Et si des amis-voisins Basques venaient dans la Nièvre..., épisode 1 (64-58)
Ah, ah, ah ! Oui, tiens, pourquoi pas ?! C'est pas commun.
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...
Le jour se lève tranquille sur le Pays Basque et Mouguerre.
Bon, j'ai pas fait de photo, mais j'ai la musique.
Non, bon, eh oh : calmons-nous !
Musique tranquille pour se réveiller et faire la route ensuite. Bison Futé n'annonce pas de bouchons sur la route pour ce départ dominical.
DOMINICAL : adjectif Qui a rapport au dimanche.
Exemple : Repos dominical.
En même temps, est-ce qu'il sait d'où on part ? Hein ? Non, mais c'est vrai ça : quand Bison Futé dit "ça va bouchonner dans le sens des départs", de quels départs parle-t-il ? Dans quel sens ? Nord-sud ? Est-Ouest ? Sud-nord ? Ouest-est ?
En attendant...
Article : BFM
Il a même failli s'appeler Super Gertrude et devait ressembler, tour à tour, à une girafe, puis un rat, un oiseau, un dauphin... Finalement, ce sera un indien.
Voilà, ça, c'est dit.
BON !
C'est en ce beau mois de juillet 2023... Si, si, il fait beau... qu'il a été décidé d'aller passer quelques jours en terres nivernaises.
Les amis et non moins voisins basques qui sont du voyage sont Cécile, Sylia, Xabi et Jean-Paul. Pour des raisons de politesse, nous ne dirons pas l'âge de ces participants, sauf celui de Sylia (fille de Cécile et Xabi) qui, du haut de ses 11 ans, demeure curieuse de cet endroit inconnu dont on lui parle depuis... deux jours.
Aucun d'entre eux n'est allé dans la Nièvre. En même temps, ils ne sont pas les seuls... Mais ils ont soif de curiosités et de découvertes, entre autres. On a soif tout court aussi.
C'est donc ainsi que nous montons tous en voiture pour nous rendre à Nevers, et plus précisément à Varennes-Vauzelles où nous attendent mes parents, dans un premier temps. 700 kilomètres à parcourir.
Quittons l'océan
pour les terres du milieu...
Réveillons-nous ensuite...
Après avoir longé l'Amazonie landaise en ne quittant pas l'autoroute, nous voici dans la capitale des doryphores, telle que Bordeaux est surnommée par Landais et Basques.
Pourquoi un tel rapprochement entre Bordelaises/Bordelais et ce coléoptère de la grande famille des chrysomélidés. Hein ? Hein ? Non, mais, je te pose la question !
Comme je suis posé la question depuis que j'habite dans le sud-ouest : où est la frontière entre l'usage de "pain au chocolat" et "chocolatine" ? Hein ?
Eh bien, des scientifiques du langage se sont penchés là-dessus et je dois te dire que cela pose des questions sur l'utilité des métiers dans ce pays.... non, c'est pas ça que je veux dire, mais, toutefois, on se demande qui payent ces gens pour faire de telles études. Et surtout, combien de temps cela leur prend-il ? Et de quoi ils parlent quand ils se retrouvent chaque matin avant de commencer leurs recherches ? Et qu'est-ce qu'ils écoutent comme musique ? Et qu'est-ce qu'ils mangent ?
BON BREF : après des heures et des heures de recherches, ils ont établi une carte de langage.
LA VOICI :
Carte : La science tranche, France 3
Voilà ! Fais gaffe ! Jamais plus tu ne te rendras dans une boulangerie comme avant lorsque tu partiras en vacances dans une région qui n'est pas la tienne.
Aaaah, ça fait un beau slogan de film de peur de l'été, genre Christine, ou A l'intérieur, ou Zombie, ou encore Fight club.
IMAGINE !
Ça fout les boooouuuullllessss !
Ça fait penser à ces grands films d'horreur, tels que "L'attaque des requins volants", ou "L'attaque des tomates tueuses", ou "L'attaque des requins nazis", ou...
