Aaaaaaaah, et nous retrouvons tout de suite la suite... c'est pas très beau ça, "tout de suite la suite", c'est pas grave, on continue quand même pour retrouver tout de suite la suite de cet incroyable périple entrepris par Maître Arnaud et Jénorme en juillet 2013 : le fameux, l'incroyable, l'indécis Kaliningrad Tour !
Aujourd'hui, il semble que nos deux compères prennent la direction de la côte Baltique russe.
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

 

Allez, comme à chaque fois que j'entame un nouveau billet sur ce Kaliningrad Tour qui n'en finit pas de ne pas en finir... c'est pas très beau ça, "n'en finit pas de ne pas en finir", c'est pas grave on continue quand même... nous allons nous livrer à un petit résumé de l'origine de ce voyage et son exécution.
Kaliningrad Tour, qu'est-ce que c'est ?
Eh bien c'est un voyage.
Mais quel voyage ?
Un voyage en voiture.
D'accord, mais on ne va pas y passer la nuit des quatre jeudis, allons à l'essentiel s'il te plaît.

ET POUR CELA :

RÉSUMÉ !

C'était en février 2013. Le temps était à la neige dans la vallée d'Aspe, Pyrénées-Atlantiques, France. Avec Maître Arnaud, ami de routes et de chemins lointains, nous avions rejoint le Bar Communal de Borce pour boire quelques bières belges aux sons d'une musique tranquille ; le tout devant un bon feu de bois aménagé dans cette belle cheminée dominant la salle. (...)
Maître Arnaud avait soudainement lâché ses fléchettes pour lancer quelques mots surprenants et inattendus :
MAÎTRE ARNAUD : "- Mais moi, il y a un endroit qui m'énerve dans ce monde là, je ne comprends pas ce que c'est, je ne sais pas ce que ça veut dire ni ce qu'il s 'y passe, c'est ce truc là !!!! Au milieu de la mer Baltique !!! Une route ou je sais-pas quoi lààààà !!!!! Regarde !!!!"
Pour illustrer ses paroles soudainement violentes, il se saisit de son I-Phone et me montra en deux temps trois mouvements une carte. (...)
Je lui répondassâsses alors :
JENORME : "- Le mieux c'est d'aller y voir nous-mêmes !"
Et voilà ! Le projet était lancé ! A ce moment précis, dans le bar communal de Borce où crépitait le feu de cheminée devant lequel s'était posé ce magnifique chien aux yeux de vairon comme David Bowie, nous ne savions pas ce qui allait nous attendre, combien de kilomètres il allait nous falloir parcourir, quelles villes et quels pays nous allions traverser, quelles personnes nous parviendront à rencontrer pour nous indique le bon chemin... Non, nous ne savions rien et c'était tant mieux (...)

Quelques mois plus tard, un itinéraire était plus ou moins dressé. Jetons un petit coup d'oeil sur la carte pour mieux comprendre de quoi il retourne.

la carte
Carte : Google maps

L'objectif principal étant d'atteindre l'Isthme de Courande,
ce banc de terre au milieu de la mer Baltique.
Isthme de Courande
Carte : Google maps

FIN DU RÉSUMÉ

 


Voilà ! C'est clair, concis, compréhensible. Si, si, si.
Dans les précédents épisodes, nous avons donc traversé la France (de Nevers à Strasbourg), l'Allemagne (d'Offenbourg à Luckow en passant par Berlin, Ravensbrück et Prora), la Pologne (de Szczecin à Gdansk en passant par Kolobrzeg, Slupsk et Sopot). Et nous voici maintenant à Kaliningrad !
De là, lectrice, lecteur, tu pourrais te dire : "Bon ben voilà, Kaliningrad Tour, ils sont à Kaliningrad DONC c'est fini !"
Ooooooooooh que non ! Attends ! C'est pas tout ! On a continué après puisque, comme tu as pu le voir dans le résumé ci-haut, notre objectif ultime était surtout d'atteindre l'Isthme de Courande.
Tiens, d'ailleurs, pourquoi n'ai-je pas appelé cette série de billets "Isthme de Courande Tour" ? Boh... C'est moins bien que Kaliningrad Tour. Ça  pète Kaliningrad Tour ! Ça en jette ! Ça  crache, ça pulse, ça vouine, ça... OK j'arrête !

 

Nous sommes le mercredi 31 juillet 2013 qui, comme sa date l'indique, est le dernier jour de juillet. Eh oui, c'est comme ça tout a une fin, faut pas pleurer, c'est la vie.
Le jour se lève lentement sur Kaliningrad qui a déjà repris son activité routière hebdomadaire. En même temps, vu que c'est la première fois que nous venons ici et que nous sommes là seulement depuis hier, nous ne savons pas vraiment si l'activité routière est la même le dimanche et le mercredi. Toujours est-il que nous nous rendons dans la salle de restauration qui se trouve toujours dans le grand hall de l'hôtel afin d'y prendre le petit déjeuner.
Pour cela, il nous faut d'abord emprunter les longs couloirs feutrés de cette grande bâtisse moderne qu'est l'hôtel Kaiserhof. Le sol est recouvert d'une moquette à carreaux qui n'est pas sans nous rappeler celle que l'on peut voir dans le film "Shining" (1980) de Stanley Kubrick lorsque Danny fait du tricycle...

Ah oui, tiens, dis don', je les avais oubliées les deux soeurs jumelles. Que sont-elles devenues ?

Les soeurs jumelles de Shining
"Viens jouer avec nous !"

Ah oui, d'accord. Mais sinon, que font-elles ? Où sont-elles ? Comment ont-elles vécu l'après-Shining ? Quel est leur plat préféré ? Font-elles du sport ? Que pensent-elles du réchauffement climatique ? Et si oui, pourquoi ?

Eh bien oui, Lisa et Louise Burns ont quitté le monde du spectacle. Lisa est diplômée de littérature et Louise est devenue microbiologiste.
Voilà.

Quant aux autres actrices/acteurs du film, notons que Daniel Lloyd, le jeune Danny du film, a quitté le monde du cinéma pour devenir professeur de biologie. Peut être faut-il voir là une réponse au fait que Stanley Kubrick ne révéla jamais à Danny qu'il s'agissait d'un film d'horreur, pour que le jeune acteur (âgé de 6 ans à l'époque) ne soit pas déstabilisé par l'horrible scénario. En fait, Daniel Lloyd ne découvrira la teneur du film qu'à l'âge de 17 ans, lorsqu'il visionna Shining pour la première fois.
Et Shelley Duvall, la mère, qu'est-elle devenue ? Hein ? Eh bien, écoute, en novembre 2016, elle a accordé une interview à l'animateur de talk-show Phil McGraw où elle évoque ses troubles mentaux en révélant notamment qu'elle dit avoir récemment vu Robin Williams, or celui-ci s'est suicidé en 2014. Elle affirme également avoir été agressée par le Shérif de Nottingham qui n'est autre qu'un personnage fictif de Robin des Bois.
Tout va bien donc on peut aller petit déjeuner !

