Il était bien 19 heures tapantes l'autre soir lorsque je décidais de me servir un petit apéro tranquille. Mais j'étais loin de me douter de ce qu'il allait se passer après ce geste de prime abord anodin.
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

Au menu ce soir de cet apéro, c'est... GIN TONIC. Et v'lan !
Hein ?
Non,
pas GYM TONIC ?!

GIN TONIC,
j'ai dit !
Il est important de varier les apéros, un peu comme les repas. Il ne faut pas toujours manger la même chose, tout comme il ne faut pas toujours boire la même chose. Eh oui, la Suze-Cassis, ça va bien deux soirs de suite, mais il faut savoir aller plus loin.
Pour réaliser cette recette, ce n'est pas compliqué, il te faut du Gin et du tonic ; d'où le nom. Cela peut paraître simple de prime abord, mais, en fait, pour faire un bon Gin Tonic, ou Gin To, il faut également rajouter du citron et des glaçons.
En lisant cette recette, peut être repenses-tu à celle du petit Grégory réalisée par Ben dans "C'est arrivé près de chez vous"...

Le cocktail était prêt, il n'y avait plus qu'à le déguster lorsque soudain, en rapprochant le verre de ma bouche, que ne vis-je pas en surface du breuvage ?

gin to insta

Eh oui, toi non plus, tu ne rêves pas : le visage du Christ. Si, si, si. Tu le vois ? Là, au milieu, entre la rondelle de citron et le glaçon ?! Bon... ou alors le visage du Christ mais avec les cheveux courts un oeil au beurre noir... Tiens, mais d'où vient cette expression "Oeil au beurre noir" ?

OEIL AU BEURRE NOIR : "La qualification 'au beurre noir' est due à la coloration de la peau entourant l’œil en raison de la présence de sang dans les tissus et fait référence au beurre noir." WIKIPEDIA
Ah d'accord.
Oui, le Christ... ou peut être Juliette Greco... ou cet acteur là qui a une mèche, je sais plus son nom... Ou un pirate... Ou Jack de "L'étrange Noël de Monsieur Jack"... Ou encore peut être Severus Rogue, ce personnage emblématique des films d'Harry Potter.
Tiens, en parlant de films et de série, as-tu vu ce qu'il s'est passé à Bordeaux ?

Games of spoil

MAIS REVENONS A NOTRE GIN TO !
Tiens, je vais lui mettre des étoiles,
cela fera plus joli, plus céleste.
Gin To

D'abord, qui a inventé ce cocktail ? Où ? Quand ?
Intéressons-nous à l'historique du Gin Tonic afin de voir s'il peut y avoir un rapport avec le Christ.
LE GIN TONIC, UNE HISTOIRE :
Parait-il qu'il fut introduit par la Compagnie anglaise des Indes orientales en Inde au XVIIIème siècle. On peut se demander pourquoi là et pas ailleurs ; et dans le même temps, pourquoi ça ne serait pas là.
Eh bien saches que tout vient de l'eau dit tonique. Son originalité repose sur le fait qu'elle contienne de la quinine ; un alcaloïde naturel ayant des propriétés antipyrétique, antalgique et antipaludique. La quinine est extraite de l'écorce d'un arbre nommé le quinquina. Ce sont les Jésuites qui découvrirent la coutume des indiens quechuas du Pérou qui, pour traiter la fièvre, utilisaient cette écorce d'arbre réduite en poudre. Elle sera ensuite ramenée à Rome pour soigner la prolifération de fièvres récurrentes avant d'être popularisée en Europe au cours du XVIIIème siècle.
À cette époque, les colons et militaires britanniques présents sur le sol indien boivent de l'eau tonique afin de se préserver de la malaria. Mais ils trouvent celle-ci trop amère et décident de rajouter du rhum ou du gin pour la rendre plus buvable. Au delà de son seul rôle préventif, la boisson devient très populaire d'autant plus qu'elle a l"apparence de l'eau ce qui permettait d'en boire en toute discrétion.
Bon, apparemment, rien à voir avec le Christ. Toujours est-il que cette apparition m'a marqué, au moins inconsciemment.

