Cela fait maintenant quatre ans et six jours qu'il pleut sans discontinuer sur le Pays Basque. Mais c'est pas grave : il en faut de la pluie, hein ! Avec le réchauffement climatique, les pesticides, tout ça, il en faut de la pluie, hein. Bon sauf, que nous, ici, dans le Pays Basque, on n'en a jamais trop manqué de la pluie.
BREF : face à cette météo pluvieuse persistante, je me suis dit : "Tiens, ne serait-ce pas le moment rêvé de trier quelques photos sur l'ordinateur ?"
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

 
Non bon, en fait, il fait super beau, magnifique soleil, 23° ce qui est incroyable pour un mois de février, les gens sont à la plage, les enfants se baignent, les glaciers font un chiffre d'affaire d'enfer, etc. Mais quand j'ai commenecé à rédiger ce billet, il pleuvait !

BREF : faisons comme si.
Sur mes clés USB, il y a des photos d'endroits où je suis allé et dont je n'ai pas encore parlé ici sur ce blog. Ces photos sont réparties par dossiers. Ok d'accord, tout le monde suit ? Parfait.

Tiens, par exemple, ouvrons le dossier "Nevers-Kaliningrad-Nevers" et prenons une photo au hasard dedans :

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Ah oui, d'accord.

Je crois que cette photo a été prise au Luxembourg.

Vu comme ça, cela peut paraître surréaliste, mais il y a une explication.
C'était en juillet 2013 et la ville recevait la plus grande exposition plein air au monde : The Elephant Parade. Il s'agit d'une exposition d'art en plein air composée de statues d'éléphants décorées par des artistes, reconnus ou encore dans l'ombre, dont le but est de contribuer à la préservation des éléphants d'Asie et d’avertir le public des menaces qui pèsent sur leur existence : en effet, au cours des cent dernières années, la population des éléphants d'Asie est passée de 250 000 à 25 000 membres.

Nous reviendrons sur la fin de ce périple Nevers-Kaliningrad-Nevers d'ici quelques jours.


Maintenant, ouvrons le second dossier, titré Nevers-Krk. Dedans, plusieurs sous-documents car le voyage avait duré quelques jours ; le temps de ralier la France à la Croatie sur une distance de 1300 kilomètres. La raison de ce périple : faire un selfie devant le panneau d'une ville au nom étrange. Et cette ville au nom étrange choisie fut Krk. Ben ouais. Ni plus, ni moins. Trois lettres, trois consommes et une question : pourquoi ça s'appelle comme ça ? Qui a choisi ce nom ? En ce qui concerne ce périple, une autre question se pose : suis-je parvenu à Krk ? Tu le sauras peut être un d'ces quatre !
Ce périple m'a amené à parcourir quelques 3000 kilomètres aller-retour. Des paysages, des villes. Le Jura, la Suisse, l'Italie, la côte Adriatique, Lons-le-Saunier, Château-Chalon, Milan, Venise, Trieste, Rijeka, Rovinj,... Tiens, allez, prenons une photo au hasard :

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Ah oui, d'accord.

C'est une photo prise sur une route qui menait presque nulle part.

Il faut savoir (ou pas, en même temps, tu fais ce que tu veux) que Krk se trouve sur une presqu'île reliée au continent par un pont de 1 430 mètres, l'un des plus longs ponts du monde construit en béton. L'île de Krk reste assez sauvage si l'on ne s'aventure pas trop dans les villes ; et surtout pas à Krk même qui est surtout une station balnéaire très prisée des Hollandais.... Bordel : mais ils sont partout les bataves !?  C'est pour m'éloigner de cette population touristique que j'ai pris une route en direction du sud qui m'amena dans un village côtier nommé Stara Baska. J'aimais bien le nom sans avoir étudié au préalable ce qu'il y avait à voir et ce que l'on pouvait y faire. C'est ainsi qu'un peu après ce village je me suis retrouvé dans une impasse, une sorte de bout du monde, sans personne et sans habitation. Juste la mer, une plage de galets blancs et ce véhicule seul sur le bord de la route terminée, posé à côté d'un pied de parasol sans parasol.

