Et nous continuons notre visite de la préfecture nivernaise toujours en suivant le Fil/Ligne Bleu/e... Après avoir croisé la MACU, fait un arrêt le Pub, rencontré la faïencerie Georges, fait un second arrêt au Pub, longé l'ancienne Nationale 7, s'être perdu dans des petites ruelles pavées, s'être posé devant des maisons anciennes, pénétré le Palais Ducal, visité la cathédrale Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte, avoir descendu la rue de Loire, s'être posé sur la place Mossé, parcouru le quai des Mariniers, ne pas avoir trouvé la statue de la rue du singe,... nous allons à présent tranquillement remonté vers le sud de la ville. À moins que ce ne soit vers l'Ouest, ou l'Est...
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

 

Reprenons la dernière phrase du précédent billet sur Nevers pour constater que c'était celle-ci :
"Je passe le Musée de la Faïence pour continuer à monter la rue Saint-Genest et tomber nez à nez avec..."

Ah, ah quel suspense ! Qu'allais-je bien pouvoir découvrir à présent ? Quelle surprise me réservait encore Nevers ? Aaaah Nevers, mais que tu es folle ! Quelles intrigues caches-tu là, encore, dans ton antre la plus secrète ? Jusqu'où iras-tu ?
BREF : après avoir harpenté la rue Saint Genest, je tombe nez à nez avec...

 

LA PORTE DU CROUX
Nevers, porte du Croux A(58)

Ben quoi ? C'est une belle tour quand même ?! Tu t'attendais à quoi ?

À une belle plage de sable fin, comme celle croisée en Croatie
lors d'un périple Nevers-Krk en 2010...               

Stara Baska, plage (Croatie)

Ou à un village abandonné en pleine ville,
comme à Larrosa en Espagne, entraperçu lors
d'une randonnée expérimentale en juin 2014...

Larrosa, village abandonné (Espagne)

 
À un mini canal traversant le bas de Nevers,
comme à Venise où je me suis perdu en juillet 2010...

Venise, petit canal (Italie)

À un gros éléphant jaune, comme à Luxembourg
lors du périple
Kalingrad Tour en 2013...

Luxembourg, éléphant jaune (Luxembourg)

À des toilettes sèches, comme à Préchacq-les-Bains
où je m'étais rendu en 2016 pour visiter le Trou de Madame...

Préchacq-les-bains, toilettes sèches (40)


Hein ? Eh ben non ! Ici, c'est...

LA PORTE DU CROUX
Nevers, porte du Croux

Ah oui, ça, c'est une belle porte ! Mais je n'en voudrais pas une comme ça dans mon appartement !
Attention : porte du Croux qui se prononce crou, mais qu'il ne faut pas confondre avec le Crou de Stupéflip...

Stup
"Le Crou est une organisation mystérieuse formée en 1972,

dont le but est de « terroriser la population et par là même instaurer une nouvelle ère :
l’ère du Stup."


Alors, maintenant que ça c'est dit, qu'est-ce que donc que la Porte du Crou... du Croux ?

 

LA PORTE DU CROUX
Nevers, porte du Croux (58)

Ancienne tour-porte à pont-levis et mâchicoulis, elle doit son nom au terrain humide formé par les eaux de la Passière. Ces dernières sont aujourd'hui souterraines. Les fentes que nous pouvons voir sur la photo ci-dessus témoignent de l'endroit où passaient les chaînes du pont-levis à l'époque où la rivière bordait les remparts.
Ancienne entrée médiévale fortifiée, la porte du Croux a été reconstruite, telle que nous la voyons aujourd'hui, entre 1394 et 1398. Auparavant il existait une autre porte attestée dès 1194, édifiée au même moment que les remparts de la ville voulus par Pierre de Courtenay alors Comte de Nevers. Ces remparts sont encore visibles si l'on passe dans le parc séparant la porte du Croux de la Tour Goguin (promenade des remparts).
La Porte du Croux a eu trois rôles connus :
 - un rôle défensif qui cessa définitivement en 1578. Elle fut murée par les échevins pendant les guerres de religion.
 - un rôle de stockage car, pendant les guerres de religion, elle servait de dépôt d'archives, puis de dépôt de poudre durant la Révolution.
 - un rôle commercial car c’est par là que les produits de consommation qui entraient dans la ville été taxés.

