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LE VOYAGE DE JéNORME

LE VOYAGE DE JéNORME
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12 juillet 2026

Château-Chinon et environs, épisode 1 (58)

Je suis retourné en Nièvre dernièrement suite au décès de ma bien-aimée maman.
Pour se retrouver en famille, mon père et moi sommes "montés" à Château-Chinon, ville natale de maman. Nous avons retrouvé ma soeur et mon beau-frère.
De ce que j'entends sur la capitale du Morvan, c'est que ça ne va pas très fort : les magasins ferment, les activités culturelles et autres manquent, etc.
Il fallait que j'aille m'en rendre compte.
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

   

   

   

Quand on prononce le nom de "Château-Chinon", il y a plusieurs choses qui viennent à l'esprit des personnes qui ne connaissent pas vraiment la région et la ville.


1) Aaaaaah, y'a du bon vin là-bas !
Eh non, tu confonds avec Chinon, situé en Indre-et-Loire, célèbre pour son château  -certes-, sa statue équestre de Jeanne d'Arc et ses vignobles de bord de Loire.

 

2) Aaaaaaaah, y'a un château là-bas !
Ouais, mais il n'en reste plus grand chose.
"Autour d'un château féodal dominant la ville, remplaçant les ouvrages gallo-romains, se construisit une ville qui a encore aujourd'hui gardé cet aspect particulier d'amphithéâtre où les maisons et les rues escaldent la colline." René-Pierre Signé, ancien maire de Château-Chinon de 1981 à 2008.
"Au sommet du Calvaire, sur le même site de l'oppidum, puis le camp romain prenait place, on remarque de nos jours quelques vestiges de l'ancien château fort : traces des anciens souterrains, d'une tour de guet et des fossés. (...)
La destruction du château date vraisemblablement de 1478 lorsque Charles 1er d'Amboise, gouverneur de Bourgogne, fut chargé par Louis XI de 'démolir, abattre et raser toutes les places, châteaux 
et forteresses' du Morvan." WIKIPEDIA

  

3) Aaaaah, c'est la ville de Mitterrand ?
Alors oui, mais non, enfin si, mais pas que.
Saches que François Mitterrand, président de la République française de 1981 à 1995, est né à Jarnac , et non à Château-Chinon.
Maaaaais il fut maire de la ville de 1959 à 1981.
"François Mitterrand a connu Château-Chinon par un heureux hasard, un détour imprévu du destin. Mais il aimait ce pays, cet horizon 'qui toujours finit et recommence', comme le disait un poète local, les automnes flamboyants, la chaleur des étés qui font murir les airelles, la sérénité des soirs où la clarté se prolonge. Il y humait, respirait la France. Là, à Bibracte, par l'alliance des Eduens et des Avernes contre l'envahisseur romain, s'était amorcée, disait-il, la première ébauche de l'unité nationale.
Elu en 1946 député de la Nièvre, il échoua à deux reprises pour la conquête de la mairie de Nevers. Une élection partielle au conseil général à Montsauche, en 1949, l'attira dans le Morvan ; il ne deveait plus le quitter."
René-Pierre Signé, Ville de Château-Chinon.

  

Une fois que nous avons dit cela, errons un peu dans les rues de la ville...

   

Quand on emprunte la rue Notre-Dame, rue parallèle au boulevard commerçant de la ville  -le boulevard de la République-  , il est vrai que l'on n'est pas spécialement rassuré quant à l'activité possible.

 

  

C'est comme une sorte de décor de cinéma caché. Tu as les boutiques et l'activité du boulevard de la République et, derrière cette façade avenante et entretenue, il y a la rue Notre-Dame, à l'ombre, un peu abandonnée.

On découvre l'intrigante ex-Caisse d'Epargne avec sa belle entrée.

"Belle demeure seigneuriale datant de l'époque Louis XIII. Lieu de prêche protestant sous Louis XIV, puis Grenier à Sel sous Louis XV. Elle sert de logement à une brigade de gendarmerie sous Louis XVI.
Ancienne maison d'Etignard de Coulon jusqu'en 1875. Pendant la Révolution, dans la "veille caserne", une imprimerie s'y installe jusqu'en 1894.
Elle devient ensuite propriété de la Caisse d'Epargne. Aujourd'hui, non habitée, elle appartient à un particulier."

 

Bon, plus récent, au bout de la rue Notre-Dame, il y a la rue Gambetta. Et au bout de la rue Gambetta, à l'ouest, il y a la place François Mitterrand avec une enseigne plus récente...

...mais abandonnée aussi.

 

Bon, allons vers des lieux plus fréquentés en empruntant de petits passages, parfois graffés  -préventifs pas toujours compréhensibles.

 

Et nous arrivons sur la place Gudin.

 
Cette place est en fait une grande côte reliant le boulevard de la République à la place Saint-Christophe. Ecrire que c'est la "rue des commerces" est un peu beaucoup exagéré. On trouve une brocante et un salon de coiffure. Ah, et un hôtel-restaurant dont on reparlera un peu plus tard.

Arrivé en haut de cette belle côte, sur la gauche, là aussi, un magasin mythique de la ville est à présent fermé.

  

    

Je quitte le centre-ville pour redescendre vers la route principale qui traverse Château-Chinon d'Ouest en Est, reliant Nevers à Autun.
Mais là aussi, un commerce fermé depuis un petit bout de temps...




 

   

Voilà, bon, hein !
   
Oui, il y a des magasins fermés. Oui, il y a des bâtiments abandonnés.
Mais, malheureusement, c'est monnaie courante dans beaucoup d'autres villes et villages.
Des exemples ? Tiens. Dans l'ordre : Hôtel Baladins à Varennes-Vauzelles, usine Selni à Nevers, maisons abandonnées à Anglet, Bayonne, Pouilly-sur-Loire, Le Guétin... 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

...et même des villages entier carrément abandonnés, comme celui de Courbefy en Haute-Vienne et Larrosa en Espagne.

  

Hein, eh, bon , alors !

 

 

 

Maintenant que nous avons bien fait le tour des commerces et autres lieux fermés à Château-Chinon, concentrons-nous sur ce qui est vivant et digne d’intérêt pour démontrer que la capitale morvandelle n'est pas une ville abandonnée où il ne se passe rien, où il n'y a rien à voir et à faire.

Commençons par la rue Notre-Dame que nous avons décriée avec ses vitrines cassées et son ancienne Caisse d’Épargne isolée.

En bas de la rue, un commerce ouvert. Une petite affiche nous rappelle que ce lieu fait partie de l'hôtel-restaurant Le Lion d'or, dont l'entrée est située de l'autre côté, rue des Fossés. Non sans une pointe d'humour sur ses stores.

  

Tiens, puisque nous y sommes, remontons-la cette rue des Fossés.
Tout d'abord pour croiser le cinéma L'étoile, labellisé Art et essai et géré par l'association Sceni qua Non qui propose de multiples activités et séances ciné dans tout le département ; ainsi qu'un petit festival, ici même à Château-Chinon, au mois de juillet ("Hissez les toiles").

  

Eh oui, la Nièvre, ce sont aussi de petites associations qui proposent différentes activités culturelles, artistiques, historiques, sportives, loisirs,...

   
Continuons de remonter la rue des Fossés en passant devant la pizzéria au nom original  -"Tout le monde en parle"- pour emprunter la rue Pigeon.
Pas trop d'explication sur l'origine de ce nom. Est-ce le nom d'une personnalité de la ville ? est-ce un hommage au volatile urbain envahissant ?
Toujours est-il que c'est dans cette rue Pigeon que se trouve la piscine communale.

Pas banale hein, comme architecture... pour une piscine. Il faut dire qu'il s'agit de l'ancienne prison.
Un peu d'histoire avec les informations fournies par le site Patrimoine du Morvan.

Construite en 1853 près de l'ancien palais de justice (aujourd'hui devenue mairie), la prison de Château-Chinon a accueilli environ trente détenus. Elle ferme en 1926 pour devenir, en 1934, une station météorologique.
En 1938, elle devient une annexe des usines Morvan de Louis Gallois, spécialiste de caoutchouc, notamment pour les semelles des fameuses Pataugas (nous en avons parlé dans ce billet : "RETOUR VERS LE MORVAN"). Dans cette annexe, des ouvrières fabriquaient les emballages des produits.
L'usine Morvan dépose le bilan en 1979. 80% des employés étaient originaires de Château-Chinon et des villages alentours.
C'est donc en 1979 que l'ancienne prison, puis station météorologique, puis annexe, devient piscine.
Ouverte les lundis, mardis, mercredis et jeudis après-midi ; sauf du 18 juin au 4 juillet où elle est fermée pour privilégier le dispositif "Nager dans les lacs"
Car oui, le Morvan, ce sont aussi des lacs. Le lac de Pannecière est situé à 10 kilomètres de Château-Chinon et le lac des Settons à 25 kilomètres.

     
Et est-ce que l'on parle des petites rivières environnantes, comme, par exemple, l'Yonne qui prend sa source du côté de Glux-en-Glenne pour parcourir 292 km avant d'aller se jeter dans la Seine à Montreau-Fault-d'Yonne ? Hein ? Hein ?
Non, on n'a pas le temps. Recentrons-nous sur Château-Chinon !

   

Rue Pigeon. Nous avons parlé de la mairie ? Cela tombe bien, nous voici devant, rue des Fossés (à nouveau). Approchons-nous et que voyons-nous derrière les portes d'entrée vitrées ?

CECI !

Analysons cette photo.
Nous trouvons une grande plaque en marbre blanc apposée au mur et sur laquelle sont gravés les noms de tous les maires passés de la ville,  de 1786 à nos jours.
Un peu en-dessous, un buste. Mais pas n'importe quel buste puisqu’il s'agit d'un buste représentant François Mitterrand.
Sur la droite, un relief en marbre représente un arbre sous lequel sont écrits quelques mots :
"Dans cette salle, le 10 mai 1981, François Mitterrand, maire de Château-Chinon, élu Président de la République française, s'adressa pour la première fois aux Français."

Photo : Sud-Ouest

PAF ! Voilà, ça, c'est dit ! Maaaaaaiiissss, c'est pas tout !
Château-Chinon et François Mitterrand, c'est une longue histoire. Je ne sais pas si elle intéresse encore les gens, mais l'ancien maire de la ville (de 1959 à 1981) et ancien Président de la République française (de 1981 à 1995) a laissé son empreinte en différents lieux de la capitale du Morvan.
Mais ne nous y trompons pas : même s'il aimait profondément le Morvan, François Mitterrand n'était pas né ici, mais à Jarnac, en Charente.


"François Mitterrand a connu Château-Chinon par un heureux hasard, un détour imprévu du destin. Mais il aimait ce pays, cet horizon 'qui toujours finit et recommence', comme le disait un poète local, les automnes flamboyants, la chaleur des étés qui font mûrir les airelles, la sérénité des soirs où la clarté se prolonge. Il y humait, respirait la France. Là, à Bibracte, par l'alliance des Eduens et des Avernes contre l'envahisseur romain, s'était amorcée, disait-il, la première ébauche de l'unité nationale.(...)" René-Pierre Signé, ville de Château-Chinon.

 

 

 

Cette vidéo de l'INA date de 1976. Château-Chinon a bien changé depuis, en partie sous l’impulsion et (grâce à) la notoriété de François Mitterrand.

  

Revenons à la mairie. Traversons la rue des Fossés pour admirer ce monument détonnant de la ville.

 


La fontaine de
Niki de Saint-Phalle et Jean Tiguely.

Cette fontaine est une œuvre d'art, rare puisqu’il en existe peu dans le monde. Probablement cinq. A Paris, dans l'espace Beaubourg, on peut admirer sa sœur jumelle alors qu'à Bâle, c'est une fontaine uniquement créée par Jean Tinguely sans les structures colorées de Niki de Saint-Phalle qui est exposée.
Réalisée en 1987 sur une commande de François Mitterrand, elle est constituée de huit éléments figuratifs : le Monstre, une main Ouverte, une Nana en maillot de bain, une Nana avec un ballon de plage, trois Têtes et un Baigneur rose qui flotte à demi corps.
La fontaine a été inaugurée en 1988 par François Mitterrand et Niki de Saint-Phalle.

Malheureusement, aujourd'hui, elle n'est plus animée. Sa restauration couterait trop chère à la ville. Il n'en reste pas moins que c'set un monument unique qui attire et étonne beaucoup de touristes venus exprès pour la voir.

  

Attends, je me recule un peu pour t'offrir une vue panoramique du lieu.

Et derrière, en fond, c'est la mairie avec son fronton triangulaire soutenu par quatre pilastres. Son architecture et ses pierres de taille calcaire donnent l'aspect d'un monument grecque. Pourtant, elle n'a rien d'antique puisqu'elle a été construite dans la seconde moitié du XIXème siècle.

 

   

Maaaaaaaaaaaiiiiisssss ce n'est pas la seule chose que viennent voir les voyageurs de passage dans la capitale morvandelle.

 

 

 

Quittons la place François Mitterrand et la fontaine pour repasser dans la rue Notre-Dame, puis emprunter un petit escalier surmonté d'un graff prévenant.

  

Passage dans la rue du Centre, marquée par sa porte, appelée également maison Bailly. Sous haute surveillance...

Comme la Porte Notre-Dame, la Porte du Centre témoigne de l'architecture défensive de la ville au XVIème siècle.
   

Je descends un peu par la rue Saint-Louis, puis je prends la rue du Marché qui me fait arriver devant un autre lieu mitterrandien de la ville, situé en bas de la place Gudin, juste devant la fontaine du même nom.

Eh oui : l'hôtel-restaurant "Au Vieux Morvan".
  

François Mitterrand y séjournait régulièrement, dans la chambre 15. Depuis son élection à la mairie de Château-Chinon en 1959 jusqu'à la vente de l'établissement fin 1986, il a passé toutes ses soirées électorales ici, à l'hôtel du Vieux Morvan.
"Dans la 15, pas de portrait du prestigieux locataire. Ici, comme l'explique Jean-François Menuel, père de l'actuel propriétaire : "C'est l'intime. Entre amis. La chambre 15 n'est pas celle d'un président de la République. Elle est celle de François." Pour seule décoration, la fenêtre donnant sur les massifs du Morvan." KOIKISPASS

Lors des résultats des élections de 1981, il était là, sur la terrasse de l'hôtel, puis dans le hall.

 

Bon, voilà, ça, c'est dit. Maintenant, il n'est pas loin de 12h30 et on a faim !
Nous ne mangerons pas au Vieux Morvan pour des raisons personnelles. Et puis, il y a un restaurant libanais qui a ouvert il y a quelques mois dans le nord de la ville. C'est bien, ça change et, en plus, il est très bien noté sur Google map.

       

    

Nous arrivons au 77 faubourg de Paris ; cette longue rue située au nord de la ville. Le restaurant en question se prénomme Byblyne.

   

C'est discret, cela semble petit et je trouve ça marrant de manger libanais ici, au cœur du Morvan. Cela va changer des œufs meurettes, du jambon d'Arleuf, de la râpée et autres crapiauds
Nous entrons. Bon accueil. Petite salle rythmée par les sons de la cuisine, notamment cette "cheminée-barbecue" où, sur une grille, sont apposés quelques morceaux de viande.
Il y a une belle terrasse qui donne sur l'horizon Ouest. Nous n'irons pas car, ce jour-là, il pleuvait et ça caillait. Nous restons donc à l'intérieur pour découvrir la carte en buvant un apéro typique libanais : l'Arak... ainsi qu'une bouteille de vin libanais.

   
Nous partons sur la formule Découverte à 30 euros avec 4 mezzés froids, 5 mezzés chauds et une planche de grillade.

  
Taboulé assaisonné, Hommos, Moutabal, extraordinaire Labneh bitoum, warak enab, sambousik, Kébbé, Ftayer, Boulgour, Kafta, Shawarmas et, pour finir, un petit Mouhalabiyé.

C'est délicieux, parfumé, original et... abondant ! Très belle expérience !

  

Mais maintenant, il faut repartir après être resté deux bonnes heures et demie à table sans avoir vu le temps passer.

 

 

 

 

      

DANS NOTRE PROCHAIN ÉPISODE

Nous continuerons notre petite balade urbaine dans les rues de la capitale morvandelle  -et plus loin si affinités-  pour découvrir les multiples richesses culturelles et historiques de la ville et de ses environs. Non mais !

   

   

    

   

28 juin 2026

Maman...

"Maman", ce n'est pas le premier mot que j'ai prononcé en venant au monde.
Mais c'est le dernier que j'ai murmuré à l'oreille de ma mère avant qu'elle nous quitte le 28 mai dernier...

   

     

   

   

   

Ce blog est un "lieu internétien" où je parle de randonnées, de voyages, de rencontres, de loisirs, de coups de gueule... mais aussi parfois, de moments tristes. C'est un lieu "spirituel" de partage avec toi lectrice, lecteur.
C'est très personnel, certes ; mais je considère "Le voyage de Jénorme" comme une sorte de journal intime ; un "endroit" où je me souviens, où je veux aussi garder une marque, une trace de choses et de personnes qui m'ont marqué, soutenu, éduqué, fait grandir...

  

Il y a quelques mois de cela, fin avril 2025, Mamie Nine a rendu son dernier souffle à 99 ans. J'avais écrit quelques mots simples sur sa vie, ses moments passés en famille, sa dévotion pour ses proches... MERCI MAMIE NINE.

  

Difficile pour moi de trouver les bons mots, les mots justes pour parler de ma mère, maman, que mon père appelle également affectueusement Chouchou.
   
J'ai tellement à dire et à écrire... mais tout ce que je pourrais écrire ou dire serait encore tellement réducteur par rapport à tout ce qu'elle m'a, tout ce qu'elle nous a apporté à la famille, à ses proches.
   
