27 juin 2008
Souviens-toi, l 'île d 'Yeu...
C 'était il y a un peu plus d 'un mois. Nous étions allés en Vendée pour nous rendre sur la tombe du maréchal-nous-voilà.
La veille, un gars et son père avaient vu des lumières étranges dans le ciel au-dessus de l 'Ile
d 'Yeu.
Pas de doute possible ! Les Extra-terrestres allaient enfin passer à l 'attaque et débarrasser la Terre de son pire poison : les humains.
Dimanche dernier, TF1 et son "7 à 8" qui tombe pile poil à l 'heure de l 'apéro (c 'est important de boire un bon apéro en écoutant la misère du monde) nous remettaient au jus de cette étrange apparition, comme pour nous dire : "Eh oh, vous n 'en parlez plus, mais l 'autre jour, y 'avait des E.T. dans le ciel de Vendée ! Alors eh hein !"
De suite, le doute reprenait dans les esprits de chacun, accompagné d 'un profond sentiment de culpabilité : "Mais oui, bordel, c 'est vrai qu 'il y avait eu des E.T. dans le ciel de Vendée ! Mais oui, on n 'avait complètement oublié cette histoire !"
Au bar où je vais depuis que le Pub a cramé, la clientèle et moi-même (ainsi que Nick Canon depuis Paris) avons bien remarqué un détail important dans le reportage de "7 à 8". Regarde bien le reportage et, surtout, la plaque d 'immatriculation du gars qui a vu les extra-terrestres...
Eh ouais, c 'est un 58 ! Et qui dit "58", dit "Nièvre". Et qui dit "Nièvre", dit "Putain mais
c 'est chez nous ça" !
Le problème, c 'est que depuis la diffusion de ce reportage, les éléments extra-naturels se sont déchainés sur notre pauvre département. Le sommum de ce déferlement de drames fut sans aucun doute hier, jeudi 26 juin 2008.
A la une de notre Journal du Centre préféré, plusieurs faits...
Tout d 'abord, cette_vache_retrouvée_complètement vidée de sa viande en plein milieu d 'un champ.
Puis cette_averse_de_grêle incroyablement centralisée sur les vignes de Pouilly, notre vin local.
Les questionnements les plus fous s 'alignaient à côté des verres qui dilataient tranquillement les neuronnes de chacun des Nivernais présents à cette terrasse de bar. Pas un homme à verre à table, mais des des visages rougis par cette odorante boisson jaune-marron quand elle est bien servie.
Gars 1 : " - C 'est l 'autre zouave avec sa Twingo à la con immatriculée dans le 58 qui a provoqué tout ça ! Si, si !
Comme il a pas pu garder le secret pour lui, les Extra-terrestres, qui ont vu son immatriculation automobile, ont décidé de venir dans la Nièvre pour foutre le brun.
Gars 2 :" - Ouais, c 'est ça ! C 'est de sa faute ! Il aurait fermé sa gueule, on aurait pas égorgé nos vaches ! Y 'aurait pas eu de grêle sur nos vignes et on aurait plein de vin !
Gars 3 : " - Tiens, en parlant de vin, remets-moi un jaune !"
Oui, c 'est sûr : les Extra-Terrestres étaient bien décidés à en finir avec la Nièvre. Pour l 'instant, ce n 'était qu 'une vache et de la grêle, mais après ? Un troupeau de moutons ? Un typhon ? Un gigantesque incendie ? Un tremblement de terre ? Une attaque de grillons ? La peste ? Le choléra ? La Loire qui déborde ?
OUI LA NIEVRE A PEUR !!!!
Et puis, finalement, y 'a un gus qui déboule en terrasse du bar. Il s 'asseoit à la table d 'à côté avec d 'autres gars. Et voilà qu 'il se met à dire simplement, tranquillement, décontractement...
Le gus : "- Eh, vous avez vu dans Le Figaro... Les lumières au-dessus de l 'île d 'Yeu... Finalement, c 'est un mec qui avait ramené des lanternes thaïlandaises et qui les a lachés dans le ciel."
Mouaip ! Un silence s 'installe en terrasse. Puis...
Jénorme : "- Oui, mais Le Figaro est un journal de Droite ! Ils ne sont pas objectifs ! Le gouvernement les possèdent ! Le gouvernement nous cache des choses ! Le gouvernement ne nosu dit pas la vérité ! Mais ils ne m 'auront pas ! Je sais très bien que les E.T. existent ! Pourquoi le mec a attendu plus deux mois pour dire que c 'étaient ses lanternes à la con qui avaient éclairé le ciel de l 'Ile d 'Yeu ? Et qu 'est-ce qu 'il foutait en Thaïlande ? C 'est pas normal ! Les E.T. nous observent ! Ils vont nous envahir !!!!!"
Et puis, j 'ai repris un Ricard, on a parlé de foot et on a complètement oublié cette histoire à la con.
Mais... prudence... Restons vigilants parce que... AAAAAAAAAAAAAAAAAA
19 mai 2008
L 'Armistice, épisode V (comme Victoire !)
Résumé des épisodes précédents
Après avoir traversé des plages aux noms étranges. Après avoir ingurgité une bonne assiette de patagos dans les nuages. Après avoir affronté les chemins pentus de l 'île d 'Yeu à vélo sans jamais avoir entraperçu la moindre boule de lumière dans le ciel, il semblerait bien qu 'un passage sur la tombe du maréchal Pétain soit à présent incontournable...
De nos jours, mais le 10 mai 2008
Nous quittons les falaises et autres plages de la côte Ouest de l 'île pour prendre à nouveau la direction de Port-Joinville.
Bizarrement, j 'ai en tête une phrase d 'un lecteur de Télérama.
Cetet réminiscence doit sûrement son origine à ce mélange de vélo sur lequel je me trouve et cette histoire de boules de lumière... Oui, je sais, je suis lourd avec ça, mais, en même temps, on en a tellement parlé il y a une semaine que je suis surpris de voir que l 'on n 'en touche plus une ligne aujourd 'hui. Preuve que
l 'info, ça va, ça vient et surtout, ça se jette ; un peu comme tout ce que l 'on produit de nos jours... Et Hop, dans la gueule celle-la !
Passé-présent-avenir. Tout se mélange dans mon crâne lorsque nous arrivons aux portes du cimetière de Port-Joinville.
Pour trouver la tombe du maréchal Pétain, Le Guide Vert Michelin a un truc imparable :
"On ne peut pas manquer sa tombe, c 'est la seule qui soit tournée vers le continent ; les Islais préférant face à l 'océan."
Nous posons les vélos. Nous entrons. Nous cherchons. De gauche à droite. De haut en bas. Fait chier, il est où ce con là ?
Quand soudaintoutacouvoilà !
Effectivement, toutes les croix sont orientées dans la même direction.
Eh oui, c 'est bien là, face aux Islais et caché par des thuyas,
que repose Philippe Pétain, maréchal de France.
Pour l 'occasion, replongeons-nous dans le livre de Jean-Pierre Azéma et Olivier Wieviorka, "Vichy, 1940-1944" , Editions Perrin 2004. Quelques morceaux choisis.
Henri Philippe Benoni Omer Joseph Pétain
(1856-1951)
Dans l 'été 1940, les Français se donnaient au "Maréchal" dans leur grande majorité, voyant en lui le thaumaturge qui saurait protéger la France vaincue et la sortir de la grave crise d 'identité nationale qu 'elle traversait. (...)
La Grande Guerre avait fait du colonel relativement obscur qu 'il était encore en 1913 un de ces "grands chef" que révérait le Français moyen. Il gagna notamment le surnom prestigieux de "vainqueur de Verdun" et la réputation appréciable d 'avoir, en jouant sur la défensive, épargné le sang des Poilus. (...)
Mais Philippe Pétain était d 'abord et avant tout un homme d 'ordre. Son éducation chez les Jésuites puis chez les Dominicains
d 'Arcueil, son passage à Saint-Cyr, enfin l 'affaire Dreyfus, en avaient fait un homme profondément conservateur. (...)
LA PEUR
En 1940, à la crainte des "brigands" s 'était substituée celle de la soldatesque allemande. L 'effet de la propagande aidant,
l 'approche de l 'ennemi héréditaire avait ravivé les images, datant de 1870, du "Teuton" brutalisant les populations, et encore plsu celles de la guerre de 1914-18, celles du "boche" qui aurait massacré des enfants, fusillé des otages, violé les femmes dans les territoires occupés de la région Nord. Ces craintes n 'étaient pas tout à fait vaines car les unités SS exécutaient à tour de bras prisonniers britanniques, civils français et soldats sénégalais. (...)
Georges Mandel fait le constat : "Le Conseil est divisé, il y a ceux qui veulent se battre, il y a ceux qui ne le veulent pas."
Le choix entre armistice ou capitulation polarisera le débat gouvernemental. La capitulation -d 'ordre strictement militaire- abandonne sans doute la population au bon vouloir du vainqueur, mais elle laisse toute latitude politique aux autorités légales pour continuer la lutte, comme elles le pourront. L 'armistice, en revanche, convention politique liant un Etat à un autre Etat, offrait une plus grande protection aux ressortissants du pays vaincu ; mais il interdisait toute continuation de la guerre sous quelque forme que ce fût. (...)
QUELQUES DATES
Le 14 juin 1940, Paris est occupé par l 'armée allemande. Le gouvernement, le Président de la République et les Assemblées sont alors réfugiés à Bordeaux.
Le 16 juin 1940, Paul Raynaud présente la démission du gouvernement et suggère de confier la présidence du Conseil au maréchal Pétain.
Le 17 juin 1940, Philippe Pétain prononçait à la radio les paroles historiques qui allaient marquer la mémoire du français moyen :
"C 'est le coeur serré que je vous dis aujourd 'hui qu 'il faut cesser le combat."
Le 20, il conviait les Français à un "redressement intellectuel et moral".
Le 22 juin 1940, l 'armistice est signé à Rethondes dans le wagon, exigé par Hitler, qui servit à signer l 'armistice du 11 novembre 1918.
Le 25 juin à 0h35, les hostilités cessaient sur tous les fronts français : l 'armistice entrait officiellement en vigueur.(...)
"Cette politique est la mienne. C 'est moi seul que l 'Histoire jugera", affirmait Pétain le 30 octobre 1940. (...)
Le 29 juin, le gouvernement s 'installe à Vichy, en zone non occupée par l 'armée allemande.
Le 11 juillet, par trois "actes constitutionnels", Pétain
s 'autoproclame chef de l 'Etat français et s 'arroge tous les pouvoirs.