En 1847, à l'abandon, elle est achetée par le baron de Vertpré qui en fait don à la municipalité sous condition de restauration comme monument historique (en 1862) et d'y créer un musée des antiquités de la Nièvre (en 1851).
"Installé sur trois niveaux, ce musée présente de remarquables objets provenant principalement de Nevers et de l’ensemble du département de la Nièvre. Découverts en fouilles ou derniers témoins de bâtiments détruits, ces objets datent pour certains de l’Antiquité (notamment des verres gallo-romains exceptionnels), d’autres du Moyen Âge (comme les chapiteaux de l’ancienne église Saint-Sauveur de Nevers) ou encore de l’époque moderne (tel saint Cyr chevauchant le sanglier de la légende."  VILLE DE NEVERS

 

 Je continue en passant sous la porte. Juste avant, il y a aussi la pré-porte du Croux, un peu plus délabrée, mais sous laquelle peuvent toujours passer voitures et piétons.
Je remonte en direction de la rue Saint-Genest, puis de la place Saint Laurent. Je vois une plaque commémorative apposée à côté de l'entrée d'un immeuble.

PLACE SAINT-LAURENT
Nevers, place Saint-Laurent, plaque (58)

Alors, tu penses bien qu'en voyant ce genre de plaque intrigante évoquant le nom d'une personne que je ne connais pas et une cité mystérieuse, je n'ai pu m'empêcher de faire des recherches sur l'homme en question ; c'est à dire Michel Vieuchange. Voici.

MICHEL VIEUCHANGE
michel Vieuchange
Né à Nevers le 26 août 1904, Michel Vieuchange est considéré comme un aventurier français, premier européen à visiter les ruines de la cité interdite de Smara, dans l'Ouest saharien.
Il a également travaillé dans le cinéma, notamment en tant qu'assistant d'Abel Gance sur le tournage de Napoléon (1927).
"Le 10 septembre 1930, Michel Vieuchange, déguisé en femme berbère, accompagné de guides, part en expédition dans une région largement inexplorée d’Afrique du Nord. Il n’est ni certain de l’endroit où se trouve Smara et ne parle ni arabe ni berbère, les langues utilisées par les quelques nomades de la région. Après bien des difficultés et plus de 1 400 km parcourus, il atteint son but puis retourne à la civilisation le 16 novembre dans la ville de Tiznit, à environ 550 km de Smara. Atteint d'une dysenterie au cours de son périple, il est évacué sur l'hôpital militaire d'Agadir où il meurt quelques jours plus tard, à l'âge de 26 ans.
Son raid sur Smara, dans lequel il a tout investi, jusqu'à se faire enlever une dent en or pour mieux pouvoir se déguiser en femme, provient de son désir d'être « un homme d'action ». Il était très influencé par des écrivains tels qu'Antoine de Saint-Exupéry, André Gide et Paul Claudel.
De son aventure, restent ses carnets de route publiés par son frère Jean Vieuchange en 1932 sous le titre Smara, chez les dissidents du Sud marocain et du Rio de Oro, avec une préface de Paul Claudel."   WIKIPEDIA, (Photo : mfd.Agadir)

Tu peux également retrouver le récit de ce voyage  dans "Carnet de route de Michel Vieuchange", publiés par son frère Jean Vieuchange (éditions Plon) ou dans le livre d'Antoine de Meaux, "L'Ultime désert, vie et mort de Michel Vieuchange" (Ed. Libretto).

