Eh hein, hein, hein... T'as vu le jeu de mots là ?! Dans le titre... Iparla, par là ! PAF ! Fastoche ! Hein, alors, ah, ah.
Encore faut-il savoir ce qu'est Iparla.

Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

 

Ohlalalala, j'en ai marre de ces histoires répétées de brexit repoussé, Thérèsa May tout ça, gnagnagna dans l'Europe ou pas ! Fait chier, je comprends rien, ça m'énerve, c'est interminable !!!!

Je ne sais pas si cela a un rapport, mais le site ARTIPS, une dose d'art au quotidien, m'a envoyé un petit mail évoquant l'histoire incroyable de...

LA TOUR TALKIE-WALKIE, LONDRES

Walkie-Talkie_-_Sept_2015"Septembre 2013, c’est l’affolement dans les rues du quartier financier de Londres. Un salon de coiffure évite de justesse l’incendie, puis une selle de vélo prend feu en plein après-midi. À croire qu’un pyromane fou a décidé de réduire en cendres la City…
Mais la vérité est encore plus surprenante ! Après enquête, le pyromane supposé n’est autre que la tour du 20 Fenchurch Street, alors en pleine construction. Ce gratte-ciel de 37 étages se transforme tout bonnement en loupe géante à la moindre éclaircie.
En effet, sa paroi de verre concave reflète très intensément le soleil, qui finit par tout brûler sur son passage.
Des journalistes, incrédules, décident d’en avoir le cœur net : ils déposent un œuf dans une poêle au pied de la tour, et attendent. Ça ne manque pas, en quelques minutes l’œuf se met à cuire sous leurs yeux.
Ni une ni deux, l'architecte Rafael Viñoly fait ajouter des "brise-soleil" à la façade. Mais rien n’y fait, les habitants prennent en grippe l’édifice. Ce dernier hérite même du sobriquet de "Walkie-Talkie" (le "Talkie-Walkie") en référence à sa forme.
Et les doléances ne s’arrêtent pas là : l’UNESCO déplore la construction d'une tour haute de 160 mètres au milieu d’un quartier parsemé de monuments historiques. La tour déchaîne les passions et relance surtout le débat de la quête du "toujours plus" en architecture.
Bien qu’elle ne soit, lors de son achèvement, que le cinquième plus haut bâtiment de la ville, la "Walkie-Talkie" obtient tout de même une première place : le prix anglais de la pire construction de l’année 2015 !" ARTIPS

En tout cas, face à ces informations à répétitions de brexit-pas brexit, il n'y a plus qu'une chose à faire : partir en montagne, loin du bruit, loin de l'urbanisation.

ET AUJOURD'HUI,
LE LIEU CHOISI EST
L'IPARLA !

La première fois que j'ai entendu ce mot, j'ai cru que l'on me parlait de la nouvelle chanson de Vianney : "♫ Parla, mais t'es où, ♫ t'es parla, mais t'es où ♫ Parla, mais t'es où, ♫ t'es parla, mais t'es où "♫ Parla, mais t'es où, ♫ t'es parla, mais t'es où ♫..." Habillement reprise par Vianouche.


La seconde fois que j'ai entendu ce mot, j'ai cru que l'on me parlait d'un animal exotique qui ressemblerait à un une sorte de grand paon, qui marcherait de travers en poussant des cris aigus. Je ne sais pas pourquoi, mais c'était comme ça : l'iparla est une sorte de paon un peu con, mais sympa.
Et puis, vu que l'on ne me précisait toujours pas à quoi se rapportait ce mot-nom et que la discussion continuait sans être plus précise, j'ai cru ensuite que l'Iparla était un pays, ou une région d'Argentine. Pourquoi l'Argentine ? Je ne sais pas. Iparla, ça sonnait argentin, latin, sud-américain. Et qu'est-ce qu'on pouvait trouver dans cette région d'Iparla ? Des anciens nazis cachés ? Des fruits exotiques ? Un cimetière de dinosaures ? Des paons bizarres ?
Et puis, enfin, la discussion s'est précisée. J'ai alors appris que l'Iparla se trouvait dans le pays Basque et que c'était un pic.

ET AUJOURD'HUI,
LE LIEU CHOISI EST
LE PIC D'IPARLA !

