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LE VOYAGE DE JéNORME

LE VOYAGE DE JéNORME
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16 mai 2026

DOMBRANCE, L'ATABAL, BIARRITZ (64)

Oula : qu'est-ce donc que cette étrangeté d'enchainement de mots qui ne semblent rien vouloir dire si ce n'est, peut être, un code pour accéder à on-ne-sait-quelle autre étrangeté qui mériterait un autre code qui....
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

   

   

   

Ah ben oui, c'est comme ça : des fois, t'as des trucs un peu surréalistes qui arrivent dans ton cadre de vie. Tu vois, genre un peu comme cette idée en Suisse...

  
C'est bien de se cultiver, mais bon... Est-on obligé d'avoir l'air con ou de trouver une idée "un peu surréaliste" pour amener les gens à arpenter les musées et découvrir les œuvres d'artistes tels que Cézanne.

  

Je ne sais pas si tu as entendu et lu une autre nouvelle dans le monde artistique libre : l'apparition d'une nouvelle statue créée par Banksy.

   
Hein ? Ah non, je me suis trompé d'article...

 
"La statue de cet homme, une jambe hors du socle, le visage couvert par le drapeau, a été installée tôt le 30 avril dernier et revendiquée par l'artiste sur son compte Instagram.(...)
Elle se trouve sur un îlot central de Pall Mall, une avenue étroitement associée à la monarchie, à l'armée et à l’establishment britannique. 'il y avait un espace libre', a affirmé Banksy, selon la porte-parole de l'artiste."
LE MONDE

     
L'artiste avait déjà créé une statue installée à Londres, en février 2004. Intitulée "The Drinker" ("Le Buveur"), elle parodiait la célèbre sculpture "Le penseur" d'Auguste Rodin.

En mars de la même année, devant témoins et au grand jour, des hommes au volant d'engins de chantier dérobent la statue de plusieurs tonnes, puis la cachent dans un lieu tenu secret.
A la tête de cette opération un certain Andy Link, alias AK47, qui aurait volé la statue par vengeance, vexé par le refus de Banksy de lui signer une de ses œuvres.
AK47 propose alors de rendre Le Buveur en échange d'une copieuse rançon de 5000 livres sterling (environ 5750 euros).
Mais Banksy fait une contre-proposition : lui payer juste de quoi acheter un bidon d'essence pour détruite la statue.

"Il faut dire que Banksy est coincé. Figure emblématique de l'art urbain, il réalise la plupart de ses oeuvres dans la rue ou sur des murs, ce qui rend l'activité illégale. il ne peut donc porter plainte, ni même revendiquer la paternité de ses oeuvres sous son vrai nom.
AK47 devient donc le propriétaire du Buveur et l'installe carrément dans son jardin.
L'histoire aurait pu en rester là. Mais, en 2007, nouveau rebondissement ! La sculpture est à nouveau volée dans le kardin de AK47... Le Buveur réapparait une dizaine d'années plus tard dans le catalogue de la maison de vente aux enchères Sotheby's, avec uen estimation d'un million de livres. AK47 tente bien de porter plainte pour récupérer la statue, mais sans succès. C'est ce que l'on appelle l'arroseur arrosé."
LE POINT

  

   

 

Je suis revenu de Nevers où j'ai passé quelques jours -toujours trop brefs-  avec la famille.
J'ai également pu repérer quelques idées pour de futurs projets "surréalistes".
Tiens, par exemple, en passant devant un concessionnaire de voitures, j'ai repéré cette magnifique bouée énorme qui m'a fait penser à une suite de Gavalcade.

  
Tu te souviens de la Gavalcade ?
C'est cette descente du Gave d'Oloron en bouées licorne que nous avions faite avec Mélanie, Txitxi et Tao en août dernier.

Tu peux retrouver cette incroyable aventure en cliquant ici : LA GAVALCADE.

  

Oui, elle serait pas mal cette grosse bouée Michelin pour descendre le Gave tous ensemble. Problème : comment la ramener de Nevers à Viellenave-de-Navarrenx ?
Mouaip. J'ai fureté un peu dans la ville voir si je pouvais trouver une autre idée un peu surréaliste, mais je me suis finalement surtout aventurer devant des lieux abandonnés, comme, par exemple, ces usines de Selni et de Technology Luminaires.

 

   

    

   

Je l'avais déjà dit dans le précédent billet : les ruines m'intriguent: usines abandonnées, villages en ruines et autres. Il y avait de la vie, il n'y en a plus. L'humain a tout laissé tel quel.
Cela me fait un peu penser à ces milliardaires qui veulent conquérir la lune ou Mars alors qu'il y a tellement de choses à sauver sur Terre.

 
Ici, à Nevers, il est impressionnant de constater la place que prennent ces anciennes usines abandonnées. Des batiments fermés, détruits, cassés qui se répandent sur plusieurs hectares, telle une verrue, en marge du centre-ville de la préfecture nivernaise.

Un peu à part, au détour d'un carrefour ou d'un trottoir, il y a aussi ces petits commerces qui ont fermé depuis un temps, mais qui ont conservé leur belle devanture.

   

Et puis, il y a ces autres commerces qui ont ouvert il y a peu et qui ont des noms rigolos, comme ce restaurant à la sortie ouest de la ville, qui fait référence à un autre restaurant bien connu des gastronomes et qui se trouve, lui, à Roanne (restaurant gastronomique Troisgros).

    

   

Bref ! Après ce séjour en famille, il faut revenir dans le Pays Basque pour travailler.
Mais, une annonce de la salle de concert de Biarritz, L'Atabal, m'arrive le lendemain de mon arrivée. L'artiste-musicien-compositeur Dombrance est en concert le 30 avril 2026.
Avec Nathalie et Maitre Arno, nous décidons de nous y rendre.
Et voilà comment s'explique le titre de ce billet quelque peu surréaliste, mais finalement complètement explicable : DOMBRANCE, L'ATABAL, BIARRITZ.

  

C'est quand même moins surréaliste que cette vidéo que j'ai montée avec des bouts de vidéos qui trainaient par ci, par là...


 

   

   

 

Bon, alors. Qu'est-ce que quoi ?
L'Atabal, on l'a dit : c'est la ssalle de concerts de Biarritz, située non loin de la gare, vers le quartier de la Négresse... Oups, pardon, on ne doit plus appeler ce quartier ainsi... le quartier de l'Allégresse.

Pourquoi ce quartier s'appelle-t-il ainsi, la Négresse" ?
"Au début du XIXème siècle, l'auberge Harrausta -qui se trouve dans une rue du quartier de la gare-  est tenue par une femme noire, à qui les soldats de Napoléon 1er, de passage lors des combats de 1813, donnèrent le sobriquet de 'la Négresse'.
Des recherches historiques ont montré récemment que cette femme a vécu dans le quartier entre 1810 et 1814, et qu'elle a été amenée dans l'hexagone par un colon d'Amérique. D'autres documents officiels font état d'une auberge du quartier appelé 'la Négresse' dans les années 1850, et dont le propriétaire était issu d'une famille impliquée dans le trafic négrier."
WIKIPEDIA

D'autres versions de l'origine de ce nom existent (cf : Ville de Biarritz).
NEGRESSE : Terme dont on usait autrefois pour désigner une femme noire.
ALLEGRESSE : Joie vive qui se manifeste extérieurement.

   
Ok, mais que veut dire alors le mot ou le nom "Atabal" ?

Eh bien, il s'agit d'un instrument de musique à percussion, cylindrique et à deux peaux, originaire du Pays Basque, plus large que haut, appartenant à la famille des membraphones similaires au tabl arabe. Son nom trouve son origine dans le mot espagnol "Atabal" qui veut dire "tambour".
   

Voilà, ça, c'est dit.
Pour ce blog, nous nous sommes déjà rendus plusieurs fois à l'Atabal pour voir les concerts de, entre autres, Feu Chatterton !, Zenzile, Les Tambours du Bronx, The Jon Spencer Blues explosion, Vitalic, Fakear, Calexico, Bertrand Belin, Etienne de Crécy, Carpenter Brut, HighTone, Red Fang, Irène Dresel, The Liminanas, Chloé, Mezerg, Delgres, Zaho de Sagazan, Zentone,...
  

Aujourd'hui, ce sera donc Dombrance.
Nom étrange. Puisque l'on en est à s'interroger sur l'origine des noms et des mots, est-ce que Dombrance veut dire quelque chose ou est-ce le vrai nom de cet artiste ?

 

J'ai donc tapé sur internet "Dombrance définition" et je ne suis tombé que sur le nom de l'artiste-interprète-composituer-producteur de musique électronique Dombrance. Allons-y pour une petite biographie rapidos.

 

(Photo : Sébastien Dolidon)
Bertrand Lacombre, dit Dombrance, est né à Bordeaux en 1978. Il suit des cours de violoncelle dès l'âge de 6 ans, puis de guitare à 14 ans avant de se lancer dans des études d'ingénieur du son.
A partir de 2004, il devient producteur pour quelques artistes comme, par exemple, CharlElie Couture.
Son premier album sort en 2004, intitulé Dombrance ; un nom de scène qu'il a choisi en se référant à une anagramme de Bertrand Lacombe : Albert Dombrance.
De 2006 à 2010, il fait partie du groupe de pop Brooklyn en tant que guitariste.
A partir de 2013, avec le mancunien (originaire de Manchester... je le dis car moi je ne savais pas ce que cela voulait dire) David Shaw, il forme le groupe DBFC mélangeant guitare rock, dance psychédélique et électro.
En 2018, il fait ses débuts sur scène en solo sur scène aux Rencontres trans musicales de Rennes.
En 2022, il sort son second album République électronique qui retrace les mandats des présidents de la Vème République. Les clips sont coproduits par l'INA.
"Il y a un plus de six ans, je revenais de concert et j'étais dans un état mi-fiévreux, mi-excité. Dans mon studio, j'ai commencé à travailler un nouveau morceau sur mon synthé et j'ai entendu 'François Fillon, c'est François Fillon'. Cela m'a fait marrer. Je me suis dit, je vais faire rire mes copains en allant au bout de l"idée. J'ai donc enregistré ma voix et j'ai fait une petite vidéo. Dès le lendemain, j'ai eu l'idée d'en faire d'autres, en créant même un personnage avec son costard, ses lunettes et sa moustache, comme un politique qui part en campagne. Tout cela est devenu un spectacle intitulé 'Pour une France qui danse'." DOMBRANCE

En effet, "République électronique", ce sont neuf titres, dont huit ayant pour titre les noms des Présidents de la République française de la Vème République.
Perso, c'est avec "Giscard d'Estaing" que j'ai fait la connaissance de Dombrance il y a quelques mois.


En 2024, il poursuit ce concept avec de nouveaux morceaux dans l'EP titré Double trouble dans lequel on retrouve des titres comme "Bayrou" et "Copé".

Comment sont composés les morceaux ?
"Il peut y avoir la personnalité forcément du président, mais c'est surtout une époque, une ambiance, quelque chose qui va me lancer dans un imaginaire. Moi, ce qui m'intéresse, c'est que dans mon projet, je ne fais que malaxer le nom d'un politicien et c'est la musique qui exprime quelque chose.
Je vois ça comme une bande originale. C'est la bande originale de la République de la France de 1958 à aujourd'hui par la musique électronique, qui dit électronique, la technologie, et comment la France a évolué dans le temps.
Chaque recette suivant chaque président est un peu différente. Parfois, c'est des humeurs... je sais que moi, par exemple, je suis né sous Giscard et il y avait un travail un peu sur la nostalgie sur ce morceau. La nostalgie des années 1970.Sur Mitterrand, je suis plus parti sur la caisse claire années 80, le côté un peu punk, , disco-punk des années 80.
J'aime bien jouer un peu avec les choses, avec certains degrés pour inviter les gens à se dire : 'Voilà, c'est du spectacle, mais on raconte des choses." J'espère qu'on ressent quand même un peu les marqueurs de l'époque.'"
(...)
DOMBRANCE, La France qui danse


 

 

Mais quel avis a-t-il sur la politique ?
"Le futur va s'écrire en dehors de la politique telle qu'on l'a connue. Il y a une vraie crise politique aujourd'hui, qui vient du fait qu'il y a quelque chose de très déceptif dans les élections, dans les partis, dans le fait qu'une personne toute-puissante soit censée représenter tout le monde. On a l'impression que notre pouvoir est très limité par le simple fait de mettre un bulletin dans l'urne. L'avenir, c'set d'avoir des moyens d'agir en tant que citoyen-nes de façon différente : dans sa façon de consommer, d'agir, de s'impliquer dans sa ville, dans son village, dans des associations. Il y a plein de façons d'agir pour changer les choses. La politique est nécessaire, mais ce n'est que du compromis et de la diplomatie. Diriger une ville, un pays, c'est complexe. Notre monde est complexe. On oppose à cette complexité des discours très binaires qui nous font entrer dans une sorte de négativité, alors qu'on a besoin de retrouver de la positivité dans notre vie de tous les jours. Il faut trouver des moyens d'agir en dehors de la politique.


Je suis passionné de politique depuis toujours, mais je n'ai jamais adhéré à un parti, ni milité pour quelqu'un. C'est ma vision personnelle. Ce projet de prendre des noms de politiciens et d'y ajouter de la musique est parti d'une volonté de rire : c'était improbable de chanter 'François Fillon' sur un morceau techno, de faire danser les gens et d'avoir ce côté festif.
Finalement, progressivement, ça devient un défouloir artistique pour moi.(...)"
LES INROCKUPTIBLES

Allez, on arrête les grands discours et on part pour le concert.

  

Après une première partie assurée par le duo David Shaw and the beat, c'est au tour de Dombrance d'entrer sur scène. Une mise en scène simple avec trois claviers disposés en carré. Il entre pour se mettre au centre de cette composition.
Le son monte doucement. Situé derrière l'artiste, un écran diffuse les mots "Dance", "Yeah" et "Oh yeah".


    

Et puis, le son s'accélère, la mélodie prend forme. C'est parti.


 

 

Les noms d'hommes politiques s'enchainent... Taubira, Copé, Poutou, Chirac, Obama, Macron...

 

Un morceau sans allusion à la politique avec "Double trouble".
 

Très bonne ambiance dans la salle presque pleine. On secoue de la tête, on sourit, on bouge les jambes, les hanches, on lève les bras.


Après une grosse heure de concert, Dombrance se retire de la scène. Pas de rappel.

  

C'était bien chouette.

   

   

9 mai 2026

De Mouguerre à Nevers, autre itinéraire...

Un petit peu beaucoup de voiture pour parcourir ce trajet entre deux villes si lointaines. De Mouguerre, Pyrénées-Atlantiques et Pays Basque, à Nevers, Nièvre et Bourgogne.
De Mouguerre à Nevers, nouvel itinéraire. En plus, ça rime comme un poème.
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

   

   

  

Chaque fois que je me rends dans la Nièvre depuis le Pays Basque, je tente de tracer un nouvel itinéraire qui me ferait passer par un lieu insolite ; qu'il soit géologique, culturel, géographique ou historique.

    

     

A la base, depuis maintenant plus de 18 ans
que je fais cette distance entre ce deux villes,
le trajet le plus rapide est celui-ci.

Ah ben oui : Nevers, ça se mérite.

 
Alors, dans de précédents billets, nous avons déjà évoqué cet itinéraire et ses détours pour aller voir quelques lieux insolites :
- BREF : DE MOUGUERRE à NEVERS
- DE MOUGUERRE à NEVERS, AOUT 2025
- LE MENOUX, SON ÉGLISE, SES FRESQUES

- COURBEFY, UNE ÉTRANGE HISTOIRE
- DIRECTION LA NIÈVRE

- DE BAYONNE à NEVERS EN 2025
- ET SI DES AMIS-VOISINS BASQUES VENAIENT DANS LA NIÈVRE...
- etc.

 

 

Pas de grand détour cette fois-ci car l'objectif premier est d'arriver à Nevers au plus vite. J'ai donc suivi l'itinéraire le plus rapide en faisant juste une petite sortie à hauteur de l'A20 pour me rendre dans un village perché, puis sur une passerelle dite himalayenne.

 
Oui, dit comme ça, ça surprend, ça intrigue.

   

  
Allez, je laisse la petite Mimine du voisin reprendre la direction de son véritable appartement après un moment de repos....

...et c'est parti pour faire un peu de route à travers des paysages changeants.

      

   

ON Y VA ?
Musique pour rouler.

 

 

    

Après avoir passé sommairement Bordeaux, Angoulême et les alentours de Limoges, le premier arrêt se fait à Saint-Benoit-du-Sault, qui se trouve ici.

  
    

Mais un petit peu avant d'arriver dans cette commune perchée, j'ai été interpellé par des panneaux touristiques qui indiquaient sommairement des "ruines".

Entre ces deux lieux, tu peux aussi trouver un endroit où te perdre grâce à ces panneaux qui t'indiquent la direction des "ruines de Brosse".
Je ne sais pas ce que j'ai avec les cimetières, les villages abandonnés et les ruines !!!! Ces lieux m'intriguent. Je pense à la vie qu'il y a pu avoir et puis... plus rien. A l'abandon. Délabré. Avec le temps, la nature a repris ses droits en permettant à une végétation aléatoire et sauvage de reprendre l contrôle sur ce que l'humain avait détruit au préalable.
J'aime les ruines car elles nous rappelle que l'humain est surfait. Il construit à outrance, puis s'éloigne, oublie, néglige, ignore, passe à autre chose. N'est-ce pas là le rêve idiot de ces milliardaires à court d'idées et aux ressources financières inépuisables de vouloir se rendre sur Mars ou sur la Lune pour construire autre chose, comme si, finalement, il n'y avait plus rien à sauver sur la Terre ?
Et que penser de cette putain d'hégémonie pseudo-intellectuel de l'humain qui créé des robots à outrance, capable de faire les choses même les plus inutiles pour l'humain ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


   

     

Hein ? Non, mais franchement, l'humain ne serait-il pas un peu complètement con ?  La nouvelle compétitivité des pseudo-cerveaux humains est de créer le robot capable de faire plus de choses que l'humain, et en mieux.
Quand t'y penses, tu espères que ces machines pèteront un plombs pacifique avant que les terriens ne soient définitivement exterminés par les machine qu'ils auront créé...

  

  

Mais "Ohlalaalala, la tuile !", comme dirait le personnage d'Artus dans le film "Un petit truc en plus..." quand il apprend une mauvaise nouvelle.
Oui, la tuile car je ne me souviens plus de quoi nous parlions...

  

Ah, oui : voilà !
Des ruines !

