Dans les épisodes précédents, Jénorme errait au hasard des rues, avenues, ponts, parcs et places bordelaises à la rencontre d'une végétation variée, de monuments historiques, de moyens de transports modernes, d'édifices religieux en deux parties, de quartiers plus ou moins populaires...
Ouais bon, quand soudain, ne voilà-t-il pas...

 

Il n'y a pas mal de choses que je n'ai pas dites lors des précédents épisodes sur cette errance bordelaise.
On ne peut pas tout dire, ni tout savoir non plus, mais il me semble important dès maintenant de rappeler que le nom antique de Bordeaux est Burdigala. Ah, ah, ah ! ET PAF ! Tiens, prends ça, toi lectrice/teur ! Bordeaux n'est pas Bordeaux, Bordeaux est Burdigala ! Fans de foot, ce sont les Girondins de Burdigala ! Il faut refloquer tous les maillots ! Aaaaah, avec ce rosbeef, je prendrais bien un petit verre de Burdigala... PAF : il faut refaire toutes étiquettes de vins de Bordeaux ! Et y'en a un paquet ! Des tonnes ! Des stères !!!! Et puis, tiens, pour les pros de la déco et gnagnagni, est-ce que vous avez une nappe couleur burdigala ? Ah, ah, ah !!!!!! Oui, Bordeaux est banni du vocabulaire viticole, footballistique et décoratif ! Bordeaux est redevenu Burdigala !
De prime abord, on pourrait penser qu'il s'agit du nom dérivé d'un publicitaire français bien connu pour sa célèbre phrase "Si à 50 ans, on n'a pas une Rolex, on a quand même raté sa vie." (Jacques Segala) ; qui m'amène à penser de suite à ces deux autres citations :

dans la vie               rolex

Ceci étant dit, recentrons-nous sur le questionnement premier : pourquoi Burdigala est-il devenu Bordeaux ? C'est vrai quoi ?! Qui s'est permi ? Et pourquoi ? Et si tout le monde faisait pareil à n'importe quel moment, dans quel bordel on serait ?
Tiens, ben, comme ça, là, aujourd'hui, Saint-Pée-sur-Nivelle s'appellera maintenant Spontex ! Eh ouais, eh ouais, c'est comme ça ! Et puis Espelette, on va l'appeler PoivreBlanc ! Nevers, dans la Nièvre, eh ben on va l'appeler Always ! PAF ! Comme ça, pour faire chier les gens qui voyagent en entrant dans des noms de ville dans leur GPS sans prendre conscience du monde qui les entoure. Oui, voilà un nouveau concept de tourisme : changer une fois par mois le nom des villes !!!!

Ah, ah, ah, AH, AH,
AAAAAAAHHHH !!!

"Eh oh, on se calme", comme disait Christophe Dechavanne
dans l'émission "Ciel mon mardi" du 24 novembre 1989.
Et revenons à nos Bordeaux !

 
Burdigala
était la capitale des Bituriges Vivisques, et quand on a dit ça, eh ben, c'est un peu comme si on n'avait rien dit. Alors plongeons-nous un peu dans l'histoire mouvementée de cette ville.
Elle faisait fortune grâce au trafic d'étain en provenance d'Armorique. Ces marins et commerçants celtes, arrivées au IIIème siècle avant J.C., tombèrent sous la coupe romaine en 56 avant J.C. et Bordeaux devint au IVème siècle de notre ère la métropole de l'Aquitaine. Appelée la "petite Rome", elle doit en grande partie sa prospérité à son vignoble exceptionnel, réputé dès sa création au Ier siècle.
Les Wisigoths, puis les Vikings, attaquèrent la ville, qui se rétablit sous la tutelle des Anglais dès 1154 : Aliénor d'Aquitaine leur apporte alors la région en dot en épousant Henri de Plantagenêt. Bordeaux s'enrichit de l'exportation de son vin "claret" vers la cour d'Angleterre jusqu'à la Guerre de Cent Ans, qui s'achève en 1453 par la restitution de la ville au royaume français. Célébrée jadis par le poète romain Ausone, Bordeaux la littéraire élit Montaigne maire de 1581 à 1585. Montesquieu est ensuite considéré comme le penseur attitré de la ville.
Au XVIIIème siècle, Bordeaux connaît son apogée : le commerce vers les colonies repose sur son port, les esclaves y transitent comme le sucre, les épices et le café des "Isles". Enrichie, la ville laisse libre ses intendants qui, comme Tourny ou Dupré de Saint Maur, se consacrent aux travaux d'embellissement.


ET PAF :

ENCHAÎNEMENT !

