroit à cette heure-ci, par cette météo aléatoire. Hormis, bien évidemment, quelques goélands curieux qui jouent avec les courants et les vents.

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Situé sur la rive droite de l'embouchure de la Bresle, le phare de la jetée Ouest du Tréport aurait existé dès 1807. En 1836, il s'agissait d'une simple tourelle carrée en briques de 9 mètres de hauteur. En 1860, elle fut remplacée par une tourelle en maçonnerie de 9,60 m de hauteur. Puis, en 1905, un feu de marée est allumée sur une tourelle de 13,50 m. (d'après Chez Alice)

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"Le phare, c'est une tour blanche de 13;5 m de hauteur. Une porte massive et un escalier en colimaçon conduisent à la lanterne. (On ne visite pas) La lanterne, c'est l'œil et l'indicatif du port. En dix secondes, le marin en mer voit : Lumière pendant 0,76 seconde ; obscurité 2,12 s ; lumière, 0,76 s ; obscurité, 6,36 s. Chaque phare, chaque port a un indicatif différent (des signaux différents). La portée de ce phare, signalant l'entrée du port, est de 14 milles (soient 25 928 mètres) par temps clair.

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Par temps de brume, la portée du phare diminue beaucoup et se trouve insuffisante. On fait alors marcher la sirène et, en cas de panne de cette dernière, c'est la cloche qui la remplace: deux coups brefs suivis d'un long silence (comme les coups de lumière du phare). Phare, sirène et cloche marchent électriquement et des batteries d'accumulateurs sont mises automatiquement en service en cas de coupure du secteur (du courant électrique)."  LE TRÉPORT

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Direction la plage.
Alors attention : nous sommes en Normandie, au pied de falaises de craie. DONC pas de sable ! Que du galet !

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Galets et bungalows                                                         Banc et galets

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Galets et panneau                                       banc, phare et galets

 

Des galets, des galets et encore des galets ! Ce qui ne facilite pas les activités plagistes habituelles.

 

0023LES ACTIVITÉS HABITUELLES DE PLAGE IMPOSSIBLES
À LE TRÉPORT

- Pas moyen de faire un château de sable en galets
- Difficile et dangereux de se recouvrir de galets pour se cacher
- Impossible de jouer aux raquettes pieds nus sur les galets
- Et pas moyen de dessiner des trucs du style...

 

 

 

Alors, puisque c'est comme ça, je m'en vais pour rejoindre la promenade du long de mer qui longe le casino de la ville, situé au pied de l'imposant et inquiétante falaise de craie.

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Comme je ne trouve pas le passage pour aller de la plage au centre-ville, je traverse par le casino. J'en profite pour faire une pause-Mojito puisque la carte en propose. Oui, j'ai regardé la carte des boissons, comme ça, au passage, vite fait.

 

PAUSE MOJITO
DSCN6059            Le Tréport, Mojito (76)

C'est ça qu'est bien dans les casinos : c'est qu'ils peuvent te faire des Mojitos à n'importe quelle heure. Et là, il est... Ah merde, il faudrait que je me dépêche un peu car à ce rythme là, il n'y aura plus de pain.

 

Une fois que ça c'est fait, je sors du gourbi apaisé ; mais pas trop car l'omniprésence céleste de ces saloperies de goélands me fait redouter une fiente sur crâne éventuelle. Direction le centre-ville car il est grand temps d'acheter du pain. Encore faut-il en trouver ?! Ceci est sans doute possible en s'aventurant dans le quartier des Cordiers. Pour l'atteindre, il faut passer une barre d'immeubles assez longue. Celle-ci sépare étrangement les Cordiers de la mer Manche.
On constate plus aisément cette étrangeté en se rendant au panorama de la falaise.

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On pourrait presque croire que c'est un prolongement artificielle à la falaise.
BREF : je passe la barre pour atterrir sur l'esplanade dite "Esplanade de Louis Aragon".
C'est marrant...Oh... je ne sais pas si j'en parle ici... Hein ?... Si ! Allez !