   

Avant d'arriver à Saint-Benoit-du-Sault, j'avais vu un panneau indiquant sommairement des "ruines".

 Un peu en avance sur l'horaire à ce moment précis, je me suis dit "Oh ben, ça va, j'ai le temps..."
J'ai donc suivi les panneaux directionnels... "Ruines" à droite... "Ruines" à gauche... Très bien indiquées ces ruines...
Et puis, quand je m'étais bien éloigné de mon itinéraire initial au point de ne plus savoir où j'étais, eh bien ces putains de panneaux "ruines" avaient soudainement disparu.
Plus de "ruines", presque plus de route... et une fâcheuse impression de sentir que l'on m'avait promené sans but. Une sorte de périple fantomatique à la recherche de ruines qui, peut être, en 2026, n'existaient plus.

   

Comme je n'avais pas le temps de faire des recherches sur internet via le téléphone portable  -de toute façon, je n'avais pas de réseau-, je décidais de poursuivre ma route comme si de rien n'était... mais je ferai les recherches nécessaires une fois posé afin de savoir si ces ruines existaient encore, ou s'il n'en restait plus que les panneaux directionnels.

  

Et donc, après mon arrivée à Nevers, j'ai découvert que les ruines indiquées étaient celles du château de Brosse. Des ruines que tu peux découvrir en empruntant un sentier dont le départ se situe dans une impasse ; pas loin de là où je m'étais égaré.
Apparemment, tu peux les atteindre après une petite marche de 3/4 d'heure.
Plus d'infos ici : BERRY, AU CŒUR DE LA FRANCE.

    

 

Mais revenons à présent du côté de Saint-Benoit-de-Sault.
Et une fois que l'on est arrivé, voici ce que l'on voit.

  
Ouais OK, c'est pas évident, on voit surtout la route et un panneau de prime abord intrigant avec le nom de "Portefeuille".
DONC on va sortir de la voiture et faire un petit tour à pied.

    

Et hop,
on traverse la route...

Mieux, hein ?
Ouais bon, on va aller un peu plus loin quand même.
Je traverse la route, juste avant le pont sans nom, pour rejoindre un sentier balisé rouge et blanc qui s'en va descendre sur les rives du Portefeuille. Par contre ,e je n'ai aucune indication de temps et de distance.

Le lilas est en fleur et on a déjà une belle vue sur les remparts de la commune.

  

Un peu d'histoire.
Alors, Saint-Benoit-du-Sault est une commune de l'Indre de 510 habitants, appelés les Bénédictins. Eh oui, nous sommes à Saint-Benoit et les Bénédictins font partie de l'ordre de Saint-Benoit, dont la règle est résumée par la maxime "Ora et labora" ("Prie et travaille").
Saint-Benoit-du-Sault comprend trois immeubles protégés au titre des monuments historiques : la maison de l'Argentier, le Prieuré Saint-Benoit et la chaussée de l’Étang de La Châtre-Langlin.

 

Village médiéval perché sur un éperon rocheux, Saint-Benoit-du-Sault est "entouré" par la petite rivière du Portefeuille, serpentant à travers une vallée encaissée.

    

"Ce site défensif naturel a attiré les moines au Xème siècle, fuyant les agressions sur les terres voisines de Sacierges-Saint-Martin. Ils s'y installent et fondent un prieuré destiné à diffuser la foi chrétienne dans une région encore sauvage. Possédant des reliques sacrées, le prieuré devient rapidement un lieu de pèlerinage, donnant naissance à un premier noyau de vie, entouré d'une enceinte fortifiée.
Au fil des siècles, artisans, commerçants et notables enrichissent le village, qui se développe, protégée par une deuxième ceinture de remparts au XVème siècle.(...)"
SAINT-BENOIT-DU-SAULT

Après avoir longé les berges du Portefeuille, le sentier remonte vers le sud au-dessus de jardins communaux faisant face aux remparts. Puis il emprunte une petite cours avant de rejoindre une route. Le balisage me dit de suivre cette route qui s'en va vers le sud, loin du village. Je fais demi-tour et improvise une redescente sur la commune avant une grande remontée vers le centre par la rue du Portugal, puis la rue Belle rampe.

Je passe à côté du beffroi et devant de belles demeures.

   
La porte ci-dessus est la porte de la maison de l'Argentier, belle demeure classée monument historique, facilement reconnaissable à sa porte cloutée surmontée d'un étonnant linteau sculpté. C'est là que le Vicomte de Brosse, un proche du célèbre argentier berrichon Jacques Cœur, aurait fait battre monnaie (sources : Berry Province).

  

C'est agréable de flâner ici, au grès des rues étroites et pittoresques...


Saint-Benoit-du-Sault fut également le lieu de tournage du film "La vouivre" de Georges Wilson, en 1987.

L'HISTOIRE : 1919. Arsène Muselier, jeune paysan disparu à la guerre, réapparait un jour au village au grand étonnement de tous. Mais une autre nouvelle met le village en émoi, l'apparition de 'la vouivre', la folle des eaux qui, dit-on, est revenue avec son diamant pour tenter les hommes. Arsène va tenter de percer le mystère de cette étrange créature.
   

   

    

Notons également que le photographe français Willy Ronis a pris de nombreuses photos du village et en tira un album, Portrait de Saint-Benoit-du-Sault.

  

Durant cette traversée aléatoire de la commune, je croise quelques chats vagabonds. Il y a plusieurs balisages qui partent un peu partout, dans toutes les directions. Il y a notamment le circuit du chemin de ronde et des jardins (1,5km), qui permet de découvrir Saint-Benoit-du-Sault avec ses remparts, ses places, ses ruelles, son église romane, son prieuré,...
Pour ma part, je reste sur l'idée qu'il ne fut pas trop que je traine car j'ai encore de la route pour rejoindre Nevers. Je vais donc tout droit pour redescendre en direction du pont et de la voiture.

  

Je rejoins la voiture, puis je traverse la commune par la route de Limoges, puis la route Georges Ratier. Au fond d'un parking, un bâtiment et son enseigne interpellent mon regard.

Je n'en saurais pas plus.
Un peu plus loin, dans un quartier parallèle, une autre note historique de Saint-Benoit-du-Sault.

En effet, la commune "héberge" la société SITRAM, fabricants d'autocuiseurs et d'ustensiles de cuisine depuis 1960.
Tu as sûrement en tête ce slogan publicitaire emblématique de la marque dans les années 1990 : "Si vous ne prenez pas une SITRAM, vous risquez de prendre une gamelle". L'usine peut se visiter sur rendez-vous.

Pour en savoir plus sur ce charmant village de Saint-Benoit-du-Sault, tu peux retrouver le dépliant touristique ici : CENTREMEDIA TOUR INFO.

   

    

Pour ma part, je prends maintenant la direction de la seconde curiosité du jour et du trajet : la passerelle himalayenne du Cassecou. Tout un programme rien qu'en prononçant son nom.

Mais où se trouve-t-elle cette intrigante passerelle ?

Eh bien, ici !

Oui, de l'autre côté de l'Autoroute A20, à 21 kilomètres de Saint-Benoit-du-Sault, à hauteur, soit du lieu dit "Montcocu" sur la commune de Baraize ; soit sur l'autre rive, à Cuzion.

   

Quelques kilomètres d'asphalte et quelques virages bien sentis en angle droit pour atteindre les hauteurs du lieu-dit "Montcocu", je tourne subitement sur la droite pour redescendre en direction de la "plage de Montcocu"... et de cette passerelle mystérieuse en pleine Creuse.

  

Allez, on descend, assez sévèrement, genre route où une seule voiture passe. Personne en sens inverse. Heureusement.
En bas, au bout... de la route, un camping sur la gauche. Sinon, tout droit, c'est la passerelle directement. Infranchissable par les voitures.

   

Chouette. Je me gare un peu avant l'entrée du camping.

  

C'est un bel endroit. La Creuse,   -rivière ou cours d'eau je ne sais pas comment on dit-  s'écoule paisiblement dans cette vallée qu'elle a elle-même creusée.
L'endroit respire le calme avec cette verdure environnante et ces rives aménagées en toute simplicité, sans pour autant bouleverser l'écosystème.
Oui, c'est calme. Il fait dire aussi que nous sommes un peu hors saison. Qu'en est-il en juillet-août, ici, en Creuse ?

  

Avant d'entrer sur cette passerelle insolite, je vais faire un petit tout en dessous. Ben oui, pour voir, comme ça... Et puis vu que tout le monde se précipite dessus, c'est bien de se trouver un petit endroit isolé.
   

D'autant plus que la vue est belle et paisible.

  

   

Je remonte et, allez, on traverse la Creuse par cette passerelle himalayenne. C'est parti pour 150 mètres de marche au-dessus de la Creuse.
 


Dans le sud de l'Indre, au cœur de la vallée de la Creuse, cette passerelle himalayenne, dite de Cassecou, relie deux rives de la rivière : Châteaubrun (Cuzion) et Montcocu (Baraize).
Elle a été inaugurée le 27 mai 2024 lors du passage de la flamme Olympique de Paris 2024. C'est pour cela que l'on découvre des sculpture de mains tenant une flamme à chaque entrée de la passerelle.

  
La passerelle est longue de plus de 150 mètres et culmine à une dizaine de mètres de hauteur.
Elle se caréctérise par son faible poids et sa grande transparence; permettant ainsi de valoriser le paysage naturel et de créer un lien entre les deux rives de la Creuse.

 

   

    

Certes, les gens viennent pour voir cette passerelle étonante, qui bouge lorsque l'on évolue dessus. Mais il ne faut pas négliser les alentours de ce lieu bucolique. En cette saison, la verdure débutante des arbres ressort, se mirant dans les eaux calmes de la Creuse. Plusieurs randonnées sont proposées. Citons le circuit de Cuzion : de l'eau à la lumière ; ou encore plusieurs itinéraires au sud et autour du lac d'Eguzon. On peut également parcourir quelques kilomètres sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle qui passe par Eguzon en venant de Vézelay.

   

Pour ma part, pas de randonnée aujourd'hui dans les parages. Il me faut rejoindre la voiture et repartir afin de rejoindre Nevers avant 18 heures.

   

Finalement, ralenti par les traversées de villes et de villages à 30 km/h, j'arriverais à 19h12 sous l'oeil attentif de Mimine, bien occupée à prendre soin du parterre de fleurs devant la maison familiale.

  

Un peu plus tard, elle ira prendre une autre pause extravagante dans le jardin...

  

   
Je pose mes affaires. C'est l'heure de l'apéro.

  

   

   
 

4 mai 2026

Une rando, une bière : LE COL D'ANAYE, épisode 2 (64-Espagne)

Souvenons-nous : dans l'épisode précédent, Jénorme était parti pour une randonnée sympathique, mais pentue (sans le savoir) non loin du cirque de Lescun, à la recherche des sources du Marmitou et à la découverte du col d'Anaye.
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

    

La randonnée du jour se prénomme donc : "Une rando, une bière : le col d'Anaye".
Nous sommes partis du parking d'Anapia, situé non loin du beau village de Lescun faisant à l'un des plus beaux cirques de la chaine pyrénéenne.
La randonnée s'étend sur un peu plus de 13 kilomètres (aller/retour) pour un dénivelé de 1100 mètres (ah ouais, putain la vache !) afin de rejoindre le col d'Anaye situé à une altitude de 2049 mètres très précisément.

  

TOUT DE SUITE,
LA CARTE !

  

Pour plus d'infos, c'est ici : UNE RANDO, UNE BIÈRE : le col d'Anaye.
Pour la suite de la randonnée, c'est maintenant.

   

  

Après avoir emprunté la piste qui me menait au plateau de Sanchèse pour ensuite passer à hauteur de la belle cascade du plateau derrière laquelle se trouve le sentier qui permet de grimper jusqu'au plateau d'Anaye... BREF : après une belle première montée proposant un beau panorama sur le plateau de Sanchèse et après avoir traversé quelques mètres de forêt, j'arrive à présent au plateau d'Anaye situé à 1440 mètres d'altitude.

  

Un beau vallon dégagé vers l'Ouest, mais bien enclavé par de hautes montagnes.
  

Derrière moi,
les Orgues de Camplong...

  

Au nord, ce n'est pas les Corons, mais les impressionnantes falaises des Cailloux de Lagne...

 

Au pied desquelles quelques ânes (encore) sont venus se poser loin de l 'ombre proposée par la forêt plus bas...

 
Au sud, le massif rocheux du Petit Billare et son sommet à 2238 mètres d'altitude.

  

Tout droit, plein Ouest, la montée vers les cayolars d'Anaye, dans un premier temps. Le sentier est très bien balisé avec de multiples traits rouges et blancs sur chaque pierre.

   

Montée progressive jusqu'aux cayolars ; ces abris de berger en pierre. A cette époque de l'époque (nous sommes fin août), ils sont occupés par les bergers.

Ils vendent également du fromage de brebis.
Capacité de cinq personnes en hiver avec cheminée et eau.
Elles profitent de vastes estives pour les troupeaux, mais aussi d'un paysage grandiose et magnifique avec ces impressionnantes falaises dominant le plateau.


 



 

 

  

C'est vraiment très beau ce vallon montant cerné par les montagnes, et notamment ces falaises des Cailloux de Lagne. oui, je sais, je l'ai déjà dit, mais c'est beau.


 

 

Par contre, il n'y a pas du tout d'eau -ou presque pas-  au niveau de la résurgence de l'Anaye.
 

Je quitte les cayolars en passant non loin de vaches qui errent autour de la petite cabane pluviométrique.

 

 

Je continue à monter. Le plateau d'Anaye se distingue par plusieurs "strates", plusieurs paliers successives. Tu as l'impression d'arriver au sommet du plateau... et non, il y a une autre butte à franchir encore... Et ce, à trois ou quatre reprises. Cela casse un peu les jambes, mais bon...

Je croise quelques fleurs, comme la Carline acaule et des chardons.

         

   
Presqu'en haut du plateau, je vois un troupeau de brebis.

Il y a bien 200 têtes. Elles sont bien tranquilles. 
Mais comme à chaque fois, la première chose que je cherche, ce sont les patous ; ces chiens de berger qui ne font qu'un avec le troupeau. Ils le surveillent, le protègent, le défendent.
Le mieux est de contourner le troupeau pour ne pas contrarier le ou les patous. Problème : là, je ne peux pas. Je suis dans un vallon cerné par les rochers et les grosses pierres. Je vais être obligé de traverser le paisible cheptel.
J'avance, je regarde, je cherche où sont les patous. J'entends des aboiements lointains dès que j'entre dans le troupeau. Je repère les chiens qui sont un peu plus haut et qui me surveillent en aboyant pour signaler leurs présences gardiennes. Ils ne bougent pas. Quand cette situation se produit, il faut simplement continuer d'avancer sans s'arrêter. Si les patous approchent, il ne faut pas les regarder ; à la rigueur leur parler gentiment et continuer sa marche.

  

J'ai passé le troupeau.

  

Ce que je remarque à présent, c'est le dénivelé parcouru.

La vache, c'est pentu ! D'après la carte, cela représente à peu près un dénivelé de 480 mètres, rien que pour le plateau d'Anaye.
  
A partir de là, l'environnement change. Finis pâturages, c'est la pierre qui domine.

  
Un dernier regard en arrière sur le plateau avec ce rocher aux formes particulières.

 
Au nord, ce sont les contreforts du Pic d'Anie (2504m)  et le pic de Coutendé (2338m) qui dominent le paysage.


 

 

 

 

 

 

 

 

Le paysage est toujours aussi spectaculaire, mais, maintenant, je me pose LA question : où sont les sources du Marmitou ? Existent-elles vraiment avec cette chaleur ? N'ont-elles pas disparu ? Y'aura-t-il un panneau pour m'indiquer leur emplacement ?

  

J'avance. Pas de dénivelé ici et ce sur une distance de 500 mètres environ. Sentier étroit mais bien balisé.

   


Toujours au nord, les falaises découpées des contreforts du Pic d'Anie, d'où parfois surgissent des formes, des silhouettes, des "têtes".

  

Finalement, quelques mètres plus tard, alors que je pensais avoir loupé les sources du Marmitou, j'arrive à hauteur de la borne indicative. 1855 mètres d'altitude, sources du Marmitou.

 
Par contre, où don' qu'elles sont les sources ? Je regarde un peu partout et trouve finalement un petit ruisseau qui vient de je-ne-sais-où...

  
Je regarde l'heure. Bon, ça va, il n'est pas trop tard. Les jambes ? ça va aussi, j'ai bien récupéré du plateau d'Anaye. Des sources du Marmitou, le col d'Anaye, situé à 2049 mètres d'altitude (d'après internet), se trouve à 1,1 kilomètre, atteignable en 35 minutes. Bon... Allez... On y va.

  

Il se trouve par ici, par là-haut...

   

Attends, on va avancer un peu pour l'apercevoir...

 
Ah oui. des fois, tu te demandes comment on peut y arriver, mais en fait, c'est très simple. Le sentier est une fois de plus très bien balisé et la montée est dégagée. Dans la pierre certes, mais dégagée. Quelques chardons bien fiers aussi...

  
Mais beaucoup de pierres et de rochers quand même...

 

  
Ah ! Un petit peu de verdure devant les contreforts du pic d'Anie, vu de profil.

 
Et un peu de couleur avec ce thym sauvage...

  

   

Lorsque j'ai regardé la belle vidéo de Res Pyr Rando sur cette randonnée au col d'Anaye, Katya et JP s'étaient arrêtés un temps à hauteur d'une petite étendue d'eau sublime.


C'est cet endroit que je recherche à présent pour voir ma petite bière belge du jour. Je tourne, je fais demi-tour, je regarde la photo, je cherche la rapprocher du paysage qui m'entoure. Je regarde sur la carte, pas d'eau mentionné.
Et puis... et puis... je m'arrête à hauteur d'un endroit un peu dégagé. Quelques petits arbres...

Ah ben... voilà... C'est là... Enfin, c'était là... Fin avril 2025... Là, on le répète : on est fin août. Donc... plus d'eau... Je ne vais quand même pas boire ma bière ici, devant cette petite flaque. "Une flaque, une bière" ?... Non...

  

Je reprends ma marche en direction du col d'Anaye. Je sais maintenant que je ne croiserai aucun point d'eau.
Le paysage est redevenu bien pierreux. Après quelques mètres de replat, j'arrive non loin du col d'Anaye...

  

Et voilà !

 

Il est content Jénorme. Il ne sait pas où il va boire sa bière, mais il est content d'être arrivé jusqu'à ce col frontière culminant à une altitude de 2035 mètres (d'après la borne).

    
Tout autour du col, c'est un désert... de pierres, de lapiazs.

