Lors de notre précédent billet, nous avons inauguré une nouvelle série baptisée "Que faire quand il pleut depuis six mois ?" ; et -il faut bien l'dire-  ce n'est pas pour cela que cela s'est arrêté puisqu'il continue de pleuvoir comme vache qui pisse ! Alors que faire ?
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

 

La fois précédente, c'est sous un déluge appelé plus communément Chourre dans le Pays Basque que nous nous étions rendus à l'Aquarium du Musée de la Mer de Biarritz. C'était bien, c'était chouette, détendu, tranquille, ça va toi ?, on était au sec, bravo, merci !
Mais on ne va pas y aller à chaque fois qu'il pleut !!! Surtout à 15 boules la place !

Alors que faire ?
Déjà, vérifions dehors... Ouais Ok, aujourd'hui, il pleut... encore ! Toujours ! C'est comme ça, c'est pénible, on n'y peut rien, voilà !
Mais qu'est-ce qu'on fait alors ?!

Eh bien, cette fois-ci, rien à voir par rapport à l'autre jour.
Cette fois-ci, nous n'allons pas trouver un, mais plusieurs endroits au sec.

 

DANS UN PREMIER TEMPS,
JE TE PROPOSE DE REGARDER
LE PARIS-ROUBAIX

CHEZ TOI, DEVANT TA TELE !
Mouguerre, Paris-canapé-tonnerre de Brest-Roubaix (64)

Oui, oui, oui, pas de problème tu peux accompagner le visionnage de cette course mythique surnommée "L'enfer du Nord" d'un bon plateau de fruits de mer, de quelques huîtres, ainsi qu'un petit Muscadet bien frais ; le tout en faisant sécher ta combinaison de surf au-dessus des prises électriques.
Signalons au passage qu'aucun poisson et crustacé de l'Aquarium de la mer du musée de Biarritz n'a été emprunté pour concevoir ce plateau.
Tout en dégustant ces différents produits marins, je me suis remémoré quelques moments passés en rapport avec le cyclisme. J'aurais pu me souvenir des cyclorandonnées que je faisais avec mes parents dans le Morvan pour "Les grimpés de Château-Chinon" ou la traversée des vignobles cosnois lors de l'automnal "Rallye des vignobles", mais vu que je suis face aux images du Paris-Roubaix, je me suis naturellement souvenu de cette course à laquelle j'avais participé en tant que suiveur en 2003.
C'était au temps où je travaillais pour l'entreprise Time, entreprise nivernaise (autrefois) qui conçoit des équipements cyclistes. En 2003, l'entreprise équipait notamment l'équipe QuickStep ; ce qui m'avait permis de manger non loin des coureurs et de dormir dans le même hôtel.
Tout le staff avait misé sur une quatrième victoire de Johan Museeuw, mais moi, j'étais allé à la rencontre d'un tout nouveau venu dans la formation bleue, croisé là sur le parking aménagé alors en terrain d'entrainement. C'était Frank Vandenbroucke, surnommé "VDB", "Bimbo", puis "l'enfant terrible du cyclisme belge" en raison de ses frasques.

FRANK VANDENBROUCKE
VDB Jénorme

Né en 1974 à Mouscron, il était devenu professionnel en 1993. Des succès obtenus jeune (Paris-Nice et Liège-Bastogne-Liège) en faisaient un grand espoir du cyclisme mondial. Malheureusement, le sort et la vie en décidèrent autrement.
Tout n'avait déjà pas très bien commencé pour le futur coureur belge.
"En effet, alors âgé de 4 ans, il assiste devant chez lui à Ploegsteert à un rallye automobile et lors des reconnaissances, un concurrent sort de la route et vient faucher le gamin lui brisant littéralement le genou gauche. Il subira quatre opérations pour reconstruire l’articulation et en gardera une séquelle à vie en ayant un fémur plus de 17 millimètres. Résultat, Frank Vandenbroucke doit composer au début de sa carrière pro avec des douleurs bien connues de ceux qui souffrent d’un syndrome rotulien, une périostite." LE DÉRAILLEUR
Plus tard, en 1998, les médecins trouveront que le problème venait surtout d'un muscle et du tendon rotulien ; ce qui amena VDB à centrer sa musculation sur le quadriceps pour désormais être efficace en toutes circonstances.
Il passe deux bonnes années en 1998 et 1999 avec de beaux succès, mais tout se gâte ensuite.

