16 septembre 2009
San Sebastian autrement
En attendant de retrouver l 'intégralité de ma connexion internet afin de poursuivre la tournée des festivals d 'été dans le détail, je te propose de méditer sur cette photo dans ce billet très court avant que je ne perdes les infos.
Et ça, vois-tu, c 'était à San Sebastian samedi dernier.
A la semaine prochaine pour plus d 'explications car on ne peut pas rester comme ça !
30 mai 2009
Les Bardénas, épisode 4, des photos
RESUME DES EPISODES PRECEDENTS
Les Bardénas est un désert qui réserve bien des surprises : un tag Jean Rochefort, pas de sable, un escalier qui ne mène nulle part, le plus gros bouton d 'acnée du monde, un arrêt de bus au sommet d 'une montagne, un hôtel lounge entouré de cageôts...
Maaaaaaais nos voyageurs avaient-ils vraiment tout vu ?
DE NOS JOURS, BIEN APRES CEPENDANT
La réponse est non.
Voilà.
Mais il n 'empêche que nous en avions un peu pris plein la tronche pendant les 8 heures de marche. Entre émerveillement et fatigue, nous errions dans un état second où les hallucinations
n 'étaient pas rares.
° °
NOS EXPLORATEURS
EN PLEINE CRISE BARDENAS
Nathalie constate que ses bras disparaissent

Arnaud ne sait à quelle idôle se vouer
Jénorme comprend pas tout
mais n 'en pense pas moins.

Cette crise mystique à la recherche d 'un pseudo-moi profond n 'était pas sans nous rappeler ce que vivent certains Israëliens lorsqu 'ils se rendent en Inde après leur service militaire...
SHALOM INDIA (2007) de Yoav Shamir
Traumatisés par leur service militaire,
nombre de jeunes Israéliens partent chercher en Inde l’illusion d’un monde de paix.
Entre dérives et utopies, Yoav Shamir les a rencontrés.
Mais il faut quand même pas exagérer non plus.
Allez : le temps est venu d 'errer en silence et de faire le point sur les différents paysages traversés durant cette journée navarraise.
Dans le Sud-Est de la Navarre, situés à 640 mètres d'altitude,
long de 45km et large de 24km (soient 42500 hectares),
les Bardenas Reales, terre semidésertique et dénudée,
ont été classés zone protégée en 1999 et comprennent deux zones:
la Blanca (avec la Blanca Alta, la Blanca Baja et El Plano)
et la Negra (avec El Fraile).

Les Bardenas Reales constituent le deuxième désert européen
après celui de Tabernas situé en Andalousie.
Moins austère que l'andalou, notre désert navarrais se distingue
par l'incroyable profusion de ses paysages d'érosion.
L’observation de nombreux rapaces, vautours fauves,
faucons et aigles entre autres, ravira les amateurs d'oiseaux.
La flore également y est très présente et variée
avec le pin d'Alep, le genévrier, le romarin ou le thym .

Parfois, un vent venant de la Méditerranée et appelé ici «Le Bochorno»,
ce qui signifie chaleur, transforme le désert en étuve.
(Dans les années 90, il a été enregistré jusqu'à 45°c).
Pendant la guerre civile espagnole,
c’est dans les nombreux barrancos (ravins) des Bardenas
que les franquistes fusillaient les républicains.

Les Bardenas sont partagées en deux parties :
La Blanca au centre, la plus spectaculaire comprenant la Blanca baja
et la Blanca alta (plutôt rocheuse avec des affleurements salins) ;
la Negra, partie la plus méridionale composée de vastes plateaux s
emés de blé et de riz, irrigués par des canaux descendant du lac de Yesa.
Il y a quelques années, des archéologues ont découvert sous un tumulus,
une chambre mortuaire contenant deux squelettes âgés de 4100 et 4300 ans,
ainsi que de nombreuses traces de vies humaines et ossements d’animaux.
Ce qui donnent à penser qu’entre 4000 et 1000 ans avant JC,
les Bardenas étaient très peuplées et surtout qu’il y avait de l’eau en quantité.

Le Nord constitue le passage des transhumances des brebis
qui vont rejoindre les herbages de Navarre, la pâture est interdite durant tout l’été.
Vue depuis la Pisquerra
L'eau, le calcaire et l'argile ont sculpté un paysage saisissant
qui vous transporte dans un univers quasi lunaire,
parsemé de ravins, de plateaux et de buttes solitaires.

La messe est dite !
° °
28 mai 2009
Les Bardénas, épisode 3, une histoire de rencontres
Résumé des épisodes précédents
Alors, ça fait une paye... Allez, va, disons plutôt une solde... que nous avions commencé à parler un peu des Bardénas. Et puis PAF, d 'un coup, on se retrouvait à Paris.
Maaaaaaaiiiisssss... Ah, ah, ah !
De nos jours, Les Bardénas, le retour !
Après avoir émis par l 'esprit une pensée amicale à Jean Rochefort, nous... C 'est à dire :
° °
Nous
Nathalie va tenter d 'affronter le désert
habillée en esquimau comme ça
pour déconner.

Après la tempête de janvier,
Arnaud a recyclé la forêt des Landes
en immense fabrique de cures-dents
Jénorme est fin prêt pour le Paris-Roubaix
qui se tiendra cette année à Morzine

° °
NOUS reprenons notre route, ou plutôt nos chemins, pour aller vagabonder dans cette étendue désertique et argileuse des Bardénas qui ne cesse de nous intriguer, nous captiver, nous surprendre et que sais-je encore !
Toutefois, cependant quand même néanmoins, il était grand temps d 'émettre quelques hypothèses... Allez,
n 'ayons pas peur !
Par exemple, quand on dit Désert, de suite, on pense sable.
Si, si, si ! Aaaaaah, moi, je te jure, : tu me dis Désert, de suite, je pense sable, bordel !
Eh ben, là, dans le désert des Bardénas, pas une goutte de sable.
La preuve en images avec ces photos :
L 'ABSENCE DE SABLE AUX BARDENAS
LES PREUVES
Là, par exemple, il n 'y a que de la terre :
Une bien belle terre, certes, qui donne envie...
allez soyons fous... de planter du poireaux.
Ici, tu as une pelouse de belle facture. 
Ah, ça, ça donne envie de lacher quelques footballeurs
quand tu vois du vert comme ça.
Et là, oooh, regarde :
du thym des Bardénas !
Le thym est un genre de plante des familles des Lamiacées.
Tu peux en foutre dans les thés ou tisanes
en ayant bien conscience que cela peut te calmer les nerfs.
De la pierre blanche qui fait peur ! 
En tout cas, moi, ça me fait peur !
J 'ai l 'impression que si on la touche,
elle peut nous changer en un truc du style...
Et de l 'argile en veux-tu en voilà !
Et j 'peux t 'dire qu 'il y a de quoi relancer l 'industrie mondiale de la poterie !
Voilà, ça, c 'est dit !
Une fois que tu t 'es résolu à ne croiser aucun grain de sable dans ce désert pas banal, que te reste-t-il à croiser ?
Eh bien, c 'est à ce moment précis que nous rejoignons le titre de ce billet...
LES BARDENAS REALES
Une histoire de rencontres
Quand j 'avais dit à Mumu que j 'allais aux Bardénas, elle m 'avait répondu de suite :
Mumu texto dans le texte : "- Aaaaaah, c 'est cool, tu vas voir
des gypaètes barbus !!!"
Sur ces mots de prime abord bien mystérieux, elle raccrochait brusquement le téléphone en me laissant dans le doute le plus circonspect ; si toutefois cela est possible de ressentir un doute circonspect.
Qu 'est-ce qu 'elle avait bien voulu dire ? Etait-ce un code ? Etait-elle sous l 'emprise d 'une drogue quelconque qui lui faisait dire des mots à la place des autres ? N 'avait-elle pas rêvé ? Et bordel, ça a quel goût un pinguoin ?
Je me lançais donc à la recherche d 'indices concernant les Gypaètes barbus.
Gypaète... OK, ça, je vois ! Mais barbu ? Pourquoi ?
Wikipédia me donnait les premières informations :

Dépassons la surprise de la première vision de ce vautour pour constater qu 'il n 'est pas vraiment poilu. Peut être faut-il alors se concentrer d 'avantage sur ses surnoms :
1) le « casseur d'os », car il a l'habitude de laisser tomber les os les plus gros (de préférence les os "longs") d'une hauteur de 50 à 100 mètres sur les flancs de falaise ou sur les pierriers (champ de pierres), il en mange alors les débris et les ligaments ;
2) le « nettoyeur des alpages », car il joue un rôle sanitaire essentiel en se nourrissant de cadavres d'animaux de la faune sauvage (chamois, bouquetins) et d'animaux d'élevage (moutons, chèvres).
Mais là n 'était pas le problème puisque, de toute façon, le Gypaète barbu ou rasé erre essentiellement dans les Pyrénées, les Alpes et la Corse. Pas de cette bestiole dans les Bardénas puisqu 'il n 'y a pas d 'animaux.
CONCLUSION n°1 : Pas de gypaète dans ce désert DONC pas moyen de rencontrer des animaux de troupeau.
Alors, bon...
Qui dit "Désert", dit "Touareg"...
Mais si, allez, soyons fous encore, merde, une fois dans notre vie ! Hein !
Tartit (Touaregs du Mali)
Mais vu qu 'il n 'y a pas de sable, il n 'y a pas de touaregs non plus. Logique.
CONCLUSION n° 2 : De touaregs tu ne rencontreras point dans le désert des Bardénas.
De toute façon, le parc n 'est pas assez grand pour qu 'ils puissent errer pendant un mois à la recherche de leur moi profond. En moins de 8 heures, ils seraient déjà dans un supermarché du coin.
Alors, bon...
Qui dit "Bardénas", dit "Terry Gilliam"...
Mais vu qu 'il semble bien décidé à ne pas remettre les pieds dans cette région avant un bon bout de temps qui pourrait se prolonger jusqu 'à jamais, la probabilité de le rencontrer semble avoisinée les 0% bien tassés...
Même s' il parle de reprendre le tounage de son Don Quichotte de la Mancha.
CONCLUSION n° 3 : De Terry Gilliam tu ne verras point.
Par contre, si tu es chez toi, tu peux regarder le teaser de son prochain film, The Imaginarium of the docteur Parnassius :
Avec cette citation de son auteur :
"L 'Imaginarium du docteur parnassus, c 'est l 'imagination contre le matérialisme, les rêves contre l 'argent. Aujourd 'hui, j 'ai l 'impression que le matériel a pris le dessus. Particulièrement quand je fais un film." Terry Gilliam
Alors bon...
Au grand dam (aaaaah, voilà une expression que l 'on n 'utilise pas si souvent que ça) de Nathalie, nous n 'avons pas non plus rencontrer de bibliothécaire ambulant, tel que celui dont Télérama nous parle au sujet du documentaire de Carlos Rendon Zipagauta :
BIBLIOBURRO OU L'INSTITUTEUR ET L'ANE BIBLIOTHEQUE (2008)
"L 'histoire de celle d 'un homme qui, chaque samedi, charge dès l 'aube des caisses de livres sur le bât de ses deux ânes, Alpha et Beto, et parcourt avec eux les campagnes les plus reculées du nord de la Colombie. Ce Don Quichotte des temps modernes, c 'est Luis Soriano, instituteur aux journées bien remplies, avançant dans des paysages magnifiques au rythme tranquille et sûr des bourricôts. Son "biblioburro" est une version rustique de nos Bibliobus, qui apporte la culture écrite et l 'éducation à ceux qui ont difficilement accès. Mais Luis ne se contente pas de prêter des livres aux enfants, en leur demandant
d 'en prendre soin. Il parle avec eux, leur lit des poêmes, et leur fait raconter ou dessiner des souvenirs traumatisants (souvent liés à la lutte que se livrent guérillos et paramilitaires dans la région) pour mieux s 'en défaire."Vincent Arquillière
CONCLUSION 3 : Pas de bibliothécaire ambulant tu croiseras.
Bon bref : on va pas faire l 'inventaire de ce que nous n 'avons pas rencontré !
Concentrons-nous sur le concret.
MAIS QUI AVONS-NOUS VU ?
Ici,
une statue :

