Alors, si tu te souviens bien, mais ça fait une paye en même temps... enfin une paye, disons plutôt une solde... euh alors oui, donc, Nicouane, Maître Arnaud et moi-même étions partis pour le petit village de Moustiers-Sainte-Marie, à la frontière des Alpes-de-Haute-Provence et du Var, dans le Sud-Est de la France, entre le plateau de Valensol et les gorges du Verdon, en plein centre du carré formé par les villes de Dignes-les-Bains, Manosque, Cannes et Draguignan. Voilà, c'est précis.
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...


J'ai pas tout compris à ce que je viens d'écrire, mais ça a l'air très précis.
Recommençons pour voir.

 

                    DANS NOTRE PRÉCÈDENT ÉPISODE
Nous avions découvert les Gorges du Verdon en nous aventurant en canoé tri-place dans le plus beau canyon d'Europe...
                           Nicouane maitre arnaud jénorme verdon
Et ça s'était pas mal passé, merci, même si nous avions mis un peu de temps à trouver une plage pour débarquer afin de boire quelques verres de rosé.

Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

 

DE NOS JOURS, MAIS IL Y A SIX MOIS...
C'était bien sympa cette petite balade en canoë dans les Gorges du Verdon, mais c'était également très court. Impossible de se rendre compte  de toute la beauté et de toute la diversité des Gorges en ne parcourant que deux maigres kilomètres balisés. Il nous reste quelques 18 km à inspecter. Et je leur ai dit aux gars là !

OOOOH LES MECS !!!!!
DEBOUUUUUT !!!!!
Moustiers-Sainte-Marie, pause
Nous n'avons fait que 10% de ce que peuvent nous proposer
les Gorges du Verdon comme magnifiques paysages !!!!!

Rando martel BlancAvec Nicouane, nous étions bien tenté de découvrir le site en faisant quelques kilomètres de randonnée sur le sentier Blanc-Martel ; un sentier qui nous faisait passer par les plus beaux endroits des Gorges dont Jean Giono disait "Ici, c'est plus loin, c'est ailleurs !".

Mais vu que Maître Arnaud n'était pas très chaud pour marcher, nous avons finalement décidé à l'unanimité de parcourir les gorges en voiture... à condition que Maître Arnaud conduise et que l'on prenne sa voiture.

 

 

 

 

Après une très vague étude du parcours à effectuer, nous avons pris la route, comme chaque matin, en direction d'un marché. Et ce matin, le marché du jour se trouve à Aiguine. Mais avant cela et après avoir franchi le pont du lac de Sainte-Croix, nous faisons un bref passage par le nouveau village des Salles-sur-Verdon.

 

 

LES SALLES-SUR-VERDON
Aiguines, vue sur Les Salles-sur-Verdon (83)
Les Salles-sur-Verdon, vue d'Aiguines

En effet, nouveau car le premier village a été complètement détruit et rasé au début de l'année 1974 pour "laisser place" au lac de Sainte-Croix, son barrage et ses installations EDF.
Le nouveau Salles-sur-Verdon a été inauguré le 22 janvier 1977. Il est situé 400 mètres plus haut. Un souvenir qui reste ancré dans les mémoires de ceux qui ont habité dans le premier village... qui git aujourd'hui par 40 mètres de fond, sous 767 millions de m3 d'eau. Les villageois n'ont pu sauver que le monument aux morts, les cloches de l'église, une fontaine, un lavoir et quelques tuiles... 

"Alors qu’en 1972, il était difficile d’entrevoir l'impact de ce qui allait se dérouler, au début de 1973, toute la végétation du fond de la vallée était éliminée. À la fin de l'année 1973, le village semblait avoir été victime d'un bombardement. En février 1974, l’ancien village n'était plus qu'un ensemble informe où il était difficile de reconnaître le cadre de vie familier. Le lac était au pied du village et l'eau montait inexorablement.
Le 1er mars 1974 à l’aube, la gendarmerie évacuait les derniers habitants de l’ancien village, au milieu de monticules de ruines. Le 5 mars 1974, l'église était dynamitée."  WIKIPEDIA

Je suis retombé sur un ancien magazine d'Alpes Magazine qui parle de "ce long et lent naufrage" du village. Extraits.