 

                                                     ATTENTION : ANECDOTE
L'autre jour à la télé, j'ai vu une bande annonce pour un téléfilm avec Victor Lanoux. Je le trouvais diminuer Victor, sans voix et un peu statique par rapport à ces films dans lesquels on avait pu le voir jouer des gars bourrus, comme dans "Un éléphant ça trompe énormément", "La Smala", "La carapate" et autres. J'ai lu qu'il était devenu paraplégique à la suite de l'opération d'un anévrisme de l'aorte en 2007... Bref : toujours est-il que sa devise est : "Rien n’est jamais acquis à l’homme, ni sa force ni sa faiblesse [...] et quand il croit ouvrir ses bras, son ombre est celle d’une croix." Et cette citation est extraite de "Il n'y a pas d'amour heureux", un poème de Louis Aragon.
Voilà.
                                            FIN DE L'ANECDOTE

 

Alors ? Qu'est-ce qu'on disait ? Oui, barre d'immeubles, tout ça, esplanade Louis Aragon... et PAF j'entre dans le quartier des Cordiers.
La première chose que je remarque c'est qu'il y a quelques commerces fermés, comme...

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Et pourtant, il n'avait pas lésiné sur les changements d'enseignes :
Du "
Roi de la Moule" aux "Amis de Johnny" en passant par "Le Rebel"

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D'autres enseignes aux devantures originales et colorées, mais fermées

 

Ah là c'est sûr : si tu ne veux pas dépenser d'argent, tu peux venir.


DSCN5964Au milieu de tout cela, dans un mur trône la Vierge Notre-Dame-du-Tréport.
La légende raconte que la statue de la Vierge fut repêchée au large du Tréport dans les filets d'une barque de pêche.
Pour d'autres, elle proviendrait de l'abbaye Saint-Michel du Tréport, aujourd'hui disparue.

 

 

 

Je continue un peu dans le quartier à la recherche du pain perdu
et je tombe sur un étroit passage au nom réjouissant...
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 ... qui me fait tout droit débouler sur quatre fresques locales monumentales,
réalisées par Paule-Adeline Vieillescazes.
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DSCN5953Puis, petite rue sur la gauche pour  passer sous la porte voûtée du XVIème siècle sur laquelle repose  l'ancien Hôtel de Ville, aujourd'hui reconverti en musée du Vieux Tréport.
Si on n'a pas de pain à acheter et à ramener vite fait, on peut y entrer et y découvrir des éléments retraçant sur trois niveaux la vie au Tréport : la vie à bord des navires, les anciens métiers, la Belle Époque, les naufrages, les sauvetages...

 

 

 

 

 

 

 

 

Un peu plus loin, mais pas trop, je croise un panneau assez attirant sur lequel est écrit : "Escaliers et funiculaire pour la falaise à 500 mètres".
C'est comme ça : des fois, des panneaux t'intriguent plus que d'autres et tu te dis que ce serait dommage de ne pas les suivre. C'est peut être de là, d'ailleurs, qu'est née la célèbre expression "Tomber dans le panneau".

"TOMBER DANS LE PANNEAU : se faire piéger.
Origines : Au XVe siècle, le "panneau" était un filet tendu sur le passage des petits animaux sauvages, qui permettait de les capturer sans avoir besoin de les approcher et donc, sans les effrayer. Depuis, on emploie cette expression pour dire qu'une personne s'est faite piéger sans s'en rendre compte."  L'INTERNAUTE 

 

panneauAh d'accord, un peu comme quand tu roules sur une route déserte
depuis des heures et des jours et des semaines et que,
soudain, tu croises ce panneau...

 

 

Eh bien : tombons-y dans le panneau et suivons cette rue  -ô coïncidence-  de la Falaise ; dans laquelle on peut croiser de belles façades.

