Tu aimes la Bretagne ? Tu aimes l'océan Atlantique du Pays Basque et les plages landaises ? Tu aimes manger des pintxos à San Sebastian ? Eh bien, ça tombe bien puisqu'aujourd'hui, nous nous rendons dans les Alpes, et plus précisément en Haute-Savoie.
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...



Souvenez-vous, comme dirait Michel Drucker, l'été dernier, je suis allé faire un tour en famille du côté de Sallanches. 
Sallanches est commune française située dans le département de la Haute-Savoie, 74 pour les intimes. Elle a la particularité de se trouver dans une ancienne plaine glaciaire traversée aujourd'hui parl'A40, également appelée Autoroute Blanche à ce niveau car elle emmène chaque jour des milliers de voitures et de camions vers l'ancienne vallée glaciaire du Mont Blanc, appelée plus couramment la Vallée Blanche. Comme quoi, tout se retrouve et c'est tant mieux.
Alors, bien sûr, nous ne sommes pas venus à Sallanches pour passer une semaine au bord de l'autoroute à compter les bagnoles, mais pour découvrir ce que la ville et ses environs pouvaient offrir comme activités diverses.

Lors d'un billet précédent, Flavie et moi-même nous étions rendus au musée Chaplin (Chaplin's world) à Corsier-sur-Vevey, en Suisse...

Jénorme à Chaplin's World

Aventure que tu peux retrouver en cliquant sur COMMENT ALLER A CORSIER-SUR-VEVEY DEPUIS SALLANCHES ? pour constater que la ville suisse n'est pas du tout proche de la commune savoyarde.
Maintenant, il nous faut trouver une activité qui ne nécessite pas forcément de parcourir 400 bornes en bagnole.

ALORS ?
Aujourd'hui, notre choix s'est porté sur une petite randonnée dont le départ se fait à Cordon. Pas Cordon bleu, pas cordon ombilical, pas filer un mauvais cordon... ah non, coton : filer un mauvais coton !
Non : Cordon est aussi un petit village de Haute-Savoie, couramment appelé le "Balcon du Mont Blanc" en raison de sa situation géographique.
Dit comme ça, pour les plus terre-à-terre d'entre nous ou pour ceux qui travaillent dans l'immobilier, il est possible que nous nous imaginions le Mont Blanc avec un balcon. C'est à dire que tu as le Mont Blanc, voilà, bien, la montagne, avec un balcon dessus. Attends... euh... le Mont Blanc... et... Ah, je m'explique mal.

Avec un petit dessin rapide,
ça va aller mieux
.
balcon du Mont Blanc

Eh hein, c'est clair ?! Hein ? Hein ? Hein ? Non ?

Bon, alors avec une photo-montage, 
ce sera plus compréhensible...
Aiguille du Midi, Mont Blanc vue depuis l'Aiguille du Midi (74)

Hein ? Hein ? Hein ? Ouais bon, on va pas y passer la nuit non plus !

Prenons le logo du village 
et que l'on en parle plus !
balcon du mont

Cordon, petit village de Haute Savoie, est appelé "balcon du Mont Blanc", non pas parce qu'il se situe sur le Mont Blanc sous la forme d'un balcon, mais parce qu'il propose un panorama exceptionnel sur la montagne mythique. Enfin... quand il fait beau... parce que quand il pleut, on ne voit pas grand chose.
C'est ce que nous avons découvert en nous rendant au bout d'une route sans nom qui semblait nous mener nulle part. De virages en épingle en montée brutale sur une asphalte parfois entrecoupée de petites herbes, nous avons progressé dans le doute au milieu d'alpages presque vierges. Et tout cela pour arriver au bout du bout. Et qu'est-ce que ce bout du bout ? Une falaise, une pointe, comme en Bretagne ? Mais non, le bout du bout ici, dans les Alpes, c'est une piste de ski sans neige. Petit clin d'oeil à Charlélie Couture que l'on salue au passage.

♫ Comme une piste de ski sans neige ♪
♪ J'ai marché toute la nuit... ♫

BREF : une fois arrivés au bout du bout de la falaise sans nom transformée en piste de ski sans neige je-ne-comprends-rien-à-ce-que-j'écris, l'heure est au constat : impossible de se lancer dans une randonnée aujourd'hui.

