Pour ces derniers jours passés en Nièvre, je n'ai pu m'empêcher de me rendre sur un de ces lieux mythiques qui fait l'Histoire d'une région, d'un département, d'une ville.
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

 

Après avoir englouti quelques consistantes râpées confectionnées par Mamie Nine, l'heure était venue de se demander où j'allais bien pouvoir me rendre par cet après-midi nuageuse.
Hein ? Quoi ? Pardon ? Qu'est-ce que c'est la râpée ? Comment ? Tu ne sais pas ce que c'est que la râpée ???? Aaaaah, tu ne peux pas rester comme ça ! Il faut que tu saches !!!
Il est donc grand temps de retrouver notre grande et belle émission culinaire : "Cuisinons".
Oui, je sais, c'est un peu simple comme titre, mais j'ai cherché pendant plus de trois heures quelque chose de drôle et/ou sympathique, et/ou poétique, et/ou instructif ; mais je n'ai pas trouvé.

                         CUISINONS
Aujourd'hui : la râpée.
Sache tout d'abord que la râpée se présente comme une sorte de galette de pommes de terre revenue à la poêle. Elle est plus ou moins fine ou épaisse, pouvant contenir ou non des œufs. Et là, déjà, tu me dis : "Ouais, on met c'qu'on veut quoi ?!" Et moi, je te réponds : "Oh Eh : tu t'détends !".
Maintenant, situons géographiquement la râpée.
Eh bien, elle est originaire de Saint-Etienne et du Morvan ; ce qui, convenons-en, n'est pas du tout pareil. Par exemple, si tu as rendez-vous chez le coiffeur à Saint-Etienne et que tu arrives à Glux-en-Glenne (petit village se trouvant au coeur du parc régional du Morvan), c'est mal barré pour ton brushing ; surtout si tu t'y rends le lundi car, rappelons-le, tous les coiffeurs de Glux-en-Glenne sont fermés ce jour-là. Après, tout n'est pas perdu car Glux-en-Glenne a plus d'un tour dans son sac et peut te proposer de participer à la Fête de la Myrtille qui a lieu chaque année au mois d'août. DONC si nous résumons la situation, si tu prends rendez-vous chez le coiffeur à Saint-Etienne, choisis plutôt un rendez-vous au mois d'août afin d'assister à la fête de la Myrtille de Glux-en-Glenne. Je n'ai absolument rien compris à ce que je viens d'écrire revenons à la râpée !
Nous trouvons des dérivés de la râpée en Ardèche avec la crique -qui n'a rien à voir avec cette petite baie protégée dans laquelle viennent les bateaux pour se protéger du vent. En Savoie, elle est appelée Matefaim. Dans le Jura, c'est la Matafan et en Alsace, le rösti.
Allez maintenant, on accélère car cette recette est trop longue !
Pour préparer une bonne râpée morvandelle, il te faut des oeufs, du sel, du poivre, de la farine, de l'huile et, bien évidemment, des pommes de terre. Tu prends les pommes de terre, tu en fais une chapelure fine en les râpant. À cet ensemble, tu ajoutes de la farine et des oeufs que tu auras au préalable soigneusement cassés pour en récupérer le jaune et le blanc. Tu fais chauffer ensuite une poêle dans laquelle tu verses quelques gouttes d'huile. Tu verses quelques grammes de mixture pommes de terre-oeuf dans l'huile bien chaude. Tu fais chauffer. Tu retournes. Tu fais chauffer. Tu sers. Voilà, c'est fin prêt, tu n'as plus qu'à servir.

IMG_20171227_130940

Merci. À bientôt.

 

DONC après avoir enveloppé quelques bonnes râpées confectionnées par Mamie Nine, l'heure était venue de se demander où j'allais bien pouvoir me rendre par cet après-midi nuageuse nivernaise.

