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LE VOYAGE DE JéNORME
LE VOYAGE DE JéNORME
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24 octobre 2021

De Nevers à Erquy (58-22)

C'était en août, c'était en été et nous avions décidé de nous rendre en Bretagne parce que la Bretagne, c'est bien chouette.
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

 

Et pour nous rendre en Bretagne, nous ne sommes pas partis de Bayonne, pour une fois, mais bel et bien de Nevers !
D't'façon, c'est toujours l'un ou l'autre. Soit Bayonne, soit Nevers. Ce blog, c'est pas "Tous les chemins mènent à Rome", mais plutôt "Toutes les routes partent de Bayonne ou Nevers".
La première étape de ce périple breton va nous conduire de Nevers à Erquy.
Pourquoi Erquy ?
Eh ben pourquoi pas ?
Ni plus, ni moins !

 

Voici l'itinéraire :

NEVERS → LA CHARITE-SUR-LOIRE → BOURGES → MEHUN-SUR-YEVRE → VIGNOUX-SUR-BARANGEON → VIERZON → MERY-SUR-CHER → THENIOUX → CHATRES-SUR-CHER → MENNETOU-SUR-CHER → VILLEFRANCHE-SUR-CHER → NOYER-SUR-CHER... 
C'est moi où on va suivre un cours d'eau qui s'appellerio le Cher ?

NOYER-SUR-CHER → MONTRICHARD → CHENONCEAUX → AMBOISE → TOURS → SAINT-PIERRE-DES-CORPS...

Bon, et après, vu que l'on va perdre pas mal de temps sur ces petites routes, il nous faudra prendre l'autoroute pour rejoindre au plus vite Erquy et être à l'heure à l'hôtel.

SAINT-PIERRE-DES-CORPS → LE MANS → LAVAL → RENNES → ERQUY

Voilà !

 

Nous sommes au mois d'août et le grand départ est lancé vers 9 heures du matin depuis Nevers, préfecture de la Nièvre, dont nous n'arrêtons pas de parler ici.
Mais pour ceux qui viennent d'arriver, revoyons brièvement les grands lieux et monuments de cette ville nivernaise.

 

NEVERS
Nevers, cathédrale, choeur gothique, vitraux, détails 4(58)        Nevers, le palais Ducal (58)
Vitraux de la cathédrale et Palais Ducal

Nevers, couvent Saint-Gildard, sainte Bernadette (58)         Nevers, église Sainte-Bernadette
                                      Sainte Bernadette et église Sainte Bernadette

Nevers, Donald's Pub, toilettes tags (58)       Nevers, le petit théâtre (58)
WC du Donald's Pub et petit théâtre                                        

Nevers, maison de l'agriculture 2020     Nevers, port de la Jonction, E-tree (58)
                Ancienne maison de l'agriculture et E-Tree de la Jonction

Nevers, porte du Croux (58)     Nevers, rue du 14 juillet, commerce (58)
Porte du Croux et commerce neversois                                      

Nevers, rue du Charnier, nev'hair(58)      Nevers, tag d'arrivée (58)
                                            Jeux de mots et passion rugby

Mais nous pourrions également parler de la faïence de Nevers, du Négus, du canal latéral à la Loire, des bords de Loire, la Ligne bleue,...
Par contre, nous ne pourrons pas voir la chapelle Saint Sébastien car, comme nous le rappelle Marie Moreau sur son site My Loire Valley :
"Érigée sur la place Saint-Sébastien, autrefois appelée place du Marché au blé, elle fut construite à la demande du bourgeois neversois Simon Carimantran qui, à sa mort, légua la somme nécessaire à sa construction, pour que chaque jour une messe soit dite en sa mémoire par sept prêtres différents.
Bénie en 1526, la chapelle fut malheureusement détruite en 1759, en même temps que plusieurs maisons de la place pour laisser place, dit-on, au carrosse du roi Louis XV qui devait traverser la ville... mais ne vint jamais !"


BREF : nous quittons Nevers pour prendre la direction du Nord, mais pas trop.
En suivant l'ancienne nationale 7 qui se transforme subitement en A77, autoroute de l'Arbre, nous sortons finalement à La Charité-sur-Loire.

Alors, La Charité-sur-Loire, nous en avons un petit peu parlé sur ce blog, mais pas tant que ça. Prochainement, nous y reviendrons pour parler, entre autres, de ces nombreuses petites boutique et de la magnifique abbatiale Notre-Dame.