 
Mais qu'est-ce que des lapiazs ? Et à quoi est due cette géologie ?
Quand on parle de lapiaz, souvent on pense au Désert de Platé, situé en Haute-Savoie... Si, si, je t'assure. Hier encore, je parlais de lapiaz avec quelqu'un et celui-ci m'a répondu direct : "Ah ouais, le Désert de Platé !"
BON BREF !
Il faut savoir (ou pas, tu fais comme tu veux) que la Pierre-Saint-Martin est l'un des plus grand lapiaz de France en couvrant plus de 140 km2 entre 1500 et 2500 mètres d'altitude.
Et là, tu me dis : "Oui, d'accord, Ok, mais C'EST QUOI UN LAPIAZ ????"

"Alors, le terme lapiaz désigne la surface marquée par l'érosion des reliefs calcaires, du latin 'lapis', la pierre. Un lapiaz est donc un champ de pierre. (...) Univers minéral, désert de pierres de la surface duquel l'eau est absente. Elle s'enfonce en réalité dans les fractures de la roche puis sillonne le massif en empruntant des gouffres et rivières souterraines.(...)
La roche, d'abord décapée par les glaciers, a ensuite subi  -et subit encore-  les assauts de l'érosion mécanique (gel, neige) et ceux de l'érosion chimique : l'eau s'attaque aux points faibles de la roche, les fissures par exemple, pour les travailler. Le gaz carbonique dont elle est chargée attaque le calcaire et le dissout.
Petit à petit se forment des formes minérales plus étranges les unes que les autres : gradins, cannelures, rigoles de plusieurs mètres de profondeur, méandres, encoches... un véritable jardin de paysages minéraux époustouflants."
DESERT DE PLATE

  

   
Tu l'as compris : le lapiaz est un phénomène géologique où l'on constate des rainures de dissolution provoqué par l'action des eaux de ruissellement. Actions réalisées il y a environ 100 millions d'années (période du crétacé). Cette roche calcaire est appelée karst.
On pourrait également parler de cet étonnant pic d'Anie ou encore des nombreux gouffres qui peuplent ce paysage, et notamment le gouffre Lépineux, 19ème cavité la plus profonde du monde. Il "passe" notamment par la fabuleuse salle de La Verna qui mesure 245 mètres de diamètres pour 194 mètres de hauteur. On pourrait y rentrer dix fois la cathédrale Notre-Dame de Paris.
Nous nous y étions rendus avec Maitre Arno en 2012 : LA SALLE DE LA VERNA.

  

Mais revenons à la surface. Ici, au col d'Anaye. Un petit regard circulaire.

 

Bon. Ce n'est pas ici que je vais boire ma petite bière. C'est un paysage original, intrigant, mais bien à découvert, plein soleil, au milieu de la pierre.
  

Je décide donc de redescendre vers les sources du Marmitou pour faire ma pause.
Maaaaaaiiissss, après le passage de la petite flaque, je jète un coup d'oeil de loin et de haut sur l'emplacement des sources. Et là, qué ne vois-je ?

  
Ah oui, un bel alignement à flan de montagne... Un bel alignement de brebis...

  
Oui, un bel alignement de brebis qui va tranquillement se poser autour des sources du Marmitou ; là où je voulais boire ma petite bière.
Alors, bon, eh, hein : la montagne apparteint à tout le monde, hein. Mais le truc pénible, là, vois-tu, c'est que ce sont les brebis que j'ai croisées tout à l'heure.
Et qui dit "brebis", dit "troupeau de brebis". Et qui dit "troupeau de brebis", dit "patous". Et qui dit "Patous", dit "faut pas se mêler au troupeau". Ce qui voudrait dire que je ne pourrai pas me poser dans l'herbe à côté du maigre ruisseau puisqu'il y aura les brebis. Eh oui. Pas de risque inutile. On a tous en mémoire ce qui était arrivé à Grégo lorsque nous avions traversé le troupeau des cabanes d'Ansabère il y a quelques années...


 

   

Mais bon. Fait chier quand même ! Allez... Je ne vais pas faire de bruit. Je vais me rapprocher du troupeau, puis me poser derrière un rocher pour ne pas me faire voir et, surtout, pour ne pas déranger.

  

J'arrive à hauteur des sources. Je passe à travers le troupeau. Pas le choix, je ne peux pas le contourner à moins de sauter dans le vide. Les patous ne bronchent pas. Ils se sont mis à l'ombre d'un gros rocher, entouré par quelques brebis.

   

Tu les vois ? Non.
Regarde, ils sont là.

  

Je passe le gros rocher...

  

Je continue de traverser le troupeau, bien éparpillé...

 

   

Je me pose à mon tour derrière un gros rocher, face aux contreforts du Pic d'Anie, à l'abri des regards des patous.... ah merde, y'en a un qui m'a vu... Il se pose un temps derrière moi, me regarde... Il voit que je ne bouge pas, que je ne veux embêter personne... Il passe son chemin...

  

Peut être que je suis accepté ; à condition de me faire discret.

  

Allez, on déballe le sac à dos.
C'est l'heure de l'apéro !

SANTé !

  

   

  

On retrouve à présent cette belle randonnée composée de belles rencontres (parfois délicates) et de magnifiques paysages. toutefois, je pense qu'il est préférable de faire cette randonnée au mois de mai plutôt qu'aux mois de juillet-août car la rivière Anaye est à sec.

   

 

   

 

30 avril 2026

INSTANT CUISINE RAPIDE : sublimons les nouilles !

Tiens, allez, et si on cuisinait un peu là, pour changer, hein.
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

   

  

  

Tu le sais, il le sait, nous le sachons : j'adore cuisiner. Je l'ai prouvé à maintes reprises ici avec des recettes décoiffantes, étonnantes, faciles, imprévisibles et surtout rapides.

   

Souvenons-nous des séquances Beaujolais nouveau accompagné de plateaux charcuterie tous plus originaux les uns que les autres.
  

Rappelons-nous de la conception
des amuse-bouches de Guéthary...

 

   
...ou encore la réalisation
d'un couscous royal

...de façon très très rapide.

   

Sans oublier la mise en forme
des knackis feuilletées.


 

On pourrait également parler des noix de Saint-Jacques à la Compostelle ou encore la fabrication de chocolats de Noël à la prune (ou l'inverse).

L'autre chose que j'aime faire en cuisine, c'est concevoir des assiettes artistiques.

  

Attention : rien à voir avec le travail de l'artiste plasticienne française LOR-K et son projet street-art baptisé "Eat me".
"'Le travail d'un artiste est d'offrir de la beauté dans un monde laid'.
Pour l'artiste française Lor-K, ces vieux matelas abandonnés dans nos rues sont une source d'inspiration. Avec son projet de street-art baptisé '
Eat me', la jeune artiste transforme ces grands morceaux de mousse délaissés pour les transformer en part de pizza, en sushis ou encore en sandwiches surdimensionnés. Côté pâtisseries, de vieux coussins deviennent de superbes cupcakes aux fraises.
On trouve également des tacos, des brochettes, des paninis et même des glaces. Le tout au format XXL et 100% recyclé !
Seul problème ? Ses installations sont souvent dégradées, récupérées ou envoyées à la déchèterie... Rien ne reste longtemps à sa place.
Cela ne décourage pas pour autant Lo-K qui conçoit ses oeuvres comme des installations éphémères."
KULTT

 

Non, moi aussi, je créé des concepts, tu vois. Des trucs qui attirent l’œil et l'estomac des gens, mais qui se mangent là. Le tout sans se ruiner.
Je n'ai jamais trop aimé ces conneries de cafés gourmands avec leurs mignardises minables hyper sucrées sans goût et minuscules, accompagnées d'un café quelconque pour la modique somme du prix d'un ticket de cinéma dans un multiplexe avec écran surround en 18D.
Je n'ai jamais trop aimé non plus ces saloperies de "planches", tu sais, ces bouts de bois surmontés de deux tranches de jambon  lyophilisé, d'un saucisson d'âne périmé et d'un pâté en boite dit local, sans oublier ces tomates cerises bio ; même en janvier. Le tout pour un prix défiant toute concurrence au niveau du foutage de gueule.

     

C'est pour cela que j'ai créé
LE BALLON DE ROUGE GOURMAND.

Le ballon de rouge gourmand, c'est un ballon de rouge primaire, une knacki toastée-twistée, un défilé de rondelles de saucisson, un précipité de tarama absolument pas maison, une tranche de jambon à l'IGP inconnue ; le tout accompagné de cornichons et d'oignons à économie durable. Tout cela pour la modique somme de 3,54 euros.
Se faire plaisir est ma priorité.

   

On en avait déjà parlé lors d'un précédent billet, il y a également le concept Star et charcut'.

L'idée : composer des portraits de stars de la chanson, du cinéma, de la politique avec des morceaux de charcuterie (pas forcément locale) sur un plat qui met la réalisation en valeur.
Un exemple ici avec le portrait du chanteur Michel Polnareff.
Certains diront : "Ooooh, mais encore une idée pour les viandards ! Pas un légume dans c't'assiette !"
Et là, je te répondrais : "Eh oh, t'as vu les sourcils ?!"

  

Un autre modèle ? Fastoche !

Tu reconnais ? C'est facile pourtant.
Allez, je te donne quelques indices : c'est un acteur américain, né le 22 avril 1937, 12 nominations aux Oscars et trois victoires. Il a tourné avec les plus grands réalisateurs, de Stanley Kubrick à Martin Scorsese en passant par Roger Corma, Milos Forman, Bob Rafelson, Tim Burton,... Il s'agit de... de... de... EEEEEEHHHHHH OUIIIIII, bien sûr : Jack Nicholson.

      

Et j'ai continué à bosser !
Soudain, en pleine nuit: PAF ! Nouvelle idée, nouveau concept !
Manger, c'est bien, mais se cultiver le cerveau, c'est mieux.
Alors est née raclette et littérature que j'ai tout simplement appelé...

Ah ben ouais. Les gens, ils n'aiment pas forcément lire, mais, par contre, ça, c'est sûr : ils aiment la raclette. Sauf l'été et quand il fait chaud, peut être.
Alors, le principe de Littéraclette, c'est quoi ?
Eh ben, tu manges de la raclette en lisant des livres.
Ah ouais, pas facile, hein parce que la raclette, ça demande l'usage de toutes tes mains pour foutre le fromage dans le chauffe-truc en même temps que couper les pommes de terre et la charcuterie (oui, je sais, encore de la charcuterie). 
Alors, comment on lit maintenant ?
Eh bien, c'est là que j'interviens avec ma sélection de la semaine, ou du jour, ou de l'heure, ou du repas.

  

Cette fois-ci, pour cette prestation Littéraclette, j'ai choisi trois ouvrages qui m'ont été offerts. J'en profite pour remercier Nath des Landes (à ne pas confondre avec Nordal le Landais, merci !), Nicouane, Xabi et Cécile.

Le premier ouvrage que je vais lire pendant que les convives déjeunent de raclette, c'est "Stars pour toujours" de Thierry Luthers, aux éditions Chronica.
Il ne s'agit de l'antépénulptième biographie de l'increvable Michel Drucker, mais bel et bien un guide inédit qui recense les tombes de 300 stars du cinéma et de la chanson en France, en Belgique, en Suisse et au Luxembourg.

 

"Ce livre invite à un voyage à travers la Belgique, la France, le Luxembourg et la Suisse en suivant les traces de celles et ceux qui ont marqué la culture populaire. De Louis de Funès à Claude François en passant par Grégory Lemarchal, Mauranne, Paul Préboist, Charlie Chaplin, Mireille Drac ou Jane Birkin. Chaque notice présente le lieu de repos d'une star (nom du cimetière, adresse, informations pratiques), accompagné d'un court texte biographique ou d'une anecdote marquante. On peut ainsi se replonger dans le kidnapping du cercueil de Charlie Chaplin contre une rançon, de l'érection polie de Victor Noir, de l'absence de pierre tombale pour la la sépulture du magicien Garcimore, ou encore la tombe monumentale d'Oscar Wilde protégée par une vitre épaisse suite à des dégradations dues à des baisers, ou les nombreuses sculptures sur la tombe de Jean Marais..." FNAC

  

Hein ? Ah ben ouais, c'est pas forcément joyeux, mais cela parle de mémoire, d'anecdotes, de souvenirs, de culture et d'arts quand même.

 

Allez, on fait chauffer le fromage, on se ressert un coup de vin de Savoie et on parle du second livre choisi pour Littéraclette.

On aurait pu l'appeler "J'irai manger une raclette chez vous", mais le titre original est vraiment "Avant d'aller dormir chez vous, il faut que je me dépêche pour la raclette"... Non, ça, c'est la carte postale que j'ai rajoutée en dessous du livre. Reprenons : "Avant d'aller dormir chez vous" d'Antoine de Maximy, aux éditions "J'ai lu".
On connait (ou pas) Antoine de Maximy pour ses émissions sympathiques, dynamiques, curieuses, touristiques et réjouissantes (je trouve) ayant pour titre "J'irai dormir chez vous". On retrouve Antoine, sa chemise rouge et ses trois caméras embarquées dans différents pays du globe, à la rencontre des gens et des cultures, avec l'idée de dormir chez eux. Son livre revient sur ce qui s'est passé avant de concevoir cette émission-documentaire.

 

"'Quand rien n'est prévu, tout est possible...' De cetet devise, Antoine de Maximy a fait une vie d'aventures et d'évasion. Ancien reporter de guerre, il a plongé en sous-marin au fond du Pacifique, dormi à la cime des arbres en Amazonie ou dans les fumées d'un volcan africain ; exploré la calotte glaciaire du Groenland, les tépuis du Vénézuéla ou les coulisses du métro parisien ; filmé les bipèdes que nous sommes mais aussi nos cousins les singes. Sans frontières, sans limites, il ne se lasse pas de rencontrer et de raconter l'autre, toujours dans le respect. Plus encore qu'un carnet de route, il nous livre aujourd'hui son carnet de vie !" J'AI LU

   
Hein, eh, un peu de voyage en restant à table, c'est pas mal. Allez, reprends un peu de fromage avec tes pommes de terre pour écouter la lecture du prochain livre : "Randos bière en France" de Fabienne Lusier, aux Editions Helvetiq.

 

"'Randos bière en France' est un livre écrit pour les amateurs de randonnée qui aiment terminer leurs balades par une note houblonnée.(...)
La vocation de cette collection est de faire découvrir un peu mieux le monde de la bière en y alliant les plus beaux paysages de la région. Pour écrire ce guide, les auteurs ont sillonné la France durant plus de cinq mois. Ils ont suivi absolument tous les itinéraires et goûté toutes les bières présentées dans ce livre.

Randos bière en France contient 70 itinéraires, répartis sur tout le territoire français. Le niveau de difficulté est variable : de la balade familiale de 2-3 heures à des randonnées alpines plus exigeantes, il y en a pour tous les goûts.
70 brasseries artisanales viennent complèter ces itinéraires."
RANDOS BIERE

      

    

Et on pourrait en développer d'autres des concepts pour bouffer !
Je sais pas, par exemple, "Apéro et astrologie" où tu réalises des plats qui ressemblent à des signes astrologiques.

    

Ici, on peut facilement deviner
le signe du Verseau, ascendant Recto.

  

On peut également lancer le concept "Huitres et élections", ou le "Trompe-l'oeil de la mer" ou encore la "Chorale des sardines"...

 

Pour aller encore plus loin, j'avais même pensé à monter un petit spectacle de ventriloquie, genre Jeff Panacloc, tu vois, en faisant des recettes.
Ici, un test avec la recette de la poule au pot façon Louis XVI...

Mais quelques critiques d'amis proches m'ont de suite donné l'envie de renoncer à cette idée de spectacle pourtant original.
  

 

BREF !
Face à cette mode des émissions culinaires et autres services gastronomiques, certains êtres malveillants ont sauté sur l'occasion, comme cette pseudo-chef à domicile.

  

Hein, bon, eh alors ?! C'est pas bien ça hein !
Avec mélanie, nous avons poussé le curseur encore plus loin que la simple conception de plats ou de déjeuner thématiques.
Nous nous sommes dits : "OK, les gens mangent un plat original, ou passent un déjeuner original à base de lectures et de découvertes, mais après ? Hein, et après ? On les laisse tomber ? On leur dit de retourner dans la rue, merci, au revoir ? On leur dit de regarder le tapis du salon pendant deux heures ? Ou encore de lever les yeux au ciel pour scruter la forme des nuages ?"

 

On leur dit d'aller regarder les émissions déprimantes de début d'après-midi de Faustine Bollaert sur France 2 ou d'aller écouter celles de RTL avec Jean-Alphonse Richard et son "heure du crime" ?

 

 

 

 

 

 

Je me suis souvent demandé comment les gens pouvait apprécier écouter ce genre d'émission à l'heure de la sieste.
De mon temps... ah ben, oui, je ne suis plus tout jeune, je vais me mettre à parler comme les vieux...
De mon temps, pour nous endormir, quand j'étais enfant, on me racontait une comptine, une belle histoire. Aujourd'hui PAF, heure de la sieste, tiens, on va te parler de meurtres et de crimes, histoire de bien te foutre la pêche car le monde n'est pas assez dans la merde comme ça !

   

Alors nous, on s'est dit : "On n'est pas là pour les enfoncer dans la déprime ! On va leur proposer du loisir, du jeu, de la culture,..."
 
Quand il y a le Paris-Roubaix à la télé, on peut prévoir de faire un post-déjeuner et parler de cette mythique course cycliste en compagnie d'animaux à quatre pattes parce que ça détend ; le tout accompagné d'un petit digestif.

 

 

 

 

On peut aussi privilégier une petite balade découverte suivant le lieu et la région où l'on se trouve.
Nous, par exemple, nous sommes dans le Béarn, non loin du Gave d'Oléron. On peut donc s'y rendre tranquillement, petite balade, pour aller compter les galets ou tenter d'écrire des mots avec leurs différentes formles et couleurs.

  
   
Et pour ceux qui n'aiment pas l'eau, on peut privilégier les grands panoramas. C'est ça l'avantage avec le Béarn : de beaux cours d'eau et de belles montagnes.

  

Il y a aussi la possibilité de jouer ou de créer des jeux.
Mélanie a créé un nouveau concept de bowling en plein air, sur un terrain de pétanque. Je t'avouerais que je n'ai absolument rien compris aux règles de ce jeu inventé en cinq minutes.

 

 



 

Apparemment, avec les boules en bois, il faut casser des objets et ça te rapporte des points qui ne servent à rien.

