Dans le précédent épisode de cette incroyable série qu'est Kaliningrad Tour, nous nous étions arrêtés à Gdansk en Pologne ; et ce pour une raison simple et évidente... Merde, je ne sais plus laquelle !
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

 

Ah, ah, ah ! Tous les six mois, j'en remets une petite couche en espérant qu'un jour prochain, ou une année prochaine  -voire une décennie à venir -,  je parviendrai peut être à narrer dans sa totalité cet incroyable périple entrepris fin juillet de l'an de Grâce 2013.
Souvenons-nous : avec Maître Arnaud, nous nous étions lancés sur les routes de l'Europe de l'Est et du Nord avec un objectif...

REPRENONS !
Avec un petit résumé copier-coller

C'était en février 2013. Le temps était à la neige dans la vallée d'Aspe, Pyrénées-Atlantiques, France. Avec Maître Arnaud, ami de routes et de chemins lointains, nous avions rejoint le Bar Communal de Borce pour boire quelques bières belges aux sons d'une musique tranquille ; le tout devant un bon feu de bois aménagé dans cette belle cheminée dominant la salle. (...)
Maître Arnaud avait soudainement lâché ses fléchettes pour lancer quelques mots surprenants et inattendus :
MAÎTRE ARNAUD : "- Mais moi, il y a un endroit qui m'énerve dans ce monde là, je ne comprends pas ce que c'est, je ne sais pas ce que ça veut dire ni ce qu'il s 'y passe, c'est ce truc là !!!! Au milieu de la mer Baltique !!! Une route ou je sais-pas quoi lààààà !!!!! Regarde !!!!"
Pour illustrer ses paroles soudainement violentes, il se saisit de son I-Phone et me montra en deux temps trois mouvements une carte. (...)
Je lui répondassâsses alors :
JENORME : "- Le mieux c'est d'aller y voir nous-mêmes !"
Et voilà ! Le projet était lancé ! A ce moment précis, dans le bar communal de Borce où crépitait le feu de cheminée devant lequel s'était posé ce magnifique chien aux yeux de vairon comme David Bowie, nous ne savions pas ce qui allait nous attendre, combien de kilomètres il allait nous falloir parcourir, quelles villes et quels pays nous allions traverser, quelles personnes nous parviendront à rencontrer pour nous indique le bon chemin... Non, nous ne savions rien et c'était tant mieux (...)

Quelques mois plus tard, un itinéraire était plus ou moins dressé. Jetons un petit coup d'oeil sur la carte pour mieux comprendre de quoi il retourne.

la carte
Carte : Google maps

L'objectif principal étant d'atteindre l'Isthme de Courlande,
ce banc de terre au milieu de la mer Baltique.
Isthme de Courande
Carte : Google maps

FIN DU RÉSUMÉ

 

 

DE NOS JOURS, BIEN APRÈS
Nous sommes le 29 juillet 2013. Il ne doit pas être très loin de 20h54.

À ce moment précis,
nous sommes ici.
la carte 1

Donc pas très loin finalement de notre objectif ; même si, rappelons-le : "Qu'importe l'objectif, seul le voyage compte." ; ou un truc dans le genre. En tout cas, on n'est pas très loin de la vérité. Et puis, comme disait Christophe Colomb -quitte à faire une citation, autant prendre celle de quelqu'un qui en écrase pas mal - : "On ne va jamais aussi loin que lorsque l'on ne sait pas où l'on va." Bon, sauf que là, nous savons où nous allons, mais nous ne savons pas toujours ce que nous allons voir, ni même si nous n'allons pas faire quelques détours en route. Mais pas trop quand même puisque demain, nous devons impérativement nous présenter à la frontière russe pour des questions de Visa...

Pas la voiture...
Visa

...mais le papelard qui te permet d'entrer dans un pays
qui surveille très étroitement ses frontières.


Ohlalalla, c'est long tout ça !!!!
Recentrons-nous un peu !

Nous sommes le 29 juillet 2013. Il ne doit pas être très loin de 20h54. La nuit tombe peu à peu sur le nord de la Pologne.
Nous sommes à Gdansk, plus grande ville portuaire, d'où émergea il y a quelques décennies maintenant le mouvement Solidarnosc. Mais nous en avons déjà parlé lors du précédent billet : KALININGRAD TOUR, GDANSK.
C'est une heure propice pour bouger et, personnellement, si j'avais envie de stationner un peu à Gdansk, c'était aussi pour aller à Sopot. Mais pas pour la ville elle-même... Oh que non, c'est pour tout à fait autre chose. Une petite particularité...