Nous parlons d'Histoire, de XVIIIème siècle et ne voilà-t-il pas qu'après avoir traversé la place de Pey Berland et sa statue de Jacques Chaban-Delmas débarrassé de son canapé pour rejoindre la rue Bouffard où se trouve l'entrée du Musée des Arts Déco et du Design. Au préalable, j'ai pris soin malgré moi de louper le musée des Beaux Arts qui se situe juste derrière la mairie, rue Elisée Reclus, du nom du géographe libertaire et militant anarchiste, né en mars 1830. Il fut également précurseur précurseur de la géographie sociale, de la géopolitique, de la géohistoire et de l'écologie. Il eut également une influence certaine sur Eugénie David qu'il rencontra en 1886 à Bruxelles et avec qui il entretiendra une forte amitié. Le premier ouvrage écrit par Eugénie David (Pour la vie, sous le pseudonyme d'Alexandra Myrial), paru en 1901, est d'ailleurs préfacé par Elisée Reclus.
Tu ne connais pas Eugénie David ? Tu ne connais pas Alexnadra Myrial ? Ah... Peut être la connais-tu mieux sous son troisième nom qui était Alexandra David-Néel. Femme fascinante née le 24 octobre 1868 à Saint-Mandé, morte à près de 101 ans le 8 septembre 1969 à Digne-les-Bains, elle vécut plusieurs vies pour être tour à tour orientaliste, tibétologue, chanteuse d'opéra et féministe, journaliste et anarchiste, écrivaine et exploratrice, franc-maçonne et bouddhiste française. De ses nombreux périples et prises de position, on retient son séjour à Lhassa, capitale du Tibet et ville interdite, qu'elle atteignit après s'être déguisée respectivement en mendiante et en moine en 1924. Mais il y eut aussi... Hein ? Ah oui, ce n'est pas le sujet du jour, OK, retournons à Bordeaux.

OUI DONC ALORS je voulais aller voir le Musée des Beaux-arts afin d'y admirer les oeuvres de la Renaissance italienne, des écoles hollandaise et flamande du XVIIème, ou encore des oeuvres françaises de Magnasco, Chardin,... Sans oublier des peintures plus modernes et contemporaines avec les oeuvres de Delacroix, de l'école de Barbizon, Henri Martin, Kokoschka, Soutine, Matisse...
MAIS BON : je sais pas ce que j'ai fait et me voici au...

 

MUSÉE DES ARTS DÉCO
ET DU DESIGN

Bordeaux musée des Arts Déco batiment (33)

Le Musée des Arts Décoratifs et du Design  -autrement dit le MADD-  se trouve dans une cour intérieure. Installé dans un hôtel particulier  -l'hôtel de Lalande- construit entre 1775 et 1779, son statut va changer au fil du temps. Construit tout d'abord pour une riche famille de parlementaires bordelais, cet hôtel particulier construit entre cour et jardin compte parmi les plus belles demeures aristocratique du XVIIIème siècle bordelais.
En 1880, ce sont les services de police et une prison qui s'y installent. En 1887, l'hôtel de Lalande devient Caserne municipale, l'aile des communs accueille écurie, magasin à foin, cour de passage et sellerie, tandis que les services de la sûreté et des mœurs -division municipale, commissaire central et petit parquet- s'installent dans le corps de logis principal.
En 1922, l'étage de l'hôtel de Lalande, précédemment défiguré par l'installation de la police est réaménagé par l'architecte de la ville Jacques d'Welles. Cinq salons sont reconstitués avec des boiseries anciennes provenant d'hôtels particuliers bordelais (Ravezies, Gascq, Dudevant).
Puis, en 1924, le bâtiment devient un Musée d'Art ancien, transformé en Musée des Arts Décoratifs en 1955. Les collections du musée s'étendent désormais du Moyen-âge à la fin du XVIIIème siècle, et illustrent les arts appliqués du bois, du fer, de la terre, et du feu. La richesse et la variété des collections de faïences et de porcelaines place le musée des Arts décoratifs au premier rang des collections françaises de céramiques.
Puis réaménagé en 1984 pour évoquer une riche demeure aristocratique, le musée veut être représentatif du siècle des Lumières bordelais. C'est en 2013 que "nait" le Musée des Arts Décoratifs et du Design avec la volonté de devenir un lieu majeur de diffusion du design.

J'entre dans le musée. Sur la gauche, c'est le lieu des expositions temporaires. Ce jour là, c'est l'image-livre, éditeurs et artistes de l'avant-garde tchèque (1920-1930) qui est mise en avant.