EH OH !!!!
DE QUOI ON PARLAIT Làààààà ?!
Ah oui, du débat : pain au chocolat et Chocolatine.
Bon...
Réglons cela une bonne fois pour toute
et convenons qu'il y a une frontière quelque part
entre sud-ouest et centre-ouest...
Et que...
À un m'ment donné...
Bon. Alors, on passe peut être cette frontière entre pain au chocolat et chocolatine pour arriver dans la capitale des doryphores, sus nommée ainsi par Landais et Basques. Mais pourquoi ? Hein ? Ben oui, c'est à cette question que l'on devait répondre -ou pas- au départ.
Alors, là aussi, j'ai fait des recherches. je suis monté à Paris. J'ai pris un abonnement à la Bibliothèque François Mitterrand de Paris Bercy. J'ai épluché tous les livres à ce sujet, tant historiques que sociologiques, que culturels et...
Non, bon, en fait, y'a Internet maintenant, donc, vu que je ne conduisais pas, j'ai épluché tous les sites internet susceptibles de parler -ou simplement évoqué- le sujet. : "Pourquoi appelle-t-on les Bordelais des doryphores"...
Allez !
Pour y répondre, il faut passer des heures et des semaines à la Bibliothèque François Mitterrand de Paris Bercy... NON... Il faut se rendre sur le site Actu.fr.
"Appelés de façon péjorative "les doryphores", les Bordelais doivent ce surnom à l'histoire de ce coléoptère nuisible qui a colonisé l'Europe depuis la Gironde.
Originaire d’Amérique, cet insecte est capable de ravager des hectares de pommes de terre à une vitesse impressionnante. Dès 1871, l’entomologiste américain Charles Valentine Riley mettait en garde les Européens sur l’importation de tubercules américaines car le nuisible pourrait en profiter pour traverser l’Atlantique et envahir le Vieux Continent.
Entre la fin du 19e siècle et le début du 20e siècle, plusieurs alertes en Allemagne, en Grande-Bretagne ou aux Pays-Bas ont été bien gérées : à chaque fois, le doryphore a été rapidement éradiqué.
Selon toute vraisemblance, cette infestation serait partie en 1921 d’un entrepôt de transit de pommes de terre au Pian-Médoc (Gironde) où l’armée américaine se faisait livrer des vivres jusqu’à la fin de la Première guerre mondiale.
En moins de 20 ans, le coléoptère s’est propagé dans toute la France dans les pays limitrophes comme la Belgique, l’Espagne, l’Allemagne, les Pays-Bas, le Luxembourg… (...)" ACTU.FR
La suite de l'article ici : La question pas si bête : pourquoi les habitants de Bordeaux sont-ils comparés à un insecte ?
Aaaaaah, on a bien avancé là. Je suis content !
Nous passons Bordeaux car aucun des amis voisins -que ce soient Cécile, Sylia, Jean-Paul ou Xabi- ne veut découvrir la tombe de Mort Shuman ou les fabuleux ronds-points de Villenave-d'Ornon.
Nous restons sur le périph' à regarder ces étranges lampadaires prendre une apparence évolutive intrigante...
Ça ne te fait pas penser à un film d'horreur ou de science fiction, genre "La guerre des mondes" ou "Abyss" ? Hein ? Hein ?
Bon, OK, j'arrête avec mes suppositions glauques et peu réjouissantes.
Nous faisons quelques dizaines de kilomètres pour faire un premier arrêt sur ce long périple reliant Bayonne à Nevers. Et ce premier arrêt se fait à... Oradour-sur-Glane.
Quoi ? J'y peux rien. Les amis Basques voulaient voir le village martyr, entré malheureusement dans l'histoire dramatique de la Seconde Guerre Mondiale le 10 juin 1944.
Quand on fait la route, l'important, ce n'est pas l'objectif, c'est le trajet.
