MORAIRA, pourquoi pas ?! Criques et caps (Espagne)
Après l'ascension périlleuse du Cap d'Or...
Après l'ascension non moins périlleuse du Peñón de Ifach...
Après l'ascension encore plus périlleuse des différentes sculptures hantant le centre-ville de Moraira...
Après l'ascension... Non... Après la visite la plus rapide du monde de la ville d'Alicante...
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...
Terminons ce séjour avec un petit tour aux des criques et des caps ; ce qui justifiera par la même occasion - et c'est bien mérité - le titre de ce billet.
"Des criques et des caps". Aaaah, si Bashung était encore en vie, il en aurait fait une de ses chansons magnifiques et intemporelles dont il avait le secret avec sa voix hors paire. Ou alors Gainsbourg qui se serait amusé à placer ici e là quelques notes musicales à contre-courant jazzy-reggae. Ou alors Benjamin Biolay... Oh non, pas lui, il es préoccupé par les tractopelles parce que la vie, c'est bien connu, c'est comme un tractopelle.
J't'en foutrais, moi, des tractopelles !!!
Bon allez, c'est pas l'tout, mais comme disait mon voisin d'en face quand les discussions devenaient banales et tendancieuses : "C'est pas l'tout, mais on a d'la route !"
LE LENDEMAIN,
TOUJOURS EN OCTOBRE 2014
Derniers moments à Moraira. Comme chaque jour et comme un peu partout dans le monde, le soleil se lève...
...sauf à Griese Fjord qui a décidé d'entrer dans une de ces nuits polaires dont la ville canadienne a le secret...
Mais nous sommes à Moraira-El Portet, en Espagne, et plus précisément entre Valence et Alicante. Et plus précisément entre le Cap de la Nau et le Peñón de Ifach. Nous avons déjà vu succinctement ce qu'il se passait au Sud, allons voir à présent ce qu'il se passe au Nord de Moraira.
Mélanie et Fifou ont décidé de ne pas m'accompagner ; et vice-versa. C'est donc seul que je vais prendre la route. Mais avant cela, il me faut nettoyé soigneusement le pare-brise du camion sur lequel s'est déposée une sorte de résine collante provenant des pins environnants...
STOP ASTUCE !
Si tu as stationné sous des arbres résineux et que tu veuilles nettoyer ton pare-brise de camion, ou de voiture, ou de fourgonnette sans le rayer, il ne faut jamais ô grand jamais le frotter avec le côté grattoir vert de l'éponge. Eh ouais ! Voilà, voilà... Bon, Mélanie me l'avait dit au moins 3 ou 4 fois, mais je n'ai pas pu m'empêcher de frotter, et frotter et frotter et frotter avec ce machin vert parce que ça partait pas lààààà le truc qui colle merddddeeee !!!!
DONC saches qu'il ne faut pas nettoyer ton pare-brise avec le truc vert de l'éponge qui gratte.
Merci Jénorme pour ces bons conseils.
Sur ce, je monte dans le camion pour aller explorer rapidement les environs en prenant la direction de la ville de Denia. Oui Denia, pas Tenia ! J'ai déjà rayé le pare-brise du camion, je vais pas en plus aller me choper un machin de dix mètres de long qui va me bouffer l'estomac !
Et là, tu vas me dire : "Pourquoi se rendre à Denia ?" Non ? Mais si, tu vas le dire ! Et je te réponds : tout simplement pour réaliser une boucle qui donnera à peu près ceci sur la carte Google Maps.
T'as vu : on dirait une sorte de de de de... Comment dire ? De de truc qui court ou qui danse. On distingue les deux jambes en bas, le bras gauche qui part au large pendant que le bras droit se referme sur le corps. Quant au visage, il est sans yeux, ni bouche, ni oreille. Un truc tout en rondeur qui semble danser sur une musique tsigane genre Fanfara Tirana...
Ou alors, tu vois, ouais,
un truc tout en rondeur un peu comme Gribouille.
Ou alors un autre truc tout en rondeur,
un peu comme Obélix...
Dessin : Le Liquide de la Tête
Ok, bon, allez,
on se recadre un peu
et revenons à notre objectif du jour :
des caps et des criques !
Je monte dans le camion. Heureusement, je n'ai pas lavé le pare-brise à hauteur de la vue conducteur.
Je quitte El Portet. Je quitte Moraira. Je quitte Teulada. Je capte la Nationale 332. Je quitte Gata de Gorgos dont les trottoirs sont jonchés de paniers, de meubles, de sacs et de niches en osier et c'est tout à fait normal. En plus d'être un très beau nom de ville, Gata de Gorgos est également un véritable centre artisanal. On peut aussi y visiter la fabrique de guitares de Francisco Broseta Rogla, dont la manufacture date de 1950. Ou encore s'imprégner des oeuvres du sculpteur Antonio Alos Moreno, né ici en septembre 1914 et dont nous ne parlerons pas dans ce billet car j'ai pas l'temps !
J'arrive à Pedreguer. HOP, je tourne à droite pour m'aventurer sur la petite route CV725. Celle-ci est bordée d'amandiers, de vignes, d'orangers et autres citronniers, tendant à mes yeux éblouis, mais pas trop, leurs fruits colorés.