Bordeaux, Musée des Arts déco et Design, expo temporaire, livres (33)LE LIVRE TCHÈQUE AU CARREFOUR DE L'EUROPE
"Située au coeur de l'Europe, Prague est au carrefour de multiples mouvements d'avant-garde : la Sécession viennoise, puis l'expressionnisme allemand, le cubisme français, le futurisme italien et le constructivisme russe. Les couvertures des livres publiés à Prague dans les années 1900-1910 montrent la grande porosité de ces mouvements : contrastes de couleurs et ornements stylisés recouvrent les romans tchèques et les traductions des best-sellers européens et en particulier français.
Ces influences sont également sensibles dans les arts décoratifs produits à Prague, à cette période : mobilier, tapis et céramiques témoignent de l'ouverture de la capitale au reste de l'Europe. Le milieu culturel se caractérise aussi par son multilinguisme, ce qui incite artistes et écrivains à voyager. Cette ouverture est renforcée par l'affirmation d'une identité reconquise dont témoigne une intense activité typographique. De nombreux artistes tchèques s'émancipent des caractères importés des fonderies allemandes et créent des typographies originales adaptées à l'orthographe tchèque." MAAD

Bordeaux, Musée des Arts déco et Design, expo temporaire, couvertures (33)        Bordeaux, Musée des Arts déco et Design, expo temporaire, couvertures

JOSEF CAPEK, UN PASSEUR DE MODERNITÉ
"Peintre et illustrateur, Josef Capek (1887-1945) affirme une identité graphique moderne. Influencé par le cubisme de Braque et de Picasso, les couvertures qu'il réalise témoignent d'une liberté typographique et de composition nouvelle.
Personnalité singulière, il amorce de nouveaux liens avec les éditeurs qui soutiennent son approche graphique. Sa collaboration avec l'éditeur Aventinum, qui donne lieu à plus de 200 couvertures, marque l'abandon progressif du vocabulaire figuratif au profit de motifs abstraits qui mettent en valeur le titre de l'ouvrage et le nom de l'auteur.
La modernité s'affirme à travers un primitivisme et une franche spontanéité : géométrie approximative de lignes, lettres à l'aspect fruste voire naïf, répétition systématique, accentuation des contrastes de couleurs.
L'eouvre gravée de Josef Capek est considérable et dépasse l'espace de la couverture (frontispices, marques d'éditeur et illustrations intérieures).
Militant antifascistes, il est arrêté par la Gestapo lors de l'invasion de la Tchécoslovaquie en 1939. Déporté, il meurt en 1945 au camp de Bergen-Belsen." MAAD

Bordeaux, Musée des Arts déco et Design, expo temporaire, josef capek        Bordeaux, Musée des Arts déco et Design, expo temporaire, livre (33)

C'est très pointu, mais intéressant. Il y a quelque chose d'évident de prime abord qui, une fois expliqué, permet de se dire : "Ah ben ouais, mais c'était pas si évident que cela finalement." Est-ce que je me suis bien fait comprendre ? Non ? Bon tant pis. 
Dans une autre salle, je découvre quelques oeuvres cubistes dans les arts décoratifs tchèques.

Bordeaux, musée des Arts Décoratifs, exposition temporaire (33)"La présence d'artistes tchèques à Paris à la fin des années 1900, autour de Braque et de Picasso, et la diffusion du cubisme en Europe influencent les artistes tchèques de l'avant-garde, et ce jusqu'au milieu des années 1920. À Prague, le cubisme architectural, phénomène unique qui voit le jour au début des années 1910, marque à son tour les arts décoratifs. Pour les architectes Pavel Janak (1882-1956) et Josef Gocar (1880-1945), les objets et le mobilier permettent de donner forme à leur approche cubiste. En surlignant de bleu ou d'orange les arêtes des volumes des boites qu'il conçoit Pavel Janak accentue les parties les plus exposées de la forme. Il perturbe la vision du spectateur, donnant l'impression que d'autres volumes se cachent dans le volume initial. Dans son mobilier, Josef Gocar semble éviter l'angle droit et s'éloigne délibérément de la structure orthogonale traditionnelle des meubles.
Hexagones, trapèzes, triangles déformés font apparaître une alternance d'angles aigus et obtus et une multitude d'arêtes." MAAD

 

 

Je quitte les salles d'expostion temporaires pour rejoindre les parties consacrées aux collections permanentes. À l’origine, le musée était destiné à regrouper les "curiosités" caractéristiques des goûts des amateurs bordelais ; céramiques et verreries, émaux, fers forgés et dinanderie, peintures et gravures, meubles, entre autres. Quatre salons et plusieurs salles intermédiaires sont ainsi aménagés avec divers mobiliers et réparties sur trois étages.

SALON DE COMPAGNIE BORDELAIS
Bordeaux, musée des Arts Déco, salon de compagnie (33)
        Bordeaux, musée des Arts Déco, salon de compagnie, harpe (33)
On peut y observer une Harpe à pédales, vers 1780, en érable laqué et doré, d'Antoine Challiot (luthier)

Bordeaux, musée des Arts Déco, salon de compagnie
         Bordeaux, musée des Arts Décoratifs, lustre (33)
On découvre également le piano carré de Pierre Garnier, daté de 1790 et un magnifique lustre de... de...