Pour ce billet souvenir, je vais "me contenter" de poster quelques photos de différentes périodes, de différents moments, en reprenant les mots rédigés par ma soeur et mon père pour l'hommage qui lui fut rendu dans la petite église de Varennes-Bourg, le 10 juin 2026, jour de ses obsèques. J'ajouterai peut être quelques mots ici et là...

   

   

   

      

   

"Maman est née le 23 décembre 1946 à Château-Chinon, dans la petite maison de ses parents, avec un papa menuisier et une maman, mère au foyer.

Maman en 1947

   

Comme on peut le voir sur cette première photo en noir et blanc, maman aimait déjà les mèches capillaires. Une de ses particularités physiques. 
Tous ceux qui l'ont connue se souviennent de cette belle mèche blanche qu'elle arborait en toute situation et qu'elle aimait entretenir.
 

         

 

 

   

    

    

 

 

   

Maman passe toute son enfance à Château-Chinon, ville qu'elle affectionne.


1950 : maman et des enfants  / 1953, Maman et sa sœur Evelyne

   

   
    

1954, photo de classe
    

1958, photo de classe, solo.

     

  

1958, communion

    

    

     

Une autre spécificité dans la vie adolescente et pré-adulte de maman : elle était désignée pour remettre le prix et les fleurs au vainqueur du Critérium cycliste de Château-Chinon.

  
1956, avec Jean-Paul Dacquay  / 1958 avec Jacques Anquetil

    
Et un peu plus tard, en 1963, sous les yeux du maire de Château-Chinon de l'époque... Oui, oui, c'est bien lui..., elle remet à nouveau les fleurs au vainqueur Jacques Anquetil.



Puis, en 1964,
à André Darrigade...

 

   

    

     

Après l'école primaire, puis le collège  -toujours à Château-Chinon-  à 18 ans, elle entre à la sous-préfecture comme secrétaire où elle s'occupera pendant plusieurs années de la réalisation de cartes d'identité.

La vie s'écoule tranquillement, en famille et entre amis, dans ce beau Morvan, avec ces belles photos en noir et blanc de 1962 à 1964.

 

      

Avec sa sœur Evelyne de quelques mois sa cadette.



 

1965 va être une année décisive
pour maman.

 

Elle fait la connaissance de papa,
l'homme de sa vie.

 

 

Ils se fiancent en 1967.


  

Ils se marient le 8 mars 1969.

     

Les projets se dessinent, prennent forme petit à petit.
Tiens, une nouvelle voiture, par exemple, à l'été 1970...

  

    

    

    
Maman quitte la sous-préfecture de Château-Chinon à regret et part s'installer à Nevers où papa travaille. Elle occupe un poste où elle réalise les cartes vertes pour l'exportation.
Deux enfants naissent à quelques années d'écart.
Karine voit le jour en décembre 1970, puis Jérôme en mars 1974.

Août 1971, Mamie Nine et Karine
Avril 1974, Maman et Jérôme

 

    

La famille s'installe à Varennes-Vauzelles dans un joli pavillon dans le quartier appelé Florenville.

 

 

 

   

Maman prendra une disponibilité de trois ans pour s'occuper de ses enfants.
La vie s'écoule ainsi en famille à laquelle elle attache une très grande importance.

   


Eh, hein, on n'est pas des beaux gamins, hein ?!
Ah ben oui ! On a de qui tenir, il faut dire. Nos parents se sont tellement occupés de nous, à veiller à ce que l'on ne manque de rien ; tout en nous faisant prendre conscience des choses simples et essentielles, sans abuser des artifices.

   

    

Je me souviens
de ces repas en famille...

 

 

Je me souviens de ces fabuleux Noëls,
toujours en famille...

 

 

Je me souviens de ces départs en vacances
et de ces pique-niques dans un coin de campagne
non loin du bord des routes...

     

Une fois sur place, dans les Alpes, nous nous "adonnions" à quelques randonnées en montagnes qui, parfois...  - souvent- , déplaisaient à ma soeur.

 

   

Nos parents savaient alors comment nous convaincre pour marcher un peu plus longtemps, un peu plus haut, à la recherche d'une chapelle à quelques centaines de mètres d'altitude. La récompense après l'effort se composait de quelques friandises, comme des fraises Tagada, des CaRenSac, ou un livre, une bande dessinée.

    

   

     

Karine et Jérôme grandissent, maman veille soigneusement à leur éducation scolaire et sportive.

    
Différentes sorties sont également organisées les week-ends (parc d'attractions, zoo,...), sans oublier les anniversaires et les fameux apéros du dimanche soir devant Stade 2 et 7sur7, accompagnés de jus d'orange (pour les enfants) et de saucisses cocktail.

 

 


   
Chaque mardi midi, malgré le travail et le peu de temps que maman avait pour nous faire à manger, elle faisait toujours un détour à la maison de la presse pour me ramener le Journal de Mickey hebdomadaire. Cela semble un détail, mais jamais elle ne faillissait à cette mission...
Bon... peut être une ou deux fois en six ans, elle a du me dire : "Oh ben aujourd'hui, ils ne l'avaient pas reçu !" parce qu'elle n'avait pas eu le temps. Mais dès le lendemain, elle revenait du travail avec l'exemplaire tant attendu.
Quel ingrat je faisais !?

   


 

Karine et Jérôme grandissent, puis quittent la maison pour suivre leurs études dans d'autres régions, d'autres villes. Paris, Dijon, Aix-en-Provence. Maman dispose de plus de temps. Toujours là, elel et papa, pour nous aider, nous soutenir financièrement et surtout moralement.

 

Mon passage en Provence pendant trois ans permet à mes parents de découvrir cette belle région et de la faire découvrir à leurs mères respectives.

Chouchou, Mamie Nine et Mémé à Marseille, mai 2003

 

La même année, c'est aussi la Bretagne que maman et papa découvrent et redécouvrent avec bonheur.

  

 

Déjà sportive, maman peut d'avantage se consacrer à ce loisir. Gymnastique d'entretien, cyclotourisme avec papa, ils sillonnent ensemble les petites routes de la Nièvre et d'autres départements.

Bon, OK, je me suis un peu égaré dans l'espace temps en postant ces deux photos ci-dessus qui datent de 1986 et 1992. Mais c'est pour illustrer les propos sportifs et pour confirmer que maman et papa ont fait du vélo pendant de nombreuses années.

  

Reprenons le fil.

        

    

Karine se marie avec Christophe
en septembre 1995.

  

    

La famille s'agrandit avec la naissance
de deux petites filles,
Laura en février 1998...

  

   

Puis Flavie en décembre 2000.

    

     

    

      

Maman saura toujours être présente sans être envahissante, discrète mais aimante, dans les bons comme dans les mauvais moment de la vie.

Décembre 2001 : anniversaires de Chouchou et de Flavie

 

Les saisons, les années passent. Printemps, été, automne, hiver. Les rencontres, les réunions de famille...

  

    

Chouchou avec sa soeur Evelyne, puis lors d'un pique-nique au Pont Bertrand, ou encore en hiver devant Château-Chinon...

   

   

   

     

 

La retraite sonne pour maman fin 2006.

   

Puis pour papa en 2007.


 

 

S'ajoutent de nouvelles occupations : VTT, gymnastique toujours, ski de randonnée...

 

Chute de Chouchou...
  

 

Maman et papa se lancent également, et surtout, dans de longues marches sur les nombreux  sentiers nivernais balisés, dans cette nature qu'elle affectionne.

  

   
Elle fait également de nombreux voyages avec papa, en France (Jura, Bretagne, par exemple), en Corse, en Tunisie, au Canada, au Tyrol, au Maroc...

  

Et toujours en parallèle, entre deux randonnées et deux voyages, le besoin d'être en famille avec sa maman, mamie Nine, ses enfants et petits-enfants...

  

   
 

Avec l'aide et le soutien permanent de papa, maman vient souvent passer des moments avec sa fille en même temps qu'elle s'occupera de Mamie Nine...

  

Ah, tiens, une petite soirée déguisée pour les anniversaires de Laura et Christophe lapin en juin 2016.

Des moments simples, mais essentiels, conviviaux, vitaux.

   

   

     

     

Eh... Tiens...
C'est qui ça, en 2018,
qui prend place dans la maison ?

   
Eh bien,
c'est Mimine !

    

 
Très vite  -et comme le dit mon père, Mimine est devenue la troisième enfant de la famille. Le petit Suisse à la cuillère, le couffin sur le canapé du salon, les balades dans le jardin avec Chouchou,... Mimine est discrète, mais très importante. La complicité animale.

     

     

Et là, chère lectrice, cher lecteur, tu te dis peut être : "Mais eh dis don' Jénorme, où es-tu pendant tout ce temps ?"
Eh bien, malheureusement, la distance kilométrique entre le Pays Basque et le Nivernais est importante. Je ne peux me rendre dans la Nièvre auprès de mes parents et de ma famille que trois fois par an, lors de mes vacances professionnelles. Nous en profitons pour nous faire quelques bons restaurants, sans oublier les réunions familiales de Noël.

   

A quatre ou cinq reprises, maman et papa viennent me rendre visite dans le sud ouest.
Bon, là aussi, on se fait quelques bons restos...


   
De préférence au bord de l'océan car Chouchou, maman, adore l'océan.

Certes, elle ne savait pas nager car Mamie Nine, sa mère, avait toujours peur que cela lui donne des idées pour aller plus souvent au bord de l'eau.
Elle aime marcher pendant de longues minutes sur la plage, les pieds dans l'eau, les mollets légèrement fouettés par les vagues, les poumons emplis de cet air marin salé revigorant.

 
Et puis ici, on est entre mer et montagnes, hein, on peut varier les plaisirs.

  Vieux Boucau, 2016   / Artzamendi, 2013

Ah oui, quel contraste entre les belles plages de sable fin des Landes et les montagnes pierreuses du pays basque.
Mais l'une des choses les plus importantes lors de leurs venues dans le sud-ouest, c'est également de rencontrer les amis d'ici, qui font quelque part partie de la famille, comme les amis landais...



 

 

 

 

 

Chouchou, Louise et papa, 2013 /
La belle table landaise, 2019

Ou encore avec les amis-voisins basques, en octobre 2022.

  

Et puis, quand je rentre de la Nièvre, je ramène toujours de nouveaux habits (T-shirt, pyjamas, pulls,...) que maman m'achetait, des classiques aux humoristiques.

 

 

J'ai également tenté de trouver une photo où nous sommes ensemble avec une super pose et tout ça, souriants, dynamiques... mais.... pas facile...


Ah, attends voir...

 

Ah non...
Peut être ce
lle-ci...

 

    

   

Non plus...
Ou alors...

 

   

   

Essayons tous les trois avec Papa...

Ouais, bon... 

         
Ou avec Laura
lors du réveillon de Noël en 2023.

  

   
Allez...
   

Je garderai finalement l'une des premières photos
où nous apparaissons ensemble, maman et moi,
en juillet 1974...

  

Puis, avec regrets, la dernière,
en décembre 2025...


    

 

En novembre 2024, bonheur et joie de vivre sont altérés par la maladie sournoise.

  

Certains diront qu'un malheur n'arrive jamais seul.
Alors que Chouchou a commencé depuis quelques mois les protocles douloureux et pénibles contre la maladie, Mamie Nine, sa maman, nous quitte fin avril 2025 à 99 ans. Elle n'aura jamais su que sa fille était atteinte par ce mal.

   

    

    

Maman, pourtant d'une apparente fragilité, fait preuve d'un sang froid et d'une tenacité inimaginables, persusadée de vaincre la maladie.
Elle supporte tous les soins, pourtant rudes avec un grand courage.

  

Elle continue de cuisiner, de faire quelques balades ; sans oublier de se livrer à des séances de ménage intensives pour occuper son corps et son esprit, ne tenant pas en place.

  

Elle aime aussi faire de petites compositions suivant les saisons.


Quelle force !!! Quel courage !!! Quelle lutte !!!
   

Elle n'oubliait pas de se poser de temps en temps pour rester en compagnie de Mimine qui ne la quittait plus.

 

 

     

     
 

 



Nous avons tous espéré... mais la maladie a été la plus forte.

Maman nous a quitté le 28 mai, entourée des siens et après avoir vu son arrière-petite-fille Luna, née le 8 mai avec deux mois d'avance, et qui lui a tendu sa petite main... comme un signe...

  

Un grand merci aux équipes de néonatalité et de soins paliatifs de l'hopital de Nevers qui ont permis cette rencontre.
Un très grand merci aux personnes, famille, proches et amis, qui sont venus à la cérémonie ou/et qui ont envoyé des fleurs et des messages de soutien.
Un énorme merci à Mélanie d'avoir été là et de nous avoir soutenu jusqu'au bout ; ainsi que ses fleurs qu'elle lui offrait à chaque anniversaire ou autre venue, comme ici en avril 2025.

  

Une pensée également pour Evelyne, sa soeur, qui nous a quitté quelques semaines avant... En un peu plus d'un an, les trois femmes Mantin nous ont quittés...

 

  

Le lendemain du décès de maman, un magnifique arc-en-ciel est apparu au-dessus de Florenvile et de la maison familiale.

  

Mimine, elle, passe énormément de temps dans ce que Papa appelle "l'herbe à Chouchou" car c'est maman qui l'avait plantée là, pour Mimine. Elle y joue, y dort, se roule dedans, accroche ses pattes...

  

Je ne veux pas être larmoyant. J'ai écrit ce billet pour le souvenir, pour qu'il y ait une "trace internet" de Chouchou où ceux qui l'aiment pourront venir jeter un œil de temps à autre. Elle si discrète, mais tellement attentive, prévenante, généreuse,...
Je repense alors aux mots prononcés par Jean-Louis Trintignant lors des obsèques de Marie, sa fille :
"Ne pleure pas celle que tu as perdue. Au contraire, réjouis-toi de l'avoir connue."

   

 

La vie continue. On ne cessera de penser à elle.
Avec les quelques argents qui étaient restés dans son petit porte-monnaie, j'ai acheté un T-Shirt qu'elle aurait sûrement aimé et qui m'accompagnera lors de prochaines randonnées...

   

     

    

 

12 juin 2026

Une rando, une bière : le Baïgura -épisode 2 (64)

Et on se retrouve pour la seconde partie de l'ascension de cette montagne basque mythique qu'est le Baïgura !
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

   

Il y a des infos plus dramatiques que d'autres. Et certaines méritent d'être commentées quand on lit avec quel bonheur les journalistes semblent se délecter à mettre le plus d'informations purulentes dans le seul titre de leur article afin d'attirer le chaland. Oui, j'ai bien écrit "chaland" non pas en pensant au bateau à fond plat, mais en référence à une personne qui achète toujours chez le même marchand.
BREF ! Tiens, par exemple, je n'ai pas pu m'empêcher de commenter celui-ci...

  
Autre actualité non actuel, mais redondante, celle concernant l'intrigant Xavier Dupont de Ligonesse. Il a bien fallu que Julien Courbet apporte sa petite touche. Mais...


 

Apparemment, il travaille (ou pas) sur une version cinéma de l'enquête qui aboutirait à un super film d'action...
Sacré Julien !

 

 

 



 

   

     

D'autres infos étonnent, détonnent, semblent surréalistes ; notamment lorsque l'on voit les places des prochains concerts de Céline Dion.

Bon... J'ai rien contre elle... mais quand même... 855 euros la place... Même 426 euros... Eh oh... Pourquoi ? Quel autre artiste se permet de faire payer des spectateurs un tel prix ? Et pourquoi ? Pourquoi ceux qui sont déjà millionnaires ou milliardaires veulent toujours plus de pognon ? Qu'est-ce qu'ils en font ?
Acheter 15 baraques toutes plus luxueuses les unes que les autres, et dans lesquelles ils ne vont que trois jours par an ? Investir dans les voyages pour la lune ou Mars parce que la Terre est foutue ou/et ne leur suffisent plus ?
Oooooh, ils me dégoûtent tous ces cons, tiens !?
Mais comme disait Coluche, "Dire qu'il suffirait que les gens ne les achètent plus pour que ça ne se vende pas."

   

Allez, on va repartir dans les montagnes. Tranquille. Prendre de l'altitude, marcher dans la nature, croiser quelques animaux sauvages, admirer un panorama composé de champs et de montagnes en buvant une bonne bière belge.
Direction le sommet du Baïgura !
Je ne sais plus si je l'ai dit ou pas, mais saches que "Baïgura" en basque se comprend par "cours d'eaux en hauteur". En effet, ici, ce ne sont pas moins de 17 petits ruisseaux qui prennent leur source sur le massif.

 

  

Souviens-toi, dans le précédent billet, nous avions déjà effectué quelques kilomètres de dénivelé : UNE RANDO, UNE BIERE : Le Baïgura, épisode 1 (64).

  

Voilà ! Reprenons où nous en étions.

   

Tout de suite,
la carte !

 

Ok, bien, bravo, parfait ! Mais où est-on là, maintenant ?

 

Tout de suite,
la carte, 
mais là où on est au moment
où nous reprenons la suite
de ce billet.

 

C'est à dire pile poil à l'endroit où l'itinéraire partant de la base de loisirs du Baïgura (avec le sentier découverte) et celui partant d'Hélette se rejoignent au niveau d'une table d'orientation originale composée de deux "planches" faisant face aux montagnes basques et pyrénéennes, comme ceci...

 

 

 

  

C'est le col de Borda, à 550 mètres d'altitude.


Je vais à présent suivre ce petit sentier à flanc de montagne, plein Est, direction Sud, pour rejoindre un autre embranchement un peu plus loin.

