Bon, il y avait un bel océan accompagné d'une belle lumière sur Biarritz l'autre jour, mais Jénorme, lui, il voulait voir des vagues.
La question se posait alors :
Mais pourquoi dit-on à quelqu'un menacé de prison que l'on ira lui porter des oranges ?

Quand, soudain, ne voilà-t-il pas...

 

C'est vrai ça : pourquoi une telle expression ? T'as un gars , -ou une fille, attention parité-,  qui fait une connerie et on lui dit : "Tiens, ben quand tu seras en taule, j'irai t'apporter des oranges ?"
Eh bien, ne crois pas que cela soit une phrase toute simple, dite comme ça à la va-vite. Non, elle a sa source et je m'en vais te la raconter de suite.

Cela remonte à 1892 où, sur dénonciation du père La Pudeur (le sénateur Béranger), quatre superbes créatures, dont Marie-Florentine Roger, dite Sarah Brown, comparurent en justice. Elles étaient accusées de s'être montrées quasiment nues dans les rues au cours du défilé du Bal des Quat'zarts. En attendant le verdict (100 francs d'amende avec sursis), le poète Raoul Ponchon composa ce distique :
"O ! Sarah Brown ! Si l'on t'emprisonne, pauvre ange,
Le dimanche, j'irai t'apporter des oranges."
(Sources : Le livre des questions bizarres, par Mina et André Guillois)

Et hop : encore une énigme expressive résolue. Mais... Mais... Ce n'était pas du tout de cela dont je voulais parler. Non. Certes, nous pouvons constater qu'il y a un fil rouge qui est l'orange entre le billet sur Biarritz et celui-ci, mais est-ce que cela nous permet d'avancer vers ce que l'on voudrait savoir en définitif : Mais où peut-on voir de belles vagues dans le Pays Basque ?
Nous avons vu qu'à Biarritz, il y a de très beaux paysages, variés, arrosés par une belle lumière hivernale, mais cela ne suffit pas. Alors que je tergiversais en tournant en rond autour de moi-même tel un chien qui cherche la meilleure position pour s'affaler sur son coussin, il me vint une idée : "Et si j'allais à Socoa !"
Attention ! Répétons-le : Socoa n'est pas une danse brésilienne que l'on pratique en serrant très fort sa partenaire tout en buvant un litre de Cachaça. Non ! Socoa n'a pas non plus de rapport avec le tube qu'interpréta Charles D. Lewis en 1986. Non ! Et Socoa n'a également aucun rapport avec le fabriquant de sièges de bureau du même nom mais avec un K à la place du C. Non ! Et pour savoir qui/quoi est Socoa, allons-y !
Je récupère la voiture. Je monte dedans. Je mets le contact. Je sors de la place de parking. Je passe la première, puis la seconde, puis la troisième. Je tourne à.... Oh, on s'en fout !
Pour résumer, il me faut rallier Biarritz à Ciboure, charmante bourgade située dans la baie de Saint-Jean-de-Luz.
Soient 25 kilomètres en longeant la côte basque.

Un petit passage par la plage de la Milady
où il n'y a pas foule...

Biarritz, le Bounty par temps gris
La Bounty  était une unité de la Royal Navy britannique.
Cette frégate est entrée dans l'histoire en raison de la mutinerie d'une partie de son équipage le 28 avril 1789.

 

Et puis Bidart, Guéthary, Saint-Jean-de-Luz, Ciboure, Socoa. Dans le poste-radio-CD, un peu de musique avec l'album de R.L. Burnside remixé, "Come on".

 

J'arrive à Socoa.
Socoa est situé entre Ciboure, ville natale de Maurice Ravel, et Hendaye, ville natale de Martin Guerre. Elle exhibe fièrement son fort, datant de la fin du XVIIème siècle, à la baie médusée Saint-Jean-Luzoise qui lui fait face. Et ce n'est pas un hasard !
Socoa, ses plages, ses petits et grands restaurants, son port retiré, son avancée vers l'océan, son phare, ses côtes,...