 

On continue avec le dossier suivant qui s'intitule Paris. Et là, on pense de suite aux paroles de Maurice Chevalier : "♪ Paris... reine du monde, Paris... ♪ c'est une blonde, ♫ Le nez retroussé, l'air moqueur, ♫ Les yeux toujours rieurs, Tous ceux qui te connaissent, Grisés par tes caresses...♪" et tout ça et tout ça.
Le dossier Paris. J'ai deux documents là-dedans, l'un titré Paris III, et l'autre Paris IV.

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Ici, nous avons un gros truc que j'avais complètement oublié.

Il se trouve dans le troisième arrondissement de Paris.

Il s'agit d'une horloge à automate appelée Le défenseur du Temps, créée par l’artiste français Jacques Monestier. Quatre mètres de haut pour une tonne.
Un homme juché sur un rocher muni d'un glaive et d'un bouclier se bat contre un oiseau, un dragon et un crabe représentant respectivement le ciel, la terre et la mer. Toutes les heures de 9 h à 22 h, il combat l'un des trois animaux choisi par un programmateur de hasard ; à 12 h, 18 h et 22 h, les trois animaux attaquent en même temps. Malheureusement, faute de financement pour l'entretenir, l'horloge ne fonctionne plus depuis 2003.

 

Comme il y a beaucoup de photos sur ces clés USB, il y a encore un autre dossier.  Il s'agit de Tunnel San-Andrian !
Et là, tu te dis : "Va-t-il nous présenter une photo du dossier ?"
Eh bien oui et je le prouve !

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Aaaah, ouais.

C'est une chapelle abritée dans un tunnel naturel de 70 mètres de long, situé sur le chemin intéreiur de Saint-Jacques-de-Compostelle. Je me souviens vaguement que j'avais marché seul pendant plus de 4h30 dans des paysages assez monotones  -mais c'est aussi ça la nature-  avant d'arriver à cet endroit quelque peu surréaliste à côté duquel se trouvait un parking sur lequel étaient garée une bonne dizaine de bagnoles dont les occupants n'avaient que faire du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle qui pouvait les mener ici telle une quête spirituelle du moi profond en rapport avec le monde alentour. C'est une sensation très étrange de marcher seul pendant tout ce temps pour atteindre un objectif où l'on se dit qu'il n'y aura personne tellement il est difficile d'accès... et finalement... non.

 

Ensuite, nous avons le document Vacances 2007. Putain, 12 ans ! Celui-ci est décomposé en plusieurs sous-dossiers : Gourette-Saint-Girons, Seynes-les-Alpes et Vallée des Merveilles-Guillestre.
Une photo ! Une photo ! Une photo ! Ok ! Mais parce que c'set toi, en voici quatre ! PAF !

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Ce fut un beau périple alternant route, sentier, chemin, plaine et montagnes. Un périple durant lequel j'ai croisé tour à tour des cyclistes se photographiant dans le brouillard au sommet du col d'Aubisque, un panneau sur une crète alpine prénommée col de Bernadez, un village perché de la vallée de la Roya et un chamois dans la Vallée des Merveilles.

 

Voici à présent que s'avance le titre Vacances 2008 avec, lui aussi, deux sous-dossiers, nommés Bretagne et Nord.
Deux sous-dossiers DONC... donc... donc... Deux photos !

Deux photos prises au hasard dans le dossier Bretagne :
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Une belle vue panoramique depuis le phare de l'île de Batz

et une otarie qui sort son museau de l'eau pour prendre un peu le soleil à l'aquarium de Brest.

 

Deux photos prises dans le dossier Nord :
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Une histoire de panneaux avec celui des Moeres

qui nous rappelle que nous sommes à une altitude négative de 2,5 mètres.
Et puis celui de la ville de Bergues où, en 2008, les gens se pressaient
pour repérer les lieux de tournage du film de Danny Boom "Bienvenue chez les ch'tits".

 

 

Et puis... Et puis... Voici le fichier titré Larrosa.
Ah ? Merde, c'est quoi déjà ? J'ouvre... et je découvre une série de photos de murs en ruine. Bon... Que faire ? Eh bien faisons des recherches sur ce lieu et tentons de nous souvenir ce que je faisais là-bas, pourquoi, comment et avec qui.