 

Après quelques tours et détours dans l'hôtel,
nous retrouvons le grand hall.

Kaliningrad hôtel

Le petit déjeuner se présente sous forme de buffet, très complet, avec des fruits, des yaourts, quelques viennoisereies, du jambon, du fromage, de la saucisse,... Bref : autant te dire que nous faisons le plein dans l'idée de ne pas avoir à bouffer ensuite le midi.
Une fois qu'un coup que ça c'est fait, nous regagnons la chambre pour récupérer les affaires, puis prendre la tangente, direction la côte Baltique.
MAAAAAAAAAAIIIIIIIISSSS si tu te souviens bien du précédent billet sur Kaliningrad, j'étais resté frustré de ne pas avoir trouvé la statue de Lénine. Donc il est hors de question de partir de la ville ce matin sans l'avoir trouvée ! Ben oui, c'est comme ça. Dans la vie, il faut des projets, des objectifs, sinon tu meurs, hein, ok d'accord, voilà.
Je sens bien que Maître Arnaud n'est pas très chaud pour se lancer à la recherche de la statue perdue. C'est pour cela que nous parcourons Kaliningrad en voiture. Nous tournons un peu. Il y a beaucoup de circulation. C'est à se demander où vont tous ces gens. Pourquoi ils ne sont pas au boulot ? Peut être sont-ils payés à rester dans leurs voitures et à rouler toute la journée pour faire croire que Kaliningrad est une ville active ? Peut être est-on dans une sorte de bulle urbaine créée de toute pièce par le pouvoir russe, un peu comme dans "The Truman Show" (1998) de Peter Weir.
Après être allés au sud, puis à l'Ouest, puis à l'Est... oh c'est pas mal, finalement, nous avons visité la ville malgré nous !
BREF : après avoir parcouru Kaliningrad en long en large et en travers, nous décidons de repartir en direction du Nord pour rejoindre la côte Baltique, quand tout à coup...

Kaliningrad, statue de Lenine (Russie)

ELLE NOUS EST APPARUE !!!
Oui,
C'est elle !
Elle est bien là !

Kaliningrad, statue de Lenine, profil          Kaliningrad, statue de Lenine

Aaaaah, ça me donne envie de chanter du Michel Sardou !
"♫ Toi, Vladimir Ilitch, t'as raison, tu rigoles, ♪ Toi qui as voyagé dans un wagon plombé, ♫ Quand tu vois le Saint-Père ton cousin de Pologne, ♪ Bénir tous ses fidèles dans son auto blindée. ♫"

Ouuuaaaaiiisss ! Quelle audace ce Michel !!! C'est bien toi qu'a raison tiens ! Ah, il nous manques ! Ah non, merde, il n'est pas mort.

Alors, revenons à notre statue là !
Hein ?!

Eh, oh : j'avais pas rêvé ! Maître Arnaud me soutenait le contraire, que ça n'existait plus, que toutes les statues du temps du communisme avait été enlevées ! Eh ben tiens !!! La v'là ! D'après certaines renseignements, elle était aposée autrefois devant l'ancienne église Christ-Sauveur (aujourd'hui cathédrale orthodoxe du Christ-Sauveur) sur la Place Adolf Hitler (de 1934 à 1945), rebaptisée Place des Victoires sur laquelle nous nous sommes rendus hier. Elle est à présent ici, en haut de la partie sud de la rue Leninskiy depuis 2006, bien en vue, même si elle n'occupe plus la place prédominante d'autrefois.
Je fais le tour de la statue. Étonnant de la voir encore debout de nos jours, n'est-il pas ? Résumons rapidement le rôle de Lénine en Russie au début du XXème siècle.

Kaliningrad, statue de Lenine"Rejoignant à la fin du XIXème siècle le Parti ouvrier social-démocrate de Russie, la section russe de la Deuxième Internationale, il provoque en 1903 une scission du Parti russe et devient l'un des principaux dirigeants du courant bolchevik. (...)
En 1917, après l'effondrement du tsarisme, les bolcheviks s'emparent du pouvoir en Russie lors de la Révolution d'Octobre. La prise du pouvoir par Lénine donne naissance à la Russie soviétique, premier régime communiste de l'histoire, autour de laquelle se constitue ensuite l'URSS. Lénine et les bolcheviks parviennent à assurer la survie de leur régime, malgré leur isolement international et un contexte de guerre civile. Ayant pour ambition d'étendre la révolution au reste du monde, Lénine fonde en 1919 l'Internationale communiste : il provoque à l'échelle mondiale une scission de la famille politique socialiste et la naissance en tant que courant distinct du mouvement communiste, ce qui contribue à faire de lui l'un des personnages les plus importants de l'histoire contemporaine.
Une fois au pouvoir, il use de façon revendiquée de la Terreur afin de parvenir à ses fins politiques. Lénine est à l'origine de la Tchéka, police politique soviétique chargée de traquer et d'éliminer tous les ennemis du nouveau régime qu'il met en place. De même, Lénine instaure en 1919 un système de camps de travail forcé, qui précède le Goulag de l'époque stalinienne ; il fait également du nouveau régime une dictature à parti unique."  WIKIPEDIA

Il n'en reste pas moins que Lénine reste considéré comme un génie, une référence politique et intellectuelle. À sa mort, son cerveau est prélevé et conservé dans du formol. Deux ans plus tard, le gouvernement soviétique demande au neuroscientifique Oskar Vogt de l’étudier, dans l'espoir que ses travaux permettent de découvrir la source du "génie" de Lénine.

 


Un très bel article du Point, titré "La nostalgie allemande",retrace l'historique de Kaliningrad, son évolution et sa situation actuelle. L'article date de 1995, mais reste très intéressant. Quelques morceaux choisis.