Eh oui, quand il pleut, 
Cordon n'est plus que le balcon sans Mont Blanc.Cordon, le refuge, arc-en-ciel (74)

Du coup, nous nous sommes dits : peut être que si on enlève le balcon, on verra mieux le Mont Blanc...

Cordon, Le Refuge, arc-en-ciel sur le Mont Blanc

Mais non. 
Ce jour là, Cordon était le balcon de l'arc-en-ciel.Cordon, le refuge, arc-en-ciel

Et soyons d'accord : on ne sait plus trop ce que ça veut dire. Mais déjà, une question se pose : faut-il changer le logo du village en remplaçant la vache qui y figure par une licorne ?

balcon du mont a

Il faut dire que, de nos jours, en l'an 2018, la licorne est à la mode. On la retrouve déclinée sous différentes formes (vêtements, peluches, maquillage, cadeaux, déguisements,...) et semble être une vraie passion pour les enfants et parfois même les adultes.
Rappelons que, selon la légende, la licorne serait un animal farouche qui n'accepte de se montrer qu'à une femme vierge (de préférence lorsque celle-ci est dénudée dans un bois sombre, mais passons...). En effet, seule la pucelle aurait le pouvoir de domestiquer la licorne et de nouer une complicité avec elle. Mais, à en croire les récits mythologiques, cette complicité serait de courte durée. En effet, la vierge ne serait que l'appât qui permet aux chasseurs (des hommes donc) de capturer la bête afin de lui ôter sa corne et par la-même ses pouvoirs magiques qui lui permettent d'éliminer les poissons et de purifier l'eau.

Bon... Dis comme ça, on se demande pourquoi la licorne fascine autant les enfants. Une réponse est apportée par le magazine Marie-France sur lequel je suis tombé par hasard en me rendant chez mon garagiste :
"La licorne et sa farandoles de petits coeurs et arc-en-ciel n’est rien d’autre que le croisement entre le petit poney de notre enfance et la corne, symbole phallique évident ? La licorne représente la dualité entre notre souhait de rester petite fille pure et celui de devenir une femme à la sexualité bestiale."

Je ne suis pas trop convaincu par cette analyse psychologique, mais, en même temps, je ne suis pas une femme.
Toujours est-il que cette histoire de licorne et de poney me rappelle en mémoire cet épisode de l'excellente série "Tu mourras moins bête, mais tu mourras quand même" :

 

ALORS !
Une chose est sûre : pas possible de faire la petite randonnée prévue pour découvrir le Mont Blanc depuis un balcon.
Nous sommes donc entrés dans le bar-restaurant Le refuge qui se trouve au bout du bout de cette route mystérieuse sans nom qui ne cessait de monter avec del'herbe parsemée au milieu de l'asphalte. Simplement, tranquillement, nous avons fait tout ce que bon citoyen aurait à notre place par une telle météo...

Cordon, au refuge (74)

Très bien accueillis dans une ambiance calme et agréable, nous nous sommes promis de revenir... même s'il ne devait plus jamais faire soleil.
En attendant des jours meilleurs, nous sommes ensuite redescendus sur Sallanches.

 

QUELQUES JOURS PLUS TARD
Aaaaaah, il fait beau !
C'est donc avec un immense plaisir et une joie certaine que nous prenons la route D113 nous menant de Sallanches à Cordon.
Cordon éparpille son territoire communal sur plus de 2235 hectares avec une altitude oscillant entre 580 et 2520 mètres ; ce qui laisse une amplitude importante de randonnées diverses et variées. Nous passons devant la charmante église Notre-Dame-de-l'Assomption.

Cordon, église Notre-Dame-de-l'Assomption et Mont Blanc (74)

Une fois le centre-bourg passé, nous retrouvons la route sans nom qui nous re-conduit au bar-restaurant Le refuge, terminal de l'asphalte. Oui, oui, oui, on peut aussi y aller quand il fait beau ! Et puis, il est midi donc pourquoi ne pas profiter de la magnifique terrasse pour boire un petit apéro et manger une bonne tartiflette avant de se lancer sur les sentiers de randonnée ? Hein ? Mais bien sûûûûûr !!!!

ALLEZ : 
APERO !
Cordon__martini_blanc__74_
Quelle belle vue sur le Mont Blanc !

 
ALLEZ :
TARTIFLETTE !!!
Cordon__au_Refuge
      Cordon__le_Refuge__tartiflette__74_
Et quelle belle vue sur le Mont Blanc !