Un berger avec son chien.
Rappelons au passage que Baltique (le chien de Mitterrand) fut le premier chien au monde à être statufié de son vivant. Et cette oeuvre se trouve à Souston (40).
Là,
des gens en segway
Ben ouais !
Tiens,
un extra-terrestre bloqué par le vent

Ah non, merde, c 'est Arnaud.
Maintenant que ça c 'est dit, posons nous la question :
MAIS QU 'AVONS-NOUS VU ?
Ici,
une maison isolée

Sachant que les Bardénas sont complètement inhabités
Là,
une touffe d 'herbe folle.
Etonnant non ?
Tiens,
le plus gros bouton d 'acnée
purulent du monde

Magnifique et émouvant
quand on pense aux hectolitres
de pue que doit secréter
cette grosse boule.
Voilà.
C 'est la tête et les yeux remplis de ses visions inoubliables que nous décidions de nous rendre dans un endroit plus civilisé pour boire une bonne bière :
L 'Aire des Bardénas est un hôtel conçu sur un seul niveau et proposant de chambres aux multiples facéties.
Vas-y don' voir ici : Aire des Bardénas.
Dans une ambiance complètement lounge et apaisante, tu peux tranquillement admirer les nombreux cageôts qui entourent l 'édifice tout en remarquant le nombre de prix obtenus par ce lieu ô combien pas banal :

Mais tout se calme... Toute cette tranquilité... Tout ce silence... Toutes ces couleurs... Toute cette disposition... Je sais pas pourquoi mais ça m 'a foutu ce putain d 'air(e) à la con dans la tête :
Sorte de révolte silencieuse, toute intérieure. Dernière résistance après une journée bien remplie où les yeux en ont pris plein la tête.
06 mai 2009
Pampelune
Ohla, dis don'...
L 'aut' jour, j 'étais à Pampelune (ou Pamplona en castillan ; ou Iruña ou Iruñea en basque)!
Bon alors, Pampelune (en castillan : Pamplona ; en basque : Iruña ou Iruñea), les gens disent de suite :
"Ah ouais, c 'est là qu 'ils balancent des taureaux dans les rues pour que les gens se fassent encorner le derche en courant comme des cons le jour de la Saint Firmin, du 6 au 14 juillet ?!"
"L 'Encierro. Chaque matin, à 8 heures précises, c 'est le lâcher de six taureaux de la corrida de l 'après-midi dans les rues de la ville. Itinéraire de 840 m. Le jeu consiste à courir devant ces tonnes de chair lancées à pleine vitesse en brandissant un journal roulé qui sert à fxer l 'attention du Toro. Chacun a peur, chacun nourrit, entretient son angoisse avec une jouissance démesurée. Pour beaucoup, il se passe plus de chose en deux minutes que dans toute une vie !" LE GUIDE DU ROUTARD
D 'autres diront :
"Ah ouais, c 'est la ville de la teuf
où ça picole à tout va en écoutant
de la trompette pendant une semaine."
Photo extraite de Pays basque Online
"Une fusée éclate alors et tout change. Les Navarrais et autres touristes habillés de blanc et rouge vont tenter de faire le plus de bruit possible, de se défoncer comme jamais. Tambours, grosses caisses, trompettes, trombones rythment les rues qui dansent. Le vin coule à flots." LE GUIDE DU ROUTARD
Ils peuvent dire aussi :
"Ouais, c 'est là qu 'a eu lieu le miracle de l 'âne !"
LE MIRACLE DE L 'ANE

"C'est le sixième miracle du De miraculi sancti Jacobi. En 1100, un pèlerin français de Poitiers arrive à Pampelune avec sa famille. Ils font halte dans cette ville pour se reposer et reprendre des forces.Ils se sont logés dans un « hostal ». La femme du pèlerin tombe malade et ils doivent rester plus longtemps que ce qui était prévu, jusqu'à ce que finalement elle meure. L’hôtelier, voyant que son hôte risquait de partir, lui réclame une grosse somme d'argent en alléguant que le séjour avait été long. N'ayant pas suffisamment d’argent pour payer, le pèlerin lui laisse son cheval et se remet en route avec ses deux fils en bas âge. Chemin faisant il s’arrête pour prier saint Jacques et lui demander de l’aide. À la sortie de Pampelune, une personne vénérable l'aborde et lui prête un âne pour l’aider dans son voyage. Quand ils arrivèrent enfin à Santiago, le pèlerin eut une vision de l'Apôtre en qui il reconnut la personne vénérable de Pampelune. De retour à Pampelune, il prit des nouvelles de l'aubergiste et apprit qu’il avait trouvé la mort dans un accident. Les gens de l’hostal déclarèrent qu'il avait subi une punition divine à cause de son manque de charité envers les pèlerins." WIKIPEDIA
D 'autres encore diront :
"Ah ouais, c 'est là où les gens se lancent des tomates dans la gueule !"
Photo La rue 89
Mais non, t 'as tout faux.
La Tomatina se passe à Bunol, près de Valence.
SACHES TOUTEFOIS CEPENDANT LORSQUE AINSI BIEN QUE MÊME SI...
PAMPELUNE,
CE N 'EST PAS QUE çA,
TU VOIS !
Oui OK, même en période hors fêtes, tu ne peux éviter de savoir que des taureaux sont passés dans le coin à un moment donné :

"En prenant une courbe serrée de 90°, la plupart
des taureaux lancés en plein galop patinent et
s 'écrasent contre les barrières."
Pampelune,
cela peut être aussi de longues rues désertes
un dimanche vers 16 heures...
Mais ce que l 'on ne dit pas assez à propos de Saint Firmin et de ses reliques qui sont exposées je-sais-pas-où, mais qui ressortent à chaque mois de juillet, c 'est ceci :
LES RELIQUES DE SAINT FIRMIN
La petite histoire qui va bien

"1940 : le maréchal Pétain désire faire un cadeau à Franco. Sur le conseil de Xavier vallat (futur commissaire aux questions juives), il a le génie de lui offrir une partie des reliques de saint Firmin, conservées à Amiens. Le reliquaire frappé de la francisque pétainiste prend la route pour Pamplona. A la frontière, la ferveur populaire est telle que la voiture se trouve bloquée. Les Navarrais embrassent la route devant le véhicule, les prêtres processionnent autour : la voiture met trois jours à arriver. Résultat : quand on se découvre devant le reliquaire de san Fermin, c 'est aussi la francisque pétainiste que l 'on salue..." LE GUIDE DU ROUTARD
Pampelune,
ce sont aussi,
et peut être surtout,
des bars...
Comme ça :