"Königsberg se développa autour d'une forteresse fondée en 1255 par l'ordre Teutonique, sur l'impulsion du roi de Bohème Otokar. En 1525, elle devient capitale du nouveau duché de Prusse et se dote d'une université. C'est à Königsberg que l'électeur du Brandebourg se fera couronner roi de Prusse sous le nom de Frédéric Ier.
Après de très violents combats qui laissent la cité en ruines et déciment une partie de la population allemande, la ville est prise par l'Armée rouge en avril 1945. Les accords de Potsdam attribuent le nord de la Prusse-Orientale à l'URSS. La population allemande est expulsée et, en 1946, Königsberg est rebaptisée Kaliningrad, déclarée zone militaire et interdite de séjour aux étrangers.
2 août 1945 : les accords de Potsdam partagent la Prusse-Orientale allemande entre la Pologne et la Russie. Le nord de cette région, où l'âme allemande s'est en partie forgée, est rattaché à l'URSS. Königsberg, la ville de Kant, est désormais sous la férule de Moscou. L'ex-Prusse-Orientale devient une enclave russe coincée entre la Pologne et la Lituanie. La totalité de la population allemande est forcée d'abandonner maisons et biens. Les derniers expulsés quittent la Prusse-Orientale en 1948. Les nouveaux habitants viennent de toute l'URSS. Ils sont en majorité russes, mais aussi ukrainiens et biélorusses.
Elle reste alors recluse pendant plus de quarante ans derrière le Rideau de fer.
Depuis que Moscou a décidé, le 1er janvier 1991, d'ouvrir aux étrangers la zone militaire de Kaliningrad, hermétiquement fermée depuis 1945, ces Allemands que l'on a baptisés les 'touristes de la nostalgie' arpentent en groupes disciplinés les rues de cette cité si longtemps interdite. (...)

«Pendant les deux premières années, dit-il, notre train était bondé. Les expulsés de 1945 voulaient à tout prix revoir leur patrie. Mais, depuis 1993, le nombre de voyageurs n'a cessé de chuter. Je crois que beaucoup de ceux qui sont allés revoir leur maison natale sont rentrés déçus, déprimés... Il est totalement fantasmagorique d'imaginer que les Allemands désirent aujourd'hui récupérer leur territoire perdu. Ils ont refait leur vie en Allemagne. Ils viennent simplement pour voir. Ils sympathisent souvent avec les Russes qui habitent maintenant leur maison, et retournent chez eux tranquillement.», raconte Helmut Mochel, directeur d'une petite agence de voyages de la Forêt-Noire."
PASCALE HUGUES pour LE POINT

 

Face à cette statue, je repense également au Memento Park -où nous avions failli aller avec Minouche et Nick Canon lors de notre séjour à Budapest (La double vie de Budapest)-  et qui regroupe toutes les anciennes statues érigées à la gloire du communisme dans la capitale hongroise. Ce fut une décision prise par le conseil municipal de Budapest en 1991 de réunir en un seul lieu 41 monuments de l'ère communiste, installés auparavant dans divers points prestigieux de la cité. Pourquoi Kaliningrad a-t-elle décidé de continuer à exposer cette statue d'une autre ère ? Nostalgie ? Mémoire ? Politique ? Culture ?
Je ne retracerais pas ici la naissance, la vie, l'histoire et le déclin du communisme en Europe. Mais je suis intrigué par la chute de l'URSS. Comment cela s'est-il passé ? Souvenons-nous sommairement toujours avec Le Point.

  1985-1989: Gorbatchev et la Perestroïka
"Mikhaïl Gorbatchev devient en mars 1985 le numéro un soviétique. Cet apparatchik jeune (56 ans) par rapport à la moyenne d'âge des dirigeants de l'URSS à l'époque, engage un vaste plan de réformes, la Perestroïka, pour sauver une économie secouée par la chute des prix pétroliers, la pénurie chronique de biens de consommation et une dette d'Etat croissante.
Embourbée en Afghanistan depuis 10 ans, l'armée Rouge se retire en 1989.

   1989: Le mur tombe
En mai, la Hongrie ouvre sa frontière avec l'Autriche, première brèche dans le rideau de fer. En juin, en Pologne, après des élections semi-libres, le syndicat anti-communiste Solidarnosc met fin à l'hégémonie du PC. Gorbatchev laisse faire.
A l'automne, les régimes communistes d'Europe orientale tombent un à un, et Moscou n'intervient toujours pas. Le 9 novembre, le Mur de Berlin s'effondre, puis la Tchécoslovaquie fait sa Révolution de velours et la Roumanie exécute son dirigeant stalinien, Nicolae Ceausescu. Le bloc socialiste n'est plus.

   1990-1991: L'implosion de l'URSS
En 1990, des républiques de l'URSS manifestent leurs velléités d'autonomie. En juin, la Russie, la plus grande d'entre elles, proclame sa souveraineté sous l'impulsion de Boris Eltsine, grand adversaire politique de Gorbatchev.
En mars 1990, la Lituanie proclame son indépendance. En janvier 1991, les troupes soviétiques interviennent (13 morts) mais finissent par se retirer. Moscou a perdu.
Gorbatchev négocie un nouveau traité pour sauver l'URSS, mais le 19 août, des conservateurs communistes fomentent un putsch. Le coup d'Etat échoue. Neuf républiques soviétiques déclarent leur indépendance en août et septembre.
Le 8 décembre, les dirigeants russe, ukrainien et bélarusse signent un traité mettant fin à l'URSS. Le 25 décembre, le président de l'Union soviétique Mikhaïl Gorbatchev démissionne."
LE POINT

Pour en savoir plus et comprendre ce long processus historique, je te conseille la lecture du livre d'Hélène Carrère d'Encausse, "Six années qui ont changé le monde 1985-1991".

Tout ceci n'a rien à voir avec ce projet surréaliste datant de 2010 pour lequel la ville de Kaliningrad avait, semble-t-il, donné son accord... Tu veux en savoir plus ? Attention, c'est très spécial. Prêt ? C'est parti, je t'explique.
En 2010, Kaliningrad propose de mettre en place une statue de Woody Allen, un plan qui a été approuvé par le réalisateur. L'initiative était venue d'un jeune cinéaste, Masha Vasyukova, originaire de l'enclave russe. Les questions se posent (encore des questions ???!!!!) : pourquoi Woody Allen et pourquoi à Kaliningrad ?
Eh bien tout simplement parce que le nom de naissance de Woody Allen est Konisgberg. Eh oui, comme l'ancien nom allemand de Kaliningrad. Ce qui avait commencé comme une blague a finalement pris de la crédibilité. Plusieurs personnes ont été appelées pour proposer leurs projets de statue de l'auteur américain d'origine juive. Ainsi ont été présentées une bobine de film surmontée des lunettes d'Allen, une statue grandeur nature de l'auteur éclipsée à côté d'une statue d'Emmanuel Kant ou encore une représentation de Woody Allen en spermatozoïde en référence à son film "Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans jamais avoir osé le demander" (1972).

woody-allen-statue-kalini-006C'est finalement un projet plus sobre qui avait été retenu : Il avait le choix d'ujne statue assez épurée sous la forme d'une paire de ses lunettes montée sur une tige en fer à une hauteur de 157 centimètres (la taille réelle de Woody Allen).
Sources : THE GUARDIAN

 

 

En même temps, pourquoi pas, mais bof. Ne serait-il pas possible de composer plutôt une statue d'une vraie personnalité originaire de Kaliningrad. Tiens, on a parlé de Kant, OK, très bien, mais n'oublions pas que Ernst Theodor Amadeus Hoffmann est également né ici, le 24 janvier 1776, dans cette ville autrefois, appelée Königsberg. Qui était  Ernst Theodor Amadeus Hoffmann ? Bonne question. Réponse.