Bon, très bien ! Alors, qu'est-ce qu'y's'passe maintenant ?
Eh bien, nous avons dit que nous irions marcher pour apprécier les charmes du balcon du Mont Blanc. Allons-y !

Pour faire comme nous l'indiquaient l'office du tourisme de Cordon et le site Randos Mont Blanc, il aurait fallu que nous redescendions au lieu-dit Les Mouilles pour effectuer la vraie randonnée appelée  "La crète des Bénés". Mais bon, vu que nous étions au Refuge, on n'allait pas redescendre pour remonter, hein. On aurait perdu du temps pour rien, on est bien d'accord.
Après avoir tenté de décrypter la carte fournie par les hautes instances de la randonnée alpine, nous nous sommes lancés à l'assaut de la montagne. Voici en gros le trajet que nous devrions réaliser si nous ne nous perdons pas.

carte Cordon a

Vu comme ça, on a l'impression que cela fait une boucle, mais crois-moi, ça n'a pas été simple. Nous avons du louper quelques balisages et autres panneaux indicatifs, mais nous avons à peu près fait ce que nous avions prévu. De plus, vu que cette randonnée se passe en altitude avec une vue toujours dégagée sur la Vallée Blanche, nous ne pouvions pas nous perdre. Nous égarés, oui, mais pas nous perdre au point d'appeler les hélicoptères et les secours.

ALLEZ, 
ON Y VA !

Nous quittons Le Refuge, son balcon, sa terrasse, sa tartiflette, son panorama sur la chaîne du Mont Blanc et son drapeau savoyard.

Cordon, le Refuge, panorama (74)

Cordon, le refuge, drapeau savoyard (74)

Nous traversons les pistes de ski de la station de Cordon.
En été, ce sont de longues descentes d'herbes vertes vierges en haut desquelles nous pouvons entendre quelques sons de cloches, sûrement émises par un troupeau de licornes... de vaches posté plus haut.
Le sentier est assez large et s'enfonce doucement dans une forêt de résineux, d'où persiste à se montrer le Mont Blanc.

Cordon, randonnée belvédère, Sallanches et Piste rouge (74)                Cordon, randonnée belvédère, Mont Blanc et sapins

Cordon, randonnée belvédère, Mont Blanc et sapins (74)

Nous sortons très rapidement de la forêt pour passer devant deux grandes maisons isolées au charme savoyard.

Cordon, randonnée belvédère, chalet (74)     Carte rando 1 a

À quelques mètres de ces habitations solitaires, comme nous ne voyons pas de panneaux indicatifs, nous prenons un virage à 90° pour rejoindre une sente qui nous amène à une petite fontaine, puis directement à un autre bar-restaurant d'altitude, L'Alpage de l'Herney, du nom du lieu où nous nous trouvons.

Cordon, randonnée belvédère, fontaine (74)         Carte rando 1 a1

l'Herney restaurant
Photo : Alpage de l'Herney 

Beaucoup de monde dispersé un peu partout pour ripailler, boire un verre ou profiter des transats mis à disposition de la clientèle afin d'apprécier une vue imprenable sur le Mont Blanc.
Que srt-on de bon à l'Alpage de l'Herney ? Eh bien, apparemment, les beignets de pommes de terre sont la spécialité du restaurant. Mais il y a aussi des omelettes, des salades, des assiettes de charcuterie, de la fondue savoyarde,...
Mais bon, nous avons déjà mangé et nous n'allons pas nous arrêter boire une verre après avoir parcouru seulement un kilomètre. D'ailleurs, la question se pose : allons-nous pouvoir randonner tranquillement sans croiser un bar ou un restaurant qui nous donnera envie de nous arrêter toutes les cinq minutes pour profiter du paysage ? Hein ? Non, mais je pose la question !

ALLEZ
CONTINUONS !

Je ne sais pas trop ce qu'il s'est passé après ce passage à proximité du restaurant, mais nous avons perdu toute trace de balisage pour rejoindre le plateau des Bénés. Plus rien ! Pas un panneau, pas un signe de peinture ! Que dalle !
Nous nous sommes donc lancés à l'aveuglette à l'assaut d'un champs pour aller nous poser vers ces belles licornes savoyardes... euh non... ces belles vaches savoyardes, très bien fournies au niveau sonorités.

