03 décembre 2007
Nevers-Dax-Pau, épisode 3
Résumé des épisodes précédents
Sur les traces de George Sand, Jénorme a découvert que la vie de la romancière fut souvent jalonnée de coliques néphrétiques. Cela donne une autre vision de la littérature française et du romantisme. Mais soudain, ne voilà-t-il pas...
Nevers-Dax-Pau, épisode 3
Une fois barré de La Châtre, il fallait bien prendre une direction.
En parcourant La montagne Creuse,
je suis tombé sur un article qui a retenu mon attention :
Ben ouais ! Vu comme ça, la paix, c 'est une page blanche ! Pourquoi pas !
En même temps, avec un peu de trucages-photo,
cela aurait pu donner ceci...
Mais, en fait, le nom d 'Aigurande réveillait en moi des souvenirs lointains... Oui, oui, oui ! J 'te l 'dis comme ça m 'vient !
Quand j 'étais môme, nous allions passer les vacances d 'été à Bordeaux avec mes grands-parents et ma soeur. Nous partions de Château-Chinon en empruntant les petites routes. Chaque année, nous faisions une halte pour le petit-déjeuner à Aigurande où il y avait un bar que mon grand-père, fan de football, avait repéré pour son nom : Le pénalty. C'était une pause que nous attendions, ma soeur et moi, avec impatience pour l 'odeur du chocolat et des croissants. Ca sentait les vacances !
Oh, bordel de merde, je vais chialler, moi ! C 'était l 'bon temps ! J 'étais gamin ! J 'avais quoi, 6, 7 ans ! J 'en avais rien à foutre de l 'augmentation du prix du pétrole, de la délocalisation, des grèves, du réchauffement de la planète, du pouvoir d 'achat, des émeutes en banlieue, d 'Ingrid Bétancourt...
En allant à Bordeaux, y 'avait qu 'un truc qui comptait pour moi : c 'était d 'être pris en photo avec Alain Giresse.
Et j 'y suis arrivé !
Regarde ça, là ! Hein ? Ca t 'la coupe, hein ?!
Jénorme et Giresse ! Hop !
Maintenant, tout le monde s 'en fout ! Pourtant, le 8 juillet 1982, ça faisait moins les malins...
Souvenons-nous !
Quelques kilomètres plus loin, j 'arrive donc à...
AIGURANDE
Pas grand chose à signaler sur cette bourgade.
Comme beaucoup d 'autres villes en France,
il y a une église et un parking.
Mais il y a aussi...
Oooooouuuuuuuuiiiiiiiii ! Il est encore là !
Regarde-le : il n 'a pas changé !
C 'est toujours la même vitrine ! C 'est toujours la même terrasse ! C 'est toujours le même Maurice qui, depuis 1982, essaye de rentrer dans le bar ! Quelle persévérance ! C 'est beau !
Quand on pense à tous ces jeunes qui restent chez eux pour se bourrer la gueule tout seul !? Quelle tenacité quelle persévérance !
Quel bel exemple que nous donne le Maurice en tentant d 'aller boire un p 'tit Côte bien frais !
Je reste là, sur le parking d 'en face à contempler le bar. Je me revois, entouré de mes grands-parents et de ma soeur, trempant mes croissants dans le bol de chocolat. Je les faisais chier car je voulais toujours être en maillot de bain ! Oui, oui, même à Aigurande, à 8 heures du matin ! Pour moi, les vacances, c 'était sacré et c 'était en maillot de bain ! Aaaaaaahhh... Cruauté du temps qui passe, ne serons-nous donc jamais immortels ?! Aaaaaahhhhhhh... Dieu, où es-tu ? Que fais-tu ?... Aaaaaahhhh !!!
Pour un petit côté historique référentiel, saches que l 'on retrouve également un bar appelé "Le pénalty" dans le film de Jean-Jacques Annaud, "Coup de tête" ; film-référence sur l 'étude des moeurs footbalistiques modernes et sur la mentalité française en général.
Bon, ben, ça, c 'est fait ! Continuons !