   

Voilà, voilà... Et maintenant ?
Maintenant, tu me dis : "Mais je ne comprends rien : le titre de ce billet était "Instant cuisine rapide : sublimons les nouilles" et je ne vois rien de cela !"
  

Ah, ah, ah. Ah oui, effectivement.
Il est donc maintenant l'heure, le moment de retrouver une nouvelle recette facile et rapide : SUBLIMONS LES NOUILLES.

   

 

Allez, bon appétit et à bientôt pour une nouvelle randonnée ou une nouvelle recette ou je ne sais pas quoi.

 

 

 

 

16 avril 2026

Une rando, une bière : LE COL D'ANAYE, épisode 1 (64-Espagne)

Allez, tiens hop : un p'tit tour dans les hautes montagnes parce que bon, eh, hein, c'est pas l'tout !
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

  

   

Maaaaaiiissss ouiiiiii !
   

Bon, en cette période de mi-avril, il y a encore de la neige sur les cimes et en certains endroit des montagnes pyrénéennes. Voilà, c'est ainsi, cette année, il y a eu beaucoup de neige, les vendeurs de tartiflettes et de raclettes en stations sont contents, ils ont bien bossé. Le carburant augmente, le gaz augmente, les assurances augmentent, tout augmente ; mais les gens ont du pognon pour se foutre les deux pieds sur des planches pour glisser. Hein ! Alors, bon ! Merde !

 

Je ne suis pas allé au ski cette année. Pas le temps, mais ce n'est pas parce qu'il y a encore de la neige sur les montagnes pyrénéennes qu'on va rester là à attendre que ça fonde en restant à la maison, à lire les infos insolites dans les journaux...

  

Ou à tenter de regarder la télé...

   

On ne va pas non plus passer toutes nos journées à lire les dessins de Penseur étoile ; même si c'est souvent rigolo.

   

Ou encore passer notre temps à bouffer en concevant des petits plats originaux -voire ridicules- sous la forme de concept.
  

Ici, par exemple,
"Stars et charcut'" !

Le concept : composer des portraits de stars du monde entier avec des morceaux de charcuterie (pas forcément locale) sur un plat qui met la réalisation en valeur.
Ici, tu reconnaitras très facilement le portrait du chanteur Michel Polnareff.
Si, si.

   

  


 

   

Bon, ok, voilà, on a bien avancé ! Maintenant que l'on sait ce que l'on ne veut pas faire, concentrons-nous sur ce que nous allons faire.
Et aujourd'hui, pour ce nouveau billet, je te propose d'aller randonner en montagnes pyrénéennes... Hein ? Oui, je sais, je viens de le dire : il y a encore de la neige !

  
Maaaaaaaaiiiiisssss... En fait, j'ai effectué cette randonnée en août de l'année dernière. Je l'avais découverte grâce à la chaine Youtube de Res Pyr Rando, tenue par Katia avec son compagnon J.P.. J'adore cette chaine car les vidéos sont belles et reposantes. On découvre de magnifiques paysages pyrénéens "en toute simplicité"... enfin, "en toute simplicité", il faut les faire les randos !
BREF : très belle chaine ! Si tu aimes la nature, les beaux paysages, la montagne et la randonnée, c'est parfait !

   

DONC, après avoir vu la vidéo de Res Pyr Rando titrée "Source du Marmitou, col d'Anaye, vallée d'Aspe", j'ai décidé de me lancer à cet endroit.
Direction donc la vallée d'Aspe, et plus précisément Lescun, puis le plateau de Sanchèse.

  

  

Sur la route, entre Oloron-Saint-et-Marie et Bedous, la brume domine.

  
Mais une fois monté à hauteur du village de Lescun, le brouillard n'est plus qu'un vague souvenir et le magnifique cirque de Lescun apparait au bout de la route menant au parking d'Anapia, point de départ de la randonnée du jour.

   

Toujours sur la route,
quelques ânes en liberté.

  

Après moults virages de montagne, j'arrive au parking d'Anapia. Préparation du sac, enfilage des chaussures de marche, lunettes, casquette et, tout de suite : la carte et les chiffres.
  

LA CARTE

Carte : MC2 RANDO

      

   Attends !
UNE AUTRE CARTE !

Carte : MC2 RANDO

 
Et maintenant...

  

LES CHIFFRES !
13,5 kilomètres
1100 mètres de dénivelé
5h30 de marche

 

Ah ouais, quand même !
En fait, pour être honnète, je pensais, au départ, partir pour 800 mètres de dénivélé. Je ne sais pas comment j'avais calculé cela, mais tout faux. Et je l'ai bien senti à la fin de la randonnée.

     

     

ALLEZ,
C'EST PARTI !!!

    

   

   

Le soleil se lève lentement sur les hameaux environnants Lhers qui fait face à Lescun, là-bas, plein sud.

   
Quelques vaches vagabondent à flan de montagne à la recherche de quelques herbes rares.

  

La randonnée commence par deux kilomètres de piste. Large et bien entretenu, elle va me mener jusqu'au plateau de Sanchèse.

 

 

 

 

 

 

 

Quelques fleurs, un peu de couleur en chemin avec des eupatoires à feuilles de chanvre (ah ben ouais, c'est comme ça) et des solidages à verge d'or (c'est pas moi qui invente les noms des fleurs là).

  

Quelques minute plus tard, j'arrive face au beau plateau de Sanchèse (996m), dominé par les Orgues de Camplong (2041m).

Le ruisseau d'Anaye n'est pas très fourni en cette saison. Je le rapelle : nous sommes en été, fin août.
   

Sur la gauche, une intrigante présence pierreuse...


 

 

 


 

 

 

 


Mais qu'est-ce que c'est donc ?
On dirait un labyrinthe, mais non.
On dirait un alignement, mais non plus.
Un crop circle, mais en pierres.
Aucune  explication.
J'ai regardé les différentes sites de randonnées au plateau de Sanchèse, ainsi que ceux de l'office du tourisme, et à aucun moment il n'ait fait allusion à cette "construction" énigmatique. Personne n'en parle. Pas une photo. Comme si elle n'existait pas. Je ne suis quand même pas le seul à la voir ?!

  

Bon, allez, on ne va pas y passer la journée jusqu'à la Saint Glinglin !
Tiens, comme ça, au passage, sais-tu d'où vient l'expression "à la Saint Glinglin" ?
Explications.

A Chalon-en-Champagne, il existe depuis 1923 une fête foraine appelée "Saint Glinglin". Les ardchives de la presse locale rapproche cette expression du bruit de la monnaie, joli gain, car cette fête connut un succès immédiat.
"Mais, éthymologiquement, l'expression glinglin trouve son origine dans le mot allemand 'klingen', qui veut dire 'sonner'. On le retrouve également dans le patois champenois, ardennais : glinguer ou glineguer. Autrement dit, comme les cloches qui sonnent toutes les heures, tous les jours, sans que cela engage à rien, l'expression 'à la Saint-Glinglin' renvoie à une date indéterminée, à un moemnt qui n'arrivera probablement jamais." TF1 INFO

  

Au moins, ça, c'est dit.
Je traverse le ruisseau de l'Anaye par un pont en dur avec un regard sur cette montagne bien pointue nommée Pic de la Brèque dont le sommet culmine à 1632 mètres d'altitude.

 
Les animaux présents sur le plateau cherchent déjà l'ombre. En effet, à 10h du matin, il fait déjà 25°.

  

Quelques mètres plus loin, j'arrive au pied de la cascade de Sanchèse.

Là aussi, il est tôt, mais pas mal de gens sont venus de poser au pied de la cascade pour se rafraichir ; même si en cette saison, la cascade a perdu de sa vitalité.
Lorsque nous étions venus avec Maitre Arno et Nisca en octobre, elle était beaucoup plus dense : LE PLATEAU DE SANCHESE.



 

 

 

 

 

    

 

   
Allez, on passe la cascade et la foule qui commence à arriver sur le plateau pour entamer la première vraie ascension derrière le pic de la Brèque.
Balisage rouge et blanc impeccable, petite borne jaune qui indique les directions, le temps et le kilométrage. Nous sommes le GR13, sentier transfrontalier qui relie le refuge de Labérouat au refuge de Belagua sur une distance de 19 kilomètres.

      

  

Petit sentier étroit et caillouteux qui s'en va monter dans la forêt.

  

Très vite, on prend de l'altitude.
Sur ma gauche, je distingue à peine les gorges dans lesquelles s'écoule l'Anaye avant de devenir cascade.

Je sors de la forêt pour me retrouver plein soleil avec une vue dégagée, notamment sur les Orgues de Camplong.

  

Le sentier se fait étroit, encadré par une murette en pierres presque naturelle.

  

Derrière moi, un magnifique panorama sur le plateau de Sanchèse apparait, ainsi qu'une vue lointaine sur quelques sommets pyrénéens, comme le Pic du Midi d'Ossau.

  

Nouvelle entrée dans la forêt. Sortie de forêt pour traverser une petite clairière où un panneau m'annonce que...

Oui, la cabane d'Anaye  -appelée également cayolar d'Anaye- est à 30 minutes de marche.
Ici, dans le Béarn et le Pays Basque, c'est ainsi que l'on nomme les cabanes de berger : cayolars. Elles se composent d'un abri en pierre, d'un parc à animaux et d'un terrain de pâturage autour pour les nourrir.
Le cayolar d'Anaye reçoit vaches et brebis, mais aussi des ânes que je retrouve, par cette chaleur, un peu partout lors d'un autre passage en forêt, après la clairière.

  

Et, souviens-toi, au début de cette expédition, nous avions déjà croisé des ânes au milieu de la route nous conduisant au parking d'Anapia.
   

Mais que font tous ces ânes par ici ?
En fait, l'un des abris du cayolar d'Anaye est, en été, une ânerie que l'on nomme plutôt une asinerie, afin d'éviter quelques confusions de langage.
Mais l'essentiel des activités de cette asinerie se passe dans une ferme située à Lescun. On y pratique la traite et la conception de produits cosmétiques. Eeeeh oui, avec le lait d'ânesse, Sauma Bio  -c'est le nom de cette ferme-entreprise- conçoit shampoings, savons saponifiés à froid, crème et lait hydratants.

   

Après avoir traversé la clairière, puis après avoir marché sur une partie plus plane et en descente censée suivre le ruisseau d'Anaye malheureusement un peu à sec en cette saison, j'arrive à une barrière, surmontée d'un panneau...

  

Celle-ci marque la fin de la zone ombragée. A partir de là, nous allons évoluer en plein soleil.

  
Nous entrons sur le magnifique plateau d'Anaye, dominé, dans un premier temps, par le Billare au sud et le pic de la Brecque au nord.

  

Ici débute une nouvelle forme d'ascension en direction des sources du Marmitou et du col d'Anaye.

   

    
 

   

DANS NOTRE PROCHAIN EPISODE


Jénorme va-t-il trouver les sources du Marmitou, censées se trouver sur ce chemin de randonnée qu'il emprunte ? Aura-t-il la force de se rendre jusqu'au col d'Anaye situé à 2035 mètres d'altitude ? Et qui va-t-il croiser lors de cette évolution randonnesque solitaire ? Que va-t-il voir ? Que va-t-il découvrir ?
Quel suspense, c'est incroyable !!!

   

   

 

 

 

 

5 avril 2026

Confinement, six ans plus tard...

Te souviens-tu de ces semaines de confinement ?
C'était il y a très précisément six ans. Eh oui, six ans, déjà !
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

    

  

Bon, là, je t'avoue que je commence ce billet sans trop savoir où on va attterrir, ni comment on va voyager.
Dans mes archives, j'ai retrouvé des photos prises lors des mini-randonnées effectuées pendant le confinement.
Tu te souviens : lors du premier confinement, nous n'avions pas le droit de nous déplacer à plus d'un kilomètre à la ronde de chez nous, une fois par jour et muni d'une autorisation de sortie.

 

 

Tous les prétextes étaient bons pour sortir de chez soi : faire des courses, refaire des courses, encore faire des courses. Et pour acheter quoi ?

 
Certains rivalisaient d'ingéniosité pour sortir incognito...

    

D'autres créaient des activités en restant chez eux...


    

Ou encore passer son temps à observer son chat.

 


   
 

Mais le manque de voyage et d'espace se faisait vite ressentir...

 

Mais que voulais-tu, Emmanuel Macron nous le disait : "Nous sommes en guerre !"

 

Et c'est en entendant à nouveau ces mots depuis quelques semaines avec cette guerre qui s'éternise au Moyen-Orient que j'ai repensé également au confinement. D'autant que certains retrouvaient les réflexes déjà connus lors de cette période de confinement...

 

BREF : en fouillant dans mes archives ,photographiques, je me suis rendu compte que je n'avais pas posté de billet sur deux petites balades que j'avais faites durant cette période où l'on ne pouvait pas se déplacer à plus de 10 kilomètres autour de notre lieu de résidence.


DONC bon, ben voilà, j'en profite. En plus, on est raccord au niveau de la météo et de la saison.

   

La première balade-randonnée se déroulait autour de la ville de Villefranque (Milafranga, en basque).
Je dis "ville" car il y a plus de 2000 habitants dans cette commune du pays basque intérieur. J'y ai habité quelques années, là, au-dessus du bar, dans une ancienne chambre d'hôtel aménagée en appartement très étroit quand même.
Alors, bon, Villefranque, qu'est-ce que quoi ?
On en parle de temps en temps ici, notamment lorsque nous empruntons la magnifique route des Cimes qui relie Saint-Pierre d'Irube (Hiruburu, en basque) à Hasparren (Hazparne, en basque).
  

Regarde-moi
cette magnifique vue panoramique
sur les montagnes basques et pyrénéennes...

  

Et tout en bas de Villefranque coule la Nive jusqu'à Bayonne. Une rivière que l'on peut suiuvre grace au chemin de halage bien aménagé et entretenu pour les marcheurs et les cyclistes.

  

Ce jour-là, en plein confinement, pas de route des Cimes, ni de Guinguette de bord de Nive.
Ce jour là, je me suis rendu sur la route d'Ustaritz pour prendre le départ d'une petite randonnée de 7,5 kilomètres pour un dénivelé de 147 mètres quand même. Tout ceci devrait se faire en un peu plus de 2h30. 

  
Le départ se fait depuis l'ancienne gare, non loin de la passerelle qui enjambe la Nive pour rejoindre le chemin de halage.

   

Mais aujourd'hui, je ne prendrai pas le chemin de halage. Je reste de l'autre côté de la Nive, direction sud-ouest en suivant le chemin de la gare ; un chemin de terre qui traverse un grand champ d'où ne ressort qu'une sorte de cabane en béton qui a fait la joie de quelques taggeurs et graffeurs.



 

  

Je ne sais pas trop à quoi pouvait servir cette batisse abandonnée, là, en bord de chmin, non loin de la Nive. Le confinement fait que le moindre petit détail dans un paysage intrigue et interroge. Tout cela parce que le reste du temps nous sommes enfermés et ne voyons personne.

Je quitte la petite batisse abandonnée en continuant de suivre le chemin de terre qui longe la Nive d'un côté et un champ de fleurs jaunes de l'autre.

  

Quelques petites fleurs ici et là embellissent le paysage printanier confiné.

 


De la couleur, de la nature. Tout prête à émerveillement alors que je suis simplement dans un champ quelque peu boueux.
Ce chemin de terre se termine sur la route d'Ustaritz. Je la traverse pour rejoindre un petit chemin qui s'enfonce dans la forêt où trônent quelques beaux specimens de chênes tétards.

  

Je croise également une chèvre... Oui, oui... Ici, en pleine forêt, sans aucune habitation autour, une chèvre.

  
Elle a l'air aussi surprise que moi. Elle arrache quelques branches, pioche du bec des brins d'herbes, lèche quelques écorces. Bref : elle fait sa vie. Je continue.

   

Petite montée tranquille en suivant ce petit sentier qui m'amène à un sommet ombragé où s'impose une haute palombière.

  
Pour rappel, une palombière est une cabane perchée dans les arbres à laquelle on accède par de maigres échelles vertigineuses. C'est là le "terrain" de la chasse à la palombe, pratique courante et tarditionnelle dans le sud-ouest. Elle est essentiellement pratiquée à l'automne quand les palombes migrent des pays nordiques vers la péninsule ibérique.
Si cette pratique est si courante dans le sud-ouest, c'est parce que les pigeons ramiers (palombes) s'arrêtent pricncipalement dans le Lot-et-Garonne, les Landes, le Gers et les forêts pyrénéennes où ils se reposent et se nourrissent de glands, de maïs...

   

Je sors de la forêt. Pas de palombes en vue. Ce n'est pas la saison. Mais par contre, dans cet autre champ jouxtant le sommet de la forêt, voici un autre animal bien présent dans la région : la brebis.

   

Je quitte le champ par un autre chemin qui me fait arriver sur une route longeant une belle étendue herbeuse colorée par quelques fleurs printanières.

 

Non loin de là, dans un autre champ, les copains...


 

La randonnée est bien balisé et le chemin propose un "léger" panorama sur les montagnes basques, notamment, ici, Artzamendi.

     

Je quitte les chemins et sentiers isolés pour marcher sur l'asphalte. Cette route -dont j'ai oublié le nom ; à moins qu'elle n'en ait pas-  traverse un petit lotissement avec quelques belles maisons isolées, à l'entrée parfois surprenante.

       

    

Très vite, je quitte à nouveau l'asphalte pour retrouver un petit sentier montant vers une hauteur inconnue, mais joliment herbeuse., dominée par un arbre magnifique.

  

Il s'agit de la butte de la Croix de Villefranque, appelée aussi et surtout Croix de Berrogain.


 

  

Juste à côté de l'arbre, la croix domine un panorama à 360°, de Bayonne aux montagnes basques.
Au nord-ouest, on découvre ainsi la cathédrale Sainte-Marie de Bayonne qui semble sortir d'un écrin de verdure, devant le port de Bayonne.

  

Au sud, les montagnes basques mythiques avec la Rhune et Artzamendi

   

Un panneau touristique local nous explique l'histoire de ce lieu appelé la colline de Berrogain.
"De berro-broussailles et gain-haut, la colline au-dessus des sasi.
Dans plusieurs villages du Pays Basque nord et sud et pas ailleurs, on trouvait sur des hauteurs à quelques minutes de marche,
gaineko plaza, une place affranchie hors la vue du curé et des commères. Il y avait en général un bosquet de chênes (de frênes au sud) de plus de 300 ans comme ici.
Il fallait bien que jeunesse passe, mais aussi les familles séparées qui n'avaient pas de moyens de locomotion convergeaient le dimanche vers ces lieux. On y chantait, on y dansait, on goutait... parfois on jouait à longue paume.

