Comme chaque année en octobre lorsque la nature a déjà bien commencé à revêtir son manteau coloré, mon père et moi-même partons pour une petite randonnée à travers forêts et champs morvandiaux.
           ♫ Allons les Morvandiaux, chantons la Morvandelle ♫
            
♫ Chantons les claires eaux et la forêt si belle ♫
               ♫ La truite au bond léger dans les roseaux fleuris ♫
             ♫ Et notre bois flottant qui vogue vers Paris

Enfin, je dis
"comme chaque année", mais finalement ce n'est que la seconde fois.

Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

 

Je ne sais pas ce qu'il se passe cette année. Sont-ce les années qui passent et qui me sensibilisent chaque jour un peu plus pour laisser poindre en moi un je-ne-sais-quoi de romantisme exacerbé se manifestant par une émotion chaque instant renouvellé lorsque je vois la nature changer en différente saison s'annonçant ? Oui, je te l'avoue, un sanglot long de violon dans la voix : je suis de plus en plus sensible aux couleurs automnales. Je peux facilement, et sans trucage, rester en attente à observer un de ces arbres aux feuilles colorées pendant plus de quatre heures sans bouger... Hein ? Oui, j'exagère, mais tout de même. C'est quand même mieux que de rester derrière son ordinateur à regarder cette vidéo, certes surprenante, mais quelque peu régressive.

BREF : il y a deux ans, mon père et moi même avions réalisé une grande randonnée au coeur des lieux qui avaient parcouru sa jeunesse. Un bref retour en images de cette belle et nostalgique marche en images :

Chagnon, Morvan morvan, champignons morvan, couleurs fougèresmorvan, petite cabane morvan, voiture abandonnée semelles morvan usine électrique morvan vaches morvandelles
RETOUR VERS LE MORVAN

Le Morvan, massif de hautes collines bourguignonnes, jouant habillement avec les quatre départements qui compose cette région. Tour à tour nivernais, saône-et-loiriens, icaunais et côte d'oriens. 513 442 hectares de forêts profondes, de pâturages habillement découpés, de végétation exubérante, de lacs secrets,...  Un climat composé de précipitations nombreuses avec des hivers rigoureux.
Aaah oui, le Morvan se mérite.
Morvandelles, Morvandiaux, d'hier et d'aujourd'hui. Du Mont Beuvray, sur lequel les Eduens se réunirent derrière un seul chef, Vercintorix, pour structurer leur défense après l'invasion de la Gaule par les Romains de César à Château-Chinon, où François Mitterrand fut maire pendant 22 ans, en passant par Saint-Léger-de-Vauban, ville natale de l'architecte militaire, urbaniste, ingénieur hydraulicien et essayiste, nommé maréchal par Louis XIV. Le Morvan et ses nourrices venant au secours des enfants de l'assistance publique. Le Morvan et ses galvachers, partant autrefois de mai à septembre pour réaliser les travaux pénibles de la terre vers d'autres contrées, accompagnés de plusieurs paires de boeufs et charrettes.
Morvan d'autrefois encore avec le flottage du bois pour approvisionner Paris en bois de chauffage.
Morvan et son patois avec des mots : un chicotin, da treuffe, un mouniou, la bouêle, le couessot, un gugne...
Morvan et son patois avec des verbes : crapoucher, patracher, bourdouler, se canfouiner, s'engoucher, jompiller...
Que c'est beau tous ces mots. Il y a dans le patois morvandiau une poésie incomparable à d'autres. Ayant passé beaucoup de temps dans le Morvan chez mes grands-parents pour les vacances scolaires, c'est avec joie que, parfois, malgré moi, je m'aperçois que j'ai retenu plus ou moins quelques-uns de ces mots chantant pour parler de certaines choses.

Allez,
un peu de musique et de danse !

 
BON, dis don', c'est pas tout ça, mais il est grand temps de se lancer dans notre expédition automne 2017 entre père et fils.

C'est à 9h28 précise que ma mère nous dépose à L'Huis-Gaudry, petit lieu-dit situé au nord de Château-Chinon, sur la Route Départementale 944, séparant l'Argoulais de la vallée de l'Yonne ; cette rivière courant jusqu'au lac de Pannecière. C'est très précisément ici que, deux ans auparavant, nous avions fini notre randonnée "Retour vers le Morvan".

Daniel et Jénorme        L'Huis -Gaudry à 9h30
Octobre 2015                                                                                                         Octobre 2017

Ça va,
nous n'avons pas changé,

contrairement à...
Robert

Nous avons la forme, prêts à en découdre avec les nombreux petits sentiers morvandiaux suivant l'itinéraire pédestre que mon père a concocter et dont voici le rendu IGN.

randonnée carte globale
Carte : IGN

Alors bon, Ok, vu comme ça, on ne voit pas très bien l'itinéraire. À la rigueur, certains distingueront que nous partons d'un endroit situé non loin de Château-Chinon, capitale du Morvan, pour passer ensuite sur l'église de Corancy avant de traverser des étendues forestières situées tout autour d'un lieu-dit nommé "Le fou de Verdun" avant d'entamer une grande descente vers Les Gorys, autre lieu-dit qui peut faire penser à la chanson de Georges Brassens, "Gare aux gorys".
Par contre, en regardant de très loin cette carte-itinéraire, certains n'y verront qu'une sorte de forme particulière pouvant faire penser au profil d'Achille Talon ou à celui du roc croisé sur la plage de Gardeno à Bréhat.

ile de bréhat grève de Gardeno

Alors, prenons chaque étape les unes après les autres pour établir un parcours plus clair.
Disons que dans un premier temps, nous allons aller de L'Huis-Gaudry à l'église de Corancy.