"Jean-Jacques Grézoux avait 16 ans  lors de l'agonie des Salles-sur-Verdon, village sacrifié sur l'autel de la production d'électricité et d'eau d'irrigation pour donner naissance à un lac artificiel de 2200 hectares, une des cinq gigantesques retenues sur cet affluent de la Durance. Pour la plupart des 160 habitants qui vivaient paisiblement d'agriculture, d'élevage, de la truffe et de la lavande, ce fut un drame comparable à ce qu'ont vécu les habitants de Savines pour Serre-Ponçon ou de Tignes. Pire. ici, ce naufrage imposé a pris des allures de Titanic, car le village n'a pas été seulement noyé, il a été rasé, maison après maison.

"La démolition a duré un an. Chaque fois qu'une famille partait, les pelles mécaniques entraient en action. Mon père avait l'impression de revivre la guerre.", explique Robert Carbonnel. (...)
"Assassins, pillards, voleurs", pouvait-on lire sur les murs du village déserté. "Certes, les propriétaires ont été indemnisés, mais avec un coefficient de vétusté de 80%. Juste de quoi payer les fondations de leur nouvelle habitation", se souvient Jean-Jacques Grézoux. (...) Les Sallois ont eu le temps de ramener leurs défunts dans un nouveau cimetière (...), mais il a fallu un huissier et les gendarmes pour faire 'déguerpir' les derniers irréductibles. Ce fut le cas de M. Signoret, adjoint au maire.
"Quand l'eau, dans la nuit, est entrée dans son garage, il a compris que c'était fini.", poursuit Jean-Jacques Grézoux. Aujourd'hui, le plan d'eau a fait basculé la commune de l'agriculture vers le tourisme. La population y est multipliée par 20 chaque été. (...)" 
PIERRE MILLON pour ALPES MAGAZINE

Tu peux retrouver les photos et le récit de cette histoire sur ce site : LES SALLES-SUR-VERDON.COM

Nous ne verrons donc pas non plus le pont qui reliait jadis Les Salles à Moustiers-Sainte-Marie. Ce dernier a lui aussi été englouti en 1974. Les cinéphiles nostalgiques se souviendront que c'était près de ce pont sur lequel Brigitte Fossey se précipite sous une pluie de balles pour rattraper son chien dans le film de René Clément "Jeux interdits", en 1951.


JEUX INTERDITS AU VERDON
from Honnorat jean claude on Vimeo.

 
Nous reprenons la route... enfin, disons plutôt que nous ne l'avons pas quitté car nous ne nous sommes même pas arrêtés aux Salles. Nous aurions pu faite le tour du Lac de Sainte-Croix en continuant de suivre la Départementale 957, puis la D49, puis la D71, puis... MAIS NON ! Nous avons fait demi-tour pour prendre la direction d'Aiguines avant d'attaquer la route des Gorges du Verdon.

Je sais pas trop pourquoi, mais Aiguine, ça me fait penser à Biguine, et biguine, ça me rappelle ce morceau de claquettes effectué par Eleanor Powel et Fred Astaire sur "Begin the beguine" en 1940

C'est peut être parce que Maître Arnaud ne voulait pas marcher que je me suis mis, inconsciemment, à penser à un numéro de claquette. À ce propos, on peut se poser LA question inutile du jour : Est-il possible de parcourir le sentier Blanc-Martel en ne faisant que des claquettes ?
Hein ? Oui, on peut se poser la question. C'est vrai quoi ! Après tout, souvenons-nous que Zorroducul Turlututu a bien fait le trajet de Marseille à Bordeaux en moonwalk.

