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LE VOYAGE DE JéNORME
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6 septembre 2025

A la recherche des biblio-lavoirs de la Nièvre, partie 1 (58)

Bien sûr, la Nièvre, ce sont des lacs, des rivières, c'est le décor du Connemaraaaaaaaa... Hein ? Ah non, pas là !
La Nièvre, ce sont des villages, des villes, des monuments, de la gastronomie, du vin, des châteaux, des églises, des musées, la Loire, le Morvan,...
Mais la Nièvre, c'est aussi des biblio-livres, ou boites à livres, ou cabines à livres, et même plus si affinités.
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

  

   

Je ne sais ce qui m'a pris d'un coup, là, v'lan, paf, mais comme ça, une interrogation à base d'objectif pour un nouveau périple.
Et cetet question-questionnement fut : "Pourquoi ne parcourririons-nous pas (en fait, on dit "ne parcourrions-nous pas") la Nièvre par ses petites routes et villages en visitant des lavoirs et des boites à livres ; voire même des biblio-lavoirs ?"

  
Ah, ah, ah ! Biblio-lavoir ! Hop, a y'est : le mot est lancé. C'est bien, mais qu'est-ce que ça veut dire ?
Si tu te réfères au Petit ou Grand Robert : voire même Petit ou Grand Larousse, eh bien tu ne trouveras pas ce mot. Mot nouveau alors ? Peut être. Lieu original ? Sûrement.
Décomposons-le ! Dans Biblio-lavoir, bien sûr, il y a lavoir.

 

Définition :
LAVOIR : Endroit aménagé au bord d'un cours d'eau ou local contenant des bacs alimentés d'eau courante pour le lavage du linge. PETIT LAROUSSE (deviendra grand).

 
On ne va pas faire tout l'historique de ces édifices destinés à l'origine à rincer le linge après lavoir... l'avoir lavé.
Ils sont apparus lors de la Révolution Industrielle (début du XIXème siècle en France) alors que la pollution, les épidémies et l'hygiénisme entrainèrent le développement de constructions spécifiques et "naturelles". Les communes s'équipèrent alors de bassins situés en contrebas d'une source ou d'une fontaine, en bordure d'un ruisseau, d'un canal, d'une rivière voire d'un fleuve. 
En France, les épidémies de choléra, de variole et de typhoïde ont ainsi incité le Parlement à voter la loi du 3 février 1851 accordant un crédit spécial pour subventionner à hauteur de 30% la construction de lavoirs couverts afin d'éviter le blanchissage du linge dans l'habitation.
En fait, c'est à cette époque  -milieu du XIXème siècle-  que l'on prend conscience du fait que l'utilisation indifférenciée des points d'eau favorisaient les épidémies précédemment citées. Il fallait donc recentrer les activités ménagères et autres autour de lieux "surveillés" et encadrés. D'où la naissance des lavoirs.
Un exemple ?
   

Fastoche,
comme d'hab' avec celui
de Mendionde, Pays Basque.

  
Ensuite, il est vrai que j'avais déjà un petit périple nivernais à la recherche de lavoir il y a quatre ans dans six billets.
Pour retrouver cette incroyable aventure, c'est ici : "Nièvre et lavoirs, partie 1".

   

   
Mais là, attention : dans ce nouveau billet, on ne parle plus simplement de lavoirs, mais bel et bien de Biblio-lavoirs. Aaaaaah, pas pareil !

On n'entend pas souvent ce mot ! Il n'est même pas présent encore dans le Petit Larousse (ni le Grand !) ou le Petit Robert (ni le Grand).
Eh ben, chercher des biblio-lavoirs dans la Nièvre, c'est pas plus con que de chercher du beurre en branches ou l'Arche perdue ?! Eh oui !
OK, c'est parti.

   

J'ai fait quelques recherches sur des sites internet et c'est Boites à livres Nièvre qui donne le plus de lieux, accompagné du site Lavoirs de la Nièvre. Mais pas trop de bliblio-lavoir, sauf sur le site du village de Moussy. Mais on ne peut pas dire que ce soit très instructif...

 

 

 


Maintenant, il s'agit de concevoir un périple en voiture.
Ben ouais parce qu'à vélo, ce serait trop long. A pied, c'est possible, mais faut poser un an de congés sans solde.
Ouais parce que y'en a des tours et des détours, des communes et des villages à visiter.

  

ALLEZ :
TOUT DE SUITE,
LA CARTE !

    

J'ai cherché à voir s'il y avait un dessin, un schéma spécifique quant à ce tracé qui pourrait nous indiquer un lieu secret. Mais force est de constater que non. L'itinéraire routier sur cette carte et le dessin qu'il forme ne forment aucun indice évident quant à la possibilité de trouver un biblio-lavoir secret.
Attends... Si on tourne la carte, peut être...