 

ÉTAPE 1
itinéraire 1
Carte : IGN

Notre premier objectif de cette première étape : rejoindre Les Bruyères par un sentier situé juste derrière le carrefour décisif séparant la D944 en trois branches. L'une venant de Château-Chinon, l'autre allant sur Avallon et la troisième partant sur le lac de Pannecière.

C'EST PARTI !
L'Huis-Gaudry, départ (58)

Il fait beau, il fait bon. Un long tapis de feuilles mortes s'est étendu devant nous. La forêt dans laquelle nous nous sommes aventurés se pare de mille couleurs automnales.

L'Huis-Gaudry, départ

Bon, il n'y en a peut être pas mille, mais au moins 864. Tu peux recompter.
À la sortie de cette première forêt baptisée buisson de Provence... Oui ben c'est pas moi qui l'invente, c'est marqué sur la carte. Nous sommes dans une forêt morvandelle et quelqu'un a décidé d'appeler cet endroit "Buisson de Provence". Pourquoi ? Peut être parce qu'un ancien Provençal habitait là ? Peut être qu'avant cette forêt n'était qu'un buisson... Je ne sais pas... Il doit y avoir une explication. En, tout cas, pas de Provençal, ni de buisson en vue à la sortie de cette forêt, mais bel et bien de belles Charolaises intriguées.

Les Bruyères, rencontre (58)

Quelques mètres plus loin, nous marquons un arrêt sur le pas de porte d'une belle et grande maison. C'est ici qu'habite un vieil ami de mon père avec qui il fit les 400 coups dans sa jeunesse. Il faut dire qu'ils n'habitaient pas loin ni l'un de l'autre dans cette campagne préservée par les constructions à outrance.
Après quelques discussions sympathiques sur le temps qui passe et qui est passé, nous reprenons notre itinéraire pour rejoindre le chemin du Port-de-l'Homme.

Les Bruyères, chemin du Port de l'Homme (58)         Les Bruyères, en chemin (58)caisse à savon

C'est sur cette route bien pentue que mon père, enfant, descendait dans une caisse en savon qu'il s'était lui-même confectionnée. En haut du bourg, sur le bas côté de la route, un panneau planté devant une mare d'eau de la grandeur d'une flaque nous rappelle que...

Les Bruyères, interdit de se baigner et de pêcher (58)         Les Bruyères, interdit de se baigner et de pêcher (58) a

Sur la gauche, une présence m'intrigue en pleine forêt du Boissillot...

Les Bruyères, caravane dans les bois

Les Bruyères, caravane dans les bois (58)J'ai beau regarder à droite, à gauche, en bas, derrière, devant, en haut. Aucun chemin, aucune route pour permettre d'expliquer cette caravane au milieu des troncs de résineux. En tout cas, une chose est sûre : impossible qu'elle ne ressorte d'ici à moins de la démonter ou de couper tous les sapins. Pourtant, pourtant, pourtant, n'est-ce pas là le principe même d'une caravane : être transportable, se mouvoir ? Hein ? Hein ? Hein ? A-t-elle été délaissée par ses propriétaires qui l'ont remplacée par un camping-car ? Où a-t-elle voyagé ? Quelles régions et quels pays a-t-elle traversé ? Combien de personnes a-t-elle rendu heureuses à l'approche des vacances de la retrouver pour partir sur les routes des congés payés ? Et aujourd'hui, aujourd'hui... Elle est là, seule, ABANDONNÉÉÉÉÉÉÉEEE !!!! À quoi pense-t-elle ? De quoi sont-ce fait ces rêves ?
Ohla, eh oh, j'arrête là ! En tout cas, je trouve que ce chemin du Port-de-l'Homme est bien surréaliste.

 

Un peu plus loin, sur la droite, une autre présence d'habitat morvandiau.
Les Bruyères, cabane dans les arbres (58)

Un cabane dans les arbres. Un peu mal en point. Avec un beau point de vue pourtant. Combien d'enfants sont venus jouer ici ? Combien de secrets ont-ils échangé ? N'était-ce pas pour eux un refuge lorsque le... BON, oui, Ok, j'arrête !

011 La maison que nous habitions (1958-1964)Nous terminons notre descente du chemin du Port-de-l'Homme pour passer devant l'ancienne maison que mes grands-parents et mon père ont habité de 1958 à 1964.

 

 

 

 

 

La façade nord donne sur un champs dans lequel mon père faisait ses tests de caisse à savon en été et ses essais de fabrication de skis artisanaux en hiver.

caisse à savon

Nous poursuivons notre chemin qui s'est transformé en route : la route de la Bâtisse du nom du lieu-dit que nous traversons et qui se compose d'une grande et belle maison, anciennement auberge. Il y avait également une grande pisciculture aujourd'hui en pleine restructuration. Elle captait les eaux de l'Yonne, venant tout droit de sa source située à Glux-en-Glenne, village de la myrtille, avant d'aller se jeter dans le Seine. Et puis, à La Bâtisse, il y a aussi l'automne. Les couleurs de l'automne...

Port de l'Homme, arbres et automne (58)

Juste au pied de ses beaux arbres se trouve l'ancienne ferme de La Bâtisse aujourd'hui rénovée en maison particulière. Face à elle, une autre ancienne ferme, celle d'Emile et Marcel Chaventon, qui n'a pas eu la chance d'une seconde vie. Elle se retrouve aujourd'hui accaparée par la nature sauvage.

017 La ferme de La Batisse rénovée                   019 Ce qui reste de la ferme d'Emile et Marcel Chaventon

Après avoir franchi un pont sur l'Yonne, nous entamons la montée vers Corancy, village natal de mon père.