Tour à tour
Socoa, marée basse                ou                  Socoa, marée haute
Socoa, marée basse et bateaux (64)                 Soccoa, fort et port (64)

Tour à tour,
      dominée par La Rhune           ou           dominée par Les Trois Couronnes
Soccoa, port et Rhune (64)
                Soccoa, port et les Trois Couronnes (64)

 

Socoa, ce sont aussi de multiples panneaux, dispersés ça et là,  - souvent aux endroits où l'on s'y attend le moins-,  dans la cité protégée par de hauts remparts. Enfin, quand je dis "des" panneaux, c'est surtout le même qu revient souvent. Interdiction de plonger ! Interdiction de plonger dans les escalier ! Interdiction de plonger dans les flaques d'eau ! Interdiction dans des plaques en tôle ! Interdiction de plonger sur le parking ! Etc.

Soccoa, bateaux et panneau (64) Soccoa, escalier et panneau (64) Socoa, panneau Socoa, panneau (64)
Socoa, panneaux Socoa, panneaux Socoa, panneau et escalier (64) Socoa, panneau flaque (64)

Mais, là, tu me dis : "Eh oh, mon p'tit ! Attention, Socoa, ce ne sont quand même pas que des panneaux parce que sinon je vois pas ce que tu fous ici si y'a pas une vague car le titre de ce billet c'est quand même Vagues à Socoa alors de qui se moque-t-on hein ?!"
Tu as raison : Socoa, ce ne sont pas que des panneaux. Socoa, c'est aussi une digue...
Oui, allez, vas-y : tu en meurs d'envie ! il ya des mots, comme ça dans la langue française, dès qu'on les entend, il nous vient une envie subite de fredonner un air, une chanson hyper connus. Cela peut le faire, par exemple, lorsque nous utilisons le mot "Papayou", mais c'est plus rare que de prononcer ou entendre le mot "Digue".
À quoi pense-t-on quand on dit le mot "Digue" ? Hein ? Allez... Oh... Fais pas ta timide ! Mais oui, bien sûûûûûûûûûr !!!! Chantons-la cette chanson éternelle, afin de rendre hommage à ces chanteurs morts disparus dernièrement et qui aurait sûrement repris en choeur avec nous, à leur façon !!!!

♪ "De Nantes à Montaigu, la digue, la digue !  ♫
♬ De Nantes à Montaigu, la digue du cul !  ♬
♫ La digue du cul !" ♪

Imaginons un Lemmy Kilmister ou un Michel Delpech ou un David Bowie reprendre chacun à leur façon cette comtine paillarde. Tour à tour à la sauce Heavy metal, puis populo-baloche, puis... puis... Qu'est-ce qu'il aurait fait Bowie avec cette chanson ? Comment se serait-il habillé, maquillé ? Quelle coiffure ? Quelle couleur ? Quels sons : jazz, électro, rock, fusion, dub, reggae ?

Reprenons !

Socoa, c'est aussi une digue.
La voici à marée moyenne-basse :
Socoa, digue
                        Socoa, digue et fort (64)
Socoa, digue, vue nord (64)                         Socoa, digue (64)

C'est calme. C'est tranquille. C'est une digue à marée basse, quoi. À l'origine, celle-ci a été construite afin de casser les vagues océaniques pour qu'elles ne pénètrent pas dans la baie de Saint-Jean-de-Luz. À l'origine, la rade de Saint-Jean était protégée naturellement par les falaises ainsi qu'une dune de sable située au milieu de la baie.

"À l’abri derrière ces défenses naturelles était construit un des plus beaux quartiers de la paroisse, le quartier de la barre. Il se situait dans le prolongement de l’actuel quartier historique et plus de deux cents habitations avaient été édifiées à cet endroit : des maisons d’armateurs, un couvent, un hôpital, des jardins...
Dès la fin du XVIIème siècle, des tempêtes, de plus en plus violentes, effritèrent peu à peu ces protections, emportant une partie de la dune, et Saint Jean-de-Luz fut régulièrement inondée. Afin de protéger la ville des raz de marées incessants, il fut décidé de construire un mur de garantie à l’emplacement de la brèche. Malheureusement cela ne devait pas suffire car, régulièrement, le perré fut, soit renforcé, soit reconstruit comme en 1782 et 1823. C’est donc ainsi que pendant plus d’un siècle, le quartier de la barre subit les assauts de la mer, emportant petit à petit la plupart des édifices.
Il faut attendre l’arrivée de Napoléon III sur la côte basque, au milieu du XIXème siècle pour que la situation s’améliore. En effet, ce dernier, sensible au désarroi des habitants de Saint-Jean-de-Luz, entreprit des travaux de fermeture de la baie. Il ordonna la construction de trois digues : celles de Socoa, de Sainte Barbe et de l’Artha. Depuis le début du XXème siècle, ces digues ferment la rade et font partie du paysage luzien."
OFFICE DU TOURISME DE SAINT-JEAN-DE-LUZ