 Bon, pour ma part, je ne me prépare pas à traverser le désert, mais force est de constater que la Ligne Bleue m'a faussé compagnie, ou l'inverse. Elle était là tout à l'heure et puis, Pouf : elle a disparu, volatilisée, évanouie dans la cité, faisant son petit bonhomme de chemin toute seule, sans m'attendre. Un peu comme ce que Verbal Kint dit du Diable dans le film Usual Suspects (1995) de Brian Singer :
"Le coup le plus rusé que le diable ait réussi, c'est de convaincre tout le monde qu'il n'existe pas. Et d'un coup, il s'envole."
Voilà, eh ben pour la Ligne du fil bleu, c'est pareil ! Envolée !
Est-ce que ma grande aventure "À la découverte de Nevers par le Fil bleu" va s'arrêter là pour autant, sur cette place Saint-Laurent ?
Et que raconte-t-on sur cette place ?
Parait-il qu'elle fut construite sur une ancienne église  -l'église paroissiale Saint-Laurent- , elle-même construite sur les débris d'un monument gallo-romain. Mais il n'existe aucun renseignement sur cet édifice religieux. Les seules choses que nous savons, c'est que l'église fut auparavant une paroisse supprimée en 1791. Son curé, l'abbé Fougère, fut emprisonné en 1792 à Paris et périt dans les massacres de septembre. L'église a alors été vendue à la Révolution, puis rachetée 8000 francs par la ville, en 1848. un an plus tard, le toit s'écroulait et le reste fut rasé. Les dernières traces disparurent en 1877. (Cf : GENNIEVRE)
Mais rien n'est dit sur le cimetière qui jouxtait l'église. La place devint alors un lieu de marché provisoire (friperie et légumes) avant que celui-ci ne se déplace au marché Carnot. Il faut dire que le lieu était toujours emprise aux fumées noires des cheminées des fours des faïenciers dont le quartier, rappelons-le, se trouvait un peu plus bas à partir de la fin du XVIème siècle.

BREF : Est-ce que ma grande aventure "À la découverte de Nevers par le Fil bleu" va s'arrêter là pour autant, sur cette place Saint-Laurent ?
Ooooooooh que non ! Point de Ligne Bleue, mais deux choix s'offrent à moi.

DEUX POSSIBILITÉS

1) Si je vais à droite en empruntant la rue des Conrades, je rejoins la rue du 14 juillet.
Très courte rue que cette rue des Conrades qui doit son nom à la famille italienne qui a établi la faïence à Nevers. Ce n'est pas le meilleur hommage que l'on ait pu leur rendre. Cette rue est surtout composée de hauts murs, sans grand intérêt touristique, pour ne pas dire aucun. Autrefois, elle possédait deux puits. Voilà... Et puis, en 1877, lorsque des travaux de ré-aménagement de la rue furent effectués, les employés y trouvèrent sept cercueils de pierre. Peut être faisaient-ils partie de l'ancien cimetière Saint-Laurent...
25 mètres plus tard, j'arrive dans la Rue du 14 juillet dont le nom ne provient pas de la date où la famille Conrades a amené son savoir-faire d'Italie. Non, non, non.
Restaurée l'année dernière, la rue du 14 juillet possède plusieurs commerces divers, la mythique pizzeria Le San Remo où de nombreux coureurs automobiles venaient du temps où le circuit de Nevers-Magny-Cours accueillait le Grand Prix de France de Formule 1. Il y a également le Rock Bar, une faïencerie, des kebabs, des restaurants divers, ou encore :

Nevers, rue du 14 juillet, commerce (58)

Voilà, voilà... J'aurais pu continuer à évoluer dans cette rue, mais vue qu'il y a une seconde possibilité de parcours au départ de la Place Saint-Laurent, je m'en suis retourné.

 

 

2) Si je vais à gauche en empruntant la rue du Midi, je rejoins l'avenue du Général De Gaulle. 
Une longue avenue jonchée de plusieurs commerces divers, entre la gare et la place Carnot. J'ai beau regardé le plan, il me semble bel et bien que la Ligne Bleue ne passe absolument pas par cette avenue.

plan Nevers Ligne Bleue A
OK, eh ben j'y vais quand même.

J'emprunte la Rue du Midi où, à l'angle, se dresse l'Hôtel de Diane, construit dans une maison du XVIIIème siècle et appartenant à la même famille depuis quatre générations. Pour moi, c'est également le lieu où dormirent de nombreuses vedettes de passage dans la ville, soit pour le tourisme, soit parce qu'elles étaient en spectacle dans les environs. Citons, par exemple, le groupe Boney M. Bah ouais, quand même ! Après, si tu veux en savoir plus, tu peux aller consulter le Livre d'Or de l'hôtel.
Je suis à présent dans l'Avenue Général de Gaulle. Pas de Ligne Bleue en vue et c'est normal, rappelons-le.