Le christianisme y a implanté une croix de missions (1926) qui a servi pour les rogations. Après 1 300 000 morts à la Grande Guerre et 300 000 morts dans la foulée, avec la grippe asiatique, le peuple était désespéré. Pour ranimer la foi, on organisait des missions : prières, messes, procession, veillées... on finalisait en érigeant une croix des missions."

  

Bon, écoute euh, j'ai pas tout compris, mais les grandes lignes sont là.

  

Je quitte la colline de Berrogain pour aller en direction du centre-ville et de l'église Saint-Jean-Baptiste de Villefranque.

  

Là, on est sur la route. Enfin, sur de beaux trottoirs bien consolidés, bien entretenus, qui descendent vers le centre ville. Je passe au dessous de l'église Saint-Jean Baptiste de Villefranque à l'architecture particulière.

Construite au XVIIIème siècle, elle est de style labourdin avec son clocher-fronton triangulaire en pierre de taille et son porche dallé de tombes de notables ou de religieux.

  

Une fois l'église passée, je traverse la route d'Ustaritz pour rejoindre la route appelée chemin d'Ilailanea qui redescend vers la Nive. Quelques belles maisons bordent cette route, dont une maison appelée Ilailanea du basque ilia, la laine ; comme nous le rappelle un panneau touristique sur le bord de la route.
 

"Il y avait au bord de la voie ferrée et de la Nive une lainerie ; il semble qu'un certain temps on y a tanné le cuir. Les Basques spécialistes de la laine et du cuir ont fait fortune en Amérique du Sud, en y amenant leur compétence (Uruguay, Chili, Argentine et même Cuba, le champion olympique Juantorena était issu de Baïgorry).
En suivant au bord de la route, Juanarenea, chez Jeanne, un ancien bistrot qui date de 1680 et s'est appelé Ikhebelarria ; il y avait une grosse activité fluviale autour de Portuberria, cet estaminet devait avoir une belle clientèle."

  

Je passe maintenant sous la voie ferrée pour retrouver le parking sur lequel est garée la voiture.

  

Fin de cette petite randonnée bien agréable effectuée pendant le confinement, il y a six ans.

    

    


 

 

 

 

17 mars 2026

Une rando, une bière : HOXAHANDIA (64)

Ah bah tiens, ça faisait longtemps que l'on n'avait pas fait une petite randonnée.
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

   

  

Eeeeh oui, quelques fois, la pluie se fait plus rare pour laisser place au soleil sur un beau ciel bleu.
Et puisque nous parlons de "Ciel bleu", connais-tu cette oeuvre de Kandinsky titrée "Bleu du ciel", réalisée en 1940 et exposée au LAM Lille Métropole, musée d'Art Moderne, d'Art contemporain et d'art brut de Villeneuve d'Ascq ?

 

"1933, Allemagne. Avec l'arrivée des nazis au pouvoir, la liberté artistique se restreint... La preuve, même le Bauhaus, l'école d'art où enseigne Vassily Kandinsky, doit fermer ! Le peintre se fait alors une raison : il est temps de quitter le pays.
A presque 70 ans, celui-ci atterrit à Paris, où il doit tout recommencer à zéro. Mais pas question de se laisser abattre, et encore moins d'abandonner les pinceaux !
Quitte à changer d'environnement, Kandinsky en profite pour s'aménager un atelier dans son nouveau salon à Neuilly et pour réinventer sa peinture.

Pour rompre avec ses figures rectilignes habituelles, il s'inspire de petits mollusques qu'il observe lors de ses séjours sur la côte normande. Et surtout... des nombreux ouvrages savants qu'il possède ! A ce moment, l'imagerie scientifique progresse en effet à toute vitesse. Le premier microscope électronique vient de faire son apparition et avec lui, les premières photos de cellules et d'embryons.
Ainsi, à la fin des années 1930, des formes organiques envahissent les tableaux du chef de file de l'abstraction. Ce style est à la fois un renouveau dans sa carrière, et une synthèse de ses périodes artistiques précédentes.
On y retrouve par exemple la géométrie de sa période Bauhaus, mêlée aux courbes et aux ondes de ses premières oeuvres.
En 1940, Vassily Kandinsky se rend chez Joan Miro à Varengeville-sur-Mer. Suite à cette visite, il emprunte à l'artiste surréaliste la 'couleur de (s)es rêves' et les constellations de formes biomorphiques. En ce temps de guerre, comme dans un geste de repli sur la nature, Kandinsky peuple son abstraction d'une multitude de formes cellulaires, petites créatures de fantaisie.

Cette évolution n'est d'ailleurs pas qu'un simple jeu ! Pour Kandinsky, les Français voient l'abstraction comme une chose froide et mécanique et il compte bien les faire changer d'avis... Il en propose donc une vision plus vivante et s'essaie même à des techniques innovantes en ajoutant du sable dans sa peinture pour une texture plus granuleuse, par exemple.
Si le public français lui apporte peu de crédit durant cette période, la jeune avant-garde, elle, défile dans son atelier pour découvrir les expérimentations du maître. En se réinventant une fois de plus, Kandinsky montre donc par la même occasion qu'il est décidément toujours en avance sur son temps..."
ARTIPS

   

Comme disait Louis Jouvet dans le film "Entrée des artistes"(1938) : "Mettre de l'art dans sa vie et de la vie dans son art".
Nous, on va mettre un peu de randonnée dans la vie avec ce qu'il faut de bon air, de beaux paysages, de rencontres et d'efforts.

 

Aujourd'hui, direction le village d'Iholdy, dans les terres du Pays Basque... Je ne sais jamais si on doit dire "village" ou "ville" ou "commune". A partir de quoi dit-on qu'un village est une ville ou une commune ?
Je trouve toutefois plus sympathique de dire qu'Iholdy est un village. Il est là, posé dans les terres basques profondes, entouré de montagnes et de verts pâturages.
De plus, on me signale dans l'oreillette qu'une commune est appelée "village" quand elle a moins de 2000 habitants. Et comme Iholdy compte 550 Iholdiars, nous sommes bien dans un village.

 

BREF ! L'objectif du jour : rejoindre le sommet de la montagne d'Hoxahandia que l'on peut également écrire "Oxanhandia" ou "Hoxa Handia", mais qu'il faut prononcer "Hochahandia" car, comme tu le sais peut être, les "X" en basque se prononcent "CHE". Tout comme les "U" se prononcent "OU". Ainsi, on ne dit pas "Lumineux", mais "Loumineuche". Hein... Non, oui, bon, d'accord, j'arrête.

  

    

ALLEZ ! Je quitte Mouguerre pour emprunter la route des Cimes... Tiens, la marée est montée vachement haut ces derniers jours pour que ce bateau se retrouve ici, en bord de route, à 230 mètres d'altitude...

 
On pourrait presque croire qu'il attend que le stop passse au vert pour rejoindre l'océan qui se trouve à une dizaine de kilomètres à vol de bateau... d'oiseau d'ici.
Je quitte la route des Cimes à hauteur d'Hasparren pour me lancer dans les terres basques presque profondes. De vastes étendues de champs au vert intense peuplent le paysage entre Bonloc et Hélette.

  
HOP :
Ralentissons, brebis !

  

LA VACHE,
MAIS ELLES ME FONCENT DESSUS !!!

   

J'aime bien ces petits moments de route. Les brebis passent tranquillement, en frolant la voiture, les clochettes à leur cou émettent quelques légers tintement. Un ou deux bêlements par-ci par-là. Elles passent, tête baissée.
Par contre, je n'ai vu aucun berger et aucun chien. je me demande si ce troupeau savait où il allait. Peut être qu'au moment où j'écris ces mots, les brebis sont toujours en train de vagabonder quelque part sur les routes du Pays Basque.

  

 

 

 

Passé Hélette, je prends la direction d'Armendarits. Toujours ces champs verts et ces monts-montagnes basques.
J'arrive à Iholdy, village départ de la randonnée du jour. Je me gare à hauteur du lac que forme la rivière au nom ravi La Joyeuse. Celle-ci prend sa source par ici, à l'ouest d'Iholdy. Son nom est issu d'une traduction humoristique de son nom basque "aran" qui, par confusion, avec le mot "alai" qui veut dire "joyeux, heureux".

  

Ce lac  -qui a plus l'apparence d'un étang mais on va pas chipoter-  se trouve à côté d'un camping, fermé à cette période. On y trouve plusieurs habitations, comme ces petits chalets ou encore... un container.
 

Il est temps de se concentrer sur la randonnée du jour, carte et chiffres à l'appui.

  

LA CARTE

Source : En pays basque

    

LES CHIFFRES

 
C'est clair, net, précis. Et pourtant...
Je retiens bien toutes ces indications ; le fait que ce soit une boucle, que le balisage est jaune et que je vais passer par un sentier panoramique en empruntant un peu de route.

  

Je quitte le lac en prenant la direction de l'Est car j'ai vu un trait de balisage sur un poteau de la route de Saint-Palais en venant.

 
Je quitte le lotissement dit du "barrage"pour rejoindre la route de Saint-Palais allant plein sud. Quelques mètres après la sortie d'Iholdy, je prends une petite route appelée chemin d'Ithurilatzia qui se dirige plutôt vers l'Est.

    

Je croise vaches et brebis, quelques fleurs et une belle barrière... Ben oui, elle est belle cette barrière.

 

  

C'est étrange. Le balisage n'est pas jaune, mais orangé. De plus, le topo annonçait une route panoramique, mais, pour le moment, je traverse des corps de fermes et la route-chemin a tendance à s'enfoncer dans une petite vallée. Bon...

  

Je suis un peu impatient, mais surtout interrogatif. Déjà !
Ai-je bien pris le bon chemin et suis-je en train de suivre le bon balisage ?
Quelques mètres plus tard, la route-chemin monte pour devenir panoramique.

 

Aaaaah, me voilà rassuré. J'ai une belle vue sur les crètes d'Iparla et sur le Baïgura.

 

 

 

Tout ceci est accompagné par une belle vue sur les environs d'Iholdy, mêlant toujours pâturages bien verts, collines, monts, montagnes et fermes.

 

  

Quelques troupeaux de brebis ajoutent une touche de blanc à ce beau paysage.

  
Je repère des traits de balisage orangés qui indiquent de quitter la route-chemin d'Ithurilatzia pour prendre un sentier sur la droite, direction encore plus plein Est.
C'est bizarre, j'ai vraiment l'impression d'aller à l'opposé complet de l'itinéraire de la randonnée et de l'objectif qu'est le sommet d'Hoxahandia... que je pense deviner en face de moi, bien loin.

  

Le sentier monte bien. Panoramique. Toujours une belle vue sur les crètes d'Iparla et leur sommet culminant à 1049 mètres. Premier sommet de plus de 1000 mètres d'altitude quand on part de l'océan.

  
Je m'y suis rendu à plusieurs reprises (cf : Iparla, c'est par là ! ou Le Pic d'Iparla comme si tu y étais). Je ne me suis jamais perdu, même dans le brouillard, car la randonnée est très bien balisée... elle... Je dis ça, mais, en même temps, je me demande si ce n'est pas moi qui me suis complètement planté de chemin aujourd'hui.

   

J'arrive à un carrefour. Plusieurs routes qui partent dans tous les sens. certes, c'est le principe d'un carrefour, mais ce n'est pas rassurant. Il y a la route de Lantabat qui part vers le Sud-Est et Kurutzetako Borda qui se lance vers le Nord-Est.
Le balisage orange  -et non jaune- me dit de suivre la Kurutzetako borda. Cela tombe bien, elle a l'air plus panoramique que l'autre ; même si elle semble m'éloigner encore d'avantage de l'itinéraire prévu.

 

 

 

J'avance sur l'asphlate, ça monte un peu.
  

Ah :
j'aperçois le pic d'Anie au loin.

 
Ah si, si ! Attends, je zoome.

 
Si, si, si ! Attend, je vire l'écobuage qu'est devant !


Le topo le disait que l'on voyait quelques cimes pyrénéennes à un m'ment donné. Bon, OK, là, ,il est un peu loin, un peu dans la brume et les fumées d'écobuage, mais on le voit avec son sommet si caractéristique, en forme de pyramide, qui culmine à une altitude de 2507 mètres. Il y a encore de la neige à cette époque de l'année. La station de ski de La Pierre-Saint-Martin est d'ailleurs toujours ouverte.
Et quand tu skies sur la magnfique piste du Boulevard des Pyrénées, voilà comment tu vois le Pic d'Anie.

 

Cette "brume" lui donne un petit côté fantomatique, fantasmagorique. Quelque chose d'iréel et d'inatteignable... un peu comme ce sommet d'Hoxahandia que je ne vois ou devine plus du tout.

 

La route panoramique asphaltée se termine à hauteur d'un corps de ferme devant lequel des brebis se sont mises à l'ombre d'un arbre encore sans feuilles en cette saison. Au loin, toujours les crètes d'Iparla.

Elles ont l'air aussi interrogatives que moi.

   
   
Tiens, une baignoire.

Belle vue !
 

 

 

Je quitte les brebis, la route et la ferme pour évoluer maintenant sur un large sentier.

  
Je ne vois plus de balisage. Cela ne m'inquiète pas plus que ça car, de toute façon, j'ai de plus en plus l'impression que je me suis bien planté de randonnée au fur et à mesure que je me dirige plein Est.
Pas grave. Profitons des paysages basques aléatoires.

 

Une colline de petites fleurs bleues....

   

Puis un changement complet de paysage
avec cette zone asséchée qui me fait penser,
avec beaucoup d'imagination,
à la savane.

  

Puis des arbres aux branches multiples
qui semblent danser dans les airs...

 

    

Et puis... et puis... après une descente pour atterrir au milieu de nulle part, mais à côté d'une petite rivière discrète, je me trouve face à ce tronc d'arbre.

  
Un tronc de belle facture, n'est-ce pas. Oui, d'accord, il y a des marques de balisage. Mais, rappelons-le, le but des marques de balisage, c'est d'indiquer un chemin, un sentier, une piste, une direction pour suivre un itinéraire de randonnée.
Et là, au milieu de ce champs, en bas d'une descente inconnue, il n'y a aucun autre chemin à suivre, hormis celui par lequel je viens d'arriver.

Tout le tour de ce tronc est marqué de traits orangés plus ou moins nets. Un peu comme si la personne qui avait fait le balisage s'était elle aussi perdue ou plantée de chemin.

Quand je regarde autour de moi, je vois, au Nord, un champs fermé par une barrière ; à l'Est, un fossé plein d'eau ; à l'Ouest, le chemin par lequel je viens d'arriver. Apparemment, je serai en un lieu qui porte le nom de Zehabia. J'ai beau regarder partout autour de moi, aucune autre marque colorée pour indiquer la marche à suivre.
Ah, tiens, au sol, des champignons argentés. C'est la première fois que j'en vois ; surtout dans un tel endroit sans arbre et exposé plein soleil.

   

Il est vrailment intrigant ce lieu.
Finalement, après quelques minutes de réflexion et de repérages, je distingue un autre chemin, assez large, qui s'en va vers le Sud. Il est accompagné d'une petite rivière qui semble, elle aussi, vouloir fuir l'endroit pour se retrouver.

  

Pas trop le choix, et je n'ai pas envie de faire demi-tour pour me retaper tout le chemin aller ; aussi bucolique soit-il.
Le chemin se termine sur une route ; la route de Lantabat. Tiens, ça me rappelle quelque chose ce nom... Ah oui, c'est la route que j'ai failli prendre un peu plus haut, au carrefour des multiples routes...
 
Quelques mètres de goudron plus loin, un nouveau carrefour.

  
Et voilà : je suis arrivé sur la grande route qui relie Saint-Palais à Iholdy. Un petit coup d'oeil sur le GPS pour découvrir que je suis à 4,2 kilomètres d'Iholdy. Il va donc falloir marcher sur l'asphalte pendant cette longue distance.
  

 

A un m'ment donné, je croise une petite route qui part vers une chapelle.
Bon, cela fera toujours un petit truc à voir sur ce long chemin qui me sépare du point d'arrivée.

 

 

Mais une fois posté devant le petit monument, la porte reste fermée. La chapelle ne se visite pas. Elle n'a pas de nom, mais elle a été traitée contre les termites.

  
Chou blanc, comme on dit quand rien ne se passe comme prévu. Echec.
Je repars pour reprendre la route de Saint-Palais. Au-dessus de ma tête, des vautours tournoient. Boh, au point où j'en suis. Un peu plus loin, à hauteur d'un hangar de ferme, les brebis sont lâchées sur la route par un agriculteur.

  
Un peu plus loin encore, un lieu-dit me rappelle une chanson entêtante...

♫ "Hiribéréééééééé, Délivréééééééééé
Où est passé le chemin de randonnéeeeee" 

 

Ben oui, ben oui. Faut bien se détendre.
Quelques mètres plus loin toujours et encore, dans un virage apparait Iholdy. Je regagne le lac et la voiture.

   

On ne va pas se laisser abattre.
Certes, je n'ai pas trouvé le sommet d'Hoxahandia, mais cela ne va pas m'empêcher de boire une bière quand même.

    

   

 

 

 

Voilà.
Alors, tout ça, c'est bien gentil, joli joli, mais que s'est-il passé pour que l'on passe carrément à côté de l'objectif initial qui était, rappelons-le, d'atteindre le sommet d'Hoxahandia ?
   
Pendant ma pause pique-bière, quelques randonneurs sont passés derrière moi pour contourner le lac par l'Ouest ; alors que, perso,, j'avais pris plein Est.
Un petit regard sur les différents topos proposés sur internet... Il semble bien évident à présent que le chemin à suivre part vers le sud-ouest, et non vers le sud-est.

Récapitulons après analyse.

 
En orange, le trajet que j'ai effectué.
En rouge, le trajet qu'il fallait suivre.

Ah ouais !
Carrément rien à voir !

  

Avec la carte IGN,
recentrons-nous sur la randonnée effectuée.

 

Voilà, voilà ! Ah oui, je n'étais pas près de croiser le sommet de Hoxahandia !
Tout ceci m'agace un peu. En fait, je n'ai pas su lire la carte alors que le trajet et le tracé étaient évidents.

  

Comme je suis un peu borné, je décide de faire la randonnée quand même... mais en voiture.
Pour cela, il suffit de suivre la petite route d'Oltzeiri, puis prendre à gauche un peu plus haut pour emprunter une belle piste qui déroule à flanc de montagne, proposant de belles vues sur Iholdy.
  

Ah, tiens,
un vautour qui fait du stop !

 

Je croise quelques bels arbres...