Alors oui, on peut se poser la question, mais plutôt que d'y répondre, intéressons-nous plutôt à Béguine... à Aiguine.
Après une belle montée de plus de 8 km dans les lacets goudronnés de la Départementale 19, nous arrivons à ce petit village perché, situé à plus de 800 mètres d'altitude.

AIGUINES
Aiguines, panorama profil (83)A

Vu comme ça, on ne se rend pas trop compte qu'il est perché. Regardons sous un autre angle et remarquons que nous avons une très belle vue sur le lac de Sainte-Croix et le plateau de Valensol.

Aiguines, panorama depuis le château (83)A             Aiguines, vue sur le lac de Sainte Croix et le plateau de Valensol (83)

Et si nous avons vu une belle vue, c'est que nous sommes perchés. Évident, mathématiques, approuvé !
Sur la photo à gauche, nous pouvons apercevoir les habitations des Salles-sur-Verdon... le nouveau Salles-sur-Verdon sur son promontoire.

Nous garons la voiture sur le parking situé à l'entrée du village pour continuer à pied et rejoindre le marché car, oui, aujourd'hui mardi, c'est marché à Aiguines. Pour nous y rendre, nous empruntons les petites rues... Il n'y en a pas beaucoup, mais elles présentent parfois quelques petites surprises.

Aiguines, route principale et siensien (83)             Aiguines, ruelle et cage à peluches (83)
             Siensien fenêtre                                                                          Une cage à oiseaux sans oiseaux

Aiguines, commerce (83)    Aiguines, ruelle et cage à peluches
Des casseroles pour enseigne              La cage à oiseaux avec des peluches de dinosaures et de poissons dedans       

Ne serait-ce pas un peu le moment rêvé pour en savoir un peu plus sur l'histoire du village ? Hein ? Mais si, bien sûr !

"Le nom d'Aiguines vient de la racine pré-latine AKW qui désigne un relief.(...)

Chose étrange puisqu'en occitan, Aiguines ne veut pas du tout dire la même chose puisque le mot aigue (parfois orthographié aygue ou eygue) signifie "eau" et le suffixe "in" est un suffixe diminutif. "Aiguines"  peut donc se traduire en français par "petites eaux", un lieu où il y a quelques petites sources.

Toujours est-il que "c'est sur un promontoire d'altitude que, dès l'âge du Bronze (entre 6000 et 1000 avant J.C.), se tient son premier habitat, un oppidum défendu par un rempart en pierre sèche. Un village fortifié lui succède au Moyen Âge autour de l'église Saint-Pierre-ès-Liens et de son château. 400 personnes environ y vivent en 1315. Les modes de vie changent, ce village disparaît aux siècles suivants. Dès la Renaissance, les habitants d'Aiguines édifient leurs maisons en contrebas du site médiéval. 700 habitants environ peuplent son territoire en 1698, ils sont 951 en 1765. Des tourneurs sur bois s'installent au pays dès le XVIème siècle car ses forêts sont riches en buis. La commune, qui leur doit sa prospérité, compte 900 habitants à la fin du XIXème siècle." OFFICE DU TOURISME

Aiguines, ruelle et campanile (83)              Aiguines, entrée de jardin (83)
Le campanile et un truc écrit en provençal                                                Porte de jardin

Aiguines, une ruelle (83)
Petite rue colorée

Le musée des Tourneurs de bois se trouve en plein centre du village. Je ne sais pas ce que c'est que "tourner le bois".
"Le tourneur sur bois réalise grâce à un tour des objets en bois et donne forme à la pièce en utilisant des ciseaux d’acier ou une gouge qui pénètrent le bois."
Ah Ok ! Dans le musée, on découvre plusieurs pièces très belles et originales, représentatives de ces habitants d'Aiguines qui ont su exploiter la qualité de l'espace forestier environnant où croissent des essences rares, comme le buis ou l'érable.
Mais l'autre grande grande fierté d'Aiguines, ce sont ses boules cloutées.