 

AVENUE DU GÉNÉRAL DE GAULLE

Désolé, je n'ai pas de photo pour illustrer ce lieu neversois, peut être sympathique de prime abord. Je vais donc me contenter de te le décrire très sommairement en quelques mots afin de laisser libre cours à ton imagination de lecteur car c'est de bon ton aussi de ne pas toujours avoir des photos qui en une seule image font croire qu'un lieu n'est que ce que l'on voit là, à présent, maintenant, sur notre écran d'ordinateur ou de smartphone connecté avec un internet haut débit qui, peut être, dans un avenir plus ou moins proche, s'avérera être l'origine de la fin de l'être humain car qui ne dit pas que toutes ces ondes wifi-internetiennes-haut débit-4G ne sont pas en train, jour après jour, de nous bouffer les entrailles les plus profondes de notre cerveau qui, pourtant, à l'origine, reste l'un des organes d'être vivant le plus sensible, le plus travailleur, le plus performant, le plus innovant et bien d'autres mots encore, mais ne voilà-t-il pas que je me rends compte que nous nous éloignons de notre quête initiale qui était, rappelons-le rapidement au passage, l'illustration par des mots de ce que peut être/paraitre l'avenue du Général de Gaulle à Nevers.

À ma gauche, là-bas au loin, la pendule de la gare ferroviaire.
À ma droite, là-haut, une vue pas évidente sur la Place Carnot.
En face, le restaurant "La Mange'oir". Je ne sais pas si c'est bien, si c'est bon et si Boney M est venu bouffer là après leur concert pendant le Festival De Nevers à l'aube en 1995. Mais une chose est sûre, c'est qu'ici, à la place de ce restaurant, avant... bien avant... dans une époque lointaine, très lointaine... il y avait un cinéma. Et pas n'importe quel cinéma puisqu'il s'agissait du Rex ! Oui, le Rex, comme le nom du chien que Coluche vient chercher à l'aéroport dans le film Banzaï (1983) de Claude Zidi.

Ah pardon, on me signale que je me plante complètement. En fait, le cinéma qui se trouvait Avenue du Général de Gaulle à Nevers, ce n'était pas Le Rex, mais L'Etoile. Ah ?! Bon... Mais Le Rex à Nevers, ça existait aussi ? Oui... Hein ?... Ah, rue de Lourdes, c'était Le Rex ! D'accord. Bon. Ben c'est pas grave, cela nous aura toujours permis de revoir un extrait du film de Claude Zidi.
DONC : L'Étoile.
Ah, ah, ah. Il y en a qui connaissent L'Étoile ici ? Dans les gens qui sont en train de lire ces mots ? Hein ? Hein ? Hein ? Tu y es déjà allé ? Hein ? Hein ? Voyons ce qu'en dit Le Journal du Centre...

Nevers, le Rex (58)Article : Le Journal du Centre

Pour la petite histoire, L'Etoile a été construit en 1949. À ses débuts, dans une grande salle de plus de 320 places, il accueillait de grands conférenciers, comme Haroun Tazieff ou Paul-Émile Victor. Et puis la concurrence avec d'autres cinémas de la ville qui avaient les grands films en première projection, L'Etoile a finalement terminé sa carrière en diffusant uniquement des films érotiques ; et ce jusqu'en juillet 1988 avant d'être détruit. De nombreux projets avaient été proposés pour garder le lieu, mais aucun n'eut de réels soutiens. Parmi ces projets, il avait été question de créer sur place un cinéma diffusant en continu un film consacré à la vie de Bernadette, pour les pèlerins de passage à Nevers. Mais l'idée a été très vite abandonnée. Après avoir été le temple du cinéma érotique, L'Etoile serait devenu le second refuge de Sainte-Bernadette...

Tiens, et puisque nous parlons de Sainte Bernadette, allons-y !

Alors, pour cela, il faut que je délaisse le plan Ligne Bleue fournie par l'office du tourisme pour tenter de rejoindre le couvent Saint-Gildard grâce à mon sens inné de l'orintation urbaine qui consiste à demander au premier passant venu  -de préférence autochtone-  où se trouve le lieu où tente de reposer la sainte de Lourdes.
Bon... J'avance... Il n'y a personne... Ah si... LÀÀÀÀÀÀÀÀÀÀÀÀ !!!!!!! Viens là jolie madame !!! Je vais pas te taper, je vais pas te violer, je vais pas t'importuner : je veux juste savoir où se trouve le coffre-fort dans lequel est enfermée Nanette. Non, je ne suis pas un prince charmant qui, par un baisé sur sa bouche religieuse, va la sortir d'un long sommeil de plus de 137 ans ? Non, je veux juste lui rendre une petite visite.
En même temps, je suis con : je suis né à Nevers, je sais très bien où se trouve le Couvent Saint-Gildard où repose Sainte Bernadette. Mais c'est toujours bien d'aborder une femme dans la rue pour lui demander où se trouve cet édifice religieux. Si, si, si. Elle n'a pas peur comme ça. C'est vrai : c'est quand même plus sympa pour une femme de rencontrer quelqu'un qui te demande où se trouve le couvent Saint Gildard que quelqu'un qui veut savoir pourquoi ils sont fermé le cinéma L'Etoile ! Elle se sent rassurée, non ? Mais si, bien sûr.