Des vitrines à travers lesquelles
on distingue une convivialité familiale et habituelle.
Ou comme ça :
Bar à décors. Ici, le Petit Paris...
Où il ne manque qu 'un poste-radio branché
sur les grandes ondes pour diffuser
du Europe 1 grésillant.
Ou comme ça :
Homme seul au comptoir
avec une devise espagnole
au-dessus de la tête
pendant qu 'à la télévision,
un autre homme ouvre un tiroir.
Ou comme ça : 
Serveuse seule derrière le comptoir
tentant une réussite sur ordinateur.
Ou comme ceci
(oui, là, on va changer de mot un peu) :
Un bar où il fait bon manger
un hamburger bien dégueux
accompagné d 'une grosse pinte
de bière blonde sans bulles
en lisant le journal local.
Sans oublier ça :
Des bars avec un comptoir au-dessus duquel
suintent quelques jambons prenant la chaleur des néons.
Cette graisse liquide te tombe alors dans le cou
et sur les cheveux pour te donner une bonne odeur
de terroir espagnol.
Et puis, aussi, ça là :
Le bar Hemingway
Bon, entre nous, là, comme ça, pour dire un peu des trucs... euh... C 'est complètement quelconque comme endroit.
Mais c 'est justement ça qui fait que ce bar n 'est pas comme les autres.
Tu t 'attends vraiment à quelque chose de plus... de plus... de plus... je sais pas... Une lumière tamisée, bleuâtre. Une odeur de marée qui se mélange à celle du bois verni avec des relants de cigarettes brunes consumées... Eh non.
Toutefois, ce bar a le mérite de poser la question : "Mais pourquoi s 'appelle-t-il comme ceci ?"
Souvenons-nous !
ERNEST HEMINGWAY
ET PAMPELUNE
Ernest prenant l 'air avant d 'aller se prendre une timballe à Pampelune
"Ernest Hemingway (1899-1961) arriva pour la première fois à Pampelune, en provenance de Paris, le 6 juillet 1923. Les fêtes de San Fermín venaient juste de commencer. L’ambiance de la ville et, en particulier, le combat arbitraire entre l’homme, le taureau et la mort eurent un tel impact sur lui qu’il choisit la ville comme cadre pour son premier roman à succès "The Sun Also Rises" (Le soleil se lève aussi), publié trois ans après. L’Américain reviendra aux fêtes de San Fermín huit fois de plus, la dernière en 1959, cinq ans après avoir obtenu le prix Nobel de Littérature et deux ans avant de mettre fin à ses jours à Ketchum (Idaho), précisément la veille des fêtes.
Ce grand écrivain fut un messager universel des fêtes de Pampelune. Sa contribution fut décisive pour que de simples fêtes en famille, à peine connues en dehors de l’Espagne, se convertissent en un des rendez-vous festifs les plus célèbres au monde, et Pampelune en centre d’attraction pour des milliers de touristes étrangers, un grand nombre d’entre eux séduits par la plume de l’auteur du roman Le soleil se lève aussi.
De nombreux établissements qu’Hemingway fréquenta au cours de ses différentes visites à la capitale navarraise sont encore ouverts de nos jours : le bar Txoko, l’Hôtel La Perla et le café Iruña, tous situés dans le centre, sur la Place del Castillo et l’Hôtel Yoldi, lieu taurin par excellence. D’autres endroits de l’itinéraire hemingwayen comme l’Hôtel Quintana, le café Suizo ou la Casa Marceliano ont au contraire disparu.
La présence du romancier aux Fêtes de San Fermín fut presque constante au cours des années suivantes. Il n’en fut pas absent en 1923, 1924, 1925, 1926, 1927, 1929 et 1931. Après la parenthèse de la Guerre Civile Espagnole à laquelle il participa activement en faveur de la République Espagnole, et de la IIème Guerre Mondiale, il revint à deux reprises, en 1953 et 1959. Si l’on peut affirmer une chose sur le passage d’Hemingway à Pampelune, c’est qu’il n’y montra jamais une attitude distante ; l’éminent auteur vécut la fête pleinement, s’y immergea jusqu’au fond, comme il l’avait toujours fait, vivant sa vie intensément grâce à son caractère passionné.
Le représentant de la génération perdue courut devant les taureaux, se lia d’amitié avec des toreros -tel qu’Antonio Ordóñez- et des paysans -tel que Juanito Quintana-, il mangea, but et vécut avec les gens de Pampelune et goûta avec eux à la joie, la chaleur et l’euphorie propres aux Fêtes de San Fermín... Mais il connut aussi la tragédie : en 1924, pendant l’encierro, il fut témoin du premier coup de corne mortel sur un mozo, le jeune Esteban Domeño, âgé de 22 ans. Hemingway reprendrait cet épisode dramatique dans “Le soleil se lève aussi”. Le cadre de son roman “Mort dans l’après-midi” (1932) se situe aussi dans le monde des taureaux." AYUNTAMIENTO DE PAMPLONA
Bref : tout ça pour dire que c 'est bien beau de faire la teuf, mais le vieux Hemingway est quand même devenu par la suite impuissant. Se sentant sombrer dans la cécité à cause du diabète et touché par la folie, il se suicide en 1961, lui qui avait toujours blâmé son père pour son suicide, considérant cela comme un acte de lâcheté.
Alors, voilà Pampelune...
Personnellement, il y a vraiment une chose que je retiens des quelques heures passées dans cette ville.
Au hasard des rues, nous avons échoué tranquillement dans une sorte de magasin de bric-à-brac où se trouvait tout un tas d 'objets : vêtements, souvenirs, vaisselles, nappes, masques,... et instruments de musique.
Et là, au milieu de la boutique, une présence détonante et inhabituelle...
Un steel-drum.
Quelques coups de doigts sur les différentes parties ondulées de l 'appareil et la magie opérait...
Vas donc jusqu 'à 11 minutes de ce concert pour redécouvrir un tube version steel-drum.
J 'adore ces sons...
° °
DANS NOTRE PROCHAINE EPISODE
Nous retournerons dans les Bardénas car j 'ai oublié de parler de pleins de trucs, comme la fois où........
° °
Super !30 avril 2009
Le désert des Bardénas, épisode 2 : une histoire de chemins
RESUME DES EPISODES PRECEDENTS
Après avoir testé les différents bars de la ville d 'Olite by night en parlant de salsa et de tango, Nathalie essaya coûte que coûte de nous faire écouter sur le chemin de retour à l 'auberge de Beire "See that my grave is kept clean" par Lou Reed. De son côté, le mange-CD de la voiture jugeait, lui, qu 'il était bien trop tard.
Ce disfonctionnement nous permettait alors de revenir sur ce morceau de blues datant de 1927, interprété par
Blind Lemon Jefferson
Père fondateur du blues texan et chanteur itinérant, Né en septembre 1893 à Coucheman, dans le Texas, Clarence "Blind Lemon" Jefferson est né à Coucheman (Texas) en septembre 1893.
On ne sait pas s 'il est né aveugle ; mais, encore adolescent, vers 1912, Jefferson commence à vivre de la musique en se produisant à des pique-niques ou à des fêtes. Il joue également dans les rues de plusieurs villes du Texas. Sur ses débuts, son cousin, Alec Jefferson, écrira : "Ils étaient désagréables et grossiers. Les hommes prostituaient les femmes et faisaient de la contrebande d'alcool pendant que Lemon chantait pour eux durant toute la nuit. Il commençait vers 20h et continuait jusqu'à 4h du matin."
Dès 1925, il enregistre plusieurs morceaux et c 'est en 1926 qu 'il connait ses premiers succès enregistrés pour la Paramount.
Jefferson est également célèbre pour avoir beaucoup voyagé pour l'époque notamment dans le sud des États-Unis ce qui entraîne une relative difficulté à catégoriser sa musique. Il s'affranchissait en effet des conventions musicales, modifiant ses riffs et ses rythmes et chantant des textes complexes et expressifs d'une manière exceptionnelle pour un "simple chanteur de country blues" de l'époque.
Très vite, il gagne beaucoup d 'argent.
Pourtant, il meurt sans un sous à Chicago en décembre 1929. Sa mort dans des circonstances dramatiques (aveugle, il est mort de froid dans les rues de chicago après que la neige tombée lui ait fait perdre ses repères) a encore accru son aura légendaire.
Paramount paye le retour de son corps en train vers le texas. Il est enterré au Wortham Negro Cemetery où sa tombe restera vierge et inconnue jusqu 'en 1967, date à laquelle un marqueur est érigé à proximité, l 'endroit précis étant inconnu.
Bref !
Puisque nous parlons de tempête de neige, il était bien deux heures du mat' lorsque nous nous rendions compte qu 'il fallait se lever tout à l 'heure pour rejoindre le désert des Bardénas...
DE NOS JOURS, MAIS TOUT A L 'HEURE
C 'est pas pour nous vanter, mais on a le beau temps ce matin.
Un soleil à peine voilé se lève sur la petite église de Beire...

... à côté de laquelle se trouve le portrait sculpté
d 'un homme à lunettes répondant au doux nom de...
Victoriano Flamarique Biurrun
Curé et sociologue de Beire, il fut un des principaux impulseurs
au début du XXe siècle, d'intiatives sociales en faveur des classes ouvrières et paysannes.
En 1900 il fonde la Caja Rural, pour contenir la fuite de l'argent des champs vers la ville.
Il tentera toute sa vie durant d'améliorer la situation sociale et économique
des petits travailleurs du milieu rural, raison pour laquelle il est aujourd'hui très reconnu.
Et puisque nous parlons de paysans, de ruralité et tout ça, il est grand temps pour les aventuriers que nous sommes de se casser d 'ici afin de reprendre la route...
° °
LES AVENTURIERS TESTEURS
DE L 'EXTREME

Nathalie teste la cuisine douce extrême

Jénorme teste le bowling extrême
° °
SUR LA ROUTE...
Après avoir petit-déjeuné dans une cafétaria de bord de route dès plus sympathiques, située non loin de l 'entrée Ouest du parc des Bardénas, les paysages tant recherchés se dessinent au loin...

Oui, je sais, on voit pas bien, mais j 'ai dit que cela se dessinait au loin.
La tension monte... Mais qu 'allait donc nous réserver ce foutu désert dont on parlait depuis des mois ? Qu 'allait-on y voir ? Qu 'allait-on y faire ? Que manger ? Que boire ? Quel sport y pratiquer ? Allons-nous en sortir vivants ? Allons-nous seulement en sortir ? Mais où est l 'entrée d 'abord, bordel de merde ?
C 'est parti !
Nous quittons la route goudronnée pour nous aventurer sur un chemin de terre...
...qui n 'était pas sans nous rappeller que le Paris-Dakar se déroule à présent en Argentine.
C 'est à cet instant précis... Là... Maintenant... que nous avons tous eu une pensée pour Daniel Balavoine à qui nous devons, il faut le dire, quelques citations bien senties, comme :
"C'est petit joli c'est doux c'est fort C'est plein de couleurs Pour l'amour l'ennui ou pour la mort Pour sucrer les pleurs Rouge au cœur
Lipstick pour les hommes Lipstick pour les femmes Lipstick for the men Lipstick for the girls" Daniel Balavoine
Nous sommes dans une des premières réelles particularités des Bardénas : un foisonnement de chemins.
LES BARDENAS REALES
Une histoire de chemins
Attention, pas une histoire de chemins comme celle dont nous parle Téléréma avec ce documentaire :
LE DROIT CHEMIN (2008), documentaire de Jarmila Buzkova
"Condamné pour des braquages commis en toute inconscience à l 'âge de 18 ans, Christian Laplanche a depuis travaillé dur pour passer son bac en prison, obtenir un doctorat en droit, enseigner à l 'université. Et réaliser son rêve : devenir avocat. C 'est là que ça coince. Pendant cinq ans, les barreaux de Nîmes, d 'vignon, d 'Alès rejettent sa candidature en invoquant son passé. Les recours juridiques n 'y changent rien. Comme le relève maître Henri Leclerc, il est inquiétant que des juges et des avocats estiment impossible la réhabilitation d 'un homme. A Nîmes, ça n 'émeut pas le bâtonnier : "Pourquoi il veut devenir avocat ? est-ce qu 'il n 'a pas les moyens de s 'épanouir autrement qu 'en venant nous emmerder ?" Drôle de plaidoirie..." Samuel Gontier
Non, non ! Du bon vieux chemin de trace !
Nous posons la voiture à un endroit où, semble-t-il, il n 'y a aucune chance que l 'on nous crève les pneus car Le Guide du Croutard le dit bien dans ses pages :
"Attention : beaucoup de lecteurs nous signalent des crevaisons de pneus. Il est important de ne pas se garer en-dehors des chemins réservés aux voitures sous peine de réveiller
l 'agressivité des bergers des Bardénas."
Cela nous met de suite en confiance : non seulement on ne sait pas où on va, mais, en plus, on ne sait même pas si nous allons pouvoir en repartir.
Bref !
La voiture est posée dans un chemin apparemment inoffensif. Pas un troupeau à l 'horizon ! Pas un berger embusqué dans un taillis !
° °
ANALYSONS LES IMAGES
AFIN DE MIEUX COMPRENDRE
LE MONDE ET LES GENS EN PLEIN DESERT
° °
Equipés de gants, de tapas enveloppés soigneusement dans un papier alu de première classe et
d 'une bouteille de jus d 'oranges pur Espagne, nous nous lançons à l 'assaut du premier chemin venu.
Sauf que, très vite,
cela ne semble pas être la bonne direction...
Analyse de l 'image :
Alors, là, c 'est très intéressant.
Regardez. Qu 'est-ce qu 'il se passe exactement
dans cette image ?
Pendant qu 'Arnaud ne regarde pas du tout
dans la continuité du chemin,
Nathalie a défait une anse de son sac à dos
comme pour magnifier sa désinvolture.
Demi-tour,
autre direction !
Nouveau chemin
avec la Blanca Baja
en point de mire :

Analyse de l 'image :
Alors, là, c 'est très intéressant.
Regardez. Qu 'est-ce qu 'il se passe exactement
dans cette image ?
Pendant qu 'Arnaud garde sa main collée à sa hanche
comme pour signifier picturalement un doute persistant,
Nathalie arbore une démarche forcenée,
toutes épaules baissées.
Même si le doute semble persister,
aucun des aventuriers ne le montre.
Analyse de l 'image :
Alors, là, c 'est très intéressant.
Regardez. Qu 'est-ce qu 'il se passe exactement
dans cette image ?
Pendant que Nathalie montre avec entrain ce chemin qui semble être le bon,
Arnaud reste suspicieux devant la tenue arborée par sa partenaire de randonnée.
Pour lui, il semble clair que le chemin va être long.
Peut être faudra-t-il prévoir de passer deux ou trois nuits dans le désert.
FIN D 'ANALYSE
MERCI
Tout semble rentrer dans l 'ordre et,
à partir de ce chemin, nous empruntons...
d 'autres chemins !
Tour à tour serpentants parmi des montagnes majesteuses...