LA CHARITÉ-SUR-LOIRE
La Charité-sur-Loire, vue de dedans la Loire (58)

La Charité sur Loire, commerce, ancien paradis (58)            La Charité sur Loire, église Notre Dame, maison du bedeau (58)

La Charité-sur-Loire, vue des remparts, filtre (58)


Une fois le pont de Loire passé, nous voici dans le département du Cher.
La Nationale 151 est une longue ligne droite de 50 kilomètres reliant La Charité-sur-Loire à Bourges. C'est sur cette route que cette photo a été prise...

SUR LA ROUTE

Tu reconnais ?
bande 66

 


C'est une route parfaite pour écouter un extrait du dernier album de Feu Chatterton !, Palais d'argile, et regarder leur dernier clip avec l'extraordinaire Denis Lavant.

 

En ligne de mire, la dominante cathédrale de Bourges qui, telle un phare terrien, indique la route à suivre par sa haute silhouette sombre de 65 mètres de hauteur.


BOURGES
Bourges, cathédrale (18)
          Bourges, cathédrale Saint-Etienne (18)

Nous contournons la préfecture du Cher par le nord pour prendre la direction de Mehun-sur-Yèvre, bien connue pour sa porcelaine et, notamment sa manufacture Pillivuyt. Puis, quelques kilomètres plus tard, nous traversons Vignoux-sur-Barangeon, puis Vierzon, entre Sologne et Berry.
Outre le fait d'entendre le nom de la ville dans la célèbre chanson de Jacques Brel, notons que, durant la Seconde Guerre mondiale, la ville était coupée en deux par la Ligne de Démarcation. Le sud était en zone libre et les quartiers nord en zone occupée. Cette ligne passait, entre autres, au fond du jardin du docteur Cliquet, qui organise une plaque tournante au profit des clandestins et des alliés. La ville ne fut pas épargnée par les bombardements de par sa position ferroviaire stratégique.
Quant au Docteur Cliquet, il fut dénoncé à plusieurs reprises sans que l'ennemi ne trouve de preuves. Mais en mars 1943, il est cette fois ci arrêté, interrogé pendant 17 jours et torturé. Malgré les menaces et les tortures, il ne livrera aucun renseignement à la Gestapo. Il fut alors envoyé à Buchenwald. Après une première tentative d'évasion en février 1945, il parviendra finalement à s'évader à nouveau et avec succès pour rejoindre les troupes alliées, le 11 avril 1945 (cf : Charles Cliquet).

Une fois sorti de Vierzon, les villages défilent sur la D976, comme Méry-sur-Cher et Châtres-sur-Cher où se trouve l'intrigant Musée du Blues.


CHÂTRES-SUR-CHER
Châtres-sur-Cher, maison du blues (41)

Musée du Blues qui est fermé ce jour là. Et je pose alors la question : faut-il avoir le blues parce que le musée du Blues est fermé ? Et finalement, qu'est-ce que c'est que le blues ?
"Nom masculin
(anglais the blues, abréviation de blue devils, démons bleus, d'où idées noires)
1. Complainte du folklore afro-américain, née dans le sud des États-Unis (delta du Mississippi), d'abord rurale puis urbaine, caractérisée par une formule harmonique constante et un rythme à quatre temps, dont le style a influencé le jazz et la plupart des formes musicales dérivées du rock.
2. Familier. Cafard, mélancolie, idées sombres : Avoir le blues." LE PETIT LAROUSSE

OK, Petit Larousse, mais il est important d'ajouter que le blues est surtout influencé et trouve son origine vocal et instrumental dans les chants de travail des populations afro-américaines subissant la ségrégation raciale aux États-Unis
Le blues est apparu courant du XIXème siècle.
"La note bleue – en fait la gamme pentatonique mineure couramment utilisée dans la musique asiatique, à laquelle on ajoute une note dissonante – donne une sonorité particulière caractéristique du blues. L’utilisation de cette « blue note » est l’essence musicale du blues qui a de nombreuses origines (africaines, asiatiques via les Amérindiens, irlandaises, etc.)." ARTISTES AUDIO