Le maréchal Pétain et le Premier ministre Laval
COLLABORER POLITIQUEMENT
Ligne de démarcation, prisonnier de guerre, frais financiers ligôtent la France et brident l 'autorité de Vichy. La ligne de démarcation constitue un garrot que les Allemands serrent à leur grè. Sachant que la zone libre dépend de la zone occupée pour le charbon (76%), l 'acier (96%), mais également le blé ou le sucre, le Reich exerce un chantage aux livraisons sur l 'Etat français. (...) Le Reich détenant plus d 'un million cinq cent mille prisonniers en 1940, Vichy, légitimement, s 'efforce de soulager leur détresse pour des motifs humanitaires autant que stratégiques. (...)
Le pillage des finances constitue l 'ultime moyen dont le Reich use et abuse. L 'Allemagne exige des sommes exorbitantes : 400 millions de francs par jour entre 1940 et le 10 mai 1941. Et si Berlin abaisse ce fardeau à 300 millions le 10 mai 1941, il le porte le 11 novembre 1942 à 500. (...)
En apportant en dot son Empire, en soutenant l 'effort de guerre nazi, en plaçant son économie sous la tutelle germanique, la France pourrait prétendre devenir une sorte de brillant second du Reich.
Que pèse le prétendu respect de la souveraineté vichyste quand les Allemands, au mépris de l 'armistice, annexent l 'Alsace-Lorraine et envahissent la zone libre ? Que valent les gestes de l 'occupant quand on mesure l 'étendue du pillage, l 'ampleur du STO, le drame des prisonniers ? Pour prendre les promesses d 'Hitler au sérieux, il fallait être stupidement cynique ou incurablement naïf. Pour le malheur du pays, Vichy cumula ces deux tares.

Montoire-sur-le-Loir, poignée de main concrétisant
la collabroration entre Hitler et Pétain
Persuadé que l 'Allemagne a dès 1940 remporté la victoire et que la Grande-Bretagne déposera rapidement les armes, tablant sur la neutralité prolongée de l 'URSS et des Etats-Unis, Pétain veut construire une relation privilégiée entre le Reich et Vichy.
Instrumentalisant la défaite pour imposer son ordre politique,
n 'intégrant pas la dimension planétaire du conflit, Pétain lie son destin -et le sort de l 'Etat- à la fortune du Reich. Omnubilé par la Révolution nationale qu 'il considère comme sa grande oeuvre, le maréchal n 'osera jamais rompre avec le Reich, pas plus qu 'il ne soutiendra, fut-ce discrètement, l 'effort de guerre allié. (...)


Jusqu 'en novembre 1942, Vichy peut donc se flatter d 'avoir su épargner aux Français les horreurs de la guerre tout en ayant, grâce à la collaboration, astucieusement misé sur le cheval gagnant.
L 'opinion publique partage en partie cette satisfaction.
COLLABORER ECONOMIQUEMENT
Dans l 'ensemble, le patronat honore les commandes allemandes dès qu 'elles servent les intérets de l 'entreprise. Au printemps 1941, le régime recommande de passer des marchés avec
l 'occupant pour éviter la réquisition des entreprises. Ces efforts répondent parfois aux attentes de patrons que les scrupules patriotiques n 'étouffent guère.
Au nom de l 'entreprise, ils sont prêts à travailler avec le diable et n 'hésitent pas, lors des "déjeuners de la trahison", à festoyer au Ritz avec un occupant qui paie bien.
Fidèle à sa pente, l 'Etat français cède plutôt que de résister.