 

Et puis, après quelques kilomètres de piste, j'arrive à un petit parking improvisé au niveau d'un sommet. Ce n'est pas le sommet d'Hoxahandia. Pour l'atteindre, il faut emprunter un sentier à pied. Je n'ai plus trop le temps de le faire. Je décide donc de me rendre dans un champ voisin pour avoir une idée du panorama depuis Hoxahandia.
 

Mais, force est de reconnaitre que...

  ...eh ben, on ne voit rien car les fumées des écobuages
ont recouvert le ciel et le paysage.
DONC on ne voit rien.

 

Ecoute, bon... euh... y'en a marre ! J'arrête cette randonnée pour aujourd'hui. Je remonte en voiture et continue de descendre par la piste, direction plein sud, pour rejoindre Azkonbegi et sa chapelle classée.
Seulement, la piste se détériore de ce côté avec de gros cailloux, des trous, des ronces... BREF : il ne faut pas le faire avec une 208.

   

 

 

Allez : on termine ce billet avec la vidéo récapitulative de cette randonnée quelque peu mouvementée, pour ne pas dire complètement loupée.

  

 

Et à bientôt pour une nouvelle randonnée, beaucoup mieux encadrée j'espère.

   

     

10 mars 2026

A la recherche du zen (64)

Eh ben dis don' : ça en fait des guerres tout ça. Tentons de rester zen.
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

   

 

  

Mais qu'est-ce que c'est donc que le zen ?
Tout de suite, la réponse grâce à wikipedia :

 

"Le zen est une branche japonaise du bouddhisme mahayana hérité du chan chinois. Elle met l'accent sur la méditation (dhyana) dans la posture assise dite de zazen.
Le mot 'zen' est la romanisation de la prononciation japonaise du caractère chinois simplifié : 
禅, chinois traditionnel : , pinyin : chán ; il est prononcé chán en mandarin, zeu en shanghaien et est également appelé Son en Corée et Thiên au Vietnam. Ces différents termes dérivés du chinois, remontent à une origine commune : le mot sanskrit
dhyāna, en pali jhāna ("recueillement parfait").
Le zen se réfère au chan, une forme de méditation indienne implantée en Chine par Bodhidharma il y a 1500 ans. Il prend sa source dans la méditation de Siddhartha Gautama sous l'arbre de la Bodhi par laquelle il obtint l'éveil, il y a plus de 2500 ans en Inde, mais il a été influencé par le taoïsme. On y trouve aussi l'influence coréenne du son. Le zen japonais se réfère principalement à la posture de méditation d'éveil de Siddh
ārtha Gautama de transmission en transmission dite zazen......"

   

Ouah la vache, je croyais pas que c'était aussi compliqué de comprendre et d'expliquer les sources du zen !
   

Bon : on parlait d'éveil.
Avec le mois de mars, arrivent les chants matinaux des oiseaux qui mettent en joie pour une journée bientôt printanière.

Oui, je sais, cette vidéo a été tournée il y a sept ans, mais le réveil matinal est le même en 2026. En tout cas, avec les oiseaux.
Tu te lèves, tranquille, apaisé, tu vas te faire un café, puis tu vas au canapé pour allumer la télé. Et là...

 

   

Pouah dis don' : guerre, missiles, drones, immeubles effondrés et navires en feu, population déplacée, augmentation du prix des carburants à la pompe,...

Je sais pas toi, mais là, moi, je sature au niveau des infos et de leur traitement.
Marre de ces infos redondantes sur la guerre, la guerre, la guerre ! Je commence même à détester les journalistes qui se délectent de ces mauvaises nouvelles dans un combat à qui aura la pire info à annoncer.
Pendant deux semaines, ils nous ont servi de l'inondation en veux-tu en voilà, en allant- s'incrustant chez les pauvres gens qui avaient tout perdu et qui s'inquiétaient de l'avenir. Est-ce qu'à un moment le journaliste se pose la question : "Ai-je tous les droits parce que j'informe ?"
Certains journalistes semblent avoir perdu tout sens de l'équité, toujours à la recherche du témoignage ultime... "Bonjour, alors, ça vous fait quoi d'avoir tout perdu à cause de ces inondations ?", demande un journaliste en engtrant chez des gens aux premières heures matinales d'un nouveau jour pluvieux.
Ras le bol de ce genre de façon de traiter l'info ! Ras le bol de ces journalistes de trop grande proximité ! Ras le bol des infos anxiogènes !
Les chaines d'infos en continu sont responsables de ce genre de traitement de l'info : il faut remplir le temps d'antenne.
  
Ainsi, ayant ras le bol d'entendre les infos sur la guerre Iran-Israël-Etats-Unis et la hausse du prix du baril de pétrole et donc des prix à la pompe...

...j'ai zappé pour regarder quelques reportages et documentaires sur les autres chaines.
  
C'est ainsi que je "suis tombé" sur un beau document sur le footballeur Marius Trésor. Eh oui, tiens, pourquoi pas ?!
Cela m'a rappelé ma jeunesse ; ces temps où mon oncle m'avait fait la surprise de m'amener au complexe sportif du Haillan ; là où l'équipe de foot des Girondins de Bordeaux s'entrainaient. Une époque où ce lieu n'était pas fermé par de hauts grillages et hyper gardé par des agents. Une époque où on pouvait s'asseoir dans l'herbe, sur le bord du terrain d'entrainement, en regardant évoluer quelques-uns des plus grands joueurs de foot français du moment : Giresse, Tigana, Battiston, Lacombe... et Marius.
Ouais : Marius pour Marius Trésor. C'était pas facile de tomber sur son image Panini pour complèter l'album...


 

 

 

 

 

 

 

 

  

     

BREF : en plus d'être un excellent joueur, il avait un capital sympathie très élevé auprès des spectateurs et des fans de foot. On l'appelait Marius non pas par irrespect, mais parce qu'il suscitait la sympathie et le respect. Un modèle, une référence. Un joueur modeste, résilien, humble, efficace et droit.
C'était une autre époque et ce docu-reportage réalisé par son fils ("Mon père Marius Trésor") m'a fait comprendre pourquoi j'aimais tant le foot à l'époque et pourquoi je ne l'aime plus à présent. Il suffit d'écouter chaque parole, chaque mot de Marius dans ce docu.
Une anecdote m'a touché et j'ai envie de la "graver" ici, sur ce blog.

  
Rue Victor Hugo, Sainte-Anne, Guadeloupe. Un de ses amis d'enfance nous parle de ce temps où Marius Trésor était appelé  (et est toujours appelé ici) Lolo. Quel rapport ? Marius... Trésor... Lolo... ???...
En fait, avec ses amis d'enfance, il entrait souvent dans une petite épicerie pour acheter des "chiclés" (gomme naturelle à mâcher) à 5 centimes. L'épicière sortait le bocal à chiclés, empli de couleurs. Les enfants mettaient la main dedans, sortaient tour à tour un chiclé. Il y avait de vert, du rouge, du bleu,... Si tu sortais un chiclé rose, tu avais et tu pouvais choisir une image. Tu choisissais alors ta photo-image de starlette. Il y avait Sophia Loren, Brigitte Bardot, Claudia Cardinal, Liz Taylor, Catherine Deneuve, etc.
Quand Marius gagnait en tirant un chiclé rose, il prenait toujours une photo de Gina Lollobridgida. C'est ainsi que ses amis proches ont décidé de l'appeler Lolo.

  

Le lendemain matin. Les oiseaux chantent. Je me lève, café, canapé, allume télé et là : guerre, missiles, drones, immeubles effondrés et navires en feu, population déplacée, augmentation du prix des carburants à la pompe... encore et toujours !

Je sature très vite. Cela fait 12 jours que cela dure et toujours les mêmes annonces !
C'est peut être pas bien de se désintéresser ainsi des conséquences de ces conflits qui touchent malheureusement des civils innocents, mais je trouve que les médias en font trop. Trop d'intervenants, trop d'images, trop d'analyses, trop de prévisions, trop, TROP !!! Si tu ajoutes à cela, les interventions de ces couillons d'influenceuses et d'influenceurs...


 

 

 

 

 

 

  
Tiens, il est vrai que l'on a un peu parlé de ces influenceuses et influenceurs au début du conflit. N. Bianco a écrit un texte à ce sujet, les comparant à des "oiseaux décérébrés" :
"Je crois que nous assistons à un grand moment d'orithologie contemporaine. Des cohortes d'influenceurs français à Dubaï, futiles volatiles décérébrés, longtemps observés en habitat luxueux sédentaire, zone détaxée et piscine chauffée, redécouvrent soudain leur instinct migratoire.
Pendant des années, ces afferuses pintades siliconnées et leurs vilains dindons bodybuidés de mâles, ont clamé leur mépris pour le poulaiiler français.
Et puis... quelques tirs de missiles plus tard, les paons bling-bling redeviennent des moineaux effarés.
Alors, ça s'affole, ça pleure, ça caquette, ça piaille, ça lance des appels vibrants à la solidarité nationale (solidarité qu'ils avaient soigneusement contourné en prenant leur envol fiscal). "Nan, mais on est français comme même !", "La France, protégez-nous !", "Envoyez l'armée pour nous chercher ! Mainenaaaaaaannnnt ! ", "On veut partchir d'ici !".
Ben non. Visiblement, on peut augmenter le volume des lèvres, des seins, du cul, mais pas encore celui du cerveau. Le coq gaulois, c'set pas un chauffeur Uber qui se pointe en un claquement de doigts. Et le mode 'avion', c'est pour les stories, poulette. Pas pour exiger un pont aérien immédiat."

 

 

   

    

Je décide alors de regarder un petit documentaire sur Jacques Villeret, "Jacques Villeret, drôlement tragique".
 

Je ne suis pas spécialement fan de Jacques Villeret, mais ce film de 55 minutes permet de le connaitre un peu mieux, lui et sa courte carrière. Je pense aux films Malvil, Passe-montagne, Papy fait de la résistance, L'été en pente douce, Garçon, Black Mic Mac, Les frères Pétard, Les enfants du marais... et bien sûr Le diner de cons.
   
A l'époque du festival "De Nevers à l'aube" dans les années 1990-2000, nous prenions connaissance de l'actualité du court-métrage. On voyait ainsi beaucoup de ces petits films drôles, ou documentés, ou dramatique, ou d'animation. Nous avions diffusé notamment le court-métrage de Patrice Leconte avec Jacques Villeret : "Le batteur du Boléro" (1992). La présence au générique de ces deux personnalités du cinéma avait permis aux gens de prendre connaissance de l'existence du court-métrage. C'est un plan séquence de 8 minutes et vingt secondes avec une caméra qui s'approche du héros pour ne plus le quitter.
Dans ce reportage consacré à l'acteur, Patrice Leconte parle de lui avec ces mots :
"Pour le rôle du batteur du Boléro, j'ai de suite pensé à Jacques Villeret parce que je savais à quel point il allait pouvoir exprimer avec une économie physionomique tout ce qui me trottait en tête et qui allait troter en tête à lui aussi. J'avais dit à Jacques : 'Tu es batteur du Boléro, tu es un peu comme un fonctionnaire. Tu as du battre le Boléro environ 3500 fois donc tu en as un petit peu ras la casquette...'
Je voulais qu'il exprime un peu l'ennui du Boléro qui était aussi un peu l'ennui de sa vie parce que , ce soir, il va rentrer chez lui... est-ce que ses enfants vont lui dire bonsoir, enfin je sais pas... Les soucis quotidiens d'un homme dont le métier est de batter le Boléro. Il ajoute des regards caméra qui m'enchantent car ils nous mettent dans l'intimité de son travail et de sa compassion... Pourquoi Ravel a écrit le Boléro... Et pourquoi je l'interprète chaque fois... En jouant le batteur, je ne sais pas si il pensait à ses propres soucis. Peut être que dans ce film, Jacques Villeret joue Jacques Villeret."

   
Ah, le Boléro de Ravel. Ici, dans le Pays Basque, ça nous parle car Maurice Ravel est né à Ciboure le 7 mars 1875... Tiens, d'ailleurs, et si on éteignait la télé pour aller à Ciboure.
Justement, cela tombe bien car, avec quelques amis, nous nous sommes donnés rendez-vous pour aller manger dans un restaurant japonais de cette ville située en bord d'océan, dans la baie de Saint-Jean-de-Luz.

   

Nous nous retrouvons à 12h28 devant le restaurant, "La table de Megumi", situé 15 quai Maurice Ravel. A quelques pas de la maison natale du compositeur. C'est un petit restaurant, très intime, avec huit tables. On peut voir Megumi, de dos, faire la cuisine.
On commence avec quelques amuses-bouches : des edanames (fèves de soja) et du chou mariné et piquant.

    

Puis arrive un délicieux bouillon,
plein de légumes.

  

Puis viennent les plats :
boeuf au curry, merveilleusement relevé,
ou je ne sais plus comment s'appelle cet autre plat.


C'est parfumé, délicat, relevé, très très bon.
On termine ce bon déjeuner avec des desserts.

  
Panacotta aux kakis,
ou mochi,
ou glace au matcha.



 

 

 

   
 
 
 
  
Pendant le déjeuner, Nathalie nous a raconté une anecdote qui a retenu mon attention, dans le style "lieu insolite". Nous sommes à Ciboure, commune où est décédé l'écrivain Pierre Benoit en 1962.
Cette histoire-anecdote trouve son origine dans la relation amoureuse de l'écrivain Pierre Benoit avec sa femme Marcelle.
L'écrivain globe-trotteur est tombé amoureux de Marcelle Malet en 1939. D'origine dacquoise, elle est grande, sportive, naturelle.
Fin mai 1960, ils sont à Lausanne. Marcelle est très malade et demande à son mari de la ramener au Pays Basque, à Ciboure, dans leur maison dénommée Allégria. Mais Marcelle meurt en route, "dans une courbe à la sortie du village de Jussy". On arrête le véhicule. Le soleil s'est levé. Les oiseaux chantent. L'automobile repart vers le Pays Basque.
Quelque temps plus tard, Pierre Benoit a une idée inhabituelle ; il demande l'autorisation à l'administration d'élever une croix à l'endroit du dernier soupir de sa femme tant aimée. La notoriété de l'écrivain fait que sa demande est acceptée. Le monument est érigé le 24 décembre 1960.
Quelques années plus tard, un homme décide de se lancer à la recherche de cette croix et du village de Jussy.
Tu peux retrouver cette étonnante quête sur le blog "LA PLUME ET LE ROULEAU".
 
   
 

Toujours est-il que cette histoire m'a marqué. Et comme Marcelle et Pierre Benoit sont enterrés au cimetière de Socoa, - dit cimetière marin de Ciboure-, nous décidons de nous y rendre.
   

Pour cela, nous passons par une petit rue -la rue Pocalette- bordée de hautes maisons basques aux façades colorées, typiques de l'architecture labourdine des XVIIème et XVIIIème siècles. C'est l'une des plus anciennes de Ciboure. Elle a longtemps été habitée par des pêcheurs et des marins.
Nous arrivons à hauteur de l'église Saint-Vincent. Le monument catholique de style baroque fut achevé en 1572. Son intérieur dévoile, entre autres, de beaux balcons en bois, un retable doré ainsi qu'un imposant orgue.

 
Nous quittons le centre-ville pour regagner la promenade, ou quai Maurice Ravel, le long de la baie de Saint-Jean-de-Luz, dont on distingue le port, et à qui fait face la maison natale du compositeur.

  

    

Les maisons aux façades colorées se succèdent...



 

 

 

 

 

Nous quittons la quai Ravel pour le boulevard Pierre Benoit, toujours en longeant la baie de Saint-Jean-de-Luz. Longue marche agréable jusqu'au cimetière marin de Socoa. Là où reposent donc Marcelle et Pierre Benoit.

  
C'est bien indiqué. Non, je dis ça parce que des fois, bon, c'est pas... dans d'autres cimetières... Par exemple, Mort Shuman à Bordeaux ou la sépulture de HG Giger à Gruyères. Mais là n'est pas le sujet.
Après quelques mètres de sévère pente, nous arrivons devant la sépulture de Marcelle et Pierre Benoit, dominant la baie de Saint-Jean-de-Luz.
Celle-ci à l'originalité et la poésie d'avoir sur sa pierre tombale centrale un petit creuset dans lequel se dépose l'eau de pluie.


Juste en dessous, cette belle phrase gravée dans la pierre :
"L'eau de la pluie se rassemble au fond de cette coupe et sert à désaltérer l'oiseau du ciel."

 

    

Et puisque nous parlons d'oiseaux, il ets temps à présent de rejoindre la plage de Socoa.
En effet, ce jour, l'association Hegalaldia  -Centre de sauvegarde de la faune sauvage 64- relâche 21 macareux, victimes des tempêtes successives Nils, puis Pedro il y a quelques semaines.
En effet, c'est près de 33 000 macareux moines qui ont été retrouvés échoués sur les plages de l'Atlantique, morts ou dans un état d'extrême faiblesse, dont la majorité se trouve en Nouvelle-Aquitaine.

Ces marareux moines sont de petits oiseaux fascinants qui passent l'hiver au large des côtes, affrontent régulièrement les vents violents des mers du Nord. Ce sont des espèces pélagiques, c'est à dire que "la plupart du temps, ce sont des oiseaux que le commun des mortels ne voit pas. On va les voir pendant la saison de reproduction sur les colonies, mais après, ce sont des animaux qui restent dix mois de l'année dans l'eau, nuit et jour." (Stephan Maury, responsable animalier Hegalaldia).

Les Macareux moines  -également appelés clown des mers pour son bec strié de couleurs- migrent sur des milliers de kilomètres pour, au printemps, regagner leurs falaises, y faire leurs nids et élever les petits. Ils peuvent également pêcher jusquà 30 mètres de profondeur, notamment dans le Golfe de Capbreton. Mais avec ces deux tempêtes successives, il leur est arrivé de descendre jusquà 100 mètres de profondeur car trop secoués en surface ! Ce qui les épuise d'avantage.

C'est un magnifique travail qu'a réalisé l'association Hegalaldia, seul centre de soin pour la faune sauvage du 64. Pendant plusieurs semaines  -et encore aujourd'hui-, le soigneur et son équipe abattent un travail acharné pour sauver les quelques 600 rescapés : les réchauffer, les nourrir, les laver, les mettre en piscine pour les réhabituer afin de leur permettre de retrouver quelques dizaines de jours plus tard leur environnement naturel. Cela coûte de l'argent et tous les dons sont les bienvenus.

  

Et aujourd'hui, c'est à nouveau un grand jour avec la libération de ces 21 petits rescapés requinqués, prêts à retourner à l'eau, après les multiples soins prodigués par les membres de l'association.
Des dizaines de personnes sont venues assister à cet émouvant spectacle.