Le 27 février 2002 -soit un an après la photo ci-dessus-, de nombreux produits prohibés (EPO, Morphine, clenbuterol...) sont découverts à son domicile. Durant son interrogatoire, il avait prétendu que le clenbuterol était destiné à son chien... Bon... Pourquoi pas... On sait que le clenbuterol est à l'origine un produit d'usage vétérinaire, certes, mais qu'il améliore aussi la respiration et renforce la masse musculaire. En outre, il peut servir à "masquer" un autre produit dopant.
VDB est suspendu, puis exclu de son équipe Domo-Farm Frites dirigée par Patrick Lefévère qu'il retrouve pourtant l'année d'après à la QuickStep.

Étrange carrière parsemée de changements d'équipes, de contrôles positifs, de suspensions, de retours manqués, de démissions. Il croyait une fois de plus revenir au plus haut niveau en 2003 lorsque cette photo a été prise la veille du départ de Paris-Roubaix. Mais il changera à nouveau d'équipe l'année d'après.
En 2005, il fait de nouveau parler de lui en participant à une épreuve cyclosportive italienne, pour laquelle il présente une fausse licence au nom de Francesco Del Ponte, munie d'une photo de Tom Boonen. Le 6 juin, il tente de se suicider, puis reprend l'entrainement, participe à plusieurs critériums avec succès, mais ne peut s'engager sur les grandes compétitions, suite à son passé tumultueux. En janvier 2009, il est entendu dans le cadre d'une affaire de trafic de cocaïne dont il niera son implication.
Le mal-être ne le quitte pas, notamment avec le
départ de Sara son épouse, partie avec sa fille Margaux (demi-sœur de Cameron, née de l’idylle vécue avec son amour de jeunesse, Clothilde Menu) pour échapper à celui dont elle ne peut plus supporter le comportement, troublé par la consommation selon elle de cocaïne, d’amphétamines ou de somnifère raconte alors la presse de l’époque.
La descente aux enfers prend le 12 octobre 2009, dans une chambre d’hôtel à Saly Portudal, au Sénégal où une double embolie pulmonaire emporte Frank Vandenbroucke à 34 ans. Une fin tragique qui n’est pas sans rappeler celle de Marco Pantani, quatre ans plus tôt.

VDB ne gagna pas ce Paris-Roubaix 2003, ni Museeuw.

 

ATTENTION : le Paris-Roubaix 2018 se termine avec la victoire de Peter Saganne. Il n'est pas loin de 17h30.
Petite digestion, sieste, apéro et puis... un regard par la fenêtre pour constater qu'il fait encore jour et que... que... que... il pleut toujours !
C'est parti pour la seconde activité Spécial il pleut depuis six mois !

 

DANS UN SECOND TEMPS,
JE TE PROPOSE D'ALLER
À L'ATABAL
!

Biarritz, L'Atabal, Fakear, insta

L'Atabal, très bonne salle de concert biarrote ! En même temps, c'est la seule de la région basque française, mais, qui plus est, possède une étonnante programmation avec un bon bar, un bon son et une salle de concert agréable ; tout ceci à des prix super abordables ! Alors merde : faut y aller !!!!

Ce soir là, dimanche 8 avril 2018, à 20h30, c'est Fakear qui se produit.
Tu ne connais pas Fakear ? Pas de soucis. Rien à voir avec un fakir, du genre un chanteur-musicien qui passerait deux heures sur une scène jonchée de clous pointus.
Petit historique rapide de l'artiste du jour..

 

FAKEAR
Biarritz, L'Atabal, Fakear, insta (64)

Fakear se prénomme en fait Théo Le Vigoureux.
Son nom de scène, Fakear construit à partir de l'anglais fake ear, en français "fausse oreille", "fausse musique" peut ainsi ramener à la notion musicale (destructurée-structurée), mais aussi au voyage car où trouve-t-on les fakirs ? Hein ? Hein ? Oui, c'est vrai, on n'en voit plus beaucoup, mais sinon ? Où se produisaient-ils ? Dans quel pays ? Oui, tout à fait, bien joué, bonne réponse, sur le sous-continent indien, très bien. Mais savais-tu que le mot fakir signifie pauvre en arabe ? C'est dans le monde occidental -où il n'y a pas de fakir-  que ce mot a pris d'autres significations. En Occident, le fakir peut désigner des individus qui réalisent des actes semblant magiques ou surhumains. Ainsi, dans l'imaginaire occidental, ils sont communément associés aux planches à clous, à la lévitation et, parfois, au charme de serpents. Intrigante transformation, non ?