LE LENDEMAIN
Au réveil, une image me revient en tête. Spontanément. Il s'agit d'une photo que j'ai vu sur un réseau social. Cette photo montrait un orgue dans une petite église du pays basque. Et cette église se trouve à Irissarry. Je décide de m'y rendre.
Irissarry est un petit village de 868 habitants environ.
                                              Carte
Niché à 225 mètres d'altitude entre les villes-villages de Louhossoa, Hélette, Iholdy, Lacarre, Ossès et Bidarray, elle possède de multiples services et commerces de proximité : deux écoles, des médecins, un garage, une boucherie-charcuterie, une boulangerie, un café, un bar-restaurant. Mais aujourd'hui, je suis venu voir l'église, l'église Saint-Jean Baptiste.

Irissarry, église Saint-Jean-Baptiste (64)

Edifiée au 12ème siècle (vers 1150), à l’emplacement de l’ancien oratoire de la Commanderie Ospitalea, elle est dédiée au précurseur du Christ.
Elle est entourée par le cimetière communal possédant une grande variété de sépultures et de croix. Le fronton est l’un des murs d’enclos du cimetière, en sorte que, vivant et morts se côtoient quotidiennement, avec la solennité que réclame aussi bien le repos des trépassés que le jeu de main nue.
A l’extérieur, la tour-clocher précédée d’un porche couvert avec une nef unique à chevet à pans en imposent. Sous le porche, on découvre les dalles funéraires, le caveau des curés du village et une stèle aux morts de la Grande guerre.

Irissarry, église Saint-Jean-Baptiste, vierge (64)J'entre.
Sur la droite, une statue de la vierge m'accueille,
devancée par quelques cierges allumés.

 

 

 

 

Et puis,
j'avance et...

Irissarry, église Saint-Jean-Baptiste, intérieur (64)

Ouahouh !

Comme dans la magnifique petite église de Mendionde, le choeur en impose avec le surprenant retable.
Le retable de Saint-Jean-Baptiste se trouve au centre, avec figuration du baptême du Christ. Le retable du Rosaire est à gauche et le retable du Scapulaire à droite.

Irissarry, église Saint-Jean-Baptiste, autel (64)

Irissarry, église Saint-Jean-Baptiste, retable, détail (64)         Irissarry, église Saint-Jean-Baptiste, retable, détails

Irissarry, église Saint-Jean-Baptiste, retable, détails

Tout autour, enclavés dans les murs de pierres apparentes, des vitraux reprennent la vie de Saint Jean-Baptiste. Mais moi, c'est l'orgue que je suis venu voir. Il ets là, sur le côté droit. Haut et bleu. Magnifique.

Irissarry, église Saint-Jean-Baptiste, intérieur

Irissarry, église Saint-Jean-Baptiste, orgue, détails (64)

Irissarry, église Saint-Jean-Baptiste, orgueLe buffet en bois à trois étages de tuyaux est d’inspiration baroque, construit par la maison Pesce de Pau en 1992.
Trois tourelles plates encadrent deux étages de plates-faces.
Une petite plate-faces se situe au-dessus de la console en fenêtre. La façade présente 56 tuyaux en étain.
Console en fenêtre avec deux claviers manuels de 56 notes et un pédalier de 30 notes.
Ses transmissions sont mécaniques.

Je ne le savais pas aussi récent. Mais qu'est-ce qu'il est beau. J'aimerais bien en entendre un son, voir quelqu'un en jouer, mais tout est bouclé et il n'y a personne dans les parages.

 

 

 

 

 

Bon, ben voilà. C'est fait : j'ai vu l'orgue de l'église d'Irissarry. Voilà... Bon... Qu'est-ce que je fais maintenant ?

En lisant un écrit sur l'histoire du village, je découvre que celui-ci est né de la construction de la commanderie Ospitalea et de son oratoire, datant du XIIème siècle, vers l'an 1150. L’Ospitalea était une commanderie-hôpital de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. De fait, Irissarry se trouve être sur une variante du chemin des pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle suivie par les pèlerins qui, de Bayonne, recherchaient à regagner le Camino Navarres avant sa traversée des Pyrénées, à Saint-Jean-Pied-de-Port.
Pèlerins, Saint-Jacques-de-Compostelle. Tiens, allez, j'ai le temps, je vais aller faire un tour en Espagne, du côté de Zegama.