Une légende raconte que l'un des premiers guitarsites bluesmen, Robert Johnson,  aurait signé un pacte avec le diable ; ce qui lui aurait permis de devenir un virtuose du blues. Mais un autre Johnson, Tommy de son prénom, raconte la même histoire pour la création, entre autres, de son morceau Canned heat. Ce titre est un vieux blues, écrit en 1928, dont les paroles évoquent un alcoolique qui se met à consommer du Sterno Canned Heatun alcool dénaturé et gélifié mis en conserve afin d'y être allumé pour cuisiner (par exemple pour les fondues ou en camping). En pleine Prohibition, les plus démunis en tiraient une boisson hautement toxique.
C'est ce personnage de Tommy Jones que l'on retrouve au croisement d'une route dans le film des frères Cohen, O'Brother.

Bon, là, on ne le voit pas dans la bande annonce du film, mais bref ! On en était où ?

Oui, la Maison du Blues à Châtres-sur-Cher.
Qu'est-ce que l'on peut y voir quand c'est ouvert ?
"La Maison du Blues vous propose plusieurs possibilités pour découvrir ou apprécier le Blues, avec un café associatif, un Club de Blues avec une programmation internationale (concerts hebdomadaires) et le Musée Européen du Blues. Un  lien entre Histoire du Blues et la scène  Blues actuelle. 
Vous découvrirez dans ce Musée, un hommage au président d’honneur Bobby Rush, une des dernières Légende du Blues, ainsi qu’une présentation chronologique de l’évolution du Blues et de ses grands créateurs. Au 1er étage vous pourrez déambuler dans une rue du Mississippi avec ses espaces dédiés à l’évolution de cette musique et aux luttes des afro-américains. Au travers de l’implication de Jacques et Anne Marie Garcia (les fondateurs) vous pourrez découvrir les différentes facettes de la vie des Bluesmen. Des espaces audio et vidéo agrémenteront votre visite." LA MAISON DU BLUES

 

Nous reprenons la route en suivant le Cher, petite rivière qui parcourt quand même quelques 365 kilomètres, de Mérinchal (Creuse) à Villandry (Indre-et-Loire). Mennetou-sur-Cher où se trouve le musée du Seum... Non, je déconne.
Mais c'est quoi le seum ?

LE SEUM :
"Être énervé, en colère, dégoûté.
Expression nouvellement apparue dans le langage des jeunes générations. Elle vient du mot arabe sèmm qui signifie venin. Variante : j'ai le seum, t'as le seum..." INTERNAUTE.FR

Oui, mais cela veut aussi dire "avoir le blues" en jeune des années 2020 ! Alors si les dictionnaires ne se mettent pas d'accord sur la signification d'un même mot, où va-t-on ? Hein ? Hein ?
Eh ben, on va quand même à Mennetou-sur-Cher (à ne pas confondre avec Mennetou-Salon) pour constater que c'est le village de Thierry La Fronde.


MENNETOU-SUR-CHER
Mennetou-sur-Cher, panneau (41)

Eh oui : Thierry La Fronde.
Alors, quand j'ai vu ce grand panneau à l'entrée du village, je me suis de suite dit : "Mais comment est-ce possible ? Thierry la Fronde est un personnage fictif ! Comment peut-il avoir un village réel à lui ?! Alors, à ce moment là, où se trouve le village de Goldorak, ou de Zora la Rousse, ou de Marie Pervenche, ou des Drôles de dames, ou Magnum, ou de Casimir... Ah non, Casimir, son village est dans les nuages !"
Imagines : tu te promènes dans les rues de Mennetou-sur-Cher  -qui ne sont pas si nombreuses-  et tu tombes sur Thierry la Fronde qui est là, tranquille, en train de faire ses courses avec sa fronde et sa grosse médaille autour du cou...

Bon, non, tu ne croiseras pas ni Thierry, ni Michel, ni Francis la Fronde à Mennetou-sur-Cher. Le village est plutôt le village du créateur de Thierry la Fronde.
Eh ouais. Ben ouais. Voilà, voilà.
Et là, tu me dis : "Mais c'est qui le créateur de Thierry la Fronde ?"
Et je te réponds : "Jean-Claude Deret/Breitman."
Eh ouais. Ben ouais. Voilà voilà.
Et là, tu me dis : "Donc Jean-Claude Deret/Breitman, le créateur de Thierry la Fronde, est né à Mennetou-sur-Cher ?"
Et là, je te réponds : "Non, non. Il est né à Paris en juillet 1921."
Eh ouais. Ben ouais. Voilà voilà.