Je sais pas pourquoi, mais d 'un seul coup, sur la D951, en direction de La Souterraine, il se met à cailler grave !
Cela donne un petit air poétique aux arbres des bords de route.
Ce froid n 'empêche toutefois pas le fait qu 'il soit Midi ; même ici dans le Limousin.
C 'est le moment de s 'arrêter pour acheter à bouffer et quelques cartes du cru.
Voici la récolte :


La messe est dite !
Tout en conduisant, je mange, je regarde la carte, je téléphone et
j 'écris quelques cartes grâce à un procédé ingénieux.
Je passe Limoges sans m 'arrêter pour prendre la direction de Saint-Yrieix-la-Perche.
Sur la gauche de la route, un panneau indique la direction du château de Chalusset.
LE CHATEAU DE CHALUSSET
"La vallée de la Briance conduit en amont aux ruines de la citadelle de Chalusset. A une dizaine de kilomètres au sud de Limoges, Chalusset, dressé sur son promontoire, surplombe le fleuve. Du XIIème au XVIème siècle, ce château avait des allures de forteresse imprenable tant sa situation géographique et la hauteur de ses tours impressionnaient l 'assaillant. Mais le château fut démantelé par Henri IV, à la demande des habitants de Limoges qui ne supportaient pas les Huguenots qui l 'occupaient. Le château perd alors de sa prestance." EDITIONS ATLAS
Aujourd 'hui, le château a bien changé ! Il n 'en reste que des ruines auxquels les parfums automnales de feuilles mortes apportent un brin de nostalgie.





En même temps, je sais pas pourquoi, je me suis mis à penser à Erzébet Bathory.
Je regagne la voiture pour reprendre la route.
Un peu plus loin, un panneau indique la direction d 'une église à fresques...
JANAILHAC
Petit village tranquille et bien paumé
qui se cherche une renommée par ses fresques discrètes
que l 'on peut découvrir sur les murs de l 'édifice religieux.
Elles pètent moins que celles de l 'église de Vic,
mais elles dégagent une autre impression.
Les couleurs plus sobres et ternes évoquent la discrétion et
l 'humilité, soutenues par les scènes représentées.
Le soleil donnait sur les vitraux au moment où je me trouvais dans l 'église.
C 'est ainsi que j 'ai pu prendre cette photo
que je trouve terriblement mystique :
Hein ? Hein ? Hein ?
Jésus est condamné à mort et PAF ce reflet juste à côté ! On dirait une radioscopie de Jésus un peu... On reconnait les bras écartés, le sang de la couronne sur la tête, les yeux blancs et jaunes... Putain, ça m 'fout les boules, tiens ! Moi, j 'me casse de là-dedans ! Bordel !
J 'arrive à Saint-Yrieix-la-Perche où, ma fois, il n 'y a rien à signaler. Pas d 'église, mais une collégiale qui domine la ville, accompagnée d 'un donjon. Il doit y avoir un parking quelque part, mais je ne me suis pas arrêter pour vérifier. Toutefois, il me faut te relater cette anecdote...
"C 'est par un pur hasard que l 'on découvrit au Clos-de-Bare, à quelques kilomètres à l 'Est de Saint-Yrieix-la-Perche, le premier et le plus important gisement de kaolin de France. En 1766, un chirurgien de la ville, Jean-Baptiste Darnet, signala aux chercheurs l 'existence, dans la région,
d 'une argile blanche que son épouse utilisait pour dégraisser son linge. Le chimiste de la manufacture de Sèvres, aussitôt dépêché sur place, identifia le fameux gisement de kaolin. Cette découverte permit le développement d 'uen des grandes richesses du Limousin, la porcelaine." EDITIONS ATLAS
Mais, il faut bien le dire : "la porcelaine de Saint-Yrieix-la-Perche", c 'est chiant à énoncer et à écrire. Du coup, les autorités locales ont déplacé toutes les manufactures de porcelaine de Saint-Yrieix-la-Perche dans un autre patelin au nom moins chiant à prononcer. Voilà comment est née la porcelaine de Limoges.