CORANCY
Corancy, église Saint Euphrone

Souvenons-nous : il y a deux ans lors de notre première randonnée "Retour vers le Morvan", nous n'avions fait que passer loin du village sur un sentier qui permettait d'avoir un beau panorama.

Corancy, en automne

Ce qui interpelle le regard de très loin, c'est la blanche église Saint-Euphrône. Quel étrange nom. Je dis cela parce que les églises Sainte-Madeleine, Notre-Dame, Saint-Eustache, etc. sont plus courantes. Saint-Euphrône. C'est la première fois que j'entends ce nom. Qui était-ce donc ? Eh bien écoute, c'est aussi le nom d'une commune de Côte d'Or. Sinon, il y aurait deux Euphrône ; un d'Autun, l'autre de Tours ayant vécu au Vème et VIème siècles. Tous les deux évêques. Voilà.
En son sommet, un coq de clocher domine la place. Il semble tourné vers la Mecque. Non, je rigole oh ! Quoique... Et alors ?

Corancy, église Saint Euphrone (58)        Corancy, église Saint Euphrone, clocher (58)

Savais-tu que pour aller de Corancy à La Mecque, il faut environ 60 heures de voiture pour parcourir les 5807 kilomètres séparant ces deux lieux ? Hein ? Ok, continuons notre visite de Corancy.
Très calme. Je suis surpris par le nombre de volets fermés sur les façades des maisons. Celles-ci ne sont abandonnées puisqu'entretenues. De plus, les volets sont coulissants et métalliques, donc récents. Peut être que Corancy est devenue un village de maisons secondaires.Nous marchons dans les rues désertes. Mon père me fait l'inventaire des anciens commerces qu'il y avait de ci de là, avant...

024 Une place du village désert            025 L'ancien hôtel-restaurant Julien
Rue principale                                                                      Ancien hôtel-restaurant Julien

026 Rue montant vers le lavoir et longeant l'ancien hôtel Julien
             027 Ancienne boulangerie-épicerie Letellier
       Rue allant vers le lavoir                                                                   Ancienne boulangerie-épicerie Letellier

Mon père tient tout de même à préciser qu'il y a ici un excellent comité des fêtes très actif (Cf : Comité des fêtes de Corancy). Quand elle organise un évènement, des jeux ou un repas, il y a toujours beaucoup de monde. D'ailleurs, la salle de fête est très bien adaptée pour ce genre de manifestation. De plus, contrairement à beaucoup d'autres villes, le site officielle du village est actualisé, riche en informations sur la vie et l'histoire locale : Commune de Corancy.Il existe encore -et tant mieux-  trois exploitants agricoles et une entreprise de terrassement-assainissement-voirie et adduction d'eau.

Corancy, ancienne posteNous traversons le centre ville. Difficile de savoir où il peut être vraiment car il n'y a pas de commerces. Mon père me parle de cette ancienne boulangerie, de cette épicerie disparue. Et puis l'école, fermée depuis 2011 sur décision de l'inspection académique. Cette école où allait mon père.
La Poste est toujours active avec des horaires réduits et ce ne se trouve plus à côté de l'église comme on pourrait le croire avec cet ancien affichage gravé sur la façade d'un batiment rénové jouxtant l'édifice religieux.

 

Nous quittons Corancy... un peu amers, un peu tristes, un peu silencieux... L'église Saint-Euphrône s'éloigne...

Corancy, église Saint Euphrone, route (58)

 

Il est grand temps pour nous d'entamer la seconde étape.

 

ÉTAPE 2
itinéraire 2
Carte IGN

Comme tu peux le voir, cette seconde étape va nous mener de l'église de Corancy à la chapelle de Faubouloin.

038 Le pré qui servait de tir à la cible pour le 14 JuilletNous sortons du village par le Nord pour nous arrêter à hauteur du champ qui servait de "champ de tirs à la cible" pendant les fêtes de Corancy qui avaient lieu chaque 14 juillet.

 

 

 

 

Un peu plus bas, sur la droite,
commence le Chemin des Pèlerins.
Corancy, sur le chemin du pèlerin

Le Chemin des Pèlerins, ce sont deux itinéraires allant de Vézelay à Autun ; l'un dit Ouest (160 km), l'autre dit Est (170 km). Nous sommes sur la portion Ouest passant par Château-Chinon" alors que l'Est passe par Saulieu. L'idée de ces chemins est de traverser le Parc Naturel Régional du Morvan en marchant en pleine nature. Tu pourras ainsi croiser quelques-uns des hauts lieux du parc, comme les sources guérisseuses, les chapelles, les sites gallo-romains,...

Nous commençons par une petite montée agréable avec la Forêt du Tronçay à notre gauche et celle du Chêne Joli à notre droite.

Corancy, arbre (58)

Je ne sais pas si c'est lui le chêne joli. Les arbres ont parfois d'étonnantes silhouettes, faisant penser à l'univers cinématographique de Tim Burton.
Mais il n'y a pas que des chênes jolis dans celle-ci, il y a aussi quelques champignons et beaucoup de grands et impressionnants sapins.

Corancy, forêt de grands sapins (58)

Corancy, forêt de grands sapins, champignons (58)        Corancy, forêt de grands sapins, feuillage (58)

005 Forêt sur le chemin conduisant à Faubouloin

Au carrefour de La Tannière et du bois de Faubouloin, tout se complique... enfin, bon, j'exagère...

