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LE VOYAGE DE JéNORME
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9 septembre 2025

A la recherche des biblio-lavoirs de la Nièvre, partie 2 (58)

Après le premier épisode, voici venu le temps du second.
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

   

Alors, rapide récapitulatif.
Comme ça d'un coup, je me suis dit : "Tiens, et si je me lançais à la recherche des différents biblio-lavoirs existants en parcourant les routes nivernaises ?!"
 
Suite à cette décision, il est bon de préciser que :
1) Un biblio-lavoir est un lavoir aménagé en bibliothèque (ou boite à livres géante et bucolique).
2) Routes nivernaises = route du département de la Nièvre.

  

Un itinéraire routier a ainsi été élaboré,
comme ceci :

 
Mais nous ne sommes pas à l'abri d'un petit détour ou d'une découverte inattendue qui prolongerait ou dévierait ce périple routier.
Lors du précédent routier, après avoir traversé et/ou visité les villes, villages et lieux-dits de Saint-Firmin, Saint-Sulpice, Nolay, les Gobets, Lurcy-le-Bourg et Moussy, j'arrivais à présent non loin de Crux-la-Ville. Mais avant, il me fallait traverser une belle et grande forêt, riche d'Histoire et d'histoires.

 


 

Je quitte la grande route pour aller vers le sud en direction de Crux-la-Ville par la D34. Je vois la présence de deux étangs sur ma gauche, les étangs de Chausselage et d'Aron. Le GPS de la voiture a du mal à se repérer et me situe carrément dans l'étang.

  
Ce sont des étangs isolés, au calme, en pleine forêt.

   
Je quitte la piste pour retrouver la route et passer devant un mémorial : la Colonne du Maquis Mariaux.

"En ce lieu, la 2ème compagnie aux ordres du lieutenant Juvanon tenait un point d'appui important. Elle a reçu le 12 août 1944 la 2ème attaque allemande.(...)
Le 14 août, l'ennemi attaque Forcy et la Colonne. La ferme est prise par les Allemands. Une contre-attaque permet aux Résistants de la reprendre.
Dans la nuit, après des combats d'une rare violence, les maquisards reçoivent l'ordre de décrocher.
Entre le 12 et le 14 août 1944, le Maquis Mariaux a eu à déplorer 21 tués et 40 blessés."

 

 

 

Un peu plus loin, au lieu-dit peu correspondant aux évènements et répondant au nom de "Goute du Charme" que l'on trouve un autre monument à la mémoire du maquis Mariaux.

  

Un petit panneau nous explique cette position et l'histoire de ce maquis isolé.

"Le Maquis Mariaux est né début juin 1944 dans les bois de Prémery où il est installé, près de la Fontaine du Coursier. Il regroupe des hommes du réseau "Vengeance", des réfractaires au Service de Travail Obligatoire (STO) et des officiers provenant de l'Organisation de Résistance de l'Armée (ORA).
Le chef est Robert Gaudry et le capitaine Fernand Vessereau est chargé des questions militaires.
D'abord appelé Maquis de Prémery, il prend le nom de Mariaux en juillet 1944, suite au décès de Robert Mariaux lors d'une embuscade à Lurcy-les-Bourg le 19 juillet.
pour des raisons de sécurité, le maquis quitte les bois de Prémery pour s'installer ici entre Moussy et Crux-la-Ville.
Lors de l'attaque d'août 1944, le Maquis compte 535 hommes répartis en trois compagnies."

   

Nous sommes ici, entre Moussy et Crux-la-Ville, en pleine forêt, sur une terre de Résistance ! Où des hommes ont vécu dans des conditions minimales, se sont battus, sont morts...
  

J'ai cherché, deviné la raison du nom de ce lieu-dit, "Goute du Charme".

  

Pas de réelles réponses. Mais si nous décomposons le nom de ce lieu dit  -haut lieu de la Résistance- , nous pouvons distinguer le mot "Goute" qui serait une variante du mot "goutte", ou encore une conjugaison du verbe "Gouter", ou encore ce qui dans la région s'apparente à une eau-de-vie (la goute), ou encore "avoir la goutte" qui est une maladie chronique due à la présence d'un excès d'acide urique dans le sang. Cool hein ? Non. Bon.

