Pâques est, parait-il, la fête la plus importante du christianisme. Moi, je croyais que c'était Noël, mais bon, tout le monde peut se tromper et en même temps, qu'est-ce que ça peut faire.
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

 

Eh oui, Pâques est donc la fête la plus importante du christianisme. Elle commémore la résurrection de Jésus, que le Nouveau Testament situe le surlendemain de la Passion, c'est-à-dire "le troisième jour".Et là, déjà, ça fait beaucoup de choses à tenter de comprendre : résurrection de Jesus, Nouveau Testament, Passion...
Commençons avec :
"Résurrection de Jésus" : Deux jours après sa crucifixion, les Saintes Femmes et notamment Marie de Magdala constatent que la lourde pierre qui fermait le tombeau a été roulée et que le sépulcre est vide. Jésus apparaît ensuite à plusieurs de ses disciples, dont les apôtres.
Et là, s'ajoutent encore des éléments qu'il faut m'expliquer.
Par exemple :
"Marie de Magdala" : Originaire de la ville de Magdala, sur la rive occidentale du lac de Tibériade, Marie de Magdala est la femme la plus présente du Nouveau Testament. L'Évangile de Luc la présente comme la femme que Jésus a délivrée de sept démons.
Et là encore, il faut m'expliquer plusieurs mots et noms.
Par exemple, où se situe :
"Lac de Tibériade" : c'est un lac d'eau douce d'une superficie de 160 kilomètres situé au nord-est d'Israël entre le plateau du Golan et la Galilée. Riche en poissons, il est réputé pour ses tempêtes violentes causées par des différences de températures avec les hauteurs environnantes.
Alors, il faut aussi...
OUI BON, on ne va pas revenir sur tout non plus, bien que le mot Galilée m'interroge.
"Galilée" : La Galilée est un massif montagneux rocailleux du nord d'Israël. Son point culminant est le mont Méron, à plus de 1 200 mètres. C'est à Nazareth en Galilée que le Nouveau Testament situe l'origine de la famille de Jésus.
Ah : le Mont Méron... Non, bon, on arrête !!!
Revenons au début avec le mot crucifixion.
"Crucifixion" : Selon les textes néotestamentaires, Jésus-Christ fut condamné à mort par le préfet romain Ponce Pilate, et exécuté par le supplice de la croix.
Plusieurs évangiles relatent différemment le portée de croix de Jésus jusqu'au mont Golgotha, lieu de l'exécution. Selon les récits et traditions, il aurait été crucifié avec trois ou quatre clous.
"L'identification des causes de la condamnation de Jésus reste un sujet débattu : les récits évangéliques qui attribuent aux Juifs l'initiative des poursuites et rapportent une condamnation hâtive et une exécution romaines, ont en effet une forte portée théologique, visant notamment à montrer que le procès n'a pas été régulier." WIKIPEDIA

BREF : Pâques commémore la résurrection de Jésus le surlendemain de la crucifixion.
OK, d'accord. Et qu'est-ce qu'il a fait Jésus ce jour là ? Est-il allé rendre visite à ses vieux potes ? A-t-il multiplié les pains ? A-t-il passé sa journée devant la télé à se reposer d'une semaine bien remplie ? Est-il est allé chez Castorama pour profiter des prix chocs de la semaine de l'établi ? Est-il allé à la Foire au jambon de Bayonne ?

AH TIENS !
ON Y VIENT :
JAMBON,
LE MOT EST LÂCHÉ !

Jambon, Bayonne, Foire au jambon de Bayonne ! C'est la fête la plus importante du pays basque. Enfin, l'une des fêtes incontournable du pays basque. Elle semble ouvrir un long défilé d'autres fêtes qui se répandront de mai à octobre dans toute la région. Ah oui, ah oui, c'est comme ça.
La Foire au jambon existe depuis 1462 ; soit la même année où le Portugais Diogo Afonso acheva de découvrir les îles du Cap Vert en débarquant à Sao Vincente. C'est également en 1462, et plus précisément en juin, que Vlad l’Empaleur attaqua le camp turc par surprise pour tenter de s’emparer du sultan. Il devra se replier. L’armée turque marcha alors sur Târgoviște après avoir rencontré une forêt de 10 000 empalés.
Empalés, faire sécher, un peu comme le piment d'Espelette qui sèche sur les façade du village ou un peu comme le jambon de Bayonne qui, pendu au-dessus des étales, s'affine à son rythme. Hein, hein, hein... Oui, la comparaison est un peu fortuite et hasardeuse, mais n'est-ce pas cela la vie aussi, hein ? Des rencontres, des images, des... Ohllalalala, enchaînons, vite !!!!