...ou se faufilant dans des profondeurs reculées...
...nous échouons finalement au milieu de nulle part !
Et cela tombe bien car c 'est là notre premier objectif.
LES BARDENAS REALES
L 'escalier qui ne mène nulle part
J 'avais lu plusieurs articles sur les Bardénas avant de venir.
Je savais notamment qu 'il y était impossible de capter Rires et chansons et que c 'était le seul endroit d 'Espagne où il n 'y avait pas de grue.
Oui parce que, il faut que tu le saches, la particularité de l 'Espagne, c 'est de te foutre des grues partout afin de commencer des travaux qui ne finissent jamais : sur les routes, au milieu des villages, sur des parkings,... PARTOUT JE TE DIS !
L 'exemple le plus célèbre étant peut être celui çi :
En 1882, Josep M. Bocabella achète des terrains pour édifier un temple dédié à la Sainte Famille. Après des désaccords avec le premier architecte, Francesc de Paula Villar, le travail est confié à Gaudí. Ce dernier modifie le projet original et le rend plus ambitieux. La Sagrada Familia fut d 'ailleurs en compétition pour devenir une des Sept nouvelles merveilles du monde.
Durant les dernières années de sa vie, Gaudí ne travaille et ne vit pratiquement que pour la construction de ce temple. En 1926, le destin arrête sa progression : vêtu de vêtements élimés et usés, personne n'a reconnu en lui le célèbre architecte lorsqu'il fut renversé par un tramway. Il mourut des suites de cet accident quelques jours plus tard, dans un hôpital (Hospital de la Santa Creu i Sant Pau) où il aura été conduit trop tard. Il laisse alors de très nombreux plans, projets et ébauches (les plans et maquettes furent malheureusement quasiment tous détruits pendant la guerre d'Espagne, une dizaine d'années après sa mort).
Je pense que l 'Espagne est le pays qui compte le plus de grues au m2.
Bref !
revenons aux Bardénas
et
à ce fameux escalier qui ne mène nulle part.
En fait, c 'est faux.
Cet escalier nous entraine dans un endroit bien précis. Si, si !
Sur une butte... Ouais, ouais !
Qui n 'est autre qu 'une butte sur laquelle, O merveilleuseté de l 'Espagne, se trouve une cabane en pierres.

Eh ouais !
Bon, franchement, de prime abord, vu comme ça, tu te dis : "Euh ouais d 'accord, mais franchement, entre nous, c 'est nul non ?"
Mais atteeeeeeeennnnnnndddddssss !!!!
Tout d 'abord,
tu as de très belles vues :
Et puis, une fois que ça c 'est fait, tu peux être amené à te poser de multiples questions, comme Pourquoi ? Comment ? Quand ? Qu 'est-ce que c 'est que ça ?
Débouchant sur d 'inombrables suppositions, telles que un arrêt de bus ? Un futur plongeoir pour suicidaires ? Une ancienne cabane à saucisses biologiques ? Une demeure intemporelle qui hébergea les plus grands architectes espagnoles ? Et ne serait-ce pas
l 'endroit le plus idéal du monde pour faire une bonne partie de dominos ?
C 'est en se rapprochant quelque peu de la cible que des réponses surviennent.
Là, sur un pan de mur de cet abris délabré,
mais si typiquement espagnol (oui, oui, j 'insiste !)...
... un tag sommaire capte notre attention :
Bon, alors, qu 'est-ce que c 'est que ça, là ?
Pourquoi ce Jean Rochefort ici, en plein désert des Bardénas, sur le pan de mur de ce pseudo-abris délabré (oui, oui, encore) ?
Parce que, bon, Jean Rochefort, on connait, nous, les Français :
JEAN ROCHEFORT

Jean Rochefort et son chienchienchien ou l 'inverse
Grand acteur français que nous avons pu voir dans des films comme Cible émouvante, Un éléphant, ça trompe énormément, "Tandem", Le fantôme de la liberté, Le mari de la coiffeuse", Le grand blond avec une chaussure noire, Calmos, Un étrange voyage, RRRrrr..., il est également connu pour ses talents
d 'écuyer qui prirent fin en 2002 après qu 'il ait connu une infection de la prostate lors du tournage du film de Terry Guilliam, The man who killed Don Quixote.
Eh oui, c 'est ici même... Bon, pas dans cette cabane à la con qui sert à rien... mais dans le désert des Bardénas que le génial et débile réalisateur Terry Guilliam tenta de tourner sa version de Don Quichotte d 'après le roman de Cervantès.
L’INGENIEUX HIDALGO
DON QUICHOTTE DE LA MANCHE
El Ingenioso Hidalgo Don Quijote de la Mancha
de Miguel de Cervantès
"L’intrigue couvre les voyages et les aventures de Don Quichotte et son écuyer Sancho Panza. C’est un hidalgo qui est obsédé par les livres de chevalerie. Ses amis et sa famille pensent qu’il est fou quand il décide de devenir à son tour un chevalier errant et de parcourir l’Espagne sur son cheval, Rossinante, en combattant le mal et protégeant les opprimés.
Il passe pour un illuminé auprès de ceux qu’il rencontre. Il croit que les auberges ordinaires sont des châteaux enchantés et les filles de paysans de belles princesses. Il prend les moulins à vent pour des géants envoyés par de méchants magiciens. Il considère qu’une paysanne de son pays, Dulcinée du Toboso, qu’il ne rencontrera jamais, est l’élue de son cœur à qui il jure amour et fidélité.
Sancho Panza, son écuyer, dont la principale préoccupation est, comme son nom l’indique, de se remplir la panse, estime que son maître souffre de visions, mais il se conforme à sa conception du monde, et entreprend, avec son maître, de briser l’envoûtement dont est victime Dulcinée.
Aussi bien le héros que son serviteur subissent des changements complexes et des évolutions pendant le déroulement du récit.
Peu à peu Sancho Panza opère une métamorphose, et du lourd paysan qu’il était, il se transforme en un être plus éduqué, suscitant même par sa clairvoyance et la finesse de son jugement l’étonnement du peuple qu’il administre lorsqu’il est nommé gouverneur d’une île par le Duc et la Duchesse (Volume 2, chapitre 55). Don Quichotte, quant à lui, reste invariablement fidèle à lui-même, il ne cède à aucune pression extérieure, il brave les archers de l’inquisition qui sont à ses trousses depuis qu’il a libéré les galériens (Vol. 1, chap. 22).
À la fin du deuxième volume, Don Quichotte, vaincu par le chevalier de la Blanche Lune (le bachelier Samson Carrasco), s’en retourne chez lui. Sancho le supplie de ne pas abandonner, lui suggérant de prendre le rôle de berger, souvent mis en scène dans des histoires bucoliques. Ayant abandonné la lecture de tout roman de chevalerie, il retrouve la raison et fait dès lors preuve de la plus grande sagesse, avant de mourir entouré de l’affection et de l’admiration des siens.
Les deux compères ont vécu ensemble beaucoup d’aventures, provoquant souvent de nombreux dégâts. Ils rencontrent, au cours de leurs pérégrinations, quantité de personnages qui délivrent une sociologie détaillée de l’Espagne du siècle d’or. On y voit défiler des criminels envoyés aux galères (sont-ce des Juifs poursuivis par l’Inquisition ?), des morisques sous le coup de l’édit d’expulsion de 1609(Ricote, Ana Felix)." WIKIPEDIA
Si le film n 'a jamais vu le jour, il nous reste ce documentaire réalisé par Keith Fulton et Luis Pépé,
LOST IN LA MANCHA
Je me souviens des propos tenus par le co-scénariste du film de Guilliam :
"Dans le roman, Cervantès fait une chose étrange et cruelle. A chaque page, il ridiculise Don Quichotte. A chaque fois, il en rajoute pour montrer la folie de ce vieillard. Plus il est cruel, plus on aime Don Quichotte. Quand il redevient sain
d 'esprit à la fin, le lecteur ne le supporte pas. On veut qu 'il reste dans sa folie parce que sinon, on sait qu 'il va mourir." Tony Grisoni
Analyse intéressante à remettre en rapport avec les motivations du réalisateur américain :
"Dans les challenges, j 'aime la difficulté. Si c 'est facile, je ne le fais pas. Si c 'est quasi impossible, je tente le coup. Je tire mon adrénaline de ça. C 'est peut être ce qui stimule ma créativité. Sans bataille, je ne dois pas savoir comment m 'y prendre." Terry Guilliam
Et c 'est sur ces mots que je terminerais ce billet parce qu 'à un moment donné, il faut bien fermer sa gueule un peu.
18 avril 2009
Le désert des Bardénas, prologue
RESUME DE L 'EPISODE PRECEDENT
La vache, la côte de Guipüzcoa, c 'est un peu de la merde en boite quand même !
Mais ne restons pas sur une défaite et retournons en Espagne...
DE NOS JOURS, MAIS UN PEU APRES
Tiens, si on allait voir du côté du désert des Bardénas...
C 'est sur ces courtes mais bonnes paroles
que nous enfourchons les sièges de la voiture afin de quitter Dax...
... pour prendre la direction de l 'Espagne...
Et là, je sens dans ton cerveau bouillonnant qu 'une question cruciale te taraude l 'esprit :
LA QUESTION QUI TE TARAUDE L 'ESPRIT
Micheline Dax est-elle encore en vie ?
Ah, ah, ah : voilà une bonne question !
Parce qu 'on parle de Dax tout ça, mais Micheline Dax, qu 'est-elle devenue ?
ENQUETE
Soeur de Michel Etevenon (créateur de la Route du Rhum en 1978), Micheline Dax est née le 3 mars 1924 à Paris.
Très populaire à la télévision dans les années 1970 et 1980,
elle est une invitée régulière des émissions de jeux,
notamment de L'Académie des neuf et des Jeux de 20 heures.
(Oui, je suis bien d 'accord avec toi : on ne voit pas assez Micheline dans cet extrait)
Grande figure du doublage,
elle est notamment la voix de Miss Peggy
dans le Muppet show.
(Oui, je suis bien d 'accord avec toi : on ne voit pas assez Micheline dans cet extrait)
Elle mène une riche carrière au théâtre de boulevard
depuis la fin des années 1950 et a été nommée deux fois aux Molières :
en 1999 (dans la catégorie Meilleure comédienne dans un second rôle)
et en 2004 (dans la catégorie Meilleure comédienne).
(Oui, je suis bien d 'accord avec toi : on ne voit pas assez Micheline dans cet extrait)
Elle a également enregistré plusieurs disques
comme siffleuse.
Ou encore écrivain avec notamment...
Elle fait aussi parti de la PMAF
(Protection Mondiale des Animaux de Ferme)
Nommée au grade de commandeur dans l'ordre des Arts et des Lettres en 2007, elle se produit aujourd 'hui sur scène dans la pièce de théâtre Les monologues du vagin à l 'âge de 85 ans.
Mais quel parcours ?! Quelle vie ?! Quelle tenacité ?!
DONC, après enquête, nous pouvons dire que, oui, Micheline Dax est bel et bien vivante.
FIN DE L 'ENQUÊTE
Nous pouvons à présent retourner à nos moutons et parlez tranquillement des Bardénas ; lieu où nous nous rendons...
Mais, ô putain la vache, il faut que j 'aille étendre mon linge !
DANS NOTRE PROCHAIN EPISODE
Peut être que nous parlerons enfin du désert des Bardénas...
09 avril 2009
Visions d 'Espagne
Il y a plusieurs façons de voir, apprendre et découvrir
l 'Espagne...
Putain, ça, c 'est une intro rapide qui permet sans pinailler de rentrer dans le vif du sujet.
Le week-end dernier, influencés par une chanson sortie de nulle part, on s 'est dit :
"Tiens, il fait beau, il fait bon...
... et si on allait voir un peu ce que le Gipuzkoa donne !"
Oui, c 'est vrai, dit comme ça, tu te demandes.
Gipuzkoa, qu 'est-ce que quoi ?
Un alcool basque ? Une sauce ? Une façon de dire bonjour au XVIIème siècle ? Un nouveau modèle de canapé ? Un cri de guerre lointain voulant dire "Et pour les légumes, j 'épluche quoi ?"...
Non ! Gipuzkoa n 'est pas un plat en sauce ni une soupe, mais bel et bien une côte.
Le Guide Vert Michelin nous le rappelle avec ses mots à lui qui nous amène à, pourquoi pas, baver :
"Sans doute moins préservée que celle de Biscaye, la côte guipuzcoane n 'en demeure pas moins riche en plages de sable fin, en petits ports et en routes de corniche panoramiques. Entre mer et collines, vous découvrirez un pays à l 'identité bien marquée." LE GUIDE VERT MICHELIN
Après être passés devant une magnifique pharmacie...
... nous pouvons harpenter le bitume pour l 'Espagne.
Au fur et à mesure que les kilomètres défilent et que la frontière franco-espagnole, ou l 'inverse,
s 'approche, les nuages se font de plus en plus nombreux, répandant leur sale venin laiteux sur nos lunettes enfumées.
Première pause à San Sebastien ou San Seb ou San Sé ou Donastia ; capitale du pintxos (comme nous l 'avions vu lors d 'un précédent billet).
Maaaaaiiiiisssss... ATTENTION ! San Seb, ça bouge tout le temps ! Jamais pareille San Sé !
Alors, nous sommes en droit de nous poser la question : "Bordel : quoi de neuf à Donastia en ce 5 avril 2009 ?
Eh bien ceci :
Deux sortes de groupes de personnes : ceux qui se trimballent dans les rues avec leurs planches de surf sous le bras et ceux qui se errent avec une branche de rameau. Cela mérite une explication...
LE DIMANCHE DES RAMEAUX, POURQUOI ?
"Le Dimanche des Rameaux est le dimanche qui précède le dimanche de Pâques. Cette journée célèbre l'arrivée de Jésus dans la ville de Jérusalem. Quand Jésus arriva à Jérusalem, ses disciples s'empressèrent d'agiter et de jeter des branches de palmier à ses pieds en guise de tapis.
Aujourd'hui, les Catholiques vont à l'église, le Dimanche des Rameaux pour faire benir leurs rameaux et les accroche au crucifix afin de se protéger du mal durant l'année." Pâques, histoire et traditions
Le religion a ses mystères que la raison ignore.
A l 'époque d 'Internet, de la bombe nucléaire, des traders, l 'aspirateur sans sac, des actionnaires, de la crise, des avions à réaction, du téléphone sans fil, du micro-ondes, la valise ronde et autres inventions révolutionnaires..., je suis toujours fasciné par les gens qui perdurent ces croyances et ces rites de plus de 2000 ans.
Et si à Jérusalem, les gens avaient décidé d 'agiter et de jeter des raviolis, tout le monde se seraient-ils munis d 'une boite de raviolis sous le bras pour aller à la messe ce jour là ?
En tout cas, la vie est faite de coïncidences... Aaaaaaah, toi, la vie... ¨Grande folle que tu es, tiens !... Jésus et les rameaux. Jésus qui marche sur l 'eau. Jésus en surf...
T 'as vu le rapport là ? Jésus et le surf... Hein ? Hein ?
Bon, bref : dans le cas précis de San Sebastien-Donastia-San Seb-San Se, une autre manifestation eut lieu quelques décennies plus tard.
En 1813, les Français brûlent San Sebastian au moment où Wellington les déloge. La population les suit en rigolant et en les imitant : c 'est la naissance des Tamborradas.
LES TAMBORRADAS
Dans les villages de la province de Teruel, les habitants fêtent las Tamborradas au cours de la Semaine sainte. On assiste alors à une manifestation populaire durant laquelle on fait rouler les tambours et les grosses-caisses tout au long de la nuit. Les musiciens se « font le poignet » plusieurs semaines auparavant afin de pouvoir supporter de jouer aussi longtemps.
Quelques tapas accompagnés d 'une bonne vieille San Miguel dans un bar fumeur plus tard, nous reprenons la route en nous perdant ; puis en longeant la côte.
Prochain arrêt :
"Gertaria est un petit port de pêche réputé pour ses chipirones (calmars) et ses poissons grillés. On n 'y part plus pour la pêche à la baleine, ni pour les Indes comme Juan-Sebastian de Elkano, qui ramena des Philippines l 'unique bateau restant de l 'expédition, concluant ainsi le premier tour du Monde en 1522."
LE GUIDE VERT MICHELIN