Nous prenons donc la voiture pour quitter Gdansk. La route 468 s'ouvre à nous. C'est une route complètement quelconque avec des maisons et des immeubles sur sa droite, des arbres et forêts sur sa gauche. Elle nous permet de sortir de la ville, mais pas trop. Quelques 12 kilomètres plus tard, nous arrivons... sans avoir eu l'impression d'avoir quitté la ville car Sopot et Gdansk se touchent. Maintenant, l'objectif est de trouver la rue Kościuszki ; et plus précisément le n°10.
Pourquoi ? Je te donne un indice.
Acteur.
Tu as trouvé ? Non ? Un autre indice.
Allemand.
Facile ! Non ? Autre indice.
Psychopathe.
Oh eh là hein, quand même ! Y'en a pas 36 des acteurs allemands psychopathes ?! Dernier indice parce que c'est toi.
Aguirre.

 

Oui, ça y est,
tu as trouvé, bravo,
c'est gagné !
klaus kinski

Effectivement, il s'agit bien de Klaus Kinski !
Ah, ah, ah... Voilà, voilà... Bien, bien, bien...

Mais pourquoi aller au 10 de la rue Kościuszki, à Sopot, en Pologne puisque l'acteur est allemand. Eh bien tout simplement parce que c'est ici au n°10 de la rue Kościuszki que Klaus Kinski est né le 18 octobre 1926. À l'époque, Sopot s'appelait Zoppot et faisait partie du territoire de Dantzig (Gdansk) alors placée sous la protection de la Société des Nations suite à la Première Guerre Mondiale.
L'autre raison est qu'après avoir visité un ex-camp de concentration (Ravensbrück), une ancienne station balnéaire nazi (Prora), il était quand même temps de voir l'Allemagne sous un autre angle avec une approche artistique. De plus, il s'agit là d'une maison où est né quelqu'un DONC la naissance, la vie, l'espoir, tout ça quoi !

Après avoir trouvé une place pour garer la voiture, nous avançons solennellement, mais pas trop, en direction du n°10 de la rue Kościuszki. D'après nos maigres informations, nous savons que le lieu a été transformé en bar et qu'il y aurait des souvenirs de l'acteur, décédé en 1991, accrochés aux murs. Nous marchons un peu. La nuit est définitivement tombée sur le nord de la Pologne.
Après quelques 25 mètres de marche hésitante, ça y est, nous y sommes.

KINSKI BAR
10 de la rue Kościuszki
Sopot, bar Kinski, devanture

La nuit ajoute une petite touche fantomatique à l'endroit... Nosferatu...
Nous approchons de la devanture pour y voir un signe, entendre un son, un cri, un grognement...

Sopot, bar Kinski, devanture (Pologne)

Nous sommes très inquiets. C'est bien le lieu que nous recherchions. C'est bien un bar. C'est bien marqué Kinski sur la vitrine, mais... ça a l'air fermé.
Putain de bordel de merde, on n'a pas fait tous ces kilomètres pour ne pas pouvoir boire une bière dans la maison natale de Klaus Kinski, merde alors ?! ÇA M'ENERVEEEE !!!!!!!

Bon, finalement,
en regardant au-dessus du bar...
Sopot, bar Kinski, devanture

...nous découvrons une autre salle ouverte.
C'est peut être ici que ça se tient l'histoire.

Nous faisons rapidement le tour du petit établissement pour trouver une petite porte sur le côté. Nous ouvrons, nous entrons et nous traversons un court couloir. Les murs sont parsemés de photos de l'acteur.

Jénorme dans le hall d'entrée de la maison natale de Klaus Kinski, Sopot (Pologne)

Cette décoration nous invite à aller plus loin pour emprunter un escalier. De la musique sort du haut des marches dans lesquelles nous nous trouvons. C'est étrange, nous ne parvenons pas à savoir si nous avons le droit d'être là ou non. Le bar semblait être en bas et nous sommes en haut. C'est à se demander si nous ne nous rendons pas chez des particuliers. Et qui nous dit que nous n'allons pas nous faire attaquer à la machette par une sorte de fan-fou de l'acteur. Je l'imagine à poil en haut de l'escalier avec de la bave aux lèvres en train de hurler "Czy mam Panaobuzic ?" ; ce qui veut dire en français "Vous voulez que je vous réveille ?".
Cela me rappelle les propos de Werner Herzog lorsqu'il partageait un appartement avec Klaus Kinski. Ce dernier se promenait nu et dormait sur un tapis de feuilles mortes. Parfois il s'isolait pendant des heure dans la salle de bain pour n'en ressortir qu'une fois qu'il avait tout cassé à l'intérieur.
Nous poursuivons tout de même notre évolution. Nous n'avons pas traversé la moitié de l'Europe pour craquer à deux marches de l'arrivée.

Sopot, bar Kinski, intérieur, étage, exposition (Pologne)Des tableaux de peintures sont accrochés aux murs. Impossible de te dire le courant.
Certaines compositions font penser à celles de Jackson Pollock ; d'autres à Kirschner.
Je dis ça, mais j'y connais rien.