 

PAUSE

Alors certains d'entre vous peuvent penser qu'il est étrange comme ça, d'un coup, en étant à Irissarry, d'avoir envie de se rendre à Zegama, en Espagne ; soit à 160 bornes de là par des petites routes tortueuses. Et qui plus est ensuite pour se lancer dans une randonnée d'1h40.
Eh bien, à cela je répondrais que oui, mais pas tant que ça.

FIN DE LA PAUSE

 

Je quitte le petit village d'Irissarry. Pour aller jusqu'à Zegama, village départ de la randonnée du jour, il y a plusieurs voies possibles. Soit tu te fais pas chier et tu prends l'autoroute, mais tu as l'impression de faire un détour. Soit tu t'emmerdes un peu en coupant tout droit, mais pour cela il te faut emprunter des petites routes sauvages et désertiques, avec parfois, la sensation de te perdre ou de ne plus savoir où tu es.

Regardons la carte
de cet itinéraire routier aléatoire.

carte itinéraire
Ça a d'la gueule, hein ?!
Bon, pas autant que...
courir pour

Et on en est où avec Notre-Dame là ? Hein ? Ah, on n'a pas le temps d'en parler. OK.

Je quitte donc le village d'Irissarry, qui veut dire "domaine dans les fourrés" en basque. Direction plein Ouest, mais avec un peu de sud aussi.
Ossès → Saint-Etienne-de-Baïgorry. Sortie Ouest de la ville, la route zigzague, c'est la montée du col d'Ispéguy, 8,80 kilomètres de longueur pour un dénivelé de 512 mètres. C'est un très beau col qui offre une magnifique vue sur la vallée des Aldudes à l'Est (côté français) et la vallée du Baztan à l'ouest (côté espagnol) ; col frontière sur lequel sont venues se poser deux ventas proposant restauration, boisson et boutiques traditionnelles.
Me voici en Espagne. Je traverse Erratzu, une charmante petite ville active où les maisons marron et blanches sont très massives.
Je rejoins la N121 provenant de Dancharria, Dantxarria, Dabtxarinea... pour me diriger plein sud vers Elizondo. Je longe ensuite la partie sud du parc national de Bertizko pour ensuite rattraper Legasa → Elgorriaga → Aurtitz → Zubieta → Eskurra → Sakulu.
Un peu après Sakulu  -dont le nom me fait penser à San Ku Kaï-  , à nouveau plein sud par la route A15 en direction de Gorriti → Azpirotz → Lekunberri → Latasa → Goldaratz (oui, oui, on peut penser à Goldorak) → Etxeberri qui fait penser à un certain nombre de personnes originaires du Pays Basque portant ce nom. Mais cela peut également faire penser à la grotte d'Etxeberriko-Karbia qui se trouve du côté de Camou-Cihigue.

Il y a quelques années de cela, je m'étais rendu à Camou, mais juste pour faire une photo du panneau...

Jénorme est à Camou
Histoire de faire un petit hommage à ce jeu
inventé par Kad et O.


À l'époque, je ne savais pas que le village cachait en son antre plusieurs curiosités historiques et naturelles.
J'y suis donc retourné quelques mois plus tard après avoir appris qu'à Camou-Cihigue se trouvait une grotte. Et que trouve-t-on dans cette grotte ? Eh bien, des peintures rupestres datant de l'ère Magdalénien au Paléolithique supérieur supérieur ont été découvertes dans les années 1950.
38 images dans toute la grotte : un anneau , dix chevaux, deux bisons, deux chèvres sauvages , des pointes et des lignes. Il semblerait qu'il y en avait bien plus lorsque la grotte était accessible aux visiteurs. On parle de plus de 68 dessins avant que ceux-ci ne soient dégradés et disparus.
C'est aussi à Camou-Cihigue que l'on peut visiter la grotte des lamiñak (ou Lamiñen ziloak en basque). Elle se situe près de la maison Eiezkia et à 400 mètres de l'église. Elle se présente sous la forme de trois ouvertures desquelles sort de l'eau salée ; une de ces résurgences jaillit à 34 °C, appelée localement guesala. On lui attribue des propriétés curatives. Pour en être sûr, je m'y suis également rendu quelques semaines après.

Voilà...

 

 

De quoi on parlait déjà ?
On en était où ?

 

Ah oui : Camou-Cihigue-grotte d'Etxeberriko-Karbia-Etxeberri-route.
C'est ici à Etxeberri que je récupère l'A10 pour aller plein Ouest en direction de Ihabar → Lakuntza → Bakaiku.
À Altsasu, il faut à présent remonter vers le nord pour rejoindre enfin Zegama.