SALON VERT OU SALON DE GASC
Bordeaux, musée des Arts Déco, salon Vert (33)
         Bordeaux, musée des Arts Décoratifs, salon de Gascq (33)
"On a l’impression qu’il a toujours été là : et pourtant ! Ce décor de lambris provient, en effet, d’un autre hôtel particulier : l’hôtel de Gascq, rue du Serpolet, construit en 1735, et n’a été remonté qu’en 1924 au premier étage de l’hôtel de Lalande. Loin d’être un simple fond de scène pour les collections du musée, ces boiseries témoignent des évolutions du décor à Bordeaux. Elles témoignent des heures lumineuses où un président de Parlement s’offrait le luxe d’un décor riche et à la mode et des heures plus sombres où ces lambris furent massivement déplacés..." MAAD

CHAMBRE GARANCE
Bordeaux, musée des Arts Déco, chambre (33)Toile imprimée de Bordeaux-Beautiran
"Le lit à la duchesse de cette chambre est entièrement garni d’une toile réalisée à la fin du XVIIIe siècle à Beautiran, où se trouvait la manufacture de toiles imprimées de Bordeaux. Ce tissu de couleur garance, qui donne son nom à la pièce, s’intitule « L’art d’aimer » ou « L’agréable leçon », d’après les légendes inscrites sur les scènes. Ces toiles s’inspiraient des indiennes, toiles de coton, à décor imprimé (non tissé ou brodé), fabriquées aux Indes qui remportèrent un tel succès au XVIIe siècle, qu’elles furent imitées en Europe.
Les toiles imprimées nécessitaient un minutieux savoir-faire et s’ornaient de décors floraux ou de personnages ; elles étaient destinées à l’habillement ou à l’ameublement et pouvaient être polychromes ou monochromes.
Le thème choisi pour cette toile est caractéristique du goût du XVIIIe siècle pour les gracieuses pastorales et fut le motif le plus populaire de la manufacture de Bordeaux." MAAD

 

 

             SALON JONQUILLE                                      SALLE A MANGER
Bordeaux, musée des Arts Déco, salon Jonquille (33)
           
Bordeaux, musée des Arts Déco, salle à manger (33)

PREMIER SALON
Bordeaux, musée des Arts Déco, premier salon (33)


D'une pièce à l'autre, on découvre ainsi le mobilier et les objets d'art des XVIIème, XVIIIème et XIXème siècles. Les collections du musée, mobilier, céramique, verrerie, orfèvrerie, instruments de musique et de mesure, miniatures, arts de la table ou objets de l'intime constituent un exemple des arts décoratifs français, en particulier bordelais des XVIIIe et XIXe siècles, et un témoignage de l'histoire de Bordeaux, grand port de négoce au XVIIIe siècle.
Le visiteur plonge ainsi au cœur du foyer de la classe privilégiée au moment de la Révolution Française.

Bordeaux, musée des Arts Déco, buste Montesquieu (33)           Bordeaux, musée des Arts Déco, petit meuble et portrait (33)
Buste de Montesquieu et coffre surmonté du portrait de.. ben...euh... je sais plus.

"Cette sculpture représentant Charles-Louis de Secondat baron de la Brède et de Montesquieu a été réalisée par Jean-Baptiste Lemoyne, sculpteur du roi. Elle est datée de 1767. Commandée après la mort de l’auteur De l’esprit des lois (1748) par l’Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Bordeaux, la sculpture s’inscrivait dans un moment faste pour la ville, enrichie à la fois du commerce et des échanges intellectuels des Lumières. Montesquieu fut membre puis directeur de l’Académie, sa mort fuit suivie d’un véritable culte de la part des académiciens et de la ville. D’où les réalisations, jusqu’au XXème siècle, d’effigies du grand homme, toutes réalisées d’après ce marbre, en plâtre ou en porcelaine, destinées à orner les divers lieux culturels de la ville." MAAD

Bordeaux, musée des Arts Déco, service (33)           Bordeaux, musée des Arts Déco, service porcelaine (33)

Ce qui me plaît dans ce musée, c'est de m'arrêter dans une pièce et de fouiller du regard les moindres recoins du lieu à la recherche de l'objet original et/ou insolite qui possède une histoire ou une fonction inhabituelle.

Bordeaux, musée des Arts Déco, petit meuble (33)         Bordeaux, musée des Arts Décoratifs, tasse (33)

Bordeaux, musée des Arts Déco, pot de monstrePot de monstre. Confection d'Alkermes,
composition fameuse tirant son nom de l'insecte,
le kerme ou cochenille du chêne vert,
utilisée comme cordial et aphrodisiaque,
pour chasser la mélancolie
et prévenir l'avortement.
Hustin vers 1720.

 

 

 

 

 

 

 

 

Bordeaux, musée des Arts Déco, objet insolite (33)          Bordeaux, musée des Arts Déco, verrerie

Ensuite, je peux juste m'arrêter sur la beauté d'un objet par sa forme et sa conception.