   
Là aussi, en suivant cette partie de la randonnée, on découvre un sublime panorama sur la plaine basque (côté Irissarry et Ossès) et les cimes pyrénéennes encore enneigées à cette époque de l'année (randonnée effectuée mi mars).


  

Hein ? Quoi ? Ah...
On me signale dans l'oreillette que j'en ai déjà parlé dans le billet précédent.
Bon... Ok... Ben... Je vais vous parler de ma casquette Goldorak que j'arbore fièrement pour la première fois ici.

   
Attends, on ne la voit pas bien là... On la refait, plus près...

 
Hein ? Eh ? Oh ! C'est pas la classe c'te casquette Goldorak, là ?!
Pour la petite histoire  -dont tout le monde se fout, mais je la raconte quand même, ça me fait du bien de me livrer comme ça, dire des trucs un pue intimes parfois-  c'est par un beau jour de je-sais-plus-quand, j'ai soudainement décidé de me rendre au centre commercial le plus proche afin de changer ma couette et mon traversin. C'est comme ça, des fois, dans la vie, il faut prendre des initiatives, et là, c'était le bon jour. Toutes les planètes étaient alignées pour enfin réaliser cette action essentielle.
Je prends la voiture, je me gare, j'entre dans la grande surface, je vais au rayon literie tout ç et bien plus encore, je cherche le coin couette, impeccable, trouvé ; puis le coin traversin... Je trouve... Je fouille... Je prends un traversin... et là, que ne voilà-t-il pas que tombe à me pieds cette casquette Goldorak qui n'avait absolument rien à foutre là !
Et tu me connais : quand quelque chose n'a rien à foutre à un endroit  -genre le truc insolite-,  eh bien je prends !
Et voilà comment aujourd'hui, je me retrouve à grimper le Baïgura avec ce couvre-chef inattendu.
Je ne peux toutefois m'empêcher de penser que, peut être, cette casquette avait été planquée ici, dans ces traversins, pour qu'une personne la récupère plus tard... Ouais... Ben... Tant pis pour elle ou pour lui !

   

Est-que ce que l'on a le temps de parler de Goldorak ?
Il y a bien ce livre de Pascal Tozi, "Agir et penser comme Goldorak", qui est paru en 2023...

 

"Fuguro-coach !
Véritable icône de la pop culture, Goldorak nous accompagne depuis notre plus tendre enfance. Le 'vaillant guerrier' incarne la justice, le courage et la résilience. Comment faire de ces valeurs cardinales, nos valeurs quotidiennes sans astérohaches ni de méchants extraterrestres à combattre ?
Goldorak est un coach parfait pour aider à surmonter les épreuves de la vie quotidienne. Sa résistance à toute épreuve, son courage légendaire, son sens de la responsabilité, de la fraternité et sa recherche de la paix font de lui un personnage plus qu'inspirant !(...)"

FNAC

  

Peut être, toi jeune lectrice/lecteur  -ou plus âgé lectrice/lecteur-  tu n'as pas grandi avec les récits avnturo-romanesques du Prince d'Euphore lors des mercredis après-midi de jeunesse télévisuelles.
Un petit résumé de ce qu'était Goldorak, dessin animé japonais ?
Ok. Si, si, j'insiste.

  

"Connu au Japon sous le nom d'UFO Robot Grendizer, Goldorak est né au Japon en 1975 de l'imagination de GÔ Nagai, célèbre mangaka et pionnier du genre mecha (robot géant piloté de l'intérieur).(...)
Goldorak débarque en France en juillet 1978 sur Antenne 2, dans l'émission Récré A2.(...)
Actarus est le prince de la planète Euphor, détruite par l'Empire de Véga. Fugueur et exilé, il trouve refuge sur Terre avec Goldorak, une immense machine de guerre dont il est le seul pilote capable. Protégé par le professeur Procyon, Actarus lutte contre Véga et ses golgoths destructeurs pour protéger la Terre d'une invasion imminente."

Pour en savoir plus, tu peux aller surfer sur le site RUE DU RETRO, Goldorak impact culturel en France.

  
Tu veux voir un petit épisode ?
Mais si, mais si ! Tiens... Hein ? Ah !
Bon, on me fait signe dans l'oreillette que les épisodes des années 1970-1980 ne sont plus disponibles sur Youtube. On ne peut voir que la dernière version baptisée Goldorak U qui est très moche.
Maaaaaaiiissss, attends !

Voici tout de même
les deux dernières minutes de la série animée
version 1978 en France.


 

Hein ? Eh, oh... C'est émouvant, hein !
Ah ben moi, Goldorak, c'est toute ma jeunesse. Pas facile de trouver des collectors de l'époque...
Ci-dessous, retrouvons le Goldorak jumbo, le savon Goldorak ou encore le mug tête de Goldorak...https://jenormeg.canalblog.com/archives/2023/03/16/39827305.html


  

 

 

   

 

On peut également parler de ce périple réalisé en mars 2023 et qui m'a conduit à Thiers pour poser à côté d'un Goldorak de 7 mètres de haut, tout en acier : GOLDORAK GO ! (63).


  

 

Bon, voilà, ça, c'est dit.
De quoi on parlait déjà ?

  

Ah oui, le Baïgura !
Retournons, non pas sur la planète d'Euphore, mais sur la montagne basque Baïgura.

    

     

Après avoir suivi ce sentier à flanc de montagne offrant un magnifique panorama sur le massif pyrénéen et les champs du sud de la Basse-Navarre, j'arrive à un virage à 130°. Une nouvelle vue s'offre alors à moi : le Laina, montagne et sommet à 866 mètres d'altitude. D'ici, son flanc est creusé, sillonné par le temps et la météo.

 
Le Laina est la continuité sud du Baïgura, dont j'aperçois le sommet facilement reconnaissable avec ses nombreuses antennes.

  

On évolue à présent sur un petit sentier à flanc de montagne toujours, mais côté Ouest.

  

Il y a un bon dénivelé, mais agréable car la vue sur le Baïgura est superbe, avec cette crête que nous allons emprunter plus loin. Il s'agit de la crête de Kurutze (Kurutzeko Pareta).

  

De plus, quelques pottoks m'accompagnent, silencieusement, juste au dessus de ma tête avec, encore, les belles cimes pyrénéennes enneigées en arrière plan.

  

Et toujours le sommet du Baïgura (897m) avec cette faille étonnante...

  

J'arrive au "sommet" de cette première montée. Quand je dis "sommet", j'entends par là que c'est le début de la crête vers le Baïgura. Un panorama sur le nord de la Basse-Navarre avec Hélette, Herauritz, la fromagerie Agour et, plus loin encore, les l'océan, les Landes...


 

 

 

 

 

 

Ah, là aussi, un pottok...

   
Un petit regard sur le chemin à suivre. Il va falloir monter un plus sévèrement en direction du sommet baptisé Erregelu (846m).

  

Allez, on grimpe. Il y a possibilité de contourner l'Erregulu par le Nord, mais bon... eh, hein... allez, on est des tatoués, on y va !

 

Ah, là aussi, un pottok...

C'est étrange, il mange des branches mortes. Je me demande comment il les digère...

  

Derrière moi, une belle vue sur le chemin parcouru sur la crète de Kurutze (Kurutzeko Pareta).


Et puis, j'arrive au sommet d'Erregelu, 846 mètres d'altitude. Le lieu est représenté par une borne métallique.

 
Bien sûr, là encore, il y a un beau panorama à presque 360°.

 

 

Mais ce qui retient surtout mon attention ici, ce sont les vautours planant juste en face de moi. Je décide de me poser un peu pour observer leur étrange ballet aérien composé de vols planants horizontaux et tournoyants.

 

 

 

   

D'apparence douteuse, voire ténébreuse ou obscure ou sombre ou funèbre ou... ah merde, j'ai pas le mot juste pour parler de cette présence, de cette silhouette inquiétante... Ah là, voilà : inquiétante ! C'est ça que je voulais écrire !
On se souvient et on revoit les vautours dessinés par Morris dans les bandes dessinées de Lucky Luke...

 

   

Pourtant, pourtant, pourtant : l'est pas méchant le vautour ! L'est même utile le vautour ! Rappelons-le...

"Les vautours sont des rapaces nécrophages et sont donc spécialisés dans l'élimination des cadavres. Ils permettent de faire disparaitre efficacement et rapidement des cadavres pouvant être des vecteurs de contagions pour les animaux sauvages mais aussi les troupeaux domestiques et de contamination des eaux. intervenant en bout de chaine alimentaire, ils peuvent être révélateurs de la qualité de notre environnement. (...)" LPO, agir pour l'environnement

   
Ceci étant dit, il ne nous reste plus qu'à rejoindre le sommet du Baïgura qui ne se trouve plus qu'à quelques mètres. Nous allons passer de 846 à 897 mètres d'altitude.
Pour cela, on quitte les petits sentiers terreux pour rejoindre une route goudronnée. Celle-ci permet aux personnels télécom d'intervenir sur les antennes relais présentes.

Cette route permet aussi aux parapentistes de rejoindre le sommet en voiture ou en bus.
 

Je passe devant une plaque en ciment en hommage aux prisonniers basques et devant l'ultime borne de balisage de la randonnée.

  

Il y a également un cromlech.

"Les cromlechs sont des monuments funéraires datés d’environs 1000 ans avant J.C. Ils ont été construits par des bergers qui, après le décès d'un des leurs, y incinéraient le mort. A l'écart du bûcher, ils créaient un monument constitué de pierres disposées en forme de cercle. Ils déposaient ensuite les cendres du défunt au centre du cromlech, puis les recouvraient de terre."

 

 

Il y a également deux tables d'orientation ; l'une érigée en direction de l'Ouest et l'autre en direction de l'Est. On peut y lire et découvrir les noms des sommets des montagnes basques et pyrénéennes, ainsi que les noms des villes alentours.

  

Un plus bas, un banc fait face au mont Ursuya se dressant devant les lointaines Landes et autres plages et villes de la côte Atlantiques.

  

Ultime et dernière petite ascension pour atteindre le sommet du Baïgura où se dressent les incontournables antennes radio-électriques.

"Vous voici au sommet du mont Baïgura, qui culmine à 897 mètres d'altitude. C'est grâce aux antennes radioélectriques qui s'érigent devant vous que les ondes hertziennes peuvent être diffusées vers les communes environnantes et la Côte Basque. A partir d'une antenne centrale, les connexions sont réparties sur de multiples terminaux permettant l'émission en 'triple Play' (internet, téléphonie, télévision)."

  

    

D'ici,
nous avons un panorama à 360°.

 

      

A l'Est des antennes, un cairn marquant le sommet... au cas où on aurait des doutes. Celui-ci fait face aux Pyrénées et à la partie sud de la Basse-Navarre, côté Irissarry et Ossès.

  

Il est temps de se trouver un endroit à l'abri du vent pour se boire une bonne bière.
Aaaaah oui, y'a du vent au sommet du Baïgura. C'est pour cela que les vautours s'y plaisent, ainsi que les parapentistes, absents aujourd'hui.

   

  

Je tourne un peu. Il y a quelques personnes disposées ici et là, mais pas au point de se battre pour faire des photos du panorama, comme au Mont Taï, en Chine...


   

    

Après quelques minutes d'errance, je me réfugie le dos contre des petites falaises faisant face au panorama plein Ouest.
   

Voilà !

  

Maintenant, il n'y a plus qu'à apprécier et savourer l'apéro... le panorama !

 

Un coup d’œil,
direction l'Ouest.

Chaine Pyrénéenne et Basse-Navarre sud.

 

Irissarry

 

Les crêtes d'Iparla (1044m)

 

Sommet de Laina (866m) et l'Autza (1304m)

 

Le Pic d'Orhy (2017m)

 

Pic des Trois Rois (2446m), Grande Aiguille d'Ansabère (2377m),
Mallo de Echerito (2362m)

 

   

Le Pic d'Anie (2507m)

   

Le Pic du Midi d'Ossau (2884m)

 

 

 

 

 

Un coup d’œil,
direction l'Est.

Artzamendi (926m) et la Rhune (905m)

 

Biarritz, Anglet et Bayonne

 

Le Mont Ursuya (678m)

 

 

    

Tout ceci est magnifique et reposant... mais il va falloir penser à redescendre.
Comme d'habitude, c'est dans un effort surhumain que je me relève pour prendre ensuite la direction de la descente afin de rejoindre la voiture... non sans m'arrêter tous les deux mètres pour poser mon regard sur le paysage...

 

 

 

 

On se quitte avec le petit récapitulatif vidéo
de cette randonnée sur le Baïgura.

 

   

A plus !

   

     

25 mai 2026

Et si on allait au cinéma : La Vénus électrique

Eh ben ouais, tiens !
C'était l'autre jour, il ne faisait pas beau. Pas moyen d'aller randonner ou simplement marcher vers l'océan. Mais envie de sortir qaund même.

Ah ben, alors : t'as qu'à aller au cinoche !
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

   

Quand on a des soucis familiaux et que l'on voudrait être au plus près de ses proches pour les soutenir plutôt qu'être à 700 bornes "retenu" par les obligations professionnelles, qu'est ce qu'on fait ?
   

On prend des nouvelles par téléphone, on envoie des photos de là où on est, de ce que l'on fait. On échange. Lointain. Trop loin. Frustration... 
On essaie de vivre des choses de notre côté, loin d'eux, car on "ne peut pas être plus près" sauf si on décide de tout plaquer. Quitter le boulot, le pays basque et revenir en terres natales et familiales. Surtout familiale.
 
C'est pour cela aussi que je pars dans les montagnes, pour raconter à mes proches éloignés ces moments, ces rencontres avec des gens, évoluer dans des beaux paysages, ressentir des émotions, découvrir des lieux insolites, historiques, conviviaux. Avec humour, curiosité, recherches.
  
Des photos, des textes, de l'Histoire, des histoires, des fleurs, des animaux, des rivières, des ruisseaux, des sommets, des égarements, des retrouvailles, des efforts, du réconfort...mais toujours du partage ! 
Partager des vues, des panoramas, des sensations, des pensées toujours pour ceux qui peuvent lire ces mots, regarder ces photos.
Et s'ils ne peuvent pas où plus vivre ce genre de moments, partager grâce et par ce blog.
   
 
Tu es en train de lire le 1080ème billet du "Voyage de Jénorme", dont le premier remonte au 14 avril 2007.
 
Souvenons-nous
du premier billet...

Cf : Et que la France est belle !

  

 

 

 
 
 
 
 
 
Depuis plus de 19 ans maintenant, ce blog parle un peu de tout, partout, nulle part, c'est ça qu'est bien.
Depuis plus de 19 ans, je me lance dans des analyses sociétales ridicules, ou dans des randonnées, ou j'assiste à des concerts ou je vis de ces moments collégiaux avec des amis ici dans le Béarn, dans les Landes ou au Pays basque pour en parler avec ma famille, mes proches, mes amies/amis et lectrices/lecteurs de ce blog ensuite.
Sans égoïsme ni égocentrisme, ces billets sont là pour ce genre de partage, sans prétention... De toute façon, y a pas de quoi frimer non plus, eh hein oh !
C'est vrai : quand tu regardes bien certains billets...
- Quand je me plante de sommet : PIC DE PETRAGEME, part 2.
- Quand je me perds : UNE RANDO, UNE BIERE : HOXANHANDIA
- Quand je  ne trouve pas lac d'altitude car j'ai loupé la bonne vallée : A LA RECHERCHE DU LAC D'ISABE.


   
 
Bon allez !
 
Je suis quand même bien emmerdé à parler du pays basque ou de découvertes insolites quand il pleut -ou quand qu'il fait trop chaud-  et que je ne peux pas sortir pour en parler ici sur ce blog ou raconter par téléphone les dernières trouvailles et aventures des jours derniers.
 
MAAAAIS il y a aussi le cinéma.
Il pleut, il fait froid, on n'a pas envie de rester seul dans son appartement à regarder des reportages sur le trafic de drogue dans les grandes villes, ou suivre en continu les infos sur les flux et reflux des prix du carburant, ou écouter des journalistes colporter les propos auto-contradictoires d'un certain président américain, ou... Oh merde, c'est trop long !!!
 
ENFIN !
Ce jour là  -c'est à dire l'autre jour- il pleuvait, il faisait froid, je ne voulais pas rester seul dans mon appartement, mais je ne voulais pas non plus que l'on m'abreuve de mots et de paroles. Je suis donc allé au cinéma voir le nouveau (pas dernier, j'espère) film de Pierre Salvadori.
 
POURQUOI ?
Eh bien là, entrons dans les explications.
 
Jour de l'Ascension, ah bah tiens, je ne bosse pas. Mais il fait un temps de merde.
La veille, ce fut l'ouverture du Festival de cinéma de Cannes.
Ben oui, important de rappeler que c'est le festival de CINÉMA de Cannes car il y a d'autres festivals dans cette petite ville du Var, comme le festival du film panafricain, le festival d'art pyrotechnique, le festival international des jeux, le festival de la coiffe mulet, le festival du buffet pour singes... Ah non, c'est pas à Cannes ça, c'est à Lopburi, en Thaïlande.
  
Mais pourquoi la ville de Cannes a-t-elle été choisie pour devenir LA ville DU plus grand FESTIVAL de CINÉMA du monde ?
Hein ? Non, mais oh !
C'est un peu comme se demander : mais pourquoi la Vierge Marie a décidé d'apparaître aux yeux (ou à l'esprit) d'une petite bergère de Lourdes ? Pourquoi pas à Vesoul ? Ou à Auch ? Ou à Lille ? Ou à Nevers ?
 
Interrogeons nous et trouvons des réponses en posant la question à Google : pourquoi un festival de cinéma à Cannes, et pas à Lourdes ?
  