HoffmanERNST THEODOR AMADEUS HOFFMANN (1776-1822)
Écrivain romantique, compositeur, dessinateur, peintre et juriste allemand, il est l'auteur de nombreux contes (Märchen en allemand) comme : L'Homme au sable, Les Mines de Falun ou Casse-Noisette et le Roi des souris et de plusieurs romans, dont son œuvre principale Le Chat Murr. Il devient alors, dès les années 1820, l'une des illustres figures du romantisme allemand et il inspire de nombreux artistes, en Europe comme dans le reste du monde.
Une vie incroyable, faite de rencontres, de découvertes, de voyages, de créations diverses jusqu'à l'apparition de sa maladie, l'ataxie locomotrice qui paralyse ses membres inférieures, puis ses mains. Pourtant encore rempli de projets, il ne peut que se résoudre à dicter quelques-unes des dernières lignes de ses créations à sa femme ou à un secrétaire de passage.
"Rêve. La police enlève toutes les horloges des tours et saisit toutes les montres, parce que le temps doit être confisqué."
En juin, on diagnostique un tabès, c'est-à-dire une syphilis nerveuse atteignant la moelle épinière, dont il souffre depuis 181941. On lui applique des fers rouges de chaque côté de l'épine dorsale. Le 25 juin 1822, les plaies au fer rouge se rouvrent et saignent. Il murmure alors : "Il est temps de penser un peu à Dieu". Il demande qu'on lui tourne la face contre le mur et meurt quelques minutes après, à l'âge de quarante-six ans.
Inhumé dans le cimetière III de Jérusalem de la ville de Kreuzberg (Berlin, Allemagne), il est écrit sur sa tombe cet épitaphe : "Il fut excellent fonctionnaire, excellent poète, excellent musicien, excellent peintre.". D'après WIKIPEDIA

 

BON, en tout cas, comme j'ai bien fait chier Maître Arnaud avec ma statue de Lénine, il exige maintenant que nous nous rendions au port de commerce de Kaliningrad ; non pas parce qu'il a envie de poursuivre le voyage seul sur un navire de marchandises, mais parce que lui, sa passion, ce sont les ports.
OK, pourquoi pas ? Après tout. C'est pas con. Quand on voit les passions de certaines personnes, ce n'est pas si extraordinaire que cela d'aimer les ports.
Tiens, par exemple, sais-tu ce qu'est un(e) microtyrosémiophile ? Hein ? Hein ? Hein ? Eh bien, c'est quelqu'un qui collectionne les crèmes de gruyère. Et une(e) notaphile ? Hein ? Hein ? Hein ? Eh bien, c'est une personne qui collectionne les factures ! Je me souviens aussi de cet homme qui collectionne les panneaux "Don't disturb" que l'on trouve dans les hôtels ou encore Dick Lanski, 75 ans, qui collectionne les balles de golf pour en avoir plus de 36 000.

collection étrange           collection étrange
Photos : Awazing

Sans oublier Graham Barker qui collectionne les mousses de nombril ou encore Petra Engels qui possède plus de 19 571 gommes à effacer uniques de 112 pays différents.
Eh ouais. Alors, bon, aimer les ports, c'est bien. Maintenant, c'est pas facile à ramener chez soi pour montrer à ss amis. Mais on peut toujours aller y faire quelques photos. C'est ce que nous avons fait.
En fait, le lieu est très protégé et nous ne nous sentons pas de franchir le mur qui nous sépare du port. C'est écrit en cyrillique et même si nous ne comprenons pas, il semblerait bien qu'il est fortement conseillé de ne pas s'aventurer en ces lieux. Nous regardons donc le port de Kaliningrad par dessus un mur.

Kaliningrad, le port, grues (Russie)

Kaliningrad, le port, grue              Kaliningrad, le port (Russie)

Oui, tu as bien vu : nous sommes surtout attirés par le port de commerce avec ses grandes grues.
Le port de Kaliningrad fut l'un des ports militaires les plus importants de l'Union soviétique en mer Baltique, jouant un rôle militaire de premier ordre dans le Pacte de Varsovie. Il fut également la base de départ des expéditions soviétiques en Antarctique (musée du Vityaz). Quant aux ports civils de Kaliningrad, ils ont joué un rôle important dans l'industrie de la pêche du côté occidental de la Russie.

Nous reprenons la route pour nous approcher de la mer Baltique. Pour cela, nous empruntons la 27A-002, la seule route qui permette de s'approcher de la côte. Ce qui étonne, c'est cette sortie brutale de la ville. De suite, nous nous retrouvons à rouler au milieu d'une forêt.
Quand tu évolues dans des pays étrangers telle que la Russie, tu recherches toujours le petit détail que tu te trouveras pas ailleurs. Ici, il y a souvent des personnes en bord de route qui vendent des fruits et légumes. Ce sont souvent de petits stands d'agriculteurs ou fermiers locaux avec une table, une chaise et quelques cagettes peu remplies. Une bonne occasion pour se demander ce qui est cultiver sur ces terres kaliningradiennes.
En fait, 80 % de la nourriture présente sur le marché de Kaliningrad provient de Pologne, d’Allemagne et de Lituanie. Reste alors l'ambre. Nous regardons les différents étales depuis la voiture sans trop nous arrêter.
Quelques trente kilomètres plus tard, nous arrivons au bord de la Baltique dans une ville appelée Primorsk (en russe : Приморск ; en allemand : Fischhausen ; en lituanien : Žuvininkai/Skanavikas ; en polonais : Rybaki) ; ce qui signifie "maritime" en russe. Elle est située sur la lagune de la Vistule. C'est l'une des plus anciennes localités de la région.

A) Primorsk, vue sur la baie

Nous ne restons pas longtemps. De toute façon, pour rejoindre la Baltique, la route se termine à Baltiisk, dernier point avant de retrouver l'isthme interdit, filant vers la Pologne et Gdansk.

baltiisk
Carte : Google maps

Nous préférons continuer notre chemin vers le nord de l'Oblast ; même si Baltiisk semble charmante avec sa citadelle, son labyrinthe de fortifications navales et son phare expressionniste de 32 mètres.
Nous repartons donc dans les terres en direction de Parusnoye (Парусное) par l'A192. Nous sortons de cette large route à hauteur de Russkoye (Русское) pour suivre les panneaux indiquant tour à tour les villes de Pokrovskoye (Покровское), Iantarny (Янтарный), Sinyavino (Синявино) et Donskoye (Донское) avant de retrouver l'A192. Des paysages assez monotones défilent. On sent une présence militaire avec des murs, des barbelés au milieu de champs. Quelques cigognes viennent nous donner un peu de baume au coeur. Nichés dans leur nids perchés sur de grands mats comme dans les Landes, elles ne semblent pas se soucier de l'endroit où elles se trouvent. Après tout, elles ont bien raison.