Je traverse une partie du Parc Naturel d'El Montgo qui culmine à une hauteur de 753 mètres. On y rencontre plus de 600 espèces végétales très rares, comme le chêne kermès, le lavandin, spèces de ciste, le fenouil marin, l'hippocrepis de Valence (fer-à-cheval), quelques scabieuses, des genévriers de Phénicie et des palmiers nains.dont certaines très rares. Ce sont aussi 166 espèces vertébrées qui évoluent dans ce parc de 2150 hectares, parmi lesquelles se distinguent le blaireau européen, le hibou royal, la guifette moustac, l'aigle de Bonelli et le cormoran huppé.

Photos : David Lacaze et Fan de Bretagne
C'est marrant un Cormoran huppé. On dirait une sorte d'oiseau punk, prêt à faire un slam pendant un concert des Wampas. Toutefois, ici, dans ce parc, pas de concert des Wampas, ni des Sex Pistols, ni des Cramps ! Et je ne verrais pas la mèche d'un Cormoran huppé dans les parages.
Une fois que je me suis bien paumé dans ce très grand parc, je retrouve une route qui me conduit au Cap de Sant Antoni ; c'est à dire ici, à la pointe de la pointe, comme diraient les ingénieurs en aéronautique.
CAP DE SANT ANTONI
Cabo de San Antonio
Ce cap est une avancée de la sierra del Montgo. D'après les guides touristiques, un promontoire situé à côté du phare offre une vue magnifique et étendue sur Xabia/Javea et le Cap de la Nau. De plus, ses eaux sont classées réserve naturelle marine en raison de leur richesse en organismes benthiques.
Malheureusement, lorsque j'arrive au phare, ce n'est "plus" qu'un paysage de désolation...
Tout a cramé ! Un des rares lieux de la Costa Blanca qui était vierge de toute habitation est aujourd'hui recouvert d'une pellicule noire-cendre.
En clair,
voici le parc avant et après l'incendie :

Cela s'est passé les 11 et 12 septembre derniers. 1800 personnes évacuées d'urgence. Un incendie d'origine criminelle puisque trois foyers différents ont démarré en même temps, en fin d'après-midi, empêchant les secours d'intervenir efficacement. Quelles en sont les raisons ? Quelles en sont les motivations ? Promoteurs ? Pyromanes isolés ? C'est en tout cas une partie importante du patrimoine naturel de la province de Valence qui est partie en fumée : une perte inestimable pour la flore, avec des espèces végétales de grande valeur environnementale disparues dans les flammes.
Tiens, pause court-métrage !
Après avoir traversé Xabia/Javea et tenté d'apercevoir les onze anciens moulins à vent situés sur le haut de la crête dominant la ville, j'emprunte une route en direction du cap de la Nau, qui s'en va grimper dans une forêt de pinèdes éparses où sont également venues se réfugier quelques grosses villas bien équipées.
Après quelques kilomètres, je prends une autre route sur la droite afin de me rendre dans un endroit apparemment incontournable de la région : la plage ou crique de Granadella. Avant cela, il faut descendre par une étroite route sinueuse qui ne semble pas savoir où elle veut se rendre. Au Nord, au Sud, à l'Est, à l'Ouest... Je ne sais pas où elle veut en venir ! On dirait que c'est là, mais non ! Des pins méditerranéens, puis de la lumière, puis des pins, puis des rochers, puis un panorama sur la mer, puis des pins. Et enfin !
Bon, le soucis, c'est qu'il est environ 16 heures et qu'à cette époque de l'année (c'est à dire en octobre) et à cette heure-ci, la magnifique plage de galets blancs est dans l'ombre. Pour te donner une idée de ce qu'il se passe ici en été, regardons cette photo pris par quelqu'un d'autre, à un autre moment, à une autre époque, en une autre saison, à une autre heure, sous un autre angle :
C'est pas grave. On va quand même faire un petit tour des lieux avant que la nuit tombe.
Pour résumer, la plage de Granadella est une magnifique cale de bolos et de roches de près de 220 mètres de long et d’environ 24 mètres de large, avec une houle paisible qui offre de très agréables baignades. Elle se situe dans la zone la plus méridionale de Javea et abrite le Castell de la Granadella, à l’extrême sud du territoire municipal de Javea.
C'est une plage emplie d’histoire, dotée de tous les services pour compléter la beauté de son littoral, et de son drapeau bleu, un distinctif certifiant la qualité de ses eaux et de ses services. C'est également un endroit idéal pour la pratique de la plongée, de la plongée sous-marine et de la plongée au tuba. Les lits d’herbes de mer de posidonie (localisée approximativement 20 mètres au large) fournissent l’environnement idéal pour repérer certaines des fascinantes créatures qui ont fait la mer leur maison.
Je repars ne reprenant la route sinueuse de l'aller dans l'autre sens puisque la plage de Granadella se trouve dans une impasse encaissée. Une fois la route principale rejointe, direction le prochain cap : le cap de la Nau, encore appelé en castillan El Cabo de la Nao.