Ce que la route nous propose, ce que l'on sait voir, ce que l'on veut, ou pas, savoir. Des paysages qui défilent, des histoires qui passent, qui restent. Des drames, des sourires. Des champs, des villes, des gens. des maisons habitées, des commerces fermés... et puis soudain, sur notre route -entre Bayonne et Nevers- Oradour-sur-Glane.
Oui, généralement, on pense plage, soleil, glaces, dépaysement, farniente et plein d'autres mots du même acabit qui font des vacances un moment relaxant, mais fortement commun.
Une grande salle reçoit plusieurs expositions, permanentes et évènementielles. L'histoire du village, sa renaissance, vivre avec le crime, des photos, des objets, des écrits.
Puis, le couloir avec les photos des victimes. 642 victimes.
Puis, l'entrée dans le village martyr.
Situé à une vingtaine de kilomètres au nord ouest de Limoges, Oradour est un bourg rural dont la population s’élève, lors du recensement de 1936, à 1574 habitants. Du fait de la guerre, on y compte également de nombreux réfugiés, comme dans tout le département : espagnols chassés par le franquisme, évacués alsaciens, expulsés mosellans, Juifs français ou étrangers fuyant les persécutions.
Sa situation et son activité commerçante et agricole attirent également, en ces temps de rationnement, de nombreux citadins venus se ravitailler ou s’y mettre à l’abri : le chemin de fer départemental relie en effet la bourgade à Limoges et Saint-Junien depuis 1911.
Le bourg central compte 330 habitants, regroupe les commerces, artisans, services publics ainsi que quatre écoles. Les hameaux environnants, dépendants de la commune, y envoient leurs enfants.
En ce samedi 10 juin, le bourg est donc peuplé, animé, vivant, jusqu’aux toutes premières heures de l’après-midi. Personne ici ne sait que la veille, les Allemands ont pendu 99 malheureux otages aux balcons de Tulle à une centaine de kilomètres de Limoges.
La troupe qui se rend à Oradour est constituée de trois sections de la 3e compagnie du régiment blindé Der Führer de la division Waffen SS Das Reich.
Créée en 1938, cette division est l’une des plus anciennes des formations de la Waffen SS, branche armée des forces nazies. Engagée successivement dans les campagnes d’annexion et d’invasion en Europe occidentale et centrale et dans les Balkans, puis dans les combats du front de l’Est, elle s’y initie aux exécutions de masse de populations civiles qu’elle met en œuvre impitoyablement sous les ordres de son commandement : la terreur devient sa signature. (...)
Le 8 juin, une partie de la division Das Reich se met en route vers la région de Tulle et Limoges, afin d’y mener des opérations de ratissage en réponse aux actions de la Résistance qui se multiplient. Ce mouvement répond aux propositions formulées par le général Lammerding, commandant de la division, dans un rapport à sa hiérarchie en date du 5 juin visant à la criminalisation des “bandes” par la pression sur les populations civiles, ainsi qu’à l’application de mesures répressives brutales pour une “reprise en main de la zone”.
8500 hommes environ participent à ce déplacement jalonné de massacres, pillages, incendies, et atteignent le 9 juin Limoges, Guéret, et Argenton-sur-Creuse.
Ce même jour, la pendaison de 99 otages et la déportation de nombreux habitants de Tulle s’inscrit dans une succession de drames qui culminera à Oradour, le lendemain 10 Juin.
Le 9 juin, le régiment d’infanterie blindée Der Führer investit la ville de Limoges et sa périphérie. L’état-major s’installe à Limoges, le premier bataillon est positionné à l’ouest, à Rochechouart et Saint-Junien. Il reçoit alors l’ordre de rejoindre le 11 juin le front ouvert par le débarquement des forces alliées en Normandie. Dans l’intervalle, on met au point l’”action exemplaire” préconisée par Lammerding. (...)
Le cantonnement de la troupe positionnée à Saint-Junien est prévu le 10 au soir à Nieul. Entre les deux localités : Oradour.
Le 10 juin, la 3e compagnie, soit environ 200 Waffen SS commandés par le capitaine Kahn, se met en route aux environs de 13 heures.