C 'est court, c 'est bref et, en plus, ce sont des conneries que je te raconte là !
Et puis Saint-Yrieix-la-Perche (c 'est chiant à dire, hein ?) a
d 'autres spécialités, comme la madeleine et la charcuterie portant le label "Culs-noirs", venant d 'une race porcine à la robe pie.
Je trace en direction d 'un village que j 'avais repéré dans les mêmes fiches des Editions Atlas...
LE CHALARD
"Le village où se trouve la mine d 'or du Bourneix a été fondé par saint Geoffroi au XIème siècle.. de belles maisons anciennes mènent à son église remarquable, qui dresse sa silhouette massive au sommet d 'une butte. Considérée à juste titre comme un joyau de l 'art primitif, l 'édifice roman, fortifié au XVème siècle, n 'a en fait jamais été achevé. Elle ne présente que le choeur, le transept et deux chapelles. Le mobilier intérieur, autels et fonts baptismaux, nous rappelle que nous sommes au pays de la belle pierre serpentine et le trésor de
l 'église présente une châsse, richement décorée d 'émaux limousins." EDITIONS ATLAS
Ben ouais, mais l 'église est fermée ! Alors, merde ?! Je traverse la France et le Limousin pour voir ces reliques de l 'église de
l 'Assomption-de-la-Très-Sainte-Vierge et c 'est fermé ! Merde ! En plus, c 'est long à énoncer L 'église de l 'Assomption-de-la-Très-Sainte-Vierge ?! Merde ! Qu 'est-ce que c 'est que cette région où tous les noms de patelins et de monuments font trois lignes de texte ?!
Tant pis ! Je reste dehors pour errer un peu dans le cimetière, juste à côté.
"Au chevet de l 'église, le cimetière des moines conserve une quarantaine de tombes sculptées dans le granit, du moyen âge au XVIème siècle. Certaines présentent la particularité d 'être taillées en forme d 'édifice religieux dont les côtés sont décorés de séries
d 'arcatures et les toits de chevrons ou d 'écailles. D 'autres portent des insignes religieux (crosse, étole) ou des outils d 'artisans sculptés (hache, navette de tisserand, tenaille et marteau). Ce cimetière constitue un ensemble exceptionnel d 'art funéraire médiéval." NOTES TOURISTIQUES
Dans une telle ambiance,
je suis obligé de dégainer le noir et blanc !



Voilà, y z 'y ont bien cherché !
Avoues qu 'avec toutes ces histoires de Jésus, de ruines,
d 'apparitions, de criminelles, de cimetière, tu commences à ressentir une certaine...

En plus, tu as vu... La maison derrière le panneau,
elle rappelle celle que l 'on peut voir dans le film d 'Alain Corneau, "Série Noire"...
On la trouve aussi dans le film de Claude Zidi, "Inspecteur Labavure".
Comme quoi, on peut coller deux significations différentes à un même lieu....
Et c 'est pas ça qui me fait arriver à Dax plus vite !!!!
A SUIVRE
30 novembre 2007
Nevers-Dax-Pau, épisode 2
Résumé des épisodes précédents
Jénorme a pris la direction de Dax. Il avait pas fait 6 bornes que, déjà, il ne pouvait s'empêcher de se prendre la tête sur les origines d 'un rond-point. Mais ne voilà-t-il pas...
Nevers-Dax-Pau, épisode 2,
la suite
J 'arrive à présent dans le pays de George Sand. La région traversée s 'appelle...Ouououou... la mer vallée noire !
"Tout est calme dans cette vallée. Ici, l 'esprit n 'est pas encombré, il suffit de le regarder pour apprécier ce paysage rural aux teintes vigoureuses et sombres, nourri de haies de bocage épaisses et de bourgades modestes. Ce territoire aux étranges superstitions tenaces, aux frontières imaginaires que nul géographe ne dessina jamis avant la romancière George Sand." DETOURS EN FRANCE
Et me voici traversant un premier village !
SAINT-CHARTIER
Son château
C 'est ici que George Sand situa l 'action de son roman "Les Maitres sonneurs".
