Lors du précédent billet sur la région PACA, c'est à dire la région Provence-Alpes-Côtes-d'Azur, mais on dit PACA pour aller plus vite parce que c'est très long à prononcer et encore plus long à écrire, Provence-Alpes-Côte-d'Azur, alors que PACA, ça va vite et tout le monde comprend de quoi on parle.Hein ? On est d'accord ? Si je te dis "PACA" là comme ça, tout de suite, tu me réponds : "Ah oui, la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur !" Hein, nous sommes bien d'accord, il n'y a pas d'ambiguité là-dessus. Tu ne te dis pas : "Mais enfin, Jénorme, je ne te permets pas, qu'est-ce que c'est que ces manières ?!"
OK, parfait. Bon... Qu'est-ce que je voulais dire ?
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...



Ah oui !

Lors du précédent billet sur la région PACA  -nous sommes bien d'accord, tout le monde comprend ? Ok, on continue-  , nous avions largement parlé du MuCEM... Ah... Alors... Tu l'auras remarqué : MuCEM n'est en rien une abréviation pour dire plus vite région Provence-Alpes-Côte-d'Azur. Non, cette fois-ci, MuCEM est un raccourci orthographique pour dire Musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée.
DONC : lors du précédent billet sur la région PACA, nous avions largement parlé du MuCEM en parcourant les dédales de ce nouveau lieu culturel marseillais plutôt que d'aller vadrouiller dans les nombreuses et éclectiques rues de la ville.

Nous sommes en plein milieu d'après-midi d'un de ces jours chauds de juin. Alors, bien sûr, l'envie d'aller rôder du côté des plages méditerranéennes est grande.
Nous retrouvons la voiture garée dans le parking souterrain du MuCEM pour partir, dans un premier temps, longer la corniche ; cette corniche qui, rappelons-le, porte le nom de Corniche du Président-John-Fitzgerald-Kennedy ; autrement dit en utilisant une fois de plus une abréviation : la CPJFK. Mouais, quand il n'y a pas de voyelles, c'est moins facile à retenir. Toujours est-il que si ce lieu porte le nom du président américain, ce n'est pas parce que c'est ici qu'il s'est fait assassiner  -c'était à Dallas-  mais parce qu'à l'époque des premiers grands travaux d'élargissement de la voie sous l'ère Gaston Defferre, le Président américain venait d'être assassiné ; d'où l'idée de donner ce nom à l'une des belles avenues de Marseille.
Chose amusante, je trouve, c'estt à la même époque que le maire de Marseille dispute et remporte le dernier duel officiel de l'histoire de France en 1967 contre René Ribière avec qui il avait eu un différend dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. Gaston Defferre l'avait en effet traité d'"abruti". Après avoir tenu quatre minutes, son adversaire est blessé deux fois.

 

Étonnant, non ?
Une fois passé le Prado et le monument-hommage à Arthur Rimbaud, nous quittons enfin le bruit assourdissant de cette ville en mouvements.
Cela nous a beaucoup frappé, nous, gens du pays basque, du Béarn et de la Nièvre : qu'est-ce que Marseille est bruyante ! Si le MuCEM offre un peu de silence lorsque nous évoluons entre ses murs, une fois de retour dans la vraie ville, tout parait assourdissant. Bruits de circulation continue, sirènes permanentes de pompier, d'ambulance, de police, travaux divers, poussière,... CE BORDEL LÀ-D'DANS !!!
Il était grand temps de prendre le large.

De là,
nous aurions pu prendre
plusieurs directions.

On va faire comme si nous l'avions fait alors que non ! Les photos qui suivent ont été prises un autre jour, lors d'autres expéditions provençales.




Notre visite des alentours de Marseille aurait pu commencer en prenant la direction plein sud.
Nous passons La Pointe Rouge, Montredon et La Madrague...

Attention : la Madrague de Marseille
avec son salon de coiffure au nom rigolo...
Marseille, la Pointe rouge, coiffeur (13)
Pas La Madrague de Brigitte Bardot à Saint-Tropez !

Tiens, d'ailleurs, à ce propos, anecdote !