Parfois, nous croisons ici une femme qui s'est assise, prise par l'émotion ; là, un homme qui échange avec un groupe de personnes en répétant ces mots "comment est-ce possible d'être aussi inhumain ?".
Plusieurs questions me viennent à l'esprit en errant dans ces ruines silencieuses qui imposent le respect et le recueillement : qui a découvert le village en feu et toutes les victimes ? Que sont devenus les ignobles meurtriers du groupe Das Reich ? Ont-ils été arrêtés et jugés ?
"(...) des secouristes de la Croix-Rouge française originaires de Haute-Vienne, dirigés par le chanoine Schneider, mènent dans des conditions effroyables, une mission particulièrement difficile : récupérer et identifier les corps des victimes lorsque c’est possible, leur donner une sépulture et rassembler les cendres de l’église. (...)
Depuis le tramway qui relie Limoges à Oradour-sur-Glane, le docteur Bapt et le chanoinie Philippe Schneider aperçoivent au loin des maisons encore fumantes. Ce n’est qu’en entrant dans le village, alors qu’ils entament leur prospection, qu’ils découvrent un paysage d’apocalypse, plongé dans un silence de mort. Tout est ruines et dévastation. Il n’y a plus âme qui vive, plus une seule maison debout, tout a été brûlé.(...)
Les découvertes macabres se succèdent. Des hommes fusillés dans les maisons, dans les rues, dans les champs, fauchés en pleine fuite. La chaleur est étouffante.
"Plus que tout, nous sommes saisis par l’odeur insoutenable de la mort. Elle me revient encore parfois, avec les images.", témoigne Philippe Schneider. (...)
« Ceux que nous pouvions identifier, grâce aux papiers d’identité qu’ils portaient sur eux ou à leurs bijoux, étaient placés dans des cercueils, les autres transportés vers des fosses communes, à l’aide des volets des maisons en guise de brancards ».
Les corps jetés dans le puits ne seront pas remontés. Le jeune Dupras, parce qu’il est le plus mince, descend au fond.
« J’ai pu remonter un corps de femme, dit-il. L’état des corps était tel que nous avons préféré les laisser là et faire de ce puits leur sépulture ».
Seulement 10 % des 642 victimes du massacre pourront être reconnues. (...)
« Ce n’était plus qu’un tapis de cendres, nous en avions jusqu’aux genoux. Nous les ramassions à la pelle pour tenter d’identifier chaque objet retrouvé et mettre à part les fragments d’os. Nous avions la certitude que tous ces gens avaient été tués à l’intérieur de l’église. On saura plus tard que ces cendres étaient constituées à 80 % de cendres humaines… Nous avons notamment récupéré une boucle d’oreille appartenant à la fiancée d’un jeune secouriste et les lunettes d’un petit garçon ».
Les preuves du massacre perpétré ici sont partout : les murs sont criblés de balles, une caisse contenant sans doute une bombe au gaz est découverte sur le sol.
« Deux femmes ont tenté de fuir par les vitraux. L’une d’elle a succombé à sa chute. Tous ceux qui auraient pu échapper aux tirs des soldats ont succombé aux flammes ou ont péri écrasés par l’effondrement de la toiture »."
LE DRAME D'ORADOUR-SUR-GLANE
A la seconde question -Que sont devenus les ignobles meurtriers du groupe Das Reich ? Ont-ils été arrêtés et jugés ?-, je me suis reporté à deux sites (Herodote.net et L'Obs) pour trouver des informations.
"Après la Libération de la France, le 12 janvier 1953, un procès s'ouvre devant le tribunal militaire de Bordeaux, pour juger les meurtriers d'Oradour-sur-Glane.
Le général Lammerding, condamné à mort par contumace deux ans plus tôt pour le massacre de Tulle, ne se présente pas au procès et la France ne fait rien pour obtenir son extradition. Il finira ses jours en 1971 à Düsseldorf en chef d'entreprise prospère. Cinq-cents anciens SS suivront son cortège funèbre.