Car oui : Iparla est un pic. Ce n'est pas un roc, ce n'est pas un cap... que dis-je ce n'est pas un cap ?... Ce n'est pas une péninsule. Oui, Iparla est un pic, et pas n'importe quel pic puisque c'est le premier pic depuis l'océan Atlantique à dépasser les 1000 mètres d'altitude, situé entre Labourd et Navarre. Eh ouais.

Et si tu es un habitué de ce blog, tu me dis : "Oh ben dis, tu y es déjà allé il n'y a pas si longtemps au pic d'Iparla ?!"
C'est pas faux, mais si tu te souviens bien, avec l'ami Fred, nous n'avions pas vu grand chose...

Bidarray, Iparla, crètes dans le brouillard (64)           Iparla et brouillard
Le pic d'Iparla en 2017

jénorme au sommet d'Iparla
                Bidarray, Iparla, crètes et brouillard

Forcément, quand tu lis les compte-rendus des randonneurs qui se sont rendus au pic d'Iparla en disant que c'est une des plus belles randonnées du pays basque car elle propose un panorama à couper le souffle, ça fait un peu mal au coeur de se retrouver dans le brouillard et ne rien voir du tout si ce n'est une grosse masse blanche stagnante.

Il faut savoir que le pic d'Iparla est le premier sommet à plus de 1000 mètres lorsque l'on quitte les côtes océaniques. Oui, je sais, je l'ai déjà dit, mais je le redirai autant de fois qu'il le faut. Bien sûr, nous sommes loin des hauteurs sommitales pyrénéennes qui suivent ensuite avec l'Aneto (3404 m), ou le Mont Perdu (3355 m), sans oublier le Vignemale (3298 m) et... ouais bon, on va pas tous les faire non plus.
Mais le pic d'Iparla est connu pour son panorama et ses vertigineuses falaises... surtout quand il n'y a ni brouillard, ni brume.

Cette fois-ci, c'est seul que je me lance à l'assaut des crêtes et pic d'Iparla. Il y a plusieurs chemins pour y accéder. On peut choisir de faire une boucle en partant, par exemple, depuis Bastida et la ferme Bordazar. Ou une autre boucle par les cols de Galarzé et Harrieta. Ou encore il est possible de partir de Saint-Etienne-de-Baïgorry et de suivre la ligne de crêtes jusqu'à Bidarray, mais comme cette dernière randonnée fait plus de 16 kilomètres, il est préférable de venir à deux voitures afin d'en garer une de chaque côté de l'itinéraire.

Carte iparla          Carte iparla

Pour ma part, je choisis le chemin le plus simple en partant de Bidarray pour rejoindre le GR10 qui s'en va grimper, là-haut, à 1044 mètres très précisément où se trouve le pic d'Iparla, premier sommet de plus de 1000 mètres lorsque l'on vient de l'océan Atlantique.

Le départ se fait du parking du bar-restaurant Iparla, mais tu peux aussi te garer ailleurs si tu veux. Par exemple, sur le parking du fronton, ou à proximité de l'église de l'Assomption avec son étonnant clocher-mur appelé aussi campenard. Ou encore, si tu es vraiment motivé, pourquoi ne pas aller se garer carrément en bas du village, à hauteur de l'intrigant pont de l'Enfer.

Bidarray, l'église, fronton (64)          Bidarray, hotel du pont de l'enfer

Saches toutefois pour cette dernière option que cela rajoutera quelques trois kilomètres à la randonnée et un petit dénivelé d'une vingtaine de mètres.
Et là, tu me poses la question : "Pourquoi pas si la randonnée n'est pas trop longue et difficile ?"
Et pour te répondre, tout de suite sans plus attendre car ça n'a que trop duré : des chiffres !

PIC D'IPARLA
depuis Bidarray
iparla carte
5h30 de marche aller/retour
12,56 kilomètres
dénivelé de 930 mètres.


Voilà.
C'est parti !

J'opte pour la première proposition en allant me garer non loin de l'église.
En enfilant les chaussures et en préparant le sac à dos, je jette un oeil sur les crêtes, là-bas, au loin et au haut.

Bidarray, vue sur les crêtes d'Iparla F (64)

Bien. C'est impressionnant, vertigineux et tout à fait encourageant.
Avant de me lancer sur le sentier, je vais faire un petit tour devant l'église du village : l'église de l'Assomption.

Bidarray église Notre Dame de lAssomption entrée extérieure (64)

Elle capte l'attention avec la couleur du grès rouge de son clocher-mur. C'est une pierre qui compose les différentes montagnes alentours, comme l'Iparla, le Baïgura et le Jara.
D'origine médiévale (XIIème siècle), elle a été reconstruite en partie en 1625. Pour certains, elle a l'apparence d'un bateau échoué sur cette petite bute, à 145 mètres d'altitude.