La Victoria,
premier bateau à avoir effectué la circumnavigation du globe
Eh oui, il faut venir dans cette petite ville pour apprendre que ce n 'était pas Magellan qui avait réalisé le premier tour du monde, mais De Elkano, natif de Getaria. Magellan, lui, n 'était pas parvenu à boucler la boucle, bouffé qu 'il fut par les cannibales comme un vulgaire missionnaire.
Souvenons-nous...
RECIT DES DERNIERS MOMENTS DU VOYAGE DE MAGELLAN
"À l'époque de Magellan, la circonférence de la Terre n'est pas encore connue avec précision, malgré le travail d'Eratosthène qui l'avait calculée près de 18 siècles auparavant. Mais Magellan ne sous-estime pas la dimension du Pacifique, comme une opinion courante le prétend. Son mémoire géographique, qu’il laisse au roi avant de partir, ainsi qu’une carte dressée par Jorge et Pedro Reinel en 1519 à Séville en font foi. La surprise du navigateur est de trouver un océan vide. Par malchance, il n'approche aucune des nombreuses îles qui parsèment l’océan, à l'exception de deux atolls déserts, baptisés islas infortunadas où il ne put accoster. L'eau n'est plus potable, les rations vont s'amenuisant, le biscuit même vient à manquer, l'équipage doit survivre en mangeant des rats. Antonio Pigafetta écrit : « nous ne mangions que du vieux biscuit tourné en poudre, tout plein de vers et puant, pour l'ordure de l'urine que les rats avaient faite dessus et mangé le bon, et buvions une eau jaune infecte. ». Le scorbut et le béribéri attaquent l'équipage, mais sans le décimer. Une étude récente montre qu’il n'y a eu que neuf morts lors de cette traversée de trois mois et demi et que cela est sans doute dû au céleri
sauvage abondamment récolté dans le détroit. Le 6 mars 1521, ils parviennent en vue de Guam aux Mariannes où ils peuvent se ravitailler partiellement. Ils font voile ensuite pour les Philippines, et débarquent le 17 mars sur l’île d'Homonhon. Ils trouvent des paysages idylliques, les épices, les oiseaux multicolores, des indigènes qui semblent pacifiques. Une première escale a lieu sur l’île de Limasawa, où est dite la première messe, une seconde sur celle de Cebu où le roi se convertit au christianisme avec son peuple." WIKIPEDIA
On continue pour atteindre...
Ah ben ouais, c 'est moche. Pourtant, ce n 'est pas ce que disent les guides, merde ! Nous faisons un peu le tour du bordel...
Un parc de jeux pour enfants au milieu de nulle part
Un phare inatteignable sur un mont désertique
Sans oublier le banc de marbre
qui fait face à un mur de pierres
Ou encore l 'allée qui fout les boules...
Voilà ! Sinon, on peut toujours se dire que Zumaia est la ville qui héberge la maison du peintre Ignacio Zuloaga (1870-1945), dans laquelle sont exposées ses tableaux ; ainsi que des oeuvres de Zurbaran, Morales, le Greco, Rodin et Goya.
Mais bon !
On continue.
Cette fois, le village que nous devons rejoindredre fait l 'unanimité :
"Ce village s 'honore de posséder l 'une des plus enchanteresses plages de la côte basque, la plage de Santurraran.
Son petit centre ne manque pas d 'attrait non plus, entre ses maisons blasonnées et ses ruelles mystérieuses." LE GUIDE VERT MICHELIN
Et ce village s 'appelle...
MUTRIKU
Effectivement, la première vision interpelle :
Et puis, de beaucoup plus près...
Pendant que nous croisons quelques enfants
jouant à faire rouler des canettes de bières dans les multiples escaliers en béton,
le village acquiert un visage différent où ça sent la vieille bière
qui a fermenté sur le pavé toute la nuit durant.
L 'un des nombreux blasons
qui ornent les façades obscures
La place du village,
ornée de pancartes
Le Guide du Routard nous donne une autre approche de Mutriku :
"Encaissé dans une crique, traversé de ruelles et d 'escaliers qui mènent au port,le village ancien garde un aspect nostalgique et fait regretter l 'urbanisation récente. Bastion du séparatisme, Mutriku ne laisse rien ignorer de ses préférences politiques, mais avec gentillesse et bonhomie. Ici, on aime bien les touristes parce qu 'on peut leur expliquer les choses..."
LE GUIDE DU ROUTARD
Et le séparatisme, sauce basque, qu 'est-ce que c 'est ?
LE MOUVEMENT SEPARATISTE BASQUE, VITE FAIT
"Les Basques sont apparus pour la première fois dans l’histoire écrite à la fin du 1er siècle av.JC, alors qu’ils repoussèrent les envahisseurs romains venus d’Espagne, préservant ainsi leur indépendance. Ils se convertirent au christianisme entre le IIIe et le Ve siècle.
A la fin du VI siècle, des groupes de Basques espagnols émigrèrent vers le nord en traversant les Pyrénées jusqu’en Aquitaine. Ils préservèrent leur tradition d’autonomie à travers tout le Moyen-Age. Biscaye, fut indépendante de 1093 à 1350. Ce n’est qu’en 1370 qu’elle fut intégrée au royaume de Castille, auquel Guipùzoca et avait été annexé en 1200 et Alava en 1332.
Lorsque le royaume espagnol fut établi à la fin du XV siècle, les provinces basques conservèrent leurs coutumes, leurs lois et les relations diplomatique qu’ils avaient avec les autres pays jusqu’en 1876, date à laquelle les provinces furent annexées par l’Espagne. Un état basque autonome fut établi par le gouvernement républicain, lors de la guerre civile (1936-1939). Mais cette indépendance fut supprimé quelque temps après, avec la victoires des nationalistes menés par le général Francisco Franco. Le mouvement séparatiste pris une ampleur spectaculaire dans les années 70. De nombreux incidents violents éclatèrent. Entre 1979 et 1983, le gouvernement espagnol accorda aux provinces basques un statut d’autonomie. Depuis, les relations entre les Basques et le gouvernement se sont améliorées malgré les actes terroristes commis par la branche militaire de l’organisation séparatiste basque : ETA.
Le séparatisme basque est un mouvement animé par des partisans de l’indépendance des provinces basques espagnoles de Guipùzcoa, d’Alava et de Vizcaya regroupées en Communauté autonome du Pays basque et par les partisans de l’indépendance des provinces basques Française de Soule, de Basse-Navarre et du Labourd, formant le Pays basque Français.
La Navarre est le seul Etat puissant et unitaire qu’ai connu le Pays-Basque. Elle connaît son apogée aux X-XI siècle puis décline. Du XV au XVI siècle, cette région est partagée entre la France et l’Espagne.
L’ETA (Euzkadi Ta Azkatasuna) est une organisation séparatiste basque, qui cherche à obtenir l’indépendance du Pays basque par tout les moyens. Son nom est très révélateur puisqu’il signifie « le pays basque et sa liberté ».
Cette organisation séparatiste, dont le symbole est une hache entrelacée d’un serpent, a été fondée le 31 juillet 1959 par des étudiants en rupture avec le parti national basque(PNV) fondé à la fin du XIX siècle sur l’idéologie ethnique et ultra-catholique de Sabino Arana.
L’ETA se distingue du PNV par la violence. Pour elle, c’est un moyen légitime de parvenir à ses fins. Le terrorisme est monnaie courante. Mais au sein meme de l’ETA, des différences apparaissent. Certains restent fidèle aux objectifs traditionnels de l’indépendance basque, respectant les institutions, tandis que d’autre adopte une ligne plus dure et privilégie les attentats à la bombe et les assassinats. L’ETA a déjà provoqué la mort de plus de 780 personnes depuis le 7 juin 1968, date de son premier attentat mortel. De son coté, l’ETA aurai perdu 200 activistes.
L’intransigeance de l’ETA ne semble permettre aucune solution politique rapide au problème basque." BAC-FACILE
En fait, il aurait peut être fallu lire plus attentivement et dès le début les articles du Guide du Routard :
"Vallées perdues et zones industrielles, qu 'il s 'agisse d 'agriculture, de villes balnéaires ou d 'industrie lourde, le Gipuzkoa est riche. De Donastia à Mutriku, les plages s 'ornent de belles villas aux parcs souvent impressionnants.
Visiter le Gipuzkoa, c 'est essayer de dépasser les apparences. Il faut avoir la curiosité de quitter le bitume, de plonger dans le coeur des villes afin d 'atteindre la beauté des quartiers anciens et des églises romanes. Et puis, ce serait passer à côté d 'un morceau de choix : les Basques, à la fois travailleurs et fêtards.
Le Gipuzkoa est une belle fille souvent mal habillée qui cache sous les haillons du modernisme des recoins d 'une saveur inoubliable."
Ben ouais ! M 'enfin quand même là euh...
La prochaine fois, nous tenterons tout de même de trouver du charme à la côte de Biscaye avec sa grande muraille de San Juan de Gaztelugatxe...