FLASH INFO
SPÉCIAL JAMBON
écrase jambon

 

Et maintenant : Bertrand Renard avec les chiffres !
2019-1462= 557 ans que cette foire existe, faite de rencontres avec les producteur locaux, de concours du meilleur jambon, de musique traditionnelle, etc. C'est également devenu le premier salon gastronomique de la région... sauf pour les Musulmans.
Je t'avouerai que dans le genre incontournable, je l'ai jusqu'ici très bien contournée cette foire. Bon, il y a quelques années, je m'y étais rendu parce qu'on m'avait dit que l'énorme jambon gonflable situé à l'entrée de la foire s'était dégonflé. Du coup, tu comprends bien que devant une telle info, je n'ai pas pu m'empêcher d'aller faire quelques photos...

AVANT                                                     APRES
Jambon
           Foire au jambon dégonflé, Bayonne

Le pauvre. On dirait qu'on l'a tué. C'est émouvant. Il aurait voulu que le spectacle continue et puis PFFUIFFF... C'est un coup à te donner envie d'être végétarien ou vegan. D'ailleurs, je me pose cette question : est-ce que des vegans sont venus à cette foire au jambon ?  Et puis, je me pose une autre question, peut être plus perspicace : depuis quand ça existe le jambon de Bayonne ?

OUPS, pardon,
il y a eu une petite erreur de reportage.
Euh... Bon...
Apparemment, nous sommes pas en mesure de montrer
le reportage sur la naissance du jambon de Bayonne,
veuillez nous en excuser.

 

Mais tout de même !
Quand les gens qui ne sont pas du Pays Basque parlent du Pays Basque, ils pensent souvent au jambon de Bayonne... Mais si ! Ils sont là, ils arrivent de Paris ou de Bordeaux, et la première chose qu'ils te disent, c'est "Alors, le jambon de Bayonne, hein !".
Mais quand est arrivée cette spécialité culinaire dans la ville basque ?

foire au jambon"C'est au XIIème siècle que le jambon de Bayonne fait son apparition sur le portail de la cathédrale Sainte-Marie d'Oloron. Les sculptures réalisées représentent des aspects de la cuisine béarnaise, et, entre autres, un sanglier et un cochon abattus et découpés. Plus tard, Rabelais évoque aussi le jambon de Bayonne dans son célèbre Gargantua.
Mais ce n'est qu'au XVIIème siècle que le jambon de Bayonne acquiert ses lettres de noblesse. Il est très souvent comparé au jambon de Mayence. Son appellation recouvre une provenance régionale assez vaste, puisqu'elle désigne une grande partie du Béarn et de la Gascogne. Il devient alors un objet de spéculation et sa préparation se normalise.
L'appellation 'jambon de Bayonne' désigne alors seulement les produits fabriqués au sud de la Gascogne, dans le total respect d'un mode de production exigeant : l'origine des porcs et la qualité du sel devant être conformes à des normes strictes." FUTURASCIENCES

 

Et puis les années ont passé, je n'y suis pas retourné jusqu'à ce samedi dernier. Juste le temps de manger un sandwich au jambon, de faire un tour rapide dans la ville, d'oublier de boire un coup pour récupérer une cup "Foire au jambon" et de faire une photo des façades du quai Augustin Chaho.
Chaque année, un décor différent avec des pancartes reprenant le mot cochon voit le jour aux fenêtres et balcons des appartements. Cette année, c'était sur le thème du cinéma et des films.

Bayonne, foire au jambon 2019

Dès 10 heures, les rues s'emplissent d'odeurs de jambons, de saucisses, de ventrèches, de taloa et autres. Le chapiteau des salaisonniers, le ferme aux animaux, la foire gourmande du carreau des Halles et les différentes buvettes éphémères répandent leurs effluves. Ça tombe bien : la Foire au jambon tombe au moment de la fin du Carême ; cette période de dévotion à Dieu associée à une alternance de jours de jeûne complet et de jours d'abstinence (jours maigres) d'une durée de quarante jours.
À partir de midi, les gens arrivent de partout pour se noyer dans la foule et les odeurs de bouffe. Il est difficile de circuler, même à pied. C'est à ce moment précis que je décide de quitter Bayonne avec une chanson de Ridan dans la tête...

