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LE VOYAGE DE JéNORME
LE VOYAGE DE JéNORME
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4 mai 2026

Une rando, une bière : LE COL D'ANAYE, épisode 2 (64-Espagne)

Souvenons-nous : dans l'épisode précédent, Jénorme était parti pour une randonnée sympathique, mais pentue (sans le savoir) non loin du cirque de Lescun, à la recherche des sources du Marmitou et à la découverte du col d'Anaye.
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

    

La randonnée du jour se prénomme donc : "Une rando, une bière : le col d'Anaye".
Nous sommes partis du parking d'Anapia, situé non loin du beau village de Lescun faisant à l'un des plus beaux cirques de la chaine pyrénéenne.
La randonnée s'étend sur un peu plus de 13 kilomètres (aller/retour) pour un dénivelé de 1100 mètres (ah ouais, putain la vache !) afin de rejoindre le col d'Anaye situé à une altitude de 2049 mètres très précisément.

  

TOUT DE SUITE,
LA CARTE !

  

Pour plus d'infos, c'est ici : UNE RANDO, UNE BIÈRE : le col d'Anaye.
Pour la suite de la randonnée, c'est maintenant.

   

  

Après avoir emprunté la piste qui me menait au plateau de Sanchèse pour ensuite passer à hauteur de la belle cascade du plateau derrière laquelle se trouve le sentier qui permet de grimper jusqu'au plateau d'Anaye... BREF : après une belle première montée proposant un beau panorama sur le plateau de Sanchèse et après avoir traversé quelques mètres de forêt, j'arrive à présent au plateau d'Anaye situé à 1440 mètres d'altitude.

  

Un beau vallon dégagé vers l'Ouest, mais bien enclavé par de hautes montagnes.
  

Derrière moi,
les Orgues de Camplong...

  

Au nord, ce n'est pas les Corons, mais les impressionnantes falaises des Cailloux de Lagne...

 

Au pied desquelles quelques ânes (encore) sont venus se poser loin de l 'ombre proposée par la forêt plus bas...

 
Au sud, le massif rocheux du Petit Billare et son sommet à 2238 mètres d'altitude.

  

Tout droit, plein Ouest, la montée vers les cayolars d'Anaye, dans un premier temps. Le sentier est très bien balisé avec de multiples traits rouges et blancs sur chaque pierre.

   

Montée progressive jusqu'aux cayolars ; ces abris de berger en pierre. A cette époque de l'époque (nous sommes fin août), ils sont occupés par les bergers.

Ils vendent également du fromage de brebis.
Capacité de cinq personnes en hiver avec cheminée et eau.
Elles profitent de vastes estives pour les troupeaux, mais aussi d'un paysage grandiose et magnifique avec ces impressionnantes falaises dominant le plateau.


 



 

 

  

C'est vraiment très beau ce vallon montant cerné par les montagnes, et notamment ces falaises des Cailloux de Lagne. oui, je sais, je l'ai déjà dit, mais c'est beau.


 

 

Par contre, il n'y a pas du tout d'eau -ou presque pas-  au niveau de la résurgence de l'Anaye.
 

Je quitte les cayolars en passant non loin de vaches qui errent autour de la petite cabane pluviométrique.

 

 

Je continue à monter. Le plateau d'Anaye se distingue par plusieurs "strates", plusieurs paliers successives. Tu as l'impression d'arriver au sommet du plateau... et non, il y a une autre butte à franchir encore... Et ce, à trois ou quatre reprises. Cela casse un peu les jambes, mais bon...

Je croise quelques fleurs, comme la Carline acaule et des chardons.

         

   
Presqu'en haut du plateau, je vois un troupeau de brebis.

Il y a bien 200 têtes. Elles sont bien tranquilles. 
Mais comme à chaque fois, la première chose que je cherche, ce sont les patous ; ces chiens de berger qui ne font qu'un avec le troupeau. Ils le surveillent, le protègent, le défendent.
Le mieux est de contourner le troupeau pour ne pas contrarier le ou les patous. Problème : là, je ne peux pas. Je suis dans un vallon cerné par les rochers et les grosses pierres. Je vais être obligé de traverser le paisible cheptel.
J'avance, je regarde, je cherche où sont les patous. J'entends des aboiements lointains dès que j'entre dans le troupeau. Je repère les chiens qui sont un peu plus haut et qui me surveillent en aboyant pour signaler leurs présences gardiennes. Ils ne bougent pas. Quand cette situation se produit, il faut simplement continuer d'avancer sans s'arrêter. Si les patous approchent, il ne faut pas les regarder ; à la rigueur leur parler gentiment et continuer sa marche.

  

J'ai passé le troupeau.

  

Ce que je remarque à présent, c'est le dénivelé parcouru.

La vache, c'est pentu ! D'après la carte, cela représente à peu près un dénivelé de 480 mètres, rien que pour le plateau d'Anaye.
  