Pour sauvegarder leurs entreprises, les patrons entretiennent de fructueux contacts avec
l 'occupant. Dès 1941, les fabricants de pneumatiques installés dans la région clermontoise négocient de juteuses commandes avec le Reich. Les intellectuels suivent parfois le même chemin.
Au total, non seulement une très grande partie de l 'activité économique française s 'est effectuée au bénéfice de l 'Allemagne, mais la France a été, parmi les pays occupés, le premier fournisseur de matières premières, de produits manufacturés, de produits alimentaires, sans parler des contributions financières. (...)
COLLABORER IDEOLOGIQUEMENT
La Solution finale postule en France le concours de la police nationale. Sans être l 'auteur de l 'extermination, l 'Etat français en a été le complice. (...) La traque des Juifs constitue un lieu privilégié de la collaboration franco-allemande. Sans le concours de la police et de la gendarmerie françaises -qui assument seules la quasi-totalité des arrestations, voire la garde des camps- le Reich n 'aurait pu conduire comme il l 'a fait sa politique antisémite.(...)

Aux actes meutriers et criminels des nazis (exemple : Ascq, le 2 avril 1944), Vichy n 'osait ou ne pouvait répliquer, étalant son impuissance -et ses complicités- au grand jour. En offrant les services de sa police aux Allemands, l 'Etat français participait directement à ce bain de sang. La Milice se distinguait ainsi dans la répression du maquis des Glières.



En 1944, l 'Allemagne attend surtout que Vichy neutralise la population en cas de débarquement. Elle espère, grâce au charisme de Philippe Pétain, s 'épargner la répression d 'une insurrection nationale qui compliquerait le mouvement de ses troupes. (...) Le 28 avril 1944, le vainqueur de Verdun fustige sur les ondes "cette prétendue libération", "le plus trompeur des mirages auxquels vous puissiez être tentés de céder". Et dans ce message préenregistré, soigneusement mis en réserve par les Allemands, il appelle les Français à s 'abstraire de la lutte qui se déroulera sur leur sol.
En acceptant cette tâche peu glorieuse, le maréchal dévoilait
l 'ampleur de ses ambitions. Appeler les Français à temporiser -alors que l 'heure de la libération sonnait- démontrait une bien courte vue, conforme, il est vrai, à sa myopie politique. (...)
SUBIR
"Par ces temps de restrictions, certaines personnes affamées ne craignent pas de capturer des chats pour en faire un bon civet. Ces personnes ne connaissant pas le danger qui les menace. En effet, les chats ayant comme but utilitaire de tuer et de manger les rats porteurs de bacilles, les plus dangereux peuvent être, de ce fait, particulièrement nocifs."
Publiés par les journaux le 31 octobre 1940, cet avis illustre les ruses auxquelles recourent les Français pour s 'assurer un ravitaillement décent.
Pour compenser les pénuries, la population redécouvre les joies saines de l 'économie. La récupération s 'impose désormais.
Les mégots, jusqu 'alors ramassés par les clochards, sont traqués dans les cendriers et les nouvelles cigarettes ainsi produites sont revendues 40 ou 50 francs le paquet. Fanes de carottes et feuilles de rhubarbe sont servies en légumes, topiambours et rutabagas trônent sur les tables familiales. Faute de bas, les élégantes se peignent les jambes. Les familles célèbrent les vertus de
l 'autoproduction. Poules et lapins s 'élèvent en appartement. (...)
Nombre de familles vivent dans une misère profonde. "Mes 40 francs passent totalement en nourriture. Il m 'est impossible de faire face aux autres dépenses ni à mes dettes", écrit une femme à son époux emprisonné.




Face à une armée dont la brutalité est connue, la population préfère afficher sa soumission que de risquer, par bravade, d 'indisposer un vainqueur arrogant.
Les impératifs de la survie incitent parfois les individus à devenir complices des autorités allemandes. Outre le chômage qui sévit jusqu 'en 1941, les avantages matériels que proposent les entreprises du Reich poussent quelque 200 000 Français à se porter volontaires pour travailler Outre-Rhin. Au printemps 1942, 275 000 Français construisent aérodromes et fortifications, et contribuent à ériger le Mur de l 'Atlantique. Le 4 septembre 1942, une loi autorisait l 'Etat français à réquisitionner les hommes (de 18 à 50 ans) comme les femmes célibataires et sans enfants (de 21 à 35 ans) pour "effectuer tous les travaux que le gouvernement jugera utiles dans l 'intéret supérieur de la nation".
Que les vaincus, par leur travail aident les occupants à conforter leur domination ne manque cependant pas d 'ironie.



Le 10 juin 1944, vers 14 heures, la 2ème SS-Panzerdivision Das Reich, placée sous le commandement du général Heinz Lammerding, encerclaient le bourg d 'Oradour-sur-Glane, situé à une vingtaine de km de Limoges. Après avoir rassemblé la population du village et des hameaux sur le champ de foire, les Waffen-SS séparèrent les hommes des femmes et des enfants, qui furent enfermés dans l 'église. Les hommes poussés dans des granges et des garages furent mitraillés tandis que, dans l 'église, femmes et enfants étaient achevés, à l 'exception d 'une survivante. Au soir de cet épouvantable samedi, 642 personnes avaient péri, dont 240 femmes et 202 enfants.
Vichy, comme à son habitude, n 'eut aucun geste, mêm symbolique pour protester : Xavier Vallat expliqua même sur les ondes de Radio-Vichy que le massacre, sans doute répréhensible, était la conséquence des actions des mauvais Français qui n 'avaient pas obéi au maréchal, en novembre 1942, provoquant l 'occupation de la zone sud. (...)
L 'OPINION PUBLIQUE

Le 26 avril 1944, le maréchal Pétain, au cours d 'un voyage imprévu, assure la population parisienne, éprouvée par les bombardements, de sa sollicitude. Après une messe à Notre-Dame, il adresse à la foule, rassemblée sur le parvis de l 'Hôtel de Ville, une brève alllocution avant d 'être ovationné par des étudiants du Quartier Latin, massés le long du boulevard Saint-Germain. Quatre mois plus tard, le général de Gaulle, descendant les Champs-Elysées, provoque un enthousiasme comparable. etonnante symétrie que témoins et historiens ont d 'emblée tenté de décrypter.
Aux yeux des sceptiques, ce parallélisme illustre la passivité des masses, promptes à s 'enflammer pour n 'importe quel sauveur suprême. Les optimistes se sont réjouis de voir les Français, foncièrement patriotes, acclamer tour à tour et sans esprit de revanche deux hautes figures nationales. (...)
Malgré cette conjoncture maussade, le maréchal a conservé quatre années durant une réelle popularité. A une population traumatisée par une inexplicable défaite, il offre de robustes repères, sentencieusement énoncés dans ses discours et messages. Son glorieux passé le classe en patriote sourcilleux, garant de l 'intéret et del 'identité nationale. Le maréchal endosse donc les habits du thaumaturge, s 'intégrant dans une immémoriale lignée de sauveurs -un thème développé à l 'envi par la propagande. Les images d 'Epinal diffusent l 'image d 'un homme providentiel, assurant, de Verdun à l 'an 40, le salut de la Nation.