 

 

 

 

Nous arrivons en haut de l'escalier. Pas d'homme nu hurlant, mais de la musique. Un peu techno-electrico-syntho-popo-trance.

Peut être ce morceau...


Non, ça a l'air plus calme. C'est même un air connu.
Nous poussons une porte pour entrer dans la salle de bar.

Sopot, bar Kinski, intérieur, étage (Pologne)Faible lumière avec une dominante rouge sombre. Des canapés lounge, de solides chaises en bois et des tables rondes surmontées de nappes en satin écru. Moquette couleur carmin au sol. Poutres apparente au plafond, mais pas de lustre. Juste quelques appliques de ci de là.
On se croirait dans la red room de Twin Peaks.

 

 

 

 

Sopot, bar Kinski, intérieur, étage

Sopot, bar Kinski, intérieur, étage

Nous traversons la salle. Il n'y a pas beaucoup de monde, et les gens présents sont dispersés. C'est très étrange. Un grand écran diffuse un concert de Depeche Mode. Nous continuons d'avancer vers le bar.

Sopot, bar Kinski, intérieur, étage

Le bar aussi est faiblement éclairé. Nous sommes dans un établissement de nuit. Des sortes de morceaux de colonnes grecques font semblant de soutenir le plafonnier pendant que deux bustes en polystyrène planent au-dessus du comptoir.

Sopot, bar Kinski, intérieur, étage, bar (Pologne)

Sopot, bar Kinski, intérieur, étage, bar

Si nous reprenons notre parcours, de la rue au comptoir,
cela donne ce trajet :

 Le site internet Lonely planet résume l'endroit par ces mots :
"La maison et le lieu de naissance du légendaire acteur allemand et psychopathe Klaus Kinski ont été convertis en un restaurant-bar original avec des affiches de films et des sofas en cuir décadents ; le tout dans une ambiance confortable et éclairé à la bougie. L'acteur lui même aurait probablement saccagé l'endroit, mais d'une façon affectueuse." LONELY PLANET

Peut être. Mais la chose qui m'interpelle le plus à présent, c'est qu'il n'y a pas beaucoup d'allusions à l'acteur. Certes, il y avait des photos dans le couloir, mais ici, dans la salle et au bar, il n'y a plus rien. j'entame la discussion avec la jeune barwoman qui... s'en va. Hein ? Ah ! Il ne faut peut être pas prononcé le nom de Klaus Kinski... Surtout en ce moment... Nous sommes en juillet 2013 et une nouvelle affaire de moeurs est ressortie des tiroirs quant aux agissements plus que troublants de l'acteur allemand. En effet, sa fille ainée Pola Kinski vient de sortir une autobiographie dans laquelle elle accuse son père de l'avoir violée de l'âge de 5 ans à 19 ans. Quelques années auparavant, la cadette Nastassja avait également dénoncé un père tyrannique, terrifiant, qui a tenté d'abuser d'elle.
Finalement, la jeune serveuse revient avec une femme plus âgée. Cette dernière tente de me parler, mais nous avons du mal à nous comprendre car elle ne parle pas un mot d'anglais ou d'espagnol ou de français. Elle me demande alors de la suivre avec mon appareil photo. Tout ceci est étrange. Nous sortons de la salle de bar qui diffuse à présent un concert de Duran-Duran. Nous redescendons l'escalier. Ohlalala, qu'est-ce qu'y s'passe ? Je suis viré ? J'y peux rien moi si le bar s'appelle Kinski et que c'est la maison natale de l'acteur. On ne sait pas trompé de lieu quand même ?! Ce n'est pas la maison de sa fille Pola ? La femme sort un gros trousseau de clés, ouvre une porte située en bas de l'escalier sur la gauche. Elle me fait signe de la suivre. Mais où veut-elle m'emmener ? J'entre dans une pièce noire. Elle me demande de l'attendre ici. Elle disparaît dans l'obscurité... Suspense ! La peur... Le doute... Les millièmes de secondes deviennent des heures. Que va-t-il se passer... Va-t-elle revenir avec une machette en criant ? J'entends un clic.

Lumière !
Sopot, bar Kinski, intérieur, le bar (Pologne)

La femme me regarde en souriant et me fait comprendre que je peux prendre des photos. Malheureusement, mon appareil a du mal à s'adapter au peu de lumière de l'endroit. On se croirait dans une grotte ou une de ces tavernes de pirates, secrète et obscure, dont il est presque interdit de prononcer le nom. Je fais un peu le tour de cette salle de rez-de-chaussée. Là au moins, Klaus Kinski est présent. Il y a des photos partout.

Sopot, bar Kinski, intérieur, la salle (Pologne)Tu peux même choisir ton coin, ou ta table,
ou ton lieu préféré avec ton cadre
et tes photos de Klaus Kinski.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mon intérêt pour le lieu fait sourire ma guide. Je ne veux pas la retarder dans son travail  -même si je ne sais pas quelle est sa fonction ici (serveuse, propriétaire de l'endroit, gérante)- , mais elle me retient un peu et me fait signe de passer derrière le comptoir. Je m'exécute. Elle me prend l'appareil photo...