Bordeaux, musée des Arts Déco, verrerie (33)
Anonyme, Verre à jambe, vers 1750.
Verrerie d’ANGLETERRE.

Il y a notamment de très beaux exemplaires de verrerie.

Bordeaux, musée des Arts Déco, verrerie            Bordeaux, musée des Arts Déco, verrerie

Bordeaux, musée des Arts Décoratifs, verrerie

Bordeaux, musée des Arts Décoratifs, verrerie (33)            Bordeaux, musée des Arts Décoratifs, verrerie

Et plein d'autres objets...
Bordeaux, musée des Arts Déco, bijoux (33)

Bordeaux, musée des Arts Déco, bureau piètement harpe (33)           Bordeaux, musée des Arts Décoratifs, bronzes (33)

Après plus d'1h30 de visite, je quitte le musée pour retourner dans les rues bordelaises.
Je remonte la rue Bouffard en direction du nord, puis je tourne à droite au niveau de la rue de la Porte Dijeaux. Rien à voir avec "digeo" qui voudrait alors dire "Porte de l'apéritif" signifiant qu'en passant sous ce monument, puis en empruntant cette rue, il faudrait absolument boire un digestif, soit un digeo. Non, ici, "digeo" s'écrit "Dijeaux", dont l'origine serait en rapport avec le temple de Jupiter qui se dressait à cet emplacement à l'époque gallo-romaine. La porte se serait alors appelée Porta Jovis en latin et son nom actuel viendrait de la déformation de l'expression de Jòu signifiant "de Jupiter" en gascon, la langue traditionnelle de Bordeaux. Hein, ok, d'accord !

Un peu plus loin, la rue du Digeo croise entre en perpendicularité (mais si, ça s'dit !) avec la rue Vital Carles ; et là, vois-tu, ce nom de rue me rappelle quelque chose.

RUE VITAL-CARLES
rue vital carles
Photo : Google maps

Je cherche un peu dans ma mémoire (et surtout dans celle d'internet qui n'a pas de souvenirs, mais beaucoup de mémoire) pour finalement trouver le fait que c'est dans cette rue, au numéro 17 que se trouve l'hôtel de Nesmond, datant du XVIIIème siècle... Eh oui... Voilà, voilà... C'est la résidence officielle du préfet... Ben oui, ben oui... Mais c'est aussi un lieu chargé d'histoire puisqu'il a accueilli bon nombre de personnalités politiques... C'est également ici qu'eut lieu le conseil des Ministres du dimanche 16 juin 1940 qui mit fin à la IIIème République pour faire entrer la France dans le régime de la collaboration avec les nazis.
Pour se remémorer ce dramatique moment de l'Histoire française, je te conseille de te référer à l'article de Jean-François Boulagnon pour Rue 89 Bordeaux : "16 juin 1940 : une République est morte à Bordeaux".

"(...)En quelques semaines, la population bordelaise passe de 300 000 à 1 million d’habitants. La ville se transforme en une cohue indescriptible. Des milliers de véhicules, de voitures à cheval, de charrettes à bras et de bicyclettes, surchargés de valises, de cartons, de baluchons mal ficelés surmontés de matelas fixés tant bien que mal pour protéger des mitraillages, traversent l’unique pont de Bordeaux.
Ils envahissent les rues, le port ou stationnent 400 bateaux et bivouaquent dans les parcs et sur les trottoirs. Plus d’un million de repas sont distribués quotidiennement. Mais la pénurie menace, l’eau est rationnée, les hébergements, même de fortune, font défaut.
La débâcle frappe également les entreprises : on trouve les 4 000 employés de Peugeot de Sochaux, le personnel de la banque de France avec les réserves en devises, or, titres et valeurs…(...)
Vers 14h, le 17 juin, c’est dans un message radiodiffusé du lycée Longchamp (Montesquieu de nos jours) que Pétain prononce son célèbre : « C’est le cœur serré que je vous dis qu’il faut cesser le combat. »
Un monde s’écroule au milieu d’un immense exode et d’un chaos indescriptible. Une république se meurt dans une indifférence quasi générale.(...)"

Face à cette situation catastrophique, le Général de Gaulle, qui croit encore et toujours à la possibilité de se battre et lutter, repart pour l'aéroport de Mérignac afin de rejoindre Londres. Le lendemain, il prononcera le célèbre "Appel du 18 juin 1940".

appel

 

Ah oui, tiens, j'ai oublié de faire une photo de l'hôtel de Nesmond. C'est pas grave, on continue !

Je remonte la rue Vital-Carles en direction du nord, non sans avoir oublié de te révéler que Vital-Carles était un chantre et un chanoine de la cathédrale Saint-André de Bordeaux. Vers la fin du XIVème siècle, il consacrera une partie de sa fortune d'une institution vouée à l'hébergement et au recueillement des pauvres.
Je retrouve la rue de la Porte du Digeo. Je tourne à droite. Beaucoup de boutiques se succèdent. Au bout de la rue, c'est la rue la plus commerçante de Bordeaux (et peut être d'Europe): la rue Sainte Catherine. Rue piétonne de 1250 mètres de long, ce sont plus de 250 boutiques qui défilent. Je n'en verrais aucune puisque je préfère m'aventurer dans les Galeries Bordelaises.