Allez, on se retrouve après le générique télé de la série
pour éclaircir tout cela.


Alors : faisons le point.
Jean-Claude Deret/Breitman est né le 11 juillet 1921 à Paris. En 1944, il s'engage comme volontaire dans la 2ème division blindée et participe à la campagne d'Alsace comme infirmier d'ambulance. En 1945, il va accueillir, à l'hôtel Lutetia, son père, Lucien Breitman, de retour du camp de Falkensee.
Lucien Breitman est également le grand oncle de Dominique Strauss-Kahn. Médecin à l'hôpital de Romorantin, puis médecin-chef dans ce même hôpital, il a comme premier remplaçant Abraham Drücker le père de Michel Drucker. Pendant la Seconde Guerre mondiale, ils seront tous deux contraints d'aller à Compiègne. Il est déporté vers Sachsenhausen en 1943. Interné dans la partie "politique" du camp, il y travaille comme médecin. 
Mais pourquoi je parle de Lucien Breitman alors que c'est Jean-Claude Deret/Breitman qui est l'auteur de Thierry la Fronde ?
Eh bine tout simplement parce que le dévouement médical de Lucien Breitman au camp de Sachsenhausen lui vaut d'être réélu maire de Mennetou-sur-Cher le 17 mai 1945 avant même son retour de déportation. Cependant, il démissionnera de ce poste en novembre de la même année.
Voilà !
Quand Jean-Claude Deret/Breitman vient chercher son père au Lutetia, c'est pour l'accompagner ensuite à Mennetou-sur-Cher. La question se pose alors : est-ce que Mennetou-sur-Cher ne serait pas plutôt le village du père de l'auteur de Thierry la Fronde qui y a été maire pendant six mois ? Hein ? Hein ? Hein ?
Eh bien oui, pourquoi pas, mais on peut également rappeler que c'est dans l'ancien prieuré de Mennetou-sur-Cher que résidèrent Jean-Claude Deret/Breitman et son épouse Céline Léger (qui joue le rôle d'Isabelle dans la série). C'est également dans le prieuré qu'auraient été écrits les 52 épisodes de la série à partir de 1960. Enfin, l'office du tourisme local se plait à dire que la série s'est inspirée de l'architecture du village médiéval.

 

Alors, bon, "village de Thierry la Fronde". Nous aurions pu nous interroger sur l'idée que Menentou-sur-Cher est le village de Thierry la Fronde. Mais non, puisqu'il s'agit de Janville, ville située à 122 kilomètres au nord.
Vu que je ne veux pas lâcher l'affaire, je me suis donc rendu à Janville qui n'était absolument pas sur notre route pour aller à Erquy afin de constater si là bas aussi, il y a un panneau indiquant que Janville est la ville de Thierry la Fronde.
Janville
Eh bien non !

BREF : Menentou-sur-Cher est également le lieu d'action du roman Fortunat de... Michel Breitman, frère de Jean-Claude Deret/Breitman.

 

 

ALLEZ : on reprend la route !
Langon-sur-Cher, Villefranche-sur-Cher, Selles-sur-Cher, Chatillon-sur-Cher, Noyers-sur-Cher... Ah, attention : rond-point !


NOYERS-SUR-CHER
Noyers-sur-Cher, rond-point (41)

Nous prenons la direction de Montrichard. Ah, attention, autre rond-point !

Noyers-sur-Cher, rond-point

Bon, OK, pourquoi pas.
Nous suivons toujours le Cher. Un panneau nous indique que nous ne sommes pas très loin de Ange. Ah ? Ange, c'est mignon comme nom.
Allons prendre une photo.


ANGE
Jénorme est à Angé (41)

Oh non merde, c'est Angé, pas Ange. C'est moins intéressant du coup
Nous repassons de l'autre côté du Cher pour passer à...

Bourré, panneau (41)


Quelques mètres plus loin, nous entrons dans la ville de Montrichard, dominée par  le donjon.

 

MONTRICHARD
Montrichard, pont, le Cher et château

Montrichard, c'est une ambiance médiévale avec des fortifications, des rues pavées, un donjon, d'anciennes portes,... mais aussi des maisons à pans de bois.
Impossible de ne pas voir le donjon, juché sur sa butte dominant le Cher, le pont et la ville. Sa tour maitresse atteste la présence d'un château du XIème siècle, dont la construction est attribuée au comte d'Anjou Foulques Nerra.