  

    

Eh oui, c'est autre que la guerre, hein ! Là, on sauve des vies !

    
Regarde comme c'est beau...


 

 

 

 

 

La fin de journée arrive. Même si les jours rallongent, à un m'ment donné, il faut bien qu'il fasse nuit sur la côte Atlantique.
Je quitte les amis pour rejoindre Biarritz et la salle de concert de l'Atabal où, ce soir, joue le groupe Zentone. Oui, oui, il y a bien le mot zen dans leur nom, fusion des deux grands groupes de musique dub-électro français Zenzile et High Tone.
Ils sont là pour présenter leur dernier album "Messenger", mais aussi pour nous gratifier de quelques anciens morceaux.

   

Allez, bonne nuit les petites et les petits.
Zen...

 

 

 

6 mars 2026

LES LIEUX INSOLITES : ARèS (33)

Tu le sais si tu suis ce blog, Jénorme aime les lieux insolites ; ces endroits où l'on découvre la folie de l'homme ou la magie de la nature, ou l'inverse ; et même parfois le contraire. Hein ? Je ne comprends rien à ce que je viens d'écrire.
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

    

   

   
Aaaaah oui, les lieux insolites ! J'adore !
Parfois, je suis capable de te faire un détour de 200 bornes rien que pour aller voir un rond-point.
Ce fut le cas, par exemple, pour ce giratoire à La Haie-Fouassière, en Loire-Atlantique, et sur lequel se trouve une soucoupe volante.

   

Mais j'ai également fait quelques 80 kilomètres de détour pour voir le jardin d'une maison remplie de schtroumpfs à Rougnat, ou déposer un ami à l'aéroport de Madrid en passant par Borja pour poser à côté d'un christ restauré ; sans parler de traverser un pays pour aller dormir dans une tente devant un ancien immeuble nazi à Prora, ou encore vagabonder en Pologne pour aller boire un coup dans la maison natale de Klaus Kinski devenue bar, ou encore franchir les frontières européennes pour se prendre en photo devant le panneau d'un nom de ville étrange en Croatie ; et puis, tiens, on parle de ce périple en Espagne pour trouver le Mojito le moins cher du monde ?

 


    

Eeeeeh oui : tout est prétexte à voyager, découvrir, s'émerveiller ou simplement s'étonner.
Tu peux retrouver quelques-uns de ces périples sur la chaine Youtube avec la playlist "Lieux insolites" ou sur ce blog avec l'album photos "Lieux insolites".
  
J'a dore ce mot : INSOLITE ! Il sonne, il interpelle, il claque. Mes oreilles se dressent dès que je l'entends et mon attention se recentre.
   
INSOLITE : adjectif, du latin insolitus, de solitus, accoutumé.
Différent de l'habitude et qui surprend.
Insolite est un terme utilisé pour désigner une personne ou une situation qui sortirait de l'ordinaire, des règles, par un comportement étrange, un non-respect des conventions ou une spécificité rare.

  

J'ai commencé à m'intéresser à ces lieux qui sortent de l'ordinaire dans le monde, puis en Europe, puis  -par manque de temps-  en France. J'ai débuté ces recherches alors que je faisais mon service militaire à Besançon en 1998-1999.

  
Quel bel homme !!!
Nous faisions parti du dernier contingent d'appelés... juste avant que Chirac ne supprime le service militaire. Autant te dire que les activités n'étaient pas violentes et que la discipline faisait relâche.
Habitant loin de Besançon, il m'arrivait souvent de prendre le tour de garde de week-end de gars qui résidaient pas loin. Pendant ces jours et nuits de surveillance de caserne, je lisais des magazines et des livres sur les régions, départements et communes français.
Mon responsable voyait que je lisais beaucoup et que je m'intéressais fortement au patrimoine et à la nature. Il n'était donc pas rare qu'il m'embarque avec quelques autres pour de longues marches et bivouacs à la découverte des curiosités naturelles du Doubs. C'était pas mal : bonne ambiance, sportive, avec des sacrés gueuletons et quelques canettes pendant le bivouac.
Dans les derniers semaines de ces dix mois d'"emprisonnement forcé", je me suis promis de faire un tour de France en voiture pendant un mois quand je sortirai. J'ai donc passé beaucoup de temps à étudier les lieux d'Histoire et d'histoires, à concocter un itinéraire qui me permettait également d'aller voir de veiux amis dispersés aux quatres coins de l'hexagone.
Durant ce périple réalisé en octobre 1999, j'ai croisé des gens, des lieux, des monuments, des paysages, des histoires. Mais l'un des lieux qui m'a le plus marqué est sans doute le Palais Idéal du Facteur Cheval, à Hauterives, dans la Drôme.

  
Un monument, une oeuvre unique au monde ! Unique par son architecture, unique par son histoire, unique pour son créateur !
En résumé, un jour de 1879, un facteur, Ferdinand Cheval, qui effectuait sa tournée quotidienne glissa sur une pierre. Celle-ci avait une forme étrange, circulaire. Elle captiva son attention et il décida de la ramener chez lui. Les jours d'après, il ramasa d'autres pierres sur le chemin de sa tournée, puis décida de les regrouper afin de réaliser ce qu'il appela très vite "son palais" :
  
"Cette pierre représente une sculpture aussi bizarre qu'il est impossible à l'homme de l'imiter, elle représente toute espèce d'animaux, toute espèce de caricatures. Je me suis dit que si la nature veut faire la sculpture, moi je ferai la maçonnerie et l'architecture."
(Ferdinand Cheval, La vie illustrée, 1905).

   
Ferdinand Cheval acheva son palais en 1912 à l'âge de 76 ans.
"En créant ce rocher, j'ai voulu prouver ce que peut la volonté."
Il se lança ensuite dans la construction de son tombeau, de 1914 à 1922. Il meurt le 19 août 1924.
Tu peux retrouver l'histoire et la visite de ce merveilleux monument en cliquant ici : TU VAS à CANNES CETTE ANNéE ?.

    

Un jour, je ferai un nouveau tour de France des lieux insolites. Il y en a un peu partout en France, j'en ai une liste longue comme je-sais-pas-quoi et qui se remplit un peu plus chaque année : les rochers sculptés de l'abbé Fouré à Rotheneuf, le poète ferrailleur Robert Coudray à Lizio, le Cyclop de Jean Tinguely à Milly-la-Forêt, les musée des arts buissonniers à Saint-Sever-du-Moustier, le village des chats à La Romieu, la forêt des géants verts à Argentenay,...

  

BREF : en attendant, dirigeons-nous en Nouvelle Aquitaine, et plus précisément en Gironde.

     

 

Lors du précédent billet, nous nous étions rendus dans un lieu tout de même pas mal insolite puisqu'il s'agissait de l'étonnante dune du Pilat, plus haute dune d'Europe, posée là, à l'entrée du bassin d'Arcachon avec ses 115 mètres d'altitude sableuse.
   
Reprenons la route où nous en étions, c'est à dire au pied de la dune, pour contourner le bassin d'Arcachon afin de nous rendre dans une petite commune qui possède un lieu pas banal, voire même insolite. Et cette commune se prénomme Arès.
Un peu de musique ? Oh non, écoutons plutôt les infos à la radio.

 

Ah ouais, pas mal.

   
Je traverse la commune du Pyla-sur-Mer par le long boulevard de l'Océan, qui  -comme son nom l'indique-  longe l'océan ; sauf que l'on ne le voit pas vraiment. Quelques fois, au détour d'une impasse, au fond, un peu de bleu apparait. Je m'arrête dans l'une d'entre elles pour voir à quoi ressemble la côte ici.

 
Mouais, bon, c'est pas super ces murs en béton qui ont une vue imprenable sur le sable. Il vaut mieux rester sur le boulevard et regarder les nombreuses villas aux architectures variées. Beaucoup d'entre elles ont été imaginées dans le pur style Art déco par l'enfant du pays, l'architecte Roher-Henri Expert. La plus connue d'entre elles est peut être la villa Téthys, tenant son nom d'une déesse marine grecque, et classée Monument historique. Mais il y a aussi les villas Canope et Lyside ; toutes reconnaissables à leurs façades d'un blanc immaculé et à leur rotonde centrale. Cela ne vaut pas le Palais Idéal...
Je m'arrête à hauteur d'une belle et grande batisse pour la prendre en photo. Elle a capté mon attention. Il s'agit de la Villa Bella Costa, située à l'intersection du boulevard de l'Océan et de l'avenue de la plage.

Un panneau situé devant la haie du jardin de la villa nous rappelle que le premier Président de la République espagnol Manuel Azana y vécut quelques mois en 1939-1940. Ecrivain et homme politique, il fut le créateur du "Frente popular" (Front Populaire).

Cette villa fut son refuge lors de son exil.
 

"Le 5 février 1939, peu avant la chute de la Catalogne, Manuel Azana abandonne l'Espagne en passant par La Vajol et rejoint la diaspora républicaine en France, qui allait s'élever à plus de 450 000 réfugiés. Il arrive à Collonges-sous-Salève (Haute-Savoie), près de la frontière franco-suisse, le 6 février 1939. Après la signature des accords de Bérard-Jordana, par lesquels la France reconnaissait la légitimité de Franco, il envoie sa lettre de démission de président de la République espagnole, le 27 février 1939, au président du Congrès des députés. Le 4 décembre 1939, contraint par les autorités, il quitte Collonges-sous-Salèves. Sur les conseils de Carlos Montilla, ancien ambassadeur républicain, le 21 décembre 1939, Manuel Azana s'iinstalle à Pyla-sur-Mer, à la Villa Eden (aujourd'hui Bella Costa), pour y résider avec sa femme, ses beaux-frères, la femme de ce dernier, leurs quatre fils et les trois personnes qui assuraient le service, ainsi que sa précieuse bibliothèque. Pyla-sur-Mer, loin de la menace nazie, leur offre un havre de paix où partout l'on savoure "la douceur du climat, le paysage parfumé le calme ambiant et l'agréable quiétude". Malheureusement, cette tranquilité ne va pas durer. La zone est occupée. Poursuivi par les autorités franquistes, Azana quitte le Pyla-sur-Mer le 22 juin 1940 pour Montauban, en zone libre, la Gestapo à ses trousses.
Le 10 juillet 1940, la police allemande met à sac la villa et arrête son beau-frère Cipriano Rivas Cherif, Carlos Montilla et des amis proches. Azana, gravement malade, meurt à Montauban le 3 novembre 1940. Il a à peine 60 ans. Sa tombe au cimetière de Montauban est aujourd'hui un lieu de mémoire de l'exil républicain espagnol."
OFFICE DU TOURISME

   

Je reprends la voiture, roule un peu dans Pyla-sur-Mer. Tiens, au fait, sais-tu pourquoi Pyla-sur-Mer s'appelle ainsi et pourquoi s'écrit-elle Pyla et non Pilat comme la dune ?
Eh bien, rappelons que la commune avu le jour en 1913 lorsqu'un de ces promoteurs, Daniel Meller, a proposé et obtenu une transaction avec l'état : en échange de 463 hectares de terrain achetés sur la commune de La Teste, il obtient 143 hectares de terrain entre Le Moulleau et la dune du Pilat. Il choisit d'appeler le lieu "Pyla-sur-Mer" en référence à la dune certe, mais avec une orthographe différente ayant une connotation grecque, très à la mode à l'époque. Il créé ainsi la Société civile immobilière de Pyla-sur-Mer dans le but d'ériger "une ville dans la forêt".
En 1928, un second aménageur, Louis Gaume, plombier-zingueur, s'associe à Daniel Meller. Les deux hommes ambitionnent de faire d'Arcachon et de Pyla des lieux de villégiature sur le modèle de Biarritz.
En moins d'un siècle, le groupe Gaume a construit près de 4000 villas sur le bassin d'Arcachon.

   

Je contourne Arcachon car je suis un peu pris par le temps. Et puis, j'y ai déjà passé quelques heures en février 2016 (cf : Des Aldudes à la dune). Et puis, Arcachon, je sais pas, c'est pas trop mon truc.
   
Rapide passage par La Teste-de-Buch pour croiser un rond-point illustré...

Cette sculpture sur rond-point est l'oeuvre de l'artiste Casto Solano, installée ici à la fin de l'année 2021 et qui s'intitule "Amakur Enfant : entre le sable et la mer".
Bon, là, je dois te dire que je n'ai pas choisi le bon angle de vue pour apprécier pleinement l'oeuvre de sept mètres de haut représentant le visage d'une femme, les cheveux volant au vent.

Il aurait fallu que je me décale un peu
afin de voir ceci...

Ah oui, c'est mieux.
Comme toujours, ce genre de sculptures sur rond-point pose question et amène son lot de mécontents ou d'interrogations : "Pour une ville du Bassin, quel est le rapport ?", "Le vent dans les cheveux, bord de mer, cheveux tentacules... L'art c'est l'imagination de chacun.", "J'ai plutôt l'mpression de voir un visage d'enfant avec des câbles plantés dans le crâne.", "Belle utilisation des impôts locaux....", "C'est moche", "Quel dommage de ne pas finaliser cette réalisation monumentale en végétalisant correctement le rond-point pour l'intégrer dans le paysage ?",...
   
J'adore les ronds-points avec des sculptures. Lieux insolites parfois, mais aussi porteurs d'oeuvres uniques, souvent en rapport avec la ville, la région et un savoir-faire, un produit local. Je trouve ça intéressant de prendre ces lieux de passage pour s'en servir comme témoin d'un lieu.
   
Citons le kiwi de Peyrehorade, l'huitre de L'Eguille, le pêcheur de saumon à Navarrenx, les espadrilles de Mauléon, le télésiège de Combloux, le Goldorak de Thiers ou encore le Darrigade de Narrosse.

Tu peux retrouver quelques beaux specimen sur l'album du blog : Les plus beaux ronds-points du monde (rien que ça !?).

   

Je sors de La Teste-de-Buch pour rattraper la nationale, puis l'autoroute, avant de sortir à hauteur de Biganos.
La vache, quand j'étais enfant, je n'avais pas souvenir que c'était aussi urbanisé. Remarque, je dis ça, c'était dans le milieu des années 1980. Aujourd'hui, je découvre de grandes artères et des complexes commerciaux démesurés. C'est chiant à traverser. il y a des ronds-points, mais plus aucune sculpture dessus. J'ai hâte de quitter ces lieux pour rejoindre le bord du bassin à hauteur de Audenge.
Je suis déjà passé par Audenge. C'était en....... en....mars 2010 parce que je voulais aller à Soulac-sur-Mer (cf : Objectif Soulac, partie 1) pour voir une réplique de la Statue de la Liberté.
Ben oui.

  

Pris par le temps  -il faut que j'arrive à Arès avant la nuit-, je tente d'ignorer les différents panneaux touristiques indiquant la direction de quelques curiosités.
Par exemple, à Andernos-les-Bains, je pourrais aller voir la plus grande jetée du bassin d'Arcachon avec ses 232 mètres de long. Je pourrais également passer voir le port ostréicoles ou encore le site naturel des Quinconces, là où Sarah Bernhardt venait se promener... Mais non ! Pas le temps !

   

Et voici que j'arrive à Arès.
La commune faisait partie d'Andernos, mais elle a obtenu son autonomie en 1851. Par contre, je ne sais pas pourquoi il a été choisi de donner le nom du dieu grecque de la guerre et de la violence. En effet, l'éthymologie du nom Arès est traditionnellement liée au mot grec arë, "malédiction, imprécation", d'où "fléau, ruine". 

J'erre en voiture dans la ville à la recherche de ce lieu insolite dont je ne t'ai encore rien dit. Je tourne, je vire, je fais demi-tour, je mets le GPS... et j'arrive finalement au port ostréicole. C'est marée basse. Il y a une belle lumière.

  
Tout est calme ici. Les oiseaux vagabondent sur le maigre cours d'eau furtif à la recherche de quelques coquillages et algues.

J'aime bien ce genre de lieu.
Ce port ostréicole d'Arès a été construit de 1966 à 1975. Il se compose de deux rues encadrant une darse. Ces deux rues sont bordées par 25 cabanes ostréicoles en dur de couleur blanche.
Je marche un peu le long des cabanes. La plupart d'entre elles proposent des dégustations d'huitres... accompagnées d'un p'tit canon d'blanc. Les terrasses, les entrées et les intérieurs sont bien aménagés, avenants, avec des filets, des bouées, des guirlandes champêtres. A cette heure-ci et en cette saison, seule une cabane est ouverte à la dégustation. C'est tentant, mais non ! Pas le temps !
   

Ce qui caracatérise également cette petite station balnéaire  -qui se livrait au commerce des vins du Médoc avec les Iles britanniques au Moyen-Age- , c'est son extraordinaire patrimoine naturel dans lequel évoluent faune et flore.
  
Par exemple, juste à côté du port ostréicole, on découvre les prés salés.

L'office du tourisme d'Arès nosu rappelle que...
"330 hectares forment la Réserve Naturelle Nationale des Prés salés d'Arès-Lège. Avec des allures de savane en été et de forêt en hiver, les Prés Salés d'Arès-Lège changent d'aspect au gré des saisons et à chaque marée.
Partez sillonner à pied ce joli coin de nature totalement préservé. Aux endroits laissés libres par la marée descendante, rechercez les salicornes au petit goût salé.
Ouvrez grand les yeux pour tenter d'apercevoir les lézards qui se fondent dans l'herbe ou encore les tortues cistudes.
Au printemps, les oiseaux s'y installent pour nicher, le spectacle devient auditif. A l'automne, les lumières se jouent de la végétation, un vrai plaisir pour les yeux. En hiver, on observe les oiseaux d'eau hivernants sur le Bassin d'Arcachon comme la bernache cravant."
BASSIN ARCACHON

   
Cette zone fut créée afin de préserver la richesse floristique de la plus grande zone de pré salé du bassin d'Arcachon à une époque où cette zone était menacée par un projet d'urbanisme... comme on a pu les voir se monter à outrance en d'autres endroits du bassin.

  

Ce lieu est vraiment apaisant et la vue panoramique ne cesse d'interpeller le regard avec, en plus, cette lumière changeante.

   

    
Au bout de la route du port, on découvre la belle sculpture de Dominique Pios, "La femme océane", installée en 1997.

