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LE VOYAGE DE JéNORME
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24 mai 2026

Une rando, une bière : le Baïgura -épisode 1 (64)

Une rando, une bière : on sait ce que c'est.
Mais le Baïgura... Qu'est-ce que c'est que quoi ?
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

   

   

  

Eh oui, ces quelques mots en sous-titre, ça ne te rappelle pas une chanson bien connue de la fin des années 1970 ?

Ce fameux refrain inattendu : "Psycho Killer, qu'est-ce que c'est ? Fa-fa-fa-fa, fa-fa-fa-fa, fa-fa-fa-fa better".
Cela suffit à m'amener aujourd'hui à vouloir traduire toutes les paroles de cette chanson. Allons-y.

"Je n'arrive pas à faire face aux faits,
Je suis tendu et nerveux et je n'arrive pas à me détendre.
Je ne peux pas dormir parce que mon lit est en feu,
Ne me touche pas, je suis un vrai fil sous tension.

Tueur psychopathe
Qu'est-ce que c'est ?
Fa-fa-fa-fa, fa-fa-fa-fa, mieux
Courir, courir, courir, courir, courir, courir, fuir, oh-oh-oh

Ay-ya-ya-ya-ya-ya, ooh

Tu commences une conversation, tu ne peux même pas la terminer
Tu parles beaucoup, mais tu ne dis rien
Quand je n'ai rien à dire, mes lèvres sont scellées
Dire quelque chose une fois, pourquoi le répéter ?

Tueur psychopathe
Qu'est-ce que c'est ?
Fa-fa-fa-fa, fa-fa-fa-fa, mieux
Courir, courir, courir, courir, courir, courir, fuir, oh-oh-oh

Ay-ya-ya-ya-ya-ya, ooh

Ce que j'ai fait, ce soir-là
Ce qu'elle a dit, ce soir-là
Réaliser mon espoir
Je me lance vers la gloire, ok.

Ouais, ouais, ouais, ouais, ouais, ouais, ouais, ouais, ouais, ouais

Nous sommes vains et nous sommes aveugles
Je déteste les gens quand ils ne sont pas polis

Tueur psychopathe
Qu'est-ce que c'est ?
Fa-fa-fa-fa, fa-fa-fa-fa, mieux
Courir, courir, courir, courir, courir, courir, fuir, oh-oh-oh

Ay-ya-ya-ya-ya-ya, ooh"

   

Bon, ben, voilà. On a bien avancé là. Alors, de quoi qu'on voulait parler au départ ? 
"Baïgura, qu'est-ce que c'est ?"

Allons au plus rapide.

 

Le Baïgura   -prononce Baygoura-  est un mont (montagne) du Pays Basque français. Son nom peut s'interpréter comme ibai gura signifiant "bout de la vallée (rivière)" en basque.
C'est le sommet principal d'un petit massif isolé du Pays basque intérieur entre les provinces du Labourd et de Basse-Navarre ; point culminant au nord des bassins de la Nive et de la Bidouze. Il est séparé d'Artzamendi et d'Iparla par la Nive.
Au nord, le village de Mendionde. A l'Ouest, celui de Louhossoa. A l'Est, voici Helette. Et au sud, Bidarray.
Culminant à une altitude de 897 mètres, son sommet est facilement reconnaissable à ses antennes hertziennes.
Plusieurs itinéraires de randonnées permettent d'y accéder afin de jouir d'un magnifique panorama à 360° ; des côtes aux montagnes pyrénéennes.
Pour notre part, aujourd'hui, nous partirons du village d'Hélette par l'itinéraire appelé Bizkarra, balisage jaune.

   

  

TOUT DE SUITE :
LES CHIFFRES !

11 km de marche
750 mètres de dénivelé.
4 heures de marche.

   

LA CARTE

 

Comment ça on voit pas bien ?
Attends.

Voilà ! T'as vu : on dirait un serpent.