Jénorme est au bar de la maison natale de Klaus Kinski, Sopot      Jénorme est derrière le bar de la maison natale de Klaus Kinski, Sopot (Pologne)
Putain, comment je me la pète !

Pour ne pas déranger plus longtemps ma guide, je lui fais signe que j'ai terminé. Je la remercie beaucoup de m'avoir amené dans cet endroit dont je ne comprend pas trop la présence obscure, mais bon. Apparemment, la partie rez-de-chaussée du bar Kinski est fermée le soir. Je remonte au premier étage.


Il est peut être temps, ici, de faire une petite biographie de cet acteur atypique.

 

KLAUS KINSKI
1926-1991
Klaus Kinski
Photo : Bruno de Monès

Paris, 1977

Nikolaus Günther Nakszynski, dit Klaus Kinski, est né le 18 octobre 1926 à Zoppot, territoire de Dantzig, puisque, à l'époque, la ville et la région sont l'objet de contentieux entre l'Allemagne et la Pologne.

Cadet de quatre enfants nés de Bruno Nakszyński, pharmacien allemand d'ascendance polonaise, et de Susanne Lutze, infirmière allemande dont le père était pasteur, Klaus Kinski évolue dans un milieu bourgeois. Mais ses parents meurent pendant la Seconde Guerre Mondiale, il est alors confronté à la délinquance et doit voler pour survivre.
À dix huit ans, il se trouve mobilisé dans l’armée allemande, la Wehrmacht, en 1943. Blessé au cours d’un combat, il est fait prisonnier par les Anglais en 1944. C’est durant sa captivité qu’il monte sur les planches pour divertir ses compagnons de captivité.
À son retour de la guerre en 1946, il se lance alors dans le théâtre. Sous le nom de Klaus Kinski, on le retrouve dans deux pièces de Jean Cocteau : La machine à écrire, puis la Voix humaine, en 1947. C'est surtout dans cette dernière pièce que les spectateurs découvrent la provocation et la fureur dont il est habité. Il y interprète une femme désespérée qui se confesse en une longue tirade tragique alors qu'elle doit trouver le courage de renoncer à son amant. La pièce fait scandale.

Il débute au cinéma en 1948 dans "Morituri" d'Eugen York où il joue rôle d'un prisonnier néerlandais retenu dans un camp de concentration. Le film fut un désastre commercial, sifflé et hué par le public. Un cinéma à Hambourg ayant été vandalisé, d'autres exploitants de cinémas refuseront de montrer le film, par crainte de représailles de la part de sympathisants nazis.

 
Klaus Kinski quitte l'Allemagne pour vagabonder en France. Il refait du théâtre en 1951, puis se lance vraiment dans le cinéma à partir de 1955. Son irascibilité lui ferme bien des portes, mais polyglotte, il tourne dans plusieurs pays, et apparaît dans de nombreux rôles secondaires.
Son premier grand rôle au cinéma est celui du Prince Otto dans le film  Louis II de Bavière (1955) de Helmut Kaütner ; puis, en tant que vedette, ce sera "Der rote Rausch" de Wolfgang Schleif, en 1962.

Der rote Rausch

Il joue ensuite dans bon nombre de films de série B, principalement en Italie, avant d'obtenir une reconnaissance internationale en interprétant le rôle de Kostoyed Amourski, un anarchiste, dans Le Docteur Jivago (1965) de David Lean.
La même année, il joue dans plusieurs western spaghettis, et notamment "Et pour quelques dollars de plus" de Sergio Leone où il interprète un bossu ultra-violent, membre d'un gang de tueurs affrontant Clint Eastwood.

et-pour-quelques-dollars-de-plus


À partir de 1965, il s'installe à Rome, où il tourne polars, westerns, films érotiques, films de guerre, acceptant "les rôles au téléphone sans même lire les scénarios, choisissant toujours celui qui est le mieux payé". Le lieu de tournage est aussi un critère : Marrakech, Rio, Londres, Téhéran...
Il tourne ainsi jusqu'à neuf films par an (1963 : 9, 1964 : 6, 1968 : 8, 1969 : 8). C'est pour ces raisons qu'il refusera plus tard certains rôles que lui ont proposé des réalisateurs comme Spielberg et Kurosawa.
En 1968, Le grand silence de Sergio Corbucci lui permet d'être reconnu en France.