Car la Nièvre,
ce n'est pas que de la râpée !
C'est aussi :

 


Un mot prononcé un soir de novembre 2017 par L., une amie dont je tairai le prénom afin de ne pas parler de sa non-passion pour Roy Orbison, me mettait soudainement sur la route. Je m'en souviens comme si c'était hier, il y a un an, il y a un siècle, il y a une éternité. Elle était là dans sa robe de Marie-Laurencin un peu comme celle-ci qui n'atteindra jamais la dune qui était tout simplement la notre lalala lalalalalalalala lalalalalalalalalalalalalalala la.
Elle avait dit ce jour là, vers 20h54 environ, le mot "route".Oui, c'est ça, "route", le mot ; un mot qui était venu se placer parmi d'autres mots qui, une fois mis les uns à côté des autres, donnèrent une phrase qui parlait de je-ne-sais-plus-quoi. Peut être de voyage, de périple, d'accident, de cinéma, de vitesse, de mythe. HOP, second mot lancé ! Route, mythe. Addition : route mythique. Oui, enfin, je commençais à voir une perspective de périple pour ce dernier jour en Nièvre.

Je suis actuellement à Château-Chinon, capitale du Morvan. Route, mythe, route mythique. Oublions la célèbre Route 66. Oublions la Carretera Austral, la Pacific Coast Highway, la Transcanadienne, la Transamazonienne, la Route de l'Aigle et des Trolls, la Hringvegur, la Route de la Soie, la Golden Route japonaise, la Great Ocean Road,... Oui, toutes ces routes mythiques du monde étaient bien trop loin du Morvan.
Où pourrais-je trouver une route mythique à proximité ? Il y a bien la Nationale 7, fameuse Route bleue des congés payés reliant Paris à Menton, mais bon...
Route, mythe, Morvan.
Soudain, un autre éclair inconscient surgit dans mon esprit pour devenir titre : "Grande vadrouille". Nous y sommes : route mythique de La Grande vadrouille.
Tout y est ! Hein ? Mais si !
J'ai souvenir que certaines scènes de ce film français réalisé en 1966 par Gérard Oury avaient été tournés en Bourgogne. Dijon, Meursault, Beaune, La Rochepot pour la Côte d'Or. Vézelay, Lichères-sur-Yonne, Noyer-sur-Serein, Asquins, Pierre-Perthuis pour l'Yonne. Mais aussi Pouques-Lormes pour la Nièvre.
Oui, c'est non loin du village de Pouques-Lormes que fut tournée une des scènes mythiques du film qui a pour lieu une route. Je le sais car je l'avais cherchée partout lorsque j'étais sur les hauteurs de la ville de Beaune. Et puis, désespéré, j'avais décidé de me rendre sur un site internet pour avoir le lieu précis de cette route. C'est là, au milieu des vignes automnales que je découvris que la route que je cherchais ne se trouvait pas du tout en Côte d'Or, mais dans la Nièvre. Je m'étais alors fait la promesse à moi-même de m'y rendre un jour. Je crois que ce jour est arrivé.

Allons à Pouques-Lormes !

 

Bon, on ne racontera pas le scénario de La grande vadrouille, tout le monde le connaît. Mais si !
À combien de kilomètres Pouques-Lormes pouvait-il bien se trouver de Château-Chinon ? Un rapide regard sur la carte. 42 kilomètres. Banco !
Qu'est-ce qui est dit sur ce lieu ? Pas grand chose, hormis que 162 personnes y résidaient en 2015 alors qu'ils étaient 950 en 1831. Pourquoi une telle fuite démographique ? C'est une bonne question, mais ce n'est pas notre sujet.
Revenons à La grande Vadrouille.

TOUT DE SUITE,
LA BANDE ANNONCE !

Le lieu précis recherché aujourd'hui se trouve pratiquement à hauteur du domaine de Drémont sur la route Départementale 958.

Je quitte Mamie Nine et Château-Chinon pour prendre la direction de notre objectif mythique. Mais si, c'est mythique !!!
Dans le poste-radio-CD, du Bourvil !