Quant au Charme, il ne s'agit pas de l'associer ici à un quelconque charisme ou autre attribut naturel attirant. Non, ici, le Charme s'associe à l'arbre : le charme.
Enfin, c'est ce que j'en déduis...

   

 

 

Je reprends la route pour arriver à Crux-la-Ville. Il y a un beau lavoir, bien entretenu, mais pas de livres à l'intérieur. C'est le lavoir de la Grande Fontaine.

  

CRUX-LA-VILLE

 
Un petit bâtiment en pierre de taille protège le bassin. La vasque ronde ne dehors du petit édifice servait d'abreuvoir. L'ensemble fait l'objet d'une restauration grâce à l'association La Camosine depuis 1980.

   

Un petit panneau explicatif jouxte l'édifice :
"Bâtis comme de véritables maisons, au début du XIXème siècle, les lavoirs sont des éléments importants du patrimoine, au même titre que la Rigole de la Vaucreuse.
Crux-la-Ville a compté jusqu'à 21 lavoirs.(...)
Son architecture de pierres larges façonnées est cousine du château des Comtes de Damas. L'édicule contenant la fontaine est une pure construction en pierres aussi étonnante que la vasque ronde du bassin (ancien abreuvoir) alimentant le lavoir lui-même. Les dix piliers de ce dernier, semblables à ceux d'une halle, reçoivent une charpente qui, selon les Anciens serait une réutilisation de celle de l'ancienne église de Crux-La-Ville. Elle est couverte de tuiles espacées."

   

Une petite plaque non loin de l'église montre que la commune reçoit des activités culturelles, tels que La Nivernaise du cinéma et autres.

 

On continue.
Remontons vers le nord en empruntant la route D34 pour arriver à hauteur de la commune de Saint-Révérien.
Ici, avant d'entrer dans la ville, sur les hauteurs, dans un virage, il y a un bibliolavoir bien fourni en livres variés, appelé "Source du savoir".

 

SAINT-REVERIEN

  
ENTRONS !

 

 

    

    

Mais Saint-Révérien est également connu pour être une étape sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle (Voie de Vézelay), notamment par la présence sur la commune de son église.
Bon, vu que j'ai oublié de faire une photo de l'extérieur, entrons directement dans l'édifice religieux.

   
Cette église romane (choeur, déambulatoire et absidiole) et néo-romane (nef et clocher) est l'une des plus remarquables du département. Elle recèle de magnifiques chapiteaux, dalles funéraires, ainsi que des fresques des XIIIème, XIVème et XVIème siècles. Plusieurs fois fragilisée ou détruite au cours de son histoire, elle est reconstruite aux XVIIIème et XIXème siècles.

Je "déambule" dans l'église en observant les différentes fresques et éléments sculptés.
 

La chapelle centrale


Elle est dédiée à la Vierge et fut ornée au XVIème siècle d'une fresque en voûte représentant l'Assomption. On en connait ni le mécène, ni le nom du peintre.
 

La chapelle de droite

Peints au XIIIème siècle directement sur la pierre avec des colorants naturels (ocre), ces personnages ne sont pas tous identifiés formellement. Ces peintures firent cachées par un badigeon en 1840, au moment de la restauration importante de l'église.

 

La chapelle nord

La statue de Saint Révérien (Réverianus) martyr et évêque, décapité au IIème siècle porte sa tête selon la tradition iconographique traditionnelle. Cette statue, classée monument historique, date du XVIème siècle.

  

Les chapiteaux


"Dans la nef et le chœur, les chapiteaux ne sont pas là pour 'raconter' l'histoire religieuse à des personnes qui ne sauraient pas lire. ici, il s'agit d'émailler la circulation des moines dans l'église prieurale, leur montrant de façon suggestive le bien et le mal." STFA

   
  

Chapiteaux et peinture "Tout est possible"

Pas plus de précision.