BON : la jeune femme rencontrée me dit que pour rejoindre le Couvent Saint Gildard où repose Sainte Bernadette, il faut suivre la rue Jeanne d'Arc. Décidément, les grands esprits esprits pieux se rencontrent dans le quartier. C'est une rue montante qui, soudainement, se met à longer un grand parc public au milieu duquel trône un kiosque à musique. Ce grand parc municipal de Nevers porte le nom de Sainte Thérèse de Lisieux... Non, il porte le nom de...

 

PARC MUNICIPAL SALENGRO
Nevers, parc Roger Salengro, ours blanc (58)

Bon là non plus, tu remarqueras que je n'ai pas fait de photo très emblématique du lieu, mais n'est-ce pas mieux de laisser libre cours à ton imagination de lecteur car c'est de bon ton aussi de ne pas toujours avoir des photos qui en une seule image font croire qu'un lieu n'est que ce que... Hein ? Ah oui, je l'ai déjà dit !
En tout cas, je peux te certifier que cette photo a été prise le jour même dans le parc municipal Salengro.

Alors, attention : parc Salengro, rien à voir avec Notre Président Salengro du Groland qui, dernièrement, a pris des mesures drastiques pour lutter contre le tabagisme.

Roger SalengroDonc oui le parc Salengro qui n'a rien à voir avec Notre Président puisqu'il s'agit du parc Roger Salengro, ancien Ministre de l'Intérieur du gouvernement Blum en 1936. Roger Salengro met fin à ses jours en novembre de la même année, après avoir été la cible d'une campagne de presse qui l'accusait d'avoir déserté pendant la Première Guerre mondiale.

Alors, bon... On peut se poser la question : mais pourquoi donner le nom d'un homme qui s'est suicidé à un parc où l'on vient pour se détendre et oublier nos problèmes ? Hein ? C'est une bonne question et, figures-toi, que je n'ai pas fait de recherches à ce sujet. La seule chose qui peut être dite ici, c'est que Roger Salengro est né et mort à Lille. Ensuite, peut être peut-on ajouter qu'un Ministre de gauche qui se suicide à cause d'une campagne de presse, cela peut rappeler le destin d'un homme qui fut maire de Nevers pendant dix ans avant de se suicider un 1er mai.

 

J'entre dans le parc Roger Salengro et, mystérieusement, la Ligne Bleue a refait son apparition en arrivant de je-ne-sais-où. D'après le guide touristique, ce trajet de la Ligne Bleue en direction du couvent Saint-Gildard a été créé il y a peu de temps et se retrouve un peu à part des deux autres itinéraires. Ici, la Ligne Bleue n'a qu'un objectif : t'amener voir Sainte Bernadette, et rien d'autre.

Nevers, parc Roger Salengro, ligne bleue

Pas question d'aller se détendre en faisant du poney dans le parc ! Non, tu ne te détourneras pas de ton objectif ! Non, tu ne succomberas pas à la tentation du mal !

Nevers, parc Roger Salengro, ligne bleue et Sainte Bernadette (58)

 

Et c'est ici devant le couvent Saint Gildard que le troisième itinéraire de la Ligne Bleue s'arrête soudainement après avoir pris soin de t'amener à bon port par un beau virage en angle droit de 90°.

Nevers, couvent Saint-Gildard, ligne bleue (58)
C'est ici et nulle part ailleurs !

Eh bien entrons alors !

COUVENT SAINT GILDARD
Nevers, couvent Saint-Gildard, statue (58)

J'entre dans la cour. Mes pas se posent sur le gravier dans un bruit assourdissant pour un tel lieu de recueillement. Sur la gauche de l'entrée, il y a la boutique de souvenirs où l'on peut trouver des cartes postales de Sainte Bernadette, des livres et des DVD sur Sainte Bernadette, des bougies à l'effigie de Sainte Bernadette, des chapelets et des médailles avec le visage de Sainte Bernadette,...
Un peu plus loin, il y a le bâtiment pour l'accueil des pèlerins, ainsi que le musée Sainte Bernadette, les salles de restauration et de séminaire.
Un peu plus loin encore, sur la droite, je me trouve face à la reproduction de la Grotte de Massabielle de Lourdes ; là où Bernadette Soubirous eut ses 18 apparitions mariales entre le 11 février et le 16 juillet 1858.