le_grand_silence_"Le film relate les déboires d’une petite province de l'Utah, aux États-Unis. L’action se déroule en 1898 par un froid extrême. L’environnement hostile pousse alors les hors-la-loi, les bûcherons et les paysans à piller les villages. Kinski y interprète Tigrero, un chasseur de prime, à la fois cruel et doucereux, payé pour les abattre. Mais Pauline, dont le mari a été tué par Tigrero, engage, Silence (Jean-Louis Trintignant), un pistolero muet, pour la venger. Un combat s’engage entre les deux guerriers. Le regard de Kinski - ses yeux sont filmés en gros plan comme deux carats inquiétants¬-, est particulièrement mis en valeur lors des face-à-face et annonce sa démesure (frôlant la démence) qu’il cultivera pour les personnages imaginés par Werner Herzog." ALLO CINE

 

Dans les années 1970, il continue à jouer dans des films de série B (7 films en 1970, 10 films en 1971). Citons des titres comme "Et le vent apporta la violence", "Le goût de la vengeance", "L'oeil de l'araignée", "La clinique sanglante", "Priez les morts, tuez les vivants", "Black killer",... Il passe allégrement de l’épouvante à l’érotisme multipliant les films aux personnages hauts en couleur.

Black killerLa clinique sanglantela vengeance est un platLe goût de la vengeanceles nuits de draculaPriez les morts, tuez les vivantsL'oeil de l'araignéeMacho_Callaghan_se_dechaine

Et puis, en 1972, il va tourner son premier film avec Werner Herzog : Aguirre, la colère de Dieu.

aguirre


"C’est le réalisateur allemand qui le remarque dans un téléfilm. Il est alors impressionné par la présence de l'acteur qui n'apparaît pourtant qu'au second plan. Il relate l’anecdote de cette "révélation" dans le dernier film/documentaire qu’il lui consacre (
Ennemis intimes) sorti en 1998. A cette occasion, il explique combien il a été frappé par l’énergie et l’inspiration avec lesquelles Kinski ouvre les yeux après une sieste. Cette simple scène suffit à Werner Herzog pour lui offrir son premier grand rôle, celui d’Aguirre. C’est en feuilletant un manuel d’histoire que le réalisateur a l’idée du film.
Cinq siècles plus tôt, dans une région hostile située sur les flancs de la cordillère des Andes, une troupe de conquistadors espagnols se lance à la recherche de l'eldorado, une cité mythique censée regorger d'or. Ce tournage au budget très limité débute et la colère de dieu ne tarde pas à éclater au grand jour.
Kinski se moule avec une passion telle dans le corps de ce conquistador espagnol fantasque et brutal qu’il refuse de se plier aux ordres du réalisateur. Il sera désormais célèbre pour ses coups de colères. Il entre ainsi dans la légende du cinéma et multiplie les fresques épiques épousant au plus près la personnalité de héros à l’ambition trop large."
 ALLO CINE

Suivront ensuite entre autres L'important c'est d'aimer (1974) de Zulawski, Un génie, deux associés, une cloche (1975) de Damiano Damiani, Jack l'éventreur (1976) de Jesus Franco dans lequel il campe le personnage du Docteur Orloff assoiffé de vengeance après avoir été abusé par une prostituée, Mort d'un pourri (1977) de Georges Lautner, qu'il hante littéralement de sa présence. Il invente, par exemple, une façon particulière d'entrer dans le champ de la caméra en tournant de manière à être de profil puis de face en pivotant sur ses jambes (la caméra ne filmant que son torse, son visage et non ses jambes) et sans que la caméra ne fasse aucun mouvement : c'est la "vis Kinski" (décrite comme telle par Werner Herzog).

L'important c'est d'aimerUn génie, deux associés, une clocheJack l'éventreur (1976) de Jesus Francomort-d-un-pourri

 

En 1975, Klaus Kinski publie également son autobiographie controversée, traduite en français en 1976 sous le titre Crever pour vivre. Il y parle de son enfance misérable, de ses aventures crapuleuses, de ses passions, de ses haines, de ses folies, de son goût de la démesure et de ses préférences sexuelles pour les mineures. Sa famille est outrée par le contenu du livre, qui contribue à éloigner l'acteur de ses enfants, "excepté" son fils cadet Nikolai.

Klaus Kinski retourne avec Werner Herzog dans deux films en 1979 : Nosferatu, fantôme de la nuit et Woyzeck.

nosferatu

"Évoqué comme "le Maître des rats", Nosferatu n’est plus ici l’incarnation du Mal comme dans le film original, mais bel et bien une figure désespérée de la solitude. Sa difformité physique, son teint blâfard, ses mains froides, son appétence pour la vie en s’abreuvant du sang de victimes, hommes ou femmes, comme une évocation de sa bisexualité, cette passion soudaine pour la belle Lucy, à la jeunesse écrasée par la prémonition (elle est elle-même étrangement pâle et croit aux pressentiments)... tout renvoie à la détresse de Dracula. Telle la maladie, l’éternel Nosferatu, créature nocturne pathétique, ne pourra jamais être aimé du monde diurne représentée par celle dont il s’est épris. Une tragédie grandiose."
Frédéric Mignard pour
à voir à lire

woyzeck1

"Les rôles de Woyzeck ou encore de Fitzcarraldo (1982) semblent taillés pour lui : à l'aise aussi bien dans le rôle d'un écorché vif que dans celui d’un fou d’opéra, Werner Herzog lui offre la possibilité de se dépasser. Cela sera le cas lors du tournage fou de Fitzcarraldo qui met donc en scène un passionné d'opéra dont le but ultime est de monter une pièce au milieu de la jungle. Ces deux rôles confinant à la folie confirment le talent du comédien à l’aura indubitable. Il réitère une dernière fois sa collaboration avec son mentor en 1988 pour Cobra Verde."
ALLO CINE

