Bon, je ne vais pas répéter le même résumé à chaque nouveau billet sur le sujet, mais sache qu'au mois de juillet-août dernier, Maître Arnaud et moi-même avons décidé de nous rendre sur l'Isthme de Courlande. Mais pour ce faire, il nous fallait passer par Kaliningrad en longeant la Mer Baltique.
Alors, à ce moment précis de ta lecture, toi lecteur, tu te dis : "Mais qu'est-ce qu'y raconte ?", surtout que, comme tu peux le voir dans le titre ci-dessus, on ne sait même pas où nous allons nous arrêter pour cette première étape qui s'intitule donc : "De Nevers à ?"
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

 

Nous sommes très précisément le...

MERCREDI 24 JUILLET 2013

...et nous sommes à...

VARENNES-VAUZELLES

Petite commune limitrophe de Nevers et troisième plus grande ville de la Nièvre (alors t'as qu'à voir !), Varennes-Vauzelles est également connue pour être le lieu où l'aviatrice et poète Evelyn Graham Frost s'écrasa le 5 janvier 1934 ; ou encore pour ses ateliers de réparation ferroviaires ; ou encore pour sa cité ouvrière ; ou encore pour ses maires communistes depuis 1944 ; ou encore pour être le berceau des Tambours du Bronx ; ou encore pour son domaine de la Beue ; ou encore pour être une commune en faveur de la Paix...

Jénorme au domaine de la Beue (58)     communisme

Varennes Vauzelles, Tambours_du_bronx     varennes vauzelles statue

varennes vauzelles

Oui, on ne vas pas refaire le couplet : "Mais est-ce que ça existe une ville pour la guerre ?" parce que, bon, ce serait trop facile ; mais tout de même, est-ce que ça existe une ville pour la guerre ? Quelle nom porterait-elle ? Quelles seraient les principales occupations des habitants ? Faut-il toujours chercher la merde et la baston dans une ville pour la guerre ? Est-ce que quelqu'un qui se baladerait dans les rues de cette ville pour la guerre sans être armé serait-il automatiquement dénoncé et arrêté, voire fusillé ?
BREF : Il est très précisément 7 heures du matin lorsque nous nous retrouvons parents, Maître Arnaud et moi-même pour échanger quelques mots avant de tracer la route vers des contrées lointaines. Au programme, les départements du Loiret, Seine-et-Marne, l'Essonne, Val-de-Marne, Paris, Hauts-de-Seine, Marne, Meuse, Moselle ; puis, normalement, ce sera l'Allemagne, la Pologne, la Russie, la Lituanie et... Oh, dis don', écrite comme ça, cette phrase ferait presque penser à la chanson "Je vole" de Michel Sardou.

michel-sardou-je-voleChanson incroyablement triste évoquant, apparemment, la fugue nocturne d'un fils, loin de la maison familiale. Michel Sardou, qui l'a écrite seul, parle plutôt du suicide d'un fils qui explique son geste par ces mots.
Mes parents m'avait offert le 45 tours alors que je n'avais que 4 ans.
C'est étrange comme cadeau, non.

 

 

mange disqueMais je me souviens écouter en boucle ce disque en faisant semblant de jouer du piano sur le mange-disque Corallo orange qui n'arrêtait pas de sauter, répétant, parfois, en boucle "je pars, je pars, je pars, je pars, je pars, je pars...". Du coup, je mettais la Face B qui, elle, était beaucoup plus tonique puiqu'il s'agissait de "8 jours à El Paso".


En attendant de traverser tout ces départements et pays en voiture pour un trajet de plus de 4678 km répartis sur deux semaines...

nevers Kaliningrad

...nous buvons quelques cafés en lisant attentivement LE journal local qui n'est autre que Le Journal du Centre.

journal du centre

Oui, je sais : j'en ai déjà parlé, mais je l'aime ce putain de journal ! Anecdotes, actualités locales, brèves, faits divers insolites.
T'en veux une paire ? Eh bien voilà :

 

Original: on a testé pour vous une nuit dans une vache
JDC vacheLe Diverti’Parc de Toulon-sur-Arroux propose un nouvel hébergement très insolite. Le parc de jeux consacré à la vache a ajouté à sa liste d’hébergements insolites, une vache écolodge. D’une surface de 35m2, elle est capable d’accueillir jusqu’à neuf personnes.