MAIS AVANT, petit détour et arrêt pour aller admirer le beau panorama sur une autre crique : la plage d'Ambollo.
C'est une petite crique naturelle, nudiste et vierge, de graviers et galets, aux eaux cristallines transparentes, située au sud de Cabo de la Nao. Ici, en plus de profiter d'un bain en solitaire et à poil, on peut plonger dans les prairies riches de Poseidonia.
Elle doit son nom à la tour de vigilance côtière construite au XVIe siècle pour la défense du territoire contre les attaques des pirates, tout comme l’autre tout de vigilance de Xàbia située dans la zone du Portitxol, toutes deux sur des terrains privés.
Sur son versant le plus au sud, se trouve l’île du Descubridor (l’explorateur).
J'ai bien fait de me rendre directement au belvédère puisque depuis quelque temps cette magnifique plage isolée et secrète es fermée pour cause d'éboulements.
On continue en longeant les côtes abruptes
dominant la mer Méditerranée...
Et j'arrive au...
Ah ouais, alors là, bon dis don', vu comme ça, ça fait pas envie leur cap à la con, là !? C'est pas ce qui était prévu ! En venant ici, je m'attendais à voir un cap dans la grande lignée des caps bretons où règnent nature et grand large, avec vue infinie sur les horizons maritimes pendant que des oiseaux viennent survoler ta venue car ils n'ont pas vu d'humains depuis des siècles.
EH BEN NON !
T'arrives au Cap de la Nau et tu vois surtout un parking, un phare encerclé par des grillages et des restaurants ! Qu'est-ce que j'fais ? J'me casse direct ou je tente une percée pour apercevoir un peu de mer et de nature ?
ALLEZ !
Je me gare, je sors du camion pour me lancer dans les escaliers que l'on aperçoit sur la gauche de la photo ci-haut ; et ce même s'ils ne semblent mener que dans un des deux restaurants présents ici. En fait, les escaliers se terminent effectivement devant l'entrée du resto... mais si tu contournes le bâtiment, tu peux rejoindre un petit passage à flanc de falaise qui t'offre une magnifique vue sur les côtes et le phare.
Le cap de la Nau (en valencien : Cabo de la Nao, littéralement « Cap du Navire ») est un des caps les plus emblématiques de la côte méditerranéenne espagnole. Situé sur la commune de Jávea, il est facilement reconnaissable étant donné qu'il est le pic le plus à l'est de la province d'Alicante. Il marque la fin du golfe de Valence et le début du golf d'Alicante.
On trouve, à son extrémité, le phare du cap. Construit en 1928, il est situé à 127 mètres au-dessus de la mer. Il pointe en direction de l'île de Formentera (aux Baléares). Par temps clair, il est possible de voir Ibiza, située à 90 km au large.
Dans les falaises de calcairetrès accidentées, qui se jettent dans la mer à ses pieds, on peut trouver des petites criques, avec des grottes et des îlots, dont la Cova del Orgues. C'est un endroit très prisé pour la pratique de la pêche sous-marine et des sports nautiques.
Végétation étrange regardant passer un kayakiste de mer.
Je reste un peu car la vue est impressionnante. Je ne vois pas Ibiza, ni David Guetta, mais l'horizon est tout en rondeur.

Puis je retourne sur le parking. Un regard vers le Sud et d'autres falaises abruptes...
...pendant que le soleil se prépare à tirer sa révérence vers l'Ouest.
Dernier regard sur les côtes...
Je remonte dans le camion pour quitter ce vaste parking vide en cette période de l'année. Je redescends en direction de Xabia/Javea, mais je tourne à gauche à hauteur du Tosalet pour prendre la CV-747... Je ne sais pas pourquoi je dis tout cela, on s'en fout de la route machin qui passe par un bled paumé où y'a rien à voir, non ? C'est vrai quoi ! Tiens, je regardais pas plus tard que tout à l'heure ce que Internet disait sur Le Tosalet et il n'y a que des sites de villas à vendre ! Pas un circuit touristique ! Pas une sculpture ! Pas un artiste ! Pas une curiosité ! Pas une étrangeté ! Bon... Je passe quand même par El Poble Nou de Benitaxell parce que le nom me fait penser au Mexique, mais pas plus. CV-737, Alcasar, Moraira, Guatipiti.
À Moraira-El Portet, vue depuis Guatipiti,
le soleil s'est fait brume du soir.
C'est notre dernière soirée ici. Nous avons décidé de nous rendre dans un bon restaurant en centre-ville.
Après quelques recherches et consultations de menus, nous avons trouvé la perle rare. Je ne te dirai pas le nom de ce restaurant, mais tout était parfait ! Le service impeccable ! Le poisson fabuleux ! La paella divine ! Le vin très bien proposé et excellent ! Oui, c'était l'adresse parfaite pour finir en beauté ce séjour d'une semaine en pays castillan.
Un indice quand même au cas où tu aimerais toi aussi aller dans ce très bon restaurant : il se trouve à Moraira.



