Depuis, c 'est également ici qu 'ont lieu chaque année Les Rencontres internationales de Luthiers et Maitres sonneurs.
Sa maison du Docteur de George Sand
Vu que la romancière est décédée depuis le 8 juin 1876, il peut depuis quelques décennies s 'offrir quelques congés annuels.
Les derniers jours de la romancière furent d 'ailleurs particulièrement éprouvants.
"En novembre 1875, sa dégradation physique, rhumatismes et douleurs
d 'entrailles, s 'accentue.
Début mai 1876, George Sand écrit au Docteur Favre : "L 'état général n 'est pas détérioré et malgré l 'âge (72 ans), je ne sens pas les atteintes de la sénilité. Toutefois, les évacuations naturelles étant presque absolument supprimées depuis plus de deux semaines, je me demande où je vais et s 'il ne faut pas s 'attendre à un départ subit un de ces matins."
Le 30 mai au matin, celle que l 'on peut considérer comme la Sévigné du XIXème siècle met un point final à sa correspondance par une lettre à son neveu, Oscar Cazamajou : "Ne t 'inquiètes pas. J 'en ai vu bien d 'autres et puis j 'ai fait mon temps, et ne t 'attriste d 'aucune éventualité. je crois que tout est bien, vivre et mourir, c 'est mourir et vivre de mieux en mieux. Ta tante qui vous aime."
George Sand vient de conjuguer le verbe "aimer" pour la dernière fois. C 'est le dernier mot qu 'elle trace, et c 'est certainement celui qu 'elle a le plus employé dans son oeuvre et dans sa vie.
Ce même 30 mai, vers 15 heures, elle s 'allonge sur le canapé "en proie à de vives douleurs". La nuit est atroce pour la malade qui pousse des cris que
l 'on entend du fond du jardin. Atteinte d 'une occlusion intestinale, George ne pense qu 'à épargner aux siens le spectacle de ses souillures.
Dans la nuit de 7 au 8 juin, elle est veillée par Lina et Solange, ses filles. Elles entendent l 'agonisante réclamer la mort à plusieurs reprises. Au matin, toujours consciente, elle murmure : "Adieu, adieu, je vais mourir. Adieu Lina, adieu Maurice, adieu Lolo...ad...", et puis "laissez verdure".
Le 8 juin 1876, à 9h30 du matin, George Sand rend le dernier soupir."
RECUEIL D 'EXTRAITS BIBLIOGRAPHIQUES
C 'est étrange les derniers mots des gens cultivés. "Laissez verdure"...
Qu 'est-ce que ça vient foutre là ? En même temps, c 'est mieux qu 'elle ait dit cela plutôt que "Tayo tayo, ferme ta gueule, répondit l 'écho !" ou "Bordel, je me suis encore fait dessus !" ou "Si les enfants mangeaient les parents,
y 'aurait moins de chômage !"...
Mais, quand même : "Laissez verdure" !
De plus, tu remarqueras que dans le récit de ses derniers jours, le Docteur
s 'appelle Favre ; alors que le panneau de la propriété de Saint Chartier nous parle d 'un Docteur Pestel. C 'est pas clair tout ça...
Je quitte Saint-Chartier avec toutes ces interrogations accompagnées de ces histoires d 'occlusions intestinales qui me rappellent un extrait du livre de Florence Moncorgé-Gabin, "Quitte à avoir un père autant qu 'il s 'appelle Gabin" :
"Mon père était alors obsédé par l 'idée que nous n 'allions pas aux toilettes. La santé en dépendait et l 'occlusion intestinale n 'était pas loin. J 'ai un peu honte de le dire mais, certains soirs, on nous mettait un suppositoire de glycérine dans le derrière, en prévention ! Cela faisait partie de la vie quotidienne et il vérifiait la chose sérieusement plutôt deux fois qu 'une."