Revenons à Fakear !

Il est né le 13 mai 1991 à Caen ; ce qui en fait un taureau normand. Et que nous dit l'horoscope du Gorafi pour les taureaux cette semaine ?

TAUREAU 
Humeur : Suite à un choc à la tête, vous oublierez tous vos mots de passe. La tuile.
Amour : Vous vous rendrez compte que vous adorez les livres de Marc Levy et Guillaume Musso. Ce sera votre "petit secret".
Santé : Des pompiers feront des pompes juste devant chez vous pour vous énerver. Ils feront des séries de 100 en soufflant très fort.
Travail : Vous quitterez tout pour vous occuper à plein temps de la coupe de cheveux d’Eddy de Pretto. Il vous paiera au smic.

Très bien.
Et à part ça ?

Fakear Le Vigoureux a été élevé dans la musique par ses parents, professeurs de musique.
"À la maison, on entendait un peu de tout : du classique, du jazz, Supertramp, Deep Forest. C'était très ouvert. Ce sont des parents rock ; beaucoup plus rocks qu'autre chose, mais après qui ont une culture musicale aussi académique de part leur statut professionnel. J'ai donc baigné dans un mélange entre Bach et Frank Zappa, (...) La première claque musicale durant mon enfance, je pense que cela a été Deep Forest. Et puis Dire Straits aussi, à 5 ans, je voulais une guitare comme eux. Et puis après, comme tout le monde, j'ai grandi. J'ai eu ma phase Nirvana parce que j'étais très rock à la base. Et puis, celle qui m'a vraiment mis à l'electro, c'est Bonobo, Ninja Tune et tout le label avec aussi RJD2. On a animé une émission-radio pendant deux ans avec Gabriel Legeleux. On parlait d'électro. J'étais alors très branché Massive Attack, Archive, Portishead, Radiohead à l'époque. Plus trip-hop. C'est ce qui nous a amené la culture du sample avec ce mélange de guitare presque western avec des basses très profondes et un chant incroyable." FAKEAR, Session Qobuz

Il fait des études de musicologie, mais n'ira pas au Conservatoire, contrairement à ses amis de l'époque. Il apprend à jouer à de nombreux instruments, dont le saxophone, la guitare, le piano, etc. Au lycée Malherbe de Caen, il forme un groupe de ska punk avec cinq de ses amis dont Gabriel Legeleux qui prendra le nom de scène de Superpoze pour sa carrière solo. Il commence réellement l'électro en 2010.
"Pendant deux ans, j'ai fait de la musique pour moi dans ma chambre. Et puis, le premier qui m'a initié à la scène, c'est Gabriel . Il m'a mis un Pad dans les mains en me disant "Regarde, c'est trop cool, c'est pas cher, c'est pratique et en live, c'est aussi impressionnant." Mon premier concert s'est passé dans un bar à Lille, en première partie de Superpoze." FAKEAR, Session Qobuz

Fakear est révélé à la mi-2013 en se produisant au Cargö, une salle de concert de Caen, après avoir quitté son groupe pour composer en solo.
Son nom de scène, Fakear fait ainsi également référence à cette période de transition entre musique rock et musique électronique durant laquelle il cherche sa voie.

Biarritz, L'Atabal, Fakear       Biarritz, L'Atabal, FakearBiarritz, L'Atabal, Fakear       Biarritz, L'Atabal, Fakear
Photos prises lors du concert à L'Atabal

Sa marque de fabrique ?
"Des sons planants, des samples qui relient l'Orient et l'Occident avec des voix féminines envoûtantes. Dans mes morceaux, il y a des jardins japonais, des montagnes islandaises, la savane africaine, des échappées bollywoodiennes, des ruines syriennes,..."

En écoutant cette chanson, certains d'entre vous ont peut être cru reconnaître une voix prononçant les mots "Mimi Mathy" ? Oui, non ? En tout cas, c'est le cas pour ce youTubeur qui a repris la Lune Rousse avec d'autres images : Mimi Mathy version.

Cela nous permet de nous interroger sur les voix entendues sur différents titres de l'artiste.