A partir de là, l'environnement change. Finis pâturages, c'est la pierre qui domine.

  
Un dernier regard en arrière sur le plateau avec ce rocher aux formes particulières.

 
Au nord, ce sont les contreforts du Pic d'Anie (2504m)  et le pic de Coutendé (2338m) qui dominent le paysage.


 

 

 

 

 

 

 

 

Le paysage est toujours aussi spectaculaire, mais, maintenant, je me pose LA question : où sont les sources du Marmitou ? Existent-elles vraiment avec cette chaleur ? N'ont-elles pas disparu ? Y'aura-t-il un panneau pour m'indiquer leur emplacement ?

  

J'avance. Pas de dénivelé ici et ce sur une distance de 500 mètres environ. Sentier étroit mais bien balisé.

   


Toujours au nord, les falaises découpées des contreforts du Pic d'Anie, d'où parfois surgissent des formes, des silhouettes, des "têtes".

  

Finalement, quelques mètres plus tard, alors que je pensais avoir loupé les sources du Marmitou, j'arrive à hauteur de la borne indicative. 1855 mètres d'altitude, sources du Marmitou.

 
Par contre, où don' qu'elles sont les sources ? Je regarde un peu partout et trouve finalement un petit ruisseau qui vient de je-ne-sais-où...

  
Je regarde l'heure. Bon, ça va, il n'est pas trop tard. Les jambes ? ça va aussi, j'ai bien récupéré du plateau d'Anaye. Des sources du Marmitou, le col d'Anaye, situé à 2049 mètres d'altitude (d'après internet), se trouve à 1,1 kilomètre, atteignable en 35 minutes. Bon... Allez... On y va.

  

Il se trouve par ici, par là-haut...

   

Attends, on va avancer un peu pour l'apercevoir...

 
Ah oui. des fois, tu te demandes comment on peut y arriver, mais en fait, c'est très simple. Le sentier est une fois de plus très bien balisé et la montée est dégagée. Dans la pierre certes, mais dégagée. Quelques chardons bien fiers aussi...

  
Mais beaucoup de pierres et de rochers quand même...

 

  
Ah ! Un petit peu de verdure devant les contreforts du pic d'Anie, vu de profil.

 
Et un peu de couleur avec ce thym sauvage...

  

   

Lorsque j'ai regardé la belle vidéo de Res Pyr Rando sur cette randonnée au col d'Anaye, Katya et JP s'étaient arrêtés un temps à hauteur d'une petite étendue d'eau sublime.


C'est cet endroit que je recherche à présent pour voir ma petite bière belge du jour. Je tourne, je fais demi-tour, je regarde la photo, je cherche la rapprocher du paysage qui m'entoure. Je regarde sur la carte, pas d'eau mentionné.
Et puis... et puis... je m'arrête à hauteur d'un endroit un peu dégagé. Quelques petits arbres...

Ah ben... voilà... C'est là... Enfin, c'était là... Fin avril 2025... Là, on le répète : on est fin août. Donc... plus d'eau... Je ne vais quand même pas boire ma bière ici, devant cette petite flaque. "Une flaque, une bière" ?... Non...

  

Je reprends ma marche en direction du col d'Anaye. Je sais maintenant que je ne croiserai aucun point d'eau.
Le paysage est redevenu bien pierreux. Après quelques mètres de replat, j'arrive non loin du col d'Anaye...

  

Et voilà !

 

Il est content Jénorme. Il ne sait pas où il va boire sa bière, mais il est content d'être arrivé jusqu'à ce col frontière culminant à une altitude de 2035 mètres (d'après la borne).

    
Tout autour du col, c'est un désert... de pierres, de lapiazs.

 
Mais qu'est-ce que des lapiazs ? Et à quoi est due cette géologie ?
Quand on parle de lapiaz, souvent on pense au Désert de Platé, situé en Haute-Savoie... Si, si, je t'assure. Hier encore, je parlais de lapiaz avec quelqu'un et celui-ci m'a répondu direct : "Ah ouais, le Désert de Platé !"
BON BREF !
Il faut savoir (ou pas, tu fais comme tu veux) que la Pierre-Saint-Martin est l'un des plus grand lapiaz de France en couvrant plus de 140 km2 entre 1500 et 2500 mètres d'altitude.
Et là, tu me dis : "Oui, d'accord, Ok, mais C'EST QUOI UN LAPIAZ ????"