 

IL ÉTAIT UNE FOIS...
LARROSA
Larrosa, village, panorama


À ne pas confondre avec :

IL ÉTAIT UNE FOIS...
LARUSSO
larusso

 

C'était au mois d'avril 2013. Le 14 ou le 21. Quelques jours plus tôt, un séisme de magnitude de 6,3 sur l'échelle de Richter s'était produit près de la ville de Bouchehr dans le sud-est de l'Iran tandis qu'à La Riera de Gaià Bigas Luna, réalisateur, entre autres, du film Caniche, rendait son dernier souffle. Caniche, c'est l'histoire d'Angel et de sa sœur Eloisa qui vivent dans une grande maison héritée d'une vieille tante récemment décédée et où, petit à petit, une étrange relation se met en place entre eux deux et Dani, un caniche un peu trop présent...

En ce 14 ou 21 avril, je dois aussi rejoindre Maître Arnaud qui, à l'époque, habitait encore à l'entrée de la magnifique vallée d'Aspe, dans le petit village de Bedous. Avant de faire la route de Bayonne à Bedous, je fais un petit détour par Ascain pour prendre quelques photos de ce que l'on appelle là-bas La Maison du Fou.

Ascain, la maison du fou (64)

C'est une demeure étonnante, surprenante et originale que l'on peut apercevoir depuis le pont romain quand les arbres ne sont pas encore en feuilles.
Elle fut le lieu de résidence du décorateur américain Ferdinand Pinney Earle. Construite au début des années 1930, elle exhibe des formes rondes rappelant les constructions de Gaudi et du facteur Cheval. Son architecture est surtout inspirée surtout par l'architecture des indiens Pueblos pour qui les mauvais esprits venaient se réfugier dans les angles des pièces. C'est pour cela que dans cette maison, il n'y a aucun angle. De plus, chaque pièce comporte un puit de lumière.
"Massive, dessinée selon un plan en forme de revolver (suite à un pari fait avec le grand architecte Frank Lloyd Whright) et comportant plusieurs élévations semblables à des minarets, cette curiosité architecturale est très vite appelée par les gens du coin Eroen etxea ("la maison du fou")." PAYS BASQUE 1900

Ferdinand Pinney Earle et sa femme ont résidé ici pendant plusieurs années, recevant quelques grands artistes de l'époque (Louis Jouvet, Joséphine Baker, Charlie Chaplin, Abel Gance, Marlène Dietrich,...), avant de fuir la France pour les États-Unis devant l'arrivée de l'armée allemande en 1940.
Elle a été depuis rachetée par un Hendayais et est occupée à l'année. En 2000, elle a été classée monument historique.

 

Bon, très bien. Allez, direction les Pyrénées et la Vallée d'Aspe.
Ascain → Saint-Pée-Sur-Nivelle → Espelette → Hasparren → Cambo-les-Bains...
Ah, une autre maison bien connue de la région aussi ici : la villa Arnaga.

Cambo-les-Bains, Arnaga (64)

Il s'agit d'une vaste maison basque que l'écrivain Edmond Rostand fit construire par l'architecte Joseph-Albert Tournaire entre 1903 et 1906. La décoration intérieure est pensée comme un décor de théâtre. Edmond Rostand dessina et décora lui-même les quarante pièces de la villa, sur près de 600 m2 au sol, en divers styles : anglais (pour le hall), chinois (pour le fumoir), Empire, ou encore Louis XVI. Le peintre Gaston La Touche contribua à sa décoration en peignant d'importantes toiles murales.

 

On continue.
Cambo-les-Bains → Saint-Palais → Navarrenx → Oloron-Sainte-Marie → Sarrance → Bedous.

En ce jour d'avril 2013, il fait beau à Bedous...
Bedous, place de la mairie (64)
            Bedous, terrain de rugby inondé (64)

Si, si, il fait beau, mais je n'avais fait aucune photo du village ce jour là. J'en ai donc choisies d'autres prises un autre jour.
Il y aurait pu avoir le marché sur la place du village (ci-dessus à droite), mais nous sommes dimanche et le marché a lieu le jeudi. Dommage, parait-il que c'est un lieu de convivialité et de rencontres autour des étaux des producteurs locaux.

 

Alors, comme il fait beau, Maître Arnaud me propose de suite une idée de balade.
MAÎTRE ARNAUD : "- Et si on allait dans un village abandonné en Espagne ?"

Ah ben, c'est pas banale comme idée, ça ?! Il faut dire que de Bedous, nous ne sommes pas si loin que cela de l'Aragon, région espagnole qui a connu un exode rural particulièrement intense et rapide au cours de la deuxième moitié du XXème siècle ; ce qui a contribué à "créer" de très nombreux villages abandonnés.