Dans le box des accusés figurent seulement vingt et un SS sur les 65 accusés. Parmi eux 14 Alsaciens, dont deux engagés volontaires et 12 qui disent avoir été enrôlés de force dans le corps des SS.
Cette présence d'Alsaciens rend le forfait doublement douloureux pour la conscience nationale. Elle ravive en Alsace et en Moselle la plaie laissée ouverte par l'incorporation de 130 000 « malgré-nous » dans la Wehrmacht en 1942. Beaucoup étaient des jeunes gens, très jeunes, incapables de résister à la pression de l'occupant.
À Bordeaux, les « malgré-nous » sont condamnés comme les autres à différentes peines d'emprisonnement. Mais ils sont amnistiés huit jours après par une loi d'exception votée par l'Assemblée nationale au nom de la réconciliation nationale. Cette loi modifie opportunément la loi du 15 septembre 1948 sur la responsabilité collective.
Il s'ensuit dans le Limousin un profond ressentiment. L'association des familles des martyrs et le maire d'Oradour-sur-Glane renvoient la Légion d'Honneur au représentant de l'État. La ville attendra octobre 2000 pour accepter enfin cette décoration et se réconcilier avec l'Alsace." HERODOTE.NET
"En 1983, un nouveau procès s’ouvre en Allemagne de l’Est. Heinz Barth fait partie des accusés. Les victimes d’Oradour-sur-Glane font le déplacement pour témoigner. ‘Heinz Barth a été surpris de voir, lors des audiences, qu’il y avait encore des survivants’, a déclaré Robert Hébras, l’un des rares rescapés du massacre, à nos confrères du nouvel observateur. Pour Jean-Jacques Fouché, ‘ce procès n’a été qu’un grand coup de publicité de l’Allemagne de l’est finissante’. Le tribunal condamne Barth à la prison à vie. Mais au grand dam des familles des victimes, celui-ci n’y passe que quelques années : il est libéré en 1997 pour raisons de santé." L'OBS
Au nord du village martyr se trouve le cimetière...
Je passe le champ de foire sur lequel avaient été rassemblés les habitants avant le massacre.
Dans le cimetière, les tombes des habitants d'hier et d'aujourd'hui se côtoient.
Beaucoup de plaques rappellent le lien entre les habitants et les victimes du 10 juin 1944.
Comme le rappelle Philippe Landru sur son site "Cimetières de France et d'ailleurs", on peut également se recueillir sur la tombe de Marguerite Rouffanche (décédée en 1988 à l'âge de 91 ans), seule rescapée de l’église d’Oradour-Sur-Glane, où périrent 246 femmes et 207 enfants.
"Elle est parvenue à sauter par une fenêtre, a reçu 5 balles dans les cuisses et les jambes. Elle s’est ensuite cachée dans un jardin et n’a été secourue que 24 heures plus tard. C’est grâce à elle qu’on sait exactement ce qui s’est produit dans l’église. Son mari, son fils, ses deux filles et son petit-fils âgé de sept mois firent partie des victimes." Cimetière d'Oradour
Au fond du cimetière, un "espace" est dédié aux victimes.
De nombreuses plaques sont posées à terre avec des mots et les photos de ces visages disparus tragiquement.
Une grande esplanade recouvre l'ossuaire où ont été disposées les cendres des victimes. Deux sarcophages transparents et une grande lanterne des Morts contemporaine domine l’ensemble.
Nous quittons en silence le cimetière, puis le village martyr, puis Oradour-sur-Glane pour reprendre la route.
Après avoir effectué un sens de trajet Sud-Nord, puis Ouest-Est , nous reprenons le sens Sud-Nord. Je ne suis pas sûr de la virulence et de l'intérêt de ce propos ; toujours est-il que kilomètres plus tard, je demande à Xabi de quitter de l'autoroute A20 au niveau de la sortie 19, direction Celon, Vigoux, Ceaulmont. Pourtant, ce n'est vers aucune de ces trois communes de l'Indre que nous nous dirigeons.