B) Pokrovskoye, sur la route (Russie)

Après plusieurs kilomètres,
un premier constat des lieux s'impose de lui-même.
Et ça, c'est bien !

La grande route ne nous satisfait vraiment pas. Nous tentons d'emprunter quelques petites sorties vers la côte Baltique. Notre premier arrêt se fait à Svetlogorsk (Светлогорск).
Bon, alors, comment dire ? Nous en avons un peu parler tout à l'heure lors de notre visite de Kaliningrad... Disons que l'Oblast est un territoire russe assez surprenant et... euh... comment dire... un peu stratégique au niveau militaire. C'est le seul endroit où les Russes peuvent faire quelques essais militaires de débarquement tout ça, voilà, hein, bon, y'a pas d'mal.
C'est ainsi que, parfois, comme ça, d'un coup, les baigneurs des plages de la partie nord de l'Oblast peuvent se retrouver face à des situations quelque peu surréalistes, mais pas tant que ça finalement.

REGARDONS !


Nous faisons donc une pause face à la mer Baltique, à hauteur de la plage, pour voir si, oui ou non, quelque chose de surréaliste va se passer...

C) Svetlogorsk, promenade (Russie)

Finalement, après quatre heures d'observation attentive, nous n'avons rien vu. Tout est calme. Nous décidons alors de repartir vers d'autres plages de la Baltique.
En fait, il faudrait surtout que nous nous rapprochions le plus possible de l'Isthme de Courande afin de ne pas louper notre passage en Lituanie demain. Eh oui, hier, à la frontière russo-polonaise, nous avons signé des papiers comme quoi nous ressortirions de la Russie à hauteur de Nida, le 1er août avant 18 heures.
Nous arrêtons donc de furter à gauche à droite le long de la côte à la recherche d'une hypothétique invasion militaire pour nous concentrer sur l'objectif Isthme de Courande. Pour cela, nous décidons de rejoindre directement la ville la plus proche de l'Isthme. Cette ville,c'est
Zelenogradsk.

Comme la plupart des villes de l'Oblast de Kaliningrad, Zelenogradsk a également plusieurs noms. En russe, elle se prénomme Зеленоградск. Préférons l'allemand où elle porte le nom efficace de Cranz, ou encore le lituanien qui choisit de la nommer Krantas, sans oublier le polonais qui prononce Krańc. Que retenir de tout ce la ? Je ne sais pas, si ce n'est de constater que Zelenogradsk  est le nom le plus utilisé alors que c'est le plus compliqué à prononcer.
Notre premier défi à relever ici est de trouver un hôtel ; ce qui ne va pas sûrement pas être très compliqué puisque Zelenogradsk-Зеленоградск-Cranz-Krantas-Krańc est une station balnéaire appréciée des Russes, des Polonais, des Lituaniens et des Allemands ; ce qui veut dire qu'il y a de l'hébergement.
Comme nous sommes sûrs de notre coup, nous décidons de compliquer la chose en cherchant un hôtel qui aurait vu sur la mer Baltique. Ben oui, eh, oh, on va pas s'faire chier non plus !!!
Mais bon, après avoir arpenté la rue la plus proche de la mer et qui porte le doux nom de Gagarina Ulitsa, force est de constater qu'il n'y a aucun établissement hôtelier en bord de Baltique. Nous nous reportons alors sur le premier hôtel qui nous vient, au pif, mais qui possède tout de même une belle présentation extérieure. Cet hôtel, c'est le Ресторан отеля Ренессанс ; plus connu sous le nom anglais de Renesance Hotel que nous appellerons en français l'Hôtel Renaissance. Pour le nom en italien, j'attends la réponse de Greta que je salue au passage.

D) Zelenogradsk, Renesance Hotel (Russie)

D'extérieur et au premier regard, c'est un bel hôtel, récemment rénové. Encore aujourd'hui, je me suis rendu sur le site TripAdvisor pour voir les critiques et elles sont toujours positives. Par exemple, celle-ci, datant du mois de septembre 2017 et qui résume très bien la situation :
"L'hôtel est comme son design, le confort, la propreté et l'ambiance chaleureuse personala. Basseyn nous a plus à l'eau tiède, quand la fenêtre était cool pogoda. Zavtrak et le dîner étaient savoureux, mais il manquait fruktov. V généralement obtenu de visiter les émotions positives que."

Tout est dit !
Après êtres passés à côté de la piscine extérieure bordée de transat, nous entrons dans le hall. La gérante, très belle femme d'une quarantaine d'années, dynamique et enjouée, nous reçoit avec le sourire. Nous lui demandons de suite "En quelle langue peut-on se comprendre ?", soit en anglais "In which language can we understand ourselves ?" ou encore en allemand "In welcher Sprache können wir uns selbst verstehen ?". Ce à quoi elle nous répond simplement, tranquillement, sans façon, naturellement : "En français, c'est bien aussi, mais pas trop longtemps."
D'accord. On fait des efforts pour parler leurs langues et voilà c'qu'y's'passe !
Nous parlons finalement anglais parce que nous n'avons pas fait tous ces kilomètres pour échanger en français. On n'est pas dans la Creuse, là, oh !
Elle nous indique que les chambres avec deux lits séparés sont à 27 euros, petit déjeuner compris... La vache ! 27 euros ?! C'est pas cher !
Nous prenons la chambre. Très confortable, mini-bar, télé, chambre spacieuse avec petit bureau pour écrire tes mémoires de voyage, douche et chiottes séparées.

HOTELNous redescendons en repassant par le bar, sympathique lui aussi. Il se compose d'un comptoir en bois de belle facture avec vue imprenable sur une vitrine bien éclairée affichant les bouteilles d'alcool disponibles au service.
Deux tabourets nous attendent, comme une invitation à venir discuter en anglais, allemand ou russe avec le jeune serveur souriant qui essuie des verres. Je ne sais pas comment ils font ces serveurs : ils ont toujours des verres à essuyer. Tu vas à une soirée ou à un match de rugby ou tu fais une randonnée en montagne, tu les reconnais toujours les serveurs. Dans n'importe quelle situation, n'importe où et à n'importe quelle heure, ils ont toujours un verre à la main qu'ils essuient avec un torchon venu d'on ne sait où.