La vache !T 'imagines : t 'es tranquille, tu vas pour t 'endormir et, d 'un coup,
t 'as un Jean Gabin qui entre dans ta chambre avec un suppo à la main en te disant d 'un air inquiétant : "Ooooooooh, ma p 'tite ! On m 'la fait pas... Je suis sûr que tu n 'as pas pris ton suppo ! Si, si, si !" Et il s 'approche de toi, lentement, avec un air pervers et....
Peut être que cette peur de l 'occlusion intestinale chez Jean Gabin venait du récit de cette mort douloureuse de George Sand.
Hein ? Quoi ? J 'ai bien le droit de faire des hypothèses !
Quelques kilomètres plus loin, la vallée noire abrite un autre village qui abrite une église qui abrite des fresques magnifiques.
VIC
Eglise Saint-Martin (XIème siècle) et ses fresques (XIIème siècle)


Ah oui, ça a de la gueule, ça pète, ça chiade, ça rend !
Ce qui m 'a marqué, ormi la remarquable conservation des fresques et leur diversité sur chaque mur de l 'église, ce sont les visages et les regards des personnages representés. 


Fascinant et inquiétant, non ? Faut-il y voir un rapport avec la peur de l 'occlusion...
Oui OK, j 'arrête !
A quelques kilomètres de là, en suivant la D 943 vers le Sud,
j 'arrive à Nohant.
Et Nohant, c 'est le village, le patelin, le bled, le trou de la George Sand.
NOHANT
Son église
C 'est là qu 'eut lieu la cérémonie de son enterrement durant laquelle Paul Meurice lut un message de Victor Hugo débutant par : "Je pleure une morte et je salue une immortelle..." Sacré Victor ! Toujours un mot gentil ! Une vraie crême ! Flaubert, Alexandre Dumas fils, le prince Napoléon,... étaient également présents, mais on ne les a pas entendu.
Et puisqu 'on parle d 'enterrement, allons voir au cimetière la tombe de la romancière, dont la dépouille n 'a finalement pas été transférée au Panthéon, comme il en avait été question en 2006...
Je frappe à la porte du cimetière communal.
Personne ne répond.
J 'entre avec mon terrible cortège
et qu 'est-ce que je vois ?!
Ah non dé diou !
Ils t 'ont ben foutu la tombe de George
derrière un grillage.
Je sais : c 'est glauque,
mais il me faut une photo de la pierre tombale.
Je me rapproche :
Putain, merde !
ça craint du boudin, là !
On voit que le grillage !!!
Finalement, en levant les bras, voici :
Ah ben, là, ça a d 'la gueule !
A ce moment précis du récit, cher lecteur, tu te dis :
"Oh eh ! Jénorme : ça va pas de te comporter comme un chartier devant la tombe d 'une des plus grandes romancière romantique de ces derniers siècles ? Un peu de tenue, que diable !!!"
En fait, ça m 'agace de voir que l 'on a séparé la sépulture de la romancière du cimetière communale par un grillage, comme si tu ne pouvais y avoir accès qu 'après t 'être affranchi des 6,10 euros du prix d 'entrée de la maison-musée George Sand, jouxtant le cimetière.
Je ne trouve pas ça normal de comprendre le recueillement sur la tombe d 'une personnalité comme George Sand dans le tarif
d 'entrée d 'un musée. D 'autant plus que l 'on ne nous a rien caché de sa vie tumulteuse : de ses multiples aventures amoureuses à ses violentes crises de colique. Alors placer sa tombe derrière un grillage pour préserver l 'intimité du lieu... hein, bon, eh... à
d 'autres !
Autant faire comme la famille de Picasso à Vauvenargues : la_tombe_de_l 'artiste_est_inaccessible ! Ou alors comme Jean Gabin qui a voulu que l 'on disperce ses cendres dans la mer
d 'Iroise, à vingt milles au large des côtes bretonnes.
Bref ! Maintenant, ce que tu peux dire, c 'est :
"Dis don', c 'est qui George Sand parce que,
moi, je ne la connais pas ce mec ?!"