Réponse :
"La première édition du Festival de Cannes aurait du avoir lieu en 1939, mais l'invasion de la Pologne par l'Allemagne nazie, élément déclencheur de la seconde Guerre Mondiale, l'en a empêché.(...)
Il existe donc officiellement depuis 1946. Une période où l'Italie était la référence en matière de cinéma grâce à sa célèbre Mostra de Venise, depuis 1932, récupérée par les régimes nazis et fascistes comme outil de propagande. Le Festival de Cannes est né de cette ambition de concurrencer la Mostra, de lutter contre l'influence fasciste dans le cinéma, mais aussi de rassembler la création mondiale dans une Europe en reconstruction. (...) Restait à trouver le lieu.
Plusieurs villes se sont portées candidates pour accueillir l'évènement, dont Le Touquet, Aix-les-Bains, Deauville, Biarritz, Vichy, et même Alger... mais dans la course au festival, Cannes a su mettre en avant d'indéniables atouts. Son climat ensoleillé, son ambiance méditerranéenne séduisent, ainsi que sa réputation déjà bien établie en tant que destination touristique de luxe : de nombreux hôtels et palaces sont en effet déjà capables d'héberger les personnalités du monde entier.(...)"
LA FRENCH TOUCH
   
Ah ok, d'accord.
   
Revenons à nos moutons et plus précisément à ce film de Pierre Salvadori présenté en ouverture du festival de Cannes 2026 : La Venise électrique.

 

 
Il y a longtemps, en 1998, j'avais rencontré Pierre Salvadori lors d'un festival à Saint Denis. En compagnie de Marie Trintignant et Guillaume Depardieu, il venait présenter son troisième film "Comme elle respire".

  
Après la séance, nous nous étions retrouvés au bar du festival pour discuter jsuqu'à tard dans la nuit.
Nous étions quelques amis à être "fan" des deux précédents films de Pierre Salvadori ; notamment "Les apprentis", que l'on regardait parfois le dimanche dans la matinée avant d'aller sur un marché parisien pour acheter des steaks hachés frais et sentier les bonnes odeurs de légumes, le parfum des poulets rôtis et autres fruits de saison.
"Les apprentis", c'est un peu de genre de film réconfortant, que l'on ne lasse pas de revoir, tout en connaissant les situations et les dialogues par coeur. Un peu comme un de ces films du dimanche soir rassurant et réconfortant, tels que "La grande vadrouille", "Le corniaud", certains films du Splendid, "Le sens de la fête", "Le grand bain",...
Ce n'est pas facile de faire un bon film du dimanche soir. Et puis pour le spectateur ou téléspectateur, c'est un peu comme la madeleine de Prost...

 

   
  

BREF !

  
Recentrons-nous sur ce nouveau film de Pierre Salvadori qui a, entre autres, fait l'ouverture du 79ème Festival de Cannes.
L'histoire me plaisait bien, ainsi que la casting, composé de Pio Marmaï, Anaïs Demoustier, Gilles Lellouche et Vimala Pons, entre autres.

J'entre dans le cinéma L'Atalante, à Bayonne. Il y a déjà beaucoup de monde ; même en arrivant une demi-heure en avance.
Je m'installe dans la salle. Les lumières s'éteignent. Le film commence.

 

BANDE ANNONCE

 

L'HISTOIRE
Paris, 1928. Antoine Balestro, jeune peintre en vogue, n'arrive plus à travailler depuis la mort de son épouse et désespère Armand, son galiériste.
un soir d'ivresse, Antoine tente d'entrer en contact avec sa femme par l'intermédiaire d'une voyante. Sans le savoir, il parle en réalité avec Suzanne, une modeste foraine qui s'est glissée dans la roulotte pour y voler de la nourriture.
Suzanne se révèle douée pour l'imposture et, rapidement secondée par Armand, elle enchaine les fausses séances.
Peu à peu, Antoine retrouve l'inspiration, mais pour Suzanne les choses se compliquent alors qu'elle tombe doucement amoureuse de l'homme qu'elle manipule.

 

Je ne vais pas me lancer dans une critique du film. Je ne sais plus faire et je n'ai pas envie.
Juste pour dire que cela fait du bien de "baigner" dans cette ambiance de fête forraine, d'humour, de quiproquos tellement bien écrits et enthousiasmant par Pierre Salvadori, Benjamin Charbit et Benoit Graffin. Sans oublier la musique de Bazbaz, délicate et mélancolique. Pendant deux heures.
Il y a de la légèreté, de la folie, un peu de surréalisme, des retournements de situations, rocambolesque, marivaudesque, ludique...

   
Quelques petits extraits d'écrits journalistiques sur le film :
"La Vénus électrique parle de notre besoin de croire en quelque chose, même l'illusoire (l'occulte/le cinéma), pour rêver, se relever et renaitre. D'où un très beau film sur les regrets, les remords, la culpabilité, mais aussi le désir, guidé par des personnages féminins très modernes au sein d'un quatuor mémorable." ECRAN LARGE

   
"La Vénus électrique n'est pas seulement une nouvelle fiction au carré ; avec elle, plus encore qu'avec le festif En liberté ! son réalisateur vise la flamboyance, sort le grand jeu et la malle à costumes pour défendre haut et fort les couleurs du spectacle." LES CAHIERS DU CINEMA

   

"La musique de Camille Bazbaz donne le ton funambule de cette fable douce-amère et virvoltante, drôle et intelligente, dont les couleurs chatoyantes et les récits enchâssés créent du vrai avec du faux, et réciproquement. Pour son onzième long-métrage, Pierre Salvadori se projette dans l'univers des années folles, mais continue à creuser le sillon de ses obsessions : ses personnages, comme toujours, sont menteurs, tricheurs, manipulateurs, perdus, malheureux, obsessionnels. En mode survie, ils franchissent parfois les limites, mais par-delà le bien et le mal, leur chemin les mène vers la conscience et l'amour" BANDE A PART

   

"Merci de nous donner un film à ce point fin, gracieux, bancal, enchanteur, évaporé. Surtout au seuil d'une compétition cannoise qui va dérouler, comme chaque année, entre deux maladies mortelles, des tonnes de névroses malaisantes. Et à quelques encablures d'un monde qu'on ne voit plus quel obstacle un tant soit peu sérieux pourrait empêcher de sombrer dans une indifférence cosmique totale. Donc merci eencore, du fond du coeur, merci." LE MONDE

 
 
Je finirais ce billet par les mots d'Edgar Morin, sociologue et philosophe :
"La vie n'est supportable que si l'on y introduit non pas de l'utopie mais de la poésie, c'est à dire de l'intensité, de la fête, de la joie, de la communion, du bonheur et de l'amour."

    
   

Allez ! Courez au cinéma maintenant !
   

    

24 mai 2026

Une rando, une bière : le Baïgura -épisode 1 (64)

Une rando, une bière : on sait ce que c'est.
Mais le Baïgura... Qu'est-ce que c'est que quoi ?
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

   

   

  

Eh oui, ces quelques mots en sous-titre, ça ne te rappelle pas une chanson bien connue de la fin des années 1970 ?

Ce fameux refrain inattendu : "Psycho Killer, qu'est-ce que c'est ? Fa-fa-fa-fa, fa-fa-fa-fa, fa-fa-fa-fa better".
Cela suffit à m'amener aujourd'hui à vouloir traduire toutes les paroles de cette chanson. Allons-y.

"Je n'arrive pas à faire face aux faits,
Je suis tendu et nerveux et je n'arrive pas à me détendre.
Je ne peux pas dormir parce que mon lit est en feu,
Ne me touche pas, je suis un vrai fil sous tension.

Tueur psychopathe
Qu'est-ce que c'est ?
Fa-fa-fa-fa, fa-fa-fa-fa, mieux
Courir, courir, courir, courir, courir, courir, fuir, oh-oh-oh

Ay-ya-ya-ya-ya-ya, ooh

Tu commences une conversation, tu ne peux même pas la terminer
Tu parles beaucoup, mais tu ne dis rien
Quand je n'ai rien à dire, mes lèvres sont scellées
Dire quelque chose une fois, pourquoi le répéter ?

Tueur psychopathe
Qu'est-ce que c'est ?
Fa-fa-fa-fa, fa-fa-fa-fa, mieux
Courir, courir, courir, courir, courir, courir, fuir, oh-oh-oh

Ay-ya-ya-ya-ya-ya, ooh

Ce que j'ai fait, ce soir-là
Ce qu'elle a dit, ce soir-là
Réaliser mon espoir
Je me lance vers la gloire, ok.

Ouais, ouais, ouais, ouais, ouais, ouais, ouais, ouais, ouais, ouais

Nous sommes vains et nous sommes aveugles
Je déteste les gens quand ils ne sont pas polis

Tueur psychopathe
Qu'est-ce que c'est ?
Fa-fa-fa-fa, fa-fa-fa-fa, mieux
Courir, courir, courir, courir, courir, courir, fuir, oh-oh-oh

Ay-ya-ya-ya-ya-ya, ooh"

   

Bon, ben, voilà. On a bien avancé là. Alors, de quoi qu'on voulait parler au départ ? 
"Baïgura, qu'est-ce que c'est ?"

Allons au plus rapide.

 

Le Baïgura   -prononce Baygoura-  est un mont (montagne) du Pays Basque français. Son nom peut s'interpréter comme ibai gura signifiant "bout de la vallée (rivière)" en basque.
C'est le sommet principal d'un petit massif isolé du Pays basque intérieur entre les provinces du Labourd et de Basse-Navarre ; point culminant au nord des bassins de la Nive et de la Bidouze. Il est séparé d'Artzamendi et d'Iparla par la Nive.
Au nord, le village de Mendionde. A l'Ouest, celui de Louhossoa. A l'Est, voici Helette. Et au sud, Bidarray.
Culminant à une altitude de 897 mètres, son sommet est facilement reconnaissable à ses antennes hertziennes.
Plusieurs itinéraires de randonnées permettent d'y accéder afin de jouir d'un magnifique panorama à 360° ; des côtes aux montagnes pyrénéennes.
Pour notre part, aujourd'hui, nous partirons du village d'Hélette par l'itinéraire appelé Bizkarra, balisage jaune.

   

  

TOUT DE SUITE :
LES CHIFFRES !

11 km de marche
750 mètres de dénivelé.
4 heures de marche.

   

LA CARTE

 

Comment ça on voit pas bien ?
Attends.

Voilà ! T'as vu : on dirait un serpent.

Deux choses avant de commencer :
1) Comme tu peux le voir, on ne part précisément d'Hélette, mais d'un parking situé à l'Ouest, sur la route de Louhoassoa, non loin de la chapelle

(chapelle Saint-Vincent), sur le chemin appelé Etxegoienea.
2) Normalement, cette fois-ci  -contrairement à la tentative de randonnée pour atteindre le commet d'Hoxanhandia (cf : Une rando, une bière : Hoxahandia), on ne devrait pas se perdre, ni se planter de sommet car le Baïgura est bien visible et facilement reconnaissable... sauf quand il est dans le brouillard.

  

ALLEZ,
C'EST PARTI !

   

Je quitte la voiture et ce petit parking jouxtant un dépot de verres, situé à l'entrée du chemin d'Etxegoienea.


Je traverse un petit lotissement, composé de brebis et de quelques maisons aux architectures diverses avec, parfois, des portails bien prononcés pays basque... surtout quand il y a du soleil.


   

Je quitte le chemin d'Etxegoienea pour prendre un autre chemin à droite appelé chemin Bitxintxo (Saint-Vincent), du nom de la chapelle qui se trouve un peu plus loin. Ce chemin monte un peu et propose une vue globale sur le massif du Baïgura.

   

50 mètres plus loin, j'arrive à hauteur de la chapelle Bitxintxo, appelée aussi chapelle Saint-Vincent.

   
"Cette chapelle, dont l'origine prouvée remonte au XIIème siècle, est probablement un des tout premiers sanctuaires chrétiens du Pays Basque (IVème siècle). Détruit à plusieurs reprises par l'homme ou les intempéries, elle fut à chaque fois restaurée par les curés-chapelains, aidés des habitants du village. Les mères de famille de Hélette et des villages environnants y venaient jadis en pèlerinage le 1er septembre pour prier Saint Vincent pour la santé ou la marche de leurs enfants. Après la cérémonie, on se rendait en famille à la source située en contrebas pour y faire boire les enfants. La cérémonie de la bénédiction des enfants subsiste encore de nos jours au mois de septembre." EN ROUTE AVEC JEAN-PAUL

   
Une fois la chapelle passée, il faut encore marcher un peu sur l'asphalte jusqu'à une barrière métallique. Là, nous quittons l'urbanisation pour entrer dans la "campagne". C'est maintenant un large chemin de terre qui s'en va gravir progressivement les pentes Ouest du massif du Baïgura.

  

De petits oiseaux  -mésanges et rouges-queues-  m'accompagnent de leurs sifflements. certains me suivent de branches en branches, curieux...

   

Au sol, de la terre, mais aussi quelques couleurs printanières avec les premières primevères.

 

Le large sentier monte doucement, mais sûrement, laissant apparaitre derrière moi une vue peu à peu panoramique sur les alentours d'Hélette et le pic de Garralda (470m).


   
Je croise quelques beaux spécimens d'arbres aux silhouettes intrigantes...

  

Et puis, tout à coup, plus d'arbre. Maintenant apparait la ligne de crête qu'il faut suivre pour atteindre le sommet du Baïgura.

  

A cette époque, cette partie du sentier très large est bordé par des ajoncs... et quelques pottoks.

  

Enfin, je ne sais pas si ce sont des ajoncs, ou des ulex, ou des genêts.
Admettons que ce sont des ajoncs  -apparemment, c'est le cas-, voyons ce que nous pouvons faire avec cette plante.

"Les ajoncs sont comestibles et peuvent accompagner les salades, les thés et autres infusions. Comme fourrage, l'ajonc possède une haute teneur en protéines. Le bois d'ajonc, étant non toxique, fut un matériau de coutellerie. Mais enclin à la déformation, et du fait de sa petite constitution, ce bois n'a pu être utilisé pour la construction, ceci malgré sa durabilité écologique.
L'ajonc tient également place sur la liste des 38 ingrédients de l'élixir dénommé fleur de Bach, cette boisson paramédicale soutenue pour ses effets sur la santé.
L'ajonc est aussi le fruit d'une légende : elles cacheraient dans leurs buissons les âmes des repentants décédés. Sorte de 'tombeau' maudit, les passants devraient songer à deux fois avant de se pencher sur ces feuillages."
WIKIPEDIA

 

Le sentier évolue sur le flan du massif du Baïgura. On monte en douceur et, déjà, une belle vue panoramique sur Hélette et ses environs s'offre au marcheur.

  

  

J'arrive à une intersection.
En fait, un sentier arrive du sud. Je pense qu'il s'agit de l'itinéraire de randonnée venant d'Ossès et de Bidarray. Je me trouve au col de Txantxo (446m).

 
Je m'éloigne un peu de l'itinéraire menant au sommet du Baïgura pour aller apprécier la vue que propose cet autre itinéraire. Et effectivement, la vue est tout simplement magnifique.

   

Les sommets des premières montagnes pyrénéennes se détachent par leur blancheur sur le bleu du ciel.
Je reconnais les sommets du pic d'Orhy et du pic d'Anie.

 

 

 

Très belle vue également sur les champs basques autour d'Ossès et d'Irrissary...

   

Allez, je retourne sur le bon sentier pour poursuivre mon ascension.
Un peu plus loin, je croise quelques pottoks (prononce "pottiok") bien posés.

  
Le Baïgura accueille beaucoup de ces petits animaux basques sur ses terres, que ce soit au sommet ou sur les flancs.
Pottok se traduit du basque par "petit cheval". De petite taille  -entre 1,20m et 1,30m, ils occupent en liberté quelques massifs montagneux du Pays Basque. Réputé pour leur rusticité, ces petits chevaux étaient autrefois utilisés pour les petits travaux en montagne, le portage et la contrebande.


"C'est l'une des plus anciennes races équines d'Europe. Les représentations de chevaux dans les grottes préhistoriques d'Isturitz et d'Oxocelhaya, situées à quelques kilomètres du Baïgura, montrent des silhouettes étonnamment proches de celles des pottoks actuels. Ces chevaux auraient survécu depuis la fin de la dernière ère glaciaire, il y a plus de 10 000 ans, en s'adaptant au climat rude et aux reliefs accidentés des montagnes basques. (...)

Sur les pentes du Baïgura, les pottoks vivent en hardes de cinq à quinze individus, menées par un étalon dominant. Ils se nourrissent d'herbes rases, de fougères et d'ajoncs. Ils descendent rarement en dessous des 400 mètres d'altitude." RANDONNEES FLEURS ET PYRENEES

 

Repoussés par le morcellement des espaces naturels, de la mécanisation de l'agriculture et croisés abusivement avec d'autres races, ils ont vu leur population régresser. La race a failli disparaitre au XXème siècle, mais grâce aux efforts de l'association des éleveurs de pottoks et à la mise en place d'un livre généalogique, la population est aujourd'hui stabilisée.
Ces mêmes éleveurs de pottoks effectuent des contrôles de naissance, une vermifugation et un  déparasitage.

Le Baïgura reste un des lieux les plus propices à l'observation de ces animaux dans leur milieu naturel. Il a un rôle essentiel à notre biodiversité et notre pastoralisme car il débroussaille et nettoie les endroits les plus inaccessibles.

   

D'autres animaux sont présents en nombre ici... ou plutôt dans les airs.

   
Eh oui, ce sont les vautours. Ces oiseaux qui profitent des courants venteux pour planer au-dessus de nos têtes et de celles des pottoks, au cas où...