Corancy, chemins du pèlerin (58)

Des panneaux rouges, oranges, blancs. Des marques bleues, jaunes ! La vache : couleurs automnales !
Heureusement, mon père connaît le parcours. Nous entrons dans le bois de Faubouloin pour suivre le chemin des Pèlerins.
Ici, nous entrons dans une partie "mystique" du Morvan, composée de croyances et de lieux de culte. Le sentier s'est fait plus plat lorsque nous arrivons à hauteur d'un panneau nous indiquant la direction de la première des trois fontaines de Faubouloin.

Chapelle de Faubouloin, fontaine du frêne, chemin (58)

Avant d'aller plus loin, une explication s'impose. Un panneau explicatif est là pour nous conter l'histoire de ces lieux.

"Autour de la chapelle de Faubouloin, c'est le site immédiat avec les deux antiques tilleuls qui a été inscrit à l'inventaire en 1943. Mais la dévotion et le rituel s'attachent traditionnellement aux Trois célèbres fontaines : Sainte-Marie ou Notre-Dame, Sainte-Marguerite et du Frêne. La confusion des témoignages écrits et oraux mêle quelque peu leurs vertus respectives et les pratiques observées. (...)
Dans les temps de calamités météorologiques, quand l'excès d'eau ou au contraire la sécheresse menaçaient les récoltes ou empêchaient les travaux agricoles, on venait en pèlerinage demander le changement. Et le rituel imposait, au moins pour les gens d'Anost, d'asperger copieusement leur curé au passage de la rivière, rite comparable à celui de Notre-Dame-du-Regard à la Petite Verrière, ou à l'immersion de la statue de Saint-Mamert dans le crot du Las à Saint-Hilaire. Tout cela dénotant une vieille pratique de fécondité."

Une autre légende prétend qu'en remplissant une bouteille avec les eaux de ces sources, à raison d'un tiers par source, et en faisant ensuite congeler cette bouteille, on peut y apercevoir la Vierge Marie.
Tout ceci est bien mystérieux. Nous descendons dans la direction que nous indique le panneau. Nous avançons. Et puis, caché dans un creux, orienté plein Ouest, elle est là.

LA FONTAINE DU FRÊNE
Chapelle de Faubouloin, fontaine du frêne (58)

Isolée, humble, discrète.

Bon, écoute : vu que je dis pas mal de conneries dans cette vidéo improvisée, rétablissons la vérité sur la fontaine, ou source, du Frêne.
Lisons le petit mot posé sur la croix surmontant la source.
"Tout le monde reconnaît la prééminence de la Fontaine du Frêne, vraisemblablement la plus efficace des trois fontaines, dont le seul nom ramène à l'horizon des croyances celtiques, avec culte de l'eau, de l'arbre et de la pierre. Elle est sensée guérir toutes les maladies y compris celles dédiées aux deux autres fontaines. Elle garantirait le mariage pour les jeunes filles, voire la fécondité des femmes. Il suffisait pour cela de boire l'eau et de planter une épingle ou une feuille de houx, parfois un clou, dans le frêne (celui-ci n'existe plus depuis longtemps, cela se pratique maintenant sur le chêne situé un peu plus bas que la fontaine, à gauche)."

Chapelle de Faubouloin, fontaine du frêne         Chapelle de Faubouloin, fontaine du frêne


Nous quittons la Fontaine du Frêne pour remonter en direction du sentier menant à la Chapelle de Faubouloin que nous atteignons quelques mètres plus loin.
Avant d'en faire le tour, nous continuons notre tournée des Trois fontaines en allant à présent à la Fontaine Sainte-Marie.
Pour l'atteindre, il faut emprunter une sente située sur la gauche de la chapelle de Faubouloin, puis enjamber un amoncellement de gros rochers.

022 Rochers avant d'arriver à la fontaineDans une autre région, en d'autres lieux, peut être aurait-on nommé ce chaos le ménage de la Vierge, ou les Rochers du Druide, ou le camp d'Artus, ou la grotte du diable, ou le saut de la Truite,...
Mais là non ! Pas de nom.

 

 

 

C'est après avoir passé ces rochers que nous découvrons la discrète fontaine Sainte-Marie.

LA FONTAINE SAINTE-MARIE
Chapelle de Faubouloin, source Sainte Marie

Nichée dans un autre chaos rocailleux, elle n'en est pas moins aussi mystérieuse. Sur la croix surmontant la résurgence stabilisée, un explicatif de ses vertus.
"Les mères d'enfants malades devaient consulter l'oracle (rituel d'origine païenne): si un petit vêtement, bonnet ou chemise jetée à l'eau nageait, la guérison était proche. S'il coulait, une mort rapide était certaine. L'autre vertu attribué à cette fontaine concernait la protection des animaux domestiques : les femmes devaient faire une modeste offrande, par exemple un gâteau de cire avec miel pour rappeler les abeilles en fuite ou un peu de laine pour guérir les moutons de leurs maux."

Nous repartons en direction de la chapelle. Un rayon de soleil parvient à transpercer l'épaisse couche de feuilles sur les arbres pour venir donner une étroite clarté à la mousse déposée sur les rochers.

Chapelle de Faubouloin, sous-bois, automne (58)

Nous repassons devant la chapelle pour prendre la direction de la troisième et dernière fontaine qui se situe à l'Est.


LA FONTAINE SAINTE MARGUERITE

Chapelle de Faubouloin, source Sainte Marguerite

Non, non, non : ce n'est pas la même fontaine que les deux autres, ou même que celle de Sainte-Marie. Non, non, non. Voici les vertus attribuées.
"Elle aurait, comme pour la fontaine Sainte-Marie, le pouvoir de guérir les animaux domestiques. Cependant, la dévotion envers cette fontaine serait principalement liée à sa vertu de guérir les "bitous" et les "bavous" des enfants. On ne peut oublier aussi que d'une manière générale, Sainte Marguerite passait pour assurer une heureuse délivrance aux femmes enceintes."