Cordon, randonnée belvédère, vaches (74)         carte rando 2

Cordon, randonnée belvédère, vaches

Après être restés quelques minutes auprès de ces belles Savoyardes, nous reprenons notre chemin hasardeux en continuant de traverser ce champ à la recherche d'un chemin, d'un sentier, d'un signe de randonnée.
Quelques mètres plus loin, vers le sud, nous rattrapons un large chemin qui doit servir en hiver à l'acheminement de matériel pour les différentes remontées mécaniques du secteur. Le Mont Blanc semble nous observer de ses 4809 mètres avec un air hautain et suspicieux.

Cordon, randonnée belvédère, sentier et Mont Blanc(74)

De leurs côtés, les belles Savoyardes ne nous lâchent plus et semblent vouloir nous suivre où que nous allions...

Cordon, randonnée belvédère, vache (74)        Cordon, randonnée belvédère, vache de profilCordon, randonnée belvédère, vache et cloche (74)        Cordon, randonnée belvédère, vache et sapins (74)

Ont-elles que nous nous perdâmes... perdîmes... perdions, oui perdions, c'est bien ! Ont-elles peur que nous nous perdions ou veulent-elles nous dire que nous sommes enfin sur le bon chemin ?
Toujours est-il que cela ne nous rassure pas. En plus, leurs cloches font un boucan de tous les diables et nous ne nous entendons plus parler. C'est vrai quoi : le son des cloches, c'est beau, mais, à un moment, quand c'est trop, c'est trop !

Cordon, randonnée belvédère, vache de profil

Finalement, après quelques mètres de montée abrupte, elles nous laissent pour s'en aller faire semblant de brouter quelques pommes de sapins.
D'après la carte que nous n'avons pas, nous évoluons sur le chemin appelé Chemin des Chars. Celui-ci nous fait passer de 1405 à 1537 mètres d'altitude ; là où se termine le téléski de l'Herney.

carte 3 a
Carte : IGN portail

C'est également ici, à ce point névralgique, que commence la randonnée. Enfin, ça, c'est mon goût personnel.
Le chemin large et carrossable devient sentier obscure et très grimpant. Nous allons à présent quitter les vertes prairies et les éparses chalets pour nous plonger dans une ascension peut être vertigineuse.
Effectivement, nous prenons très vite de l'altitude. Virages en épingle, serrés. Alternances vue dégagée-vue obstruée. La vue est magnifique et nous comprenons pourquoi Cordon est surnommée "Balcon du Mont Blanc" lorsque nous errons sur une étroite corniche avec une vue déjà imprenable sur la vallée Blanche et sur la majestueuse chaîne du Mont Blanc.

Cordon, randonnée belvédère, 1 panorama vallée Blanche (74)

carte 4 a

Cordon, randonnée belvédère, 2 panorama Mont Blanc

 QUEL PANORAMA !

De gauche à droite, ne voilà-t-il pas que voici que nous apparaît cette imposant masse rocheuse dominant la ville de Sallanches, j'ai nommé la Tête du Colonney, suivi de très près par Le Sautet et des aiguilles Rouge et de Varan.
Juste derrière dans la perspective qui nous est proposée, c'est le Massif du Mont Blanc dans son ensemble !
Ici se succèdent de gauche à droite toujours, les Aiguilles Verte, de Dru, de Talèfre et de Leschaux avant de découvrir le col des Hirondelles puis les fameuses et ténébreuses Grandes Jorasses, dominées par la Dent du Géant ! Une pointe sort de ce magma rocheux, c'est l'Aiguille du Midi. Notre regard poursuit son aventure en s'accrochant au Mont Blanc-du-Tacul, puis le Mont Maudit avant de s'arrêter sur le seul, l'unique, le dominant Mont Blanc avant de redescendre vers le Dôme du Goûter !

Allez,
on recommence dans le détail.

Cordon, vue sur Sallanches et les aiguilles de Varan (74)
La Tête du Colonney, suivi de très près par Le Sautet et des aiguilles Rouge et de Varan

Cordon, massif du Mont Blanc, de l'Aiguille Verte à l'Aiguille du Midi
De l'Aiguille Verte à l'Aiguille du Midi

Nous reprenons notre marche sur le petit sentier. Nous devons être à environ 1650 mètres d'aktitude. Quelques virages et quelques mètres plus loin, nouvel arrêt panoramique.

Cordon, randonnée belvédère, 2 panorama Mont Blanc

Le Mont Blanc domine la plaine glaciaire où l'on peut voir l'étendue bleue du lac de Passy.