Zegama, panneau (Espagne)

Ouah, ça pète comme nom ! Zegama ! Si j'avais eu un fils, je l'aurais appelé comme ça : Zegama. Ça me fait penser à "radiations gama" ; ces fameux rayons gama dont a été victime le docteur Banner dans la série L'incroyable Hulk avec Bill Bixby.

Ça me fait penser également à un nom tiré du manga japonais Goldorak, genre Mizar, Hydargos, Alcorak ou je-sais-pas-tout-quoi.
Je n'ai jamais trop cherché à comprendre l'histoire originelle de Goldorak. Étant enfant, ce que je retenais surtout, c'était une sorte de lutte contre le mal avec des golgoths, des machins, de l'action, de la musique...

Les puristes diront que le premier générique était interprété par Noam et était bien mieux. Moi, je préfère celui chanté par Lionel Leroy à partir de 1982. Mais qu'est-il devenu ce Lionel Leroy ?
Tout d'abord, il faut savoir que son vrai nom est Yves Martin. Il utilisait le nom de Lionel Leroy seulement pour interpréter les génériques de séries télés. Alors pourquoi s'est-il fait appeler Lionel Leroy plutôt que Jacques Chirac ou Demis Roussos ? Eh bien, oui, tu as raison, ces noms étaient déjà pris, mais aussi parce que... Hein ? Ah, on me signale que l'on n'a plus le temps. Donc nous allons reprendre où nous en étions...
N'empêche, bon, allez, moi, je n'ai jamais trop compris, ni chercher à comprendre ce qu'il faisait là ce Goldorak avec son prince d'Euphor et tout ça. Je crois que l'on peut prendre deux minutes pour essayer de combler cette ignorance.

GOLDOR
AK, L'HISTOIRE
Goldo"Un empire extraterrestre belliqueux, Véga, a asservi et ravagé la lointaine planète avancée mais pacifique d'Euphor. Le prince d'Euphor, Actarus a toutefois pu échapper au massacre en leur volant le ROBOT de combat Goldorak, qui peut voyager à travers l'espace dans sa soucoupe porteuse, ou UFO en V.O. Actarus, réfugié sur Terre, est soigné et adopté par un scientifique humaniste, le professeur Procyon, directeur d'un centre de recherches spatiales. Goldorak est dissimulé dans une base souterraine sous le centre. D'apparence humaine, contrairement aux humanoïdes au physique peu facile de Véga, Actarus se fait passer pour un Terrien et travaille comme garçon d'écurie au Ranch du Bouleau Blanc voisin, propriété de Rigel.Lorsque l'empire de Véga tourne sa soif de conquêtes vers la Terre, il établit une base militaire dans ce but sur la face cachée de la Lune. Actarus et Goldorak s'opposent à leurs plans en combattant leurs soucoupes et monstres robotiques." WIKIPEDIA

 Voilà, ça, c'est fait aussi ! Très bien !

 

 

REVENONS À NOS ZEGAMAS !

Objectif du jour : rejoindre le tunnel San Adrian.
Qu'est-ce que c'est ?

Il s'agit d'un tunnel naturel creusé dans la roche du massif de l'Aizkorri, délimitant les provinces de l'Alava et de la Navarre. Il fait également parti du Chemin de l'Intérieur vers Compostelle. C'est également l'un des plus beaux sites du Parc Naturel d’Aizkorri-Aratz. Ce tunnel abrite également un ermitage dédié à Adrien de Nicomédie.

Caractéristiques :
Situé à 1100 mètres d'altitude, long de 70 mètres et abritant une chapelle du même nom, il est traversé par une ancienne chaussée médiévale, qui témoigne de son importance comme moyen de communication dans le passé. Il a été emprunté et fréquenté par les pélerins, les marchands et les rois depuis des siècles.

Comment l'atteindre ?
Au départ de Zegama, il faut prendre la direction du col d'Otzaurte  emprunter un sentier de randonnée raide et escarpé, à travers et se garer au km59, d'après les anciennes bornes. De là, il faut ensuite prendre le sentier indiquant la direction "Ermitage de San Pedro".

Des chiffres ?
5 heures aller/retour de marche
750 mètres de dénivelé.