Boule cloutées"C'est La fabrication des boules cloutées en racine de buis, qui fera la renommée d’Aiguines jusqu’au milieu du XXème siècle. Le village fit de cette activité, une véritable spécialité.On parle encore d’Aiguines comme de :  » la capitale de la boule cloutée ». Les boules cloutées, ancêtres de nos boules de pétanque  actuelles, sont fabriquées avec, au cœur, une boule en buis tourné. Elles sont ensuite entièrement recouvertes de petits clous serrés (entre 500 à 1000 par boule) qui leurs confèrent l’arrondi et la solidité nécessaires. L’opération de cloutage était faite par les femmes, « les ferreuses », Qui s’installaient devant les portes ou sur les places du village, et la rue résonnait des petits coups secs et répétés du marteau." MUSÉE DES TOURNEURS DE BOIS (texte et photo)

Un peu plus au sud du village, on retrouve d'ailleurs le terrain officiel de pétanque qui semble être un lieu entretenu et respecté.

Aiguines, jeux de boule 1 (83)

Le terrain de jeux de boule se trouve non loin du château d'Aiguines ; une bâtisse que l'on voit de loin, de très loin. Nous l'avons même vu depuis Moustiers grâce à son position stratégique.

Aiguines, château (83)"Le Château est mentionné dès l’époque médiévale, sans que soit connue avec exactitude sa date de construction. L’ancien château fort seigneurial De Sabran a été restauré en 1606 par Balthazar de Gauthier. C’est, semble-t-il, à l’époque de ses descendants, vers 1720 puis 1750, que le Château et ses annexes firent l’objet de transformations et que les jardins furent aménagés. Il fut racheté en 1989, très abîmé par le temps et les intempéries, aux héritiers de la Marquise de Foresta et restauré dès cette date. Les jardins sont classés alors que la toiture et les façades sont inscrites aux Monuments Historiques. Ce château reste une résidence privée non ouverte au public."  AIGUINES.FR

 

Le château ne se visite pas. Il est d'ailleurs bien cerné de hautes clôtures au-dessus desquelles il est difficile de voir quelque chose. En tout cas, il semble jouir d'une vue magnifique sur le lac de Sainte-Croix.
Mais au fait : le marché, il est où ?

Aiguines, route principale et siensien (83)                      Aiguines, étrangeté (83)
Siensien toujours fenêtre et qui se demande ce qu'on fout                            J'ai pas compris la composition et le nom

Cette dernière vision m'intrigue fortement. Qu'est-ce que donc que cette composition étrange assez dénudée, mais surmontée d'un nom interpellant le passant innocent que je suis. J'ai pensé à une allusion à celle que l'on appelait ici "La dernière sorcière de Provence" : la mère Bousquet.

"Grâce au tournage du bois, la connaissance de la nature faisait partie intégrante de la vie des Aiguinois. La mère Bousquet, la 'dernière des sorcières de Provence', habitait jusqu'à la Seconde Guerre Mondiale la ferme de la Médecine, un mas isolé encore visible près des plans de Canjuers. Elle y confectionnait des breuvages à la recette mystérieuse qui avaient le pouvoir de guérir tous les maux."  ÉDITIONS ATLAS

Aujourd'hui, parait-il les échoppes du village perpétuent la tradition de la sorcière en proposant plusieurs liqueurs base de plantes et d'herbes comme l'amandine ou la liqueur de pêbre d'ail (sarriette), spécialité d'Aiguines.
Tiens, eh oh, en parlant de breuvage, est-ce que ça ne serait pas l'heure de l'apéro là, un p'tit peu quand même ?!

Nous rejoignons le centre du village, composé du trio emblématique place-fontaine-église pour faire une petite pause à la terrasse du bar-restaurant-hôtel "Le Vieux Château". Une terrasse idéalement située pour un apéro au soleil, rythmé par le son délicat de la fontaine elle même enthousiaste de recevoir un peu de fraîcheur de la part des arbres présents sur la place, projetant quelques maigres filets d'ombres éparses.