Mais quand les faits correspondent à la représentation d 'un Pétain protecteur et patriote, sa popularité se redresse. Frappée par les bombardements, craignant un débarquement (prélude à de nouvelles destructions), l 'opinion publique, en 1944, se tourne de nouveau vers l 'homme qu 'elle considère comme son protecteur naturel.
En encourageant les Français à s 'abstenir dans les combats de la Libération, Pétain, en outre, flatte les penchants attentistes des masses. Craignant de s 'engager, la population trouve dans le patriotisme qu 'elle prête au maréchal la justification de sa politique d 'abstention.
Les Français auront ainsi constamment distingué Philippe Pétain de son régime. Commode dissociation qui permettait
d 'allier aux douceurs du non-engagement la certitude d 'agir dans un sens patriotique.
Pourquoi entraver l 'action d 'un héros qui, mieux que quiconque et par définition, savait où se trouvait l 'intéret du pays ? (...)
PETAIN DANS L 'HISTOIRE
Pour la cause du maréchal fut créée dès novembre 1951 une association posthume, l 'Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain (l 'ADMP). Ces nostalgiques inconditionnels de Vichy ont milité pour la révision du procès (8 fois rejetée) et la translation des cendres du maréchal à l 'ossuaire de Douaumont (mais ils désavouèrent l 'action du commando dirigé par Hubert Massol qui enleva le cercueil de Pétain en 1973).
A croire les sondages, la personne même de Philippe pétain bénéficia presque toujours -sauf en 1945 dans les mois qui suivirent le retour des déportés- d 'une image relativement positive. En novembre 1994 encore, selon une enquête de la SOFRES, nombre de Français continuaient de lui accorder des circonstances atténuantes : 22% des sondés lui reprochaient bien d 'avoir "trahi la France", mais 24% accordaient qu 'il "s 'était trompé de bonne foi" et 30% estimaient même qu 'il "avait chercher à sauvegarder les intérets de la France", alors que 24% se déclaraient sans opinion. (...)

Si les nostalgiques ou les défenseurs de l 'Etat français ne font plus recette, cela ne signifie pas pour autant que l 'opinion reste insensible à tous les enjeux symboliques qui tournent autour de Vichy. Les trois premiers présidents de la Vème République avaient fait déposer une gerbe sur la tombe de Pétain à une seule reprise et dans l 'indifférence. En revanche, François Mitterrand qui, à partir du 11 novembre 1987, avait agi de même, fut contraint d 'y renoncer en 1993. Les enjeux de mémoire s 'étaient à nouveau déplacés.
JEAN-PIERRE AZEMA
OLIVIER WIEVIORKA
Vichy, 1940-1944
Editions Perrin
Le procès du maréchal Pétain s 'achève le 15 août 1945. La cour déclare Pétain coupable, notamment, d 'intelligence avec l 'ennemi et de haute trahison. Elle le condamne à mort, à la dégradation nationale, à la confiscation de ses biens, assortissant toutefois ces condamnations du voeu de non-exécution de la sentence de mort, en raison de son grand âge.

Le 16 novembre 1945, le maréchal Pétain, ex-chef de l 'Etat français de 1940 à 1944, est incarcéré à la Citadelle (fort de la Pierre-Levée). Condamné à mort pour collaboration avec les Allemands, sa peine avait été commuée, vu son grand âge (90 ans), en une détention à vie. En 1951, une double congestion pulmonaire le frappe. Le 29 juin, on le transporte dans la maison Lucos, près de l 'église, où il s 'éteint le 23 juillet.
Un dernier regard sur la tombe m 'intrigue.
Comme si toutes ces croix regardaient de haut cet homme tombé bien bas
après avoir été considéré comme un héros et un sauveur.
Et en même temps... Quand on relit les propos de Jean-Pierre Azéma et Olivier Wieviorka sur le suivisme de l 'opinion publique...
Que penser de tout cela ? Quelles leçons en tirer ?
Constater que les foules sont influençables et rationnalistes. Remarquer que les gens s 'adaptent aux situations les plus affligeantes sans broncher.
Quelles leçons pour aujourd 'hui et pour l 'avenir ? De tels actes sont-ils encore possibles ? Une telle déroute peut-elle se reproduire ? La France est-elle un pays qui privilégie le silence à la prise de position radicale lorsque son économie et ses sociétés sont mises en péril ?
Sans être démagogique en faisant de faciles comparatifs, que penser de la situation actuelle en rapport avec celle de la collaboration vichyste ? Y 'a-t-il un rapport ? Comment expliquer que les industries françaises partent à l 'étranger ? Pourquoi, malgré les nombreux départs en retraite des enfants du baby-boom,
n 'y a-t-il pas plus d 'emplois ? Où vont les bénéfices faits par les grands patrons lorsqu 'ils délocalisent leurs sociétés ou qu 'ils déplacent la production dans des pays étrangers? Et Sarkozy dans tout cela ? Pourquoi tant d 'images ? Pourquoi tant de frime ? Et l 'Europe, quelle place dans le monde ?
Mouaip...
Pour des raisons de temps, nous ne nous rendrons pas au musée de l 'Historial (derrière l 'hôtel des Voyageurs), relatant les dernières années du maréchal Pétain sur l 'île.
On se boit une petite bière sur le port ; puis nous reprenons le bateau pour le continent, laissant l 'Ile d 'Yeu derrière nous.
"Environ un sur dix de ses 5000 habitants permanents vit de la pêche ou d 'une de ses industries annexes.
Le tourisme est également une ressource importante, mais, à la fin de l 'été, lorsque les vents d 'automne commencent à souffler, l 'île se replie sur elle-même. Les volets des maisons se referment, la bourrasque agite les bosquets d 'yeuses qui dominent Port-Joinville, et les seules créatures vivantes que l 'on aperçoit encore sur les côtes sont les oiseaux migrateurs, qui s 'y arrêtent un moment avant de repartir vers le sud."
Balades en France, Editions Solar
PS : Et n 'oublies pas que dimanche prochain, c 'est la fête des mères ; fête mise au calendrier par le régime de Vichy en 1941.

18 mai 2008
L 'Armistice, épisode IV (Tiens, c 'est écrit en chiffres romains)
RESUME DES EPISODES PRECEDENTS
Enfin ! Ils ont pris le bateau pour l 'Ile d 'Yeu.
DE NOS JOURS, LE 10 MAI 2008
Alors qu ' une sorte de couperet semble planer au-dessus de nos têtes, nous décidons tout de même de faire le tour de l 'île à vélo.
Et que tout cela ne nous empêche pas de nous plonger de parler un peu Histoire avec Balades en France (Editions Solar, 2003).

