Ce week-end, j'avais prévu de rester face à l'ordinateur pour parler un peu sur ce blog de tous ces périples réalisés ces derniers mois, comme la Russie, la Lithuanie, le Cantal, Nevers, les gorges du Verdon, les villages abandonnés en Aragon, etc. Mais un ciel bleu des limpides m'invita à refermer internet pour aller voir ailleurs si j'y étais. Et, chose incroyable ou magie contemporaine, effectivement : j'y étais !
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

 

Pas un nuage ! Pas une tache blanche ! Pas un pet de vent ! J'ai beau tenter de ne pas céder à l'appel de l'extérieur en me concentrant sur les informations du jour et autres nouveautés musicales du moment, rien n'y fait. Il faut que je sorte.
On oublie ce reportage sur les gens habitant dans les sous-sols de Las Vegas (Les entrailles de Las Vegas). On cesse toutes recherches sur le pastafarisme...

pastafarismePASTAFARISME : "Le pastafarisme est une parodie de religion dont la divinité est le Monstre en spaghetti volant (Flying Spaghetti Monster) créée par un étudiant de l'université d'État de l'Oregon, Bobby Henderson. En 2005, il écrit une lettre ouverte pour protester contre la décision du Comité d'Éducation de l'État du Kansas d'autoriser l'enseignement du dessein intelligent dans les cours de science au même titre que la théorie de l'évolution. Dans cette lettre, il professe sa foi en un dieu créateur surnaturel dont l'apparence serait celle d'un plat de spaghetti et de boulettes de viande et demande que le pastafarisme reçoive une durée d'enseignement égale à celle du dessein intelligent et de la théorie de l'évolution."  WIKIPEDIA

Sur la photo ci-dessus, nous voyons le monstre en spaghettis volant remettre au capitaine Moÿse les tables des "trucs que j'aimerais autant que vous fassiez pas".


On arrête de se concentrer sur l'histoire de cet homme qui vit depuis quinze ans dans un 747 posé en Oregon et qu'il a aménagé à sa façon (Un passionné d'aviation vit dans un 747 depuis 15 ans). On éteint les enceintes pour ne plus écouter le dernier album de Feeder qui vient de sortir avec le morceau-titre Eskimo :

Un passionné d'aviation vit dans un boeing 727 depuis 15 ans

En savoir plus : http://voyage.gentside.com/gs-news/un-passionne-d-039-aviation-vit-dans-un-boeing-727-depuis-15-ans-il-decide-d-039-acheter-un-747-comme-residence-secondaire_art2931.html?utm_source=fb&utm_medium=cpc&utm_campaign=apero
Copyright © Gentside VoyageOn cesse d'écouter le dernier album du groupe Feeder avec le titre phare "Esquimo"...

ET ON SORT !

Oui, c'est bien... C'est déjà un premier pas... Voilà... Je suis dehors... C'est bien... Mais qu'est-ce que je fais maintenant ? Et où je vais ? Et qui suis-je ? Et pourquoi ?
Dans les dernières informations que j'avais pu voir au J.T. de France 2, un reportage s'était porté sur les vignes de Cognac et ce fait que je ne connaissais absolument pas : aujourd'hui, nous faisons plus de vodka (avec modération) que de Cognac (avec modération) dans les vignes charentaises ; et ce depuis 2014.
Ben dis don' : je ne savais pas même pas que l'on faisait de la Vodka (avec modération) à Cognac (avec modération).

DU COUP :
DÉDUCTION !

Si le Cognac (avec modération) est moins produit que la Vodka (avec modération), sachant qu'en plus, les Chinois nous achètent des pieds de vigne (avec modération... ah non, pas là !) pour les ramener chez eux, que va-t-il bien pouvoir rester de nos produits français locaux traditionnels ? Ne va-t-on pas se mettre à faire des bétises à Bombay et de l'andouille à Detroit ? Et pourquoi pas de la moutarde à Gijon ? Hein ? Alors ?!
Comme je n'avais pas le temps d'aller jusqu'à Cognac (avec modération), j'ai alors opté pour Capbreton. Pourquoi Capbreton ? Tout simplement parce que j'avais entendu qu'en périphérie de la cité balnéaire landaise, il s'y faisait du vin. Mais pas n'importe quel vin : du vin de sable (avec modération).

ME VOICI PARTI
POUR CAPBRETON !

Dans la radio, les informations parlent de l'attaque des troupes irakiennes sur Mossoul afin de reprendre la ville à Daesh. C'est important de le savoir, mais comme nous sommes dimanche, je préfère écouter un peu de musique plutôt que des récits de guerre. Mon choix se porte sur le second album d'Asian Dub Foundation, sorti en 2000, "Community music" avec, notamment, le morceau "Taa Deem".

Je passe à hauteur de Labenne où face au rond-point du surfeur de fonte, se tient une affiche annonçant la prestation de Willy au piano.

Labenne, rond-point (40)              Labenne, sur la route (40)

Et quelques kilomètres plus loin, j'arrive à un croisement m'indiquant sur la droite la direction de la Pointe. Je roule un peu en passant non loin d'un camping, puis j'atteins un parking situé sous les pins. Un panneau interpelle mon attention, posé là, isolé sous les pins, au milieu de nulle part, juste à côté du petit fleuve du Boudigau.