Grande envergure de près de 2,60 mètres une fois les ailes déployées en plein vol, les vautours fauves volent au-dessus de ta tête dans un grand souffle silencieux. Parfois surprenant quand tu lèves la tête et que tu aperçois cette large silhouette aux ailes déployées à quelques mètres au-dessus de ta tête. Planeur et imposant. Discret et bien présent.
Ces oiseaux nécrophages se déplacent et vivent généralement en colonie.
Long cou et tête dotée d'un fin duvet, cette morphologie permet au vautour de pouvoir plus facilement effriter le sang séché lors des curées.

Pour planer, le vautour fauve utilise les courants ascendants thermiques et dynamiques ; ce qui lui permet de parcourir facilement des centaines de kilomètres en une seule journée. Il peut avoir une vitesse de 40 à 80 km/h en montée et peut atteindre jusqu'à 100 km/h en descente.
Oiseau strictement charognard, il se nourrit sur les carcasses d'animaux morts (brebis, vaches, chevaux,...) qu'il détecte du ciel grâce à sa vue perçante.
De part ce statut, sa place dans le pastoralisme est primordiale. En effet, il remplit une fonction sanitaire importante grâce à son long cou qui lui permet de s'introduire dans les carcasses, de la vider complètement. Allié des éleveurs, il nettoie ainsi les montagnes de tous les cadavres et permet d'éviter ainsi la prolifération de germes et de maladies, sources d'épidémies.

 

Il est très difficile pour le vautour fauve de chasser ou même de transporter une simple branche. C'set pour cela qu'il s'abrite dans les falaises à roches creusées. ses pattes sont tellement petites qu'elles ne lui servent qu'à marcher ou se percher sur les hauteurs des montagnes du Pays Basque.

  

Après les avoir observé planant au-dessus de moi sur un sentier en dehors du sentier officiel...


...je reprends le bon chemin.

 

 

Petit à petit, j'arrive à hauteur d'une première escale, étape, point de repère... Voilà. C'est un col sans nom  -peut être le col de la Borda-   situé à 604 mètres d'altitude où se rejoignent les sentiers venant d'Hélette et de la base de loisirs. Ce lieu est marqué par une table de pique-nique et deux tables d'orientation en bois originales.
 

 

Un autre magnifique panorama sur les cimes pyrénéennes et basques s'offre aux randonneurs, nombreux à cet endroit. Cela bouscule le silence auquel j'étais habitué jusque là depuis le départ d'Hélette où je n'ai croisé personne.


Mais contemplons !


 

Que voyons-nous ?

Petit zoom pour voir de plus près le pic d'Anie (2504m) enneigé et la Table des Trois rois (2444m).

 

Le pic d'Anie, seul, situé à 60 kilomètres d'ici.


Le pic d'Orhy (2017m), situé à 41 kilomètres d'ici.

 

La grande Aiguille d'Ansabère (2378km) et Mallo de Acherito (2371m),
situés à 63 kilomètres d'ici.

  

Ce panorama est superbe, envoutant. On n'a pas envie de partir, de rester là, à regarder la moindre parcelle de paysage qui nous ait proposé ; des montagnes pyrénéennes encore enneigées à la "plaine" de la basse Navarre avec les champs et les villages basques d'Irissarry ou Iholdy.

   

Maaaaaaaaiiiiisssss il reste encore du chemin à parcourir pour atteindre le sommet du Baïgura. 2,8 kilomètres très précisément avec un dénivelé de 280 mètres.

Allez, je quitte l'aire de pique-nique panoramique aménagé pour reprendre le sentier balisé, marqué par une borne.

   

  

   

DANS NOTRE PROCHAIN EPISODE

Jénorme va-t-il atteindre le sommet du Baïgura ? Et pourquoi ? Et comment ? Et quelle bière a-t-il choisi pour célébrer cette victoire ? Et que va-t-il rencontrer en chemin ? Et pourquoi ? Et comment ?
Tu le sauras, peut être, dans le prochain épisode : "Une rando, une bière : le Baïgura, épisode 2".

   

   

16 mai 2026

DOMBRANCE, L'ATABAL, BIARRITZ (64)

Oula : qu'est-ce donc que cette étrangeté d'enchainement de mots qui ne semblent rien vouloir dire si ce n'est, peut être, un code pour accéder à on-ne-sait-quelle autre étrangeté qui mériterait un autre code qui....
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

   

   

   

Ah ben oui, c'est comme ça : des fois, t'as des trucs un peu surréalistes qui arrivent dans ton cadre de vie. Tu vois, genre un peu comme cette idée en Suisse...

  
C'est bien de se cultiver, mais bon... Est-on obligé d'avoir l'air con ou de trouver une idée "un peu surréaliste" pour amener les gens à arpenter les musées et découvrir les œuvres d'artistes tels que Cézanne.

  

Je ne sais pas si tu as entendu et lu une autre nouvelle dans le monde artistique libre : l'apparition d'une nouvelle statue créée par Banksy.

   
Hein ? Ah non, je me suis trompé d'article...

 
"La statue de cet homme, une jambe hors du socle, le visage couvert par le drapeau, a été installée tôt le 30 avril dernier et revendiquée par l'artiste sur son compte Instagram.(...)
Elle se trouve sur un îlot central de Pall Mall, une avenue étroitement associée à la monarchie, à l'armée et à l’establishment britannique. 'il y avait un espace libre', a affirmé Banksy, selon la porte-parole de l'artiste."
LE MONDE

     
L'artiste avait déjà créé une statue installée à Londres, en février 2004. Intitulée "The Drinker" ("Le Buveur"), elle parodiait la célèbre sculpture "Le penseur" d'Auguste Rodin.

En mars de la même année, devant témoins et au grand jour, des hommes au volant d'engins de chantier dérobent la statue de plusieurs tonnes, puis la cachent dans un lieu tenu secret.
A la tête de cette opération un certain Andy Link, alias AK47, qui aurait volé la statue par vengeance, vexé par le refus de Banksy de lui signer une de ses œuvres.
AK47 propose alors de rendre Le Buveur en échange d'une copieuse rançon de 5000 livres sterling (environ 5750 euros).
Mais Banksy fait une contre-proposition : lui payer juste de quoi acheter un bidon d'essence pour détruite la statue.

"Il faut dire que Banksy est coincé. Figure emblématique de l'art urbain, il réalise la plupart de ses oeuvres dans la rue ou sur des murs, ce qui rend l'activité illégale. il ne peut donc porter plainte, ni même revendiquer la paternité de ses oeuvres sous son vrai nom.
AK47 devient donc le propriétaire du Buveur et l'installe carrément dans son jardin.
L'histoire aurait pu en rester là. Mais, en 2007, nouveau rebondissement ! La sculpture est à nouveau volée dans le kardin de AK47... Le Buveur réapparait une dizaine d'années plus tard dans le catalogue de la maison de vente aux enchères Sotheby's, avec uen estimation d'un million de livres. AK47 tente bien de porter plainte pour récupérer la statue, mais sans succès. C'est ce que l'on appelle l'arroseur arrosé."
LE POINT

  

   

 

Je suis revenu de Nevers où j'ai passé quelques jours -toujours trop brefs-  avec la famille.
J'ai également pu repérer quelques idées pour de futurs projets "surréalistes".
Tiens, par exemple, en passant devant un concessionnaire de voitures, j'ai repéré cette magnifique bouée énorme qui m'a fait penser à une suite de Gavalcade.

  
Tu te souviens de la Gavalcade ?
C'est cette descente du Gave d'Oloron en bouées licorne que nous avions faite avec Mélanie, Txitxi et Tao en août dernier.

Tu peux retrouver cette incroyable aventure en cliquant ici : LA GAVALCADE.

  

Oui, elle serait pas mal cette grosse bouée Michelin pour descendre le Gave tous ensemble. Problème : comment la ramener de Nevers à Viellenave-de-Navarrenx ?
Mouaip. J'ai fureté un peu dans la ville voir si je pouvais trouver une autre idée un peu surréaliste, mais je me suis finalement surtout aventurer devant des lieux abandonnés, comme, par exemple, ces usines de Selni et de Technology Luminaires.

 

   

    

   

Je l'avais déjà dit dans le précédent billet : les ruines m'intriguent: usines abandonnées, villages en ruines et autres. Il y avait de la vie, il n'y en a plus. L'humain a tout laissé tel quel.
Cela me fait un peu penser à ces milliardaires qui veulent conquérir la lune ou Mars alors qu'il y a tellement de choses à sauver sur Terre.

 
Ici, à Nevers, il est impressionnant de constater la place que prennent ces anciennes usines abandonnées. Des batiments fermés, détruits, cassés qui se répandent sur plusieurs hectares, telle une verrue, en marge du centre-ville de la préfecture nivernaise.

Un peu à part, au détour d'un carrefour ou d'un trottoir, il y a aussi ces petits commerces qui ont fermé depuis un temps, mais qui ont conservé leur belle devanture.

   

Et puis, il y a ces autres commerces qui ont ouvert il y a peu et qui ont des noms rigolos, comme ce restaurant à la sortie ouest de la ville, qui fait référence à un autre restaurant bien connu des gastronomes et qui se trouve, lui, à Roanne (restaurant gastronomique Troisgros).

    

   

Bref ! Après ce séjour en famille, il faut revenir dans le Pays Basque pour travailler.
Mais, une annonce de la salle de concert de Biarritz, L'Atabal, m'arrive le lendemain de mon arrivée. L'artiste-musicien-compositeur Dombrance est en concert le 30 avril 2026.
Avec Nathalie et Maitre Arno, nous décidons de nous y rendre.
Et voilà comment s'explique le titre de ce billet quelque peu surréaliste, mais finalement complètement explicable : DOMBRANCE, L'ATABAL, BIARRITZ.

  

C'est quand même moins surréaliste que cette vidéo que j'ai montée avec des bouts de vidéos qui trainaient par ci, par là...


 

   

   

 

Bon, alors. Qu'est-ce que quoi ?
L'Atabal, on l'a dit : c'est la ssalle de concerts de Biarritz, située non loin de la gare, vers le quartier de la Négresse... Oups, pardon, on ne doit plus appeler ce quartier ainsi... le quartier de l'Allégresse.

Pourquoi ce quartier s'appelle-t-il ainsi, la Négresse" ?
"Au début du XIXème siècle, l'auberge Harrausta -qui se trouve dans une rue du quartier de la gare-  est tenue par une femme noire, à qui les soldats de Napoléon 1er, de passage lors des combats de 1813, donnèrent le sobriquet de 'la Négresse'.
Des recherches historiques ont montré récemment que cette femme a vécu dans le quartier entre 1810 et 1814, et qu'elle a été amenée dans l'hexagone par un colon d'Amérique. D'autres documents officiels font état d'une auberge du quartier appelé 'la Négresse' dans les années 1850, et dont le propriétaire était issu d'une famille impliquée dans le trafic négrier."
WIKIPEDIA

D'autres versions de l'origine de ce nom existent (cf : Ville de Biarritz).
NEGRESSE : Terme dont on usait autrefois pour désigner une femme noire.
ALLEGRESSE : Joie vive qui se manifeste extérieurement.

   
Ok, mais que veut dire alors le mot ou le nom "Atabal" ?

Eh bien, il s'agit d'un instrument de musique à percussion, cylindrique et à deux peaux, originaire du Pays Basque, plus large que haut, appartenant à la famille des membraphones similaires au tabl arabe. Son nom trouve son origine dans le mot espagnol "Atabal" qui veut dire "tambour".
   

Voilà, ça, c'est dit.
Pour ce blog, nous nous sommes déjà rendus plusieurs fois à l'Atabal pour voir les concerts de, entre autres, Feu Chatterton !, Zenzile, Les Tambours du Bronx, The Jon Spencer Blues explosion, Vitalic, Fakear, Calexico, Bertrand Belin, Etienne de Crécy, Carpenter Brut, HighTone, Red Fang, Irène Dresel, The Liminanas, Chloé, Mezerg, Delgres, Zaho de Sagazan, Zentone,...
  

Aujourd'hui, ce sera donc Dombrance.
Nom étrange. Puisque l'on en est à s'interroger sur l'origine des noms et des mots, est-ce que Dombrance veut dire quelque chose ou est-ce le vrai nom de cet artiste ?

 

J'ai donc tapé sur internet "Dombrance définition" et je ne suis tombé que sur le nom de l'artiste-interprète-composituer-producteur de musique électronique Dombrance. Allons-y pour une petite biographie rapidos.

 

(Photo : Sébastien Dolidon)
Bertrand Lacombre, dit Dombrance, est né à Bordeaux en 1978. Il suit des cours de violoncelle dès l'âge de 6 ans, puis de guitare à 14 ans avant de se lancer dans des études d'ingénieur du son.
A partir de 2004, il devient producteur pour quelques artistes comme, par exemple, CharlElie Couture.
Son premier album sort en 2004, intitulé Dombrance ; un nom de scène qu'il a choisi en se référant à une anagramme de Bertrand Lacombe : Albert Dombrance.
De 2006 à 2010, il fait partie du groupe de pop Brooklyn en tant que guitariste.
A partir de 2013, avec le mancunien (originaire de Manchester... je le dis car moi je ne savais pas ce que cela voulait dire) David Shaw, il forme le groupe DBFC mélangeant guitare rock, dance psychédélique et électro.
En 2018, il fait ses débuts sur scène en solo sur scène aux Rencontres trans musicales de Rennes.
En 2022, il sort son second album République électronique qui retrace les mandats des présidents de la Vème République. Les clips sont coproduits par l'INA.
"Il y a un plus de six ans, je revenais de concert et j'étais dans un état mi-fiévreux, mi-excité. Dans mon studio, j'ai commencé à travailler un nouveau morceau sur mon synthé et j'ai entendu 'François Fillon, c'est François Fillon'. Cela m'a fait marrer. Je me suis dit, je vais faire rire mes copains en allant au bout de l"idée. J'ai donc enregistré ma voix et j'ai fait une petite vidéo. Dès le lendemain, j'ai eu l'idée d'en faire d'autres, en créant même un personnage avec son costard, ses lunettes et sa moustache, comme un politique qui part en campagne. Tout cela est devenu un spectacle intitulé 'Pour une France qui danse'." DOMBRANCE

En effet, "République électronique", ce sont neuf titres, dont huit ayant pour titre les noms des Présidents de la République française de la Vème République.
Perso, c'est avec "Giscard d'Estaing" que j'ai fait la connaissance de Dombrance il y a quelques mois.


En 2024, il poursuit ce concept avec de nouveaux morceaux dans l'EP titré Double trouble dans lequel on retrouve des titres comme "Bayrou" et "Copé".

Comment sont composés les morceaux ?
"Il peut y avoir la personnalité forcément du président, mais c'est surtout une époque, une ambiance, quelque chose qui va me lancer dans un imaginaire. Moi, ce qui m'intéresse, c'est que dans mon projet, je ne fais que malaxer le nom d'un politicien et c'est la musique qui exprime quelque chose.
Je vois ça comme une bande originale. C'est la bande originale de la République de la France de 1958 à aujourd'hui par la musique électronique, qui dit électronique, la technologie, et comment la France a évolué dans le temps.
Chaque recette suivant chaque président est un peu différente. Parfois, c'est des humeurs... je sais que moi, par exemple, je suis né sous Giscard et il y avait un travail un peu sur la nostalgie sur ce morceau. La nostalgie des années 1970.Sur Mitterrand, je suis plus parti sur la caisse claire années 80, le côté un peu punk, , disco-punk des années 80.
J'aime bien jouer un peu avec les choses, avec certains degrés pour inviter les gens à se dire : 'Voilà, c'est du spectacle, mais on raconte des choses." J'espère qu'on ressent quand même un peu les marqueurs de l'époque.'"
(...)
DOMBRANCE, La France qui danse


 

 

Mais quel avis a-t-il sur la politique ?
"Le futur va s'écrire en dehors de la politique telle qu'on l'a connue. Il y a une vraie crise politique aujourd'hui, qui vient du fait qu'il y a quelque chose de très déceptif dans les élections, dans les partis, dans le fait qu'une personne toute-puissante soit censée représenter tout le monde. On a l'impression que notre pouvoir est très limité par le simple fait de mettre un bulletin dans l'urne. L'avenir, c'set d'avoir des moyens d'agir en tant que citoyen-nes de façon différente : dans sa façon de consommer, d'agir, de s'impliquer dans sa ville, dans son village, dans des associations. Il y a plein de façons d'agir pour changer les choses. La politique est nécessaire, mais ce n'est que du compromis et de la diplomatie. Diriger une ville, un pays, c'est complexe. Notre monde est complexe. On oppose à cette complexité des discours très binaires qui nous font entrer dans une sorte de négativité, alors qu'on a besoin de retrouver de la positivité dans notre vie de tous les jours. Il faut trouver des moyens d'agir en dehors de la politique.


Je suis passionné de politique depuis toujours, mais je n'ai jamais adhéré à un parti, ni milité pour quelqu'un. C'est ma vision personnelle. Ce projet de prendre des noms de politiciens et d'y ajouter de la musique est parti d'une volonté de rire : c'était improbable de chanter 'François Fillon' sur un morceau techno, de faire danser les gens et d'avoir ce côté festif.
Finalement, progressivement, ça devient un défouloir artistique pour moi.(...)"
LES INROCKUPTIBLES

Allez, on arrête les grands discours et on part pour le concert.

  

Après une première partie assurée par le duo David Shaw and the beat, c'est au tour de Dombrance d'entrer sur scène. Une mise en scène simple avec trois claviers disposés en carré. Il entre pour se mettre au centre de cette composition.
Le son monte doucement. Situé derrière l'artiste, un écran diffuse les mots "Dance", "Yeah" et "Oh yeah".