"Originellement nommée Insula Oya, l 'Ile d 'Yeu est l 'île française de la côte Atlantique la plus éloignée du continent.Située à 17 km du continent, l 'Ile d 'Yeu, dont la forme évoque une huitre, est la plus isolée, la plus petite, la moins visitée, mais aussi la plus densément peuplée des îles qui bordent la côte Atlantique de la Bretagne à l 'estuaire de la Gironde. Large de 4 km, longue de
9,5 km, elle s 'étend de la Pointe du But à la Pointe des Corbeaux.
L 'Ile d 'Yeu est apparue il y a environ 360 millions d 'années (ce qui ne nous rajeunit pas), vers la fin de l 'ère primaire, suite à des évènements géologiques (dont on ne parlera pas ici car on a autre chose à foutre).
Il y a 6000 ans, l 'Ile d'Yeu était rattachée au continent, et une légende affirme que le haut-fond marin qui la relie aujourd 'hui encore à la Vendée, surnommé le 'pont d 'yeu', est un pont magique qui a été miraculeusement préservé sous les vagues depuis cette époque. Ses premiers habitants s 'y rendaient à pied à marée basse et enterraient leurs chefs sur des collines faisant face à l 'ouest. Ce n 'est qu 'il y a environ 5000 ans qu 'elle fut coupée du continent.
Dès la préhistoire, l 'île connut une présence humaine comme en témoignent les dolmens et les menhirs, que l 'on trouve en grand nombre. D 'après le géographe grec Strabon, elle aurait accueilli un collège de druidesses.
Au VIIIème siècle, l 'île porte le nom énigmatique de Insula Oya, ce qui fit penser à certains que l 'île était couverte de moutons.
Pour d 'autres, Yeu est un nom germanique. Oiam insulam (XIème siècle) est proche du vieil allemand ouwa qui désignerait une petite île.
Plus tard, elle accueillit des moines en quête de solitude. On raconte que l 'un d 'eux, Saint Martin de Vertou, monta un jour au sommet d 'un menhir pour exhorter les Ogiens à se convertir au christianisme, ce qu 'ils firent en grand nombre. Le 'Menhir christianis' existe toujours ; il est à moins de 2 km de l 'église romane de Saint-Sauveur, orné de trois mystérieux signes celtiques et d 'une croix.
Au cours des siècles qui suivirent, l 'Ile d 'Yeu connut de longues périodes d 'oubli -pendant lesquelles les habitants se livrèrent à leurs activités habituelles comme la pêche, l 'élevage des moutons, mais aussi la contrebande- qui furent parfois interrompues par des attaques venues de la mer. Elel fut successivement envahie par les Sarrasins, pillée par les Normands, puis occupée par les Anglais pendant la Guerer de Cent Ans. En 1795, quelque 5000 soldats anglais et 800 royalistes français y débarquèrent pour préparer une invasion de la Vendée. Mais le projet échoua, les troupes se retirèrent au bout d 'un mois, et l 'île fut de nouveau oubliée jusqu 'au XXème siècle, où elle devint un lieu d 'exil.
En novembre 1945, le maréchal Pétain, chef de l 'Etat français qui avait collaboré avec les Allemands, fut incarcéré dan,s la sinistre citadelle de Port-Joinville, où il demeura jusqu 'à sa mort en juillet 1951."
Allez hop !
On roule.
Pour commencer (parce qu 'on est timide), nous empruntons les routes bitumées, bordées de belles maisons aux couleurs typiques.
Après avoir longé la plage de la Pipe,
nous arrivons sur la plage des Ovaires...
Oui, je suis d 'accord avec toi : elle est complètement quelconque cette plage ; mais c 'est là que le gars a vu des boules lumineuses dans le ciel. Ah non, c 'est pas là... Pourtant, ovaires-boules... Mouais, c 'est nul, OK !
En tout cas, c 'est ici, et à ce moment précis, que Nick profite de quelques rayons de soleil pour tester l 'efficacité de ses nouvelles lunettes de soleil achetées une heure plus tôt sur le continent.
Regardons !
Fascinant !
Les nostalgiques y verront un hommage rendu
à la période Lacs du Connemara de Sardou...
...alors que d 'autres penseront d 'avantage au style Sarko 2008.
Continuons !
Juste après avoir humé les bonnes odeurs typiques de la déchetterie de l 'île (pas indiquée sur les plans touristiques) ; le tout aux sons des cris stridents des goéland heureux de batiffoler dans un tel paradis, nous arrivons au phare de...
La pointe des Corbeaux
Phare complètement quelconque aussi.
En même temps, il n 'y en a pas partout.
Dans la Nièvre, par exemple, y 'en n 'a pas.
Parait-il qu 'on a une belle vue de là-haut. Mais l 'accès est interdit au public. Restons au sol alors et regardons !
La façade Est de la pointe est sablonneuse,
ce qui lui donne un air vendéen.
La façade Ouest est rocheuse,
d 'allure bretonne.

Continuons !
Nous traversons le village de La Croix
où Sophie remarque une maison au nom puissant et original
Si tu vois mal, clique ICI !
Je me mêle peut être de ce qui ne me regarde pas, mais... pourquoi ?
Pourquoi donner un tel nom à sa baraque ? Est-elle construite sur un ancien cimetière indien ? Y 'a-t-il eu des morts pendant sa construction ? Le propriétaire a-t-il pour projet de se foutre dans la merde ? Ou alors est-ce que depuis qu 'il a cette maison, il n 'a connu que des emmerdes ?
Le mieux, ça serait de lui demander, mais nous n 'avons pas le temps d 'attendre sa venue.
Nous repartons pour atteindre ce qui est considéré comme la plus belle plage de l 'Ile d 'Yeu, c 'est à dire...
L 'anse des Vieilles
Le nom n 'est peut être pas des plus captivants,
mais cette plage est l 'endroit rêvé pour faire
un vieux shooting à la con, style :


Enfin, t 'sais, tu vois l 'genre, quoi ?!
Tu as aimé la plage des Vieilles ? OOOOuuuaaaiiiSSSSS !
Eh bien, tu aimeras tout autant, juste à côté, mais_un_peu_plus_haut,
et ses petites cabanes
de pêcheurs en bois
Continuons !
Après les Vieilles, nous snobons magnifiquement les grottes marines et le menhir des Soux ; ainsi que la pointe de la Tranche pour aller voir directos ce que pouvait bien être ce lieu appelé...
La Pierre-Tremblante

C 'est un rocher dominant la mer. Parait-il qu 'on peut le faire bouger en
s 'appuyant sur un point précis.
C 'est bien joli tout ça, mais c 'est lequel dans ce merdier ?
Bon... Un petit coup d 'oeil sur les différentes couleurs du
Courseau du Risque de Vie

Et on s 'casse pour arriver à...
La Meule
Petite ville jumelée avec les Loches.
"Les Loches-la Meule"...
T 'as compris ? Non. Bon, tant pis.
Les agglomérations de l 'Ile d 'Yeu sont composées de ruelles étroites, bordées d 'hibiscus et de roses trémières avec des maisons de pêcheurs blanches, aux portes et aux volets bleus.