"Alors, le terme lapiaz désigne la surface marquée par l'érosion des reliefs calcaires, du latin 'lapis', la pierre. Un lapiaz est donc un champ de pierre. (...) Univers minéral, désert de pierres de la surface duquel l'eau est absente. Elle s'enfonce en réalité dans les fractures de la roche puis sillonne le massif en empruntant des gouffres et rivières souterraines.(...)
La roche, d'abord décapée par les glaciers, a ensuite subi  -et subit encore-  les assauts de l'érosion mécanique (gel, neige) et ceux de l'érosion chimique : l'eau s'attaque aux points faibles de la roche, les fissures par exemple, pour les travailler. Le gaz carbonique dont elle est chargée attaque le calcaire et le dissout.
Petit à petit se forment des formes minérales plus étranges les unes que les autres : gradins, cannelures, rigoles de plusieurs mètres de profondeur, méandres, encoches... un véritable jardin de paysages minéraux époustouflants."
DESERT DE PLATE

  

   
Tu l'as compris : le lapiaz est un phénomène géologique où l'on constate des rainures de dissolution provoqué par l'action des eaux de ruissellement. Actions réalisées il y a environ 100 millions d'années (période du crétacé). Cette roche calcaire est appelée karst.
On pourrait également parler de cet étonnant pic d'Anie ou encore des nombreux gouffres qui peuplent ce paysage, et notamment le gouffre Lépineux, 19ème cavité la plus profonde du monde. Il "passe" notamment par la fabuleuse salle de La Verna qui mesure 245 mètres de diamètres pour 194 mètres de hauteur. On pourrait y rentrer dix fois la cathédrale Notre-Dame de Paris.
Nous nous y étions rendus avec Maitre Arno en 2012 : LA SALLE DE LA VERNA.

  

Mais revenons à la surface. Ici, au col d'Anaye. Un petit regard circulaire.

 

Bon. Ce n'est pas ici que je vais boire ma petite bière. C'est un paysage original, intrigant, mais bien à découvert, plein soleil, au milieu de la pierre.
  

Je décide donc de redescendre vers les sources du Marmitou pour faire ma pause.
Maaaaaaiiissss, après le passage de la petite flaque, je jète un coup d'oeil de loin et de haut sur l'emplacement des sources. Et là, qué ne vois-je ?

  
Ah oui, un bel alignement à flan de montagne... Un bel alignement de brebis...

  
Oui, un bel alignement de brebis qui va tranquillement se poser autour des sources du Marmitou ; là où je voulais boire ma petite bière.
Alors, bon, eh, hein : la montagne apparteint à tout le monde, hein. Mais le truc pénible, là, vois-tu, c'est que ce sont les brebis que j'ai croisées tout à l'heure.
Et qui dit "brebis", dit "troupeau de brebis". Et qui dit "troupeau de brebis", dit "patous". Et qui dit "Patous", dit "faut pas se mêler au troupeau". Ce qui voudrait dire que je ne pourrai pas me poser dans l'herbe à côté du maigre ruisseau puisqu'il y aura les brebis. Eh oui. Pas de risque inutile. On a tous en mémoire ce qui était arrivé à Grégo lorsque nous avions traversé le troupeau des cabanes d'Ansabère il y a quelques années...


 

   

Mais bon. Fait chier quand même ! Allez... Je ne vais pas faire de bruit. Je vais me rapprocher du troupeau, puis me poser derrière un rocher pour ne pas me faire voir et, surtout, pour ne pas déranger.

  

J'arrive à hauteur des sources. Je passe à travers le troupeau. Pas le choix, je ne peux pas le contourner à moins de sauter dans le vide. Les patous ne bronchent pas. Ils se sont mis à l'ombre d'un gros rocher, entouré par quelques brebis.

   

Tu les vois ? Non.
Regarde, ils sont là.

  

Je passe le gros rocher...

  

Je continue de traverser le troupeau, bien éparpillé...

 

   

Je me pose à mon tour derrière un gros rocher, face aux contreforts du Pic d'Anie, à l'abri des regards des patous.... ah merde, y'en a un qui m'a vu... Il se pose un temps derrière moi, me regarde... Il voit que je ne bouge pas, que je ne veux embêter personne... Il passe son chemin...

  

Peut être que je suis accepté ; à condition de me faire discret.

  

Allez, on déballe le sac à dos.
C'est l'heure de l'apéro !

SANTé !

  

   

  

On retrouve à présent cette belle randonnée composée de belles rencontres (parfois délicates) et de magnifiques paysages. toutefois, je pense qu'il est préférable de faire cette randonnée au mois de mai plutôt qu'aux mois de juillet-août car la rivière Anaye est à sec.

   

 

   

 

Commentaires
F
SUPERBE!! Je vais pouvoir partager les vidéos même si les photos sont magnifiques!!!BEAU TRAVAIL dans un panorama majestueux!! Me suis régalée, heureusement que vous êtes sportifs toi et Grégo!! Perso, je ne pourrai plus!!MERCI A TOI!!BISOUS FAN
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J
Merci Fan ! Très belle randonnée en effet avec un bon dénivelé de plus de 1100 mètres. Le bonheur d'être en montagne, seul, ou avec les animaux des estives. Puis partager l'aventure avec des lecrices et lecteurs. Bises