 

Les cinq films qu'il tournera avec le metteur en scène allemand (suivra Cobra verde en 1987) lui apporteront la consécration et la reconnaissance d'un public plus ou moins ilétiste et cinéphile.

fou_a_tuerD'autres films suivent, comme Fou à tuer de David Schmoeller, en 1986.
"Il y interprète un fils de nazi exilé aux États-Unis qui a pour loisir d’espionner la gent féminine avant de l’abattre. Pour couronner cette intrigue de mauvais goût, le personnage de Karl Gunther a installé un petit camp de la mort dans son grenier dans lequel il a emprisonné une déportée. Kinski y mime la tristesse insondable lors de ses séances de roulettes russes, où il lâche un "Tant pis" désabusé lorsque le percuteur de son arme claque dans le vide aussi bien que la perversité lorsque son visage s’illumine dangereusement alors qu’il se prend à épier ses locataires."  ALLO CINE

 

Mais ce genre de films signe également la fin de carrière de l'acteur qui a décidé de monter un projet de biopic sur le violoniste et compositeur virtuose Niccolo Paganini. Werner Herzog refuse de l'aider et c'est donc Kinski lui même qui met en scène.Il y tient également le rôle titre pour évoquer un artiste dévoué corps et âme à son art, insistant sans cesse sur son tempérament excessivement passionné mais aussi sur les controverses et scandales qui avaient pu ternir sa réputation.

Kinski_Paganini

Kinski Paganini est un premier film aux teintes expérimentales. Il s'avèrera être également le dernier film de Klaus Kinski qui meurt deux ans plus tard, le 23 novembre 1991 à Lagunitas, d'une crise cardiaque, à l'âge de 65 ans.

 

Mais qui était Klaus Kinski ? Un acteur ? Un artiste ? Un pervers ? Un fou ? Un mégalo ? Pédophile ? Génial ? Exubérant ? Tourmenté ? Incestueux ? Violent ? Débile ? Incernable ? Incompréhensible ? Narcissique ?
Pour beaucoup, et c'est justifié en même temps, Klaus Kinski est l'acteur de tous les excès, mais aussi de toutes les colères. Sur les plateaux de tournages, sur les plateaux télé, ou ailleurs...

Des exemples ?
Fastoche !

Werner Herzog a consacré un documentaire,"Ennemis intimes" (1998), sur les relations qu'il entretenait avec Klaus Kinski sur les tournages de ses films. Dans cet extrait, il nous apporte son point de vue sur ces crises de colères égocentriques.



Kinski herzog
Photo : pas moyen de trouver le nom de l'auteur de cette magnifique photo

"Au début du film, Herzog frappe à la porte de cette maison munichoise, devenue un luxueux appartement bourgeois. Fébrilement, devant un couple de propriétaires très comme il faut, il restitue l'ancienne configuration des lieux : ici, la minuscule chambre où Kinski vivait nu sur une épaisse litière de feuilles mortes ; là, la salle de bains où le comédien se barricada pendant quarante-huit heures, n'en sortant qu'après avoir réduit en poussière toute l'installation sanitaire... Séquence incidemment burlesque : si les interlocuteurs de Herzog s'efforcent de rester impassibles et souriants, on les devine traversés par une onde d'inquiétude, comme s'ils prenaient conscience d'habiter une maison hantée par le diable en personne. Séquence discrètement poignante, aussi : du décor où Kinski le caractériel fit trembler les vitres il ne reste qu'une pimpante cuisine intégrée. (...)"  LOUIS GUICHARD pour TELERAMA


Pour rebondir sur les propos de Louis Guichard, peut être que finalement, si j'ai eu envie de venir ici à Sopot, et plus particulièrement dans la maison natale de Klaus Kinski  -aujourd'hui devenu bar- , c'est peut être pour "espérer" trouver un signe, un truc qui rappelle cet animal, cette fureur. Quelque chose qui serait ancré dans les murs, que l'on ne voit pas  -contrairement à toutes ces affiches et ces photos-  , mais que l'on peut ressentir. Je ne sais pas.
Après avoir deux bières et scruté les lieux en long en large et en travers, nous ressortons.