    

Et puis, le son s'accélère, la mélodie prend forme. C'est parti.


 

 

Les noms d'hommes politiques s'enchainent... Taubira, Copé, Poutou, Chirac, Obama, Macron...

 

Un morceau sans allusion à la politique avec "Double trouble".
 

Très bonne ambiance dans la salle presque pleine. On secoue de la tête, on sourit, on bouge les jambes, les hanches, on lève les bras.


Après une grosse heure de concert, Dombrance se retire de la scène. Pas de rappel.

  

C'était bien chouette.

   

   

9 mai 2026

De Mouguerre à Nevers, autre itinéraire...

Un petit peu beaucoup de voiture pour parcourir ce trajet entre deux villes si lointaines. De Mouguerre, Pyrénées-Atlantiques et Pays Basque, à Nevers, Nièvre et Bourgogne.
De Mouguerre à Nevers, nouvel itinéraire. En plus, ça rime comme un poème.
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

   

   

  

Chaque fois que je me rends dans la Nièvre depuis le Pays Basque, je tente de tracer un nouvel itinéraire qui me ferait passer par un lieu insolite ; qu'il soit géologique, culturel, géographique ou historique.

    

     

A la base, depuis maintenant plus de 18 ans
que je fais cette distance entre ce deux villes,
le trajet le plus rapide est celui-ci.

Ah ben oui : Nevers, ça se mérite.

 
Alors, dans de précédents billets, nous avons déjà évoqué cet itinéraire et ses détours pour aller voir quelques lieux insolites :
- BREF : DE MOUGUERRE à NEVERS
- DE MOUGUERRE à NEVERS, AOUT 2025
- LE MENOUX, SON ÉGLISE, SES FRESQUES

- COURBEFY, UNE ÉTRANGE HISTOIRE
- DIRECTION LA NIÈVRE

- DE BAYONNE à NEVERS EN 2025
- ET SI DES AMIS-VOISINS BASQUES VENAIENT DANS LA NIÈVRE...
- etc.

 

 

Pas de grand détour cette fois-ci car l'objectif premier est d'arriver à Nevers au plus vite. J'ai donc suivi l'itinéraire le plus rapide en faisant juste une petite sortie à hauteur de l'A20 pour me rendre dans un village perché, puis sur une passerelle dite himalayenne.

 
Oui, dit comme ça, ça surprend, ça intrigue.

   

  
Allez, je laisse la petite Mimine du voisin reprendre la direction de son véritable appartement après un moment de repos....

...et c'est parti pour faire un peu de route à travers des paysages changeants.

      

   

ON Y VA ?
Musique pour rouler.

 

 

    

Après avoir passé sommairement Bordeaux, Angoulême et les alentours de Limoges, le premier arrêt se fait à Saint-Benoit-du-Sault, qui se trouve ici.

  
    

Mais un petit peu avant d'arriver dans cette commune perchée, j'ai été interpellé par des panneaux touristiques qui indiquaient sommairement des "ruines".

Entre ces deux lieux, tu peux aussi trouver un endroit où te perdre grâce à ces panneaux qui t'indiquent la direction des "ruines de Brosse".
Je ne sais pas ce que j'ai avec les cimetières, les villages abandonnés et les ruines !!!! Ces lieux m'intriguent. Je pense à la vie qu'il y a pu avoir et puis... plus rien. A l'abandon. Délabré. Avec le temps, la nature a repris ses droits en permettant à une végétation aléatoire et sauvage de reprendre l contrôle sur ce que l'humain avait détruit au préalable.
J'aime les ruines car elles nous rappelle que l'humain est surfait. Il construit à outrance, puis s'éloigne, oublie, néglige, ignore, passe à autre chose. N'est-ce pas là le rêve idiot de ces milliardaires à court d'idées et aux ressources financières inépuisables de vouloir se rendre sur Mars ou sur la Lune pour construire autre chose, comme si, finalement, il n'y avait plus rien à sauver sur la Terre ?
Et que penser de cette putain d'hégémonie pseudo-intellectuel de l'humain qui créé des robots à outrance, capable de faire les choses même les plus inutiles pour l'humain ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


   

     

Hein ? Non, mais franchement, l'humain ne serait-il pas un peu complètement con ?  La nouvelle compétitivité des pseudo-cerveaux humains est de créer le robot capable de faire plus de choses que l'humain, et en mieux.
Quand t'y penses, tu espères que ces machines pèteront un plombs pacifique avant que les terriens ne soient définitivement exterminés par les machine qu'ils auront créé...

  

  

Mais "Ohlalaalala, la tuile !", comme dirait le personnage d'Artus dans le film "Un petit truc en plus..." quand il apprend une mauvaise nouvelle.
Oui, la tuile car je ne me souviens plus de quoi nous parlions...

  

Ah, oui : voilà !
Des ruines !

   

Avant d'arriver à Saint-Benoit-du-Sault, j'avais vu un panneau indiquant sommairement des "ruines".

 Un peu en avance sur l'horaire à ce moment précis, je me suis dit "Oh ben, ça va, j'ai le temps..."
J'ai donc suivi les panneaux directionnels... "Ruines" à droite... "Ruines" à gauche... Très bien indiquées ces ruines...
Et puis, quand je m'étais bien éloigné de mon itinéraire initial au point de ne plus savoir où j'étais, eh bien ces putains de panneaux "ruines" avaient soudainement disparu.
Plus de "ruines", presque plus de route... et une fâcheuse impression de sentir que l'on m'avait promené sans but. Une sorte de périple fantomatique à la recherche de ruines qui, peut être, en 2026, n'existaient plus.

   

Comme je n'avais pas le temps de faire des recherches sur internet via le téléphone portable  -de toute façon, je n'avais pas de réseau-, je décidais de poursuivre ma route comme si de rien n'était... mais je ferai les recherches nécessaires une fois posé afin de savoir si ces ruines existaient encore, ou s'il n'en restait plus que les panneaux directionnels.

  

Et donc, après mon arrivée à Nevers, j'ai découvert que les ruines indiquées étaient celles du château de Brosse. Des ruines que tu peux découvrir en empruntant un sentier dont le départ se situe dans une impasse ; pas loin de là où je m'étais égaré.
Apparemment, tu peux les atteindre après une petite marche de 3/4 d'heure.
Plus d'infos ici : BERRY, AU CŒUR DE LA FRANCE.

    

 

Mais revenons à présent du côté de Saint-Benoit-de-Sault.
Et une fois que l'on est arrivé, voici ce que l'on voit.

  
Ouais OK, c'est pas évident, on voit surtout la route et un panneau de prime abord intrigant avec le nom de "Portefeuille".
DONC on va sortir de la voiture et faire un petit tour à pied.

    

Et hop,
on traverse la route...

Mieux, hein ?
Ouais bon, on va aller un peu plus loin quand même.
Je traverse la route, juste avant le pont sans nom, pour rejoindre un sentier balisé rouge et blanc qui s'en va descendre sur les rives du Portefeuille. Par contre ,e je n'ai aucune indication de temps et de distance.

Le lilas est en fleur et on a déjà une belle vue sur les remparts de la commune.

  

Un peu d'histoire.
Alors, Saint-Benoit-du-Sault est une commune de l'Indre de 510 habitants, appelés les Bénédictins. Eh oui, nous sommes à Saint-Benoit et les Bénédictins font partie de l'ordre de Saint-Benoit, dont la règle est résumée par la maxime "Ora et labora" ("Prie et travaille").
Saint-Benoit-du-Sault comprend trois immeubles protégés au titre des monuments historiques : la maison de l'Argentier, le Prieuré Saint-Benoit et la chaussée de l’Étang de La Châtre-Langlin.

 

Village médiéval perché sur un éperon rocheux, Saint-Benoit-du-Sault est "entouré" par la petite rivière du Portefeuille, serpentant à travers une vallée encaissée.

    

"Ce site défensif naturel a attiré les moines au Xème siècle, fuyant les agressions sur les terres voisines de Sacierges-Saint-Martin. Ils s'y installent et fondent un prieuré destiné à diffuser la foi chrétienne dans une région encore sauvage. Possédant des reliques sacrées, le prieuré devient rapidement un lieu de pèlerinage, donnant naissance à un premier noyau de vie, entouré d'une enceinte fortifiée.
Au fil des siècles, artisans, commerçants et notables enrichissent le village, qui se développe, protégée par une deuxième ceinture de remparts au XVème siècle.(...)"
SAINT-BENOIT-DU-SAULT

Après avoir longé les berges du Portefeuille, le sentier remonte vers le sud au-dessus de jardins communaux faisant face aux remparts. Puis il emprunte une petite cours avant de rejoindre une route. Le balisage me dit de suivre cette route qui s'en va vers le sud, loin du village. Je fais demi-tour et improvise une redescente sur la commune avant une grande remontée vers le centre par la rue du Portugal, puis la rue Belle rampe.

Je passe à côté du beffroi et devant de belles demeures.

   
La porte ci-dessus est la porte de la maison de l'Argentier, belle demeure classée monument historique, facilement reconnaissable à sa porte cloutée surmontée d'un étonnant linteau sculpté. C'est là que le Vicomte de Brosse, un proche du célèbre argentier berrichon Jacques Cœur, aurait fait battre monnaie (sources : Berry Province).

  

C'est agréable de flâner ici, au grès des rues étroites et pittoresques...


Saint-Benoit-du-Sault fut également le lieu de tournage du film "La vouivre" de Georges Wilson, en 1987.

L'HISTOIRE : 1919. Arsène Muselier, jeune paysan disparu à la guerre, réapparait un jour au village au grand étonnement de tous. Mais une autre nouvelle met le village en émoi, l'apparition de 'la vouivre', la folle des eaux qui, dit-on, est revenue avec son diamant pour tenter les hommes. Arsène va tenter de percer le mystère de cette étrange créature.
   

   

    

Notons également que le photographe français Willy Ronis a pris de nombreuses photos du village et en tira un album, Portrait de Saint-Benoit-du-Sault.

  

Durant cette traversée aléatoire de la commune, je croise quelques chats vagabonds. Il y a plusieurs balisages qui partent un peu partout, dans toutes les directions. Il y a notamment le circuit du chemin de ronde et des jardins (1,5km), qui permet de découvrir Saint-Benoit-du-Sault avec ses remparts, ses places, ses ruelles, son église romane, son prieuré,...
Pour ma part, je reste sur l'idée qu'il ne fut pas trop que je traine car j'ai encore de la route pour rejoindre Nevers. Je vais donc tout droit pour redescendre en direction du pont et de la voiture.

  

Je rejoins la voiture, puis je traverse la commune par la route de Limoges, puis la route Georges Ratier. Au fond d'un parking, un bâtiment et son enseigne interpellent mon regard.

Je n'en saurais pas plus.
Un peu plus loin, dans un quartier parallèle, une autre note historique de Saint-Benoit-du-Sault.

En effet, la commune "héberge" la société SITRAM, fabricants d'autocuiseurs et d'ustensiles de cuisine depuis 1960.
Tu as sûrement en tête ce slogan publicitaire emblématique de la marque dans les années 1990 : "Si vous ne prenez pas une SITRAM, vous risquez de prendre une gamelle". L'usine peut se visiter sur rendez-vous.

Pour en savoir plus sur ce charmant village de Saint-Benoit-du-Sault, tu peux retrouver le dépliant touristique ici : CENTREMEDIA TOUR INFO.

   

    

Pour ma part, je prends maintenant la direction de la seconde curiosité du jour et du trajet : la passerelle himalayenne du Cassecou. Tout un programme rien qu'en prononçant son nom.

Mais où se trouve-t-elle cette intrigante passerelle ?

Eh bien, ici !

Oui, de l'autre côté de l'Autoroute A20, à 21 kilomètres de Saint-Benoit-du-Sault, à hauteur, soit du lieu dit "Montcocu" sur la commune de Baraize ; soit sur l'autre rive, à Cuzion.

   

Quelques kilomètres d'asphalte et quelques virages bien sentis en angle droit pour atteindre les hauteurs du lieu-dit "Montcocu", je tourne subitement sur la droite pour redescendre en direction de la "plage de Montcocu"... et de cette passerelle mystérieuse en pleine Creuse.

  

Allez, on descend, assez sévèrement, genre route où une seule voiture passe. Personne en sens inverse. Heureusement.
En bas, au bout... de la route, un camping sur la gauche. Sinon, tout droit, c'est la passerelle directement. Infranchissable par les voitures.

   

Chouette. Je me gare un peu avant l'entrée du camping.

  

C'est un bel endroit. La Creuse,   -rivière ou cours d'eau je ne sais pas comment on dit-  s'écoule paisiblement dans cette vallée qu'elle a elle-même creusée.
L'endroit respire le calme avec cette verdure environnante et ces rives aménagées en toute simplicité, sans pour autant bouleverser l'écosystème.
Oui, c'est calme. Il fait dire aussi que nous sommes un peu hors saison. Qu'en est-il en juillet-août, ici, en Creuse ?

  

Avant d'entrer sur cette passerelle insolite, je vais faire un petit tout en dessous. Ben oui, pour voir, comme ça... Et puis vu que tout le monde se précipite dessus, c'est bien de se trouver un petit endroit isolé.
   

D'autant plus que la vue est belle et paisible.

  

   

Je remonte et, allez, on traverse la Creuse par cette passerelle himalayenne. C'est parti pour 150 mètres de marche au-dessus de la Creuse.
 


Dans le sud de l'Indre, au cœur de la vallée de la Creuse, cette passerelle himalayenne, dite de Cassecou, relie deux rives de la rivière : Châteaubrun (Cuzion) et Montcocu (Baraize).
Elle a été inaugurée le 27 mai 2024 lors du passage de la flamme Olympique de Paris 2024. C'est pour cela que l'on découvre des sculpture de mains tenant une flamme à chaque entrée de la passerelle.

  
La passerelle est longue de plus de 150 mètres et culmine à une dizaine de mètres de hauteur.
Elle se caréctérise par son faible poids et sa grande transparence; permettant ainsi de valoriser le paysage naturel et de créer un lien entre les deux rives de la Creuse.

 

   

    

Certes, les gens viennent pour voir cette passerelle étonante, qui bouge lorsque l'on évolue dessus. Mais il ne faut pas négliser les alentours de ce lieu bucolique. En cette saison, la verdure débutante des arbres ressort, se mirant dans les eaux calmes de la Creuse. Plusieurs randonnées sont proposées. Citons le circuit de Cuzion : de l'eau à la lumière ; ou encore plusieurs itinéraires au sud et autour du lac d'Eguzon. On peut également parcourir quelques kilomètres sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle qui passe par Eguzon en venant de Vézelay.

   

Pour ma part, pas de randonnée aujourd'hui dans les parages. Il me faut rejoindre la voiture et repartir afin de rejoindre Nevers avant 18 heures.

   

Finalement, ralenti par les traversées de villes et de villages à 30 km/h, j'arriverais à 19h12 sous l'oeil attentif de Mimine, bien occupée à prendre soin du parterre de fleurs devant la maison familiale.

  

Un peu plus tard, elle ira prendre une autre pause extravagante dans le jardin...

  

   
Je pose mes affaires. C'est l'heure de l'apéro.

  

   

   
 

4 mai 2026

Une rando, une bière : LE COL D'ANAYE, épisode 2 (64-Espagne)

Souvenons-nous : dans l'épisode précédent, Jénorme était parti pour une randonnée sympathique, mais pentue (sans le savoir) non loin du cirque de Lescun, à la recherche des sources du Marmitou et à la découverte du col d'Anaye.
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

    

La randonnée du jour se prénomme donc : "Une rando, une bière : le col d'Anaye".
Nous sommes partis du parking d'Anapia, situé non loin du beau village de Lescun faisant à l'un des plus beaux cirques de la chaine pyrénéenne.
La randonnée s'étend sur un peu plus de 13 kilomètres (aller/retour) pour un dénivelé de 1100 mètres (ah ouais, putain la vache !) afin de rejoindre le col d'Anaye situé à une altitude de 2049 mètres très précisément.

  

TOUT DE SUITE,
LA CARTE !

  

Pour plus d'infos, c'est ici : UNE RANDO, UNE BIÈRE : le col d'Anaye.
Pour la suite de la randonnée, c'est maintenant.

   

  

Après avoir emprunté la piste qui me menait au plateau de Sanchèse pour ensuite passer à hauteur de la belle cascade du plateau derrière laquelle se trouve le sentier qui permet de grimper jusqu'au plateau d'Anaye... BREF : après une belle première montée proposant un beau panorama sur le plateau de Sanchèse et après avoir traversé quelques mètres de forêt, j'arrive à présent au plateau d'Anaye situé à 1440 mètres d'altitude.

  

Un beau vallon dégagé vers l'Ouest, mais bien enclavé par de hautes montagnes.
  

Derrière moi,
les Orgues de Camplong...

  

Au nord, ce n'est pas les Corons, mais les impressionnantes falaises des Cailloux de Lagne...

 

Au pied desquelles quelques ânes (encore) sont venus se poser loin de l 'ombre proposée par la forêt plus bas...

 
Au sud, le massif rocheux du Petit Billare et son sommet à 2238 mètres d'altitude.

  

Tout droit, plein Ouest, la montée vers les cayolars d'Anaye, dans un premier temps. Le sentier est très bien balisé avec de multiples traits rouges et blancs sur chaque pierre.

   

Montée progressive jusqu'aux cayolars ; ces abris de berger en pierre. A cette époque de l'époque (nous sommes fin août), ils sont occupés par les bergers.

Ils vendent également du fromage de brebis.
Capacité de cinq personnes en hiver avec cheminée et eau.
Elles profitent de vastes estives pour les troupeaux, mais aussi d'un paysage grandiose et magnifique avec ces impressionnantes falaises dominant le plateau.