Nous avons donc l'embarras du choix.
carte villages abandonnés

Et c'est sur le village abandonné de Larrosa que notre choix se porte.
Pour s'y rendre, il nous faut traverser la vallée d'Aspe par Accous → Cette-Eygun → Urdos, puis passer sous le tunnel du Somport → Espagne → Candanchu → Canfranc-Estacion...

Aaaah, Canfranc et son immense gare abandonnée.
Canfranc, la gare internationale, façade

J'en ai déjà pas mal parlé dans ce blog. Juste pour une petite révision rapide, la gare internationale de Canfranc a été mise en service en 1928, à 1195 mètres d'altitude. En 1970, un accident ferroviaire provoquera sa fermeture. Elle est la seconde plus grande gare d'Europe. 240 mètres de long, 365 fenêtres et 156 portes. À l’époque, buffet, hôtel de luxe, bureau de change, infirmerie et poste douanier animaient les lieux.
La gare de Canfranc ressemble à un vaisseau fantôme, un navire abandonné. Majestueuse et fière au milieu des montagnes et d'une forêt de pins.
Pour en savoir plus sur ce lieu ô combien mystérieux, tu peux aller faire un tour par ici : La gare de Canfranc, partie 2.

Jaca, bar à tapas et extincteur blanc (Espagne)Nous passons l'imposante silhouette de la gare de Canfranc, puis la ville et ses boutiques frontalières pour entamer une belle descente en direction de Jaca où il y a quelques bons restaurants à tapas qui possèdent des extincteurs blancs.
Mais nous n'irons pas jusque là.

 

 

D'après la carte, pour rejoindre Larrosa, il nous faut quitter la E7 au niveau de Castiello de Jaca pour emprunter une route sans nom. C'est la vallée de la Garcipollera, petite vallée transversale sillonnée par la rivière Ijuez.

Carte Larrosa

C'est un endroit discret dont on entend peu parler dans les livres de randonnées ou d'histoire. Silencieuse, cachée.
"Vers la moitié du siècle dernier, l’État procéda a son expropriation pour la reforestation et éviter ainsi le colmatage du bassin du barrage de Yesa. Les habitants de Bescós, Acín, Larrosa et Villanovilla ont dû chercher un autre endroit pour vivre en laissant place à l’absence et au silence. Une Réserve Nationale de Chasse a été alors créée et trois cerfs ont été introduits, provenant de Tolède. Le trio s’est multiplié et aujourd’hui la vallée contient la plus grande population de cerfs de tout le pays." DECOUVREZ LA JACETENIA

La route goudronnée étroite est bordée de grandes pinèdes. Petite interruption lorsque nous passons à hauteur de Bescos où se trouve une énorme ferme expérimentale, propriété du Gouvernement d'Aragon. Cela ressemble à de l'élevage intensif où les animaux sont massivement entassés sur peu d'espace. Étonnant de trouver une telle activité ici. Peut être pour mieux se cacher. La route s'éclairicie un peu par la suite avec des champs, quelques arbres éparses et des ronces. Quelques kilomètres plus loin, nous apercevons sur notre droite le village de Villanovilla, le seul de la vallée. Nous décidons d'aller voir un peu ce qu'il s'y passe, et même, pourquoi pas, d'y manger.
Abandonné il y a quelques années, il a été reconstruit. Aujourd'hui, lorsque nous entrons en son centre, nous remarquons le nombre de maisons restaurées, toute en pierres apparentes. Le village est petit, mais un peu labyrinthique. Pas de panneaux, pas de civilisation. Maisons uniformes, grises, volets fermés marron clair, toits d'ardoises. Parfois, de hautes grilles noire semblent nous dire que nous ne sommes pas les bienvenus en tant que touristes voyeuristes. Mais il y a tout de même une auberge, Albergue la Garcipollera, spécialiste de grillades et barbecues.Il n'est pas évident à trouver car il n'y a pas d'enseigne et nous ne voudrions pas nous inviter inopinément chez des habitants qui ne font pas restaurant..