Hein ? Non... Un oiseau sur une branche ? Un crabe ? Un gymnaste qui fait l'équilibre sur un bras sur des barres parallèles ?
Ouais bon.

   

Avant de quitter Nevers et sa proche banlieue pour se lancer dans cette recherche aventureuse incroyable, ne sacrifions pas à la coutume de ce jeu que le monde entier nous envie et qui est lui aussi basé sur une quête : Où est Mimine ?
Comme on est un peu pressé par le temps, on va la faire courte.

 

ATTENTION !
Où est MIMINE ?

   

Ouais, eh, hein, fastoche !

  

UN PETIT ZOOM !

  

C'est son nouveau coin, empli d'herbe à chats.
Mais qu'est-ce que l'herbe à chat ou herbes aux chats ?
A toi Wikipedia avec cette magnifique photo illustrative.

"C'est une expression regroupant diverses plantes provoquant un effet euphorisant ou excitant sur certains félins, notamment les chats. En France, l'appellation commerciale "herbe à chat" désigne les jeunes pousses de diverses espèces de graminées ou de souchets"

 

 

   

Ceci étant dit, partons sur les routes nivernaises. 173 kilomètres au compteur d'après Google Map.

En route, quelques champs de tournesols défraichis.
Pas de panique. Ce n'est pas la canicule. C'est de saison. En septembre, les tournesols ont tourné de l'oeil et la récolte de leurs graines va commencer, comem chaque année fin août-début septembre.

  

Dans un premier temps, direction Saint-Benin-d'Azy où les agriculteurs ont fait des nounours avec des bottes de paille.

   

Je quitte la route de Château-Chinon pour prendre la direction de Saint-Firmin où se trouve une première boite à livres, mais sans lavoir. Donc pas biblio-lavoir. Enfin.

   

SAINT-FIRMIN

 
Très belle boite à livres, massive, propre. Elle se trouve sur un petit parking jouxtant un petit jardin, face à l'église et au cimetière communal. Le lavoir, quant à lui, se trouve un peu plus bas.

 
 
A l'entrée du cimetière, je découvre un panneau qui révèle que le poète Louis Simonet (1905-1928) repose ici. C'est pas que je connaisse vraiment, mais un de ses poèmes "A mon cœur") est retranscrit sur le panneau :

"Puisqu'ici bas, mon dieu, la vie est éphémère
Puisqu'on arrive au soir rêvant au matin
Puisqu'à l'aube d'amour le cœur chante incertain
Et que son crépuscule est une plainte amère ;
Puisque la fleur naissante, en sa grâce première,
A des charmes plus beau que la fleur s'est éteint,
Puisque l'aile des vents emporte sa chimère
Quand l'homme se croit sûr et sourit au destin
Ah ! déteste ô mon cour, toutes les fleurs fanées,
les belles dont le rire et l'éclat son faux,
Que le temps, dans sa course, effleure de sa faux ;
Mais préfère ces lys, naïve dulcinées,
Ou miroite un abime immense de splendeur
D'innocence, de grâce et de douceur !"

 
Autre particularité du cimetière de Saint-Firmin, ces grandes colonnes surmontées d'une croix qui trônent sur les autres pierres tombales environnantes.

  

Je quitte l'église, le cimetière, la boite à livres et le parking de Saint-Firmin.

Petites routes sinueuses, chevaux au passage. Des champs, des collines.
Peu de kilomètres après, j'entre à Saint-Sulpice, que l'on nomme ici dans la Nièvre : Saint-Spi.
C'est en bas du village que se trouve un lavoir et...

 

  
SAINT-SULPICE

Beau lavoir, bien entretenu, massif. Si il pleut, tu peux venir t'y abriter.
Mais ce n'est pas un biblio-lavoir. En tout cas, pas encore.
Par contre, on peut l'appeler lavoir-livre car, effectivement, comme tu peux le voir sur la photo ci-dessus : il y a un livre ; ou plutôt une bande dessinée... qui semble s'être égarée. C'est un début... peut être.

  

Je traverse Saint-Sulpice. Une école primaire, une église, une mairie. Je continue par la D104. Passage non loin d'un lieu-dit au nom peu engageant...

  
   
Un peu plus loin, sur la droite, à une intersection, je découvre une ancienne école bien solitaire, au milieu de la campagne.

 

 

Quelques minutes plus tard, j'arrive à Nolay. A ne pas confondre avec Nolay en Côte d'Or.
   

NOLAY

Voici le lavoir qui se trouve à la sortie nord du village, juste à côté de la stèle-mémorial en souvenir de la résistance du Nivernais et plus précisément à la mémoire du commandant Roland Champenier, né le 5 mars 1924 et décédé le 14 novembre 1944.
 