 



 

 

  

C'est vraiment très beau ce vallon montant cerné par les montagnes, et notamment ces falaises des Cailloux de Lagne. oui, je sais, je l'ai déjà dit, mais c'est beau.


 

 

Par contre, il n'y a pas du tout d'eau -ou presque pas-  au niveau de la résurgence de l'Anaye.
 

Je quitte les cayolars en passant non loin de vaches qui errent autour de la petite cabane pluviométrique.

 

 

Je continue à monter. Le plateau d'Anaye se distingue par plusieurs "strates", plusieurs paliers successives. Tu as l'impression d'arriver au sommet du plateau... et non, il y a une autre butte à franchir encore... Et ce, à trois ou quatre reprises. Cela casse un peu les jambes, mais bon...

Je croise quelques fleurs, comme la Carline acaule et des chardons.

         

   
Presqu'en haut du plateau, je vois un troupeau de brebis.

Il y a bien 200 têtes. Elles sont bien tranquilles. 
Mais comme à chaque fois, la première chose que je cherche, ce sont les patous ; ces chiens de berger qui ne font qu'un avec le troupeau. Ils le surveillent, le protègent, le défendent.
Le mieux est de contourner le troupeau pour ne pas contrarier le ou les patous. Problème : là, je ne peux pas. Je suis dans un vallon cerné par les rochers et les grosses pierres. Je vais être obligé de traverser le paisible cheptel.
J'avance, je regarde, je cherche où sont les patous. J'entends des aboiements lointains dès que j'entre dans le troupeau. Je repère les chiens qui sont un peu plus haut et qui me surveillent en aboyant pour signaler leurs présences gardiennes. Ils ne bougent pas. Quand cette situation se produit, il faut simplement continuer d'avancer sans s'arrêter. Si les patous approchent, il ne faut pas les regarder ; à la rigueur leur parler gentiment et continuer sa marche.

  

J'ai passé le troupeau.

  

Ce que je remarque à présent, c'est le dénivelé parcouru.

La vache, c'est pentu ! D'après la carte, cela représente à peu près un dénivelé de 480 mètres, rien que pour le plateau d'Anaye.
  
A partir de là, l'environnement change. Finis pâturages, c'est la pierre qui domine.

  
Un dernier regard en arrière sur le plateau avec ce rocher aux formes particulières.

 
Au nord, ce sont les contreforts du Pic d'Anie (2504m)  et le pic de Coutendé (2338m) qui dominent le paysage.


 

 

 

 

 

 

 

 

Le paysage est toujours aussi spectaculaire, mais, maintenant, je me pose LA question : où sont les sources du Marmitou ? Existent-elles vraiment avec cette chaleur ? N'ont-elles pas disparu ? Y'aura-t-il un panneau pour m'indiquer leur emplacement ?

  

J'avance. Pas de dénivelé ici et ce sur une distance de 500 mètres environ. Sentier étroit mais bien balisé.

   


Toujours au nord, les falaises découpées des contreforts du Pic d'Anie, d'où parfois surgissent des formes, des silhouettes, des "têtes".

  

Finalement, quelques mètres plus tard, alors que je pensais avoir loupé les sources du Marmitou, j'arrive à hauteur de la borne indicative. 1855 mètres d'altitude, sources du Marmitou.

 
Par contre, où don' qu'elles sont les sources ? Je regarde un peu partout et trouve finalement un petit ruisseau qui vient de je-ne-sais-où...

  
Je regarde l'heure. Bon, ça va, il n'est pas trop tard. Les jambes ? ça va aussi, j'ai bien récupéré du plateau d'Anaye. Des sources du Marmitou, le col d'Anaye, situé à 2049 mètres d'altitude (d'après internet), se trouve à 1,1 kilomètre, atteignable en 35 minutes. Bon... Allez... On y va.

  

Il se trouve par ici, par là-haut...

   

Attends, on va avancer un peu pour l'apercevoir...

 
Ah oui. des fois, tu te demandes comment on peut y arriver, mais en fait, c'est très simple. Le sentier est une fois de plus très bien balisé et la montée est dégagée. Dans la pierre certes, mais dégagée. Quelques chardons bien fiers aussi...

  
Mais beaucoup de pierres et de rochers quand même...

 

  
Ah ! Un petit peu de verdure devant les contreforts du pic d'Anie, vu de profil.

 
Et un peu de couleur avec ce thym sauvage...

  

   

Lorsque j'ai regardé la belle vidéo de Res Pyr Rando sur cette randonnée au col d'Anaye, Katya et JP s'étaient arrêtés un temps à hauteur d'une petite étendue d'eau sublime.


C'est cet endroit que je recherche à présent pour voir ma petite bière belge du jour. Je tourne, je fais demi-tour, je regarde la photo, je cherche la rapprocher du paysage qui m'entoure. Je regarde sur la carte, pas d'eau mentionné.
Et puis... et puis... je m'arrête à hauteur d'un endroit un peu dégagé. Quelques petits arbres...

Ah ben... voilà... C'est là... Enfin, c'était là... Fin avril 2025... Là, on le répète : on est fin août. Donc... plus d'eau... Je ne vais quand même pas boire ma bière ici, devant cette petite flaque. "Une flaque, une bière" ?... Non...

  

Je reprends ma marche en direction du col d'Anaye. Je sais maintenant que je ne croiserai aucun point d'eau.
Le paysage est redevenu bien pierreux. Après quelques mètres de replat, j'arrive non loin du col d'Anaye...

  

Et voilà !

 

Il est content Jénorme. Il ne sait pas où il va boire sa bière, mais il est content d'être arrivé jusqu'à ce col frontière culminant à une altitude de 2035 mètres (d'après la borne).

    
Tout autour du col, c'est un désert... de pierres, de lapiazs.

 
Mais qu'est-ce que des lapiazs ? Et à quoi est due cette géologie ?
Quand on parle de lapiaz, souvent on pense au Désert de Platé, situé en Haute-Savoie... Si, si, je t'assure. Hier encore, je parlais de lapiaz avec quelqu'un et celui-ci m'a répondu direct : "Ah ouais, le Désert de Platé !"
BON BREF !
Il faut savoir (ou pas, tu fais comme tu veux) que la Pierre-Saint-Martin est l'un des plus grand lapiaz de France en couvrant plus de 140 km2 entre 1500 et 2500 mètres d'altitude.
Et là, tu me dis : "Oui, d'accord, Ok, mais C'EST QUOI UN LAPIAZ ????"

"Alors, le terme lapiaz désigne la surface marquée par l'érosion des reliefs calcaires, du latin 'lapis', la pierre. Un lapiaz est donc un champ de pierre. (...) Univers minéral, désert de pierres de la surface duquel l'eau est absente. Elle s'enfonce en réalité dans les fractures de la roche puis sillonne le massif en empruntant des gouffres et rivières souterraines.(...)
La roche, d'abord décapée par les glaciers, a ensuite subi  -et subit encore-  les assauts de l'érosion mécanique (gel, neige) et ceux de l'érosion chimique : l'eau s'attaque aux points faibles de la roche, les fissures par exemple, pour les travailler. Le gaz carbonique dont elle est chargée attaque le calcaire et le dissout.
Petit à petit se forment des formes minérales plus étranges les unes que les autres : gradins, cannelures, rigoles de plusieurs mètres de profondeur, méandres, encoches... un véritable jardin de paysages minéraux époustouflants."
DESERT DE PLATE

  

   
Tu l'as compris : le lapiaz est un phénomène géologique où l'on constate des rainures de dissolution provoqué par l'action des eaux de ruissellement. Actions réalisées il y a environ 100 millions d'années (période du crétacé). Cette roche calcaire est appelée karst.
On pourrait également parler de cet étonnant pic d'Anie ou encore des nombreux gouffres qui peuplent ce paysage, et notamment le gouffre Lépineux, 19ème cavité la plus profonde du monde. Il "passe" notamment par la fabuleuse salle de La Verna qui mesure 245 mètres de diamètres pour 194 mètres de hauteur. On pourrait y rentrer dix fois la cathédrale Notre-Dame de Paris.
Nous nous y étions rendus avec Maitre Arno en 2012 : LA SALLE DE LA VERNA.

  

Mais revenons à la surface. Ici, au col d'Anaye. Un petit regard circulaire.

 

Bon. Ce n'est pas ici que je vais boire ma petite bière. C'est un paysage original, intrigant, mais bien à découvert, plein soleil, au milieu de la pierre.
  

Je décide donc de redescendre vers les sources du Marmitou pour faire ma pause.
Maaaaaaiiissss, après le passage de la petite flaque, je jète un coup d'oeil de loin et de haut sur l'emplacement des sources. Et là, qué ne vois-je ?

  
Ah oui, un bel alignement à flan de montagne... Un bel alignement de brebis...

  
Oui, un bel alignement de brebis qui va tranquillement se poser autour des sources du Marmitou ; là où je voulais boire ma petite bière.
Alors, bon, eh, hein : la montagne apparteint à tout le monde, hein. Mais le truc pénible, là, vois-tu, c'est que ce sont les brebis que j'ai croisées tout à l'heure.
Et qui dit "brebis", dit "troupeau de brebis". Et qui dit "troupeau de brebis", dit "patous". Et qui dit "Patous", dit "faut pas se mêler au troupeau". Ce qui voudrait dire que je ne pourrai pas me poser dans l'herbe à côté du maigre ruisseau puisqu'il y aura les brebis. Eh oui. Pas de risque inutile. On a tous en mémoire ce qui était arrivé à Grégo lorsque nous avions traversé le troupeau des cabanes d'Ansabère il y a quelques années...


 

   

Mais bon. Fait chier quand même ! Allez... Je ne vais pas faire de bruit. Je vais me rapprocher du troupeau, puis me poser derrière un rocher pour ne pas me faire voir et, surtout, pour ne pas déranger.

  

J'arrive à hauteur des sources. Je passe à travers le troupeau. Pas le choix, je ne peux pas le contourner à moins de sauter dans le vide. Les patous ne bronchent pas. Ils se sont mis à l'ombre d'un gros rocher, entouré par quelques brebis.

   

Tu les vois ? Non.
Regarde, ils sont là.

  

Je passe le gros rocher...

  

Je continue de traverser le troupeau, bien éparpillé...

 

   

Je me pose à mon tour derrière un gros rocher, face aux contreforts du Pic d'Anie, à l'abri des regards des patous.... ah merde, y'en a un qui m'a vu... Il se pose un temps derrière moi, me regarde... Il voit que je ne bouge pas, que je ne veux embêter personne... Il passe son chemin...

  

Peut être que je suis accepté ; à condition de me faire discret.

  

Allez, on déballe le sac à dos.
C'est l'heure de l'apéro !

SANTé !

  

   

  

On retrouve à présent cette belle randonnée composée de belles rencontres (parfois délicates) et de magnifiques paysages. toutefois, je pense qu'il est préférable de faire cette randonnée au mois de mai plutôt qu'aux mois de juillet-août car la rivière Anaye est à sec.

   

 

   

 

30 avril 2026

INSTANT CUISINE RAPIDE : sublimons les nouilles !

Tiens, allez, et si on cuisinait un peu là, pour changer, hein.
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

   

  

  

Tu le sais, il le sait, nous le sachons : j'adore cuisiner. Je l'ai prouvé à maintes reprises ici avec des recettes décoiffantes, étonnantes, faciles, imprévisibles et surtout rapides.

   

Souvenons-nous des séquances Beaujolais nouveau accompagné de plateaux charcuterie tous plus originaux les uns que les autres.
  

Rappelons-nous de la conception
des amuse-bouches de Guéthary...

 

   
...ou encore la réalisation
d'un couscous royal

...de façon très très rapide.

   

Sans oublier la mise en forme
des knackis feuilletées.


 

On pourrait également parler des noix de Saint-Jacques à la Compostelle ou encore la fabrication de chocolats de Noël à la prune (ou l'inverse).

L'autre chose que j'aime faire en cuisine, c'est concevoir des assiettes artistiques.

  

Attention : rien à voir avec le travail de l'artiste plasticienne française LOR-K et son projet street-art baptisé "Eat me".
"'Le travail d'un artiste est d'offrir de la beauté dans un monde laid'.
Pour l'artiste française Lor-K, ces vieux matelas abandonnés dans nos rues sont une source d'inspiration. Avec son projet de street-art baptisé '
Eat me', la jeune artiste transforme ces grands morceaux de mousse délaissés pour les transformer en part de pizza, en sushis ou encore en sandwiches surdimensionnés. Côté pâtisseries, de vieux coussins deviennent de superbes cupcakes aux fraises.
On trouve également des tacos, des brochettes, des paninis et même des glaces. Le tout au format XXL et 100% recyclé !
Seul problème ? Ses installations sont souvent dégradées, récupérées ou envoyées à la déchèterie... Rien ne reste longtemps à sa place.
Cela ne décourage pas pour autant Lo-K qui conçoit ses oeuvres comme des installations éphémères."
KULTT

 

Non, moi aussi, je créé des concepts, tu vois. Des trucs qui attirent l’œil et l'estomac des gens, mais qui se mangent là. Le tout sans se ruiner.
Je n'ai jamais trop aimé ces conneries de cafés gourmands avec leurs mignardises minables hyper sucrées sans goût et minuscules, accompagnées d'un café quelconque pour la modique somme du prix d'un ticket de cinéma dans un multiplexe avec écran surround en 18D.
Je n'ai jamais trop aimé non plus ces saloperies de "planches", tu sais, ces bouts de bois surmontés de deux tranches de jambon  lyophilisé, d'un saucisson d'âne périmé et d'un pâté en boite dit local, sans oublier ces tomates cerises bio ; même en janvier. Le tout pour un prix défiant toute concurrence au niveau du foutage de gueule.

     

C'est pour cela que j'ai créé
LE BALLON DE ROUGE GOURMAND.

Le ballon de rouge gourmand, c'est un ballon de rouge primaire, une knacki toastée-twistée, un défilé de rondelles de saucisson, un précipité de tarama absolument pas maison, une tranche de jambon à l'IGP inconnue ; le tout accompagné de cornichons et d'oignons à économie durable. Tout cela pour la modique somme de 3,54 euros.
Se faire plaisir est ma priorité.

   

On en avait déjà parlé lors d'un précédent billet, il y a également le concept Star et charcut'.

L'idée : composer des portraits de stars de la chanson, du cinéma, de la politique avec des morceaux de charcuterie (pas forcément locale) sur un plat qui met la réalisation en valeur.
Un exemple ici avec le portrait du chanteur Michel Polnareff.
Certains diront : "Ooooh, mais encore une idée pour les viandards ! Pas un légume dans c't'assiette !"
Et là, je te répondrais : "Eh oh, t'as vu les sourcils ?!"

  

Un autre modèle ? Fastoche !

Tu reconnais ? C'est facile pourtant.
Allez, je te donne quelques indices : c'est un acteur américain, né le 22 avril 1937, 12 nominations aux Oscars et trois victoires. Il a tourné avec les plus grands réalisateurs, de Stanley Kubrick à Martin Scorsese en passant par Roger Corma, Milos Forman, Bob Rafelson, Tim Burton,... Il s'agit de... de... de... EEEEEEHHHHHH OUIIIIII, bien sûr : Jack Nicholson.

      

Et j'ai continué à bosser !
Soudain, en pleine nuit: PAF ! Nouvelle idée, nouveau concept !
Manger, c'est bien, mais se cultiver le cerveau, c'est mieux.
Alors est née raclette et littérature que j'ai tout simplement appelé...

Ah ben ouais. Les gens, ils n'aiment pas forcément lire, mais, par contre, ça, c'est sûr : ils aiment la raclette. Sauf l'été et quand il fait chaud, peut être.
Alors, le principe de Littéraclette, c'est quoi ?
Eh ben, tu manges de la raclette en lisant des livres.
Ah ouais, pas facile, hein parce que la raclette, ça demande l'usage de toutes tes mains pour foutre le fromage dans le chauffe-truc en même temps que couper les pommes de terre et la charcuterie (oui, je sais, encore de la charcuterie). 
Alors, comment on lit maintenant ?
Eh bien, c'est là que j'interviens avec ma sélection de la semaine, ou du jour, ou de l'heure, ou du repas.

  

Cette fois-ci, pour cette prestation Littéraclette, j'ai choisi trois ouvrages qui m'ont été offerts. J'en profite pour remercier Nath des Landes (à ne pas confondre avec Nordal le Landais, merci !), Nicouane, Xabi et Cécile.

Le premier ouvrage que je vais lire pendant que les convives déjeunent de raclette, c'est "Stars pour toujours" de Thierry Luthers, aux éditions Chronica.
Il ne s'agit de l'antépénulptième biographie de l'increvable Michel Drucker, mais bel et bien un guide inédit qui recense les tombes de 300 stars du cinéma et de la chanson en France, en Belgique, en Suisse et au Luxembourg.

 

"Ce livre invite à un voyage à travers la Belgique, la France, le Luxembourg et la Suisse en suivant les traces de celles et ceux qui ont marqué la culture populaire. De Louis de Funès à Claude François en passant par Grégory Lemarchal, Mauranne, Paul Préboist, Charlie Chaplin, Mireille Drac ou Jane Birkin. Chaque notice présente le lieu de repos d'une star (nom du cimetière, adresse, informations pratiques), accompagné d'un court texte biographique ou d'une anecdote marquante. On peut ainsi se replonger dans le kidnapping du cercueil de Charlie Chaplin contre une rançon, de l'érection polie de Victor Noir, de l'absence de pierre tombale pour la la sépulture du magicien Garcimore, ou encore la tombe monumentale d'Oscar Wilde protégée par une vitre épaisse suite à des dégradations dues à des baisers, ou les nombreuses sculptures sur la tombe de Jean Marais..." FNAC

  

Hein ? Ah ben ouais, c'est pas forcément joyeux, mais cela parle de mémoire, d'anecdotes, de souvenirs, de culture et d'arts quand même.