Ouais OK, c 'est un mauvais exemple. Là, les volets sont rouges, mais bon,
c 'est pareil.
A c 'qui parait, le port de La Meule ets très beau, mais, vu qu 'on crève la dalle, nous préférons nous diriger vers un resto.
La Meule est l 'un des rares endroits où l 'on peut trouver à bouffer.
Problème : il y a une heure d 'attente avant d 'être servi.
Nous décidons de retourner sur Port-Joinville.
Et qu 'est-ce qu 'il y a de bon à becqueter à Port-Joinville ?
Du pâté de maréchal ? Oh non !
De la tête de veau, sauce maréchal ? Oh non !
Du mouton à la mode maréchal ? Oh... j 'en sais rien.
Nous nous installons au snack Chez Martin...
...non loin du port qui a retrouvé son calme.
Et Chez Martin, qu 'est-ce qu 'on graille ?
Eh bien, une bonne assiette de Patagos !
QUOIIII ??? Tu sais pas ce que c 'est les Patagos !?
Mais non, ça n 'a rien à voir avec le Village dans les nuages ?!
Il s 'appelait Patanok le gars !
Et pis, eh oh !!! Tu vas t 'y en sortir des années 1980, bordel ! T 'as pas envie de grandir un peu, hein ? T 'as pas envie d 'être bien bâti comme papa ?
D 'avoir un vrai métier ? Pis plein d 'argent ? Pis prendre de la coke à la pelle ? Hein ?
Pourquoi j 'ai parlé du Village dans les nuages, moi ? Ca doit être cette histoire de boules lumineuses à la con qui agit sur mon inconscient.
Bon, allez, on se ressaisit !
Les Patagos, c 'est une assiette de coquillages à la crême, pêché au large des côtes bretonnes, mais que tu ne peux manger que sur l 'île d 'Yeu. A quoi ça ressemble ?
Continuons !
L 'estomac rempli, le foi remis à niveau avec un pichet de blanc bien frais, nous pouvons tranquillement aller nous paumer comme des couillons dans les petites rues de la ville jusqu 'à ce que Sophie croise une boutique...

... qui lui fasse dire : "Et si on remplace maman par Pétain..." !
Alors là, je dis "Bravo Sophie !"
Sur ces bonnes paroles, nous oublions de prendre la direction du cimetière où se trouve le maréchal pour nous diriger carrément à l 'opposé en faisant une grande tournée des plages de la côte Nord-Est :
Le tout arrosé de dolmens,
tels que les petits Fradets, les Tabernaudes, la Planche à Puarre...
Nous arrivons à...
LA POINTE DU BUT
Avec des fleurs
Avec des fleurs et de la caillasse
Rien à voir, hein ?
Continuons !
C 'est pas qu 'on s 'emmerde, mais le temps passe et on va louper le bateau à ce train là !
Nous accélérons un petit peu la manoeuvre en évitant les chutes.
Et vas-y que nous survolons la Pierre-qui-vire-trois-tours ! 
Exit le Trou-des-Oreilles-d 'Ane ! 
Dépassées la grotte de la Pierre-à-Monsieur,
la grotte à deux-Goules, la grotte du Curé ! 
Et hop la Pointe du Chatelet et son Tourne-Cul !
Nous voici maintenant sur la plage des Sabias qui fait face au...
"D 'abord bâtie en bois au XIème siècle, sur les rochers déchiquetés de la côte méridionale, la forteresse connue sous le nom de Vieux-Château fut reconstruite en pierre au XIVème siècle par la châtelaine de l 'île, Jeanne de Belleville. Décrite par le chroniqueur Froissard comme 'la plus belle femme du royaume', Jeanne de Belleville, ayant perdu très tôt son mari, défendit âprement son domaine, devenant un remarquable chef de guerre et, dit-on aussi, un redoutable pirate."
Eh ben écoute : on a pratiquement fait le tour de l 'île, là !
Il ne nous reste plus qu 'à prendre le...
... pour rejoindre le cimetière de Port-Joinville.
Dans notre prochain épisode
Le suspense est à son comble. Cette fois, Caroline est sûre d 'elle : elle va tout dire à Antonin sur la passion dévorante qui l 'anime. Force est d 'admettre qu 'elle a toujours eu une attirance pour les fêtes forraines du Pas-de-Calais.
Comment Grégoire va-t-il le prendre ? Est-ce que Ludivine restera amie avec Solange ? Et les boules lumineuses dans tout ça ? Et Pétain : il vient à pied ou bien ? Eh putain, j 'ai soif, moi !
Pour le savoir, ne manquez pas le prochain épisode de
"L 'Armistice".
17 mai 2008
L 'Armistice, épisode 3 (Ben alors)
RESUME DES EPISODES PRECEDENTS
Il était prévu que l 'on soit face à la tombe de Pétain le 8 mai 2008 afin de célébrer l 'Armistice. Mais...
LE LENDEMAIN DE L 'AUTRE JOUR
Le matin arrive avec son cortège de rayons de soleil, de ciel bleu et de brumes iodées. Tout ceci se mélange afin de poser une lumière douce sur les quelques panneaux de Notre-Dame-du-Mont...

...ville de bord d ' océan où nous avons élu domicile pour une nuit dans des chambres aussi grandes que des chiottes de camping-car.
Allez hop : y 'a du taf ! Pas le temps de se plaindre ! Notre programme est minuté !
8h00
On range, on paye, on se casse.
8h16
Direction Fromentine, où se situe l 'embarcadère pour l 'Ile d 'Yeu.
8h32
Nous arrivons à Fromentine et nous avons mis toutes les chances de notre côté :
- on sait à quelle heure est le bateau pour l 'Ile d 'Yeu,
- on a les_billets,
- on est même en avance.
Nous traversons la ville à pieds en croisant, par exemple,
un petit phare perdu dans une forêt (?)...
... ainsi que quelques pavillons aux noms parfois étranges, comme :
(Si tu ne vois pas le nom étrange, cliques ICI)
Drôle d 'ambiance, mais rien ne nous détourne de notre but initial : prendre cet saloperie de bâteau pour aller voir le maréchal.
8h46
Finalement, comme nous sommes beaucoup trop en avance.
Nous en profitons pour prendre un petit déjeuner dans un bar situé à trois mètres de l 'embarcadère ; au cas où le bateau déciderait de partir plus tôt.
8h52
J 'entre dans un bureau de presse pour acheter quelques_cartes_postales et le journal du jour en jetant, toujours, un coup d 'oeil sur l 'embarcadère pour voir si aucun bateau ne part.
Mais très vite, mon attention est captivée par la une de Vendée Matin.