En 1941, c'est à l'âge de 17 ans que Roland Champenier est repéré pour ses multiples actions de sabotage :
- mars 1943, il fait sauter le pont canal de Marseilles-lès-Aubigny alors qu'il avait refuser de faire sauter le pont-canal du Guétin jugeant que c'était un ouvrage d'art. C'est à partir de ce fait qu'il prend le commandement de maquis nivernais.
- mai 1943, il fait évader Georges Roger, prisonnier des gendarmes français.
- Juillet 1943, à l'aide de huit de ses hommes, il attaque un train de permissionnaires allemands après avoir essayé de déboulonner les rails de chemin de fer sous le tunnel de Tendron.
- novembre 1943, à l'aide de ses hommes, il délivre sept prisonniers admis à l'hôpital de Nevers.
- Juillet 1944, pendant la bataille de Donzy, il met en avant ses qualités de stratège.
- Août 1944, il attaque trois camions.
- 9 septembre 1944, il entre en libérateur dans la ville de Nevers libérée à la tête de ses troupes.
- Novembre 1944, à côté de Belfort, Roland est grièvement blessé. Il décède de ses blessures le 14 novembre 1944.
INFOS :
WEBCROQUEUR-NIEVRE PASSION

  

Un petit panneau situé à côté du mémorial rappelle le lourd tribu nivernais pendant la Seconde Guerre Mondiale :
"Le prix de la liberté, un lourd sacrifice consenti par la Résistance et les familles des Résistants. 1055 patriotes emprisonnés, 413 déportés dont 234 décédés, 72 fusillés, 122 otages exécutés dont 4 femmes, 53 otages massacrés dont 6 femmes, 212 Résistants tués au combat, SOIT 1927 VICTIMES DU NAZISME DANS LA NIEVRE, en plus des blessés, des malades non dénombrés à qui nous devons d'être délivrés de la plus tyrannique, de la plus bestiale et cruelle domination."

   

Je me dirige vers le lavoir, mais celui-ci  -bien que bien (c'est moche comme formulation ça ?! "Bien que bien") entretenu-  n'a plus d'eau et les armoires  -peut être destiné à recevoir des livres-  sont pour le moment vides.

  
Mais ça, c'était en septembre 2024.
En septembre 2025, des livres ont été ajoutés pour que le lavoir de Nolay devienne un biblio-lavoir.

   
Par contre, comme tu peux le voir, le bassin est vide. Il faut dire que la rivière qui est censée l'abreuver est à sec.

 

 

 

Je reviens vers le centre du village pour emprunter la petite route départementale D107 qui m'amène au lieu-dit Les Gobets où se trouve également un beau lavoir.

   
 

LES GOBETS

 
L'extérieur est original avec ses nombreuses ouvertures type œil-de-bœuf laissant passer la lumière naturelle sur l'intérieur.

  

On continue par les petites routes. Je traverse quelques lieux-dits bien tranquilles, comme Pignault, Sangué, Vilaine ; sans oublier la petite commune de Lurcy-le-Bourg.

  

J'aime bien ces petites communes de campagne qui affichent un certaine dynamisme avec des propositions variées avec un bar, une petite épicerie et un cinéma (salle des fêtes améliorée pour des projections).

 
L'église Saint-Gervais-Saint-Protais semble bine sobre d'extérieur. Quand tu entres, tu découvres des "fresques" dans les chapelles latérales.


 

Je quitte Lurcy-le-Bourg, toujours par les petites routes en passant par Vilaine.
Je rejoins une plus grande route roulante qui longe de beaux champs.

 

Quelques kilomètres plus loin, après être passé à proximité du premier poulailler roulant en France baptisé "L'oeuf qui roule", j'arrive à Moussy.

  

MOUSSY

  
Là, on est sur un lavoir de compétition qui est aussi un biblio-lavoir !
Magnifique initiative et superbe endroit, calme et reposant, très bien aménagé.

Il y a même quelques poissons dans le bassin central.

Tout autour, des centaines de livres bien posés sur des armoires et des étagères avec des tables et des chaises pour profiter du calme de ce lieu.

 

 

Je quitte la grande route pour aller vers le sud en direction de Crux-la-Ville par la D34.

   

  

 

DANS LE PROCHAIN EPISODE

Nous continuerons ce "petit" périple sur les routes nivernaises à la recherche des fameux biblio-lavoirs... et autres.

   

   

   

Commentaires
F
Judicieux ces biblio lavoirs sauf que je me demande si c'est bien raisonnable en 2025 de les laisser ouverts sans être protégées car ces mini piscines ou les usagers peuvent être tentés d'éclabousser et abîmer les livres!!! Sinon, superbe promenade avec des découvertes intéressantes!!!Bisous Fan
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