Chapelle de Faubouloin, source Sainte Marguerite (58)           Chapelle de Faubouloin, source Sainte Marguerite

Voilà. Ainsi se termine notre tour des fontaines de Faubouloin. Nous retournons à hauteur de la chapelle. Il est 13h14 passé. ON A FAIM !!!! Et soif ! C'est l'heure de faire une pause.

Une belle et grande table de pique-nique nous attend justement, juste à côté, sous les arbres colorés.

Chapelle de Faubouloin, table et couleurs (58)
Attention :
tour de magie !
Et hop !
Chapelle de Faubouloin, table et couleurs

Il fait beau, il fait bon, un ciel bleu limpide. Que du bonheur !

Pause apéro,
pause casse-croûte,
santé !!!!
apéro

Des feuilles qui tombent des arbres telle une neige colorée quand il y a un léger coup de vent. Que du bonheur ! Ah merde, je l'ai déjà dit... mais c'est pas grave. C'est vraiment super.

Chapelle de Faubouloin, arbre et feuilles (58)

Au menu de cette randonnée morvandelle, mon père a choisi une bonne terrine du Morvan, quelques tranches de jambon sec du Morvan, un toujours excellent fromage frais de vache, Le Nivernais, tout droit venu du Val d'Osseux ; le tout accompagné par du bon pain de la boulangerie La Miche morvandelle à Rouy et... et... non pas un Pouilly-Fumé ! Non pas un Côteaux du Gienois ! Mais un... un... Saint Émilion 2014. Oui, oui, oui, ok, d'accord, nous aurions pu rester dans le terroir nivernais-Morvan, mais non.

UNE PETITE PAUSE
C'est l'heure de...

LA QUESTION ESSENTIELLE

Aujourd'hui, profitons de cet endroit merveilleux et reposant en plein coeur du Morvan pour revenir sur une question qui m'est souvent posée par toi lectrice/teur par courrier, fax, messages Tam-tam, morse et toutikouati. Et cette question est : "Mais Jénorme, comment fais-tu pour faire d'aussi belles photos de verres apéro en toutes circonstances ?"
C'est une bonne question, bravo.

Faisons rapidement et succinctement une brève rétrospective
de quelques moments apéritifs choisis de ci de là :

Bibam, apéro (64)Bidart, apéro (64)Bidos, apéro (64)Dax, apéro (40)mont saxonnex, apéro (74)La Ciotat, apéro (13)La Pierre-Saint-Martin, apéro (64)Lourdes, apéro (6()Orthez, apéro (64)Seix, apéro (65)
apéro story mosaique
Manses, apéro (09)
Mouguerre, apéro (64)Moustiers-Sainte-Marie, apéro (84)Dantxarria__ap_ro__Espagne_Vals, apéro (09)Anglet, apéro (64)Chamonix, apéro (74)Formigal, apéro (Espagne)Huchet, apéroSare, apéro (64)

SANTÉ !!!

Alors comment arriver à un tel résultat ?... Tu me dis si je me la pète... C'est pas compliqué. Pour toi, lectrice, lecteur, voici un tuto photographique pour que réaliser en toutes circonstances de belles photos-apéro.


TUTO PHOTO-APERO

PREMIER TEMPS
Tout d'abord, il te faut choisir un bel endroit ou un lieu atypique. Par exemple, un lac de montagne, une plage de sable fin, une île paradisiaque, l'avenue des Champs-Élysées ou une cabine téléphonique (de plus en plus difficile à trouver DONC forcément atypique).

DEUXIÈME TEMPS

Aller faire les courses. Pour réaliser une belle photo apéro, il te faudra un verre   -de préférence un peu coloré ou avec un écrit dessus mentionnant ce que tu bois. Ce verre peut être déjà plein si tu n'es pas parti en randonnée et que tu te trouves simplement à la terrasse d'un bar. Si tu pars pour une randonnée en haute montagne à la recherche d'un lac perdu ou d'un sommet panoramique, il te faudra alors un sac à dos dans lequel tu disposeras ton verre accompagné d'une bouteille pleine.

TROISIÈME TEMPS

Ne pas oublier de prendre ton appareil photo. Si tu veux de suite partager la photo-apéro sur les réseaux sociaux, n'oublies pas non plus ton smartphone avec toutes les applications nécessaires. N'oublies pas non plus de bien le charger avant.

Chapelle de Faubouloin, la chapelle (58)QUATRIÈME TEMPS
Tu arrives au lieu convoité. Par exemple, ici, avec mon père, nous avons choisi la chapelle de Faubouloin.

 

 

 

 

014 Pose pique-niqueCINQUIÈME TEMPS
Tu observes bien les alentours du lieu pour choisir le meilleur angle qui mettra en avant le monument et la vue souhaités, sans pour autant négliger la notion apéritive de l'instant en plaçant dans le cadre verre et bouteille.

 

SIXIÈME TEMPS
Tu n'as plus qu'à appuyer sur le déclencheur pour immortaliser le moment.
                                              Et voilà !
                    Chapelle de Faubouloin, apéro (58)
Bon,, c'est pas le meilleur exemple de photo-apéro puisque, comme tu peux le voir, si la chapelle de Faubouloin est bien nette, la bouteille et le verre, eux, sont complètement flous. Ce qui me permet d'ajouter à ce Tuto, en conclusion : il est très important de réaliser la photo-apéro avant de boire le verre ou la bouteille.

Merci, à bientôt pour un nouveau rendez-vous tuto photo.

BON :
OÙ EN ÉTIONS-NOUS ?