Deux choses avant de commencer :
1) Comme tu peux le voir, on ne part précisément d'Hélette, mais d'un parking situé à l'Ouest, sur la route de Louhoassoa, non loin de la chapelle

(chapelle Saint-Vincent), sur le chemin appelé Etxegoienea.
2) Normalement, cette fois-ci  -contrairement à la tentative de randonnée pour atteindre le commet d'Hoxanhandia (cf : Une rando, une bière : Hoxahandia), on ne devrait pas se perdre, ni se planter de sommet car le Baïgura est bien visible et facilement reconnaissable... sauf quand il est dans le brouillard.

  

ALLEZ,
C'EST PARTI !

   

Je quitte la voiture et ce petit parking jouxtant un dépot de verres, situé à l'entrée du chemin d'Etxegoienea.


Je traverse un petit lotissement, composé de brebis et de quelques maisons aux architectures diverses avec, parfois, des portails bien prononcés pays basque... surtout quand il y a du soleil.


   

Je quitte le chemin d'Etxegoienea pour prendre un autre chemin à droite appelé chemin Bitxintxo (Saint-Vincent), du nom de la chapelle qui se trouve un peu plus loin. Ce chemin monte un peu et propose une vue globale sur le massif du Baïgura.

   

50 mètres plus loin, j'arrive à hauteur de la chapelle Bitxintxo, appelée aussi chapelle Saint-Vincent.

   
"Cette chapelle, dont l'origine prouvée remonte au XIIème siècle, est probablement un des tout premiers sanctuaires chrétiens du Pays Basque (IVème siècle). Détruit à plusieurs reprises par l'homme ou les intempéries, elle fut à chaque fois restaurée par les curés-chapelains, aidés des habitants du village. Les mères de famille de Hélette et des villages environnants y venaient jadis en pèlerinage le 1er septembre pour prier Saint Vincent pour la santé ou la marche de leurs enfants. Après la cérémonie, on se rendait en famille à la source située en contrebas pour y faire boire les enfants. La cérémonie de la bénédiction des enfants subsiste encore de nos jours au mois de septembre." EN ROUTE AVEC JEAN-PAUL

   
Une fois la chapelle passée, il faut encore marcher un peu sur l'asphalte jusqu'à une barrière métallique. Là, nous quittons l'urbanisation pour entrer dans la "campagne". C'est maintenant un large chemin de terre qui s'en va gravir progressivement les pentes Ouest du massif du Baïgura.

  

De petits oiseaux  -mésanges et rouges-queues-  m'accompagnent de leurs sifflements. certains me suivent de branches en branches, curieux...

   

Au sol, de la terre, mais aussi quelques couleurs printanières avec les premières primevères.

 

Le large sentier monte doucement, mais sûrement, laissant apparaitre derrière moi une vue peu à peu panoramique sur les alentours d'Hélette et le pic de Garralda (470m).


   
Je croise quelques beaux spécimens d'arbres aux silhouettes intrigantes...

  

Et puis, tout à coup, plus d'arbre. Maintenant apparait la ligne de crête qu'il faut suivre pour atteindre le sommet du Baïgura.

  

A cette époque, cette partie du sentier très large est bordé par des ajoncs... et quelques pottoks.

  

Enfin, je ne sais pas si ce sont des ajoncs, ou des ulex, ou des genêts.
Admettons que ce sont des ajoncs  -apparemment, c'est le cas-, voyons ce que nous pouvons faire avec cette plante.

"Les ajoncs sont comestibles et peuvent accompagner les salades, les thés et autres infusions. Comme fourrage, l'ajonc possède une haute teneur en protéines. Le bois d'ajonc, étant non toxique, fut un matériau de coutellerie. Mais enclin à la déformation, et du fait de sa petite constitution, ce bois n'a pu être utilisé pour la construction, ceci malgré sa durabilité écologique.
L'ajonc tient également place sur la liste des 38 ingrédients de l'élixir dénommé fleur de Bach, cette boisson paramédicale soutenue pour ses effets sur la santé.
L'ajonc est aussi le fruit d'une légende : elles cacheraient dans leurs buissons les âmes des repentants décédés. Sorte de 'tombeau' maudit, les passants devraient songer à deux fois avant de se pencher sur ces feuillages."
WIKIPEDIA

 

Le sentier évolue sur le flan du massif du Baïgura. On monte en douceur et, déjà, une belle vue panoramique sur Hélette et ses environs s'offre au marcheur.