Oui, nous sommes dans le département de l'Indre, bien connu pour ses cochons... les fameux cochons d'Indre... Bon... OK...
Après quelques virages sur des routes étroites en rase campagne, nous arrivons au lieu que je voulais montrer aux amis Basques. Et ce lieu, c'est l'église Notre-Dame-du Menoux.
Voilà ! Une église. Du XIXème siècle. Bien. Propre.
Les amis voisins Basques me regardent, regardent l'église, me regardent, regardent l'église...
Cécile s'allume une cigarette.
Jean-Paul pousse des petits cris du genre "Oh yaïyaïyaï !" (?).
Sylia me dit :"C'est pour cette église que tu nous a fait faire un détour ?".
Je reste silencieux avec un léger sourire sardonique. Nous avançons en direction de l'église. Je pousse la porte d'entrée et laisse les amis Basques pénétrer dans l'édifice...
Mais que se passe-t-il ?
Quelle étrangeté !? Que de couleurs ?! Que de formes ?!
Pourquoi ? Comment ?
Alors : si tu es un/un fidèle lectrice:teur de ce blog, tu vas dire : "Ouah mais oh, tu nous a déjà parlé de cette petite église de Le Menoux !"
Alors, bon, d'accord, c'est vrai, mais déjà une, on ne dit pas "l'église de Le Menoux", mais "l'église du Menoux" ! Hein ! Alors, faut savoir parler la France un peu.
Ensuite... euh... je ne sais plus ce que je voulais dire, mais bref, là n'est pas le propos. Même si toutefois cependant pourtant et quand bien même alors que, il est vrai : j'ai déjà parlé de cette magnifique église sur ce blog avec le billet LE MENOUX, SON EGLISE, SES FRESQUES (36).
Cependant toutefois si tu viens d'arriver sur ce blog et que tu ne connais pas l'église du Menoux, petite explication rapide de la présence de ces merveilleuses fresques en son intérieur.
Quand tu entres dans l'église, le regard est de suite attiré vers le plafond de l'édifice. Mais en regardant sur la droite, on découvre un nom et des dates : "Carrasco 1968-1976".
C'set effectivement le peintre d'origine bolivienne Jorge Carrasco qui a recouvert de 1968 à 1976 et à titre bénévole, murs et plafond de l'église, d'une fresque gigantesque ayant pour thème la création de l'homme et de l'univers.
Résultat : sur 400 mètres carrés, un fantastique big bang coloré, qui explose désormais perpétuellement au-dessus de la tête des visiteurs. Carrasco s'affirme ici dans sa dimension de peintre et donne sa vision de la création de l'homme et de l'univers. L'artiste a une vision cosmique de Dieu, il veut évoquer sa force créatrice et faire revivre l'idée que Dieu n'est autre que la vie.
Pourquoi et comment un peintre bolivienne comme Carrasco est venu ici dans ce petit village et s'est mis à peindre l'intérieur de cette église ?
Rapide biographie.
Jorge Carrasco est né le 4 mai 1919 à La Paz, en Bolivie, la capitale la plus haute du monde, située à 3600 mètres d'altitude. La Paz est une ville métissée avec des peuples contrastés tels que les indiens de la Cordillère des Andes. Enfant, Jorge Carrasco s'imprègnera des traditions de ce peuple lors de ses vagabondages sur les hauts plateaux. Leurs coutumes, leurs mœurs, leur vision de l'univers marqueront son œuvre.
Il étudie les arts plastiques à l'Académie des beaux-arts, puis devient professeur.
En 1953, il est nommé présentant de la Bolivie à la deuxième biennale de São Paulo (Brésil) où il expose aux côtés de Matisse et Picasso. Il réalise ensuite de grandes fresques murales sur la production du sucre à Rio de Janeiro.