Cordon, randonnée belvédère, 2 panorama Mont Blanc (74)

Juste en dessous de nous, nous retrouvons le chemin suivi. Le domaine skiable de Cordon apparaît avec le téléski de l'Herney. Au centre, en bas, le restaurant L'Alpage de l'Herney à côté du chemin blanc.

Nous continuons de grimper. Toujours un peu plus loi, la vue sur le plateau se précise. Les chalets nous apparaissent, dominés par la chaîne des Aravis d'où s'extirpe la Pointe Percée (2750 m).

Cordon, randonnée belvédère, chalets des Bénés et les Aravis (74)

Nous quittons le petit sentier étroit de la corniche pour rejoindre un autre sentier traversant une vaste étendue herbeuse, appelée la Croix du Planet... que nous n'avons pas vue. Derrière nous, une butte rocheuse défie modestement le Mont Blanc.

Cordon, randonnée belvédère, chalets des Bénés, vue sur le Mont Blanc (74)

 

Nous arrivons à un embranchement. Nous quittons le petit sentier pour tomber sur un large chemin de traverse carrossable. Enfin des panneaux indicatifs !

Cordon, randonnée belvédère, chalets des Bénés, panneaux et Mont Blanc (74)        carte 4

Si nous partons à gauche, nous allons en direction de la Cabane du petit Pâtre, qui est une toute petite cabane en bois située à 1915 mètres d'altitude, sur la crête des Bénés, un peu au-dessus du col de Niard. Elle se divise en deux parties. L'une est fermée car réservée au berger durant l'été. L'autre, plus spartiate, propose un banc et de la place pour deux personnes. Il est possible d'y dormir à condition d'amener son matériel de bivouac pour dormir au sol sur les lattes. A l'extérieur, une grande table en bois permet de se poser et de pique-niquer avec, toujours, une vue superbe sur la chaîne du Mont Blanc. Mais pas de bar, ni de restaurant !
Nous partons donc à droite, direction Les Chalets des Bénés et la Tête Noire.
Le chemin est large. Il s'agit du GR de pays. La portion sur laquelle nous évoluons s'appelle Chemin des Têtes ; un chemin de grande randonnée qui fait le grand tour du Mont Blanc.
Ici, il évolue entre le panorama Mont Blanc et la chaîne des Aravis.

Cordon, randonnée belvédère, chalets des Bénés, champ et massif du Mont Blanc (74)

Cordon, randonnée belvédère, chalets des Bénés, les Aravis et champ (74)

Quelques minutes plus tard, sans effort, nous arrivons aux Chalets des Bénés, altitude 1723 mètres très précisément.

Cordon, randonnée belvédère, chalets des Bénés, chalet et massif du Mont Blanc (74)

Cordon, randonnée belvédère, chalets des Bénés, panneaux (74)         Cordon, randonnée belvédère, chalets des Bénés, massif du Mont Blanc et chalet (74)

Là encore et toujours, la vue sur le massif du Mont Blanc est grandiose. Oui, j'essais de changer d'adjectif à chaque fois pour ne pas être trop répétitif.

Cordon, randonnée belvédère, chalets des Bénés, massif du Mont Blanc (74)

D'ici, nous observons d'avantage cette longue coulée de glace grise représentée par le glacier de Bionnassay.

 Cordon, randonnée belvédère, 3 panorama Mont Blanc (74)

Son point culminant se situe à 4304 mètres d'altitude, au sommet du Dôme du Goûter. Son point bas est situé à 1800 mètres, non loin du hameau qui porte son nom. En 2017, son épaisseur maximale atteignait 90 mètres pour une longueur horizontale de 5500 mètres et une superficie de 3,4 km2. Avec tous ce schiffres, il reste pourtant le plus petit des grands glaciers de la partie française du massif du Mont-Blanc.
En 1892, le torrent qui évacue l'eau de ce glacier fut à l'origine de la plus grande catastrophe glaciaire française, provoquant la mort de 175 personnes dans les communes de Bionnay, Saint-Gervais et au Fayet.

"La catastrophe du glacier de Tête-Rousse (Massif du Mont Blanc, France) s'est produite dans la nuit du 11 au 12 juillet 1892.