Ce n’est pas le seul type d’hébergement proposé par Flavien Fuchey, mais celui-ci mérite bien son nom d’insolite. En effet, une vache de 10 mètres de long côtoie les habituels roulottes ou carré d’étoiles du Diverti’Parc. Et pourquoi une vache plutôt qu’un âne ou une poule ? Il suffit de voir le pré voisin pour se rendre compte que ce n’est pas un parc pour les autres. Une vingtaine de ruminants vivent à proximité du géant de bois qu’ils prêtent peut-être pour l’un des leurs.
Il y a comme un air de famille, la tête, les cornes, la cloche, tout y est. On retrouve le thème dans toutes les pièces de l’habitat, les chaises, les portes de placard, les portraits au mur, le couvercle des toilettes, la vaisselle. Difficile de passer à côté. Un guide virtuel, Noé, apparaît au milieu du salon pour faire la visite de l’animal.
On commence par le ventre où se trouve la cuisine, une petite table à manger rétractable, un banc et un grand lit surmonté d’un hublot. L’espace, même lumineux, est confiné, comme dans un véritable ventre, en fait. Le sol de la salle de bains est recouvert d’une moquette imitant l’herbe verte. À l’avant, il y a deux chambres, l’une dans la cloche et l’autre à l’intérieur du museau. La terrasse se situe sur le dos où le hamac et la grande table profitent du soleil.
       Dormir sur le dos
Avant d’aller dormir, faut-il encore manger. Au milieu des hébergements, les grills champêtres cuisent doucement la charcuterie. La viande est locale et fournie par le boucher du village. Pas question de toucher aux vaches de collection qui paissent tranquillement à deux pas du dîner.

Quand la nuit commence à tomber, vous pouvez accompagner Flavien Fuchey qui les déplace de pré en pré afin que ses protégées fassent un peu moins de bruit pendant la nuit.
Revenu à l’étonnante habitation, nous essayons le hamac sous une lune d’une clarté rare. L’installation nous permet de dormir sur le dos de la vache tout en regardant les étoiles. Dans une structure entièrement en bois, le premier commentaire concerne la chaleur. « C’est en bois ? Mais il doit faire trop chaud. » Et non, l’isolation conserve la vache à la bonne température. C’est moins le cas pour la nuit à la belle étoile. À l’aube, l’air s’est drôlement rafraîchi, il est peut-être temps de rentrer à l’intérieur.
Au réveil, un panier pour le petit-déjeuner attend devant la porte. Avec à l’intérieur du thermos, du lait bien sûr." LE JOURNAL DU CENTRE

 

UNE AUTRE !  UNE AUTRE !!!  UNE AUTRE !!!!!
Ok, pas de problème !

 

Dormir dans une cabane sur l’eau, à Poil, c'est possible
POIL CABANEPour ceux qui ont rêvé dormir dans les arbres ou au milieu de l’eau, il existe des hébergements insolites construits à cet effet.

Dans la commune de Poil, à l’intérieur du Morvan, Charly de Galembert a voulu faire revivre l’esprit d’une cabane de charbonnier, un abri entièrement en bois comme le faisaient les travailleurs du Morvan. Une difficulté a été rajoutée, la construire au milieu d’un étang. Celle-ci ne flotte pas puisqu’elle se tient en réalité sur des pilotis.
« Les dormeurs laissent leurs soucis sur la berge et partent se ressourcer au milieu de l’eau », raconte le gérant.
Les conditions de vie y sont en accord avec la nature environnante, il n’y a pas de raccordement en eau, par exemple. La douche se fait par une poche d’eau contenant plusieurs litres d’eau chaude. Le chauffage se fait par l’intermédiaire d’un poêle à bois dont l’ouverture se fait par le haut pour éviter les problèmes liés à la structure. La seule électricité disponible provient d’un panneau solaire.

Entre ciel et terre
Le thème de l’eau est aussi celui des maisons flottantes d’Aqualogis, trois demeures reliées par un ponton et qui font cette fois une surface entre 57 et 75 m2. Ce parc est situé à Saint-Sernin-du-bois, en Saône-et-Loire.