 

La digue de Socoa mesure 325 mètres de long. Les premiers travaux commencèrent en 1864 pour s'achever douze ans plus tard. Des blocs de béton de 50 tonnes sont apposés contre l'ouvrage afin de garantir sa solidité face aux vagues déchaînées de l'océan par grosse marée.
Et ce jour-là, il fallait que la digue soit forte !

DSCN7406J'arrive à hauteur de l'édifice dont l'accès est interdit.
Une grande barrière bloque la promenade sur digue.

 

 

 

 

DSCN7367Derrière les panneaux rappelant les dangers en cours,
la digue semble résister aux assauts de l'océan.
Je distingue de grandes gerbes d'eau salée, là-bas, au loin...

 

 

 

 

 

 Pas de doute possible, cette fois-ci, nous avons bien des...

VAGUES À SOCOA !!!!

Socoa, vagues sur digue (64)_009

Socoa, vagues sur digue (64)_001

Socoa, vagues sur digue (64)_002

Socoa, vagues sur digue (64)_003

Socoa, vagues sur digue (64)_006

Socoa, vagues sur digue (64)_005

Socoa, vagues sur digue (64)_004

Fascinant, majestueux, grandiose, spectaculaire ! On dirait une sorte de ballet, vois-tu, avec des montées, des descentes, des attentes. Mais même en restant derrière la barrière de sécurité, il est possible de se faire mouiller.

Socoa, vagues sur digue (64)_007

 

Je décide de prendre un peu de hauteur lointaine pour continuer d'admirer ce spectacle sous un autre angle. D'autant plus que la marée n'est pas encore à son paroxysme et que les vagues vont être de plus en plus violentes.
Je me retrouve sur le petit parvis qui domine la digue dans sa longueur.

Souvenons- nous.

Par marée basse-normale,
la digue de Socoa, c'est ça :
Socoa, digue

Par marée haute et forte,
la digue de Socoa, c'est plutôt ceci :
Socoa, vagues vue de haut (64)_003

 

Et quand tu es encore trop près,
voilà ce qu'il se passe :

 

Je prends donc encore un peu de recul pour apprécier le spectacle. Si ça continue comme ça, je vais finir dans la voiture direction Poitier !
Je monte sur une autre petite terrasse dominant la digue de profil.

Socoa, vagues sur digue (64)_001

Socoa, vagues sur digue (64)_003

Socoa, vagues sur digue (64)_005

Socoa, vagues sur digue (64)_004

Et là, à ce moment précis, tu me dis : "Ok, c'est bien gentil tout ça, mais où est le son ?"
Et là, je te réponds : "Eh ben en v'là du son !"

Et là, tu m'dis : "Ok, c'est bien gentil tout ça, mais où sont les odeurs ?"
Et là, je te réponds : "Dis, oh, t'as qu'à y aller !!!"

La marée est à son plus haut niveau. La pluie redouble. Le jour s'éteint. Je quitte la digue et ses vagues pour rejoindre le parking où est garée la voiture. Un dernier regard sur la digue à présent lointaine...

Socoa, vagues sur digue de loin (64)_001

Socoa, vagues sur digue de loin (64)_002

 

Allez, maintenant, je vais rentrer aller regarder Stade 2 en buvant un bon Porto.
Et on se quitte avec des images du match de rugby de première division belge, opposant le Royal Kituro à l'équipe de Soignies...

Très beau match qui s'est terminé par un score sans appel : Royal Kituro 356 - Soignies 3.
Toutes les explications en cliquant ici : 356 à 3, une déculottée record en Belgique.

 

À plus tard pour un petit passage en Belgique via le cinéma de Bouli Lanners.