La rupture d'une poche d'eau sous-glaciaire, située à 3150 m d'altitude environ, a entraîné la libération d'une importante masse d'eau, estimée à 200000 m3.
A ces 200000 m3 d'eau se sont ajouté les 90000 m3 de glace qui constituaient le bouchon qui a été expulsé.
Toute cette masse en mouvement a ensuite emprunté l'étroit couloir du Bossonney, en l'érodant intensément (800000 m3 ont été mobilisés dans cette vallée).
Le mélange d'eau, de glace et des matériaux érodés a donné naissance à une lave torrentielle énorme.
Après de nombreux phénomènes d'embâcles et débâcles, cette masse de boue a rapidement (sa vitesse a été estimée à 14 m/s) atteint l'établissement thermal de Saint-Gervais et ses environs, où elle a tout dévasté, faisant 175 victimes.
En poursuivant son chemin, elle s'est étalée dans la plaine en aval jusqu'à l'altitude de 600m, en laissant sur place quelques 600000 m3 de matériaux.
D'après les témoins, la rupture de la poche d'eau a provoqué une détonation, ainsi qu'un violent effet de souffle.
La poche qui s'est rompue était constituée de 2 cavités communicantes, et Vallot (1892) a estimé à 3 ou 4 mois, le temps nécessaire pour accumuler cette quantité d'eau.
Il semble, d'après les croquis exécutés par Vallot, que l'origine de la poche soit consécutive à un effet de barrage de l'écoulement sous-glaciaire par la glace, au niveau d'un seuil rocheux dans le profil longitudinal.
Suite à l'érosion mécanique de la glace par les eaux, cette disposition en seuil a favorisé la constitution d'une énorme cavité sous-glaciaire, qui a progressivement débordé du seuil rocheux vers l'aval.
Lorsque la pression exercée par l'eau sur la glace a été suffisante, la partie de glace jouant le rôle de bouchon a été arrachée et pulvérisée ; le départ de l'eau accumulée dans la cavité sous-glaciaire a alors provoqué l'effondrement de la voûte amont qui la surmontait.
Pour éviter une deuxième catastrophe de ce type, il fut décidé de construire un tunnel de drainage qui permettrait à l'eau de s'évacuer. Un premier tunnel fut foré entre 1899 et 1900.
Ce tunnel avait pour objectif d'évacuer l'eau accumulée au niveau de la cavité supérieure du glacier, derrière le seuil rocheux.
Mais après son creusement, ce tunnel était à une altitude trop élevée pour pouvoir vider toutes les eaux de la poche. Il fut donc décidé de construire une nouvelle galerie Le tunnel devait relier la base du glacier de Tête Rousse au versant ouest qui descend vers le glacier de Bionnassay, car le versant nord est obstrué par un glacier (glacier de la G En 1904, le tunnel fut achevé et permit l'évacuation des 22000 m3 d'eau qui s'étaient accumulés depuis 1892 dans la nouvelle crevasse.
Depuis, la sortie du tunnel est régulièrement nettoyée tous les deux ans par l'O.N.F. (Office National des Forêts). Il n'y a plus jamais eu d'accident. l'orifice se situerait à 3115 mètres d'altitude."  GLACIERS-CLIMAT

 Nous prenons à présent le sens de la descente. Une descente tranquille pour commencer toujours en suivant le GR de pays, ou Chemin des Têtes.

Ah, attention,
pause vaches !
Cordon, randonnée belvédère, chalets des Bénés, Mont Blanc et eau (74)

Cordon, randonnée belvédère, chalets des Bénés, massif du Mont Blanc et vaches (74)           Cordon, randonnée belvédère, chalets des Bénés, vaches (74)

Cordon, randonnée belvédère, chalets des Bénés, vaches et Mont Blanc

Voilà !
Il en nous reste plus qu'à entamer la descente pentue en direction du Refuge pour boucler la boucle de cette belle petite randonnée.
Pour cela, un petit chemin sur la droite nous indique la voie du retour par un petit sentier descendant dans la forêt. Et oh surprise, en sortant de la forêt après cette raide descente, que ne voit-on pas ? Oui, des vaches, c'est vrai, mais également une baignoire-fontaine.

Cordon, randonnée belvédère, baignoire           carte 5 a

 

 

DANS UN PROCHAIN ÉPISODE

Nous nous rendrons à Chamonix, puis à la Mer de Glace pour constater que même s'il fait froid en hiver, le réchauffement climatique continue son petit travail de sape.