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Et voici le funiculaire...
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"Le projet d'un funiculaire au Tréport date de 1881. Après bien des tergiversations, le funiculaire et son double tunnel dans la falaise de craie sont inaugurés le 1er juillet 1908. La station basse est d'un style néo-byzantin, toute sa façade était en céramique. La station supérieure a un style qui s'inspire des stations aériennes du métro parisien, avec une structure métallique et des briques vernissées. Les voitures du funiculaire pèsent alors six tonnes. Elles sont en caisse en bois vernis à quatre compartiment disposés en gradins et fermés par des portes coulissantes. Mais après la Première Guerre mondiale, le funiculaire va s'avérer peu rentable. En 1941 les Allemands y installèrent une batterie de longue portée. Le funiculaire ne fut pas remis en service à la Libération.
Dans les années 1960, une télécabine équipée de véhicules bi-place emprunte le tunnel du funiculaire. C'est un échec, le tracé est laissé à l'abandon pendant plus de trente ans. Enfin en 2006, le funiculaire est rétabli sous la forme d'ascenseurs inclinés. Les cabines étant plus petites et légères, il n'emprunte plus que le tunnel sud. En 2008, deux nouvelles cabines ont été installées, cette fois dans le tunnel nord, ainsi ce qui s'ensuit : les pistes, les arrivées ... Aujourd'hui, le funiculaire du Tréport ne cesse d'attirer des touristes : il s'agit d'une construction plutôt « emblématique » pour la ville."
  WIKIPEDIA


Long de 162 mètres, il te grimpe une pente de à 62% en une minute. Autrement dit, moins vite que Christopher Froome, le dernier vainqueur du Tour de France, mais quand même ! Tout ceci est gratuit, très reposant et permet d'accéder sans le moindre effort à un panorama majestueux. Si tu veux en savoir plus, je te conseille d'aller faire un tour sur cette chaîne YouTube qui recense toutes les plus belles remontées mécaniques du monde et de Navarre, dont Le Tréport fait parti : Les remontées mécaniques.
Allez, puisque c'est beau, puisque c'est chouette, puisque c'est unique : photos-diapos-pause !

 

LE TRÉPORT, PANORAMA

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Je redescends ensuite par les escaliers. Au milieu de ces derniers qui sont au nombre de 365 comme le nombre de jours dans une année ; comme quoi le hasard est bien fait, mais est-ce vraiment le hasard, comme l'aurait dit Krzystof Kieslowski...
BREF : au milieu des 365 escaliers, je croise cet autre panneau intriguant qui s'avoue, en fait, être une plaque de rue...

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Non pas la plaque sur laquelle est écrit "Rue du 8 mai 1945" ! Cette plaque, elle est dans toutes les villes et villages de France ; c'est même elle qui a remplacé la plaque "Rue du Maréchal Pétain".
Ah tiens, là-bas, au fond, je vois qu'il y a une bonne question qui va être posée. Oui, vas-y :

Existe-t-il encore en France des rues
portant le nom du Maréchal ?
rue
Photo : L'express

Eh bien écoute, après moult recherches, il semblerait que non. Fini le temps où le portrait du Maréchal était dans toutes les cuisines françaises ! Fini le temps où les calendriers de la Poste arboraient fièrement une photo du Maréchal accompagnée d'une de ses sentences collaborationniste telles que "Je fais à la France don de ma personne pour atténuer son malheur" ou "C'est le coeur serré que je vous dis aujourd'hui qu'il faut cesser le combat"  !
La dernière ville de France à posséder une rue au nom du Maréchal Pétain fut Belrain, en Lorraine, débaptisée en 2013.
Mais il existe encore des rues portant son nom en Guadeloupe (Moule) et surtout aux États-Unis (Alabama, Ohio, Texas, New Hampshire, etc...). Une autre question se pose alors : comment se fait-il que les États-Unis aient gardé autant de rues avec ce nom ? Et que reproche-t-on au Maréchal Pétain ? Héros de guerre en 1914-1918, puis traître à la Nation en 1939-1945 ? Comment passe-t-on du statut de héros national à celui de "honte française" ? Hein ?

Tu sais, quand j'entends toutes ces questions sur la collaboration française, le réchauffement climatique, la faim dans le monde, "pour ou contre la bombe nucléaire sur les baleines", etc.,  je réponds toujours la même chose :
"J'ai vraiment envie de construire une cabane dans un de ses nombreux arbres qui peuplent les forêts morvandelles et y rester, peinard, en lisant chaque semaine un nouvel exemplaire de ."