 

 

Malgré la beauté du lieu et sa bienveillance, nous ne cédons pas à l'appel. Nous cherchons au plus vite la sortie de l'hôtel pour ne pas céder aux cris des sirènes de ce bar inspirateur.
Tout le monde est souriant, c'est agréable, mais non, nous ne céderons pas. Nous allons sortir d'ici maintenant !
La tenancière... oh j'aime pas l'appeler comme ça ! La tenancière ! Ça fait strict, rigide ! Appelons-la... euh... comment... euh... Catherine. Oui, c'est bien Catherine. DONC Catherine nous demande si nous allons manger ici ce soir. Nous lui répondons que nous ne savons pas encore car nous aimerions faire un petit tour de la ville et aller marcher sur la plage pour voir les invasions militaires russes surprises. Elle sourit, puis nous indique le chemin à prendre pour rejoindre la promenade, la plage et la grande jetée typique des villes situées au bord de la mer Baltique.
Nous sortons de l'hôtel en repassant devant la piscine bordée de transat vides. Normal, il pleut et il ne semble pas y avoir grand monde dans l'hôtel aujourd'hui.
Après deux minutes de marche intensive, nous nous trouvons sur la grande promenade.

 

ZELENOGRADSK
D) Zelenogradsk, jetée et lignes (Russie)

Hein ? Quoi ? Elle est bien cette photo. Peut être pas la plus représentative de la ville et de sa situation géographique, mais c'est la première que j'ai faite en arrivant en bord de mer. Ce sont les lignes qui m'ont marqué. La jetée en bois au fond et les les barrières métalliques au premier plan. Je trouve le contraste intéressant et... oh bon, on n'est pas là pour philosopher ! NON !
En venant ici à Zelenogradsk-Зеленоградск-Cranz-Krantas-Krańc, je n'ai qu'un seul objectif : trouver une statue de Lénine ! Non, je déconne. On recommence.
En venant ici à Zelenogradsk-Зеленоградск-Cranz-Krantas-Krańc, je n'ai qu'un seul objectif : boire un Mojito face à la mer Baltique. Oui, c'est important d'avoir des objectifs dans la vie, tu vois. C'est ça qui te fait avancer, tu vois.
Mais avant cela, nous profitons du paysage et de la météo plutôt pluvieuse. Nous nous en allons marcher sur la longue jetée en bois s'avançant sur la mer Baltique sur plus de... je sais pas combien de mètres.

D) Zelenogradsk, sur la jetée (Russie)

D) Zelenogradsk, au bout de la jetée (Russie)              D) Zelenogradsk, vue de la jetée (Russie)

D) Zelenogradsk, sur la jetée (Russie)

Bon écoute, que te dire de plus ? La promenade, la jetée, la mer Baltique. OK, super. Il pleut. Il faut vite se mettre à l'abris. Nous n'allons pas retourner à l'hôtel de suite. Il n'est pas loin de 16 heures et quelque chose nous dit qu'il est grand temps de boire l'apéro. Ou plutôt l'avant apéro. Cela tombe plutôt bien puisque non loin de la jetée, un bar nous attend. Et dans ce bar, que proposent-ils ?
Eh bien oui, bien sûr ! Des mojitos !!!!

Jénorme a trouvé des mojitos à Zelenogradsk

Hein ? Hein ? Hein ? Aaaaaah, je ne parle pas russe, mais s'il y a bien un mot que j'ai appris à déchiffrer sur les ardoises de ars ou de restaurants, c'est le mot "Mojito". Et quand il y a écrit sur un tableau "мохито", je sais de suite ce que ça veut dire.
Nous entrons dans ce bar faisant face à la mer Baltique. Il y a quelques jeunes qui lézardent peinardement devant un jus de fruit en se regardant les portables. Une musique de fond se répand sur cet ensemble composé de bois. Ce n'est pas de la techno, ce n'est pas de la country. C'est entre les deux. De la techtry ou de la Counchno. Je montre à la serveuse la boisson que je voudrais et que j'ai repéré sur la carte disposée sur notre table. Cinq minutes plus tard, nous sommes servis.

Jénorme a trouvé des mojitos à Zelenogradsk (Russie)                E) Zelenogradsk, Mojito en attendant la fin de l'averse (Russie)

La pluie s'étant calmée, nous décidons de retourner sur la jetée et sur la promenade pour admirer le changement de lumière.

E) Zelenogradsk, sur la promenade, Baltique, contre-jour (Russie)

E) Zelenogradsk, sur la promenade, contre-jour                 E) Zelenogradsk, sur la promenade, jetée (Russie)

E) Zelenogradsk, sur la promenade, Baltique, rayons (Russie)

Voilà. Bon. Allez, on va aller boire une bière dans un bar un peu plus loin parce que le Mojito, c'est chouette, mais ça donne envie de pisser.
Nous nous rendons donc dans un autre bar situé le long de la promenade. Celui-ci est un peu plus roots que le précédent. Pour ne pas déranger, nous commandons une bière afin de pouvoir profiter des toilettes. Malheureusement, ici, en Russie, le demi, ça n'existe pas. Ou du moins,s si ! C'est en France que le demi est servi en quart ; c'est à dire 25 centilitres. Ici, en Russie, comme dans pas mal d'autres pays, un demi, c'est un demi ; c'est à dire 50 centilitres. À ce rythme là, nous ne verrons pas grand chose de la ville, nous allons bien connaître les toilettes des bars qui longent la côte baltique. Cela peut donner l'idée d'écrire un guide genre "Le guide du routard", mais que nous appellerions "Le guide de l'incontinent". C'est pas mal comme nom de guide de voyage.
Nous ressortons du bar dont j'ai oublié le nom. Nous retournons voir l'évolution de la lumière sur la Baltique, ainsi que l'état de la jetée et de la promenade.

G) Zelenogradsk, sur la jetée

G) Zelenogradsk, la jetée (Russie)             G) Zelenogradsk, sur la jetée (Russie)

J) Zelenogradsk, vue sur la station depuis la jetée (Russie)

Tout de suite un point météo. Eh bien, comme tu peux le voir sur les photos ci haut, nous ne comprenons pas vraiment ce que veut faire le soleil avec les nuages. Tout à l'heure, il semblait se cacher derrière eux. Maintenant, il donne l'impression de vouloir s'imisser par en-dessous.
Comme cela ne semble pas tellement évoluer, nous décidons de quitter les bords de mer pour nous lancer dans une visite inattendue de la ville. Nous appellerons cette visite "Derrière la façade Baltique".

DERRIÈRE LA FAÇADE BALTIQUE...

         Nous quittons la promenade.
E) Zelenogradsk, sur la promenade, panneau (Russie)

En laissant la côte derrière nous, nous passons des façades. Si la promenade est propre et bien aménagée pour séduire les touristes, la partie intérieure de la ville de Zelenogradsk est différente. Beaucoup de fils électriques au-dessus de nos têtes prennent appuis de poteau en poteau. Les façades des maisons sont plus grises. Certaines sont très belles par leurs architectures, faisant penser à quelques bâtiments style art déco.