Beaucoup d’enfants construisent une cabane dans les arbres, mais peu osent y passer la nuit. Pourtant, il est possible de le faire à la Collancelle dans des maisons de bois ayant pour vue les étangs de Baye et de Vaux. À Voussac, dans l’Allier, Max et Valérie Gorisse ont installé leur cabane à 4 m du sol. Selon a propriétaire, « il s’agit d’un vrai nid d’amour où la vie est à l’ancienne avec douche à l’eau froide et pas d’électricité. Pour un couple, c’est un bon moyen de se retrouver »."  LE JOURNAL DU CENTRE

 

UNE AUTRE !  UNE AUTRE !!!  UNE AUTRE !!!!!
Mais bien sûr !!!!!!!!

 

« Merci de ne pas me mettre une amende. Je me suis fait voler mes quatre roues cette nuit »

JDC voitureLa Peugeot 106 est posée en équilibre (instable) sur deux parpaings. Elle est stationnée sur un emplacement payant de la rue de Rémigny, à Nevers. Son propriétaire a anticipé, ce week-end, un éventuel passage de la police municipale en laissant un message derrière le pare-brise : « Merci de ne pas me mettre une amende. Je me suis fait voler mes quatre roues cette nuit ».
LE JOURNAL DU CENTRE

 

 

Bon allez, on arrête là parce qu'il est déjà 7h10 !
Alors, c'est pas compliqué : nous n'avons absolument pas le temps de visiter Nevers bien qu'il semble y avoir de bien belles choses, comme le raconte quelques touristes... dans Le Journal du Centre !

« Je cherche Bernadette de Soubirous. Vous savez, celle-ci qu’est sous cloche »

JDC office du tourismeComme les mots d’excuses adressés par les parents d’élèves aux professeurs, les demandes ou réflexions saugrenues des touristes à l’accueil de l’Office de tourisme mériteraient d’être compilées dans un ouvrage. Morceaux choisis par Nelly Dubuit, la directrice et Magali Testa, son adjointe.
Un monsieur se présente aux hôtesses d’accueil, désireux de suivre le circuit de la Loire à vélo vers Bâle. « Tout ça, c’est très bien, mais est-ce qu’on peut le faire en sens inverse ? », demande-t-il.
Un autre, intéressé par la visite de la cathédrale : « Pouvez-vous me dire où je peux acheter des gargouilles ? »
Le palais ducal suscite bien des interrogations aussi. Il arrive, assez fréquemment, qu’il devienne, dans la bouche des touristes, le « palais buccal ». L’un d’eux s’est enquis de savoir « qui était ducal ? » Tandis qu’un autre, heureux d’apprendre l’existence d’ascenseurs au sein du château, s’est renseigné : « Les ascenseurs, ils montent, mais est-ce qu’ils descendent ? »
Certaines demandes sont ubuesques : « La ligne bleue, c’est pour les aveugles ? »
Certaines encore n’ont que peu de rapport avec la visite de la région : « Je voudrais repartir en stop. Quel est le meilleur endroit pour attendre ? » Ou en réponse à une mise en garde d’une baignade dans le fleuve : « Moi, je ne risque rien à me baigner dans la Loire, je nage à contre-courant. »
Et s’il fallait dresser un palmarès des demandes incongrues des visiteurs dans la ville, cette dame, qui s’est présentée un jour à l’accueil serait en bonne place. « Je suis complètement perdue » dit-elle. « Je cherche Bernadette de Soubirous. Vous savez, celle-ci qu’est sous cloche. »  LE JOURNAL DU CENTRE

 

Allez, c'est parti !

 

PREMIÈRE ÉTAPE
NEVERS - ?, 944 km

nevers Kirtorf

Alors pourquoi Nevers-? ? Pourquoi pas Nevers-Alzey ou Nevers-Mücke ? Et, puisque c'est le titre de ce billet, pourquoi pas Nevers-Berlin ?
Eh bien, tout simplement pour plusieurs raisons !
1) Nevers-Berlin, ça nous fait du 1385 km et que c'est beaucoup trop...encore que, ça se fait hein, on n'est pas non plus à 400 bornes près bon eh oh d'autant que les autoroutes allemandes ne sont pas payantes et à vitesse illimitée ! Mais non.
2) Il nous faut récupérer nos passeports et Visa à Clichy, en banlieue parisienne qui ne pouvaient être prêts que ce mercredi et à partir de 9 heures.
3) Et ? parce que nous savons absolument pas où nous allons nous arrêter : le but est de se rapprocher le plus possible de Berlin.