ANECDOTE DU JOUR
Les différents gardiens de la Madrague furent aussi un vrai problème durant de nombreuses années pour Brigitte Bardot. Notamment, elle engagea un jour un couple en ignorant qu'il venait de commettre un braquage et était activement recherché par la police, ou encore un gardien qui tenta un jour d'abuser d'elle


Nous passons au-dessus des premières calanques.
Calanques de Saména, du Mauvais pas, de l'Escalette, des Trous. Puis, nous arrivons dans ce petit village retiré que sont Les Goudes.

LES GOUDES
Marseille, les Goudes

Ancien village de pêcheurs inscrit dans un grandiose paysage minéral, Les Goudes n'a pas de plage, mais de nombreuses guinguettes où les Marseillais aiment venir se rafraîchir, loin du bruit de la cité phocéenne. Pourtant, ici, nous sommes encore à Marseille et plus précisément dans le VIIIème arrondissement malgré la présence d'un calcaire étincelant, représentatif de l'entrée des calanques.
Quelques pêcheurs sont encore présents et les Marseillais aiment venir s'y baigner au détour d'une crique ou d'un rocher servant de "plage éphémère".
Autrefois considérés comme un repaire de truands, les Goudes ont été complètement transformés dans les années 1999-2000 au grand dam de la population populaire. Le quartier est en effet devenu bourgeois et les prix de l'immobilier sont devenus inabordables.

Marseille, les Goudes (13)         Marseille, les Goudes

Quand on évoque le nom des Goudes, on peut penser de suite -mais on n'est pas obligé- au "I feel good" de James Brown ou encore au défilé du bicentenaire de la Révolution française en 1989 conçu par Jean-Paul Goude, "La Marseillaise".


Mais on peut aussi, et surtout, se souvenir de Jean-Claude Izzo, écrivain du sud, à qui l'on doit des romans comme Total Khéops, Soléa, Le soleil des mourants ou encore la trilogie marseillaise adaptée à la télévision sous le titre Fabio Montale. C'est aux Goudes que le policier désabusé de ses romans venait se réfugier. Décédé en 2000 à l'âge de 54 ans de "deux cartouches de cigarettes en plein poumon" (dixit Carrese), Jean-Claude Izzo imposa également le vin en Provence comme espace d'amitié dans la Série Noire. Il est l'un des rares écrivains du sud à s'être intéressé à la gastronomie provençale. Un très bel article de Régis Cailleau pour Pays de Provence restitue un peu de cette passion que Jean-Claude Izzo avait pour les vins et la gastronomie provençale.

"'J'ouvris une bouteille de rosé de Saint-Cannat. (...) Ce vin-là, de la Commanderie de Bargemone, était un délice. On sentait sous la langue le merveilleux ensoleillement des petits coteaux de Trévarèse. (...) On se mit à tremper nos tranches de pain dans la purée d'anchois, relevée de poivre et d'ail hachée.'
Chez Izzo, le vin participe des moments que l'on partage avec des proches pour oublier meurtres, ruptures et trahisons.
'L'après-midi y passa et aussi quelques bouteilles de blanc de Cassis. Du Fontcreuse que je gardais toujours avec les bons jours.'
Honoré par ces mots, Jean-François Brando, propriétaire de Fontcreuse, lui en envoya une caisse chez Gallimard. Il n'eut jamais de nouvelles et pense "que les bouteilles se sont égarées dans les couloirs de la maison d'édition.
Des vignerons provençaux dont il parle, peu l'ont rencontré. Sauf Lucie Peyraud, propriétaire du domaine Tempier, à Bandol. L'octogénaire, haute en couleur, amie de Jim Morrison, fait son crawl chaque matin d'été. Son livre de cuisine provençale, Lulu's cooking, fut un succès aux États-Unis. Elle a accueilli Jean-Claude, ce qu'il confirme dans Soléa :
'J'avais rempli son verre d'un Templier blanc. Il était huit heures. (...) Je m'étais fait copain avce Lulu. La propriétaire du domaine, au Plan-du-Castellet. En goûtant les vins, nous avions parlé de littérature. De poésie. Elle connaissait des vers de Louis Brauquier par coeur.'
L'univers noir d'Izzo se délecte des saveurs provençales. Et les vins aux arômes de garrigue sont toujours le fruit du meilleur accord.
'J'avais pris Marie-Lou par le bras et l'avais entraînée de l'autre côté du cours Jean-Ballard, place Thiars. Chez Mario. Une assiette de mozzarella et tomates, avec câpres, anchois et olives noires. Un plat de spaghetti aux clovisses. Un tiramisu. Le tout arrosé d'un Bandol du Domaine de Pibarnon.'
Izzo sait que le temps lui est compté. Alors il écrit et écrit encore son amour de la vie, sa haine de la mort... à travers Montale.
'J'ai besoin d'ingurgiter des aliments, légumes, viandes, poissons, dessert ou friandises. De me laisser envahir par leurs saveurs. Je n'avais rien trouvé de mieux pour réfuter la mort. M'en préserver. La bonne cuisine et les bons vins. Comme un art de survivre.'"  RÉGIS CAILLEAU