C'EST ICI !
Villanovilla, restaurant
Photo : Google maps

Nous entrons. L'intérieur est très chouette. Du bois et de la pierre. Nous commandons dos tinto en restant au comptoir. C'est tranquille.
Quelques minutes plus tard, nous ressortons pour reprendre la route en sens inverse. Nous quittons Villanovilla, redescendons un peu pour tourner sur la gauche à hauteur d'une ferme.
La route se fait piste. Nous passons une sorte de barrière canadienne, construite ici pour éviter que les troupeaux en liberté ne quittent ces lieux que nous nous apprêtons à traverser. Le doute est là. Allons-nous nous faire attaquer par quelques vaches ou autres cerfs zombis égarés ?
Eh bien non. Quelques kilomètres plus tard, nous arrivons au pied d'une église qui semble en ruine, là-bas, au milieu de la forêt sans feuille. Il s'agit de San Juan de Bautista, église romaine en ruine.

ÉGLISE SAN JUAN DE BAUTISTA
Jaca, église San Juan Bautista (Espagne)

Un panneau est posé sur le bord de la route pour nous donner quelques informations sur le lieu en espagnol.

Jaca, église San Juan Bautista, panneau (Espagne)Comme d'habitude, Maître Arnaud qui comprend et parle très bien cette langue ne veut pas me traduire ce qu'il lit. Il regarde le panneau, suit les lignes avec son doigt, lance un "Ah oui, c'est intéressant !", puis se tourne vers moi avec un large sourire et s'en va. Enfoiré !

 

 

Nous empruntons un petit sentier au milieu des ronces qui nous permet d'approcher l'édifice religieux.

Jaca, église San Juan Bautista

Jaca, église San Juan Bautista

Jaca, église San Juan Bautista, clocher (Espagne)   Jaca, église San Juan Bautista

J'entre dans les ruines avec prudence pour aller voir le lieu qui avait été pris en photo sur le panneau de bord de route. Des fois que je comprendrais quelque chose...

Jaca, église San Juan Bautista, autel (Espagne)           Jaca, église San Juan Bautista, autel, mousse (Espagne)
Ah oui, c'est beau ces taches de mousse.

Voilà ! C'est embêtant d'être face à des ruines et de ne pas comprendre leurs histoires. C'est embêtant d'être avec quelqu'un qui comprend l'espagnol, mais qui ne veut pas me traduire les écrits tout en continuant de sourire et de montrer chaque pierre avec le doigt. Oui, c'est embêtant tout ça. J'ai donc fait appel non pas à un ami, mais à Google traduction pour la fiche espagnole wikipedia de ce lieu. Voir ce qui est dit :
SAN JUAN BAUTISTA : "L'église paroissiale catholique romaine de San Juan Bautista à Acín , un hameau de la municipalité de Jaca, située dans la province espagnole de Huesca, dans la communauté autonome d' Aragon , existait déjà en 12/13. Siècle construit.
L'église romane est dédiée à Jean-Baptiste . Il a une nef et un choeur semi-circulaire, la tour a été ajoutée au 17ème siècle. Le toit de la nef est détruit et le bâtiment risque de se détériorer.

Cayetano Enríquez de Salamanca : Rutas del Románico et provincia de Huesca . Enríquez de Salamanca Editor, 2e édition, Madrid 1993, ISBN 84-398-9582-8 , p. 47." WIKIPEDIA

 

Bon, ben c'est pas si mal. En même temps, que veux-tu dire de plus ? Hein ? Hein ? Hein ? Ben ouais. Ben non.
Nous retournons sur la piste pour l'emprunter à pied en laissant la voiture sur le parking éphémère de l'église San Juan Bautista.

Larrosa, rivière Barranco de Acin (Espagne)Nous marchons un peu, puis prenons sur notre droite un petit sentier à hauteur d'un petit cours d'eau qui vient se jeter dans le Rio Ijuez encore bien fourni en eau à cette période de l'année... Si je dis cela, c'est parce que, dans un premier temps, nous ne parvenons pas à trouver un endroit pour pouvoir traverser et atteindre l'autre rive. Nous tentons quelques embardés infructueuses jusqu'à trouver un passage.

 

 

 

De là, nous traversons un paysage composé de pierres blanches et d'arbres mousseux aux silhouettes tortueuses.