 

Avant de rejoindre l'auberge de jeunesse, nous décidons d'aller faire un petit tour au bord de la mer, en nocturne.
Sopot, ce n'est pas que la maison natale de Klaus Kinski. C'est aussi une autre maison : la Krzywy Domek ; en français la maison Tordue, construite en 2004 par les architectes Szotyński et Zaleski . Je n'ai pas de photo à te proposer car nous ne l'avons pas trouvée. Nous ne l'avons pas beaucoup cherchée non plus et je sentais bien que Maître Arnaud avait d'avantage envie de voir la mer Baltique que de se recueillir à nouveau devant une maison, aussi originale soit elle.
Nous voici partis pour déambuler un peu dans les rues de Sopot ; ou plutôt dans une rue ; la Monte Cassino, appelée Monciak, grande rue piétonnière et commerçante de 635 mètres de long. Mais nous ne nous attardons pas en route, ni dans les bars, ni dans les restaurants, ni autres commerces de souvenirs, ambre, tout ça, tout ça.
Nous n'avons qu'un seul objectif : rejoindre la plus grande jetée en bois d'Europe et l'une des plus grande du monde. Ici, elle est appelée la Molo.
Eeeeeeeeh oui, attention : c'est pas n'importe quoi ! Et à quoi ça ressemble la plus grande jetée d'Europe, vue par Google Maps ?

Eh bien à ceci :
Sopot, jetée google

Et en vrai ?

Eh bien voilà :
Sopot, la jetée de nuit, gens (Pologne)

Hein ? Ah oui, c'est vrai : on ne voit pas très bien.

Et là, c'est mieux ?
Sopot, la jetée de nuit

Ce qui fascine avec cette plus longue jetée en bois d'Europe, c'est que les bancs aussi sont très longs.

Sopot, la jetée de nuit, banc (Pologne)

Mais je ne sais pas si ce sont les plus longs bancs en bois d'Europe.
Continuons à longer la jetée.

La mer Baltique est calme.
On croirait une mer d'huile ou de gasoil.
Sopot, la jetée de nuit, vue sur mer (Pologne)

Continuons à longer la jetée.

Sopot s'éloigne derrière...
Sopot, la jetée de nuit, vue sur la ville (Pologne)

Continuons à longer la jetée.

Ah, ça y est :
nous sommes arrivés au bout !
Sopot, vue sur la jetée de nuit (Pologne)

 

Ouais bon, on voit des lumières, notamment, de gauche à droite, celles de la laternia Morska et de l'hôtel Sheraton.
Rappelons-le : la jetée de Sopot est la plus longue jetée en bois d'Europe avec ses 515 mètres d'avancée dans la mer Baltique.

 

UN PEU D'HISTOIRE
Il faut savoir qu'au VIIème siècle, Sopot était une forteresse slave, construite comme un avant-poste destiné à la marchandise et aux relations commerciales.Son importance diminua progressivement au cours des siècles pour être habité par quelques pêcheurs avant d'être abandonnée au Xème siècle. Mais un siècle plus tard, l'endroit se repeuple à nouveau. Le nom de Zopot apparait pour la première fois en 1283.
Au XVIème siècle, Sopot est considérée comme une vilel d'eau pour les habitants de Dantzig (aujourd'hui Gdansk). Jusqu'à la fin du siècle, les familles les plus nobles et les plus riches de la ville y font construire des résidences. Mais en 1733, pendant la guerre de la Sucession de la Pologne, les troupes impériales russes assiègent Sopot et une année plus tard pillent et brûlent entièrement le village. Après cette guerre, Sopot est une nouvelle fois abandonnée et les manoirs désertés jusqu'au milieu du XVIIIème siècle.
Annexé par le Royaume de Prusse en 1772, Zoppot est reconstruit en 1806 et racheté par un négociant de Danztig prénommé Carl Christoph Wegner. Ce dernier ouvre le premier bain public en 1819, mais l'affaire ne soldera par un lourd échec financier. L'alsacien Georges Hauffner, ancien chirugien de l'armée napoléonienne, finance alors un nouveau complexe thermal en 1823. Petit à petit, Zoppot s'aggrandit et se développe avec de nouvelles infrastructures (théâtre, parc,sanatorium, ligne de chemin de fer,...). Les gens de Dantzig viennent de plus en plus nombreux et la ville devient un lieu de villégiature recherché et de belles villas sortirent de terre pour hanter les rues. Certaines sont encore visibles aujourd'hui.
C'est à la même époque qu'est construite la première ébauche de la jetée. Au départ, en 1827, ce n'est qu'un pont de 31,5 mètres de long... Certains disent qu'il mesurait 41 mètres en 1829... À la fin du XIXème siècle, ce pont s'étend à 150 mètres pour devenir une jetée qui mesure près de 315 mètres en 1910 avant d'obtenir sa forme actuelle à partir de 1927. Au départ conçue pour n'être qu'un port local, elle est aujourd'hui un endroit incontournable au niveau touristique et culturel.
Elle est également témoin des affres de la Seconde Guerre Mondiale pendant laquelle Zoppot fut annexée par le Troisième Reich dès le 2 septembre 1939. La plupart des Polonais, des Cachoubes et des Juifs qui y habitaient furent arrêtés et expulsés.
Le 23 mars 1945, l'Armée Rouge entre la ville. Au terme de féroces combats de rues entre blindés, la ville est définitivement prise par les troupes soviétiques le 25 mars 1945.
"La ville perd cette année-là environ 10 % de ses bâtiments - certains pendant les combats, mais un bon nombre furent détruits par les soldats soviétiques sous l'emprise de l'alcool, après le 8 mai 1945. Les soldats soviétiques brûlèrent et pillèrent la plupart des bâtiments voisins de la jetée, y compris le complexe de sanatoriums balnéaires.
Conformément à la conférence de Potsdam, et selon les vœux de Joseph Staline, Zoppot EST incorporé à l'État polonais d'après-guerre et reçoit son nom officiel polonais de Sopot. Les autorités de la voïvodie de Gdańsk y résident jusqu'à la fin de 1946. La plupart des habitants allemands qui n'étaient pas partis de la ville devant l'avance de l'Armée rouge sont bientôt expulsés et remplacés par des Polonais chassés des régions annexées par l'Union soviétique.