Capbreton, la pointe, vin (40)

C'est un petit explicatif sur la naissance, la vie et la culture du vin de sable.
Passons sur le visage à grande bouche de l'épouse du pêcheur et concentrons-nosu sur plusieurs choses.
1) Nous parlons de vin et de ce que j'ensais, la vigne donnant le raisin permettant la conception du vin pousse dans la terre.
2) C'est l'épouse du pêcheur qui nous explique la conception de ce breuvage ; et non l'épouse du viticulteur.
3) Ce n'est pas mentionné sur le panneau, mais le Boudigau est effectivement un fleuve puisque ce cours d'eau se jette dans l'océan entre Capbreton et Hossegor après plus de 25 km de course tranquille dans la forêt landaise.

Ceci étant dit, lisons et instruisons-nous.

LE VIN DE SABLE DE CAPBRETON, LE VIN DES ROIS
"Trois cépages avaient été sélectionnés pour la culture du vin de sable : le "Tite de crabe" (cépage blanc aujourd'hui appelé Chenin), le "Capbreton (cépage rouge plus communément appelé Cabernet Franc) et le "Cruchen".
Cette culture, destinée originellement à la protection de la dune, se révéla être un vignoble de qualité, très apprécié pour ses qualités gustatives, approchant selon certains celles des vins de Bordeaux. Malheserbes, homme politique français sous Louis XV et Louis XVI, fit lui-même l'éloge de la finesse de notre vin, qui lui valut d'être surnommé "vin des rois". Le vin de sable fut d'ailleurs servi à la cour du roi en 1680.
Nous exportions nos barriques de vin depuis les ports de Capbreton, Vieux-Boucau, puis Bayonne vers l'Angleterre et la Hollande. A partir du XVIIIème siècle, le déclin de notre activité viticole fut amorcé par l'altération des conditions naturelles : notre vignoble fût ainsi ravagé par une succession de gelées, des attaquaes de larves de hanneton et la propagation de l'oïdium et du mildiou (maladies causées par un champignon). Il ne reste alors plus que neuf hectares de vignes en 1901 et l'expansion de la station balnéaire entraîna la disparition du vignoble. Les parcelles disparurent progressivement au profit des constructions et de l'implantation d'établissements de bains de mer."


L'autre intérêt de l'implantation de vignes en cet endroit tient sur le fait de pouvoir fixer les dunes. Les habitants de la côte gasconne avaient ainsi besoin de protéger leur village de l'invasion des sables. Il leur fallait également préserver l'accès au port. C'est ainsi qu'à partir du XIVème siècle à Capbreton, puis plus tard à Vieux-Boucau, les habitants ont planté des vignes afin de fixer les dunes. Celles-ci présentaient l'avantage de posséder de profondes racines, permettant une fixation optimale. Les parcelles étaient entourées de palissades et elles étaient cultivées sur le versant est de la dune, à l'abri des embruns de l'océan. Autre particularité du vin de sable : les grappes de raisin étaient couchées sur le sable. 250 hectares de vignes étaient ainsi entretenues par les femmes pendant que les hommes partaient pêcher la baleine en mer pendant de longs mois.
Plus d'infos détaillées sur HISTOIRE DU VIN DE SABLE.


Eh bien tout ceci est très intéressant. Il n'y a pas vraiment de sentier de randonnée prévue pour découvrir les anciens lieux de parcelle. D'un commun accord avec moi-même, je décide donc de me lancer dans la forêt en créant, pourquoi, un sentier touristique que j'appellerai "Le sentier de la route du vin de sable".
Je ne sais pas combien de temps cela prendra, je ne sais pas quelle destination suivre, je ne sais pas si cela aura un intérêt. Voici donc le résultat de mes recherches après quelques kilomètres de marche dans la forêt littorale landaise, non loin de Capbreton.

 

Oui, bon... Comment dire...

Capbreton, la pointe, panneau océan (40)C'est une promenade agréable et très courte qui t'amène d'un parking situé sous les pins jusqu'à l'océan, sur une plage où il est interdit de se baigner.

 

 

 

De plus, il faut faire gaffe où tu marches et ne pas t'éloigner du chemin tracé car les cabanes de chasseurs ne sont pas très loin... Eh oui, même sur le bord de l'océan.

Capbreton, la pointe, chasse (40)           Capbreton, la pointe, chasse

 

Maaaaaaaiiiissss : pour conclure ce billet.

Est-ce que le vin de sable existe encore ? N'est-ce pas une légende ? On peut se poser la question lorsque l'on pratique ce sentier non officiel et lorsqu'on lit les panneaux touristiques relatant l'histoire et la production de ce breuvage qui s'arrêteraient après 1901... Il n'en est pourtant rien puisqu'un vigneron a repris le procédé de culture de cette vigne originale il y a plus de 20 ans. Tu peux retrouver ses produits sur son site internet (Vin des dunes) et en te rendant au domaine à La Pointe de Capbreton.

 

À plus tard pour de nouvelles aventures.