OK, c 'est parti !
27 mars 2009
La vallée de l 'Enfer
Après avoir vu Les Tambours du Bronx en concert à
L 'Atabale de Biarritz...
...c 'est équipé d 'une bonne gueule de bois à base de rhum arrangé au gingembre et à la vanille que la résolution fut prise :"Et si on allait dans la vallée de
l 'Enfer faire un pique-nique !"
Mais tout d 'abord une question, quelle est l 'origine du mot pique-nique ?
Qui, par un jour incertain, peut être, a dit comme ça : "Et si pour bouffer dehors sur une nappe, on disait pique-nique comme ça pour déconner parce que eh oh, hein, c 'est marrant ! Hein ?"
Au début, j 'ai de suite pensé à Pit et Rik...
Mais non. C 'était juste les noms qui me rappelait le mot pique-nique.
Recherchons plus en profondeur.
PIQUE NIQUE :
Définition : Un repas où chacun emporte sa nourriture.
Origine : Si déjà au Moyen-Age on appréciait les repas à la campagne, les premiers pique-niques sont réellement apparus au XVIIème siècle. A l 'époque, on pouvait pique-niquer dans un jardin, mais également dans une maison, l 'essentiel étant que chaque convive apporte son repas. Dans cette expression, le vebe "Piquer" signifie "Picorer", donc "manger par ci par là", et une 'nique' est une chose sans grande valeur. L 'Internaute encyclopédie
Autre recherche avec Alain Rey :
"Du point de vue étymologique, le terme 'nique' qui date de la fin du XIIème siècle et qu 'on retrouve dans l 'expression 'dire nic', c 'est à dire 'ne pas soucier de', signifie 'chose de peu de valeur'. L 'expression 'picnic' serait passée en Angleterre, puis revenue en France au milieu du XVIIIème siècle."
Bref : il est déjà midi et il faut aller faire les courses... Et d 'ailleurs, d 'où vient cette expression 'Faire les courses ' ?
Ouais OK, on n 'a plus le temps.
J 'oublie mon appareil-photo (c 'est le rhum), mais Maitre Arnaud, compagnon de cette virée espagnole a pensé à prendre le sien...

... pour nous offrir toutes les magnifiques photos qui vont suivre pour ce billet. Et je te conseille de voir ses oeuvres sur son blog :
ARNOFOTO
Par contre, il a oublié les sacs à dos pour foutre la graille dedans.
Et la graille, on l 'achète où ?
Eh bien, à Dancharia ; plus communément appelée Danche.
DANCHARIA-DANTXARRINA
Pas d 'église, pas de mairie, pas d 'hôpital !
Danche, paradis des soiffards qui veulent du Ricard, mais moins cher !
De la viande grasse vendue au quintale, mais moins chère !
De l 'essence qui bousille ton moteur, mais moins chère !
Du parfum pour madame ? OK, mais moins cher !
De la clop qui a le goût de foin et t 'attaque direct les poumons ?
Bien sûr que c 'est possible et en moins cher !
Oui, Danche, c 'est vraiment l 'endroit où la vie est moins chère... mais la vie plus courte.
Ah ben oui, on peut pas tout avoir !
Quand tu erres dans ce discount-village, tu en viens à te demander :
Mais où sont les petits fermiers qui nous vendent des bons produits, merde !!!
Où sont les boulangers qui se lèvent à 4 heures du mat pour foutre les mains dans la pâte fraiche ?!
Où sont les petits commerçants qui t 'accueillent avec le sourire ?
Où est le boucher tout tâché qui découpe son beefsteak en te disant simplement : "Y 'en a un peu plus, je vous le mets quand même ?"
Où est le coiffeur qui te parle de la météo pendant deux heures en pensant qu 'il y a que ça qui intéresse les gens ?
Eh ben, ils ne sont pas là. T 'as qu 'à aller ailleurs.
Nous, on vient là pour faire de bonnes vieilles courses de post-cuite et d 'avant pique-nique. Et le choix ne manque pas avec tout un tas de produits tous plus appétissants les uns que les autres, comme :

Mais non !
Nous nous concentrons uniquement sur la charcuterie bien huileuse et l 'eau gazeuse.
Une fois que tout ce bordel de gras est dans le coffre, nous voilà partis pour l 'Espagne !
La vraie ! La dure ! La pure !
Après avoir traversé les derniers villages basques
qui ne veulent voir aucun écriteau en français...

Après avoir traversé moult petits monts
typiquement régionaux...
Après avoir remarqué
ces quelques maisons isolées refaites...
... nous arrivons en Espagne :
... pays où 82,4% de la population se dit catholique.
(Je ne sais pas si les chiens sont comptés dans ce pourcentage)
Pour l 'instant, nous empruntons des routes grimpantes qui deviennent ensuite et sans raison de maigres lignes de bitume sinueuses descendantes. Un carrefour. Prendre à droite en direction
d 'Etchebertzeko Borda. La route de plus en plus étroite s 'aventure solitairement dans une vallée jonché d 'arbres sans feuille aux troncs noircis par on ne sait quel phénomène naturel.
Fin de la route. Une venta. Un champ dans lequel viennent se garer les voitures des clients de ce restaurant perdu au milieu de nulle part.

C 'est une des habitudes du dimanche pour les gens de cette région, que ce soit côté français ou espagnol : venir dans une de ces petites auberges au bout d 'une route pour y manger de la truite au jambon, une soupe d 'haricots rouges ou une omelette accompagnées d 'une bouteille de rosé ou d 'un rouge qui tâche.
Nous croisons des enfants qui, en trio, se sont simplement posés sur une pierre pour manger une glace en regardant l 'eau de la rivière de la vallée s 'écouler dans un clapotis affectueux.
Et là,
soudain,
là,
comme ça,
sans prévenir,
un panneau :
C 'est par là que se situe notre objectif :
le moulin de l 'Enfer.
Armés d 'un sac recyclable Super U du plus bel effet, mais contenant le jambon, le pain, le chorizo, la galantine et l 'eau gazeuse made in Danche, nous nous élançons sur un chemin de prime abord complètement... quelconque. Il y a de la terre, des cailloux... Normal quoi.

Et puis nous nous enfonçons tranquillement dans la forêt. Le ruisseau nous accompagne jusqu 'à ce que le sentier se mette à grimper. Je sais pas si c 'est les efforts à fournir pour grimper ce foutu sentier à la con, mais, à partir de là, les arbres revêtissent des formes étranges qui tapent dans les tempes.
LES ARBRES
Bon, pis à un moment, vu que l 'on commence quand même à avoir la dalle et que l 'on aimerait bien vider le sac Super U recyclable à proximité de l 'objectif à atteindre, on se dit : "Mais bordel, il est encore loin ce moulin de l 'Enfer à la con ?"
Et là, comme par magie, un panneau nous rappelle que nous approchons...

Puis un indice, là, comme ça,
sur une branche...
Le moulin de l 'Enfer ne devait plus être très loin.
Des fins fonds obscurs de la forêt semblent sortir une musique lancinante, rythmée par le vent soufflant dans les arbres menaçants.
C 'est à ce moment précis et à cet endroit précis,
dans cette forêt précise située dans ce pays précis,
où nous avions absolument croisé personne,
qu 'une chanson des Doors me vint en tête :
Deux minutes trente plus tard, le Moulin de l 'Enfer est face à nous.
Etrange et captivante maison suspendue au-dessus d 'une cascade bruyante, bloquée entre deux roches.
Quelle légende, quelle histoire pouvait bien avoir donné un tel nom à ce moulin isolé ?

L 'intérieur du moulin
Mais quelle vie y 'avait-il ici ?
Quelle secte ?
Quel crime, peut être ?
Quel acte mystérieux et paranormal ?