Nous quittons Varennes-Vauzelles, ville de la Paix (à ne pas confondre avec ville de pédophiles)...

varennes vauzelles paix

...pour rejoindre l'incroyable A77, dite "Autoroute de l'Arbre". Je dis "incroyable", mais finalement, on s'en fout un peu. C'est toujours captivant de voir que les responsables du réseau autoroutier ait eu l'idée de donner le nom d'Autoroute de l'Arbre à une construction qui en a fait abattre plus d'un million.
Et ça Madame, ça va droit vers Paris en passant par Cosne-sur-Loire, ville natale de Roger Bricoux, et d'Elodie Frégé... Et non, les habitants ne s'appellent pas les Connards et les Connasses, mais les Cosnois et Cosnoises.
Un peu plus loin, sur notre gauche, les cheminées de la centrale de Belleville-sur-Loire, déversant son flot de nuages de vapeur sur le ciel bleu loirétain...

belleville-sur-Loire

Ouzouer-sur-Trézé, La Bussière, Varennes-Changy, Vimory, Chevillon-sur-Huillard, Chalette-sur-Loing... si j'écris tous ces noms, c'est parce que ça pète !
MONTARGIIISSSS !
Les panneaux autoroutiers ne nous disent pas que Montargis est la ville natale de Jean-Marie Proslier, mais ils nous indiquent que c'est la Venise du Gâtinais, région également connue pour son miel...du Gâtinais, si élégamment chanté par Edouard Baer et Ariel Wizzman dans "Je chante l'eau et le lait" :

Montargis s'enorgueillit également d'avoir été le lieu de tournage du film de Kad et Olivier, "Week-end Montargis" :

Puis Château-Landon (rien à voir avec la série télé française qui s'appelait "Châteauvallon"), Souppes-sur-Loing, Bagneaux-sur-Loing ou encore Bourron-Marlotte, petit village au nom marrant, mais où résidèrent de nombreux artistes, tels que Corot, Sisley, Cézanne, Musset, George Sand, Emile Zola (qui écrivit L'assomoir à l'auberge Antony), Camille Claudel et les Renoir, père et fils. Aaaah oui, ça sentait bon l'artiste à Bourron-Marlotte en cette époque, comme le retrace ce blog de Will77.
Traversée très rapide de Paris, sans De Funès, Bourvil et Gabin. Il y a du monde... non, ce n'est pas un euphémisme. Imaginons Paris sans êtres humains. c'est ce à quoi ce sont amusée Claire et Maxime, globe-trotters passionnés par l'image avec ce petit court-métrage...

Comment ont-ils fait ? Tout simplement !
« Pour effacer l’activité humaine, pas besoin de filtres neutres et de poses longues. Ni de filmer le matin à la fraîche à 6 heures du matin. Non. Il suffit juste d’avoir un bon trépied et un camescope, et filmer en statique une scène pendant environ trois à cinq minutes (selon la densité de foule/véhicules). »

 

 

CLICHY, 10h30

Bon, BREF, deux heures après notre départ de Nevers, nous arrivons à Paris, puis à Clichy où nous devons retirer les passeports visatés. Petite attente dans un bar jouxtant le bureau et portant le doux nom de "Le petit Gavroche". C'est mignon, c'est petit, il y a du cuivre et des nappes vichy. Belle carte des vins venus de tout endroit de la France. On boit un demi au comptoir pendant que le tenancier prépare ses tables pour le déjeuner. Nous retournons au bureau des passeports. Nous vérifions que les noms et dates correspondent puisque dans un premier temps, tout avait été inversé. Cela a l'air correct. Maître Arnaud lance alors un anodin :
MAÎTRE ARNAUD : "- Eh bien, on récupère la voiture et on y va !"

La jeune femme dynamique et compétente qui s'est occupée des démarches se fige subitement.
LA JEUNE FEMME : "- Mais... Mais... Vous allez en Russie avec votre voiture ?
MAÎTRE ARNAUD : "- Oui.
LA JEUNE FEMME : "- Mais... Mais... il vous faut un visa auto sinon ils ne vous laisseront jamais entrer.
MAÎTRE ARNAUD : "- Comment ?
LA JEUNE FEMME : "- Oui, il vous faut un visa auto. Je peux vous en délivrer un mais ça prendra une semaine de plus.