 

Nous dépassons les Goudes pour rejoindre en longeant la baie de la Maronaise. Ici, c'est le Cap Croisette, connu également pour sa Baie des Singes.

 

LA BAIE DES SINGES
Marseille, la baie des Singes (13)

Autre bout du monde avec ses paysages de calcaire, rongés par l'air marin du large, la Baie des Singes se situe entre le continent et l'Île Maïre. Elle tourne le dos à la plage de la Maronaise faisant, elle, face à Marseille, là bas, au loin...

Marseille, la baie des Singes, vue sur Marseille (13)

La Baie des Singes, ce sont des paysages une nouvelle fois étonnant, dominés par un calcaire omniprésent, mais ici rongé par le vent marin du large avec cet air iodé.
Baie des Singes ! On se croirait dans un film de science fiction dont j'ai perdu le nom... Euh, comment c'était déjà : "La terre des primates" ? "La lune et les macaques" ? Ah oui : "La planète des singes", voilà !
Quand nous sommes arrivés à cet endroit, j'ai tout de suite constaté que nous en pouvions pas aller plus loin. Ben oui, la route avait pris fin. Mais ensuite, c'est la vue de cette roche calcaire trouée qui commençait à faire cogiter en mon esprit les idées les plus démoniaques.

Marseille, la baie des Singes, le rocher             Marseille, la baie des Singes, voilier (13)

On a toujours dit -à tort ou à raison, pour la légende ou l'exotisme-  que cette partie sud de la seconde plus grande ville de France était un refuge de canailles et de truands. Tous ces trous dans la roche... Cette appellation peu commune de Baie des Singes... Je cherchais un rapport.
Pourquoi un tel nom pour cet endroit qui semble de prime abord paradisiaque ? Qui sont ces singes ? Que mangent-ils ? Que boivent-ils ? Comment sont-ils venus ici ? Peut-on les voir ? Les rencontrer ? Leur parler ? Échanger quelques idées sur la conception urbanisante en milieu calanquais ? Et est-ce que leurs présences est inconvénient ici ? Et si oui, pourquoi ? Mais si non, alors pourquoi pas ? Se sont-ils échappés de "La pinède des singes" de Labenne qui n'existe plus aujourd'hui ?

Souvenons-nous de La pinède des singes de Labenne...


Quelle belle séquence !

Et maintenant, lançons les recherches, simples, efficaces, avec une seule question : pourquoi la Baie des singes se prénomme-t-elle ainsi ?
"Des singes en Provence ? Si l’alcôve idyllique est nommée Baie des Singes, c’est qu’il fut un lieu de contrebande où l’on demandait aux enfants d’être muets comme des singes." MARSEILLE TOURISME

J'ai bien tenté de faire de plus profondes recherches internétiennes, mais à chaque fois, c'était pour tomber sur le restaurant qui sévit en ces lieux.