Et cette forêt qui l 'entoure ?
Quelles gredins avaient bien pu l 'habiter
pour commettre on ne sait quel méfait ?
Etait-il seul ou avec d 'autres sbires
venus d 'on ne sait quelle contrée lointaine ?
Nous décidons d 'ouvrir le livre touristique qui nous apprenait simplement que...
"On raconte que le Moulin de l 'Enfer aurait été construit à cheval sur la limite des communes d’Etchalar et de la communauté du Bastan au moment de la première guerre Carliste, il y a plus de 150 ans. Il servit pendant la seconde guerre Carliste pour l’approvisionnement en farine des troupes stationnées sur les hauteurs avant la bataille d’Atxuria."
Bref, rien de plus normal finalement.
Il n 'y avait plus qu 'à se poser le cul au bord de la rivière et commencer à pique-niquer en se disant que, bon Dieu, ces Espagnols donnaient bien des noms d 'enfer à tout et n 'importe quoi.
Cependant, c 'est en goûtant la galantine que nous remarquâmes que celle-ci avait un goût très étrange... Un peu comme l 'odeur de la bombe odorant qu sert à parfumer les toilettes après avoir faire la grosse commission.
Peut être que l 'enfer commençait...
01 mars 2009
Carnaval à Vera/Bera de Bidassoa
Je connaissais le carnaval de Nice, le plus grand de France.
Je connaissais le carnaval de Kwen où les habitants se déguisent en président de la République et en ministre pour inventer des intrigues.
Je connaissais le carnaval de Nothing Hill, créé par les descendants des esclaves de Trinidad en 1964 alors qu 'ils étaient rejetés par les habitants londoniens.
Mais je ne connaissais pas le carnaval de Bera/Vera de Bidassoa, village natal du cycliste Jon Bru...
Mais avant toute chose, posons-nous la question essentielle :
"Comment est venue aux gens l 'idée
de se travestir au mois de février ?"
C 'est vrai ! Y 'a pas un gars ou une fille qui s 'est dit d 'un coup comme ça :
"Eh tiens, aujourd 'hui, c 'est décidé : je m 'habille en baudruche et je me fous une perruque sur la tête pour aller chercher le pain ?!"
Non, ce n 'est pas aussi simple. Alors, plongeons-nous très très rapidement dans...
LES ORIGINES RAPIDES DU CARNAVAL
"Le Carnaval, période de fête avant le Carême, a pour fonction de faire oublier les privations de l 'hiver et d 'annoncer le retour du printemps. Ce changement de saison, cette transormation de la nature est symbolisée par un autre changement, une autre transformation : les gens oublient leur condition en se travestissant et en jouant un autre rôle social.
Les origines d 'un tel comportement sont très lointaines et datent de plusieurs millénaires : les auteurs racontent qu 'à Babylone, il y a 2000 ans avant J.C., on observait déjà les rites du Carnaval. Les servantes devenaient les maitresses, les maitresses obéissaient pour un jour à leurs esclaves ; un homme du peuple prenait la place du roi qui, lui, était traité comme un mendiant."
Bref : c 'est l 'esprit motivé par une bonne gueule de bois héritée de quelques rhums-arrangés bus la veille que nous prenons la route en direction de Saint-Pée-Cherchebruit...
Oui, oui... Saint-Pée-Cherchebruit... Si tu veux faire un jeu de mots, vas-y !
Et qu 'il y a t-il de beau à voir à Saint-Pée-Cherchebruit ?
Eh bien,
il y a Rip le chien !
Rip est bien sympathique et pas fier pour un sous.
Son hobby : aller chercher des trucs que tu lui envoies.
Pierre, ballon creuvé, pomme de pin, chaussure, roue de bagnole...
et cela peut durer toute la journée.
Observons l 'artiste en action :
Mais vu que nous n 'avons pas que ça à faire, nous profitons d 'une déconvenue de Rip à retrouver le bâton qu 'on lui avait envoyé pour monter subrepticement dans la bagnole afin de prendre la T-A-N-G-E-N-T-E, direction l 'Espagne du Nord.
Durant le voyage, Arnaud nous parle du carnaval de Bera/Vera de Bidassoa, annoncée comme LE carnaval incontournable.
Arnaud : " - Vous allez voir, c 'est incroyable ! Du jamais vu ! Renversant ! Fantastique ! Tout le monde aimerait être à notre place pour assister à cette grande fête ! Franchement, je crois que vous ne vous rendez pas compte de la chnace que nous avons."
Après avoir emprunté des routes lointaines serpentant à travers des forêts profondes et mystérieuses jouxtant des champs sauvages, nous arrivons à Bera/Vera de Bidassoa.
Et là... rien !
Enfin... Rien... Faut pas exagérer non plus... Il y a quand même des trucs...
Regardons de plus près.
BERA/VERA DE BIDASSOA
en quelques photos

Bera/Vera,
sa fresque Einstein
Bera/Vera,
ses panneaux indiquant la France
pour te casser au plus vite

Bera/Vera,
sa paire de chaussures
suspendue sur un fil
et qui rappelle
"Big fish" de Tim Burton
Voilà !
Alors, bon, bien sûr, nous nous interrogeons.
Nous : "- Est-ce bien le bon Bera/Vera ?", "Est-ce le bon jour ?", "Et où est-on, là ?", "Et Arnaud, finalement, qui es-tu pour dire que c 'est ici qu ' a lieu le plus grand carnaval de l 'Espagne du Nord ?"
Une seule réponse de sa part pour noyer le poisson...
Arnaud : "- Ecoutez, je ne peux pas vous dire qui je suis vraiment, mais sachez que je suis le roi du tiramisu. Oooooh oui, ça, j 'en ai fait des tiramisu dans ma chienne de vie..."
Nous n 'en saurons pas plus car, déjà, il prenait en silence la direction d 'un bar où il y avait du monde.
Nous nous installons à une table. Nous regardons autour de nous, histoire de voir s 'il n 'y a pas quelques personnes susceptibles de nous donner une lueur d 'espoir quant à un éventuel carnaval.
Mais rien !
Tout le monde est normal. Etrangement normal !
"Peut être que c 'est un carnaval spécial où les gens se déguisent en eux-mêmes...", lance Greg dans un élan rempli de suppositions optimistes.
Mais avant de pouvoir répondre et trouver d 'autres hypothèses fumantes, les tapas et le vin rouge sont servis :

Tu remarqueras cette coutume typiquement espagnole
qui consiste à servir de petites doses de vin rouge dans de très grands verres.
Le temps passe quand, soudain, là, à deux mètres de notre table, quelque chose :
Puis, quelques secondes plus tard, encore un truc :
Très étrange impression qui ne nous met pas forcément en confiance.
D 'habitude, un carnaval, c 'est la joie, la fête, de la couleur, du bordel, des gens qui rient et qui parlent fort.
Mais là, les quelques gens déguisés semblent vouloir se fondre dans la foule comme si de rien
n 'était. C 'est à se demander si le peu de gens déguisés n 'a finalement pas été punis par le maire.
Imaginons un conseil de mairie à Bera/Vera de Bidassoa
Le maire : "- Tiens, toi ! T 'as fait des conneries hier ! Eh ben, tu devras te déguiser en pingouin pour carnaval ! Toi, tu n 'as payé tes impôts à temps ? Eh bien, tu te foutras une perruque rose-fluo sur la tête !"
Oui, à Bera/Vera de Bidassoa, le carnaval semble sonner comme une punition.
Mais, tout à coup, au loin -, c 'est à dire pas du tout à hauteur du bar de la ville où il y a le plus de monde-, du bruit, du mouvement !
Nous finissons les tapas-vin rouge et allons voir de plus près ce qu 'il se passe.
Et voilà :
Ah, ah, ah ! Hein ? Hein ? Hein ?
Attends, c 'est pas fini :
Hein ? Hein ? Hein ?
Les jeunes femmes sont déguisées en hommes. Les jeunes hommes sont déguisés en femmes. Tout ce petit monde défile dans les rues de la ville aux sons d 'une bandas et en effectuant quelques pas de danse pas banals.

Voilà !
C 'est bien sympa, mais nous, on va y aller !
Après un demi/clop dans un bar...


... nous reprenons la route.
Un petit arrêt à la frontière pour admirer les éclectiques produits locaux...

... ainsi que de magnifiques T-Shirt de catch...
... et nous arrivons à...
Pour moi, Hendaye, c 'est l 'endroit où, un jour d 'Août 2000, j 'ai bouffé une pizza aux fruits de mer dégueulasse.
Mais cette ville a bien d 'autres atouts et mystères.
LES MYSTERES D' HENDAYE
"Au XIXème siècle se dressaient sur la plage des monuments mégalithiques. Aucun n 'a subsisté. Les sorcières, dit-on, y menaient leur sabbat.
Au pied de la croix de pierre située sur le parvis de l 'église, dans une cartouche gravée, la lettre A figure quatre fois. Il s 'agit de la représentation de la lettre hébraïque Aleph, dont la signification mystique est : Dieu commencement de tout.
L 'inscription latine du socle situe dans le temps le double cataclysme (destruction par le feu et par l 'eau) qui mettra fin au monde actuel. Mais il est précisé que la vie persistera sur terre, en un lieu unique."
LE GUIDE DE LA FRANCE MYSTERIEUSE
C 'est donc loin de ce lieu qui annonce la date de la fin du monde que nous nous rendons pour retrouver Mélanie et son stand brocante.
Sur place,
des articles très variés :
Un porte-verres spéciale Feria
Des canevas typiquement basques
Et pleins d 'autres trucs encore
sur lesquels nous nous sommes tranquillement assis
pour deviser sur le monde, la société, tout ça !
Une grosse pinte de bière plus tard, nous reprenons la route pour Cherchebruit, où Rip nous attendait de patte ferme...

Et pis, tiens, je vais finir ce billet comme ça !
09 octobre 2008
San Sebastien
Avec l 'augmentation française du prix du tabac prévue pour le début de l 'année prochaine, l 'Espagne nous tend ses frontières , proposant des tarifs très attractifs.
Pourtant, ce n 'est pas le seul atout de ce pays...
Les clops ont beau être moins chères en Espagne, ça ne les empêche pas d 'être champions
d 'Europe de foot, d 'avoir un tennisman n° 1 mondial et un cycliste vainqueur du Tour de France.
Conclusion : on peut très bien être un pays de champions sportifs et vendre des clops pas chères.
Voilà ! Une fois que ça c 'est dit, que dire d 'autre ?
Eh bien, posons-nous la question : y 'a-t-il autre chose à voir en Espagne que les clops et
l 'alcool pas chers ?
La réponse est venue d 'Arnaud : "Oui, il y a San Sebastien qui est la capitale du pintxos !"
Aaaaahhh, intéressant ! Il n 'en fallait pas plus pour nous convaincre d 'y aller ; bien que je
n 'avais aucune idée de ce que pouvaient être ces plaintos... ces bimbos... ces platalos...
San Sebastien n 'est qu 'à une grosse heure de Dax. Maaaaaaiiisss nous nous sommes pris la tension avant de prendre la route :