 

GALERIES BORDELAISES
Bordeaux, galerie bordelaise (33)

Avec le passage Sarget, c'est le seul passage couvert de la ville. Il me rappelle ces nombreux passages parisiens que j'avais emprunté lors d'un séjour à Paris : passages du Caire, Choiseul, Molière, ou encore la galerie Vivienne.
Le passage des galeries Bordelaises a été construit en 1833 sous la direction de l'architecte Gabriel-Joseph Durand et fut ouvert pour la première fois au public le 1er avril 1834. L'idée de ces passages couverts  -que ce soit à Bordeaux, Paris, Niort ou Nantes à la même époque-  était d'abriter une clientèle aisée des intempéries et de proposer un ensemble de commerces variés. La création de ce passage des Galeries Bordelaises est d'ailleurs due à l'initiative de quatre riches négociants sud-américains, vivant à Bordeaux après avoir quitté le Mexique lors de la guerre au Mexique. La corne d'abondance, motif de décoration de la galerie, est présente en de nombreux endroits.

Je traverse les Galeries pour arriver dans la rue de la Maison Daurade, puis la rue Pilliers-de-Tutelle jusqu'au Cours du Chapeau-Rouge. Marrants tous ces noms. Droite-gauche, j'arrive sur le Cours de l'Intendance. HOP : à droite encore, toujours au hasard : rue Martignac, puis rue Mably dans laquelle trône une discrète statue du peintre Goya devant l'entrée de l'église Notre-Dame. Puis je tourne à gauche pour arriver sur la Place des Grands Hommes. Ce nom m'intrigue. Qu'est-ce qu'un "grand homme" ? Eh bien, pour répondre à cette question, il suffit de s'intéresser à l'origine du nom de cette place et de la galerie.

 

 GALERIE DES GRANDS HOMMES
Bordeaux, les Grands hommes (33)

Le nom de la place des Grands Hommes vient des noms de rues adjacentes, qui commémorent les philosophes du XVIIIème siècle (Montaigne, Montesquieu, Voltaire…).Sur la plaque de rue de la place, un historique est écrit :
"On construisit le quartier des Grands Hommes à la lumière des utopies, à l'image des esprits libres. On construisit le quartier pour que leurs idées continuent de vivre, pour que l'homme d'aujourd'hui puisse, tel un parcours initiatique, les prendre, les suivre.
De la rue Montaigne à la rue Montesquieu, de la rue Jean-Jacques Rousseau à la rue Voltaire, la place des Grands Hommes est un panthéon à ciel ouvert."

La Place des Grands Hommes c'est aussi un marché, un centre commercial.
Ce marché voit le jour au début du XIXème siècle et se nomme alors Marché des Récollets. Une halle du marché à l'architecture métallique est construite en 1860 d'après les plans de l'architecte Charles Burguet. Elle est remplacée en 1961 par une halle plus moderne conçue par Jean Alfred-Duprat. C'est sous cette nouvelle coupole de béton que le marché va acquiert sa réputation.
En 1991, c'est une galerie commerciale sur trois étages surplombant un marché municipal couvert qui voit le jour après trois ans de travaux. Cet évènement est inauguré par la reine Elisabeth II.
Dernière précision : cette place des Grands Hommes n'a rien à voir avec celle de la chanson de Patrick Bruel sortie en 1989 et qui parle de la place des Grands Hommes se trouvant à Paris, dans le quartier latin.

Je traverse la galerie au son de ce passant qui joue quelques notes sur le piano mis à disposition du public. Il y a beaucoup de mouvements, les gens, les escalators. Je ressors dans la rue Montesquieu que je descends jusqu'au numéro 9. C'est ici que se trouve le cinéma UGC.

 

CINÉMA UGC LE FRANÇAIS
RUE MONTESQUIEU
Bordeaux, cinéma Le Français (33)

 

En fait, ce qui m'a interpellé, c'est le fait qu'un cinéma UGC soit implanté dans un tel bâtiment. Construit de 1793 à 1800, sa première vocation était d'accueillir les spectacles de théâtre. Son architecture a été conçue par l'architecte Jean-Baptiste Dufart sur un terrain triangulaire avec une façade comportant des colonnes doriques et ioniques.
Dans le cinéma, la salle principale de 532 fauteuils est classée. Elle possède un plafond décoré par Emile Brunet en 1914.
Cet établissement est également un survivant. En effet, fin 1945, la ville comptait encore une quarantaine de théâtres cinématographiques. Un bel article du journal Sud-Ouest évoque l'histoire de ces cinémas présents et disparus (cf : Zoom en images sur les anciens cinémas de quartier).