Eh bien, jeune (ou vieil(le)) inculte (y 'a pas d 'âge pour être inculte), saches que George Sand en était une ; d 'où l 'absence de S à la fin du prénom... Encore que, certains George masculins ne prennent pas de S non plus. En plus de ça, c 'est même pas son vrai nom.
George Sand se prénomme en réalité, dès sa naissance le 1er juillet 1804, Amandine Aurore Lucile Dupin.
Alors, là, tu t 'dis :
"Mais... Mais... Mais... ça n 'a rien à voir !"
Et là, je te dis :
"Lisons ensemble la fabuleuse histoire d 'Amandine Aurore Lucile Dupin qui change de nom !"
Il faut distinguer plusieurs étapes car, il faut bien le dire, la vie de George Sand ne fut pas simple.
" Le 17 septembre 1922, Aurore Dupin et Casimir Dudevant se marient à Paris ; puis prennent la route de Nohant.(...)
Fin mai 1823, ils regagnent Paris. (...)
Le 30 juin, Aurore accouche d 'un fils, Maurice. (...)
Au printemps 1824, un matin, sans motif, Aurore éclate en sanglots. Elle dévoile à son mari qu 'elle ne partage aucun de ses goûts. Le silence, le terrible silence des couples qui n 'ont rien à se dire s 'installe entre les deux époux. (...)
Début 1824, Aurore a 20 ans et estime ne pas avoir vécu. (...)
En 1825, Aurore et Casimir prennent le chemin des Pyrénées. Pendant que
M. chasse, Madame rencontre Aurélien de Sèze, 26 ans. Aux déclarations
d 'amour qu 'elle reçoit, elle oppose les avantages de la tendresse, de l 'amitié et de la pureté. (...)
En novembre 1825, isolée à Guillery, Aurore multiplie les lettres passionnées à Aurélien, et d 'autres plus calmes à Casimir, en voyage d 'affaires du côté de Périgueux. Le plus frappant dans cette correspondance repose sur le fait qu 'Aurore voudrait Aurélien pour ami et Casimir pour époux. Les trente pages de correspondance avec Casimir marquent le véritable début
d 'Aurore comme écrivain. Le ton de George Sand est trouvé, un sombre lyrisme, des élans fiévreux, un besoin forcené d 'aveux, le sentiment de la nature, la passion des beaux sentiments,... Elle écrit comme elle respire."
Recueil de divers extraits bibliographiques
Voilà... On a bien avancé, là... Hein ? Ah oui, j 'ai pas parlé du passage
d 'Amandine Aurore Lucile Dupin à George Sand. Continuons !
"Le 30 juillet 1830, Aurore, 26 ans, fait la rencontre de Jules Sandeau, un jeune homme de 19 ans, au château de Coudray. (...)
Le Figaro, fondé en 1826, était un petit journal comptant peu de rédacteurs et peu d 'abonnés. Mais ce petit journal pratiquant l 'opposition systématique faisait grand bruit et était régulièrement poursuivi par le gouvernement.
Dès février 1831, Aurore a sa place dans ce journal, mais elle jette régulièrement au feu une dizaine de feuillets sur un sujet donné par Latouche et qui ne valent rien. Ce dernier n 'a pas caché à Aurore qu 'il avait trouvé détestable son premier roman, Aimée : "Il faut vivre pour connaitre la vie. Le roman, c 'est la vie racontée avec art.", enseigne-t-il à la romancière. (...)
Aurore et Jules écrivent ensemble des textes qu 'ils placent dans des revues comme La revue de Paris, pour gagner quelque argent. Mais ce n 'est pas suffisant. Balzac préntend que l 'on ne peut être femme à Paris à moins
d 'avoir 25 000 francs de rente. Avec ses 3000 francs, Aurore est loin du compte. Puisqu 'elle ne peut être femme et qu 'elle se ruine en blanchissage, elle se déguise en garçon. En mars 1831, elle écrit dans Le Figaro une "bigarrure". Le gouvernement s 'en irrite et fait saisir le journal. Aurore retourne à Nohant. (...)"