La sécurité avant tout ! On n 'est jamais trop prudent ! C 'est vrai... On ne sait jamais : tu vas bien, tu prends le volant et PAF, d 'un coup, hausse de tension et tu meures. Il faut y penser avant de prende le volant ! D 'ailleurs, je ne comprends pas pourquoi l 'Etat n 'a pas encore obligé les automobilistes à avoir un mesureur de tension artérielle dans leur bagnole. Quelle inconscience !!! Merde !
En tout cas, nous, on était nickels... Enfin, au niveau de la tension... Après...
Nous partons de Dax. Après avoir traversé quelques champs de maïs...
...nous arrivons à Hendaye en pensant que c 'est une belle ville.
En fait, c 'est moche, ça pue et c 'est plein d 'immeubles à la con. Le seul intéret, c 'est qu 'il y a la frontière pas loin pour_acheter_des_clops. Vu que j 'avais fait pas mal de sport la veille -j 'en ai même inventé un qui s 'appelle le water-tennis parce que je n 'avais pas le temps de faire l 'un puis l 'autre-, j 'avais bien mérité d 'acheter une ou deux cartouches. C 'est un peu comme une récompense.
Après un passage de rond-point complètement quelconque, a ' y 'est : nous sommes en Espagne !
Nous empruntons une petite route serpentant sur les hauteurs du mont Jaizkibel (632 m) et surplombant l 'océan et la côte.
MONT JAIZKIBEL



Pour moi, la photo ci-dessus est représentative de l 'Espagne : tu es face à un paysage qui est, apparemment, très beau, impressionnant, envoûtant et attractif. Mais il y a un truc qui ne va pas. Ici, il s 'agit de ce pétrolier dont tu te demandes ce qu 'il vient foutre ici alors qu 'il n 'y a rien. Et je repense soudainement au Prestige...
"Le 19 novembre 2002, à 270 km au large des côtes de la Galice sur la mer Cantabrique, le pétrolier Prestige coule par 3500 mètres de fond. Charriées par le courant de la Nativité, les 77 000 tonnes de fuel de sa cargaison souillent d 'une gigantesque marée noire les côtes espagnoles et françaises, de la Galice à la Bretagne du Sud."
Ah ben hein, vu comme ça, ça a une autre gueule la mer Cantabrique et ses côtes. Et, vois-tu, pour moi, l 'Espagne, c 'est ça : un pays attrayant, mais avec une chose inadéquate dans l 'image.
La route GI 3440 nous amène désormais sur la plaine. Après les beaux paysages escarpés de la mer Cantabrique, nous rejoignons la civilisation. Une superbe grosse usine de déchets nous dévoile ses infrastructures. Puis, c 'est la banlieue de San Sebastien qui nous expose toutes ses constructions. J 'ai rarement vu autant d 'immeubles se construire en même temps et dans si peu de place.
C 'est ça aussi l 'Espagne : des immeubles partout !
Architecture différente. Couleurs différentes. Les gens parlent différemment. Bref, c 'est un autre pays et, déjà, ça sent le dépayement à plein nez... Et en arrivant à San Sebastien, le dépaysement a plutôt l 'deur de canniveau. Avec Nathalie, nous nous amusons à jouer à "ça sent quoi ?" Des réponses restent encore en suspent : certaines odeurs étaient désagréables que nous étions obligés de nous boucher le nez avant d 'en trouver toutes les suptilités. Gaz ? Déchets brûlés ? Rat creuvé ? Caca avarié ? Oeuf pourri mal digéré ? Pas facile le jeu des odeurs à
l 'entrée de San Sebastien.
SAN SEBASTIEN
Tel quel

"San Sebastien semble avoir été la première ville espagnole touchée par la pandémie grippale de 1918, dite grippe espagnole due au virus H1N1. Il est possible que sa situation(baie très fermée, dans laquelle se déversait les égoûts) et le passage de touristes venant de diverses régions européennes (parfois pour se reposer après être passé sur le front) aient pu favoriser l 'épidémie." WIKIPEDIA
Oui, c 'est vrai. Vu comme ça, San Sebastien, ça a l 'air bien pourri. Mais c 'est sous les conseils avisés de nos deux guides, Arnaud et Nico, que nous prenons alors la direction des hauteurs de la ville pour atteindre le Monte Igueldo, d 'où la vue sur la ville est la plus belle. C 'est de là que tu peux comprendre pourquoi San Sebastien est surnommée "la perle du Cantabrique"... Tout simplement parce que la baie est en forme de coquille. Perle, coquille... T 'as vu ?!
Effectivement...
Alors que dire de San Sebastien ?
Déjà, c 'est une ville que l 'on peut appeller de plusieurs façons suivant si t 'es français, basque, espagnol, suisse, footballeur, pêcheur professionnel ou amateur, fan de techno, cadre supérieur, etc. En gros, tu as : San Sebastian (castillan), Sanse (populaire), Donostia (en basque), Donosti (en basque mais autrement), Easo (religieuse), Irutxulo (qui veut dire Trois trous en basque), ou encore San Seb (français populaire)
Son origine espagnole est due à un monastère consacré à saint Sébastien dans le quartier d 'El Antiguo. Et là, je pose la question ,- tout en saluant Sébi au passage,- : qui était Saint Sébastien ?
"En rendant miraculeusement la parole à une femme, Zoé, il convertit aussitôt 77 personnes présentes. En l 'apprenant, Dioclétien reprocha à Sébastien sa traitrise et donna à ses soldats l 'ordre de l 'exécuter en le transperçant de flèches. Selon la légende, les archers, qui avaient beaucoup d 'estime pour lui, auraient évité de viser le coeur, si bien que Sébastien ne succomaba pas à ses blessures. Soigné par une jeune veuve nommée Irène, il se rétablit et rendit visite à
l 'empereur pour lui reprocher sa cruauté à l 'égard des chrétiens. Dioclétien le fit alors rouer de coups jusqu 'à la mort et ordonna que son corps soit jeté dans les égoûts de Rome. Guidés par une vision de sainte Lucine, les chrétiens purent cependant retrouver son corps et l 'ensevelirent auprès des restes des apôtres Pierre et Paul.
Sébastien est tour à tour considéré comme protecteur contre la peste et les épidémies, saint patron des homosexuels, saint patron des soldats, des athlètes et des officiers de police, saint patron de plusieurs villes dans le monde (Qormi, Caserta, Mistretta, Assolo, Palma, Rio de Janeiro)." WIKIPEDIA
Le Mont Igueldo a deux facettes. La première, on vient de le voir, c 'est ce superbe panorama sur la Concha.
La seconde, c 'est sa fête forraine... Enfin, je ne sais pas si on peut parler de fête... Il y a là des manèges de toute sorte, mais vieux. Le seul côté jeune repose sur le fait qu 'elle soit sponsorisée par Coca-Cola...

Mais on se demande si la marque américaine est au courant qu 'elle sponsorise ce genre
d 'attractions.
Regardons cela de plus près avec...
La rivière mystérieuse

Des vieilles barques glissent
à 2 à l 'heure sur un pauvre filet d 'eau.
Le mystère repose sur la question :
mais pourquoi le tour est aussi cher ?
Le super-circuit

ça couine, ça manque de graisse
et d 'huile. Une fois dedans,
les enfants semblent se forcer
à sourire pour avoir l 'air de s 'amuser.
Les auto-tamponneuses
Les conducteurs s 'amusent à s 'éviter
afin de ne pas se percuter et risquer
de détruire la voiture.
Les jeux
Oooooouuuaaaaaiiisss !!!
Et enfin, le top du top :
les montagnes russes... espagnoles.
Pas besoin d 'en mettre plus !
A présent, nous décidons de redescendre sur la ville pour atteindre le port, puis les vieux quartiers.
SAN SEBASTIEN
Le port

"la ville fut pionnière pour la pêche à la baleine."
Ben oui, c 'est pas bien beau. C 'est pas le port de Capbreton, ou de Porquerolles, ou de Saint-Valéry-sur-Somme,... mais eh oh hein !
Penchons-nous sur les petits détails et ne regardons pas le côté empirique.
Tiens, par exemple, c 'est beau le linge qui sèche sur les façades des maisons du port...
OK ! Pénétrons à présent dans la vieille ville à la recherche des fameux poissos... fixtos... pichtos...
SAN SEBASTIEN
La vieille ville

Remarquons au passage cette petite enseigne avec une belle feuille de marijuana...
De détours en demi-tours, nous croisons quelques monuments, comme...
LA PLACE DE LA CONSTITUTION
Et ses balcons numérotés
pour les spectateurs des corridas d 'autrefois.
LA SORTIE DE LA PARROQUIA SAN VICENTE
Ici, un mariage suivi de très près par un quatuor permanenté
Sans oublier les petits détails pris de çi de là...
Une reproduction du Guernica de Picasso... 
...entre deux vitrines d 'un marchand de jouets.
Un disquaire qui vend des barbotières hard-rock ! 
Mais, voilà qu 'enfin, nous arrivions au but ultime de notre virée !
SAN SEBASTIEN
Les Flictos... Les Bartos...
Les Pintxos !
C 'est là, à l 'intérieur de ce bar, que tout va se passer.
Les suspense est à son comble...
Quand, soudain, là,...
Sur le comptoir, en entrant...
sous les jambons...

Non loin
d 'une magnifique tête de taureau...
Ils sont là !
Par dizaines, centaines,
DES MILLIERS !!!
De toutes les sortes : à la morue, au saumon, omelette, saucisse, jambon, sardine, rillette, citron, mousse de canard, crabe, tomate, poivron, rouget, jambon,...


Et voilà le boulot !
Regarde-moi ça !
Là, y 'a de la couleur et des parfums !
Et c 'est le moment de révéler une caractéristique incontournable de cette ville basque : la cuisine.
On dit que Saint Sébastien possède le plus grand nombre d 'étoiles Michelin au mètre carré. En effet, c 'est la seule ville du monde, avec Paris, à posséder trois restaurants avec trois étoiles (Juan Mari Arzak, Pedro Subijana et Martin Berasategui). Si les pintxos ne peuvent pas être considérés comme des grands plats de la haute cuisine, ils sont pourtant représentatifs d 'une volonté émise par certains de ces grands cuisiniers.
"J 'ai toujours pensé que les pintxos sont ce que nous avons de plus important, tout comme notre cuisine, car ils offrent une qualité et une variété insoupçonnées sur de petites portions travaillées sur le moment et il n 'existe nulle part au monde quelque chose de comparable. C 'set un mouvement important qui va à l 'encontre du mauvais fast-food qui nous fait tant de mal,et grâce aux pintxos, je pense que les jeunes et moins jeunes peuvent se restaurer
d 'une façon rapide et économique."
Juan Mari Arzak (3 étoiles au Guide Michelin).
Même si le prix d 'un pintxos semble assez élevé (2 euros), il faut dire qu 'au bout du quatrième, tu n 'as plus trop faim. Manière origibnale de se restaurer au bout d 'un comptoir avec une vieille bière ou un verre de vin rouge (petite dose servie dans des grands verres), cette mobilité digestive ajoute à la convivialité.
C 'est donc la panse repue et la tête reposée que nous retraversons la ville pour rejoindre les voitures.
Il est environ 20h30. Pendant que le ciel se parre d 'un bleu sombre magnifique, les rues de la ville s 'animent. Pour les Espagnols, c 'est l 'heure de l 'apéro. Animations, mouvements, douce chaleur, dépaysement.
Santa Maria Le port dominé par la statue du Christ

Et, enfin, au loin, le coucher de soleil
La messe était dite !









