F) Zelenogradsk, derrière la façade maritime (Russie)                  F) Zelenogradsk, derrière la façade maritime

Nous hésitons à entrer dans l'un des bars que nous croisons. Nous avons l'impression qu'ils sont d'avantage destinés aux locaux qu'aux gens de passage comme nous.
Un peu d'histoire de Zelenogradsk ? OK, pas de problème !

"Le site de Zelenogradsk était à l'origine un village de pêcheurs vieux prussiens, à proximité de Kaup, une ville de Prusse sur la côte de la mer Baltique, à l'époque des Vikings. La zone passa sous le contrôle des chevaliers teutoniques et fut peuplée d'Allemands. Son nom allemand Cranz, à l'origine Cranzkuhren, provient du vieux prussien krantas, mot qui signifie « la côte ». Pendant la plus grande partie de son histoire, elle ne fut qu'un petit village de Prusse-Orientale.
Au XIXème siècle, le village devint le principal centre balnéaire du Royaume de Prusse sur la côte orientale de Prusse, surtout après la construction d'une ligne de chemin de fer reliant le village à Königsberg (aujourd'hui Kaliningrad) en 1885. Malgré l'augmentation du nombre de touristes, l'industrie de la pêche resta forte ; le flet fumé est une spécialité régionale. Malgré une population de plus de 6 000 habitants à la fin des années 1930, Cranz n'avait pas le statut de ville.

La région fut envahie par l'Armée rouge à la fin de la Seconde Guerre mondiale et annexée par l'Union soviétique. Cranz n'avait que peu souffert de la guerre, mais la population allemande fut évacuée ou expulsée par la suite. En 1946, Cranz reçut le statut de ville et fut renommée Zelenogradsk, ou « ville verte » en russe.
L'activité touristique fut négligée, pendant la guerre froide, à Zelenogradsk au profit de la ville voisine de Svetlogorsk (ex-Rauschen). Mais cette situation a changé au cours des dernières années. Zelenogradsk est une station balnéaire de plus en plus populaire auprès des vacanciers russes, notamment des habitants de Kaliningrad, et de riches Moscovites y possèdent des résidences secondaires." WIKIPEDIA

Que te dire de plus ?
Nous continuons notre errance hasardeuse, quand, tout à coup... Non ? Si ! Dans un petit coin d'un petit parc excentré, ne voilà-t-il pas que...

Jénorme et une statue blanche de Lénine à Zelenogradsk (Russie)

 Oui, c'est bien lui. Enfin, c'est bien elle. Enfin, c'est... bel et bien... une statue de Lénine.

F) Zelenogradsk, statue de Lenine (Russie)

Eh oui. Sa couleur blanche change de l'habituelle gris-noire. Cela ajoute un petit côté fantomatique.
Oooooh, ça me donne envie de chanter du Michel Sardou ça !!! Incroyable, je n'aurais autant chanté de Sardou qu'en Russie. Qui l'aurait cru ? Et puis finalement, posons-nous la question : pourquoi Vladimir Illitch a-t-il décidé de s'appeler Lénine ?
Eh bien tout simplement parce que selon Le Robert des noms propres, le nom Lénine vient du nom d'un fleuve sibérien la Léna, (en russe : Лeна), l'origine du nom du fleuve étant issue d'un dialecte toungouze : yelyuyon "rivière".
Oui, c'est vrai, ça n'explique pas tout.

Je te propose de faire dès maintenant une pause Professeur Rollin
afin de se remettre dans le droit chemin.

 

 
Nous retournons sur la promenade où la lumière a encore changé.

J) Zelenogradsk, soleil voilé sur la Baltique (Russie)

I) Zelenogradsk, vue sur la promenade (Russie)              J) Zelenogradsk, vue sur la station depuis la jetée

Comme nous avons bu quelques bières, nous avons encore envie de pisser. C'est un cercle vicieux dans lequel nous sommes entrés. Nous buvons de la bière DONC nous avons envie de pisser DONC il faut que nous allions dans un bar pour soulager nos envies, mais il faut commander quelque chose à boire pour avoir accès aux toilettes DONC nous buvons une autre bière DONC... etc. C'est insupportable.

Je repense à cette invention bien pratique.
After bière


Nous sortons de ce énième bar de bord de Baltique. La lumière a encore changé. Si, si, si ! Elle a changé, j'te dis ! Le soleil a du mal à se séparer d'un gros nuage.

H) Zelenogradsk, au bout de la jetée (Russie)

Ce qui a pour conséquence de changer également
la luminosité sur la longue jetée.

H) Zelenogradsk, sur la jetée (Russie)

G) Zelenogradsk, sur la jetée              J) Zelenogradsk, vue la jetée

J) Zelenogradsk, un peu plus tard sur la jetée

Mais si, elle change la lumière !!!!!
Bon eh, allez, notre but est de voir le soleil se coucher sur la plage t sur la Mer Baltique. Mais comme nous en avons un peu marre de cette succession bars-bières, nous décidons d'aller nous mettre à l'abris à l'hôtel. Notre idée est de rejoindre la chambre pour se poser un peu, mais comme le personnel et le petit bar de l'hôtel sont accueillants, nous privilégions cette découverte immobile.

visio conférenceNous en profitons pour passer quelques coups visio-coup-de-téléphone grâce au code Wifi de l'établissement. C'est beau le progrès : sur nos petits smartphone, nous pouvons ainsi voir en direct sur les écrans les visages des ami(e)s en France... tout en buvant une bière. Comme par exemple, ici, avec Nick Canon. Pour fêter cela d'ailleurs, nous avons pris une petite bière au comptoir de l'hôtel.

 

 

Nous ressortons de l'hôtel bien remontés pour aller voir le soleil se coucher sur la Baltique. Nous ne savons pas trop quelle heure il est, mais c'est le moment. Nous changeons de lieu cette fois-ci afin de ne plus nous laisser entraîner par le cercle vicieux bière-bars-toilettes-bières-bars-toilettes.
Une fois arrivés sur la promenade vierge de tous bars ouverts, le moment est au constat : le soleil n'est pas encore couché.

K) Zelenogradsk, fin de journée, baltique et soleil

K) Zelenogradsk, fin de journée, baltique et soleil (Russie)             K) Zelenogradsk, fin de journée, jetée et maitre Arnaud (Russie)

Nous nous posons sur la plage en fixant l'horizon. Ce qui me trouble, c'est que j'avais l'impression que la vue que nous avions sur la Mer Baltique était plein Nord. Or, vu que le soleil semble se coucher face à nous, cela n'est pas possible. Nous sommes d'accord : le soleil se couche à l'Ouest, même en Russie.
Nous attendons...

C'est un peu long...

L) Zelenogradsk, coucher de soleil (Russie)

L) Zelenogradsk, coucher de soleil sur la Baltique             K) Zelenogradsk, fin de journée, baltique et soleil (Russie)

Eh, mais... il est remonté le soleil là, non ?