Oui, certes, mais cela ne me fait pas ramener le pain tout cela. Que disait-on ?
Ah oui : plaque, rue, 8 mai 1945, mais non. La plaque qui nous intéresse est donc celle qui se trouve en-dessous de celle sur laquelle est écrite "Rue du 8 mai 1945". Regarde et lis ce nom étrange et singulier : Kahl-Burg.

LE KAHL BURG

"Au fond d’une impasse Tréportaise, un portail discret. Banale en apparence, la porte ouvre sur l’Histoire. La ville du Tréport reste en effet intimement liée au tournant majeur de la Seconde Guerre Mondiale, le Débarquement du 6 Juin 1944. Même si “Le Jour J” s’est déroulé plus loin sur les plages de Normandie, nos côtes représentaient pour les nazis un point de vue stratégique sur les mouvements maritimes. Le 19 août 1942 sonne l’alerte dans l’état-major Allemand :  les Canadiens ont tenté de débarquer à Dieppe. Une boucherie : des milliers de soldats Alliés périssent sous le feu ennemi. Dés lors, l’armée Allemande redouble de vigilance, et entreprend la fortification du Mur de l’Atlantique sur les côtes françaises et Belges. La construction du Kahl Burg Tréportais découle directement de cette manoeuvre guerrière.
Et l’ouvrage militaire reste un édifice unique du Mur de la Manche. Déjà, ses dimensions le démarquent des autres constructions : 4 niveaux différents, 300 mètres de long, 225 marches, 32 pièces, dont 3 postes d’observation et 2 postes de combat. L’armée Allemande avait alors ordonné aux Requits Tréportais de travailler à sa réalisation. Des prisonniers Ukrainiens, en grande majorité des femmes, les avaient ainsi aidé à creuser à même la falaise de craie, seulement équipés de pioches et de piolets. Un travail de titan, impressionnant de qualité : aujourd’hui encore, le Kahl Burg reste en parfait état de conservation. Les Allemands l’avaient choyé, et il devenait ainsi l’ouvrage militaire le plus à la pointe de la technologie de l’époque. Ainsi, une soixantaine d’hommes pouvaient y vivre en autonomie complète. Système d’évacuation d’eau usée, réserve d’eau potable, électricité assurée par un groupe à fuel, et surtout, une prouesse défensive. Un système très élabooré de pompe à air équipée de filtres permettaient de résister aux attaques de gaz : l’air vicié pouvait en effet être épuré à l'intérieur même du site, sans aucune émanation de fumées extérieures qui auraient pu permettre la localisation de son emplacement. En outre, son point d’observation culminant à 79 mètres de hauteur, à flanc de falaise, offrait une vue imprenable jusqu’à Dieppe, Berck ou encore les plages de Quend ou de Fort-Mahon. Abandonné par une armée nazie en déroute en 1944, jamais la Kahl Burg n’a rempli sa vocation militaire : les Alliés n’ont pas débarqué sur nos plages. Et le Troisième Reich s’effondrait sur ses rêves fous d’aryanisation."
FRÉDÉRIC GUILLOUT pour L'INFORMATEUR-L'ECLAIREUR

 

Pour visiter cet édifice unique, saches qu'il est ouvert les 8 mai, 26 juillet et 11 novembre, ainsi que pendant les journées du Patrimoine. Autrement, tu peux prendre rendez-vous pour une visite gratuite à partir de cinq personnes. Le tout est géré par une association. Toutes les infos ici : LE KAHL BURG.

Je continue ma descente sur le centre-ville pour rejoindre le quai François 1er où je trouve une maison de la presse qui propose quelques cartes postales, comme...

le Tréport carte postale           le tréport carte postale

Et puis, me voici de retour à l'appartement du quai de la République... Ah, merde, je crois que j'ai oublié quelque chose...

 

DANS NOTRE PROCHAIN ÉPISODE

Nous découvrirons Mers-les-Bains en allant chercher du beurre...