Je profite des villages et paysages défilant pour faire un point Grande Vadrouille.

   QUELQUES CHIFFRES
La grande vadrouille, c'est 17 millions de spectateurs lors de sa première exploitation cinématographique entre 1966 et 1975. Il restera ainsi le film pendant plus de trente ans le deuxième meilleur score du box-office français toutes nationalités confondues, juste derrière Blanche-Neige et les 7 nains et devant Autant en emporte le vent. Il sera dépassé par Titanic en 1998, puis par Bienvenue chez les Ch'tis et Intouchables.
Tu vois, déjà là, ça sent le mythe.
Le tournage a débuté le 16 mai 1966 et s'est déroulé sur dix-sept semaines. Le budget du film était de 14 millions de francs, ce qui en faisait alors le film français le plus cher à l'époque.
Le 20 décembre 2009, pour sa 15ème diffusion sur TF1, le film a rassemblé plus de 9 millions de téléspectateurs pour 33 % de part de marché, ce qui fait de lui le film le plus vu à la télévision en France pour l'année 2009

  DES ANECDOTES (avec Wikipedia)
- C'est le second film que tournent De Funès et Bourvil avec Gérard Oury, après Le corniaud (1965). Ce sera également le dernier puisque Bourvil décèdera avant le tournage de La folie des grandeurs (1970) et sera remplacé par Yves Montand.
- Il est encore possible de voir les carcasses des voitures ayant servi à la cascade finale avec les planeurs en bas de la falaise du truc de Balduc situé au nord-est de l'aérodrome de Mende - Brenoux.
- À l'origine, il était question pour Gérard Oury de terminer le film avec une scène dans laquelle Bourvil et Louis de Funès traversent en ski les Pyrénées dans le but de rejoindre l'Espagne. Mais cette idée a été abandonnée car trop chère du fait de la neige. Cela étant, la scène avec les planeurs, qui a été retenue, a tout de même été réalisée pour un coût élevé.
- La scène durant laquelle Louis de Funès se retrouve sur les épaules de Bourvil et est baladé par celui-ci n'était pas prévue à l'origine dans le scénario et était de la pure improvisation des deux acteurs. En effet, au départ, Louis de Funès devait escalader le mur et devait ensuite tomber sur Bourvil jusqu'au sol. Pour cela il était prévu une doublure pour De Funès. La scène eut tant de succès qu'elle servit pour la réalisation de l'affiche du film, et est aujourd'hui considérée comme une des plus grandes scènes du cinéma comique français.
- Lors de la poursuite entre les Allemands et les héros, le motard qui reçoit la citrouille et chute n'est autre que Rémy Julienne, l'un des cascadeurs du film.

 

Après avoir traversé une belle partie du Morvan en passant non loin du lac de Pannecière, du village de Mhère dominé par la chapelle du Banquet et de la ville de Lormes peint plusieurs fois par le peintre Corot, j'arrive sur la Départementale 958, à hauteur du domaine de Drémont.
C'est ici que fut tourné une des scènes mythiques du film La Grande vadrouille. Oui, je le répète au cas où certaines lectrices/certains lecteurs nous prendraient en cours de route.

SAURAS-TU RECONNAÎTRE CETTE SCÈNE ?
Jénorme est sur la D958, la grande Vadrouille, Pouques-Lormes (58)

Pouques-Lormes, La Grande vadrouille, D958 (58)           Pouques-Lormes, La Grande vadrouille, D958

Hein ? Hein ? Hein ? Tu vois ? T'as trouvé ? C'est facile !

Un indice :
chaussures

Ooooohhhh, eh : fastoche !!!! Non ?
Bon allez, ça suffit maintenant !

Tout de suite,
la réponse en images.


Eh oui, si ça c'est pas du lieu mythique ?! Hein ! Regardons la scène.


Bonne année à toutes et à tous.
À bientôt pour de nouvelles aventures, de nouvelles rencontres et de nouveaux lieux mythiques.