 

 

 

 

 


Dalle funéraire de Marguerite de Thianges, peinture du Jugement dernier et tronc Sainte Vierge.

  

Je sors de l'église, un peu embrumé, car sa visite est très prenante de par les différents éléments à voir.
Je reprends le voiture pour traverser Saint-Révérien.
Le prieuré, les moines et les habitants furent plusieurs fois victimes de pillages et d'exactions en 1343, 1360 et 1423. Pendant la Révolution, la commune changea même de nom pour devenir Brutus-le-Bourg.
Après la Révolution, Saint-Révérien prospéra grâce à l'élevage de charolais, à l'artisanat, à l'exploitation des carrières de grès et au flottage de bois.
Aujourd'hui, cela a bien changé. La commune semble un peu délaissée. A certains endroits, ce sont des ruines qui ont remplacé les commerces.

 
C'est triste.

    

Je quitte Saint-Révérien par le nord en empruntant la D140, en direction de Champallement, commune située non loin du Site archéologique de Compierre.
Là aussi, il y a des ruines, mais plus anciennes.

   

    

SITE ARCHEOLOGIQUE DE COMPIERRE

  
Ce site Gallo-romain est blotti dans la forêt et présente les ruines d'une bourgade disparue à la fin du IVème siècle : ruines d'un théâtre, de la Maison du Boucher, d'un Temple octogonal, d'un ensemble d'échoppes artisanales ; le tout situé le long d'une voie romaine importante qui reliait Autun à Auxerre.

 

  
Une charmante promenade bien balisée et explicative grâce à de nombreux panneaux présents sur tout le parcours de quelques mètres dans une belle forêt. Histoire et nature.
"Perdues dans un bois magnétique que domine un tilleul colossal, les ruines d'une cité gallo-romaine sans nom ont commencé à être mises à jour au XIXème siècle. La mémoire d'une ville de 1000 ou 2000 habitants vidée de toute vie au IVème siècle, dont subsistent des vestiges d'ateliers et de temple, l'empreinte d'un théâtre. Les Amis de Compierre entretiennent et font visiter un site fascinant, insuffisamment connu." NIEVRE.FR

 

   

 

Quelques kilomètres plus loin, je découvre le magnifique biblio-lavoir de Champlin.

 

CHAMPLIN

 
D'extérieur, on voit déjà qu'il est bien entretenu. A l'intérieur, on découvre tout un univers soigneusement agencé.

 
Calme et reposant. Des fleurs colorées soigneusement entretenus, un grand choix de livres classés par genres, un jeu d'échecs, des tables et des chaises.

Je quitte Champlin et la quiétude de son lavoir.
Pour changer, nous allons prendre une route qui va d'Est en Ouest, la D140. Celle-ci passe par le petit village d'Arthel, bien dynamique touristiquement et culturellement, notamment avec La Grange de l'Oiseau Bleu.
Petit havre de paix en pleine campagne avec ses châteaux environnants, Arthel a également son lavoir, bine restauré et entretenu.

   

ARTHEL

  
Non, pas de biblio-lavoir. Mais la boite à livres... L'arrêt de bus à livres, ou la cabane à livres, se trouve à quelques mètres du lavoir.

  

Continuons, toujours par la D140. Virages, champs, vaches, on coupe la D977 qui vient de Varzy (et son sympathique Musée Auguste Grasset) pour rejoindre le petit village de Saint-Bonnot.
Et là, il y a un lavoir. Mais sera-t-il "biblio-lavoir"  ?

   

   

   

DANS LE PROCHAIN EPISODE

Y'a-t-il  -non pas un pilote dans l'avion-  un biblio-lavoir à Saint-Bonnot ?

Mais quel suspense, c'est incroyable !!!! On ne tient plus !!!!

   

   

Commentaires
F
oh ce parcours nous fait découvrir les merveilles qui restent présentes tout en les accommodant afin de rendre la vie des villages plus attrayante!!! Merci et bravo, me suis régalée!!Bisous Fan
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