OUI,
c'est l'heure de l'apéro !

Endroit typiquement provençal, certes, mais on ne va pas bouder ce plaisir de lézarder au soleil, un verre à la main, une fontaine dans l'autre. Fontaine dans laquelle quelques oiseaux viennent se rafraîchir sous les regards contemplatifs des touristes.

Aiguines, fontaine aux oiseaux (83)

Aiguines, fontaine, oiseau se baignant (83)                 Aiguines, fontaine, oiseaux se baignant (83)

C'est bien mignon tout cela... Oui, oui, oui... Et puis ça détend... ouais ouais...
EH MAIS OH, C'EST PAS DU TOUT ÇA QUI ÉTAIT PRÉVU !!!
Nous avions prévu de faire la route des crêtes des gorges du Verdon.
Nous terminons nos verres, nous payons, nous quittons la terrasse de l'hôtel-restaurant-bar "Le vieux château" pour rejoindre le parking, puis la voiture. Maître Arnaud démarre, nous partons... sans être allés à, peut être, l'un des plus beaux endroits du village, c'set à dire la Chapelle Saint-Pierre qui, apparemment, offre un magnifique panorama sur les gorges et le lac de Sainte-Croix.
Nous suivons maintenant de Départementale 71, nommée "route de la Corniche Sublime". C'est l'une des plus belles et des plus vertigineuses routes touristiques de France. Taillée dans la roche dans les années 1940, elle longe le versant sud du Grand Canyon, offrant des vues sur le cirque de Vaumale et l'étroit des Cavaliers.
Premier arrêt, premier panorama.

COL D'ILLOIRE

Gorges du Verdon, route des crêtes, col d'Illoire 2 (83)

Altitude 964 m.
À l'Ouest, le lac de Sainte-croix
À l'Est, les impressionnantes falaises des gorges profondes

Gorges du Verdon, route des crêtes, col d'Illoire 1 (83)

Un peu plus loin, un peu plus haut...
Col d'Illoire, vue sur le lac de Sainte-Croix (83)
        Col d'Illoire, vue sur le lac de Sainte-Croix
Une vue saisissante sur le très plat plateau de Valensole

et le lac de Sainte-Croix avec l'île de Coste-Belle

D'ici, par temps clair, il est possible de distinguer l'éperon de la montagne Sainte-Victoire, située à plus de 100 kilomètres du col.

 

Continuons.
Maintenant, la route est sinueuse. Elle monte, elle descend. Elle longe les à-pics, se faufile et ne peut finalement être que discrète face à l'immensité de cette nature dominante... pour le moment. Autre col, autre vue.

COL DE VAUMALE
Gorges du Verdon, cirque de Vaumale (83)

Un coude à gauche marque l'entrée dans un cirque boisé. La vue se développe alors jusqu'à la sortie des gorges. Nous sommes à 700 mètres au-dessus du Verdon. C'est à cet endroit que la route atteint son point culminant, à 1204 mètres d'altitude.

Gorges du Verdon, cirque de Vaumale, panorama (83)            Gorges du Verdon, cirque de Vaumale, panorama

 