 

Allez, on fait chauffer le fromage, on se ressert un coup de vin de Savoie et on parle du second livre choisi pour Littéraclette.

On aurait pu l'appeler "J'irai manger une raclette chez vous", mais le titre original est vraiment "Avant d'aller dormir chez vous, il faut que je me dépêche pour la raclette"... Non, ça, c'est la carte postale que j'ai rajoutée en dessous du livre. Reprenons : "Avant d'aller dormir chez vous" d'Antoine de Maximy, aux éditions "J'ai lu".
On connait (ou pas) Antoine de Maximy pour ses émissions sympathiques, dynamiques, curieuses, touristiques et réjouissantes (je trouve) ayant pour titre "J'irai dormir chez vous". On retrouve Antoine, sa chemise rouge et ses trois caméras embarquées dans différents pays du globe, à la rencontre des gens et des cultures, avec l'idée de dormir chez eux. Son livre revient sur ce qui s'est passé avant de concevoir cette émission-documentaire.

 

"'Quand rien n'est prévu, tout est possible...' De cetet devise, Antoine de Maximy a fait une vie d'aventures et d'évasion. Ancien reporter de guerre, il a plongé en sous-marin au fond du Pacifique, dormi à la cime des arbres en Amazonie ou dans les fumées d'un volcan africain ; exploré la calotte glaciaire du Groenland, les tépuis du Vénézuéla ou les coulisses du métro parisien ; filmé les bipèdes que nous sommes mais aussi nos cousins les singes. Sans frontières, sans limites, il ne se lasse pas de rencontrer et de raconter l'autre, toujours dans le respect. Plus encore qu'un carnet de route, il nous livre aujourd'hui son carnet de vie !" J'AI LU

   
Hein, eh, un peu de voyage en restant à table, c'est pas mal. Allez, reprends un peu de fromage avec tes pommes de terre pour écouter la lecture du prochain livre : "Randos bière en France" de Fabienne Lusier, aux Editions Helvetiq.

 

"'Randos bière en France' est un livre écrit pour les amateurs de randonnée qui aiment terminer leurs balades par une note houblonnée.(...)
La vocation de cette collection est de faire découvrir un peu mieux le monde de la bière en y alliant les plus beaux paysages de la région. Pour écrire ce guide, les auteurs ont sillonné la France durant plus de cinq mois. Ils ont suivi absolument tous les itinéraires et goûté toutes les bières présentées dans ce livre.

Randos bière en France contient 70 itinéraires, répartis sur tout le territoire français. Le niveau de difficulté est variable : de la balade familiale de 2-3 heures à des randonnées alpines plus exigeantes, il y en a pour tous les goûts.
70 brasseries artisanales viennent complèter ces itinéraires."
RANDOS BIERE

      

    

Et on pourrait en développer d'autres des concepts pour bouffer !
Je sais pas, par exemple, "Apéro et astrologie" où tu réalises des plats qui ressemblent à des signes astrologiques.

    

Ici, on peut facilement deviner
le signe du Verseau, ascendant Recto.

  

On peut également lancer le concept "Huitres et élections", ou le "Trompe-l'oeil de la mer" ou encore la "Chorale des sardines"...

 

Pour aller encore plus loin, j'avais même pensé à monter un petit spectacle de ventriloquie, genre Jeff Panacloc, tu vois, en faisant des recettes.
Ici, un test avec la recette de la poule au pot façon Louis XVI...

Mais quelques critiques d'amis proches m'ont de suite donné l'envie de renoncer à cette idée de spectacle pourtant original.
  

 

BREF !
Face à cette mode des émissions culinaires et autres services gastronomiques, certains êtres malveillants ont sauté sur l'occasion, comme cette pseudo-chef à domicile.

  

Hein, bon, eh alors ?! C'est pas bien ça hein !
Avec mélanie, nous avons poussé le curseur encore plus loin que la simple conception de plats ou de déjeuner thématiques.
Nous nous sommes dits : "OK, les gens mangent un plat original, ou passent un déjeuner original à base de lectures et de découvertes, mais après ? Hein, et après ? On les laisse tomber ? On leur dit de retourner dans la rue, merci, au revoir ? On leur dit de regarder le tapis du salon pendant deux heures ? Ou encore de lever les yeux au ciel pour scruter la forme des nuages ?"

 

On leur dit d'aller regarder les émissions déprimantes de début d'après-midi de Faustine Bollaert sur France 2 ou d'aller écouter celles de RTL avec Jean-Alphonse Richard et son "heure du crime" ?

 

 

 

 

 

 

Je me suis souvent demandé comment les gens pouvait apprécier écouter ce genre d'émission à l'heure de la sieste.
De mon temps... ah ben, oui, je ne suis plus tout jeune, je vais me mettre à parler comme les vieux...
De mon temps, pour nous endormir, quand j'étais enfant, on me racontait une comptine, une belle histoire. Aujourd'hui PAF, heure de la sieste, tiens, on va te parler de meurtres et de crimes, histoire de bien te foutre la pêche car le monde n'est pas assez dans la merde comme ça !

   

Alors nous, on s'est dit : "On n'est pas là pour les enfoncer dans la déprime ! On va leur proposer du loisir, du jeu, de la culture,..."
 
Quand il y a le Paris-Roubaix à la télé, on peut prévoir de faire un post-déjeuner et parler de cette mythique course cycliste en compagnie d'animaux à quatre pattes parce que ça détend ; le tout accompagné d'un petit digestif.

 

 

 

 

On peut aussi privilégier une petite balade découverte suivant le lieu et la région où l'on se trouve.
Nous, par exemple, nous sommes dans le Béarn, non loin du Gave d'Oléron. On peut donc s'y rendre tranquillement, petite balade, pour aller compter les galets ou tenter d'écrire des mots avec leurs différentes formles et couleurs.

  
   
Et pour ceux qui n'aiment pas l'eau, on peut privilégier les grands panoramas. C'est ça l'avantage avec le Béarn : de beaux cours d'eau et de belles montagnes.

  

Il y a aussi la possibilité de jouer ou de créer des jeux.
Mélanie a créé un nouveau concept de bowling en plein air, sur un terrain de pétanque. Je t'avouerais que je n'ai absolument rien compris aux règles de ce jeu inventé en cinq minutes.

 

 



 

Apparemment, avec les boules en bois, il faut casser des objets et ça te rapporte des points qui ne servent à rien.

   

Voilà, voilà... Et maintenant ?
Maintenant, tu me dis : "Mais je ne comprends rien : le titre de ce billet était "Instant cuisine rapide : sublimons les nouilles" et je ne vois rien de cela !"
  

Ah, ah, ah. Ah oui, effectivement.
Il est donc maintenant l'heure, le moment de retrouver une nouvelle recette facile et rapide : SUBLIMONS LES NOUILLES.

   

 

Allez, bon appétit et à bientôt pour une nouvelle randonnée ou une nouvelle recette ou je ne sais pas quoi.

 

 

 

 

16 avril 2026

Une rando, une bière : LE COL D'ANAYE, épisode 1 (64-Espagne)

Allez, tiens hop : un p'tit tour dans les hautes montagnes parce que bon, eh, hein, c'est pas l'tout !
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...

  

   

Maaaaaiiissss ouiiiiii !
   

Bon, en cette période de mi-avril, il y a encore de la neige sur les cimes et en certains endroit des montagnes pyrénéennes. Voilà, c'est ainsi, cette année, il y a eu beaucoup de neige, les vendeurs de tartiflettes et de raclettes en stations sont contents, ils ont bien bossé. Le carburant augmente, le gaz augmente, les assurances augmentent, tout augmente ; mais les gens ont du pognon pour se foutre les deux pieds sur des planches pour glisser. Hein ! Alors, bon ! Merde !

 

Je ne suis pas allé au ski cette année. Pas le temps, mais ce n'est pas parce qu'il y a encore de la neige sur les montagnes pyrénéennes qu'on va rester là à attendre que ça fonde en restant à la maison, à lire les infos insolites dans les journaux...

  

Ou à tenter de regarder la télé...

   

On ne va pas non plus passer toutes nos journées à lire les dessins de Penseur étoile ; même si c'est souvent rigolo.

   

Ou encore passer notre temps à bouffer en concevant des petits plats originaux -voire ridicules- sous la forme de concept.
  

Ici, par exemple,
"Stars et charcut'" !

Le concept : composer des portraits de stars du monde entier avec des morceaux de charcuterie (pas forcément locale) sur un plat qui met la réalisation en valeur.
Ici, tu reconnaitras très facilement le portrait du chanteur Michel Polnareff.
Si, si.

   

  


 

   

Bon, ok, voilà, on a bien avancé ! Maintenant que l'on sait ce que l'on ne veut pas faire, concentrons-nous sur ce que nous allons faire.
Et aujourd'hui, pour ce nouveau billet, je te propose d'aller randonner en montagnes pyrénéennes... Hein ? Oui, je sais, je viens de le dire : il y a encore de la neige !

  
Maaaaaaaaiiiiisssss... En fait, j'ai effectué cette randonnée en août de l'année dernière. Je l'avais découverte grâce à la chaine Youtube de Res Pyr Rando, tenue par Katia avec son compagnon J.P.. J'adore cette chaine car les vidéos sont belles et reposantes. On découvre de magnifiques paysages pyrénéens "en toute simplicité"... enfin, "en toute simplicité", il faut les faire les randos !
BREF : très belle chaine ! Si tu aimes la nature, les beaux paysages, la montagne et la randonnée, c'est parfait !

   

DONC, après avoir vu la vidéo de Res Pyr Rando titrée "Source du Marmitou, col d'Anaye, vallée d'Aspe", j'ai décidé de me lancer à cet endroit.
Direction donc la vallée d'Aspe, et plus précisément Lescun, puis le plateau de Sanchèse.

  

  

Sur la route, entre Oloron-Saint-et-Marie et Bedous, la brume domine.

  
Mais une fois monté à hauteur du village de Lescun, le brouillard n'est plus qu'un vague souvenir et le magnifique cirque de Lescun apparait au bout de la route menant au parking d'Anapia, point de départ de la randonnée du jour.

   

Toujours sur la route,
quelques ânes en liberté.

  

Après moults virages de montagne, j'arrive au parking d'Anapia. Préparation du sac, enfilage des chaussures de marche, lunettes, casquette et, tout de suite : la carte et les chiffres.
  

LA CARTE

Carte : MC2 RANDO

      

   Attends !
UNE AUTRE CARTE !

Carte : MC2 RANDO

 
Et maintenant...

  

LES CHIFFRES !
13,5 kilomètres
1100 mètres de dénivelé
5h30 de marche

 

Ah ouais, quand même !
En fait, pour être honnète, je pensais, au départ, partir pour 800 mètres de dénivélé. Je ne sais pas comment j'avais calculé cela, mais tout faux. Et je l'ai bien senti à la fin de la randonnée.

     

     

ALLEZ,
C'EST PARTI !!!

    

   

   

Le soleil se lève lentement sur les hameaux environnants Lhers qui fait face à Lescun, là-bas, plein sud.

   
Quelques vaches vagabondent à flan de montagne à la recherche de quelques herbes rares.

  

La randonnée commence par deux kilomètres de piste. Large et bien entretenu, elle va me mener jusqu'au plateau de Sanchèse.

 

 

 

 

 

 

 

Quelques fleurs, un peu de couleur en chemin avec des eupatoires à feuilles de chanvre (ah ben ouais, c'est comme ça) et des solidages à verge d'or (c'est pas moi qui invente les noms des fleurs là).

  

Quelques minute plus tard, j'arrive face au beau plateau de Sanchèse (996m), dominé par les Orgues de Camplong (2041m).

Le ruisseau d'Anaye n'est pas très fourni en cette saison. Je le rapelle : nous sommes en été, fin août.
   

Sur la gauche, une intrigante présence pierreuse...


 

 

 


 

 

 

 


Mais qu'est-ce que c'est donc ?
On dirait un labyrinthe, mais non.
On dirait un alignement, mais non plus.
Un crop circle, mais en pierres.
Aucune  explication.
J'ai regardé les différentes sites de randonnées au plateau de Sanchèse, ainsi que ceux de l'office du tourisme, et à aucun moment il n'ait fait allusion à cette "construction" énigmatique. Personne n'en parle. Pas une photo. Comme si elle n'existait pas. Je ne suis quand même pas le seul à la voir ?!

  

Bon, allez, on ne va pas y passer la journée jusqu'à la Saint Glinglin !
Tiens, comme ça, au passage, sais-tu d'où vient l'expression "à la Saint Glinglin" ?
Explications.

A Chalon-en-Champagne, il existe depuis 1923 une fête foraine appelée "Saint Glinglin". Les ardchives de la presse locale rapproche cette expression du bruit de la monnaie, joli gain, car cette fête connut un succès immédiat.
"Mais, éthymologiquement, l'expression glinglin trouve son origine dans le mot allemand 'klingen', qui veut dire 'sonner'. On le retrouve également dans le patois champenois, ardennais : glinguer ou glineguer. Autrement dit, comme les cloches qui sonnent toutes les heures, tous les jours, sans que cela engage à rien, l'expression 'à la Saint-Glinglin' renvoie à une date indéterminée, à un moemnt qui n'arrivera probablement jamais." TF1 INFO

  

Au moins, ça, c'est dit.
Je traverse le ruisseau de l'Anaye par un pont en dur avec un regard sur cette montagne bien pointue nommée Pic de la Brèque dont le sommet culmine à 1632 mètres d'altitude.

 
Les animaux présents sur le plateau cherchent déjà l'ombre. En effet, à 10h du matin, il fait déjà 25°.

  

Quelques mètres plus loin, j'arrive au pied de la cascade de Sanchèse.

Là aussi, il est tôt, mais pas mal de gens sont venus de poser au pied de la cascade pour se rafraichir ; même si en cette saison, la cascade a perdu de sa vitalité.
Lorsque nous étions venus avec Maitre Arno et Nisca en octobre, elle était beaucoup plus dense : LE PLATEAU DE SANCHESE.



 

 

 

 

 

    

 

   
Allez, on passe la cascade et la foule qui commence à arriver sur le plateau pour entamer la première vraie ascension derrière le pic de la Brèque.
Balisage rouge et blanc impeccable, petite borne jaune qui indique les directions, le temps et le kilométrage. Nous sommes le GR13, sentier transfrontalier qui relie le refuge de Labérouat au refuge de Belagua sur une distance de 19 kilomètres.

      

  

Petit sentier étroit et caillouteux qui s'en va monter dans la forêt.

  

Très vite, on prend de l'altitude.
Sur ma gauche, je distingue à peine les gorges dans lesquelles s'écoule l'Anaye avant de devenir cascade.

Je sors de la forêt pour me retrouver plein soleil avec une vue dégagée, notamment sur les Orgues de Camplong.

  

Le sentier se fait étroit, encadré par une murette en pierres presque naturelle.

  

Derrière moi, un magnifique panorama sur le plateau de Sanchèse apparait, ainsi qu'une vue lointaine sur quelques sommets pyrénéens, comme le Pic du Midi d'Ossau.

  

Nouvelle entrée dans la forêt. Sortie de forêt pour traverser une petite clairière où un panneau m'annonce que...

Oui, la cabane d'Anaye  -appelée également cayolar d'Anaye- est à 30 minutes de marche.
Ici, dans le Béarn et le Pays Basque, c'est ainsi que l'on nomme les cabanes de berger : cayolars. Elles se composent d'un abri en pierre, d'un parc à animaux et d'un terrain de pâturage autour pour les nourrir.
Le cayolar d'Anaye reçoit vaches et brebis, mais aussi des ânes que je retrouve, par cette chaleur, un peu partout lors d'un autre passage en forêt, après la clairière.

  

Et, souviens-toi, au début de cette expédition, nous avions déjà croisé des ânes au milieu de la route nous conduisant au parking d'Anapia.
   

Mais que font tous ces ânes par ici ?
En fait, l'un des abris du cayolar d'Anaye est, en été, une ânerie que l'on nomme plutôt une asinerie, afin d'éviter quelques confusions de langage.
Mais l'essentiel des activités de cette asinerie se passe dans une ferme située à Lescun. On y pratique la traite et la conception de produits cosmétiques. Eeeeh oui, avec le lait d'ânesse, Sauma Bio  -c'est le nom de cette ferme-entreprise- conçoit shampoings, savons saponifiés à froid, crème et lait hydratants.

   

Après avoir traversé la clairière, puis après avoir marché sur une partie plus plane et en descente censée suivre le ruisseau d'Anaye malheureusement un peu à sec en cette saison, j'arrive à une barrière, surmontée d'un panneau...

  

Celle-ci marque la fin de la zone ombragée. A partir de là, nous allons évoluer en plein soleil.

  
Nous entrons sur le magnifique plateau d'Anaye, dominé, dans un premier temps, par le Billare au sud et le pic de la Brecque au nord.

  

Ici débute une nouvelle forme d'ascension en direction des sources du Marmitou et du col d'Anaye.

   

    
 

   

DANS NOTRE PROCHAIN EPISODE


Jénorme va-t-il trouver les sources du Marmitou, censées se trouver sur ce chemin de randonnée qu'il emprunte ? Aura-t-il la force de se rendre jusqu'au col d'Anaye situé à 2035 mètres d'altitude ? Et qui va-t-il croiser lors de cette évolution randonnesque solitaire ? Que va-t-il voir ? Que va-t-il découvrir ?
Quel suspense, c'est incroyable !!!

   

   

 

 

 

 

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