Recueil de divers extraits bibliographiques
Ah, ah ! On avance là, hein ! Elle écrit pour un journal, elle rencontre un mec qui s 'appelle Sandeau, elle se déguise en mec... Continuons !
"Mi-Juillet 1931, Aurore Dupin et Jules Sandeau se retrouvent à Paris en toute discrétion et s 'installent au 25, quai Saint-Michel. Ils sont dans cet état parfait d 'imbécillité que d 'autres appellent le bonheur. Elle passe aussi ses journées et une partie de ses nuits à écrire, le besoin d 'argent aux trousses. Elle n 'a plus un sou, doit emprunter à ses amis berrichons de Paris. Elle revient à Nohant débordante de vitalité puisqu 'elle écrit un volume en cinq nuits. Il s 'agit du premier volume de Rose et Blanche, qui en comptera cinq. Sandeau, qui est parti à Niort, écrit, de son côté, deux volumes de Rose et Blanche. C 'est donc un roman à quatre mains. (...)
En 1832, Aurore est triste et malade, ou malade parce qu 'elle est triste, atteinte de ce mal de vivre qui la tourmente sans répit. Mais cette femme forte est déconcertante par ces brusques accès de faiblesse qu 'elle réussit à réprimer par le travail. Dès février, elle écrit un roman, seule. Ce sera Indiana qui parait en mai, signé G. Sand. Rose et Blanche s 'étant bien vendu,; les éditeurs avaient souhaité garder le nom de Sand sur la couverture d 'Indiana. Jules Sandeau n 'ayant pas participé à cet ouvrage récupère son prénom, que l 'on remplace par Georges, avec un S d 'abord, puis sans. De J. Sand à G. Sand, le glissement pour le public est imperceptible. Pour l 'auteur, ce changement est capital. Avec Indiana, George Sand entre sur la scène littéraire."
Recueil de divers extraits bibliographiques
Voilà ! T 'as compris ? Bon, allez, on s 'casse !
Direction La Châtre...
LA CHATRE
Son musée George Sand
Avec des vrais bouts de souvenirs de la romancière dedans.
Sa statue George Sand
Toute de marbre vétue !
Son bar-restaurant George Sand
Tu as même un portrait d 'elle sur la vitrine.
La Châtre, c 'est aussi un bon endroit pour acheter le journal local et quelques cartes postales.
Après la montagne, ça vous gagne... 
Et qu 'y trouve-t-on dans La Montagne qui creuse ?
Un clin d 'oeil à Saint_Amand_Montrond
Quoi ? Ben si ! Venise-George Sand, tout est lié ! QUOI ? Tu connais pas l 'histoire de George Sand qui découvre Venise ???
Aaaaaaaaaah, ça manque à ta culture ! Non parce qu 'on dit : "Venise, ville des amoureux tout ça, Casanova, machin, place Saint-Marc..." Ouais, ben, attends ! Lis donc la folle aventure de George Sand à Venise...
"George Sand rencontre Alfred de Musset à la mi-juin 1833. Le premier parle, la seconde écoute. Elle a 29 ans, il en a 23. Il est amateur d 'Andalouse au sein bruni, d 'alcool et d 'opium. Elle préfère le lait et sa seule drogue est l 'encre de son encrier. Il est blond, elle est brune. Il n 'ignore rien de la débauche, elle manque d 'expérience. Musset est la fantaisie même et il se moque de tout. Elle prend tout au sérieux. Bref, Alfred de Musset et George Sand sont la preuve même que les contraires s 'attirent. Il admire sa prose, elle admire ses vers. (...)
Août 1833, Mme Dudevant (alias G. Sand, alias A. Dupin) annonce à M. Dudevant qu 'elle part en Italie pour y soigner ses rhumatismes. En fait, Sand ne part pas en Italie pour se soigner, mais s 'en va avec Musset à Venise dans l 'espoir que cette ville apportera à leur passion un supplément
d 'exotisme, et à leur oeuvre une nouvelle source
d 'inspiration.
A Venise, le 1er janvier 1834, le couple s 'installe à l ' hôtel Danieli. George, trois jours après leur installation, doit
s 'aliter, atteinte d 'une affreuse dysenterie. La violence des crises l 'empêche de quitter sa chambre dont elle se lasse vite de contempler les lambris.