Nous continuons.
Chicane avec le lieu-dit La petite Forêt, puis, un peu plus loin, nous croisons un panneau qui indique la présence d'un restaurant-hôtel, l'Hôtel du Grand Canyon. Le seul par ici. Sa terrasse jouxte le vide des gorges. Menus à 25 et 39 euros. Ses chambres proposant des vues imprenables sur le jardin ou le canyon, de 140 à 210 euros en demi-pension.
Et si tu n'as pas faim et pas envie de dormir, saches que c'est d'ici que part une des randonnées les plus difficiles des gorges : le Sentier de l'Imbut avec retour par le sentier Vidal. 10 km pour 4 heures de marche en prenant son temps pour admirer les paysages. (lien ici : Altitude rando).
Le chaos de l'Imbut, c'est un amoncellement désordonné de blocs rocheux, isolés par l'érosion. Un peu plus loin, tu atteindras le Maugué, un passage de huit mètres de large seulement. C'est à cet endroit que le Verdon disparaît dans la grotte du Styx (dans la mythologie grecque, c'est l'un des fleuves menant aux Enfers) avant de réapparaître sur une petite plage de sable, le Baucher.
Nous, nous sommes restés sur notre idée de départ qui est de parcourir les Gorges du Verdon en voiture, et seulement en voiture ! Bon... Nous sommes quand même un peu sortis du véhicule pour aller voir quelle vue panoramique nous proposait cet endroit.

ET VOICI !
FALAISE DES CAVALIERS
ET PAS DE L'IMBUT

Gorges du Verdon, falaise des Cavaliers (83)

Haute de 300 mètres,
la falaise des Cavaliers domine le précipice sur plus de 3 kilomètres.

Gorges du Verdon, pas de l'Imbut (04)

 

Nous continuons.
Faut pas trop s'éloigner de la voiture quand même des fois que... On ne sait jamais...
Un peu après Les Cavaliers, nous arrivons à une place bien dégagé où tout semble propice pour s'arrêter plus longtemps... sans trop s'éloigner de la voiture quand même. Larges parkings, vue apparemment dégagée sur les gorges. Ouais ! On s'arrête ! ici, nous sommes aux tunnels du Fayet et c'est beau !

TUNNELS DU FAYET
Gorges du Verdon, route des crêtes, D71, tunnel loupé (83)

incroyable cette vue, non ? Hein ? Ces pierres apparentes, ces arches, ces panneaux "hauteur limitée à 4m". Et puis cette profondeur obscure qui te fait te demander "Mais où et quand va-t-on ressortir ?" En plus, j'ai mis ma super chemise à fleurs rouges avec un bon bermuda à carreaux bleus ! Ben oui... Voilà, voilà... Bon... ça va sinon ? T'as voté dimanche ? Et pour Noël, t'as prévu quoi ? Ah oui. C'est bien ça. Bon ben...
ALLEZ VA, regardons le panorama sur les gorges depuis le Fayet.

TUNNELS DU FAYET
Gorges du Verdon, route des crêtes, le Fayet, plaque (83)

Ah, ah, ah, qu'est-ce qu'on s'marre ! Hein ? Non. Bon. OK. Tranquille eh oh. Faut pas non plus sombrer dans cette folie de la mentalité contemporaine qui est "Tout tout de suite et maintenant !!!!".
Bon, allez, regardons le panorama sur les gorges depuis le Fayet.

LE FAYET
Gorges du Verdon, route des crêtes, le Fayet 1 (83)

Magnifique vue sur l'étroit des Cavaliers que nous avons surplombé tout à l'heure. D'ailleurs, auras-tu remarqué sur cette photo ci-haut une constrcution qui n'a rien de naturel et qui surplombe ce magnifique panorama ? Réponse quatre photos plus tard.

D'ici, nous nous rendons déjà compte du travail de la rivière Verdon qui a creusé dans le plateau calcaire de la haute-Provence les gorges les plus profondes, les plus étroites et les plus longues de France. Elles ont pourtant bien failli disparaître dans les années 1950 lorsque le gouvernement envisagea de faire construire un barrage pour les noyer. Le projet fut abandonné assez vite.

Gorges du Verdon, route des crêtes, le Fayet (83)Nous sommes à présent dans l'une des parties les plus spectaculaires des Gorges, appelée Grand Canyon, sinuant sur une vingtaine de kilomètres entre Rougon et Aiguines. Sa largeur varie de 6 à 100 mètres à la base et de 250 à 1500 mètres au sommet des falaises, hautes de 250 à 700 mètres.