Bidarray, église Notre Dame de l'Assomption, entrée et siensien (64)           Bidarray, église Notre Dame de l'Assomption, entrée intérieur (64)

L'intérieur peut paraître un peu austère. L'entrée, originale, est très basse ; puis, soudain, tout s'élève. Quelques vitraux laissent filtrer quelques signes colorés.

Bidarray, église Notre Dame de l'Assomption, intérieur (64)           Bidarray, église Notre Dame de l'Assomption, intérieur, vitrail

Je ressors pour prendre le chemin des crêtes d'Iparla.

La randonnée commence par quelques pas sur le beau goudron noir d'une petite route en impasse montant sur les ultimes hauteurs de Bidarray. Dit comme cela, on pourrait se dire que ce n'est pas très agréable. Et pourtant. Le long de cette petite route, dans les jardins des belles villas et maisons basques, les premiers signes du printemps sont apparus. Les arbres ont alors des allures de feux d'artifices naturels.

A) Bidarray, en route pour l'Iparla, printemps (64)           A) Bidarray, en route pour l'Iparla, printemps

Une bonne occasion pour réaliser
un beau selfie de printemps.
Jénorme au printemps


La route poursuit son ascension. Moi aussi, du coup. Un premier embranchement. Le GR10, que je dois rejoindre pour atteindre le sommet du pic d'Iparla, est bien indiqué. Balisage rouge et blanc, comme un sens interdit. J'entre dans une zone pastorale où il fait bon faire quelques rencontres...

A) Bidarray, en route pour l'Iparla, GR10 (64)            A) Bidarray, en route pour l'Iparla, chiens (64)

Deux chiens égarés sympathiques profitent de la quiétude de l'endroit pour faire leur petit tour.
Un peu plus haut, un peu plus loin, des brebis me rappellent que je suis dans une région pastorale où plusieurs producteurs font de l'élevage et du fromage. ; le fameux fromage appellation Ossau-Iraty.

A) Bidarray, en route pour l'Iparla, brebis (64)

Par contre, je ne comprends pas pourquoi elles s'acclutinent comme ça contre les barbelés alors qu'elles ont un immense champs à brouter derrière elles.

Dans d'autres champs, tout au-dessus de Bidarray,
ou sur les routes...
A) Bidarray, en route pour l'Iparla, brebis sur route (64)

A) Bidarray, en route pour l'Iparla, brebis et église (64)           A) Bidarray, en route pour l'Iparla, brebis

          A) Bidarray, en route pour l'Iparla, ferme et brebis

Après m'être trompé (déjà !) de route... oui ben, il fallait tourner à droite et je suis allé tout droit, du coup j'ai atterri dans la cour d'une ferme où on m'a dit que c'était vers l'autre ferme qu'il fallait aller, voilà. Les pauvres gens doivent en avoir marre d'avoir des randonneurs et des pèlerins venir se perdre dans leur cour. Saches que le nom de la ferme devant laquelle tu dois passer est Urdabordia.
DONC : après m'être trompé de route, je rejoins la cour de la ferme Urdabordia. Juste derrière la grande étable, le GR10 commence. De suite, ça grimpe sec, histoire de se mettre les mollets en forme.

Les paysages changent. Certes, je prends de la hauteur et commence déjà à dominer du regard les maisons éparses de Bidarray, mais l'autre changement intervient également sur le paysage à proximité.

B) Bidarray, en route pour l'Iparla, écobuage (64)

La verdure des champs a disparu. Les arbres printaniers en fleurs aussi. Les cendres et le chardon ont pris possession des lieux. Arbres et terres noircis ; non pas par les réverbérations de la paroi de verre de la Talkie-Walkie (qui se trouve à 1054 kilomètres d'ici), mais par l'écobuage.