 

Depuis la Baie des Singes, je ne peux m'empêcher de fixer cette montagne trouée située sur l'Île Maïre et qui fixe la côte de façon inquiétante.
Que cette montagne dominant la baie est captivante ! C'est l'île Maïre. Une île qui fait, elle aussi, partie du VIIIème arrondissement de Marseille.

L'ÎLE MAÏRE
Marseille, la baie des Singes, le rocher (13)

"Mesurant moins d'un kilomètre d'est en ouest et de 500 mètres du nord au sud, l'île Maïre culmine néanmoins à 138 mètres d'altitude. Elle est totalement inhabitée, et, hormis les gabians, la vie animale y est réduite à sa plus simple expression. On peut y voir les restes d'une construction datant de l'époque où les ressources minérales de l'île étaient exploitées. Tout autour de l'île, des observatoires, en ruines, rappellent l'importance stratégique de sa position, au sud de la baie de Marseille et à l'est du golfe du Lion." WIKIPEDIA

Cette île fut longtemps habitée, non pas par des singes, mais par un troupeau de chèvres qui s'adonnaient aux joies de la varappe pour brouter quelques touffes d'herbes rares. Elle s'y reproduisaient tranquillement, loin du monde, puisque l'île Maïre est séparée du continent par 80 mètres de mer Méditerranée déchaînée, composée de courants importants et de vagues mauvaises par grand vent. Personne n'a jamais su qui avait amené ces chèvres jusqu'ici, mais c'est le Conservatoire du Littoral qui a cru bon de les débarquer afin qu'elles ne nuisent pas à la flore présente (?).
C'est également ici que le 7 juin 1903 s'échoua le paquebot Le Liban, faisant une centaine de victimes. Réduite à l'état de carcasse gisant par plusieurs mètres de fond, l'épave du Liban est encore accessible et reste la plus facile d'accès en plongée dans la rade.

Marseille, la baie des Singes, le rocher              Marseille, la baie des Singes, le rocher

 

Nous parvenons de l'autre côté du Cap Croisette, et, par l'impasse des Muets, à l'anse de Callelongue. C'est ici que s'achève la route de la Corniche, dans une impasse donnant sur la calanque de Callelongue, la première d'une longue série se profilant vers l'Est.

 

CALANQUE DE CALLELONGUE
Marseille, calanque de Callelongue (13)

Dans les années 1960, il était prévu de relier Les Goudes à la calanque de Callelongue par un téléphérique sous-marin nommé le Téléscaphe. Inauguré en juin 1967, Le Téléscaphe est inauguré en juin 1967 et fait l'objet de la première émission de télévision de nuit en mondovision.

Pour douze francs, les curieux pouvaient effectuer un parcours de cinq-cents mètres à une dizaine de mètres de profondeur, durant une dizaine de minutes. À l'issue du voyage, un certificat était remis aux voyageurs.
Malheureusement, il ne fonctionna qu'une année du fait de son coût important, de décisions politiques et d'accidents supposés. (Cf : WIKIPEDIA)
Nous pouvons quand même observer les ruines de ce début de chantier. Mais vu que je n'ai pas fait de photos de l'endroit, nous nous contenterons de regarder ce petite bateau de pêche revenant du large.

Marseille, calanque de Callelonge, pêcheur (13)

Le tout sous le regard de cette autre montagne calcaire à l'allure étrange
dominant le lieu depuis le continent,
tel un aileron de requin sur fond de ciel bleu
ou un sous-marin sorti de l'eau...
Marseille, calanque de Callelongue, montagne (13)

La calanque de Callelongue, c'est surtout la porte d'entrée de l'univers minéral des calanques.
"Sur près de 20 kilomètres entre Marseille et Cassis se succèdent ces anciennes vallées noyées par la montée du niveau de la mer. Le rivage abrite tantôt des caps, tantôt des rades dotées d'un petit port, tantôt des failles, des plages, des belvédères vertigineux, des grottes aussi mystérieuses que celle découverte par Cosquer, des tombants marins magnifiques où vit une faune multicolore... Chaque calanque a son caractère et son destin : sauvage ou habitée, fréquentée ou oubliée, accessible par la route, par les sentiers ou par la mer seulement. À chacune ses charmes..." DÉTOURS MAGAZINE