"Entre 1110 et 1128, le château, dont nous voyons les ruines actuellement, fut construit par Hugues 1er, seigneur d’Amboise et de Chaumont. Les murs du donjon sont épais de près de trois mètres à sa base et son sommet est à environ 67 mètres au-dessus du niveau du Cher. Il était composé d’un rez-de-chaussée qui devait servir de caves et de cachots, surmonté de trois étages. Le dernier étage était pourvu d’un chemin de ronde crénelé. Tout autour du donjon, à moins de quatre mètres, a été élevé un mur d’enceinte appelé « chemise » qui était défendu par des fossés. En contrebas, une seconde enceinte est raccordée au donjon. Au XIIIe siècle, une troisième enceinte ceinturait la ville. Les murs de l’enceinte de la ville, dont il reste des vestiges quai Jean Bart et boulevard Philippe Auguste, avaient 7 à 8 mètres de hauteur et quatre portes principales d’entrée fortifiées : la porte au Roi, la porte du Pont et la porte Chanvre. (...)
Dans l’enceinte du donjon, Louis XI fit construire des logis royaux où séjournèrent les rois jusqu’à Louis XIII. Ils se sont effondrés en novembre 1753." MONTRICHARD VAL DE CHER

Montrichard est également reconnaissable à son pont enjambant le Cher et sur lequel on retrouve la maison du Passeur.

Montrichard, pont et le Cher (41)              Montrichard, pont, le Cher et château (41)

Le pont fut construit au XIIe siècle. Il fut remanié au fil des temps. Il perdit son caractère défensif : le châtelet dont le socle a servi de fondation à l’actuelle maison du Passeur datant du XIXe siècle. 

"En lieu et place de la maison sur le pont se trouvait un châtelet qui défendait l’entrée du pont en temps de guerre et, en temps de paix, servait à loger les gardiens qui percevaient les droits de péage en-dessus et en-dessous du pont ; droits destinés à l’entretien du pont. En 1670, la réfection du pont fut entreprise et donc la disparition dudit châtelet.
Entre 1670 et l’année de la construction de la maison sur le pont, le socle du châtelet est resté vide de construction. Il a été dessiné comme tel vers 1680/1690 par Nicolas Poictevin, architecte et ingénieur ordinaire des bâtiments du roi Louis XIV.
Devenu bien communal à la Révolution, l’emplacement du châtelet est mis en adjudication en 1813. Il est acheté par la famille BENOIST qui fait construire la Maison sur le pont. Elle figure en 1844 dans le partage de leurs biens entre leurs enfants. Dans cette maison, le sieur Barthélémy BENOIST exerce ses fonctions de maréchal-ferrant, boutique par le bas avec chambre à côté, chambre au premier étage, le tout couvert de tuiles et ouvrant sur le pont.
A son décès, la maison sur le pont se compose, au rez de chaussée, de deux chambres et escalier ; au premier de plusieurs chambres à feu et cabinets, grenier sur le tout. Sa veuve en aura la jouissance jusqu’à sa mort le 2 juillet 1896. Le grand oncle de Monique Fermé y était né.
Depuis, les propriétaires s’y sont succédés. Je l’ai connu en tant que Grill quand j’étais ado. Maintenant mes enfants vont boire un verre (ou plus…) chez Fifi.
Pourquoi lui a-t-on donné comme nom « la maison du passeur « ?
En 1807, la municipalité de Montrichard décide un octroi pour les marchandises passant sur et sous le pont. Les premiers propriétaires de la maison percevaient l’octroi d’où le nom de 'passeur'.
En 1940-1941, les habitants de cette maison aidaient les personnes à passer en zone libre. Ce qui expliquerait également le nom de 'passeur'."  BULLETIN N°48-2016, LES AMIS DU VIEUX MONTRICHARD 

Eh oui, aujourd'hui, la Maison du Passeur est un Pub.
Pour moi, Montrichard me fait toujours penser au film de Steven Spielberg, "Arrête-moi si tu peux" (2002) avec Leonardo Di Caprio, Christopher Walken et Nathalie Baye. Cette dernière y joue le rôle de la mère de Di Caprio interprétant le rôle de Frank Abagnale Junior, qui devint dans les années 1960 un célèbre imposteur en falsifiant des chèques de afin de voyager aux frais de la Pan American World Airways.
Même si le film s'inspire de la vie d'Abagnale, tout n'est pas véridique. Toujours est-il que Spielberg et son scénariste ont décidé de faire rencontrer les parents de Frank Abagnale Junior lors d'un bal à Montrichard, à l'époque de la Libération.