C'est parti.
Zegama, en route pour San Adrian (Espagne)
Enfin, dès que j'aurai passé ce mur de siensiens !

Voilà, c'est fait.

Je poursuis un temps la route goudronnée de Zegama
en passant devant une sorte d'église ou de... je sais pas.
Zegama, croix et édifice inconnu (Espagne)

Une dernière belle demeure
toute en pierres apparentes...
Zegama, sentier tunnel San Adrian, pierres apparentes (Espagne)
...et j'attaque la montée.

Le sentier est indiqué par un fléchage jaune marqué "Ermitage San Pedro". Je passe au dessus de la voie ferrée reliant Irun à Madrid, pour ensuite traverser une forêt avant de parvenir aux prairies d'Irrubizabel après 1h30 de marche. De là, nous avons déjà une belle vue sur la vallée de Zegama.

Zegama, sentier tunnel San Adrian, vue panoramique Zegama (Espagne)

Et maintenant :

on grimpe !!!
Zegama, sentier Tunnel San Adrian, ça grimpe (Espagne)


Je suis les panneaux indiquant le Chemin de Saint-Jacques de Compostelle.

Zegama, sentier Tunnel San Adrian, panneau           Zegama, sentier Tunnel San Adrian, panneau

Zegama, sentier Tunnel San Adrian, panneau               Jénorme est sur le sentier du tunnel de San Adrian (Espagne)

Après une belle et longue montée, le sentier se détend un peu ; c'est à dire qu'il devient moins pentu, c'est à dire que c'est un peu moins chiant. L'occasion pour moi de souffler un peu et de regarder ce qu'il se passe derrière au niveau du panorama.

Zegama, sentier Tunnel San Adrian, panorama (Espagne)
Ah oui.

Je poursuis.
Mon regard s'arrête sur quelques demeures et autres objets isolés. Ici, une baignoire ; là, un bâtiment en tôle ; quelques maisons isolées ; ou encore au loin, très très loin, une maison très très très isolée au milieu des arbres sur la montagne d'en face...

Zegama, sentier Tunnel San Adrian, baignoire (Espagne)         Zegama, sentier Tunnel San Adrian, batiment isolé (Espagne)

Zegama, sentier Tunnel San Adrian, maison isolée (Espagne)         Zegama, sentier Tunnel San Adrian, maison isolée

Zegama, sentier Tunnel San Adrian, maison isolée


Le sentier s'est soudainement élargi. C'est à ce moment précis que j'arrive à hauteur d'un ermitage qui n'est ni celui de San Adrian, ni celui de San Pedro. Non, ici, c'est l'ermitage de Sancti Spiritus.

Zegama, tunnel San Adrian, ermitage Sancti Spiritus (Espagne)

Nous sommes à 960 mètres d'altitude et cela fait un peu plus de deux heures que je marche en ayant parcouru quelques sept kilomètres depuis Zegama

Zegama, tunnel San Adrian, ermitage Sancti Spiritus          Zegama, tunnel San Adrian, ermitage Sancti Spiritus

L'ermitage Sancti Spiritus (Santa Clara en français) se compose de deux bâtiments en pierres apparentes. L'un semble accueillir les pèlerins, l'autre est une chapelle.

Zegama, tunnel San Adrian, ermitage Sancti Spiritus, porte (Espagne)        Zegama, tunnel San Adrian, ermitage Sancti Spiritus, croix

Zegama, tunnel San Adrian, ermitage Sancti Spiritus, croix (Espagne)        Zegama, tunnel San Adrian, ermitage Sancti Spiritus, intérieur (Espagne)

Je cherche un rapport avec la ville de Sancti Spiritus à Cuba, mais je n'en trouve pas. Je décide donc de poursuivre mon chemin vers cet objectif que je vois à présent apparaître au loin : des fils électriques... le tunnel San Adrian.

Zegama, tunnel San Adrian, ermitage Sancti Spiritus, vue sur le tunnel (Espagne)

Sur ma gauche, un peu plus bas,
j'aperçois le refuge San Adrian.
Zegama, sentier tunnel San Adrian, refuge San Adrian (Espagne)

D'ici, impossible pour moi de te dire si c'est ouvert, fermé et si ils servent du Picon-bière. Par contre, derrière au loin, je vois quelques cimes enneigées des Pyrénées se dégager sur le fond de ciel bleu.