Je m 'interroge, je suppute, je me pose des questions et plein d 'autres trucs encore.
J 'hésite à appeler Sébi pour lui demander son avis car il en connait un rayon niveau extra-terrestre. Mais je me ravise. Tout ceci n 'est peut être qu 'un acte destiné à nous destabiliser et à nous effrayer pour que nous ne nous rendions pas sur l 'Ile d 'Yeu. On m 'la fait pas, mais je prend soin de cacher l 'info à Sophie et Nick que je rejoins au bar avec un air jovial et complètement détaché, genre "comme si de rien n 'était".
9h28
On torche le p 'tit déj'. On paye. On se dirige vers l 'embarcadère.
9h36
Nous franchissons la passerelle d 'embarquement pour nous emboiter dans la file d 'attente où les gens jouent des coudes afin de gagner une à deux places.
9h54
Nous sommes assis dans le bateau, de façon complètement anonyme...

... afin de ne pas éveiller les soupçons.
Et là, tu me dis : "Mais quels soupçons ?"
Et là, je te réponds : "Ah, ah, ah..."
Plus rien ne pourra nous arrêter.
10h00
Le paysage bouge... à moins que ce ne soit le bateau. C 'est parti, on s 'casse !
Heureux et libérés, certains d 'avoir fait le plus gros du boulot, nous entonnons
d 'un air jovial, sincère et victorieux ces quelques paroles d ' André Montagard :
"Une flamme sacrée monte du sol natal
Et la France enivrée te salue Maréchal !
Tous tes enfants qui t 'aiment et vénèrent tes ans
A ton appel suprême ont répondu 'Présents'
Maréchal nous voilà !
devant toi, le sauveur de la France
Nous jurons, nous, tes gars,
De servir et de suivre tes pas
Maréchal nous voilà !
Tu nous as redonné l 'espérance
La Patrie renaîtra !
Maréchal, Maréchal, nous voilà !"
Devant toi"
...qui laissent dubitatifs les autres voyageurs.
10h12
Armé d 'un sac à vomi du plus bel effet...

...je regarde des paysages marins uniques défiler sous mes yeux...
...pendant que la télé diffuse en boucle
un film d 'évacuation du bateau en cas d 'avarie.
10h30
Nous arrivons à...
PORT-JOINVILLE

Pas de boules de lumière en vue, mais une activité débordante qui se ressent dès que nous posons pied à terre !
Les locaux, les touristes arrivants, les touristes partants, en voiture, à vélo, en quad, en mobylette... Ca grouille de partout !
Est-ce la conséquence d 'une tension engendrée par cette hypothétique présence de martiens dans le ciel de l 'Ile ?
"Non, non, c 'est tout l 'temps comme ça quand y 'a un bateau chargé de touristes qui débarque !", me répond un habitant, calmement attablé à la terrasse d 'un bar.
Nous nous faufilons à travers cette cohue pour atteindre un loueur de vélos hollandais.
Ah ben oui : on va pas prendre un vélo de compèt' pour faire le tour de l 'Ile
d 'Yeu tête baissée ?!
10h45
Armés de vélos à 3 vitesses qui couinent un peu du garde-boue,
nous partons à la découverte de l 'Ile d 'Yeu.
Dans notre prochain épisode
Le suspense est à son comble : Natacha épousera-t-elle Orlando ou préfèrera-t-elle vivre sa vie en allant en Birmanie se convertir au bouddhisme ? En même temps, est-ce bien le moment ? Et finalement, est-ce que cela a un rapport avec notre aventure ?
Pour le savoir, ne manquez pas le prochain épisode de
"L 'Armistice".
09 mai 2008
L 'Armistice, épisode 2 (Bon ben...)
RESUME DE L 'EPISODE PRECEDENT
Oooh, Montrésor, le musée de la pierre à fusil de Rabelais qui foût les glandes quand t 'as la Trique en regardant des loches ! C 'est cholet, mais chinon limeux graçay.
Surtout, le lendemain !
LE LENDEMAIN DE L 'ARMISTICE 2008
"Regarde.. Le jour se lève... dans la tendresseeeeee... sur la villlleeeee..."
(Sloane et Peter)
Et j 'ajouterais même : "sur la ville de Cholet" puisque c 'est là que nous avons échoué la veille.
Parce qu 'il faut l 'dire : y 'a bien un truc sur lequel la météo peut pas s 'planter encore pour le moment : c 'est que chaque matin, le jour se lève ! Ah, ah, ah !
J 'actionne la poignée permettant au store métallique de la chambre d 'hôtel de
s 'ouvrir dans un grincement lancinant.
Lavage, habillage, rangeage. Sophie et Nick sont dans le couloir de l 'hôtel. On paye, on s 'casse.
Première mission : petit déj 'ner (dixit Sophie) dans le premier bar donnant sur
l 'océan...
Oui parce qu 'à Cholet, l 'Atlantique est encore loin. A part une vue imprenable sur le chantier du centre-ville surmonté d 'une belle grue MD 285 Potain couleur jaune pisse, y 'a pas grand chose à se mettre sur la rétine.
Nous prenons la direction de Noirmoutiers-Fromentine, lieu d 'embarquement pour l 'Ile d 'Yeu. Sur la route, nous croisons de multiples ronds-points aux garnissages variés :
Et voici que déboule pile-poil devant nos faces et sans prévenir au détour d 'un virage à 90°...
TIFFAUGES
Et ça, vois-tu, c 'est l 'un des châteaux de Gilles de Rais.
Qui était Gilles de Rais ? Né en 1404, il fut exécuté par pendaison en octobre 1440 pour sodomie, meurtres et sorcellerie. Eh ouais, tout un programme pour te mettre d 'aplombs du matin. Certains associent sa vie à celle du Barbe Bleue de Perrault, mais cela semble plus complexe.
Lis donc voir ça un petit peu pour te foutre les boules avant d 'aller dormir...
Dès 1420, Gilles de Rais entreprend une carrière militaire qui s 'avèrera brillante ; considéré comme l 'un des héros de la Guerre de Cent ans aux côtés de Jeanne d 'Arc (encore elle !). Il era nommé Maréchal de France (tiens...) par Charles VII en 1429.
Mais l 'échec du siège de Paris le discréditera et il se repliera dans le château de Tiffauges. Il quitte la Cour et mène une vie fastueuse qui finit de dilapider sa fortune. A cette époque, un nécromancien aurait affirmé à Gilles de Rais que le diable lui fournirait de l 'or s 'il consentait à "donner en offrande, main, coeur, oeil et sang prélevés sur de jeunes enfants". Pendant des années autour du château et de ce village de Vendée, d 'innombrables disparitions
d 'enfants font règner la terreur. Gilles de Rais est rapidement soupçonné, mais il faudra qu 'il profane une église pour être livré à la justice.
Bon ben... Tu comprendras aisément que nous ne sommes pas restés longtemps.
Quelques kilomètres à l 'Ouest, du nouveau !
Nous arrivons sur la_route_de_l_'huitre, rien de moins. Pas de mollusque bivalve géant sur un rond-point, mais, enfin, l 'océan nous tend ses grandes vagues absentes dans un port classé, nommé...
PORT DU BEC