 

 

 


Gorges du Verdon, route des crêtes, D71UN MYSTÈRE DE LA NATURE
"La formidable entaille du Grand Canyon dans le splis préalpins constitue une véritable énigme géologique. Pourquoi le Verdon a-t-il creusé des gorges dans ces roches très dures, au lieu de les contourner comme le font habituellement les cours d'eau lorsqu'ils se heurtent à un obstacle qu'ils ne peuvent pas submerger ?
La seule explication plausible à ce phénomène exceptionnel est celle de l'antécédence : la rivière, alimentée par les torrents alpestres, coulait déjà à cet endroit quand la région s'est soulevée à l'époque tertiaire, et son cours s'est progressivement enfoncé en utilisant les cassures naturelles du sol, qu'elle a agrandies en faisant s'effondrer voûtes et grottes. Au fil du temps, celles-ci se sont transformées en long couloir sinueux encombré d'éboulis géants et dominé par d'énormes rochers en surplomb."  
BALADES EN FRANCE

Gorges du Verdon, route des crêtes, falaises de Bauchet

Depuis le belvédère des Cavaliers, nous pouvons voir en face de nous la situation géographique périlleuse de l'Hôtel du Grand Canyon.

Gorges du Verdon, route des crêtes, le Fayet, vue sur le resto (83) A

Continuons.
Quelques lacets plus loin, autre lieu incontournable de ce périple en voiture : le pont d'Artuby.

LE PONT DE L'ARTUBY
Gorges du Verdon, route des crêtes, Pont d'Artuby 1 (83)

Encore appelé Pont de Chaulière. Construit de 1938 à 1940 en béton armé, il est composé d'une arche unique de 107 mètres et surplombe d’une hauteur réelle de 182 mètres les gorges de la rivière l’Artuby qui se jette dans le Verdon au lieu-dit la Mescla. Après avoir garé la voiture, nous nous aventurons sur le pont. La vue sur la gorge de l'Artuby est impressionnante.

Gorges du Verdon, route des crêtes, pont de l'Artuby (83)

Gorges du Verdon, route des crêtes, Pont d'Artuby, vue sur gorges (83)       Gorges du Verdon, route des crêtes, Pont d'Artuby, vue sur gorges

C’est également le plus haut pont d’Europe
qui permet de tenter l'expérience du saut à l'élastique !


7 secondes de chute à 180 km/h !

Un endroit qui n'est pas sans nous rappeler le regretté Alain Bashung... Si... Ben si !!!!

Souviens-toi des premiers mots
de sa chanson "La nuit je mens" en 1998.

Avec un clip de l'excellent Jacques Audiard.

Oui, je sais : il parle du Vercors et pas du Verdon, mais bon eh hein !
Aujourd'hui, pas de sauteur et plus de Bashung ! Saches que l'expérience t'en coûtera 93 euros. Mais si tu ne te sens pas de faire le grand saut, tu peux toujours te rendre à la buvette jouxtant le pont. 

Continuons.
Deux kilomètres plus loin, un autre endroit incontournable des Gorges du Verdon. Nous avons quitté le Var (83) pour nous trouver à présent dans le département des Alpes-de-Haute-Provence (04). Il n'y a pas de grandes différences pour le moment. D'ailleurs, nous nous sommes rendus compte de rien, sauf que nous avions franchi la rivière
Nous garons la voiture sur un parking en terre. Un petit escalier en pierres sépare la route du belvédère. Après quelques pas de marche... mais pas trop car, rappelons-le : le but est de découvrir les Gorges du Verdon en restant le plus possible dans la voiture ou à proximité immédiate !
DONC après quelques pas de marche, nous atteignons le point de panorama, encore appelé belvédère. Mais pas n'importe quel belvédère puisqu'il s'agit du panorama de...

 

 DANS NOTRE PROCHAIN ÉPISODE

Mais de quel panorama peut bien parler Jénorme ?