  

  

J'arrive à une intersection.
En fait, un sentier arrive du sud. Je pense qu'il s'agit de l'itinéraire de randonnée venant d'Ossès et de Bidarray. Je me trouve au col de Txantxo (446m).

 
Je m'éloigne un peu de l'itinéraire menant au sommet du Baïgura pour aller apprécier la vue que propose cet autre itinéraire. Et effectivement, la vue est tout simplement magnifique.

   

Les sommets des premières montagnes pyrénéennes se détachent par leur blancheur sur le bleu du ciel.
Je reconnais les sommets du pic d'Orhy et du pic d'Anie.

 

 

 

Très belle vue également sur les champs basques autour d'Ossès et d'Irrissary...

   

Allez, je retourne sur le bon sentier pour poursuivre mon ascension.
Un peu plus loin, je croise quelques pottoks (prononce "pottiok") bien posés.

  
Le Baïgura accueille beaucoup de ces petits animaux basques sur ses terres, que ce soit au sommet ou sur les flancs.
Pottok se traduit du basque par "petit cheval". De petite taille  -entre 1,20m et 1,30m, ils occupent en liberté quelques massifs montagneux du Pays Basque. Réputé pour leur rusticité, ces petits chevaux étaient autrefois utilisés pour les petits travaux en montagne, le portage et la contrebande.


"C'est l'une des plus anciennes races équines d'Europe. Les représentations de chevaux dans les grottes préhistoriques d'Isturitz et d'Oxocelhaya, situées à quelques kilomètres du Baïgura, montrent des silhouettes étonnamment proches de celles des pottoks actuels. Ces chevaux auraient survécu depuis la fin de la dernière ère glaciaire, il y a plus de 10 000 ans, en s'adaptant au climat rude et aux reliefs accidentés des montagnes basques. (...)

Sur les pentes du Baïgura, les pottoks vivent en hardes de cinq à quinze individus, menées par un étalon dominant. Ils se nourrissent d'herbes rases, de fougères et d'ajoncs. Ils descendent rarement en dessous des 400 mètres d'altitude." RANDONNEES FLEURS ET PYRENEES

 

Repoussés par le morcellement des espaces naturels, de la mécanisation de l'agriculture et croisés abusivement avec d'autres races, ils ont vu leur population régresser. La race a failli disparaitre au XXème siècle, mais grâce aux efforts de l'association des éleveurs de pottoks et à la mise en place d'un livre généalogique, la population est aujourd'hui stabilisée.
Ces mêmes éleveurs de pottoks effectuent des contrôles de naissance, une vermifugation et un  déparasitage.

Le Baïgura reste un des lieux les plus propices à l'observation de ces animaux dans leur milieu naturel. Il a un rôle essentiel à notre biodiversité et notre pastoralisme car il débroussaille et nettoie les endroits les plus inaccessibles.

   

D'autres animaux sont présents en nombre ici... ou plutôt dans les airs.

   
Eh oui, ce sont les vautours. Ces oiseaux qui profitent des courants venteux pour planer au-dessus de nos têtes et de celles des pottoks, au cas où...

Grande envergure de près de 2,60 mètres une fois les ailes déployées en plein vol, les vautours fauves volent au-dessus de ta tête dans un grand souffle silencieux. Parfois surprenant quand tu lèves la tête et que tu aperçois cette large silhouette aux ailes déployées à quelques mètres au-dessus de ta tête. Planeur et imposant. Discret et bien présent.
Ces oiseaux nécrophages se déplacent et vivent généralement en colonie.
Long cou et tête dotée d'un fin duvet, cette morphologie permet au vautour de pouvoir plus facilement effriter le sang séché lors des curées.