Au sud de Marseille, la côte des calanques nous offre ainsi des espaces aux noms variés : les Calanques de la Mounine, de Marseilleveyre (là où fut découvert la gourmette de Saint-Exupéry), des Queyrons, de Podestat, de l'Escu, de Cortiou, puis... les calanques de Sormiou et de Morgiou. C'est vers ces dernières que nous nous dirigeons. Mais pas à pied puisqu'il y a 15 kilomètres de randonnée sur un dénivelé de 500 à 600 mètres pour 4 à 5 heures de marche. Ce n'est pas que nous sommes fainéants, mais nous n'avons pas le temps, ni le matériel adéquate pour nous lancer dans une telle expédition (Cf : Altitude Rando)

 

Pour cela, nous devons reprendre la voiture, retourner sur La Pointe Rouge, puis Marseille. Voitures, bouchons, agglomération, bruits, gaz d'échappement, sirènes, klaxons !!!! Avenue André Zénatti, puis chemin du Roi d'Espagne, les Baumettes à notre gauche. Et puis, et puis...

 

CALANQUE DE SORMIOU
Marseille, calanque de Sormiou (13)

Plus près !
Marseille, calanque de Sormiou

Derrière nous,
Marseille au loin.
Marseille, calanque de Sormiou, vue sur Marseille (13)

Alors, je crois que ces photos datent de 2005. Je m'étais rendu seul, au mois de mars, dans cette calanque. Je ne sais plus comment j'en avais pris connaissance, mais lorsque je suis arrivé au sommet de la montagne séparant la ville de la calanque, je fus subjugué par la beauté du lieu, ces couleurs, ce calme. À cette période de l'année, il n'y avait pas grand monde et c'était très agréable de se promener, d'errer dans un tel lieu.

Deux avancées rocheuses surplombent la mer : à notre droite, le bec de Sormiou avec ses 184 mètres de haut en son milieu.
Au centre, un chemin de randonnée qui culmine à 218 mètres d'altitude.

morgiou et sormiou

Marseille, calanque de Sormiou, crête de Sormiou (13)          Marseille, calanque de Sormiou, vue de la crète de Morgiou (13)

Marseille, calanque de Sormiou, vue de la crète de Morgiou          Marseille, calanque de Sormiou, vue de la crète de Morgiou

De là, nous dominons les deux calanques, puis la calanque de Morgiou seule, dans son étroit vallon.

Marseille, calanque de Sormiou

Faisant partie elle aussi du XIXème arrondissement de Marseille, on y trouve un petit port de pêcheurs professionnels, des cabanons, un bar-restaurant et une petite plage de galets.
En poursuivant sur le sentier balisé en bleu, nous rejoignons la crête, puis le bec de Morgiou. À l'extrémité de ce dernier, se trouve en contre-bas l'anse et la calanque de la Triperie, ouverte vers le couchant. C'est également là que se trouve l'entrée de la mystérieuse et immense grotte sous-marine Cosquer.

 

Mais... on en parle, on en cause, mais qu'est-ce qu'une calanque ?
Oui parce qu'on parle, on parle, on dit que c'est beau, gnagna tout ça, mais c'est quoi une calanque ?
"Du provençal calenco, escarpé, les calanques sont blanches du calcaire urgonien. Très dures, ces roches ont même servi à construire le socle de la Statue de la Liberté à New York. Elles remontent à quelques 100 millions d'années et ont été creusées par l'érosion et le vent. Il y a juste 12 000 ans que le niveau de la mer a monté, pour former le magnifique paysage actuel.
C'est un phénomène géologique bien connu, essentiellement lié aux variations du niveau de la mer dans un contexte karstique, qui a donné naissance aux calanques. Ces anciennes vallées fluviales se sont creusées au quaternaire à la faveur d'un abaissement du niveau de la mer. Les plus grandes (Sormiou, Morgiou,...) ont profité de la présence des failles. Lors de la remontée des eaux, à la fin des dernières glaciations (-6000 ans environ), les ravins ont été ennoyés, donnant aux paysages actuels.
Une faune et une flore spécifiques s'épanouissent dans les calanques. Le climat, sec et ensoleillé, permet le développement d'espèces méditerranéennes et africaines. A l'inverse, des espèces septentrionales, vestiges de la période glaciaire, survivent dans les zones abritées exposées au nord (statice nain, astragale de Marseille, passerine tartonraire). Ce sont plus de 900 espèces végétales, soit le cinquième de celles qui sont recensées en France, qui habillent la roche des calanques. Dans l'eau, les herbiers de posidonies, les bancs de coraux et les falaises sous-marines servent de refuge à de nombreux poissons et invertébrés."  ÉDITIONS ATLAS