B) Bidarray, en route pour l'Iparla, écobuage et GR10 (64)

B) Bidarray, en route pour l'Iparla, vallée et écobuage (64)                B) Bidarray, en route pour l'Iparla, arbre, vallée et écobuage (64)

B) Bidarray, en route pour l'Iparla, sentier, arbres et écobuage (64)Le GR10 se faufile parmi les cendres.
Les arbres étirent leurs longues branches noires mortifères au-dessus de ma tête,
comme pour me menacer ou m'incriminer de ce qu'ils ont subi.
Je me crois dans un film de Tim Burton.
"La représentation de l’arbre hante l’univers de Tim Burton, depuis le court métrage Vincent, où l’arbre mort du générique accompagne le chat noir et le mur, réminiscences d’Edgar Allan Poe, jusqu’à la forêt mouvante, ensorcelante et spectrale de Big Fish, en passant par les troncs d’arbres ouvrant les portes oniriques de nouveaux mondes dans The Nightmare before Christmas. (...)
Dans Sleepy Hollow, la figuration de l’arbre mêle les métaphores et les genres : l’arbre est minéral, sculpture tourmentée dont la contorsion renvoie à la torsion des corps torturés qui peuplent l’univers baroque, dont la poétique s’accorde au vertige des points de vue et à la torsion de la matière. En outre, ses racines ressemblent tantôt à des vagues pétrifiées lorsqu’elles sont au repos, tantôt à des serpents ou des tentacules lorsqu’elles s’animent et se soulèvent pour la sortie du cavalier sans tête : l’arbre devient alors animal fantastique, monstre mythique. (...)" ALICE VINCENS

 

 

Parfois, il n'y a même plus d'arbres.

B) Bidarray, en route pour l'Iparla, écobuage         B) Bidarray, en route pour l'Iparla, écobuage

La question se pose alors : à quoi sert l'écobuage ? est-il nécessaire ? N'y'a-t-il pas d'autres procédés possibles que celui de tout cramer ?
"Pratique agricole ancestrale, le terme écobuage initialement sert à désigner le travail d'arrachage de la végétation et de la couche superficielle de l'humus au moyen d'une "écobue", outil proche de la houe, l'incinération en petits tas de ces éléments puis l'épandage des cendres sur les terrains pour les enrichir en éléments nutritifs. Cette pratique coûteuse en main d'œuvre, a progressivement disparu au profit de la technique qui consiste à brûler directement les végétaux sur pied et qui a cependant conservé l'appellation "d'écobuage".
Cette technique permet d'éliminer les broussailles et les résidus végétaux secs qui occupent l'espace et ralentissent le démarrage des plantes herbacées au printemps. Les cendres générées ont ainsi un effet fertilisant et cette méthode diminue la biomasse disponible en été lors des incendies. Les études existantes indiquent que, bien dosé, l'écobuage a un effet assez neutre sur les sols, la faune et la flore. Occasionnellement, l'effet peut même être positif surtout par la réouverture des milieux qui contribue à la biodiversité.
Malheureusement, si cette pratique est mal utilisée, elle peut dégrader les sols et/ou dégénérer en incendie." AGRITECHNIQUE

Bon, ben écoute... Si tu le dis... C'est étrange... Je n'ai pas l'impression que les arbres apprécient.

Je sors de la petite forêt  -qui n'en est plus vraiment une-  à hauteur des ruines d'une ancienne bergerie.
     C) Bidarray, en route pour l'Iparla, mur et crètes (64)

   J'aperçois au loin (et au haut) l'impressionnante succession de crêtes d'Iparla.
C) Bidarray, en route pour l'Iparla, crètes (64)

Je continue à suivre le petit sentier de couleur ocre quelque peu raviné par les eaux d'un ruisseau éphémère qui serait descendu par ici lors des précédentes pluies. Après ce petit moment de répit au niveau de la grimpette, j'atteins une première borne indiquant que je me trouve au Col de Pagalepoa, à 454 mètres d'altitude. Artzamendi apparaît alors, massive, imposant à ma vue son imposante carcasse paléozozoïque de 926 mètres d'altitude, surmontée des antennes hertziennes et de son radar météo.

D) Iparla, Pagal Epoa, panneau (64)           D) Iparla, Pagal Epoa, vue sur Artzamendi (64)

Une petite montée raide et courte me fait parvenir dans la foulée à la seconde borne du parcours, au col de Bourouzune, 517 mètres d'altitude.
D'un côté, il y a une belle vue sur la vallée de la Nive. De l'autre, c'est une montagne noire, brûlée par l'écobuage, sur laquelle apparaît le sentier menant au col de Lacho (448 m).

E) Iparla, Bourouzune, panneau (64)              E) Iparla, Bourouzune, écobuage, sentier

Je ne m'arrête pas et continue ma progression par le sentier montant sur la gauche. Le tracé est beaucoup moins clair, il se faufile dans les rochers où il faut parfois poser les mains à terre pour pouvoir avancer.
La montée est raide, mais lorsque je me retourne, je découvre une très belle vue sur le mont Harriondi au premier plan, derrière lequel se cachent les maisons de Bidarray.