L'Huis-Gaudry, Le Port-de-L'Homme, les Bruyères, Corancy, chemins des Pèlerins, les trois fontaines, chapelle de Faubouloin... Voilà : c'est ça !

LA CHAPELLE DE FAUBOULOIN
Chapelle de Faubouloin, la chapelle

Parlons un peu de cet endroit.
Son nom tout d'abord. Faubouloin, conjonction de deux mots "fau" qui veut dire "hêtre" en morvandiau et "bouloin" venant de Belenos, dieu gaulois. Et là, tu me dis : "OK, mais Belenos, qu'est-ce donc que ça veut dire ?"
Et là, je te réponds : "Fastoche. Racine "Bhel" qui signifie "brillant", "brûlant", "resplendissant", "éclatant". Du coup, Belenos est souvent associé à l'Apollon du Panthéon greco-romain. Il est également considéré comme le dieu soleil, représentant la lumière et les rayons solaires parvenant jusqu'à la surface de la terre ; également symbole de la jeunesse, du renouveau et, par extension, du printemps. Voilà. On ne va pas passer l'automne là-dessus non plus."

Chapelle de Faubouloin, girouette (58)                 Chapelle de Faubouloin, la chapelle (58)

Pendant que nous pique-niquons de ces produits locaux, mon père me raconte l'engouement qu'il y avait chaque année pour le pèlerinage. Plusieurs centaines de fidèles, habitants des alentours et autres venaient assister aux messes célébrées le lundi de Pâques et le 8 septembre, jour de la fête de la Nativité de la Vierge Marie.
Car l'histoire de la chapelle de Faubouloin est liée à la Vierge. Une des légendes raconte que des bûcherons ont découvert dans le creux d'un frêne, une statuette de la Vierge et qu'ils décidèrent de la porter à l'église de Corancy. S'apercevant le lendemain qu'elle avait disparu, les habitants du village la cherchèrent et la retrouvèrent à l'endroit où elle avait été trouvée la veille. On décida alors de l'emmener solennellement en charrette, mais l'attelage refusa d'avancer. La statue s'adossa finalement d'elle-même contre un rocher sur lequel on construisit la chapelle : la chapelle de Faubouloin devant laquelle nous nous trouvons présentement.

Chapelle de Faubouloin, chapelle et croix (58)              Chapelle de Faubouloin, la chapelle

"Une variante prétend qu'un paysan conduisait ses bêtes à travers la forêt et s'aperçut que l'une d'elles refusait d'avancer et restait immobile devant un frêne. Le paysan découvrit dans celui-ci la statue de Notre-Dame-du-Frêne. On voulut alors la déplacer dans l'église de Corancy, mais à mesure qu'on s'éloignait de l'arbre, la statue devenait si lourde que les bœufs n'ont pas pu continuer à traîner la charrette. On laissa alors la statuette dans la forêt et on construisit une chapelle à cet endroit." WIKIPEDIA

Mais il existe encore plein d'autres légendes, comme celle de l'âne de Saint Martin qui aurait bondi du sommet du Mont Fromage jusqu'au milieu de l'oppidum de Verdun situé face à la chapelle. On parle aussi de jet de marteau et autres légendes diverses citées pour la conservation des coutumes.
Pour nous situer géologiquement  -ce qui permet par la même occasion de comprendre un peu mieux la présence des trois fontaines-sources autour de la chapelle-  , reportons-nous au panneau explicatif jouxtant la chapelle.
"Perdue au milieu des bois, dans un cadre impressionnant qui oppose l'accueuillante forêt à la vallée sauvage, la chapelle se dresse sur un éperon rocheux, au terme d'un plateau faiblement ondulé entre 500 et 550 mètres. Elle domine de plus de 70 mètres la naissance de l'Oussière, à la réunion de la Montagne et de la Reinache. Juste en face, sur la commune de Lavault-de-Frétoy, s'étend un retranchement d'époque celtique, l'éperon barré de Verdun."
En ce qui concerne la chapelle, quelques mensurations : c'est un rectangle de 20 mètres sur 7 mètres, surmonté d'un toit en ardoise avec clocheton.

Chapelle de Faubouloin, la chapelle               Chapelle de Faubouloin, girouette

J'aurais bien aimé te parler de l'intérieur de l'édifice, mais la chapelle était fermée. Pour en savoir plus, il faut se reporter à nouveau au panneau explicatif.
"L'apparente régularité extérieure dissimule des différences évidentes de l'intérieur. Le secteur nord-est, qui englobe l'autel long de 6,50 mètres, est constitué de murs épais d'un mètre, avec un léger rentrant interne qui figure séparation du reste de l'édifice. Il constitue vraisemblablement la partie la plus ancienne de la chapelle. Sur la face est, une fenêtre et une porte latérale en plein cintre, avec encadrement de granit taillé ne manquent pas d'allure. Même si la chapelle est très antérieure à l'érection du maquisart de La Tournelle en 1680, il est possible que ce fut l'occasion de restaurer ou d'installer le clocheton qui fournissait le cinquième clocher du maquisart. Dans sa monographie, Jean Simon assure que l'intérieur n'était pas pavé en 1856. Il fixe à 1881 le pavage et la réfection de la toiture. A l'entrée de la partie nef, vers le choeur, une dalle ressemble fort à une ancienne pierre d'autel. un enduit de plâtre assure le plafond. On remarquera au-dessus de l'autel une statue polychrome de Notre Dame.