Oui : la folie des grands espaces ! Ne plus s'entasser comme des sardines ! Vivre loin sur la colline !
Mais qu'est-il devenu ce Ridan à qui on doit également "Ulysse" ?
"En juillet 2011, une malformation artério-veineuse cérébrale lui est diagnostiquée, ce qui l'amène à annuler quelques dates, puis à ne plus du tout se produire sur scène. Il l'annonce le 20 septembre 2012 sur sa page Facebook." WIKIPEDIA

Ah ben merde.

Je rejoins la voiture pour partir dans les terres basques. L'objectif premier est de rejoindre Bidarray pour faire quelques photos des falaises d'Iparla vues depuis Bastida, lieu dit situé entre Saint-Etienne-de-Baigorry et Bidarray. C'est de là que part l'une des autres randonnées pour le pic d'Iparla.

C'EST PARTI !

Aux infos radio, on ne parle que de l'incendie qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame à Paris. Je prends les chemins de traverse pour rejoindre Bastida.
Bayonne → Villefranque → Route des Cimes en direction d'Hasparren.
Elle est belle cette route des Cimes, surtout à partir de Villefranque où, tout à coup, les différentes cimes des monts basques apparaissent face à nous, à 240° environ.

Route des Cimes (64)


Route à stratégie historique, elle fut créée le 19 février 1832 pour permettre aux troupes napoléoniennes de rejoindre Saint-Jean-Pied-de-Port pendant la guerre d'Indépendance espagnole. Aux origines, elle partait de Bayonne pour rejoindre Hasparren, numérotée RD22, sur une distance de 25 kilomètres.

AAAAHHHH
LA ROUTE, BORDEL !
De Château-Chinon à l'Île Callot
en passant par Gout-Rossignols,

le plateau de Benou, tout ça...
ainhoa
bordeaux Chateau chinon gout rossignol
vielle saint girons
ile Callot maizière
le berry
 sancergues plateau du benou l'indre

Oui,
elle est belle cette route.
Route des Cimes, virage (64)
               Route des Cimes, panneau (64)

Route des Cimes, vue sur la Pierre-Saint-Martin (64)                Route des Cimes, virages (64)

Parfois, on se croirait dans le jeu d'arcade OutRun... Hein ? Tu connais pas Outrun ?! Ouah c'te honte ?! OutRun, quoi ! La bagnole, le volant, la route, les cheveux au vent !

Outrun"C'était l'année 1986 / Il était un adolescent comme les autres / Rêvant de ses héros et amoureux d'une fille / Mais par une nuit d'orage le long d'une côte déchiquetée / Une voiture rouge mystérieuse vint vers lui / Sa puissance allumant ses yeux rouge sang."
Ces mots sont extraits d'un album composé par Kavinsky, rendant hommage à l'antique jeu de voiture de Sega. Eh ouais ! Kavinsky, Drive !
Pour concevoir ce jeu d'arcade, Yu Suzuki s'est inspiré d'un de ses films fétiches, L'Equipée du Cannonball (1981), road-movie viril sur les routes de l'Amérique, avec une Lamborghini Countach à l'affiche et Roger Moore en guest star.

Le journal LE MONDE a écrit un très bel article sur le sujet.
"(...)Alerté de la relative monotonie des paysages américains, Yu Suzuki s'envole pour un road trip initiatique à travers l'Europe. De Francfort, il rejoint Rome, en passant par la Suisse et la Riviera, au volant d'une BMW. Celle-ci plafonne à 200 km : pas assez rapide pour cet amateur de vitesse. A Monaco, il tombe sur une Ferrari Testarossa. Coup de foudre : avec ou sans l'autorisation de la compagnie italienne, ce sera la voiture au cœur de son jeu.