F) Iparla, début de crète (64)

Le nom de Bidarray signifierait "chemin dans les épineux", mais ce que je constate pour le moment, c'est surtout cet éparpillement de fermes et de bergeries traditionnelles du XVIIème siècle. Mille fois reblanchies à la chaux, soulignées d'un long balcon où l'onfaisait sécher autrefois le grain, elles sont rehaussées aux ouvertures d'encadrement de grès rose sur lesquelles le propriétaire a gravé sa "signature". Bon, d'ici, c'est vrai : on ne voit pas trop ce genre de "détails".

Sur ma gauche, ce n'est pas un crop circle,
mais les ruines d'un ancien enclos posés sur la pente.
F) Iparla, vue sur la vallée et ruines (64)

La vue commence à être vertigineuse sur la vallée de la Nive. Un dernier passage étroit à flanc de falaise guidé par une épaisse élingue permet d'évoluer en sécurité. Elle permet également de rejoindre un beau et grand plateau herbeux.

F) Iparla, passage étroit (64)

G) Iparla, arrivée sur le plateau herbeux (64)

Grand espace ! Immense ! C'est fascinant d'avoir emprunté ces petits sentiers étroites et vertigineux pour finalement arriver ici.
La progression est maintenant plus rapide puisque la pente est beaucoup plus douce. Soulagement. Regards à droite, à gauche sur quelques baignoires posées de ci de là, servant d'abreuvoir pour les animaux en liberté sur cet immense plateau quelque peu incliné. Pour un peu, on se croirait dans un magasin Aubade. J'exagère.
C'est ici qu'ont été enregistrées les images du reportage sur le Txalaparta par France 3.

Intrigant, non ? Qu'est-ce que c'est que cette étrangeté ? Le Txalaparta ? Est-ce un animal exotique ? Un Paon ? Ou une région d'Argentine ?
Oh que non !
Le Txalaparta est un instrument intimement lié à la vie rurale, au travail des champs, à l'élevage.
"Il adopte généralement la description suivante : deux paniers renversés, ou des chaises ou bancs servent d'appuis. Dessus sont posés soit des feuilles de maïs, ou des vieux sacs, des peaux, etc...qui servent d'isolant entre les planches et les appuis. Par dessus et horizontalement  une planche de bois est posée.
Ses dimensions sont approximativement de 2 mètres de long, vingt centimètres de large et six centimètres d'épaisseur. La planche est posée sur les appuis en laissant dépasser environ 1/5ème de la longueur. Quatre bâtons (makilak) sont utilisés pour frapper la planche, leur longueur et leur grosseur changent selon les habitudes des joueurs. Les bâtons employés par les Zuaznabar de Lasarte sont de 52 centimètres de long, ceux employés par les frères Goikoetxea d'Astigarraga sont de 60 centimètres de long et ceux utilisés aux fermes de Billandegi, 88 centimètres. Les bâtons, sont de forme tronco-coniques. La txalaparta est joué par 2 musiciens. Chaque joueur tient un bâton avec chaque main, en position verticale, et s'en sert pour frapper différentes parties de la planche, de haut en bas et chacun à son tour. (...)" EKE ICB

Imaginons que ce soient les Tambours du Bronx qui viennent sur les hauteurs des crêtes d'Iparla pour faire quelques répétitions...

Qu'en penseraient les animaux sauvages présents ? Que se passeraient-ils dans leurs têtes ? Seraient-ils intrigués et se rapprocheraient-ils des musiciens ? Ou prendraient-ils la fuite pour se jeter du haut des falaises ?

Et puisque nous parlons d'animaux, les voici !
Pottoks, chevaux sauvages et brebis se partagent la belle herbe grasse.

G) Iparla, le grand plateau herbeux, brebis (64)

G) Iparla, le grand plateau herbeux, pottoks           G) Iparla, le grand plateau herbeux, pottoks

G) Iparla, le grand plateau herbeux, pottoks (64)            G) Iparla, le grand plateau herbeux, pottok (64)

G) Iparla, le grand plateau herbeux, vue de haut (64)

Je passe à hauteur d'un petit point d'eau derrière lequel se trouve une croix de grès rose faisant face à Artzamendi. Celle-ci nous rappelle qu'un certain Jean Rouy est tombé en ces lieux. Mais les gravures se sont un peu effacées et il est difficile d'en savoir plus.