J'emprunte la petite rue Condillac pour rejoindre le Cours de l'Intendance.

 

STOP !!!!
C'EST ICI QUE JE DÉCIDE DE DÉJEUNER !
Bordeaux, déjeuner canelé (33)

À deux pas de la maison
où le peintre et graveur espagnol Francisco de Goya (1746-1828)
passa les quatre dernières années de sa vie...
Bordeaux, cours de l'intendance, Goya (33)

C'est notamment ici que le peintre réalisera la toile "La laitière de Bordeaux" (1825-1827), considérée comme précurseur de l'impressionnisme.
D'abord enterré au cimetière bordelais de la Chartreuse, c'est après bon nombre de démarches que son corps sera finalement transférer au pied de la coupole de l'église San Antonio de la Florida de Madrid en 1919.

Nous n'irons donc pas au cimetière de La Chartreuse voir la tombe du célèbre peintre puisqu'elle n'y est plus. La question se pose alors ,sans aucune approche glauque et voyeuriste : y'a t-il d'autres personnalités au cimetière de La Chartreuse de Bordeaux ?
Eh bien, après vérification, le père du peintre Eugène Delacroix et l'écrivaine Flora Tristan, grand-mère du peintre Paul Gauguin, y reposent. Quant au clown Rafael Padilla, plus connu sous le nom de Chocolat, il repose au cimetière protestant. Je dis ça parce que j'ai revu dernièrement le très bon film de l'excellent Roschdy Zem, "Chocolat" (2016), relatant l'histoire de cet artiste.

La sortie du film -bien que s'écartant sensiblement de l'histoire réelle du clown Chocolat-  a permis de remettre la lumière sur cet artiste oublié, premier artiste noir de la scène française. Une plaque commémorative a été posée sur l'emplacement où fut inhumé Chocolat en novembre 1917 après que son nom ait été retrouvé sur les registres en septembre 2015.

Bon, c'set un peu glauque tout cela, mais cela fait partie de l'Histoire. Cessons de recenser les personnalités, politiques ou artistiques, décédées à Bordeaux  pour nous intéresser plutôt à celles qui y sont nées. Bon, on ne va pas toutes les citer non plus... Non... Disons simplement que c'est à Bordeaux que naquit le 16 mars 1822 la peintre et sculptrice française Rosa Bonheur, spécialisée dans la représentation animalière.
J'ai le souvenir d'une anecdote racontée par Delphine Peresan-Roudil pour Artips.
"Années 1890. La célèbre peintre Rosa Bonheur regarde, dépitée, l’un de ses dessins. La composition est pourtant impressionnante : on y voit un troupeau de bisons affolés par un incendie. Elle a, comme d’habitude, représenté les animaux avec la plus grande vérité anatomique. Mais ce qui la chiffonne, ce sont les touffes d’herbes au premier plan… En effet, elle n’est pas du tout certaine que l’herbe des grandes plaines du Far West américain ressemble bien à ce qu’elle a dessiné. Cela la contrarie beaucoup.
Heureusement l’une de ses admiratrices, la peintre Anna Klumpke, lui annonce son prochain voyage aux États-Unis. Rosa Bonheur la charge d’une mission de première importance : dénicher de "l’herbe à bisons".

La mission s’avère plus difficile que prévu. La fameuse herbe ne pousse que dans des plaines inhabitées. Mais Klumpke est déterminée à honorer sa promesse.
Profitant d'un trajet en train en
plein milieu des prairies du Far West, elle demande au conducteur de faire une petite pause : "
Arrêter le train pour que vous puissiez ramasser un paquet d’orties ! Vous n’y pensez pas, mademoiselle !"
Klumpke, désespérée, explique que c’est une requête de la grande artiste française Rosa Bonheur. Cette dernière jouit alors d’une formidable célébrité aux États-Unis. L’attitude du conducteur change du tout au tout ! "Pour elle, j’arrêterai le train n’importe où."
Le voilà donc qui freine au milieu de nulle part, laissant le temps à la demoiselle de sauter hors du train pour cueillir l’herbe à bisons. Malheureusement, le colis ne parvient jamais à destination, égaré par la poste.
Mais la quête d’Anna Klumpke n’aura pas été vaine ! Reconnaissante, Rosa Bonheur accepte qu’Anna Klumpke fasse son portrait. Les deux femmes ne se quitteront plus, et vivront ensemble jusqu'à la mort de Rosa."