Nevers, couvent Saint-Gildard, grotte (58)

L'endroit est beaucoup plus calme qu'à Lourdes. La reproduction de la grotte se compose de quelques bancs sur lesquels peuvent venir se recueillir pèlerins, religieux, touristes de passage et autochtones. Une statue de Bernadette en position priante regarde une statue de la Vierge sous laquelle se trouve une plaque blanche surmontée d'une pierre détachée de la grotte de Massabielle.

Nevers, couvent Saint-Gildard, grotte, Vierge (58)        Nevers, couvent Saint-Gildard, grotte, pierre (58)

Nevers, couvent Saint-Gildard, grotte

Dans la grotte reconstituée, un autel de marbre pour les séances religieuses en plein air est posé devant un compartiment à bougies ; des bougies que les pèlerins et touristes viennent déposer ici en formulant une prière, un voeu, une pensée.

Nevers, couvent Saint Gildard, bougies (58)

Nevers, couvent Saint-Gildard, grotte, bougies (58)         Nevers, couvent Saint Gildard, bougies

Faisant face à la grotte, le choeur de la chapelle du couvent Saint Gildard s'affirme de l'extérieur.

Pour entrer, il faut contourner le petit édifice religieux
en passant devant la statue de Sainte Bernadette...
Nevers, couvent Saint-Gildard, statue

 

...puis passer par une grande entrée...
Nevers, couvent Saint-Gildard, entrée (58)


...avant de pénétrer dans le couvent,

puis dans la chapelle en passant devant la sacristie.
Nevers, couvent Saint-Gildard, entrée sacristie (58)

 

Toujours dans un silence respectueux, j'avance dans la chapelle pour me retrouver face à cet étonnant cercueil appelé Châsse.

C'est la Châsse Sainte Bernadette.
Nevers, couvent Saint-Gildard, sainte Bernadette

Il est interdit de prendre des photos... Bon... Euh... Voilà... Celle-ci, je l'ai prise avant que cela ne soit interdit... Si, si.
Je m'asseois sur un des bancs en bois faisant face à la Châsse. Quelques personnes sont là. Religieuses, passants, français, étrangers regardent le "monument" en priant ou en restant statiques. D'autres se sont approchés pour prier au plus près du corps de la sainte.

Nevers, couvent Saint-Gildard, sainte Bernadette (58)         Nevers, couvent Saint-Gildard, sainte Bernadette

Il est temps de parler un peu de Bernadette Soubirous afin de comprendre pourquoi son corps se trouve ici à Nevers, exposé au public dans cette châsse.
On ne va pas trop s'éterniser non plus car j'en ai déjà parlé lors d'un précédent billet qui s'intitulait Anniversaire de la première apparition de la Vierge à Bernadette Soubirous.