Pendant l'été, la calanque de Sormiou est fermée à la circulation. Les autres mois, elle est accessible en voiture par une petite route sinueuse qui s'en va se terminer sur un parking où il est possible que tu payes la somme de 4,50 euros.

Marseille, Calanque de Sormiou          Marseille, Calanque de Sormiou

Marseille, calanque de Sormiou

Nous descendons vers la mer par cette longue petite route qui tournoie dans les roches.


Marseille, calanque de Sormiou, cabanon (13)La calanque de Sormiou abrite des habitations et des cabanons, réunis en un village miniature, doté d'un port de pêche. Deux restaurants permettent de manger un bout ou de boire un verre. Il y a également une petite plage de sable fin, contrairement aux calanques voisines où on ne peut poser sa serviette que sur les pierres.
Depuis 1975, aucune nouvelle construction n'est autorisée, et ce dans toutes les calanques.

 

 

Mais comme nous le rappelle également Marie-Martine Gras, "La calanque de Sormiou, c'est aussi l'histoire d'un homme que six années de péripéties, de peur et d'espoirs menèrent au bout d'un tunnel qui, au départ, n'était qu'un trou gorgé de coraux. Nous sommes le 9 juillet 1991, Henri Cosquer, plongeur à bord de son bateau nommé Le Cro-magnon, découvre un Lascaux sous-marin ici même. Des chevaux, bisons, cerfs, phoques et pingouins peints et gravés par l'homme du Paléolithique. C'est l'histoire de 20 000 ans sous les mers. Non loin de là, Cousteau a aussi pêché 1700 amphores grecques." MARIE-MARTINE GRAS

Située à 37 mètres de profondeur, la grotte Cosquer est fermée au public. Quoiqu'il en soit, sa visite relèverait de l'exploit : au terme d'un étroit boyau de 175 mètres de long, on accéderait à des salles inondées, aux parois ornées de gravures et de peintures.

 

Bref : un paysage captivant, fascinant et dans lequel on aimerait passer un peu plus de temps pour se livrer à quelques petites randonnées/balades, comme cette petite errance sur les crêtes allant de la Calanque de Sormiou à celle de Morgiou ; ou même pourquoi pas, aller jusqu'aux calanques de Cassis par les sentiers de randonnée.
Pour cela, nous serions passés par les Calanques de Sugiton, de Saint-Jean-de-Dieu ou de l'Oeil-de-Verre, puis les anses de l'Enfer et de la Baume, avant de rejoindre les calanques du Devenson, de l'Eissadon, de la Oule, puis, enfin, la première calanque de Cassis : En-Vaux !
Ce parcours représente 15 kilomètres de marche avec un dénivelé de 700 mètres environ pour 4 à 6 heures de marche. (Cf : Altitude Rando)

 

MAIS NON !
Nous avons repris la voiture.

 

Retour au parking du bord de route de la calanque de Sormiou. Passage devant les Baumettes, connues, entre autres, pour sa prison où trois des quatre dernières exécutions capitales en France eurent lieu ici.
Nous récupérons ensuite la Départementale 559 pour passer le Col de la Gineste (326 m) avant de descendre sur Cassis...

 

DANS NOTRE PROCHAIN ÉPISODE

Nous nous poserons la question : pourquoi Cassis s'appelle-t-elle Cassis, et pas Banane ou Fraise-des-Bois ?