Dans notre précédent épisode, Nathalie, Louise, Axel, Grégo, Maître Arnaud et Jénorme décidaient d'aller passer une nuit au refuge de la Glère. Un nom bien étrange certes, mais qui n'a absolument rien à voir avec cette sécrétion visqueuse qui nous sort des narines ou de la gorges lorsque nous sommes enrhumés et que, du coup, cette substance jaunes verdâtres collants nous empêchent de... Oui, bon, de toute façon, ça ne s'écrit pas pareil.
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

 

Souvenons-nous !
Voyant la bise venir, Jénorme ne se trouva pas fort dépourvu de ne pas avoir d'avantage profité de l'air pyrénéen, mais il sentit qu'il pouvait une dernière fois, en cet an de grâce 2016 ponctué d'attentats, de décès, de séismes, de loi travail,... OH EH OH !!!
Bref : une dernière petite randonnée en montagnes pyrénéenne s'imposait, d'autant plus que les journalistes investissaient sérieusement les médias et le cerveau des gens en nous asphyxiant de "bons mots" sur les élections présidentielles américaines plus tournées vers le bas de la ceinture que le haut du crane. On dira ce que l'on voudra, mais cela aura fait de la publicité aux hôtels-restaurants-immeubles de cet ex-présentateur d'émissions de télé-réalité.
BREF : Jénorme avait préféré écouter les cris avenants de cette marmotte fort sympathique qui semblait lui dire simplement : "Eh, viens donc profiter du calme de la montagne."...

Ah non, merde, je me suis trompé de vidéo. On recommence !
Voyant la bise venir, Jénorme ne se trouva pas fort dépourvu de ne pas avoir d'avantage profité de l'air pyrénéen, mais il sentit qu'il pouvait une dernière fois en cet an de grâce 2016, faire une petite randonnée en montagnes pyrénéenne ; motivé qu'il était l'appel de cette marmotte au cri avenant...

Oui, voilà, c'est mieux.

Cette initiative tombait fort bien car Nathalie, Louise, Axel, Grégo et Maître Arnaud avaient eu le même désir d'altitude. Chose incroyable : à chaque fois que je prononce ou que j'écris le mot "désir", je pense de suite à la chanson que Laurent Voulzy chantait en duo avec Véronique Jannot "Désir désir", en 1984. Toutefois, cela ne nous a pas empêché de porter notre choix sur le refuge de la Glère pour passer une nuit tous ensemble dans les hauteurs pyrénéennes. Mais avant cela, il nous fallait faire quelques kilomètres de randonnée pour effectuer le trajet Plateau du Lienz-Camp Bernard-Rollot-vallée de la Glère-refuge. Deux heures de marche avec un dénivelé de plus de 500 mètres réparti sur une distance de 3,5 km sur une piste grise et caillouteuse sans grand intérêt de prime abord, hormis si l'on aime les poteaux électriques rouillés et les vestiges de téléphérique. J'exagère, j'exagère.
Après avoir parcouru ces kilomètres dans la vallée de la Glère, nous arrivions enfin au premier niveau et la vue n'est toujours pas terrible. Des ruines en bordel.

Lac de la Glère, ruines EDF (65)"Au début des années 1950, EDF implanta un énorme chantier un peu plus haut encore, à 150 m en dessous du sommet de l'Ayré, pour percer un tunnel de 11 km afin de stocker les eaux du massif du Néouvielle et de Gavarnie dans le barrage de Capdelong et de les ramener à travers la montagne vers la centrale hydroélectrique de Pragnères. Le funiculaire existant ne pouvant pas être prolongé, un téléphérique de chantier fut construit par EDF, d'abord pour son usage, afin de relier le chantier du tunnel, la base de vie et le refuge de la Glère à proximité, (les restes du chantier du tunnel et de la base de vie n'ont toujours pas été nettoyés)." WIKIPEDIA

 

Mais ce n'était pas grave car, juste un petit peu au-dessus, a y est : le lac de la Glère sous le regard de pierre granitique du Massif du Néouvielle nous apparut.

Lac de la Glère, arrivée au lac

Ok, on ne le voit pas très bien, mais nous allons maintenant nous approcher un peu...

 

 

DE NOS JOURS, UN PEU APRÈS...

Oui, il était bel et bien le lac ! Le lac de la Glère !
Deux hectares d'eau limpide, tantôt bleuté par le reflet du ciel, tantôt miroir lorsque les montagnes alentours reflètent à sa surface. La profondeur de cette étendue aquatique peut atteindre dix mètres ; ce qui laisse de l'espace aux truites fario, aux ombles de fontaine et autres vairons pour s'ébattre ici, à 2153 mètres d'altitude très précisément.
Un petit panneau jaune nous indique deux directions possibles...

Lac de la Glère, arrivée, panneau (65)Soit nous allons directement au refuge de la Glère,
soit nous marchons encore un peu pour atteindre,
plus haut, le parc naturel du Néouvielle
qui se trouve à 55 minutes de marche.