Out_RunA la tête d'une équipe d'une demi-douzaine de personnes, Yu Suzuki développe ainsi son projet le plus personnel : davantage qu'un jeu de course, un jeu de conduite, véloce, exotique et ensoleillé, sur les routes colorées de l'Europe du Sud, comme il l'explique au site américain Nowgamer :
"Le concept d'OutRun, ce n'était pas de se tirer la bourre comme des malades juste pour finir premier. C'était de promener une jolie femme assise à vos côtés et de conduire dans une voiture de luxe, une seule main sur le volant, finissant premier loin devant – et avec du temps devant vous.".
Vitesse ahurissante pour l'époque, décors variés et ambiance estivale, sentiment de liberté sur les routes à embranchements, et technicité grâce à ses deux vitesses entre lesquelles jongler : à sa sortie, le jeu de Sega s'impose comme une révolution technique à de nombreux égards. Environ 20 000 bornes de jeux – à près de 2 000 dollars l'unité – sont vendues en 1986, plus grand succès en arcade cette année-là.
(...)"
William Audureau pour LE MONDE 

 

J'arrive à présent à cet embranchement marquant la fin de la Route des Cimes.
À gauche, c'est Hasparren. À droite, Cambo-les-Bains.
Pour rejoindre, Bidarray, je prends la direction de Cambo. Quelques kilomètres plus loin, sur ma gauche, un panneau intrigant indique une indication solennelle : Route de Napoléon, Napoléon Bidéa. Quuuooooiiii ? "La route de Napoléon" ??? Sa route à lui !? Qu'est-ce que ça veut dire ? Il n'y avait que lui qui pouvait l'emprunter ? Ou c'est lui qui l'a construite ? Ou c'est la route qui mène chez Napoléon ? Et une fois chez Napoléon, qu'est-ce qu'on fait ? On discute invasion en buvant un kir ou un petit Cognac ? On lance un grand débat sur "pour ou contre les légumes à la foire au jambon de Bayonne" ?
Qu'est-ce que j'raconte ?
Bon, en fait, cela fait des années que je passe à hauteur de ce panneau sans n'avoir jamais emprunté cette route énigmatique.Je me suis même surpris à n'avoir rien à faire ici, mais à y venir quand même rien que pour passer devant ce panneau directionnel.

Allez, c'est décidé : aujourd'hui, j'y vais.

 

Route Napoléon

 

De suite,
on prend de la hauteur.
Route Napoléon (64)

À nouveau, les beaux paysages verdoyants du Pays Basque apparaissent. Monts, champs, bergeries et océan au loin. Quels beaux contrastes, le bleu, le vert, le rouge, le blanc. Et puis, le silence.

Route Napoléon, mont Ursuya

Route Napoléon, vue sur champs (64)

Je croise quelques brebis, avachies à l'ombre d'un arbre situé à côté des barbelés. Je m'arrête à leur hauteur. Elles mâchonnent quelques brins d'herbe en me regardant d'un air hautain, mais interrogatif tout de même.

Route Napoléon, brebis (64)

Je repars. Un peu de façon hasardeuse. Il n'y a plus de panneau "Route de Napoléon". Tu te démerdes ! Croisement ici qui semble mener dans une impasse. Croisement par là qui se termine dans la cour d'une ferme. On monte, on descend. Ce n'est pas désagréable de ne pas savoir où l'on est, ni de savoir où l'on va. Juste le hasard de la route. Il ne l'a jamais fini sa route ce couillon de Napoléon ? Où est-ce qu'il voulait aller ? Pas d'indication.  C'est ni fait, ni à faire. Je roule, j'avance. Tiens, je vais aller à gauche. Tiens, je vais tourner à droite. Et puis, de virages en croisements, je me retrouve dans un petit village ou un lieu-dit nommé Zelhaya. Ici, tout est rouge et blanc. Un panneau directionnel ne m'indique pas la Route de Napoléon, mais la présence d'une "Stèle des évadés de France". Cela m'intrigue. Je prends la direction. Quelques mètres plus tard, j'arrive sur les hauteurs de Zelhaya. Un embranchement propose de continuer sur une route bitumée ou d'emprunter un chemin de randonnée pour atteindre le sommet de ce petit mont basque qu'est d'Urshuya, ou Ursuia, ou Urshuia... Oh putain, quinze orthographes différentes pour le même endroit ?! En tout cas, au centre de cet embranchement, il y a la stèle.