Intrigante Rosa Bonheur. Déjà, le nom, cela interpelle. Et puis, sa vie. J'avais croisé son nom pour la première fois lors d'une visite au musée d'Orsay, à Paris,  où était exposée une de ses peintures intitulée "Labourage en nivernais". Étant originaire de Nevers (Always, sur les nouveaux GPS), cette oeuvre m'avait interpellé, comme rassuré. "Aaah, dans la Nièvre aussi, on peut réaliser des oeuvres qui seront ensuite exposées dans les grands musées parisiens et européens." Et puis, j'avais constaté que Rosa Bonheur était de Bordeaux. J'ai alors cessé toutes recherches sur cette artiste.
POURTANT : il y a là matière à intéressement.
Savais-tu que pour pouvoir se consacrer pleinement à son art  -qui était la représentation animalière-  Rosa était obligée devait demander une permission de travestissement, renouvelable tous les six mois auprès de la préfecture de Paris, pour pouvoir porter des pantalons dans le but, notamment, de fréquenter les foires aux bestiaux et monter à cheval. À cette réputation de garçon manqué, réputation qui la suivra toute sa vie et qu'elle ne cherchera pas à niaer, portant les cheveux courts et fumant par la suite, en privé, cigarettes et havanes, elle refusera toujours de se marier, afin de rester indépendante ; et en raison des mauvais souvenirs que lui a laissés l'attitude de son père vis-à-vis de sa mère. Et puisqu'à l'époque, le mariage fait des femmes mariées des subalternes de l'homme, elle considère qu'il l'aurait empêchée de se dévouer à son art.

Pendant que je repense à cette personnalité artistique, on me sert une de ces spécialités culinaire bordelaise qu'est le canelé. Ça m'énerve ce truc là, qu'on te sert à chaque fois que tu prends un café, ou un thé, ou une bière, ou je-sais-pas-quoi. Le canelé, le truc incontournable à Bordeaux. Bordeaux=canelé ; un peu comme si tu allais à Montélimar et que l'on te foutait un nougat dans tout ce que tu bouffes ; ou encore à Saint-Claude dans le Jura où on te balance une pipe dans ton verre de pinard. Ah, tu es à Laguiole... Ah ben attends, on va te foutre un couteau dans ton verre de Martini.
Alors, eh, oh, qu'est-ce que c'est que l'histoire de cette pseudo-pâtisserie d'origine bordelaise, un peu molle et concon ?

canelé"Son nom provient du Gascon, langue parlée à Bordeaux jusqu’au 19e siècle, « Canelat » avec un seul « n », orthographe conservée jusqu’à nos jours. Ce sont les religieuses du couvent des Annonciades, situé derrière l’église de Ste Eulalie, qui les fabriquaient. Elles récupéraient sur le port le blé tombé des cales des bateaux ou de sacs éventrés, ainsi que les jaunes d’œufs des chais à vin du Quai des Chartrons, les blancs servant à coller le vin.
Bordeaux était le port des îles et du rhum que l’on ne manqua pas de rajouter avec un soupçon de vanille. Évidemment ces petites friandises étaient distribuées aux pauvres ou vendues à leur profit. En 1790 elles furent chassées de leur couvent. Plus de Canelats !
Heureusement la recette fut reprise. Les bordelais fabriquaient les Canelés sur les quais, le moule reposant sur de la braise. La tradition se perpétua. Néanmoins la mode du Canelé avait bien été emportée dans la tourmente révolutionnaire, et la petite pâtisserie ne perdura que sur quelques tables bourgeoises bordelaises.
Ce n’est qu’au début du 20e siècle que la recette est prise en main et améliorée par les professionnels. Le Canelé retrouve alors sa place dans les bonnes pâtisseries bordelaises pour devenir un emblème de la ville." LA TOQUE CUIVRÉE

Pendant cette dégustation, je profite de cette pause pour regarder les gens, les passages dans les rues, et notamment sur ce cours de l'Intendance.
Ce qui interpelle mon attention, c'est le nombre de cyclistes qui livrent des trucs à bouffer : les Ubers ! Ils sont partout ! Des répliquants !!!! Sur les routes, dans les rues piétonnes, sur les trottoirs. Tu les vois avec leurs téléphones cherchant l'adresse où livrer ce qu'ils ont dans la glaciaire qu'ils portent sur leur dos.
Par contre, une chose que je n'ai pas vue à Bordeaux, ce sont des trottinettes. Pas une. Le phénomène n'est pas encore arrivé jusqu'ici alors qu'à Paris, apparemment, c'est le bordel.
On nous avait dit qu'en 2019 les bagnoles voleraient, les robots auraient pris le pouvoir et tout ça et tout ça. Résultat : en juin 2019, la maire de Paris est obligée de prendre des mesures drastiques contre le stationnement à outrance des trottinettes.

paris trottinette          trotti mars

BREF : je finis mon café-canelé, je paye et je reprends la route... enfin les rues pour rejoindre ma voiture qui ne vole pas et repartir pour le Pays Basque.

Et pour le cliché, parce que Bordeaux, je mets dans l'auto-radio-CD une chanson d'un groupe bordelais...

 
Je ne sais pas s'il y aura une rue Noir Désir un jour à Bordeaux...