Jénorme regarde le coucher de soleil sur la Baltique à Zelenogradsk (Russie)

Finalement, après plusieurs minutes, l'astre solaire (je dis ça pour éviter de répéter encore le mot soleil) s'en va se cacher sous la ligne d'horizon maritime.

 L) Zelenogradsk, coucher de soleil et nuages (Russie)         L) Zelenogradsk, coucher de soleil sur la Baltique (Russie)

Fin de journée.

Il est 19h46 environ. Il fait nuit tôt ici. Nous retournons à l'hôtel pour de bon cette fois-ci. En arrivant, nous demandons s'il est possible de manger ; ce à quoi on nous répond par la positive.
Il y a un peu de monde. Je ne sais pas si tous ces gens sont à l'hôtel ou s'ils viennent juste manger... ou si ce sont des figurants. Catherine est encore là, toujours souriante. Elle est accompagnée par une autre serveuse et un serveur. On nous place à une petite table, joliment décorée avec des bougies, puis on nous amène la carte en nous demandant si nous voulons prendre un apéro... Ah ?! Que faire ? Je demande à la jeune serveuse s'ils ont un apéritif local. Elle me regarde interloquée, puis me propose une vodka. Oh non, on va pas boire une vodka en apéro quand même... Non ! "Bon ben une bière alors s'il vous plaît." Eh merde, encore de la bière ! Je jette un oeil rapide sur les lieux pour voir où se trouvent les toilettes.
Quelques minutes plus tard, les bières arrivent. Les conversations se passent en anglais. "Vous avez choisi ?" Difficile de savoir ce qui est proposé sur certains plats car la carte mélange allégrement mots russes et anglais dans une traduction parfois un peu aléatoires. Mais, bon, après tout, c'est marrant et pourquoi pas se laisser surprendre en choisissant un plat dont on ne comprend pas complètement la composition ? Hein ? Hein ? Mais oui, c'est ça aussi l'aventure !
Si Maitre Arnaud choisit la sécurité avec un morceau de viande bien traduit et expliqué, je tente le super banco avec un plat que je ne parviens pas complètement à comprendre.

Quelques minutes plus tard,
la demande devient réalité
et la jeune serveuse m'apporte ceci :
M) Zelenogradsk, à l'hôtel (Russie)

Belle présentation. Il y a des tomates fraîches, de la betteraves, des frites, de la sauce balsamique et ce morceau de... poisson ! Eh ouais, sans en avoir l'air, j'ai commandé du poisson ! Simple, efficace, bon.
Le repas se termine. Nous sommes les derniers à être attablés. Normal, nous sommes les derniers à être arrivés ; qui plus est au moment où le restaurant avait prévu de ne plus servi. une fois de plus, le personnel a été super cool ! Mais... nous ne voulons pas quitté l'endroit comme ça. Il est encore tôt, même si tout le monde semble vouloir aller se coucher. Nous nous rapprochons à nouveau du petit comptoir en bois qui offre une belle vue sur quelques bouteilles. Allez, on ose. Nous interpellons le jeune serveur souriant en lui demandant s'il serait possible de boire une vodka. C'est vrai quoi : nous sommes en Russie, on ne va partir sans avoir bu une vodka !!! Le serveur nous regarde, puis regarde Catherine postée au petit comptoir de la réception pour faire les comptes de la journée. Ils parlent en russe. Nous en comprenons pas sur le coup si on a dit une connerie, si on va se faire virer ou si on va nous servir. Le serveur que nous appellerons FrustuckMan (pour des raisons que tu découvriras plus tard) et Brigitte se concertent, puis viennent nous voir. Putain, on va se faire virer...
CATHERINE (en anglais) : "- Vous voulez quelle sorte de vodka parce qu'ici, nous ne sommes pas des spécialistes ?
MAÎTRE ARNAUD : "- Nous non plus, c'est juste pour goûter comme ça parce que nous sommes en Russie et que nous partons demain pour la Lituanie.
CATHERINE: "- Bon. Je vais voir."

Quelques minutes, Catherine revient avec une bouteille complètement givrée car, oui, la vodka se garde et se boit glacée. Deux petits verres, service. On boit.
JENORME : "- On peut vous payer un verre ?
Brigitte et FrustuckMan se regardent en souriant, puis répondent avec emballement.
EUX : "- Non, non, merci, c'est gentil."

Ah ? Y'a un soucis ? Elle ne va pas nous rendre aveugle ? Mais qu'est-ce que c'set comme alcool finalement la vodka ? C'est vrai quoi. Nous savons que la Suze est extraite d'une plante ; que le Ricard, c'est de l'anis ; que le Rhum est eune eau-de-vie transformée à partir de la canne à sucre ; que le whisky est composé à partir de céréales. Mais la vodka ?

"La vodka peut être produite à partir de presque toutes les matières d'origine agricole : les plus connues sont les céréales (blé, amidon, orge, sarrasin), mais on trouve également des fruits (pommes, poires, cerises...), des pommes de terre, des betteraves, des châtaignes, du sucre ou du riz. Selon les matières premières, on obtient plus ou moins d'alcool. L'eau, pure et géologiquement caractérisée, est aussi un composant essentiel de la vodka."  ESPRIT DÉGUSTATION


Nous terminons nos verres. Catherine nous en propose un second... que nous acceptons. Puis nous parlons un peu. D'où nous venons, où nous allons et pourquoi. De leurs côtés, Brigitte nous dit qu'elle a racheté l'hôtle il y a peu, que la clientèle est très variée, mais essentiellement allemande et russe.
Bon allez, nous avons de la route demain. FrustuckMan nous demande si nous voulons petit déjeuner demain matin. Nous lui répondons que nous allons partir tôt pour être sûrs d'être à la frontière russo-lituanienne en temps et en heure.
FRUSTUCKMAN : "- Habituellement, nous servons le petit déjeuner à partir de 8 heures, mais si vous voulez, je peux me lever plus tôt et vous le préparer à partir de 7 heures.
NOUS : "- Oh non, mais on ne veut pas abuser, c'est très gentil.
FRUSTUCKMAN : "- Il n'y a pas de problème.
NOUS : "- Bon ben d'accord."

Nous regagnons la chambre. D'autres aventures prévues demain.

 

DANS NOTRE PROCHAIN ÉPISODE

Qu'est-ce que FrustuckMan va leur préparer pour le petit déjeuner ? Maître Arnaud et Jénorme vont-ils pouvoir passer la douane russo-lituanienne sachant que cela ne semblait pas évident lors de leur passage mouvementé à la frontière polono-russe ? Sera-t-il possible de rouler en voiture sur  l'Isthme de Courande, objectif de ce périple ? Et en Lituanie, est-ce qu'il y aura des bières, et surtout des toilettes ?