Zelhaya, stèle des évadés de France (64)

Un peu d'histoire, veux-tu.
Dans plusieurs lieux du Pays Basque, mais aussi le long des Pyrénées, de Biarritz à Narbonne (et même jusqu'à Capbreton, Bordeaux et Paris...), on trouve de ces monuments dressés à la mémoire des résistants qui quittèrent la France pour rejoindre l'Armée de la libération via l'Espagne durant la Seconde Guerre mondiale.
Il 'sagisait pour ces femmes et ces hommes de quitter la France collaborationniste et occupée par l'ennemi pour rejoindre une région qui ne l'était pas afin de travailler aux opérations de résistance. Il y eut aussi les évadés qui purent se libérer de la joute nazie pour repartir au combat. Ces stèles rendent aussi hommage aux nombreux passeurs qui ont permis aux résistants et combattants de rejoindre des lieux plus propices au combat contre l'ennemi en les guidant dans les montagnes.
Beaucoup de ces "évadés" furent oubliés des manuels d'histoire. Un bel article leur rend hommage, commençant par ces mots :
"C'est un épisode méconnu de l'histoire de France. Durant la Seconde Guerre Mondiale, 19 000 jeunes Français (hommes et femmes) ont franchi les Pyrénées au risque de leur vie. Ils se sont engagés volontairement dans les Forces françaises combattantes après plusieurs mois d'internement en Espagne dans des geôles sordides. 4 à 5000 d'entre eux s'engagèrent dans la 2ème D.B. ; les autres entrèrent dans tous les corps de l'armée française en formation en Afrique du Nord. Voici l'hisxtoire oubliée des évadés de France."
                                                                                HISTOIRE POUR TOUS : Les évadés de France

Je fais demi-tour pour rejoindre le centre et le fronton de Zelhaya. C'est chouette comme nom, Zelhaya. Je ne sais pas si cela veut dire quelque chose en basque. Je poursuis mon parcours hasardeuse en suivant la route... tout simplement.

C'est tout juste si je n'ai pas oublié quel était mon but, mon objectif du jour : rejoindre Bidarray pour prendre des photos des falaises d'Iparla.
Quelques kilomètres plus loin, une apparition.

Mendionde, église saint-Cyprien (64)

Il n'y avait que des champs, des arbres, des forêts et puis, soudain, à la sortie d'un virage : une église. Située sur une crète, faisant de l'ombre au Mont Baigura (897 m) en arrière plan, l'église de Mendionde interpelle l'attention et la curiosité. Je décide de m'y arrêter.

Elle est un peu isolée, en dehors du village, sur les hauteurs. Il faut dire que Mendionde - du basque Mendiondo signifiant "à côté de la montagne" ; en l'occurrence, ici, il s'agit du mont Ursuya (678m), située à l'ouest du village - se compose de quatre quartiers séparés : Attisanne (Atezain), Basseboure .(basoita), Gréciette (Gerezieta) et Lekorne. Du coup, les 720 habitants de Mendionde ne s'appellent pas les Mendiondais ou les Mendiondois, mais les Lekondars. L'église est rattachée à ce dernier quartier, qui est aussi le plus important.

D'extérieur, elle semble assez humble, simple. Elle est dédiée à Saint-Cyprien. Datant du XVème siècle, elle est entourée d'une enceinte qui renferme le cimetière du village composé de nombreuses stèles, cruciformes et discoïdales. Elle possède une nef unique surmontée d'un clocher-pignon typique de l'architecture religieuse labourdine.
Mendionde, église Saint-Cyprien, cadran solaire (64)On remarque également un cadran solaire sur la façade sud
avec la devise "Hiltzeaz orhoit" qui veut dire
"Souviens-toi de la mort".
Bon, ok.

 

 

 

 

Je passe sous le porche. Un petit panneau rappelle brièvement l'Histoire de l'édifice.
"Inscrite aux Monuments Historiques depuis 1925, l'Eglise Saint Cyprien (XVème siècle) est remarquable pour les trois galeries superposées en bois caractéristiques de l'architecture basque, et son plafond présentant des fresques qui évoquent les travaux des quatre saisons. Elle recèle aussi des retables, statues et tableaux du XVIème et XVIIème siècles."

J'entre.

Mendionde, église saint-Cyprien, intérieur, ensemble (64)

C'est impressionnant. Mes yeux ne savant pas où regarder tellement il y a de choses.
Dans un premier temps, je m'approche du retable... Immense !
Mendionde, église saint-Cyprien, retable, insta (64)

Il est dédié à Saint Cyprien. Au centre, on découvre une toile figurant le saint évêque de Carthage, entouré des figures de saint Jean-l’Évangéliste, à droite, et d’une représentation sculptée de saint Cyprien à gauche. Sur les côtés latéraux, des peintures des XVIème et XVIIème siècles s'ajoutent à l'ensemble.