Ainsi, George Sand et Alfred de Musset, qui sont entrés dans la légende comme "les amants de Venise" n 'ont profité de leur passion en cette ville que pendant trois jours. Les débâcles intestinales n 'incitent guère aux étreintes. Pendant qu 'elle se tord de coliques, Alfred, qui n 'a pas la vocation de garde-malade, l 'abandonne pour courir Venise, ses églises, ses filles. En leur compagnie, il attrape d 'ailleurs une "mauvaise maladie"... Il n 'est pas un malade facile. Il passe de l 'affection cérébrale à l 'inflammation de poitrine. Sand reste huit jours et huit nuits, sans se déshabiller, à le soigner, guettant la moindre acalmie pour prendre un peu de repos. Elle est seule, sans argent, sans aide aucune, dans une ville qu 'elle ne connait pas et où elle ne connait personne... sauf ce Docteur Pagello auprès de qui elle trouve un réconfort grandissant, et qu 'elle trouve de plus en plus séduisant. Elle se déclare à lui et les vrais amants de Venise, ce sont eux : George Sand et Pietro Pagello. Sand va tenter de vivre avec ce docteur dans cette Venise que Musset a pris en horreur. Il quittera la ville le 29 mars 1834. Sand reste et devient la maitresse de Pagello."
Recueil de divers extraits bibliographiques
Bon après ça, elle reviendra à Paris, se remettra avec Musset,
puis rencontrera Liszt
avant de croisé Louis-Chrysostome Michel
auquel succédera Frédéric Chopin qui a, lui aussi,
son bar à La Châtre...
Où tu peux boire une... une... chopine !
Ben oui !
Tout ça pour dire que, quand même, la George Sand, toute écrivain romantique qu 'elle était, c 'était aussi une sacrée garce !
Oh si, merde, eh oh ! Hein ! Dis don', tu veux qu 'on les compte les maris, les amants, les amis...
Pourtant, quand je regarde les cartes postales achetées, physiquement, elle me rappelle un peu les personnages
des fresques de l 'église de Vic...
Mais les hommes ont découvert d 'autres qualités en elle. Celles-ci semblent d 'ailleurs trouver leurs origines semblent liées dans cette région du Berry :
"En 1808, lors d 'un voyage à Madrid dans une Espagne en pleine guerre d 'Indépendance, Aurore et son frère attrapent la gale. Les enfants sont baignés puis enduits de soufre des pieds à la tête. Ils doivent avaler des "boulettes de soufre pulvérisé dans du beurre et du sucre". La gale ne devrait pas résister à un pareil traitement. Elle résiste. A partir de là, Aurore sombre dans la fièvre, devient une masse inerte et brûlante. C 'est ainsi que fin juillet, elle arrive pour la première fois à Nohant.
J 'ai repris mes sens en entrant dans la cour de Nohant.
Ce n 'était pas aussi beau, à coup sûr, que le palais de Madrid, mais cela me fit le même effet.
Le bon air de Nohant, la bonne nourriture suffise à guérir Aurore tandis que son frère Louis dépérit à vue d 'oeil. C 'est une révélation pour la petite fille : "Je commençais à l 'aimer en le voyant souffrir." Ainsi, dès sa quatrième année, Aurore trouve au malheur, à la souffrance, d 'étranges attraits. Sa vocation d 'infirmière, son besoin de secourir l 'autre, nait pendant l 'été 1808, dans le jardin de Nohant, face à cet enfant étendu sur les genoux de sa mère. Louis meurt le 8 septembre. On l 'enterre le lendemain."
Recueil de divers extraits bibliographiques
La source du romantisme chez George Sand ne viendrait-elle pas alors de ce besoin de secourir l 'homme plaintif ? Hein ? Hein ? Hein ?
En attendant, je me répète, mais, bordel, je suis pas arrivé à Dax ?!
A SUIVRE
