 À la fin du film, Frank Abagnale Junior se fait finalement arrêter... à Montrichard alors qu'il occupe une place de projectionniste dans le cinéma de la ville, le jour de Noël. En fait, la scène fut tournée sur la Place Royale de la ville de Quebec, au Canada. 


Quelques mètres plus loin après le pont, sur la gauche, un panneau nous intrigue...
               Montrichard, panneau plantes (41)
...mais nous préférons faire demi-tour et prendre la direction de la route des châteaux de la Loire.

Nous traversons ainsi Chenonceaux, mais devant la grande affluence, nous ne nous arrêtons pas. On se souviendra juste de quelques photos prises en argentique il y a quelques années...

Chenonceaux, château (37)             Chenonceaux, château

Si la commune s'écrit bine "Chenonceaux", le château, lui, s'écrit "Chenonceau".
La différence d'orthographe s'expliquerait, selon des sources à confirmer, par une dame Dupin qui, étant propriétaire du château au moment de la Révolution française aurait voulu, par cette suppression du "x" final, marquer sa différence.


Nous quittons la route qui longe la rivière du Cher pour aller d'avantage vers le nord et rejoindre la Loire, et plus précisément Amboise.
À l'approche de la ville, on ne peut ne pas penser à un des grands artistes qui séjourna et mourût ici...

Amboise, rond-point (37)

Oui : Leonard de Vinci !
Né le 14 avril 1452 à Vinci (Toscane), il est décédé ici à Amboise le 2 mai 1519. Plusieurs cordes à son arc : peintre, artisteorganisateur de spectacles et de fêtesscientifiqueingénieurinventeuranatomistesculpteurarchitecteurbanistebotanistemusicienphilosophe et écrivain.
Après la mort de Julien de Medicis, son protecteur, le 17 mars 1516, et constatant le manque d'intérêt d'un quelconque puissant italien, Leonard de Vinci décide de s'installer en France en répondant à l'invitation de François 1er. Il a alors 64 ans. Il s'installe au manoir du Cloux, actuel château du Clos Lucé, situé au sud de la ville d'Ambroise.

Amboise, le Clos-Lucé, entrée (37)              Amboise, le Clos-Lucé, entrée

Fier de cet artiste polymathe, François 1er le nomme "premier peintre, premier ingénieur et premier architecte du roi" : même si le vieil homme au bras droit paralysé, qui ne peint ni ne sculpte plus et qui a mis de côté ses recherches scientifiques et techniques.
Léonard s'éteint brusquement le 2 mai 1519 au Clos-Lucé.
Le Clos Lucé, chmabre de De Vinci (37)

Conformément aux dernières volontés de Léonard, soixante mendiants portant des cierges suivent son cercueil. Il est enterré dans une chapelle de la collégiale Saint-Florentin, située au cœur du château d'Amboise. Néanmoins, délabré par le temps, et en particulier lors de la période révolutionnaire, l'édifice est détruit en 1807 ; la dalle funéraire disparaît alors. Les lieux sont fouillés en 1863 par l'homme de lettres Arsène Houssaye qui découvre des ossements qu'il rattache à Léonard de Vinci. Ceux-ci sont transférés en 1874 dans la chapelle Saint-Hubert située non loin du château actuel.

Un peu pris par le temps, nous n'entrons pas dans le Clos Lucé (l'entrée est à 17,50 euros pour les adultes ?!). De même, pas le temps de nous rendre à la chapelle Saint-Hubert, dans l'enceinte du château d'Amboise, pour aller voir le tombeau de l'artiste.
Juste le temps de traverser le pont du Maréchal Leclerc qui enjambe la Loire pour faire une photo de l'édifice majestueux.