Zegama, sentier tunnel San Adrian, vue sur les Pyrénées (Espagne)
Chaine des Pyrénées enneigées et le Txindoki

Le sentier est à nouveau plat. Je traverse une belle prairie herbeuse lorsque je croise un objet insolite, posé là devant la pente.

Zegama, sentier tunnel San Adrian, luge de Joxepe (Espagne)

Zegama, sentier tunnel San Adrian, luge de Joxepe          Zegama, sentier tunnel San Adrian, luge de Joxepe

Pas plus d'explications que celles écrites sur cet objet : "Ya no Hay locos, amigos, ya no hay locos. Joxepe 1951-1998" ("Il n'y a plus de fous amis, il n'y a plus de fous. Joxepe 1951-1998").
Alors, nous sommes en droit de nous poser des questions : qui était ce Joxepe, apparemment décédé à l'âge de 47 ans ? Est-il décédé en dévalant les pentes sur cette luge étrange ? N'y a-t-il aucun rapport ?

Toujours est-il, ou toujours n'est-il pas, voilà qu'après plus de trois heures de marche, j'arrive à l'entrée du tunnel San Adrian.

Tunnel San Adrian, entrée (Espagne)

Est-ce que tu l'as vu ?
Précision.
Jénorme nous montre l'entrée du tunnel San Adrian (Espagne)

C'est naturel, c'est étonnant, c'est unique.

parkingMais ce qui me surprend le plus, c'est que j'ai marché pendant plus de trois heures sur un sentier de solitude avec un dénivelé de plus de 750 mètres... alors qu'à deux pas de ce lieu de pèlerinage se trouve... un grand parking pour les bagnoles des gens qui ne peuvent pas marcher plus de 200 mètres ! Merde : je croyais être seul, je croyais que le tunnel San Adrian se méritait, eh bien pas du tout ! Tu peux y aller en bagnole ! Direct !

 

Bon ben tant pis. J'avance un peu plus au milieu des gens en tongs et en espadrilles pour accéder à l'entrée du tunnel.

Tunnel San Adrian, entrée

Nous sommes à 1 005 m d'altitude, au point le plus bas entre les imposants massifs des monts Aizkorri et Aratz (1 528 m et 1 442 m respectivement).
Le suspense est à son comble. Que vais-je trouver dans ce tunnel finalement ? Ont-ils monté une épicerie, un magasin de souvenirs, une boutique de cigarettes électroniques ?

J'avance pour arriver à hauteur de l'ancienne porte aujourd'hui quelque peu en ruine.

Tunnel San Adrian, entrée, porte voutée (Espagne)

Bien avant moi, ce furent les les cohortes romaines et l'empereur Charles Quint qui s'engagèrent par cette porte pour emprunter cet extraordinaire passage naturel qu'est le tunnel San Adrian.
Allez, j'entre définitivement dans cette antre de calcaire.

Tunnel San Adrian, ermitage (Espagne)

Tunnel San Adrian, ermitage, noir et blanc (Espagne)

Tunnel San Adrian, ermitage

Et maintenant, un peu d'histoire parce que c'est pas l'tout de s'émerveiller, il faudrait peut aussi chercher à comprendre.

UN PEU D'HISTOIRE
"Tout au long de l’histoire ont traversé ce tunnel de San Adrian des armées, des rois, des marchands et des pèlerins. En tant que point de passage, ses débuts remontent à l’Antiquité, à l’époque de l’Empire romain. A cette époque passait la Voie qui reliait Astorga à Bordeaux et qui guide encore les pas du visiteur de chaque  côté de l’ouverture. Depuis le 11ème siècle son rôle est documenté comme le chemin naturel de communication entre la plaine d’Alava et la vallée en Gipuzcoa de la rivière Oria; un point de passage entre la Castille et le reste de l’Europe.
En 1290, le pape Nicolás IV  accorda des indulgences aux pèlerins, passants et  mendiants qui, le jour de sa fête, visiteraient l’ermitage de San Adrián, à l’intérieur du tunnel. À son apogée, il était doté d’infrastructures, comme une taverne, des écuries et une garde permanente.  Il en arriva même à avoir une mairie, et l’un de ses maires se vantait même d’être l’un des hommes les plus importants de toute l’Europe, parce que les plus distingués  gentilshommes riches ou nobles du continent se découvraient en sa présence. Ce qui ne serait pas  complètement faux compte tenu de l’étroitesse de l’orifice de sortie du tunnel qui obligeait la majorité des visiteurs à se pencher et à découvrir leur tête. Le passage n’était pas gratuit comme en témoignent les restes des anciennes douanes médiévales, qui, du côté de Gipuzcoa, servent  encore aujourd’hui d’entrée au passage.
L'ermitage San Adrian fut construit en 1883 sur un précédent, probablement du 11ème siècle. Dans ses fonts baptismaux fut baptisé en 1502 Felipe de Lazcano, filleul des princes Felipe le Beau et Jeanne la Folle." ESPAGNA FASCINANTE