   

Maaaaaaaaaiiiisssss, même si on se sent très bien ici et qu'on aimerait rester plus longtemps pour en savoir un plus, ce n'est pas mon objectif du jour.
recherche de lieu insolite oblige, il faut maintenant que je me dirige vers la jetée d'Arès située à 1,5 kilomètre au sud d'ici.
Celle-ci se trouve en face de la tour d'Arès, un ancien moulin à vent construit en 1840 et désaffecté en 1882. Elle abrite aujourd'hui un transformateur électrique.
Maaaaaaaiiiiisss ce n'est pas ce monument que je suis venu voir.

  

Je traverse l'avenue du Goéland pour rejoindre la jetée.

 
Elle ne ressemble pas vraiment à ces belles jetées que nous avions vues avec Maitre Arno lors de notre périple pour rejoindre l'Isthme de Courlande en longeant la mer Baltique, notamment du côté de Sopot, Binz, Zelenogradsk ou encore Sellin.

 

 

 En fait, ici à Arès, il s'agit plus d'une chaussée maritime, inaugurée en 1863. Elle est ainsi la plus ancienne jetée du bassin d'Arcachon. Elle servait de quai d'acostage pour les chargements et déchargements effectués par les pêcheurs et les parqueurs lorsque le port était à proximité.
depuis la création du nouveau port (où nous étions quelques minutes auparavant), construit de 1966 à 1975, elle ne sert que pour la plaisance et la promenade.
Deux canons datant des années 1800, destinés à protéger le havre d'Arcachon des incursions anglaises, ont été placés juste devant.

  
Egalement, juste à l'entrée de la jetée, on découvre une cabane en bois qui servait de poste de douane, pusi d'office du tourisme de 1976 à 2011. un banc est adossé à cet ouvrage et sert de lieu de rendez-vous pour les anciens qui l'ont appelé "La chambre des députés".

  
Eh... Oh... Mais... Qu'est-ce que c'est que ça ? Tu vois ? Là, devant la cabane en bois... Approchons-nous...

 
Mais oui ! C'est bien une soucoupe volante !?! Ici, à Arès ! Mais pourquoi ?
Pour la savoir, écoutons les explications de Jénorme, votre serviteur.



 

  
Eh oui : ici, à Arès, il y a un Ovniport !

   

   

Résumons par écrit quelle est l'origine de ce lieu ici, à Arès, sur les rives du bassin d'Arcachon.
C'est sous la houlette (on ne l'utilise pas assez souvent ce mot) du maire de l'époque, Christian Raymond, que le premier ovniport français fut inauguré le 16 août 1976.
En pleine vague ufologique, le créateur Robert Cotten pensait que si les extraterrestres n'atterrissaient pas sur Terre, c'est parce que les Terrien n'avaient prévu aucune structure pour les accueillir. Et donc voilà !


 

 

 

 

    

Une plaque sur un plot en béton a été aposée devant la soucoupe volante. Sur celle-ci est écrite une inscription : "Que vos atendem totjorn".
Non, ce n'est pas du kobaïen ; cette langue imaginaire créée par le chanteur du groupe Magma Christian Vander. Ce n'est pas non plus un langage extraterrestre découvert en furtant sur les ondes spatiales.
C'est du gascon et cela veut dire : "Nous vous attendons toujours".

Pour rappel, le premier ovniport au monde est canadien. Il a été construit en 1967 sur la commune de Saint-Paul. Aujourd'hui, trois autres Ovniports ont été créés au Brésil, en Argentine et au Mexique.
  

Et quand on me parle d'Ovniport et d'accueil des extraterrestres sur Terre, je me dis : "Mais que pourrions-nous leur dire ? Et eux, que nous diraient-ils en voyant dans quel état on met notre pauvre Terre avec ces conflits, ces guerres, ces destructiosn des ressources naturelles ?"
   

Eh bien,
peut être ceci :

    

  

Sur ce, je remonte en voiture pour rentrer dans le Pays Basque.

    

    

    

18 février 2026

Balade d'hiver sur la Dune du Pilat, épisode 2 (33)

Lors d'un précédent épisode, nous nous étions rendus au pied de la célèbre dune du Pilat, plus haute dune d'Europe, qui affiche, selon les dires de chacun, une altitude de 115 mètres, ou 111, ou 105, ou...
Il n'y avait plus qu'à grimper jusqu'à son sommet pour atteindre, peut être, un panorama original dominant bassin d'Arcachon et autre banc d'Arguin sans à avoir à affronter tempêtes, inondations et avalanches de ce début d'année 2026.
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

    

    

   

Eh oui, souviens-toi : c'était au début du mois de janvier !
Balade d'hiver sur la Dune du Pilat, épisode 1 (33)   

La météo est capricieuse. Il est difficile de s'aventurer en montagnes en raison des fortes chutes de neige, comme il est également difficile de se lancer pour une balade en plaine en raison des fortes pluies et des inondations.

Alors, "Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?", comme disait le garnd poète belge Benny B en 1990.
Eh bien pour éviter inondations et autres avalanches, on va  -tel un Noé sans arche des temps modernes-  se réfugier au sommet de cette dune du Pilat.

    

   

 

La météo est fin folle. La nature semble se venger de l'ignorance humaine quant à sa volonté de toujours vouloir tout maitriser aux détriments des éléments naturels.

    
Lors du précédent épisode qui parlait de "dune du Pilat", nous avions atteint ce lieu unique en France et en Europe après être passé par Lüe, bien connu pour son magnifique chêne du Cantaure ; puis nous avions longé la côte Atlantique sur quelques kilomètres pour observer errer sur des plages et des lieux hors saison.

Une fois garé sur le parking officiel de la dune, nous avions entamé l'ascension de celle-ci. Après quelques pas dans le sable fin et en pente, nous arrivions sur une hauteur non négligeable qui nous permettait déjà d'avoir une belle vue sur un... blockhaus effondré... mais aussi sur l'entrée du bassin d'Arcachon et le Banc d'Arguin.
 

"Né de la rencontre entre les eaux douces de l'Eyre et les eaux salées de l'Atlantique, la lagune du bassin d'Arcachon communique avec l'océan à travers les passes. A chaque maréee, 200 à 400 millions de m3 d'eau entrent et sortent par ces chenaux naturel."  DUNE DU PILAT

 

 

    

   

CONTINUONS !

   

Nous voici au sommet le plus nordiste de la dune.

   

Et là, tu me dis : "Ouais OK, y'a du sable !"
Certes.
Tu pourrais même continuer en disant : "Eh ben eh les gars là ! Faut pas laisser ça comme ça ! Allez, on prend les pelles et les seaux et on évacue tout ce sable, feignasses !!!!"
   
 
Déjà, première une, tu te calmes direct ! Et deuxièmement deux, t'es-tu seulement une fois posé la question cruciale de savoir pourquoi et comment ce sable est venu s'amasser ici pour former la plus haute dune d'Europe ? Hein ? Hein ? Pourquoi ici, et pas en Vendée, ou dans le Pays Basque, ou en Normandie, ou dans le Morvan ? Hein ? Hein ? Ah ah aha ! Tu fais moins le malin et la maline là ?! Hein ?!
Tu sais quoi : tu me fais penser à cette personne qui a rempli ces mots croisés !

  

Oui, bon allez, tout le monde se calme. On arrête de s'insulter, on se serre dans les bras, calins.
La réponse à l'origine de la dune et à son évolution apparait sur les nombreux panneaux explicatifs présents sur le lieu.
NB : Ces explications sont présentes au pied de la dune, et non au sommet, car celui-ci bouge beaucoup.
  

"L'histoire du sable de la dune du Pilat commence dans le Massif Central et les Pyrénées il y a 2,5 millions d'années.

Le vent, la pluie, le gel... érodent les montagnes qui fournissent de grandes quantités de sédiments. Transportés par les rivières et les fleuves jusqu'à l'océan, ces fragments de roches sont façonnés pendant les millénaires par les phéomène snaturels. Après un très long voyage, ils deviennent de plus en plus fins et forment des grains de sable.
Sous l'action des courants côtiers, ces sables se déposent le long du littoral aquitain. Soulevés par le vent du large, ils volent vers l'intérieur des terres. Au contact d'obstacles, comme lavégétation, ils sont stoppés, s'accumulent et forment des dunes.
Il aura fallu 4000 ans à la dune du Pilat pour apparaitre, alors que 40 millions d'années ont été nécessaires à la formation des Pyrénées. A l'échelle géologique, la grande dune est très récente." 
DUNE DU PILAT
   

 

   
Oui, histoire récente, naissance récente de ce "monument naturel" européen. Mais quand même plus "vieux" que cette brave Kathleen Hennings, 105 ans, qui avoue qu'elle doit sa vie longue et heureuse à...

 

 

 

 

Bon, allez ! Maintenant que nous sommes sur ces hauteurs originales avoisinants les 100 mètres, voguons... non.... marchons sur cette grand étendue sableuse surréaliste.
Mais, tiens, pendant qu'on y est, autre question : quelle est l'origine du nom de la dune du Pilat ?
Eh bien, la dénomination "Pilat" vient du gascon Pilàt, dérivé du latin pila, signifiant "tas", "monticule".
Voilà !

   

Nous sommes au sommet nordiste de la dune.
D'un côté, la forêt, à l'Est.
Heureusement, elle n'est pas complètement partie en fumée lors des terribles incendies de juillet 2022... Mais quand même...

   

De l'autre côté, plein Ouest, l'océan et le banc d'Arguin.

  

Je repense aux mots d'Henri de Régnier :
"Etrange lieu que cette montagne sablonneuse, d'où l'on domine à la fois la mer et la forêt. Toutes deux s'étendent sous un ciel pur et bleu, dans un silence que rien ne trouble. On a là une impression de désert et de paix."

   

 

J'avance sans but, juste vagabonder sur ce sable léger, doux, fin en regardant ce bleu intense de l'océan, mais aussi ces poches d'huitres du banc d'Arguin.

   

Mais qu'est-ce que ce fameux banc d'Arguin ? De là où je suis, il me semble voir des bateaux quitter ce banc de sable. Il s'agit de chalands.
Et quan dj'entends ou que je pense à ce mot "le chaland", je ne pense pas à un bateau à fond plat permettant la culture et le ramassage des huitres.
Non, quand j'entends le mot "chaland", je pense à la magnifique chanson composé par le regretté François Hadji-Lazaro pour son groupe Pigalle...

  

Quel beau conteur il était ! Et ces multiples talents à savoir composer et jouer de plusieurs instruments. Et d'écrire ces belles histoires en une chanson.
En repensant à ce morceau, là, au milieu du sable, sur cette dune, j'ai une foule d'airs, de chansons qui me reviennent en tête machinalement.
Tour à tour, Lo'Jo avec ses multiples instruments parfois empruntés au désert et à l'errance vagabonde dans quelques pays africains.
Je pense aussi à Thomas Fersen et ses nombreuses petites histoires mélodiques sur un couple, un chien, une rencontre... que l'on pourrait se dire, se lire, se chanter au coin d'un feu de cheminée dans un vaste salon devenu petit pour écouter ces histoires furtives et douces.

   
J'avance toujours dans, ou sur le sable ; l'esprit vagabond, sans accroche véritable. C'est agréable.


 


 

Mais le banc d'Arguin, au fait ? Je n'en ai pas parlé ! Il y a vraiment un bassin ostréicole sur ce lieu qui semble n'être qu'un banc de sable, avançant, reculant, apparaissant, disparaissant suivant les marées ?

 
"Ce banc de sable est situé dans les passes qui relient le Bassin à l'océan, au pie dde la Dune du Pilat. Les eaux océaniques confèrent à ces huitres un goût à la fois terrien et très atlantiques. L'intensité aromatique est forte et complexe : des odeurs de craie se marient à celles de l'algue fraiche. Les notes de sous-bois et de pieds de cèpes frais cotoient celles, plus marines, d'embruns et d'iode. De notes lactées de crême fraiche et de fruits secs sont nettement perceptibles en bouche. La bouche est dense, fondante et sucrée." 
 HUITRES D'ARCACHON

    
Bah dis don' : à les écouter, on a l'impression de manger tout, sauf des huitres.
Ah, un chaland quitte le banc.

 

 

 

 

 

 

 

     
On pourrait se poser une autre question cruciale : à partir de quand et qui a eu l'idée de manger des huitres ?
Mais... on répondra à cette interrogation peut être un autre jour.

    

Mystérieux banc d'Arguin qui apparait, puis disparait légèrement au grès des marées. Cette étendue de sable mouvant qui change de forme et de position. il est difficile de cartographier le banc de sable de part ses mouvements incessants.

En plus des cultures ostréicoles, le banc d'Arguin abrite une réserve naturelle protégée. De nombreuses espèces d'oiseaux viennent y nicheer, notamment les sternes et les gravelots.
Cette réserve naturelle Nationale est située sur l'un des huit grands couloirs migratoires de la planète, appelé "voie Est-Atlantique". Il relie le continent africain aux régions circumpolaires de l'Europe et de la Russie.
Des légendes locales racontent également que le banc d'Arguin aurait été le refuge secret des pirates il y a plusieurs siècles.

  

"Nulle part en France, les grands éléments naturels-juxtaposés sommairement, étalés sans limites ne se présentent comme ici en grandes masses simples et homgènes, d'un epureté qu'on dirait native, comme au long d'un mangrove d'Afrique ou d'une grève de Papouasie : pas un golfe, pas un rocher, pas une embouchure, pas une île, pas un phare, pas un champ, une saline ou une pêcherie, mais simpelment la forêt, la plage, la mer.
Un soir de septembre, alors que le soleil allait se coucher dans un ciel très pur, à peine arrivés au Pyla avec B., nous escaladâmes la grande dune, à cette heure-là et dans la saison avancée déjà absolument  déserte. Il soufflait de la mer avec le soir un vent merveilleusement froid et revigorant. De la crête, arrondie comme un ballon vosgien, de la montagne de sable si pure et si blanche, on ne dominait à perte de vue, à droite que l'océan bleue, à gauche, que l'océan vert.

 


La dune, sous la grande brise de mer levée avec le soir, fumait comme un erg saharien et semblait arracher d'elle une à une, ainsi que des voiles translucides, les très fines pellicules de sable que le vent faisait glisser sans trêve sur elle, comme dans un vertige de nudité. Devant moi, je vis B. se déchausser et se mettre à courir, à courir à perdre haleine au long de la crête, les cheveux défaits, une aigrette de sable ailant dans le vent enragé chacune de ses chevilles, saisie par je ne sais quelle ivresse de l'étendue et de la virginité."  JULIEN GRAQ, Lettrines 2, janvier 1974

 

Je continue d'avancer sur la crète. Il y a de moins en moins de monde. La plupart des gens se sont arrêtés sur la partie nord  -la plus proche du parking.
Moi, je vois au loin une pointe sableuse, un pic, un autre sommet, là-bas.

Je me motive pour l'atteindre.
A l'Ouest de ce sommet ultime, la pente est encore givrée. On pourrait même croire à un peu de neige. Mais non. Cette partie de la dune, exposée plein Ouest, n'a pas encore vu le soleil en ce début de journée.

   
J'avance. Hauteur, longueur, forêt, océan, sable à perte d evue, silence... La dune du Pilat ne cesse de me fasciner. Je m'y suis pourtant rendu plusieurs fois, mais à chaque venue, je reste captivé, curieux, ému.
Et ces chiffres ?!
55 millions de m2 de sable. 101 mètres d'altitude. 616 mètres de large. 2,9 kilomètres de long.
J'avance.
La dune aussi avance. Cela ne se voit bien sûr pas à l'oeil nu, mais les spécialistes le constatent chaque année.
En effet, malgré ses dimensions gigantesques, elle ne tient pas en place.
Sous l'action éolienne, la dune se déplace de 1 à 5 mètres par an vers le massif forestier, à l'Est.

Emporté par le vent, chaque grain de sable remonte la pente la plus douce de la dune et dévale la pente la plus forte. Finalement, grain de sable après grain de sable, la Dune du Pilat avance, ensevelissant tout sur son passage.
Ce que l'on remarque alors, c'est que le sable s'accumule certes dans les terres tandis que la façade Atlantique s'effrite.
"(...) Plusieurs phénomènes climatiques viennent amplifier cette dynamique qui était, à l'origine, naturelle. Le réchauffement globale, les tempêtes hivernales plus fréquentes et la montée du niveau de la mer accélère la transformation du relief. Par conséquent, le sable devient plus mobile, les assises plus instables et la forêt qui borde la dune perd de sa capacité à retenir les grains.(...)" PASSION AQUITAINE

    

    

Après quelques minutes et quelques centaines de mètres de marche, j'arrive au lieu le plus haut de la dune.

 

 

 

 

 

   

   

Une petite vidéo panoramique à 360°.

   

     

A l'Ouest, toujours cette belle vue sur l'océan Atlantique merveilleusement bleu avec les parcelles et parcs à huitres du banc d'Arguin.

   

A l'Est, par contre, je découvre les ravages des incendies de juillet 2022, notamment ici, avec les "restes" de cet ancien camping.
 

  
AVANT LES INCENDIES
en février 2016

   

APRES LES INCENDIES
de nos jours.

 

  
La commune de la Teste-de-Buch a été victime d'importants incendies le mardi 12 juillet 2022, ayant gravement détérioré la forêt usagère sur une superficie de 3800 hectares, forêt ancestrale qui longe la dune du Pilat sur son flanc est, occasionnant la destruction de 80% de celle-ci.
Les cinq campings implantés au pied de la dune ont été détruits par l'incendie, ainsi que certaines anciennes cabanes de résiniers implantées alentour, dans la forêt usagère.

    

Je n'ai pas assez vagabondé sur la façade Ouest de la dune, tout en bas, à hauteur de l'océan, sur les plages sans noms. Ou plutôt, citons la plage de la Corniche au nord et la plage Robinson au sud.
Mais le journal Ouest-France avec Passion Aquitaine nous rappellent que la dune du Pilat n'est pas qu'une simple montagne de sable...
 
"C'est une véritable archive naturelle qui raconte l'histoire du littoral aquitain. Ainsi, sur sa face ouest battue par les vents, apparaissent d'étranges lignes sombres qui on dulent entre les couches dorées.
En réalité, il s'agit de quatre forêts entières, compressées et fossilisées au fil des millénaires. Les scientifiques les appellent des "paléosols" (entre 8000 et 2000 ans avant notre ère) : des sols anciens qui ont figé le temps. Chaque couche correspond à une époque où la végétation a colonisé le territoire avant d'être engloutie par une nouvelle vague de sable. Le phénomène crée un millefeuille géologique unique en Europe. (...)"

Un dernier regard sur cette belle étendue sableuse...

...et je fais le "chemin" en sens inverse pour rejoindre la parking, puis la voiture. 

   

     

    

   

      

Et la petite vidéo récapitulative
de cette courte expédition dunaire.

   

   

     

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