Chapelle de Faubouloin, entrée (58)Le reste du mur consiste en un mur épais de 60 centimètres environ, avec sur chaque côté une fenêtre plus simple, et au sud-ouest la porte principale également de plein cintre et du même type que précédemment. Elle porte la date de 1558 et fixe un remaniement important à cette époque. Même si le détail nous échappe, nous constatons que la chapelle a connu de nombreux remaniements. Ainsi un coup d'oeil permet de déceler une fenêtre murée dans le chevet, derrière l'autel."

 

 

 Il est grand temps pour nous de reprendre la route... ou plutôt les chemins.

 

 

 ÉTAPE 3
itinéraire 3 a

Pas le temps de faire une sieste sous ce tapis de feuilles colorées automnales tombant les unes après les autres. Nous reprenons le sentier. Le vin aidant, des musiques douces me viennent en tête, comme ce "Sound of Nature" extrait du dernier album de Degiheugi.

Nous redescendons tranquillement l'éperon rocheux sur lequel est posée la chapelle de Faubouloin. Dans un premier temps, nous nous trompons de chemin en prenant la direction du Fou-de-Verdun alors qu'il fallait aller du côté de Lorien.
Le Fou-de-Verdun, ce lieu-dit m'a toujours intrigué quand j'étais enfant et aujourd'hui encore. Il est grand temps de savoir  pourquoi-comment ce lieu-dit morvandiau s'appelle ainsi. Y'avait-il ici un homme revenu des champs de bataille de Verdun complètement fou ? Racontait-il des histoires insensées à ses voisins ? Ou alors était-il un habitant de ce lieu qui s'appelait autrement avant la première Guerre Mondiale et qu'il ne devienne un héros ? Cet homme avait-il été surnommé le Fou de Verdun parce qu'il avait une façon bien à lui de lutter contre l'ennemi ?
Plein de suppositions extravagantes et historiques se précipitaient dans mon esprit pour tenter d'alimenter les suppositions. Finalement, la réponse me parvint... Bon... Ah... D'accord... C'est donc ça ?... Ah... En fait, "hêtre" se dit "fou" ou "fau" en morvandiau. Donc "le Fou de Verdun", c'est tout simplement "l'hêtre de Verdun". Bon, ok ça n'explique pas pourquoi "Verdun", si ce n'est que c'est le nom de l'éperon barré. Après tout, tout à l'heure, nous avons bien traversé le "Buisson de Provence"
"Le Fou de Verdun était un hêtre (foyard, fou en patois).Baudiau parle d'un arbre de plus de 40 m de hauteur. Il a été remplacé plusieurs fois, de génération en génération. Un chêne lui a succédé en 1980. A noter en proximité l'oppidum de Verdun sur un éperon barré. Le site, en foret privée, a été occupé des le néolithique et des beaux vestiges éduens (600 av JC) substituent notamment une porte dite gauloise, fouillée par le Dr Olivier."  PATRIMOINE DU MORVAN

 
OK d'accord. Nous reprenons le bon sentier en direction de Lorien. Non loin de là (je ne donnerai pas plus de détails de localisation), nous croisons un champ de sapins de Noël du Morvan.

Lorien, sapins du Morvan (58)Ce sont ces mêmes sapins qui, dans quelques jours, quitteront leur état mi-sauvage pour être recueillis dans les différents maisons de France et de Navarre afin d'égayer salles et salons de particulier durant les fêtes de fin d'année.

 

Quels cadeaux trouveront les enfants cette année au pied de ces sapins ?
Je ne sais pas vraiment, mais je suis très surpris par le côté régressif de certains jeux...

Et j'en passe !

Des cadeaux qui laissent les vaches présentes dans le champ d'en face complètement dubitatives.

Lorien, vaches du Morvan (58)

 

Nous traversons la D294, reliant Corancy au département de la Saône-et-Loire.. ou Planchez. Un chemin assez large pour permettre aux agriculteurs locaux d'aller de champ en champ avec leurs machines nous amène directement à Lorien ; un autre lieu dit morvandiau qui n'a rien à voir avec le festival de musique celte breton.
Lorien, ce sont quelques maisons éparses, anciennes et récentes, qui se côtoient avec des architectures variées. Il y a également une importante exploitation agricole qui domine le tout du haut de la butte des Creux. Personnellement, je m'arrête devant une ancienne très grande bâtisse abandonnée. Certainement une ancienne ferme. Le lierre a recouvert ses murs et façades. En cette saison, cela lui donne quelques couleurs.

Lorien, fenêtre d'automne (58)

Lorien, feuilles sur ancienne maison (58)

 Nous ne nous attardons pas car le jour commence déjà à perdre de sa luminosité.

Oh, tiens,
deux beaux arbres accolés encore tout verts.
Lorien, champ et arbres (58)

Nous quittons Lorien pour suivre un chemin nous ramenant à un sentier que nous avions emprunté il y a deux ans. Celui-ci s'en va grimper sur les hauteurs de Châgnon d'où nous apparaît une vue panoramique sur le paysage morvandiau.

003 Paysage morvandiau depuis le haut de Châgnon

Quelques mètres plus loin, nous retrouvons cette belle cabane en bois qui m'avait tant fait rêver il y a deux ans.

Morvan, chalet

Aaaah oui, elle m'avait donné des envies de tout plaquer ! Envie de venir vivre ici, au milieu des bois et des champs en ermite. Loin du bruit, de la civilisation, du progrès, du confort facile et parfois inutile ! Et puis, finalement, voyant que je n'avais que deux barres de connexion internet sur mon smartphone, j'avais décidé de remettre ce projet à plus tard.
Aujourd'hui, octobre 2017, la cabane a quelque peu changé.

Les fougères ont envahi le champ qu'elle dominait. La porte d'entrée autrefois bloquée par une serrure épaisse est aujourd'hui ouverte. Par contre, une chose n'a pas changé : je n'ai toujours pas de réseau.

