Non, il ne s'agit pas d'une expression du style "Noël au balcon, Pâques au tison"ou "Chose promise, chose due" ou "Une de perdue, dix de retournées". C'est juste que je ne savais pas comment titrer ce nouveau billet qui s'en va parler succinctement d'une journée de mars où je me suis tour à tour rendu sur la belle plage de Ondres, dans les Landes ; puis à la salle de concert de l'Atabal pour voir le concert de Bertrand Belin.
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

 

La plage d'Ondres est belle. Sable fin, grand espace, propre. Vue sur le phare de Biarritz au loin dans la brume océanique du sud. Un lieu où il fait bon se promener en mars avec un seau pour ramasser toutes les merdes plastiques laissées par les humains de ci de là, et rejetées par l'océan. Puis, entre deux morceaux de plastique glanés, on fait une pause, on regarde l'horizon et le ciel.


Ondres, la plage, Nisca et ciel (40)Nisca sur plage des 1000 pas
au soleil nuageux.

Ondres, Nisca sur la plage, mars (40)

Ondres, plage et ciel de mars

 

 

Fin de journée. Début de soirée. Rendez-vous à L'Atabal, à Biarritz, pour assister au concert de Bertrand Belin.
Son sixième album, "Persona", est sorti il y a quelques jours. Quelques chansons ont été choisies comme présentation à la radio ou lors de ses venues à la télévision. C'est le cas de "Sur le cul"...

C'est un chanteur-auteur-compositeur-écrivain-acteur singulier, né le 7 décembre 1970 à Quiberon pour certains, et à Auray pour d'autres (?). Une voix monocorde de prime abord. Des mélodies lentes, lancinantes. Il y a quelque chose de drôle et de triste à la fois, mais difficile à expliquer. Des paroles décalées, liées à une musique parfois envolée.
Je peine à écouter l'album ; peut être justement à cause de cette voix monocorde qui, pourtant, attire et intrigue ; "une caverne de velours" pour France Inter.
"Une diction qui détache, découpe les mots en métaphores illuminées, en ellipses de lune... La musique elle, coule comme de l’eau. En filet, en torrent, en cascade… Une pluie de cordes. Un tempo souvent lent. Des arrangements épurés au service d’une production élégante et minimale." MURIELLE PEREZ

J'ai donc lu quelques critiques ici et là pour tenter de comprendre et dépasser mon appréhension. Celle qui a le plus retenue mon attention est celle rédigée par Valérie Lehoux pour Télérama. Extraits.

"(...) Depuis quinze ans qu’il chante en solo, Bertrand Belin cultive l’art du mystère. Ou plutôt : celui de la rareté. Ses textes elliptiques sont pleins de suggestions et de références supposées ; anticommerciaux, et souvent difficiles d’accès. Ses compositions, portées par des tempos lents et métronomiques, affichent une permanente économie d’effets, batteries claires, guitares fines, qui laissent respirer les silences — sans pour autant céder au minimalisme branché des années 1990. Enfin son chant et son phrasé, nourris d’une voix grave et solennelle, détachent soigneusement chaque mot, voire chaque syllabe — on a souvent pointé sa proximité avec Bashung ; il préfère revendiquer celle de l’Américain Bill Callahan. Et pour quoi, au final ? Des chansons qui ressemblent à des rébus, esquisses en pointillé nous laissant le soin de finir nous-mêmes le tableau. De relier les points entre eux, un peu à la manière de ces dessins d’enfants qu’on trouve dans les cahiers de jeux ; si ce n’est qu’ici le chemin n’est pas fléché et que toutes les variations sont possibles.

Bertrand Belin, l'Atabal, mars 2019

Ce sixième album ne le fera pas rentrer dans le rang. Pourtant, il s’avère plus accessible que les précédents. Est-ce parce qu’en parallèle de son activité de chanteur Bertrand Belin s’adonne de plus en plus à l’écriture romanesque ? Ici, il suggère en tout cas ses décors par des détails qui ne trompent personne. Un monument aux morts : "Guerre gagnée/Mémoires honorées/Lion de pierre/De bronze" (Bronze) ; un quartier froid dans sa fausse modernité : « Dans un coin d’architecture manqué/Un méandre de la cité» (Choses nouvelles). Sans crainte, il use de la répétition pour signifier l’automatisation. "Toute une journée j’ai travaillé/Toute une nuit j’ai travaillé/Toute une vie j’ai travaillé/Dans un travail" (Camarade). Et opte pour une prose digne d’un scénario, afin d’imposer l’enjeu de sa dramaturgie. "En rang/Dès le matin/Les efforts sont déjà fournis/L’électricité et l’essence/Sont utiles à la bonne marche du pays" (En rang [Euclide]).

Bertrand Belin, l'Atabal, mars 2019 (64)             Bertrand Belin, l'Atabal, mars 2019

Chacune de ses nouvelles chansons devient alors la pièce d’un puzzle. (...) Belin n’est pas pop ; trop évanescent et dérangeant pour cela. Il n’est pas rock ; rien, chez lui, ne joue sur l’énergie, la spontanéité ou la rage. Il n’appartient pas non plus à ce qu’on appelle la chanson à texte, à l’ambition poétique mais au propos immédiat et limpide. Il est ailleurs. (...)" Valérie Lehoux pour TELERAMA

Bon... Je comprends mieux pourquoi je comprends moins.
Il n'est pas loin de 22 heures. Le concert commence. Tranquille. Quelques extraits avec, pour commencer le concert, la chanson "Glissé redressé". Puis, un peu plus tard, la belle interprétation de "Folle, folle, folle", morceau extrait de son précédent album "Cap Waller" (2015). Puis une ode à l'amour improvisée entre deux chansons, avant de terminer avec le dernier morceau du concert en rappel "La chaleur".