Putain, mais qu'est-ce que c'est qu'c't'embrouille de merde à la con, làààààààà ?????!!!!!
Après quelques discussions peu rassurantes, nous quittons la jeune femme sur ces mots : "Eh hein, on y va, on verra bien !" Vu le prix des visas et des démarches (150 euros par personne), il était hors de question de rester à la frontière !
Maintenant que nous avons tous les papiers (peut être), nous décidons de tracer la route ! Nous traversons Asnières où Maître Arnaud ne veut pas s'arrêter au cimetière des chiens qui, pourtant, valait une petite pause. Souvenons-nous :

C'ETAIT UN 23 SEPTEMBRE 2007...

Asnières Asnières 1 Asnières 10

Asnières 2  Asnières 9

Asnières 4 Asnières 5

Asnières 6 Asnières 7

Asnières 3  Asnières 8

Ben ouais quoi quand même merde alors !? Non ? Bon, on continue.

Asnières-sur-Seine... De l'autoroute, nous voyons au loin Bobigny, Quincy-Voisin, La-Ferté-sous-Jouarre, Montreuil-aux-Lions, Gueux, Reims, La Veuve, Bouy... puis plus de villages ni de villes lorsque nous traversons le plateau d'Argonne... jusqu'à retrouver au loin Verdun, Fresnes-en-Woëvre, Mars-la-Tour, Metz, Sarreguemines... et...et, soudain : l'Allemagne !

 

ALLEMAGNE, 14h43

allemagne drapeau


Attention : plus rien à voir là !

Passage de la douane qui n'est plus du tout en activité et qui étend là, au milieu de cette autoroute, ses murs vacillants aux fenêtres brisées. J't'ouvrirais un restaurant de Wurst (saucisses) là-dedans, tiens, histoire de poser de suite les jalons de la gastronomie germanique !
Maître Arnaud cherche une radio locale qui parle allemand puisque nous avons décidé de ne mettre aucun CD. La première chanson que nous entendons alors est "Adieu Tristana" par Mylène Farmer...
Nous continuons. Bübingen, Bischmisheim, Bexbach, Ramstein... Ah ? Ce nom me dit quelque chose... Ramstein, Rammstein...

 

RAMSTEIN, 15h58
Ramstein est une ville de Rhénanie-Palatinat, en Allemagne, connue pour héberger Ramstein Air Base, une base aérienne de l'USAF qui accueille aussi l'état major air de l'OTAN en Europe. Sa population est estimée à 8 500 habitants.
Mais, d'un point de vue musical, ce nom interpelle pour nous amener à parler quelque peu de ce groupe, internationalement reconnu...

 

RAMMSTEIN
Rammstein
Photo : Metalpath

Groupe de metal allemand formé en 1993 à Berlin, Rammstein est constitué depuis le début de six mêmes membres originaires d'Allemagne de l'Est : Paul Landers et Richard Zven Kruspe à la guitare, Christoph Doom Schneider à la batterie, Oliver Riedel à la basse, Christian Lorenz au clavier et Till Lindemann au chant.
Une première question apparait alors : Est-ce que le groupe aurait existé si le chanteur Till Lindermann n'avait pas eu une blessure sévère à l'abdomen ?
Pour le comprendre, plongeons-nous deux secondes dans la biographie du chanteur de Rammastein.

till-lindemann4TILL LINDERMANN, né le 4 janvier 1963, entra à l'âge de 11 ans dans une école sportive sous la tutelle du Rostock Sport Club. Entre 1976 et 1979, il devint excellent en natation et obtint le titre de vice champion d'Europe junior à Florence. Cependant tout prit fin un an plus tard : il semblerait que Till se soit fait renvoyer de cette école pour s'être éclipsé sans permission et sans accompagnateur lors d'un déplacement en Italie ; Mais une blessure sévère à l'abdomen fut également responsable de la fin d'une carrière prometteuse. Naturellement réfractaire à toute forme de discipline, il prétendit qu'il n'avait de toute façon jamais aimé cette école sportive, qu'il trouvait trop rude.

La musique de Rammstein est décrite comme appartenant au genre Neue Deutsche Härte, se distinguant par un chant à voix basse et l'utilisation de guitares et guitares basses électriques, d'une batterie et de claviers... On a envie de dire : "Ouais ben, comme toutes les autres musiques quoi ?!" Oui d'accord, mais non.