Chose promise, chose due. C 'est là que nous petit-déjeunerons. Seul problème, le seul bar de ce petit port peuplé de parc à huitres ne sert pas de petits-déjeuners... ou alors du vin blanc avec des huitres.
Bon ben... Toutefois la jeune tenancière très sympathique nous fait péter ses bouts de pain avec du beurre salé pour dépanner ; le tout sous le regard des ostréiculteurs aux ventres rebondis et aux bottes caoutchoutées montant
jusqu 'aux genoux. Ils discutent le bout de gras autour de quelques demis.
Un petit coup d 'oeil sur le journal pour découvrir l 'info_de_l_'année. Puis nous repartons en laissant ce lieu à part derrière nous.
Etrange impression de voir les bâteaux
stationnant sur une mer au ciel absent...
... à l 'image du site officiel de ce lieu.
Oui, cher lecteur, pour moi,
Port du Bec parle d 'absence.
Continuons ! Pour rejoindre Fromantine, nous décidons d 'emprunter le passage du Goix. Mais, une fois sur place...
LE PASSAGE DU GOIX
Le Goix est recouvert par les eaux de l 'océan.
"Ce passage de 4,5 km, utilisé depuis le XVIIème siècle, fut la seule voie d 'accès carrossable de la fin du XIXème siècle à 1971, date de la mise en service du pont de Noirmoutiers. Des hauts-fonds ont formé le Gois dont le nom viendrait du terme local 'Goiser' (patauger). Des balises-refuges jalonnent le passage de cette voie submersible, permettant ainsi aux imprudents surpris par la marée montante de se hisser et d 'attendre la marée descendante." Le Guide Vert Michelin
Bon ben... Demi-tour pour atteindre Fromentine par la route en passant au-dessus des cabanes tanquées du Marais Breton. Eh oui, nous avons beau être en Vendée, le marais, ici, est breton.
Il est 11 heures lorsque nous pénétrons dans la gare maritime pour apprendre qu 'il n 'y a que deux bateaux par jour qui se rendent sur l 'île ; l 'un à 10 heures et l 'autre à 10h30.
Bon... Ben... Nous prenons nos billets pour la traversée du lendemain et... ben... qu 'est-ce qu 'on fout du coup ?
L 'hôtesse d 'accueil nous conseille d 'aller réserver un hôtel à Notre-Dame-du-Monts pour ne pas faire trop de route demain matin avant de prendre le bateau. On s 'exécute.
Arrivés sur place, nous réservons nos chambres, posons nos affaires et reprenons la route pour... ben... Boh... Qu 'est-ce qu 'on fout ?
Bon ben... Y 'a qu 'à aller dans le marais Poitevin voir la Venise Verte !
Sur la route, Nick voit une affiche de The Do, annonçant qu 'il se produise ce soir dans le cadre du festival "7ème vague" de Bretignolles-sur-Mer qui présente cette année des artistes aussi variés que Goran Bregovic, High Tone, BB Brunes, DJ Krush, Le peuple de l 'Herbe,...
Coïncidence ! Il se trouve que Nick a justement le numéro de téléphone de Dan, bassiste-clavier du groupe. Un appel. Une réponse. Dan parvient à nous dégoter des passes pour ce soir.
Ben bien !
Nous continuons notre route en longeant la côte olonnaise. Bon ben... C 'est chiant, ça roule mal, y 'a rien à voir. Même la maison de Clémenceau à Saint-Vincent-sur-Jard est planquée derrière_de_hautes_palissades.
Nous arrivons finalement dans le Marais Poitevin.
Alors, le Marais Poitevin, qu 'est-ce que c 'est quoi ? Déjà, ça se divise en deux grandes parties : le Marais mouillé et le marais desséché. On va laisser tomber le second pour se pencher sur le premier.
Dans le marais mouillé, tu as la Venise Verte. Aaaaaaaaaaaaaaaaahhhhh ! Certains diront : "Ouais, c 'est quoi ça ?! C 'est la Venise des pécores ?!" Oh eh, dis ! Quelques précisions.
LA VENISE VERTE
Le Marais Poitevin s 'étend sur un golfe abandonné il y a 10 000 ans par l 'océan Atlantique. Cette mer vaseuse s 'étendait jusqu 'à Niort et était clairsemées d 'îles calcaires sur lesquelles furent bâties des villes telles que Marans, Champagné, Elle ou Maillezais. A propos de cette ville, notons qu 'une abbaye subsiste à l 'état de ruine, autrefois tenue par Geoffroy d 'Estissac. C 'est à ce dernier que Rabelais (encore) enverra de Rome des graines de la salade "romaine", premières de cette sorte à pousser en France. Pour résumer, c 'est là que les premières salades françaises ont poussé. Fais-moi le plasir d 'y penser la prochaine fois quee tu becqueteras une assiette de feuilles vertes.
Sinon, à part ça ?
La Venise Verte, située entre Marans et Niort, correspond à une zone de quelque 28 000 hectares. Son nom provient du fait qu 'elle se compose d 'un réseau labyrinthique de plus de 500 km de canaux et rigoles, où seules de petites embarcations peuvent évoluer.
En clair, le mieux pour découvrir la Venise Verte, c 'est de la parcourir en bateau. Mais nous, on n 'a pas l 'temps ! De toute façon, il n 'y a pas de vase sur les canaux DONC les photos ne sont pas aussi intéressantes que sur ce site ou sur une photo que j 'avais faite l 'année dernière.

Bon ben... Voici quand même quelques photos pour résumer très brièvement ce que la Venise Verte peut t 'offrir.
ET DU BAUDET
Sans parler des oiseaux migrateurs venus du Nord de l 'Europe, de Sibérie ou du Canada et qui font une halte dans le marais avant de repartir sur les côtes ibéraiques ou africaines.
Trois autres particularités
En secouant la vase, tu peux faire des flammes
En même temps, est-ce bien utile...
La spécialité culinaire est l 'anguille
Grillée, gratinée, fumée, en gelée, marinée, etc.
Et, enfin, tu as de superbes petites maisons, comme celle-ci :
Ah oui, ça donne envie de poser son cul dans l 'herbe
et d 'écouter les mouches péter, hein ?!
Quoi ? Un peu de poésie, merde !
Bon ben !
Il est grand temps de se rendre à Bretignolles-sur-Mer pour le festival.
JEU :
Amuses-toi à compter le nombre
de téléphones portables prenant des photos
et gagne un slip grande taille noir
porté par mes soins durant le concert.
Encore merci à Dan pour son accueil et sa disponibilité, un quart d 'heure avant de monter sur scène pour jouer devant 6000 personnes.
DANS NOTRE PROCHAINE EPISODE
Nous essayerons d 'aller sur l 'Ile d 'Yeu comme c 'était prévu au départ... Peut être...