 

 

 

 

 

Car oui, lorsque nous sommes au lac de la Glère, nous sommes dans la vallée de la Glère ; et non dans le parc naturel du Néouvielle ; bien que nous ayons une magnifique vue sur le massif et que les paysages semblent être de la même catégorie que ce lieu.

 

Pendant que le petit groupe préfère rejoindre le refuge
et qu'Axel tente de pêcher comme les ours...
Axel au bord du lac de la Glère

...je m'en vais faire un petit tour
de ces lieux délicieusement silencieux
et sans humain.

Je commence par la face Nord-Est avec la visite rapide du petit enclos à brebis et de sa cabane. Bon, nous sommes bien d'accord : la montagne, ce n'est pas Paris, on n'est pas là à aller furter à droite à gauche en entrant sur des terres ou en des lieux qui sont des propriétés privées. S'il-te-plaît ! C'est pas parce que tu es en pleine nature que tu peux faire n'importe quoi ! Hein, bon, alors !
DONC le petit enclos à brebis.

Lac de la Glère, enclos à brebis, octobre (65)En cette saison, c'est vide. Pas une brebis, pas un berger.
J'avance sur un sol rendu meuble par la présence de millions de petites crottes animales.
J'imagine la beauté du lieu lors des estives avec le ciel et le lac bleus, la montagne grise, l'herbe verte grasse, les brebis blanches avec quelques cloches des hauteurs...

 

 

 

 

Face à l'enclos, une vue magnifique
sur le lac de la Glère et ses montagnes environnantes.

Lac de la Glère, vue panormique, face Sud (65)


C'est peut être cette cime pointue qui interpelle
le plus l'attention dans un premier temps.
Lac de la Glère, lac et Campanal de Larrens (65)

Il s'agit du Campanal de Larrens. 2712 mètres d'altitude. Et oui, ça s'grimpe. Et non, cela n'a aucun rapport avec le nom que porte le personnage de Gérard Depardieu dans le film "La chèvre" (1981) de Francis Veber puisque c'était Campana.

Mais qu'est-ce que c'est que ce billet avec tous ces gens et ces animaux qui crient ????!!!!

 

Retour au calme.
Je poursuis ma progression, plein Ouest, tranquillement. Toujours happé par la beauté des paysages. Toutes les deux minutes, je m'arrête pour contempler. Une petite reconnaissance des sommets alentours se mirant dans l'eau glaire... claire du lac de Glère.

Lac de la Glère, lac, crête d'Espade et Campanal de Larrens (65)
Ici, la crête d'Espade (2773 m), la brèche de Chausenque (2790 m),
le pic du Néouvielle (3091 m) et le Campanal de Larrens (2712 m).

Lac de la Glère, bords du lac (65)

Lac de la Glère, horizon vertical (65)

 

Refuge de la Glère, et ciel bleu (65)Au-dessus du petit sentier, le refuge de la Glère manifeste sa carrure imposante et originale pour un édifice montagnard.
Cela change des petits "cabanons en pierres apparentes" que j'ai l'habitude de voir dans les Pyrénées.
Je pense à celui d'Alret en bois et pierres, ou encore à celui de Pombie, sans oublier celui nommé refuge Ledormeur en Val d'Azun.
Vu comme ça, on dirait une ancienne bâtisse russe ou de l'ex-RDA ou un logement revu par Le Corbusier.

 

 

Je continue à avancer vers l'Ouest en longeant les abords rochesques du lac. Je garde le Campanal de Larrens en ligne de mire.

Lac de la Glère, bords de lac et Campanal de Larrens (65)         Lac de la Glère, lac et Campanal de Larrens

Lac de la Glère, lac, crête d'Espade et Campanal de Larrens

Lac de la Glère, lac, pierres et Campanal de Larrens (65)          Lac de la Glère, lac et Campanal de Larrens

J'arrive finalement à l'Ouest de l'Ouest du lac. On ne peut pas faire plus à l'Ouest. Bon, bien sûr, après on peut continuer de faire le tour ou encore monter en direction d'un autre lac situé juste au-dessus, mais non. Là, c'est l'Ouest du lac de la Glère. La météo est à peu près la même qu'à l'Est. La température aussi. La végétation pareil... à une chose près ! Eh oui, ici se trouve une particularité géographico-touristique très secrète et que je m'en vais te présenter avec cette vidéo au son venteux...

Ben oui !

Lac de la Glère, la plage (65)

 

De cet endroit, il y a également une très belle vue sur l'étendue bleu du lac avec, en fond, le petit cabanon et l'enclos à brebis. Le tout sous l'oeil bétonné du refuge de la Glère.

Lac de la Glère, lac et refuge

Lac de la Glère, lac et abris brebis (65)                  Lac de la Glère, lac et pic d'Ourdégon (65)

L'envie est forte de continuer à vadrouiller en ces lieux naturels, mais il est grand temps de rejoindre tout le monde au refuge.
J'emprunte le petit sentier censé mener aux lacs et parc naturel du Néouvielle. De là, une vue étonnante sur le refuge apparaît ; seule 'présence humaine' dans ce vaste endroit.