 
Les paroles de Rammstein sont la plupart du temps en allemand, c'est d'ailleurs le groupe germanophone le plus vendeur dans le monde avec près de 20 millions d'albums vendus, mais elles intègrent parfois aussi des paroles en anglais, en français, en espagnol ou encore en russe. On y retrouve des thèmes divers et variés, mais surtout éclectiques, tels que l'amour, le voyage, les fantômes, la jalousie, le sexe, les animaux, les odeurs ou encore l'anthropophagie avec la chanson "Mein Teil" , évoquant l'histoire vraie d'Armin Meiwes et de Bernd Jürgen Armando Brandes, sa victime consentante.
Rammstein n'est pas seulement connu pour ses paroles langoureuses imprégnées d'un romantisme certain pour peu que l'on s'accorde cinq minutes à traduire les chansons, le groupe a aussi cette particularité de donner des concerts alliant sons métalleux violents et harmoniques à la virtuosité virulente d'engins pyrotechniques divers et variés. Sur scène, cela donne à peu près ceci :

Alors, bon, bien sûr, tout ça est bien gentil, mais y'a-t-il un rapport entre cette ville de Ramstein (avec un seul M) que nous voyons au loin et le groupe Rammstein (avec deux M) ?
La réponse est oui.
"
Le nom du groupe provient de la ville palatine de Ramstein (près de Kaiserslautern), en référence à la catastrophe aérienne de Ramstein survenu lors d'un meeting aérien sur la base aérienne américaine de Ramstein en 1988, dans lequel 70 personnes trouvèrent la mort et 346 autres furent blessées. Les membres du groupe écrivent une chanson sur le thème et l'intitulent Rammstein. Paul Landers, Christoph Schneider et Christian Lorenz pensent alors appeler le groupe Rammstein-Flugschau (« Meeting aérien de Ramstein ») contre l'avis des trois autres membres. Le groupe opte finalement pour le nom Rammstein et décide d'enlever le Flugschau. Le « m » a été doublé au départ par inadvertance mais le groupe décidera plus tard de garder cette erreur."

Paul Landers, guitariste du groupe, ajoute :
« Lors d'un de nos voyages avec Feeling B, Schneider, Flake et moi avions déjà le nouveau nom du groupe. Nous avons écrit sur le capot de notre LO (marque d'automobile très répandue dans l'ancienne Allemagne de l'Est): Rammstein-Flugschau. Nous avons été idiots, nous avons écrit Rammstein avec deux “m”, car nous ne savions pas que le lieu Ramstein avait un seul “m”. Nous avons ensuite indiqué cette bêtise mais le nom est resté collé à nous comme un surnom, que l'on ne trouvait pas bon. Nous n'avons ensuite plus essayé de nous en débarrasser. Nous ne voulions pas nous appeler Rammstein en fait, cela nous a été destiné. Nous avons également essayé: Milch (lait) ou Mutter (mère), mais le nom est finalement resté.»

Une seconde question apparait alors : Est-ce que le groupe aurait existé s'il n'y avait pas eu cette catastrophe aérienne ? 

 

Nous ne nous arrêterons pas à Ramstein, mais la seule pensée pour ce qui s'y est passé 28 août 1988 fait "froid" dans le dos.
Imagine : tu es là dans cette petite d'Allemagne en train d'assister à un meeting aérien. Il fait beau, il fait chaud, tu as envie d'une glace. Tu te diriges alors vers l'échoppe d'un marchand de glaces. Pendant ce temps, dans le ciel, les avions tentent de réaliser la figure du "Coeur percé". Se divisant en deux groupes d'avions (5 et 4) formant, face au public, une figure en forme de cœur, ce dernier est alors pénétré par le « Solo » arrivant face au public, à près de 800 km/h. Mais le « Solo » qui est arrivé trop vite, trop tôt et trop bas, heurte l'un des deux groupes formant le « Cœur percé » à une altitude inférieure à 40 mètres. Deux des appareils touchés par le « Solo » s'écrasent le long de la piste, emportant avec eux un hélicoptère Black Hawk du centre médical de secours, tuant son équipage. Dans le même temps, le « Solo » en flamme se dirige vers la foule massée le long de la piste et s'écrase sur l’échoppe d'un marchand de glaces, très fréquentée pendant cette chaude journée d'été, répandant son carburant qui s'enflamme immédiatement, sur la foule.
70 victimes (51 sur le coup, 16 des suites de leurs blessures parmi les spectateurs et les forces de sécurité ainsi que les trois pilotes) et 346 blessés graves sont à déplorer. Au total ce sont environ 1 500 personnes qui doivent bénéficier de soins médicaux et psychologiques à la suite de l'accident.