Nous continuons à suivre le sentier contournant Châgnon en passant par les hauteurs. Nous entrons dans la belle forêt du Champ long dans laquelle nous croisons encore quelques beaux champignons colorés, mais extrêmement toxiques.

Chagnon__dans_le_bois

Chagnon, champignons (58)

Après un bref passage dans le bois de mon père, nous entamons la descente vers Châgnon en traversant le bois Boulle.

004 A travers bois pour rejoindre le bois BoulleCette descente se fait par un petit sentier agréable, entièrement recouvert de feuilles mortes.
Un véritable tapis sur lequel chaque fois que nous posons un pas, nous entendons un doux crissement s'ajoutant à la sensation légère d'être en apesanteur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au sortir du bois, le bel arbre aperçu il y a deux ans est toujours là, étendant ses longues branches, presque parallèlement au sol.

Chagnon, arbres (58)

À  la recherche d'eau dans le village de Châgnon, nous tombons sur une connaissance de mon père avec lequel nous échangeons quelques mots. Et puis nous poursuivons la descente en direction du Pont Bertrand.

 


ÉTAPE 4
itinéraire 4

C'est la quatrième et dernière étape. Nous avons accéléré le pas car le jour baisse à vue d'oeil. Il n'est pas loin de 16h18 lorsque nous laissons Châgnon derrière nous.

Châgnon, panorama (58)

Nous empruntons un beau chemin de traverse protégé par de hautes haies séparant les champs. De là, nous profitons d'une belle vue sur la petite vallée creusée par l'Yonne et sur le château de Salorges.

De Rhonon au Pont Bertrand (58)

008 En descendant au Pont Bertrand

En 1504, le château de Salorges appartenait à Jean de Toussay, puis à la famille de Champs, seigneur de Saint Léger, au début du XVIIme siècle avant de devenir un ensemble abritant une colonie de vacances pour les pupilles de la Nièvre entre 1955 et 1990. Aujourd'hui, le château a été transformé en gîte par des Hollandais. En allant sur le site, on peut lire ces quelques mots, peut être mal traduits par Google :
"Beaucoup de Néerlandais veulent devenir bourgogne et vivre comme dieu en France."
Tout un programme ! J'ai rien compris.

Au bout de ce beau chemin de traverse, la route !
Une route venant de la D37 allant à Planchez. Une route qui passe par le château de Salorges. Une route qui s'en va au loin, je ne sais où, vers le sud...
Nous la quittons pour retrouver le chemin des Pèlerins sur la droite. Nous enjambons l'Yonne par le Pont Bertrand ; ce pont qui était notre repère à pique-nique en famille quand j'avais 6-14 ans. Des moments où nous nous retrouvions tous autour de grandes tables fournies de victuailles diverses pour passer tous ensemble le dimanche au bord de l'eau. Les adultes privilégiaient pétanque, belote et sieste pendant que nous, enfants, nous allions vadrouiller dans les champs et alentours à faire des barrages de fortune sur l'Yonne.

009 Traversée de l'Yonne au pont Bertrand

pont Bertrand, pique-nique a
        pont Bertrand, pique-nique

Une fois le Pont Bertrand passé, nous suivons le chemin en direction de l'Ouest.

Morvan, chemin des Pèlerins, pont Bretrand (58)

Arrivé à un carrefour, nous avons quatre choix.
Soit faire demi-tour en revenant sur nos pas, mais nous n'en voyons pas trop la nécessité.
Soit nous tournons à droite pour rejoindre la D37, mais ce n'est pas très intéressant.
Soit nous allons tout droit en direction de la chapelle de Montbois. Datée du XVIème siècle, elle est dédiée à Saint-Roch. Non, rien à voir avec le chanteur Roch Voisine, faut pas pousser non plus, mais plutôt à Saint Roch qui a consacré sa vie à soigner les pestiférés. Construite en 1588, c'est en en 1859 que le comte de Saint-Phalle, propriétaire, en fait don au diocèse. Et le comte de Saint-Phalle  -tu l'auras peut être compris-  était le grand-père de l'artiste Niki de Saint-Phalle dont on peut voir la magnifique fontaine à Château-Chinon.

Et justement, puisque nous parlons de Château-Chinon, c'est finalement la quatrième possibilité que nous choisissons en nous aventurant sur le sentier de gauche qui nous permettra de nous rapprocher de la capitale morvandelle. Nous retrouvons les paysages déjà rencontrés il y a deux ans, comme cette ancienne maison dont la nature se réapproprie un peu plus chaque jour les murs.

Maison Neuve, ruine (58)

Après avoir passé les travaux sur l'Yonne, nous suivons ce que j'appelle le "chemin canal", tout simplement parce que le chemin est longé par une sorte de canal artificiel et peu large, qui permettait de faire écouler une partie des eaux de l'Yonne vers les usines Morvan.

Maison Neuve, canal (58)

L'usine a hélas disparu depuis bien longtemps. reste ce "canal" dans lequel aujourd'hui viennent se refléter les couleurs automnales dans cet endroit dorénavant bien gris.

Pont d'Yonne, canal et reflet (58)

 
Notre randonnée se termine. Il est 17h32. Nous sommes arrivés aux Moulins d'Yonne, autrefois moulin à farine, puis entreprise de broyage de pneus, puis manufacture de caoutchouc, puis site de thermoplastie avant d'héberger aujourd'hui quelques PME.

016 Arrivée au Pont d'Yonne à17h15

Les jambes un peu lourdes, mais en forme après plus de 23 kilomètres sur les routes, chemins et sentiers morvandiaux.