Refuge de la Glère, refuge et sentier (65)

 Jénorme voit le refuge de la Glère (65)         Refuge de la Glère, de profil (65)

Refuge de la Glère, le lac et le refuge (65)                         Refuge de la Glère, de profil

 

J'arrive sur la terrasse du refuge
où un petit apéro d'altitude est déjà en place.

Refuge de la Glère, apéro

Refuge de la Glère, terrasse et lac

 

Tout ceci en profitant de la vue panoramique
sur le lac de la Glère...
Refuge de la Glère, lac, pic de Néouvielle, Espade et pic de la Mourelle (65)

...et sur le massif du Néouvielle.
Refuge de la Glère, pic de Néouvielle et crête d'Espade (65)

Avec de gauche à droite ; le pic de la Mourèle, le petit pic d'Espade,
le grand pic d'Espade, la brèche d'Espade, la crête d'Espade,
la brèche de Chausenque et le Néouvielle.

Voilà pour les présentations extérieures.
L'air est plus frais et plus vif. Peu à peu, le soleil disparaît derrière les crêtes.
Il ne nous reste plus qu'à prendre nos quartiers dans le refuge.

Refuge de la Glère, fenêtre (65)

Construit en, puis rénové en 2006, le refuge de la Glère possède 65 couchages. La période de gardiennage s'étend de mi-février à septembre, ainsi que les week-ends d'octobre. Elle propose eau potable, douches, WC et restauration.
Ce soir, c'est Béatrice qui nous accueille. Elle s'occupe de la vie du refuge (ravitaillement, discipline, propreté, changes).
En période de gardiennage, on peut manger, boire, dormir (avec des couvertures-draps-oreillés fournis) en nuitée (22,60 euros pour les adultes) ou en demi-pension (46,60 euros avec nuit, repas et petit déjeuner).
Hors gardiennage, 20 couchages sont disponibles, mais il n'y a pas d'eau, ni de services.

L'entrée se distingue par une grande porte suivie d'un petit couloir séparant l'uintérieur de l'extérieur de la bâtisse, tel un sas. À gauche, des casiers pour poser les chaussures de marche car il est interdit de pénétrer dans le refuge avec nos groles qui puent. À droite, des crocs de multiples couleurs et de multiples tailles pour les résidants.
Passons le couloir pour rejoindre la salle à manger.

Refuge de la Glère, salle à manger (65)

De grandes tables solides en bois et un poêle au fond de la pièce. Sur une étagère, une petite bibliothèque avec divers ouvrages (guides, cartes, romans, livres pour enfants,...), ainsi que quelques posters et cartes postales aux murs. Au fond, une penderie pour permettre aux affaires de sécher. À gauche de l'entrée, un bar-comptoir avec les affiches des différents boissons proposées (bières, vins, apéritifs, digestives, jus de fruit, sirops, café, thé,...) ainsi que la restauration (de l'encas au menu). Sous le bar, des jeux de société, de dés et autres. Nous, nous pencherons pour le Yam's.

Refuge de la Glère, à tableCe soir, au menu, ce sera soupe de légumes bien chaude, spaghettis bolognaises, fromage du berger (qui avait son troupeau près du lac) et tarte.
Le tout servi à 19h00 précise afin que tous les occupants soient synchronisés et qu'il n'y ait pas plusieurs services.
Pour la boisson, tu peux demander du vin en pichet. Mais il est également possible de consommer tes propres bouteilles si tu as eu le courage de les monter jusqu'ici... Nous, nous avons eu le courage !

 

 


Refuge de la Glère, affiches concerts (65)Pour les dortoirs, nous empruntons un escaliers nous conduisant à l'étage.
Nous découvrons quelques affiches
de concerts qui se sont tenus dans ce lieu isolé...
il y a un petit bout de temps.

 

 

 

 

Refuge de la Glère, into the refugeNotre dortoir se compose de trois lits superposés, soient six couchages. 
Ça tombe bien : nous sommes six !
Couvertures, draps et oreillers sont fournis.

 

 

 

 


Et le tout avec une vue imprenable
sur le lac et le massif du Néouvielle.
Refuge de la Glère, par la fenêtre (65)


Après un bon repas et une bonne heure à jouer au Yam's dans la grande salle, nous regagnons nos couchages vers 22h00. Tout le monde est déjà couché. Il n'y a que quelques pensionnaires ce soir. Un groupe de personnes qui s'en vont demain matin à 4 heures vers le lac de Cap de Long en passant par la brèche de Chausenque et le pic du Néouvielle. Il y a aussi un couple qui vient randonner simplement dans le massif de Néouvielle à la découverte des lacs du versant Nord. Et puis, vers 21h30, des randonneurs russes arrivent pour passer la nuit. On ne comprend pas ce qu'ils disent, mais ils ont amené leur bouffe et ça sent très fort.

Allez, bonne nuit.
Demain, nous nous lancerons à l'assaut du massif du Néouvielle depuis la vallée de la Glère.