En 1954, il part à la découverte de l'Europe : Gênes, Venise, l'Espagne, la Suède, l'Angleterre, l'Allemagne, la France et la Suisse. A Paris, l fréquente l'Académie de la Grande Chaumière où il fait la connaissance de nombreux artistes et intellectuels, mais, surtout, c'est là qu'il fait la connaissance de Simone, sa future épouse et mère de ses cinq enfants. Elle sera sa guide, son inspiratrice. "Pour moi, l'Art est Amour et l'Amour c'est elle."
En 1958, il décide de rentrer en Bolivie, avec Simone mais l'assassinat de son frère qui avait dénoncé un trafic de drogue entre la Bolivie et le Pérou l'oblige à s'installer alors à Caracas (Venezuela). Il conçoit des dessins animés, travaille sur des programmes éducatifs pour la télévision, organise des expositions en Amérique latine et en Europe.
En 1962, il regagne La Paz. Il y réalise une fresque importante dans une des cryptes de la Cathédrale. Il organise des soirées mêlant concerts de groupes autochtones et expositions, participe pleinement à la mise en place du musée d'art moderne de La Paz, rencontre Che Guevara.
Toutes ces initiatives artistiques ne font toutefois pas oublier la situation difficile en Bolivie avec des coups d'état militaires et des pouvoirs autoritaires en place. Carrasco reste proche de la vie.
Mais suite à l'assassinat du Che en 1967, sa femme, ses enfants et lui même décident de fuir la Bolivie et la dictature pour la Belgique, puis la France.
C'est ainsi que la petite famille arrive au Menoux, petit village du Berry, où Simone avait une maison familiale.
Voici comment un grand peintre bolivien est arrivé dans un petit village du Berry.
Pour ce qui est de l'idée de peindre sur les murs de l'église et des autorisations, un petit exposé écrit à l'entrée nous en dit plus :
"Jorge Carrasco découvre l'église Notre-Dame du Menoux il se dit 'Voilà une belle toile vierge qu'il faudrait recouvrir...'
Après une année de discussions avec les Arts Sacrés et la Commission de Beaux Arts, il obtient l'autorisation de recouvrir de fresques les murs et la voûte de l'église."
Nous sortons de l'église pour aller faire quelques pas dans le village en direction de l'atelier de l'artiste décédé le 25 juillet 2006 à l'âge de 87 ans.
Sylia reste intriguée par ce panneau...
Mais une fois arrivée devant l'atelier de Carrasco, c'est une autre vision qui l'interpelle...
Si l'atelier est fermé aux visites à cette heure-ci, nous pouvons tout de même apprécier quelques oeuvres de l'artiste qui sont exposées à l'extérieur. Des sculptures étonnantes et ces "pierres polies" à la main. Il arrachait au bloc de pierre, à coups de ciseau, de voluptueuses formes arrondies, polies à la paume de la main, qui appellent à la caresse.
Bon, apparemment, ça n'émeut pas Jean-Paul plus que ça...
Nous retournons à la voiture car il nous reste encore quelques kilomètres à parcourir pour rejoindre la Nièvre et Nevers. 179 kilomètres très précisément.
Et effectivement, 2h34 minutes plus tard, nous passons le panneau Nevers...
Oui bon, là, c'est le fameux tag qui se trouve juste avant le stade du Pré Fleuri où officie l'équipe de rugby de l'USON. Un tag qui n'a jamais été effacé et qui est là depuis 2016. Je trouve ça rigolo et beau joueur.
BREF : deux minutes plus tard, nous passons le vrai panneau Nevers après un peu plus de 8 heures de route.
Mais, déjà, les amis Basques sont conquis par la première vue sur la préfecture nivernaise...
La visite pouvait commencer...
DANS LE PROCHAIN EPISODE
Mais qu'allaient donc découvrir les amis Basques dans la ville de Nevers, puis dans el département de la Nièvre ?
Ah, ah;, ah.... Quel suspense !



















