Mendionde, église saint-Cyprien, intérieur, retable (64)


Je lève maintenant les yeux au ciel... ou plutôt au plafond.
C'est à cet endroit qu'ont été peintes les fresques du XXème siècle reproduisant les travaux "des champs et des villages", au rythme des quatre saisons.

Mendionde, église saint-Cyprien, intérieur, fresques (64)

Mendionde, église saint-Cyprien, intérieur, fresques, détail (64)               Mendionde, église saint-Cyprien, intérieur, fresques, détail

J'emprunte les escaliers en bois situés sur les côtés-fond de l'église afin d'accéder aux différents étages.
Une fois en haut, la vue est impressionnante à plus d'un titre ; que ce soit pour l'ensemble des pièces présentes, mais aussi pour l'agencement des escaliers et paliers en bois.

Mendionde, église saint-Cyprien, intérieur, ensemble, vue du troisième (64)
Mendionde, église saint-Cyprien, intérieur, troisième palier (64)
              Mendionde, église saint-Cyprien, intérieur, troisième palier

J'avance doucement. Le plancher craque, plisse, mais ça a l'air de tenir. Dans un coin, un pigeon me regarde évoluer ; apparemment surpris de voir quelqu'un ne ces lieux d'altitude.
L'orgue semble posé en suspension, au-dessus de la nef. Une chaise attend son interprète. Vue la hauteur de l'instrument, le musicien ne doit pas voir grand chose quand il en joue.

Mendionde, église saint-Cyprien, intérieur, orgue

Mendionde, église saint-Cyprien, intérieur, orgue (64)       Mendionde, église saint-Cyprien, intérieur, orgue et fresques (64)

Alors, bon, eh, bien sûr, on ne va pas se voiler la face. Mais quand on voit tout ce bois dans une église en ce moment, on pense à ce qu'il s'est passé le 15 avril dernier pour Notre-Dame, à Paris.
Après plusieurs semaines, des architectes ont travaillé sur la reconstruction (ou réhabilitation) de l'édifice avec l'argent des nombreux dons récoltés, qui s'élèveraient à plus d'un milliard d'euros.

Voici les premières idées proposées.

Ah oui, ça a d'la gueule !
Peut être que prochainement, une fresque hommage sera faite ici
sur la voûte de l'église.
Un peu dans ce genre...
le monde brule

 

Je continue d'évoluer sur le plancher craquant des étages pour me poser juste au-dessus du retable et de ses peintures.

Mendionde, église saint-Cyprien, intérieur, vue du troisième        Mendionde, église saint-Cyprien, intérieur, retable et peintures (64)

Je passe en même temps devant un petit vitrail consacré à Bernadette Soubirou et Jeanne d'Arc.
                                    Mendionde, église saint-Cyprien, vitrail (64)

Et puis je redescends pour prendre la direction de la sortie. Reposé, apaisé par ce silence.
Je retrouve la voiture. Je reprends la route en direction de Macaye, puis Louhossoa avant de suivre la route principale, la D918, allant jusqu'à Saint-Jean-Pied-de-Port. Bidarray n'est plus très loin. J'aperçois les imposantes silhouettes des falaises d'Iparla.

Bidarray, vue sur l'Iparla (64)

Après avoir traversé le pont Noblia, je continue sur une petite route longeant la Nive. L'idée serait de longer les crêtes d'Iparla par le bas en rejoignant Bastida, mais je ne suis pas sûr que cela soit possible. Apparemment oui, mais comme d'hab', je me trompe de route. Au lieu de prendre à gauche, j'ai pris à droite ; ou l'inverse ! BREF : j'arrive finalement directement à Saint-Martin-d'Arrossa où le gentilé est Arrosatar.
Finalement, je récupère la route principale menant à Saint-Etienne-de-Baïgorry pour ensuite prendre un embranchement sur la droite menant à Bastida, lieu de départ d'une randonnée pour le pic d'Iparla.

Bastida, départ pour l'Iparla (64)

Mais bon, là, il est plus de 18 heures. Sachant que la randonnée dure cinq heures avec un dénivelé de 800 mètres, on verra ça un autre jour.
Je vais plutôt me dépêcher de rejoindre Guéthary afin de boire un petit Mojito, comme ça, pour voir quel goût ça a...

Guéthary, Mojito (64)