Après la guerre, Sopot se rétablit rapidement." WIKIPEDIA

Sopot, la jetée de nuit, vue sur la ville

 

Nous faisons demi tour. Comme tout le monde. Normal. On ne va prendre des palmes et tenter de traverser la mer Baltique à la nage pour traverser la baie de Gdansk et tenter de rejoindre, soit, au mieux, le village d'Hel ; soit au pire,le Gotland en nageant plein Nord.
Oui, faisons demi-tour pour redécouvrir Sopot en venant de la mer.

Au bout de la jetée, on découvre la place ou Square Kuracyjny, autrement dit Square ou place de la Cure. Rappelons au passage que "Sopot" veut dire "source".
BREF : sur cette place très ouverte et aérée, nous découvrons un ancien phare (laternia Morska), une fontaine, un amphithéâtre de concert, des bars et un peu de verdure.

Sopot, la jetée de nuuit, vue sur Dom Zdrojowy (Pologne)


Ambiance très étrange, un peu surfaite, mais aussi désordonnée. Je ne sais pas comment dire. C'est comme un bordel organisé. J'ai l'impression que tout peut partir en live très vite, comme cela peut très vite se réguler. Il y a une sorte de cacophonie créée par les bars, les passants et les musiciens de rue (de jetée) qui te donne envie de faire des conneries. Et, dans le même temps, je sens que si je m'égare un peu trop, cela va très vite être stabilisé. Je cherche à comprendre.

En vidéo,
cela donne ceci :

Tu vois, on sent que je cherche la connerie à faire ou à dire ou à créer, mais que... Non... C'est nul ! Il y a une sorte de force qui me retient. Une force balnéaire peut être. Oui, cela doit être ça. Une force balnéaire. Le fait d'être dans une ville thermale assez huppée où, finalement, tout semble désorganisé, mais pas tant que ça. c'set beau, c'est propre, ça sent l'entretient. Conformiste. Cela me fait penser à une vie de trader. Cela me fait penser au clip de Rammstein, Stripped, sur des images de Leni Riefenstahl avec des paroles de Depeche Mode.


Qu'est-ce qu'il est allé naître ici Klaus Kinski ? Peut être qu'il n'était pas aussi fou et passionné qu'il le prétendait. Il courait simplement "le cachet et l'argent facile sans même lire les scénarios..."

Après avoir ré-emprunté la Monte Cassino et tous ses commerces diverses et variés, nous regagnons la voiture. Direction l'auberge de jeunesse à Gdansk.
Demain, une autre épreuve nous attend : passer la frontière russe sans savoir si, oui ou non, nous pourrons passer en voiture.

 

DANS NOTRE PROCHAIN ÉPISODE

Lorsque nous avions récupéré nos visas russes à Paris, la jeune femme nous avait dit que cela ne comprenait pas le fait de passer la frontière avec une voiture personnelle.
De nombreuses questions se posaient alors : avions-nous fait tout ce chemin pour faire demi-tour si près du but ? Allait-il falloir forcer la frontière russe pour passer avec la voiture ? Serait-il possible de contourner la douane ? Pouvait-on soudoyer les douaniers russes sans risquer de se taper 20 ans de goulag ? Et sinon, pouvait-on aller à Kaliningrad en train ? Mais ma voiture alors, je la pose où pour être sûr de la retrouver entière à notre retour ? Et quand reviendrait-on ? Et reviendront-on seulement ? Et Klaus Kinski, entre nous, il était pas un peu con quand même ?