En résumé :Bernadette SoubirousNée à Lourdes le 7 janvier 1844. fille ainée de François Soubirous et de Louise Casterot, Bernadette Soubirous est la cadette de trois frères et une soeur ; quatre autres enfants sont morts en bas-âge. (...) Très tôt, on découvre que Bernadette a une santé fragile.
En janvier 1857 le père de Bernadette ne trouve plus du tout de travail. À bout de ressources, les Soubirous ne parviennent pas à payer le loyer. Un cousin de Claire, la grand-mère maternelle de Bernadette, met alors à leur disposition le rez-de-chaussée d’un immeuble dont il est propriétaire à Lourdes. Cette pièce est appelée
"le cachot", car elle a servi un moment pour la détention de prisonniers en attente de jugement au tribunal situé juste à côté. Assez sombre et insalubre, cette pièce n’est normalement pas louée à l’année mais sert plutôt l’été pour le logement de saisonniers espagnols. Les Soubirous logent à six dans ce "bouge infect et sombre" de 3,72 × 4,40 m. (...)
En septembre 1857, Bernadette est envoyée chez son ancienne nourrice, Marie Laguë, à Bartrès. Elle y veille sur deux jeunes enfants, assure le ménage, les corvées d'eau et de bois, et garde les agneaux.
Elle retourne à Lourdes en janvier 1858 pour y préparer sa première communion.
"Le jeudi 11 février 1858, elle s'en va chercher du bois mort et des os sur la rive gauche du gave. Du fait de sa santé précaire, elle hésite à imiter sa sœur et son amie qui traversent l'eau glaciale du canal du Moulin. "Fais comme nous !" lui lancent les deux filles. Elle est alors surprise par un bruit, comme un coup de vent. Elle lève la tête vers la grotte de Massabielle. Elle y aperçoit une "lumière douce". Dans cette lumière, apparaît une très belle enfant, de petite taille, vêtue de blanc, souriante, qui fait le signe de la croix. Bernadette récite son chapelet. La vision lui fait signe d'approcher. Bernadette n'ose pas. La vision disparaît, sans qu'aucune parole ait été prononcée. Bernadette raconte son aventure à ses deux compagnes. Et Toinette, qui a promis de ne rien dire, rapporte tout à sa mère. Les deux sœurs reçoivent une volée de coups de bâton." (cf : Wikipedia)
Ses parents lui interdisent de retourner à la grotte, mais devant ses supplications, ils acceptent. Elle y retourne le dimanche suivant accompagnée d'une douzaine d'amies de son âge. Sur place, elle récite son chapelet, puis voit apparaître la femme en blanc. Elle est la seule à la voir et, pour être sûre qu'elle n'est pas une créature du diable, elle lui lance de l'eau bénite. La femme en blanc (que Bernadette nomme Aquero, "Cela") sourit.
D'autres apparitions suivront en l'espace de cinq mois. Chacune différente. Tour à tour, la femme en blanc lui parle, lui révèle un secret, demande
Pénitence !, puis dit à Bernadette  d'aller boire l'eau de la source, puis de construire une chapelle à hauteur de la source, puis révélera son nom "L'immaculée Conception"
. Il y a également le miracle du cierge et la dernière apparition le 16 juillet 1858 pendant laquelle Bernadette ne vit la femme blanche que de loin comme si elle était toute proche.
À chacune de ses apparitions, les gens qui accompagnent Bernadette est de plus en plus nombreux. Une centaine de personnes lors de la sixième apparition, puis plus de 8000 personnes lors de la quinzième.
Dans le même temps, le maire de Lourdes Anselme Lacadé fait financer par la commune l'ouverture d'une école de filles dans l’hospice que les Sœurs de la Charité de Nevers tiennent à Lourdes sur la route de Bartrès. Elle comporte deux classes dont une pour les indigents. Bernadette y sera admise en 1858, âgée de 14 ans.

Face à un tel public et toujours plus sollicitée, Bernadette Soubirous ressent le besoin impératif de partir. De ses propres mots, elle est venue à Nevers pour se cacher ; loin des tumultes que causaient les apparitions dont elle avait été la receveuse à Lourdes en 1858. Elle voulait fuir cette foule de visiteurs et de curieux venus la rencontrer, la toucher, telle une bête de foire, jetée en spectacle. Elle avait également compris que son rôle était de quitter Lourdes pour laisser place à la Dame de Massabielle et à son message.

bernadette soubirous à NeversNevers devient alors la destination privilégiée. Elle quitte Lourdes le 4 juillet 1866 pour arriver le 7 au couvent Saint Gildard à Nevers. elle prend l'habit de novice et reçoit le nom de sœur Marie Bernard. Les premiers jours sont difficiles. Loin de ses proches et de sa ville natale, les premiers jours sont difficiles ; elle pleure et s'ennuie.
À Nevers, durant treize ans, elle mènera une "vie ordinaire" ayant néanmoins la particularité de recevoir la visite de nombre d’évêques, parmi ceux qui souhaitent se faire une opinion sur elle et sur les apparitions. Souvent malade et de santé fragile, elle s’occupe de l’infirmerie, quand elle n’y est pas elle-même soignée. Elle fait ses vœux perpétuels en 1878, puis meurt le 16 avril 1879, à l’âge de 35 ans.

Mais pourquoi et comment le corps de Bernadette Soubirous se trouve-t-il aujourd'hui dans une châsse aux regards de tout le monde ?