"Ce que j'aime sur scène, voir les gens sourire
et sentir les vibrations des basses dans mon corps."
Biarritz, L'Atabal, Fakear (64)
               Biarritz, L'Atabal, Fakear

Son premier album, Animal, sort en 2016 après plusieurs EP qui font partie de l'album. On retrouve notamment "La lune rousse", "Silver", "De la Luz",...
L'artiste accorde beaucoup d'importance aux voix.
"Ce sont mes racines un peu pop-rock qui reviennent. Pour moi, la voix doit occuper la place un peu lead du truc. J'ai toujours besoin d'entendre une voix. J'ai réalisé petit à petit que ce n'était pas tant les paroles qui étaient importantes, mais plus le fait d'entendre une voix. C'est pour cela que mon premier album s'appelle Animal, c'est parce que la voix est utilisée en tant que cri de l'animal humain, mais pas en tant qu'outil de communication comme on a l'habitude de l'entendre. On retrouve tout de même quelques featuring, mais j'aime bien me limiter à cela. J'ai pas envie que dans ma musique il y ait des mots que l'on puisse distinguer comme tels. C'est pour cela que je prends plus des voix exotiques." FAKEAR, Session Qobuz

 

Tout de suite,
un premier extrait du concert
avec Animal !

 

Comme tu peux le voir sur les photos et les vidéos du concert, Fakear n'est pas seul sur scène. Il est accompagné par un guitariste-bassiste, un synthé, une batterie et une harpiste. Même s'il est solitaire, il lui arrive de travailler ses compositions avec d'autres artistes ; ce que l'on appelle les featuring.
"Pour les featuring, cela a été un concours de circonstances. Andreya Triana, cela faisait un bout de temps que j'admirais son travail, notamment grâce à Bonobo. Je lui ai remixé un track, du coup, elle est venue en studio comme ça et on a fait un morceau. Elle a posé sa voix dessus et je ne l'ai plus jamais revue. Avec Rae Morris, nous avons le même manager anglais, c'est lui qui a provoqué la rencontre, on a fait trois chansons, dont Silver, en un jour et c'était très intense. (...) Pour moi, les featuring, c'est cela : une rencontre humaine. Je n'ai pas envie de travailler avec quelqu'un avec qui je ne m'entends pas... c'est rigolo comme expression."  FAKEAR, Session Qobuz


Second extrait du concert

avec Silver.


D'où vient ce son à part ? Comment compose-t-il ?
"Avec des gens comme Superpoze et Thylacine , nous avons pas grandi avec la culture club ou la culture French Touch. On vient du rock, de la pop, du jazz. Ce n'est pas le fait de faire danser les gens qui nous intéressent en produisant, mais nous avons plutôt envie de susciter une émotion. Pour ma part, c'est d'avantage de faire voyager les gens parce que c'est ce qui me touche dans une oeuvre d'art en général."  FAKEAR, Session Qobuz

Biarritz, L'Atabal, Fakear, insta           Biarritz, L'Atabal, Fakear, insta

Depuis 2017, il vit dans les montagnes suisses, ayant quitté Paris pour vivre avec son amie suisse qui y poursuit des études. Ayant, selon ses propres termes au micro de radio Nova, la chance de pouvoir travailler de n'importe où, il s'est aménagé un studio à domicile.
"Pour moi, on n'est pas du tout fait pour vivre dans le béton.  Je le redis, ce qui me touche dans une oeuvre d'art, c'est de voyager, de prendre quelqu'un quelque part et de le ramener. C'est ma petite définition de l'art à moi, perso. D'ailleurs, l'alvbum Animal parle de cette transition alors que je quittais Paris pour aller vivre en Suisse. Naturellement, je pense que cela se ressent dans l'album car cela m'a fait un bien fou de redécouvrir les grands espaces, le fait d'être seul, le fait d'être face à la nature vraiment et de quitter cette agitation parisienne permanente. (...)
Quand je compose, je ne visualise pas trop ma musique, mais je suis dans une sorte de conception, un peu comme pour un tableau. La peinture d'un paysage avec le ciel d'une teinte différente, et puis après, je fais plan par plan. Premier plan, second plan, arrière plan. Il faut qu'il se passe des trucs dans chaque partie, il faut que ce soit riche."  FAKEAR, Session Qobuz

 

Allez, on se quitte
avec un dernier extrait
du concert :
Out of Reach


C'était très bien, très beau, envoûtant. Même s'il pleuvait dehors.

Maintenant, je sais ce que tu vas me dire : "C'est bien sympa tes activités, mais comment on fait quand il n'y a pas le Paris-Roubaix à la télé et que Fakear ne passe pas à proximité de notre ville ?"
Je te répondrai simplement, tranquillement, avec le plus grand sérieux : "Attends de voir le prochain épisode de notre série "Que faire quand il flotte depuis six mois, partie 3".".

Voilà !