Amboise, chateau et Loire

Mais c'est la fontaine de Max Ernst que j'aurais aimé trouver.
"En 1954, Max Ernst s'installe à Huismes. Dans les années 1960, en remerciement de la nationalité française obtenue grâce à l'intervention du maire d'Amboise, l'artiste offre à la commune cette fontaine qu'il conçoit. Il imagine une construction en pierre pouvant intégrer des sculptures en bronze déjà réalisées et exposées. L'ouvrage se compose d'un vaste bassin circulaire orné sur son pourtour de six tortues en bronze stylisées posées sur des vases. Au centre siège, bras écartés, un génie de bronze, reposant sur trois sphères superposées, placées sur un plateau reposant sur deux piédroits. Au pied du génie, se trouve une autre tortue. De chaque côté, sur des sphères en bronze, se trouvent d'autres sculptures. L'ensemble est représentatif du style et de l'imaginaire de l'artiste. Certains éléments ont été volés." MONUMENTUM

Tant pis. Une autre fois.

Le temps presse pour être à l'heure à l'hôtel à Erquy. Il y a encore de la route.

Un passage rapide à...
La Ville aux Dames, panneeau (37)

Un nom qui intrigue. "La ville aux Dames". Que cela peut-il bien vouloir dire ? Qu'elle est interdite aux hommes ?
Oh eh oh, c'est facile.
Pour connaitre et comprendre l'origine de ce nom de commune pas banale, il faut revenir au Moyen-Age. En 799, une noble, Hildegarde, fonde une abbaye de femmes à Saint Loup. Ce territoire, embryon de la commune d'aujourd'hui, prit le nom de Villa dominarum, c'est-à-dire, La Ville-aux-Dames. Au cours de la Révolution française, La Ville-aux-Dames fait partie des communes dont le nom est modifié par les autorités républicaines. Elle est ainsi renommée provisoirement Les Sables avant de retrouver son nom originel quelques années plus tard.
Aujourd'hui, La Ville-aux-Dames est la seule commune française dont (presque) toutes les rues portent des noms de femmes ; exceptée l'impasse de la Dame-en-Noir en référence au nom de résistant de l'abbé Jérôme Besnard, décédé dans cette ville en 1968.

Et maintenant, une ultime question se pose avant que l'on ne prenne l'autoroute pour s'enfuir à Erquy. Et la question est... la question est... Pourquoi la bière mousse-t-elle ? Non... La question est : Pourquoi la crevette est-elle rose ? Non plus. La question est : Pourquoi les balles de tennis sont jaunes ? NOOOONNN !
Bon, on reprend : nous sommes à La Ville-aux-Dames et, maintenant, avant de partir, la question que tout le monde se pose est... est... Mais oui, bien sûr : comment s'appellent les habitants de La Ville-aux-Dames ? Bien sûr !!!!

Alors, il faut savoir   -ou pas-   c'est pas dit que ce soit essentiel pour survivre dans ce monde qui prend l('eau de toute part et je ne fais pas de politique ! 
Reprenons !
Il faut savoir qu'au XXème siècle, les habitants de La Ville-aux-Dames se prénommaient mes Caillons. Ben ouais. Rien à voir. Comprends pas. Et pourtant, là aussi, il y a une explication. Ce sobriquet trouvait son origine dans un fromage de lait caillé que les habitants vendaient à Tours et dans les environs.
Voilà.
Aujourd'hui, les habitants de cette brave commune de d'Indre-et-Loire sont appelés les Gynépolitains. Oui, ça ne ressemble pas beaucoup non plus au nom de la ville, mais si nous nous penchons à la racine grec de ce nom, on retrouve gunê, la femme, et polis, la ville.
Eh hein, on en apprend des trucs, hein ! On mourra moins bête... mais on mourra quand même.
La prochaine fois, nous parlerons du pourquoi La Ville-Aux-Dames est jumelée avec Dollar en Ecosse et Hommes en Indre-et-Loire.

 

ALLEZ, MAINTENANT : on est super en retard, il nous faut prendre l'autoroute le plus vite possible pour être sûr d'arriver à Erquy avant 20 Heures.

SAINT-PIERRE-DES-CORPS → TOURS → A28  LE MANS → A 81 → LAVAL → N157 →  N12 → RENNES → ERQUY

 


Et voilà Erquy
mon kiki !
Erquy, le port, vue de l'hôtel (22)

 

Et ça, c'est la vue depuis la chambre d'hôtel.
Mais nous en parlerons un autre jour...

 

 

 

 

 

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