Tunnel San Adrian, ermitage, mur (Espagne)J'avance au delà de l'ermitage
dont les murs sont malheureusement tagués
de propos politico-régionaux.

 

 

 

 

 
Je passe l'édifice pour continuer à avancer dans le tunnel dont je distingue la petite ouverture un peu plus loin. C'est par là qu'il faudra passer.

Tunnel San Adrian, ermitage

"Le tunnel est l’un des points clés des premières étapes du Chemin de Santiago de l’Intérieur. Depuis la route de pèlerinage d’Alava il est née comme une alternative à la route côtière (qui s’avérait parfois trop dangereuse à cause des luttes des bandos et des attaques de bandits, particulièrement intenses en Guipuzcoa et en Biscaye entre les XIVe et XVe siècles), les pèlerins profitèrent de la vieille route romaine pour diriger leurs pas de la côte basque vers la ville de de Vitoria. En raison de l’obscurité intense qui régnait à l’intérieur du tunnel, il était connu par les marcheurs comme la 'bouche de l’enfer'."  ESPAGNA FASCINANTE

Derrière moi,
le panorama est unique.
Tunnel San Adrian, tunnel (Espagne)

Ah mince, on voit rien.
Attends, je me rapproche !
Tunnel San Adrian, tunnel, lumière (Espagne)

Aaaaaahhh, on ne voit toujours rien.
Je fais demi-tour !
Tunnel San Adrian, entrée, panorama (Espagne)

Un coup de zoom !
Tunnel San Adrian, entrée, panorama
Wouah, c'est beau ces fils électriques !


Je poursuis mon avancée dans le tunnel.

Tunnel San Adrian, sortie (Espagne)

"Le tunnel entier n’est pas très long. Ce sont environ cinquante mètres qui séparent les deux extrémités, parfaitement visibles l’une de l’autre. La sortie vers l’Álava se rétrécit jusqu’à une ouverture de plus de deux mètres de hauteur qui, observée de l’extérieur, donne au tunnel une fausse catégorie de caverne. Ça vaut la peine de  le traverser par simple plaisir de le faire ou de vérifier la richesse naturelle des deux extrémités.
Sur le versant sud se trouve un vieux Refugio de Miqueletes, d’où la garde provinciale de Guipuzcoa tentait d’empêcher la contrebande et le vol de bétail au XIXe siècle. Si vous continuez la route dans Álava vous atteindrez la ville de Zalduondo."   ESPAGNA FASCINANTE

Et puis, je sors du tunnel en courbant l'échine, comme Charles Quin, d'après la légende. Cette sortie est en fait une doline, c'est à dire une petite dépression semi-circulaire formée par l'érosion du calcaire.

Lumière.
Autre paysage.

Tunnel San Adrian, sortie vers Lizarate (Espagne)

Le tunnel est le seul passage naturel vers la province d'Alava. La belle voie romaine poursuit le tronçon de l'itinéraire Bordeaux-Astorga à la sortie ouest du tunnel. On rejoint alors le col de Lizarrate, situé à 1030 mètres d'altitude. Un ancien temple romain garde l'entrée. C'est une magnifique clairière qui s'offre à moi au sortir du tunnel.

Tunnel San Adrian, sortie ouest

Tunnel San Adrian, sortie ouest (Espagne)           Tunnel San Adrian, sortie ouest

Tunnel San Adrian, sortie ouest

 

Je décide de faire demi-tour, de retraverser le tunnel et de rejoindre la voiture par le même chemin.

Voilà.
Que retenir de tout cela ?
Eh bien peut être que cette journée est partie d'un Gin Tonic.