Pour planer, le vautour fauve utilise les courants ascendants thermiques et dynamiques ; ce qui lui permet de parcourir facilement des centaines de kilomètres en une seule journée. Il peut avoir une vitesse de 40 à 80 km/h en montée et peut atteindre jusqu'à 100 km/h en descente.
Oiseau strictement charognard, il se nourrit sur les carcasses d'animaux morts (brebis, vaches, chevaux,...) qu'il détecte du ciel grâce à sa vue perçante.
De part ce statut, sa place dans le pastoralisme est primordiale. En effet, il remplit une fonction sanitaire importante grâce à son long cou qui lui permet de s'introduire dans les carcasses, de la vider complètement. Allié des éleveurs, il nettoie ainsi les montagnes de tous les cadavres et permet d'éviter ainsi la prolifération de germes et de maladies, sources d'épidémies.

 

Il est très difficile pour le vautour fauve de chasser ou même de transporter une simple branche. C'set pour cela qu'il s'abrite dans les falaises à roches creusées. ses pattes sont tellement petites qu'elles ne lui servent qu'à marcher ou se percher sur les hauteurs des montagnes du Pays Basque.

  

Après les avoir observé planant au-dessus de moi sur un sentier en dehors du sentier officiel...


...je reprends le bon chemin.

 

 

Petit à petit, j'arrive à hauteur d'une première escale, étape, point de repère... Voilà. C'est un col sans nom  -peut être le col de la Borda-   situé à 604 mètres d'altitude où se rejoignent les sentiers venant d'Hélette et de la base de loisirs. Ce lieu est marqué par une table de pique-nique et deux tables d'orientation en bois originales.
 

 

Un autre magnifique panorama sur les cimes pyrénéennes et basques s'offre aux randonneurs, nombreux à cet endroit. Cela bouscule le silence auquel j'étais habitué jusque là depuis le départ d'Hélette où je n'ai croisé personne.


Mais contemplons !


 

Que voyons-nous ?

Petit zoom pour voir de plus près le pic d'Anie (2504m) enneigé et la Table des Trois rois (2444m).

 

Le pic d'Anie, seul, situé à 60 kilomètres d'ici.


Le pic d'Orhy (2017m), situé à 41 kilomètres d'ici.

 

La grande Aiguille d'Ansabère (2378km) et Mallo de Acherito (2371m),
situés à 63 kilomètres d'ici.

  

Ce panorama est superbe, envoutant. On n'a pas envie de partir, de rester là, à regarder la moindre parcelle de paysage qui nous ait proposé ; des montagnes pyrénéennes encore enneigées à la "plaine" de la basse Navarre avec les champs et les villages basques d'Irissarry ou Iholdy.

   

Maaaaaaaaiiiiisssss il reste encore du chemin à parcourir pour atteindre le sommet du Baïgura. 2,8 kilomètres très précisément avec un dénivelé de 280 mètres.

Allez, je quitte l'aire de pique-nique panoramique aménagé pour reprendre le sentier balisé, marqué par une borne.

   

  

   

DANS NOTRE PROCHAIN EPISODE

Jénorme va-t-il atteindre le sommet du Baïgura ? Et pourquoi ? Et comment ? Et quelle bière a-t-il choisi pour célébrer cette victoire ? Et que va-t-il rencontrer en chemin ? Et pourquoi ? Et comment ?
Tu le sauras, peut être, dans le prochain épisode : "Une rando, une bière : le Baïgura, épisode 2".

   

   

Commentaires
F
BRAVO, une randonnée où les panorama est hors du commun et l'histoire est aussi non ordinaire!! Merci et j'attends le sommet!!!Bisous Fan
Répondre
J
Mercio Fan. Bon week-end. La bise.