Larrosa, arbre        Larrosa, arbreLarrosa, arbre

Et puis, tout à coup... Boh, on va pas trop en faire non plus... les arbres moussus deviennent arbres droits, longitudinaux (je sais pas si ça se dit... si ? Oui, ça se dit. OK, super, je suis bien content) et de couleur argent, semblant vouloir toucher le bleu du ciel et tout ça et tout ça.

Larrosa, arbres argentés (Espagne)

Larrosa, arbres argentés

Ohlalalalala, quelle métaphore ! Non, oui, je ne sais pas. C'est une métaphore quand on dit que les arbres semblent vouloir toucher le ciel avec leurs branches ? Hein ? On s'en fout ? Bon, d'accord.
Nous quittons à présent les rives du rio Ijuez, ses arbres moussus, puis argentés pour entrer dans une forêt de pins.
Maître Arnaud a l'air très sûr de lui. Il marche sans se retourner, poussant parfois quelques petits cris comme pour repousser quelques animaux sauvages qui viendraient à s'approcher trop de notre évolution. En ce qui concerne, je ne vois pas la moindre pierre d'un village en ruine par ici.

Larrosa, sur le sentier, arbres (Espagne)            Larrosa, sur le sentier, arbres et cabane oiseaux (Espagne)

J'en viens même à me demander ce que seraient venus faire les habitants dans un endroit aussi reculé.

Pour passer le temps,
je m'invente un village qui aurait existé...

Et puis... et puis... Après avoir marché et marché dans cette forêt en suivant ce mur de pierres, la forêt s'éclaircit soudain. Nous avançons fébrilement. Peut être est-ce ici que commence Larrosa ? Nous avançons encore un peu. Un long mur de terre naturel obstrue notre vue sur l'horizon. Nous grimpons et soudain...

IMG_4462
Ah non, merde, je me suis gourré de dossier-photos.
Ça, c'est une photo de Venise du dossier Nevers-Krk.

On la refait !

 Nous avançons encore un peu.
Un long mur de terre naturel obstrue notre vue sur l'horizon.
Nous grimpons et soudain...
Larrosa, village, arrivée (Espagne)
Aaaaah, pas pareil !


Bon, là, on ne voit pas bien parce qu'il y a un arbre devant, mais en avançant un peu...

Larrosa, village, panorama

Bon... C'est chiant tous ces arbres là !!!! En même temps, celui-ci est sympathique avec ses bourgeons, cela apporte une petite touche de vie et de renouveau à ce lieu abandonné.

Avançons.

Dans un premier temps, le regard embrasse le village entier. Les ruines éparses dessinent d'anciennes cours et maisons.

Larrosa, village, immeubles

Larrosa, village, arbre dans immeuble (Espagne)            Larrosa, village, immeubles

Larrosa, village, panorama

Larrosa, village, panorama           Larrosa, village, profil (Espagne)

C'est impressionnant. Toutes ces pierres, toutes ces ruines. On ne peut s'empêcher de penser aux gens qui ont habité et vécu ici avant de se faire déloger dans les années 1964-65 par l'état.
Nous traversons les ruines par de larges chemins qui, peut être, autrefois, étaient des rues. Aujourd'hui gagnées par les herbes.

Larrosa, village, panorama

Larrosa, village, une rue (Espagne)


Une autre question se pose
en traversant cet ancien village de Larrosa...

Eh oui, y'avait-il des commerces ? Les habitants vivaient-ils en autarcie ? Avaient-ils des jardins où ils faisaient pousser des légumes, des fruits ? Avaient-ils du bétail, des poules, des lapins ? Avaient-ils fait des raccords pour avoir de l'eau potable depuis le Rio d'Ijuez ou le ravin de Acin situé juste en bas du village ? Nous avançons...

Le regard s'arrête sur les façades écartelées...
Larrosa, village, panorama

Larrosa, village, immeuble (Espagne)           Larrosa, village, immeuble, façade (Espagne)

 

Larrosa, village, immeuble, façade         Larrosa, village, immeubleLarrosa, village, immeubles (Espagne)

Larrosa se situe à 1 070 mètres d'altitude. Le village a compté jusqu'à dix-huit maisons habitées pour 137 habitants en 1900, mais il est inhabité depuis les années 1960. Il a connu un exode rural important au cours de la première moitié du XXème siècle et les derniers habitants ont été expropriés dans le cadre de la construction du barrage de Yesa.

Une grande maison m'intrigue plus particulièrement. Elle possède un petit balcon en fer forgé qui a tenu.