Continuons notre route, voulez-vous bien...
Kaiserslautern (j'aime bien ce nom), Sippersfeld, Alzey (un petit hommage à Nick Canon), Frankfurt (ou Francfort-sur-le-Main, en français), Friedrichdorf, Butzbach, Buseck.


Un premier bilan chiffré s'impose.
Cela fait bien huit heures que nous sommes partis de Nevers. Ce qui représente environ la somme de  820 km et...

C'est à ce moment précis alors qu'il n'est pas loin d'être 19h04 que nous décidons de quitter l'atoroute de façon complètement aléatoire afin de se lancer à la recherche d'un lieu d'hébergement dans cette campagne allemande dont nous ignorons complètement le nom. Nous roulons au milieu de verts paysages ruraux entraversant de petits villages sympathiques, ayant chacun leur fête locale.
Il est 19h32 lorsque nous jetons notre dévolue sur une petite ville, arborant un hôtel de bord de route aux allures tranquilles, de prime abord.

 

KIRTORF, 19h32

Que dire de Kirtorf ?
Ben, je sais pas ! Il y aurait 3800 habitants environ, mais nous n'en avons pas vu un.
Le taux de précipitation annuelle est de 707 mm, mais on s'en fout un peu.
Google traduction nous précise que : "A notre époque Kirtorf est tombé à travers plusieurs réunions néo-nazi , qui a même gagné la ville la réputation d'un grand centre national de la scène nazi. Parmi les gens, il ya des rassemblements néo-nazis ont été interdits dans l'intervalle, cependant, la population de cette ville idyllique toléré les événements, mais pour un long moment. Aujourd'hui, cependant, pris position par un panneau à l'entrée, qui proclame: «Kirtorf est coloré - droit Non Merci"." Autant te dire que c'est pas facile tous les jours.

Bon, concentrons-nous sur l'hôtel où nous allons dormir cette nuit.
C'est peut être le seul lieu d'hébergement touristique de la ville. Il possède un jardin pour enfants sponsorisé par une bière.

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Par contre, la bière servie au bar du même hôtel n'est pas la même...

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Autre particularité, malgré mes 9 ans d'allemand et les 18 ans d'espagnol de Maître Arnaud, nous n'entravons pas un mot de ce que nous disent les tenanciers, dont l'un ressemble à Robert Carlyle dans "Trainspotting".
Il semble y avoir une sorte de patois allemand dans cette région ; un peu comme si on nous parlait le morvandiau teuton ; ce qui fait que nous ne savons pas vraiment ce que nous avons commandé à manger avant de voir arriver l'assiette arriver à notre table...

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 C'est gourmand, généreux, on ne sait pas tout ce qu'il y a, mais ça nourrit !
ceci étant fait, partons découvrir la ville avant la nuit...

L'ARCHITECTURE
On se croirait en Alsace, mais non. On pourrait penser au Pays Basque, mais pas du tout.

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LA PLACE CENTRALE
C'est une place qui se trouve au centre de la ville. Dessus, il y a un parking sur lequel il y a des voitures de marques allemandes.

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L'URBANISATION
Oui, voilà !

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LE PLUS PETIT CASINO DU MONDE
Avec le plus petit nombre de joueurs.

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LE MUSÉE
Nous n'avons pas su ce qu'il exposait en regardant la photo ci-dessous. Après dix minutes de réflexion, nous nous sommes dit que c'était peut être une exposition de photos de nains, ou gens de petit taille.

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 La nuit est à présent tombée sur Kirtorf. Nous regagnons l'hôtel afin de nous préparer pour la prochaine étape du lendemain qui devrait nous conduire jusqu'à Berlin.

 

DANS NOTRE PROCHAIN EPISODE

Mais qu'allait-il bien se passer entre les deux villes allemandes de Kirtorf et Berlin ? Et une fois arrivés à Berlin, comment Maître Arnaud et Jénorme allaient-ils trouver un bar à Mojito alors qu'ils ne parlent que l'espagnol et le finlandais contrariant ? Et pourront-ils passer la frontière russe sachant qu'ils n'ont pas de visa-auto ? Suspense, c'est horrible !