G) Iparla, le grand plateau herbeux, mare (64)                G) Iparla, le grand plateau herbeux, croix et Artzamendi (64)

Je traverse le grand plateau herbeux.
Parfois, des ossements jonchent le sol...
G) Iparla, le grand plateau herbeux, dents (64)

 

À ma droite,
Artzamendi, les penas d'Itsusi et la vallée inhabitée de l'Urrizate...

G) Iparla, le grand plateau herbeux, Artzamendi et montagnes(64)


À ma gauche,
la vallée de la Nive...
G) Iparla, vue sur la vallée de la Nive et écobuage (64)

...et les crêtes vertigineuses d'Iparla.
G) Iparla, le grand plateau herbeux, vue sur les crètes de profil (64)

 

En longeant la corniche, je découvre une vue magnifique sur la vallée de la Nive. Il faut tout de même se méfier des failles, profondes et étroites crevasses.

H) Iparla, crètes d'Iparla, faille (64)

H) Iparla, crètes d'Iparla, faille

 

J'arrive maintenant à hauteur du col d'Iparla (1025m), reconnaissable à la borne frontière 90 et à la présence d'une croix funéraire noire.

H) Iparla, crètes d'Iparla et borne frontière (64)             H) Iparla, crètes d'Iparla, écobuage et croix (64)

Cette croix a été érigée ici à la mémoire de Jean-Baptiste Celhay, décédé le 4 juillet 1948 dans sa trentième année. Quant à la borne frontière 90, elle marque le passage de la randonnée et du sentier de la France à l'Espagne.
C'est également ici que l'on rejoint un autre sentier de randonnée pour le pic d'Iparla. Celui-ci part de la vallée, de Gastigarlépoa ou de Bastida (ferme Bordazar).

H) Iparla, crètes nord d'Iparla et sentier (64)               H) Iparla, crètes d'Iparla et écobuage

Là aussi, il y a eu écobuage.
Mais la nature reprend peu à peu ses droits.
I) Iparla, fleur sur écobuage (64)

 

D'ici, il y a encore quelques 15 minutes de marche pour atteindre le pic d'Iparla.
Une première petite montée assez raide à travers les rochers ouvre cette fin de randonnée. Lorsque je me retourne, la vue est magnifique sur les crêtes et le grand plateau herbeux.

H) Iparla, crètes d'Iparla et Mont Baygoura (64)

H) Iparla, crètes d'Iparla, à flanc de falaise (64)

H) Iparla, début des crètes d'Iparla (64)

Une fois cette dernière raide montée, j'atteins un petit plateau herbeux. Au bout de celui-ci, je distingue une sorte de borne blanche.

C'est ici le pic d'Iparla.
J) Iparla, pic d'Iparla (64)

1044 mètres d'altitude. Le pic d'Iparla est reconnaissable à cette sorte de colonne en béton blanc, accompagnée d'une boite en fer pour les épreuves de trials.
Il n'y a plus qu'à profiter du sublime panorama à 360°.

Droit devant, à l'Est, la chaîne des Pyrénées apparaît. Le pic d'Orhy, plus haut sommet basque, exhibe fièrement son sommet enneigé culminant à 2017 mètres d'altitude.

J) Iparla, pic d'Iparla, panorama (64)

Quelques vautours tournoient dans le ciel ou à hauteur des crêtes, jouant avec les courants.

K) Iparla, pic d'Iparla, vautour (64)

Les crêtes d'Iparla s'étendent sur 2,3 kilomètres, du nord au sud.
Je vais faire un petit tour sur la crête située au sud et qui porte le nom rigolo de pic de Toutoulia. Là aussi, la vue est impressionnante sur l'aplomb des falaises.

K) Iparla, pic d'Iparla, vue sur les crètes sud

Au nord, ce n'est pas les Corons, mais le pic d'Iparla, vue de profil avec ce vide devant lui.

K) Iparla, pic d'Iparla, vue de profil (64)

Allez, il n'est pas loin de je-ne-sais-pas-quelle-heure ; autrement dit l'heure de boire l'apéro.
Je retourne au pic d'Iparla pour m'asseoir et pique-niquer devant le panorama. Quand je reviens, ô surprise !...

Santé !

Jénorme boit une bonne bière au pic d'Iparla (64)