Larrosa, village, panorama

Larrosa, village, balcon            Larrosa, village, balcon (Espagne)

Jénorme à Larrosa, par Arno (Espagne)            Larrosa, village, immeuble, intérieur, balcon (Espagne)

Quand on entre entre certains murs...

Larrosa, village, immeuble, façade            Larrosa, village, immeuble, intérieur (Espagne)

Une sorte de curiosité un peu malsaine s'installe. Peut être allons-nous trouver quelque chose... Un peu comme le propriétaire d'un garage à Washington, en 1964.
"Cela fait plusieurs mois qu'il n’avait plus reçu de loyer de son locataire. Ignorant que ce dernier n’est plus de ce monde, il décide de forcer la porte. Mais il est loin de se douter de ce qu’il va y trouver…
Devant ses yeux se dressent 180 objets de toutes tailles. Ils sont constitués de carton, de plastique, de bois ou encore de bocaux.
Il ne s'agit pas d'un simple débarras : ces objets sont recouverts de feuilles d’aluminium, ce qui leur donne une allure précieuse. Tout ressemble à du mobilier religieux : autels, croix, chaires, prie-Dieu…
Et au milieu de ce capharnaüm se trouve la pièce maîtresse, un gigantesque trône abondamment orné. Il fait tout de même plusieurs mètres de haut ! Qui a bien pu façonner tout cela ?

le trône du troisième cielIl s’agit de James Hampton, agent d’entretien de son état. De 1950 à sa mort quatorze ans plus tard, il prend l’habitude de se rendre chaque nuit dans ce dépôt-meuble improvisé. Seul, à l'abri des regards, il assemble patiemment ce qu’il a glané durant la journée.
Son travail est caractéristique de "l’art brut" : un art libre et spontané, créé hors des circuits traditionnels.
Hampton, autodidacte, n’a pas la moindre formation artistique. Il ne se considère pas comme un artiste, mais plutôt comme un prophète.
Ce créateur illuminé a d’ailleurs rédigé tout un carnet où il décrit ses visions mystiques tantôt en anglais, tantôt dans une langue imaginaire inventée par ses soins !
Alors, est-ce vraiment de l'art ? La question ne se pose pas pour le Smithsonian American Art Museum de Washington, qui conserve aujourd’hui le Trône du 3e Ciel…" ARTIPS

 

Nous ne découvrons pas de trésor, mais une vieille brouette rouillée et la nature qui reprend peu à peu ses droits sur les constructions humaines.

Larrosa, village, une brouette (Espagne)

Larrosa, village, immeuble, intérieur          Larrosa, village, immeuble, intérieur

Nous montons un peu plus haut dans le village. Ce n'est pas qu'il est très grand, mais l'église se trouve sur les hauteurs. Pour l'atteindre, nous passons devant un "coin pique-nique"...

Larrosa, village, coin pique-nique (Espagne)

 

À quelques mètres, l'église. Tout d'abord, elle joue à cache-cache avec les arbres...

Larrosa, village, église San Bartolomé (Espagne)         Larrosa, village, église San Bartolomé, arbres (Espagne)

Et puis, elle se découvre. Il s'agit de l'église San Bartolomé. Elle est (était) de style roman. Pas de messe aujourd'hui.

Larrosa, village, église San Bartolomé, derrière (Espagne)

Larrosa, village, église San Bartolomé, clocher (Espagne)             Larrosa, village, église San Bartolomé, profil (Espagne)

Larrosa, village, église San Bartolomé, profil

 

À l'intérieur...
Larrosa, village, église San Bartolomé, autel
          Jénorme est dans l'église de Larrosa (Espagne)


Vue panoramique sur le village

depuis le clocher.
Larrosa, village, église San Bartolomé, vue sur le village (Espagne)

 

Bon, ben... On a fait le tour.
Nous retrouvons le petit sentier par lequel nous sommes arrivés afin de quitter ce lieu en silence.

Aujourd'hui, certains de ces villages abandonnés espagnols sont à vendre ; ce qui séduit de plus en plus les amateurs de vie à la campagne (cf : El Pais).
L'Espagne compte plus de 3000 villages abandonnés. Plusieurs centaines sont sur le marché. Les prix démarrent autour de 50 000 euros. Le prix moyen oscille entre 200 000 et 450 000 euros.