"Pour les besoins de l'instruction du procès de béatification, son corps doit être exhumé : le cercueil est ouvert trois fois, en 1909, 1919 et 1925. Le corps est retrouvé dans un état de « conservation extraordinaire". Il est "intact", dit Monseigneur Laurentin qui voit là un véritable "mystère". Le docteur Thérèse Valot, tenant compte de la présence de charbon et de sels, estime pour sa part que "le corps de Bernadette a été embaumé". On souhaite l'exposer, mais "la face noirâtre avec les yeux et le nez excavés auraient produit sans doute sur le public une impression pénible". Aussi charge-t-on un artiste d'exécuter un masque de cire qui, depuis, recouvre le visage de Bernadette. Pour une même raison, les mains subissent un traitement analogue.
Le cardinal Vico signe le décret d'héroïcité du vertus de Bernadette Soubirous en décembre 1923. Elle est béatifiée par Pie XI le 14 juin 1925. Le 3 août, son corps placé dans une châsse de verre et de bronze, est transféré dans la chapelle Saint-Gildard de son couvent, où les pèlerins affluent aussitôt pour le voir.
Elle est canonisée et proclamée sainte le 8 décembre 1933 par le pape Pie XI, non en raison des apparitions dont elle dit avoir été le témoin, mais eu égard à sa foi et à l'exemplarité de sa vie religieuse."
WIKIPEDIA

Pendant 40 ans, le corps de Bernadette Soubirous fut enterré dans la chapelle Saint Joseph, située en retrait de la chapelle où se trouve la châsse. Non loin de là, il y a également une statue nommée Notre-Dame-des-Eaux devant laquelle Bernadette Soubirous aimait venir prier. "C’est elle qui me rappelle le plus la Dame que j’ai vue."

Et maintenant une petite vidéo...

 

Ce qui me fascine ici à Nevers, c'est la simplicité et le calme du lieu ; contrairement à la cohue qui règne à Lourdes.
Depuis les apparitions, la commune des Hautes-Pyrénées est devenue un endroit incontournable pour les chrétiens pratiquants ou non. Une centaine d'hôtels (136 pour être précis), des centaines de magasins de souvenirs (220) et autres sont dispercés dans la ville. Lourdes me fait penser à Las Vegas. Bien sûr, il n'y a pas de grands casinos, mais on compte une centaine d'hôtels (136 pour être précis) et des centaines de magasins de souvenirs (220) qui apportent un côté intemporel et décalé au lieu. Lourdes est aujourd'hui la seconde ville hôtelière après Paris et reçoit plus de 5 millions de visiteurs par an, venus du monde entier.
Alors, là, bien sûr, il est vrai que c'est plus calme à Nevers ; même si le couvent Saint Gildard reçoit quelques fois des cars de pèlerins.
Quand j'étais enfant, je me souviens être venu ici plusieurs fois. Dans la famille, nous ne sommes pas pro-croyants, mais ma grand-mère maternelle aime aller à la messe de minuit le jour de Noël. Alors, quand mes grands-parents maternels ou paternels venaient à Nevers, il n'était pas rare que nous allions faire un tour à la châsse. Je devais avoir 5 ou 6 ans et je ne comprenais pas cet engouement, cette étrangeté consistant à venir se recueillir devant cet objet doré sous lequel reposait le corps d'une femme que nous ne connaissions pas. Parait-il que la première fois où j'ai vu la châsse Sainte Bernadette, j'ai demandé à ma grand-mère quand est-ce que la femme qui était à l'intéreiur allait se réveiller et si ça ne la dérangeait pas que l'on vienne la voir se reposer.
Pour plus d'informations, d'histoire et de belles vidéos explicatives : La source de Lille.

Je sors de la chapelle du Couvent Saint-Gildard un peu groggy... Tiens, c'est marrant à écrire ce mot... Je prends la direction de la sortie du couvent Saint-Gildard pour retrouver la Ligne Bleue que je vais à présent prendre en sens inverse. Le but : rejoindre le centre-ville de Nevers.

 

DANS NOTRE PROCHAIN ÉPISODE

Nous entamerons notre dernier itinéraire Fil/Ligne Bleu/e pour découvrir le centre Est de la ville et va savoir ce qu'il nous attend. Retrouvera-t-on la Ligne Bleue ? Et si oui, où nous amènera-t-elle ? Et si non, retournera-t-on au Pub pour voir si ils ont des nouvelles bières ?