BAYONNE, LE PETIT BAYONNE (64)
En ce mois d'avril 2021, nous sommes à nouveau confinés. Un confinement qui oblige à ne pas se déplacer à plus de 10 kilomètres de chez soi.
Alors que faire et où aller quand on habite le Pays Basque, et plus précisément dans les environs de Bayonne ?
Quand soudain, ne voilà-t-il pas...
Comme nous avons pu le voir dans notre précédent épisode intitulé "Saint-Martin-de-Seignanx, les Barthes", la zone de confinement s’est agrandie ! YESSSS ! Nous passons de un à dix kilomètres ! OUUAIIIISS !
Ainsi, quand on habite Mouguerre, cela nous donne la possibilité de nous déplacer dans un rayon comme celui-ci.

Carte : Geoportail.fr
La fois précédente, nous nous étions rendus en pleine nature, dans les barthes d'Adour au sud de la commune landaise de Saint-Martin-de-Seignanx. Cette fois-ci, finie la nature, finis les oiseaux qui chantent, les fleurs, les arbres, la verdure ! Cette fois-ci : place au ciment, au béton, à la chaux, aux immeubles ! Place à la ville, place à Bayonne ; et plus précisément au Petit Bayonne !
Bon, il est vrai qu’en ce moment avec tous ces commerces, bars, restaurants fermés pour cause de confinement-covid19, le Petit Bayonne a perdu de son dynamisme, de son côté vital. Mais il est toujours possible de se promener dans les petites rues et ruelles afin de profiter des belles couleurs de la ville basque.
Je quitte donc Mouguerre pour me rendre à Bayonne. C'est parti !
MOUGUERRE → BAYONNE 7km
Waouh, on est dans le rayon des 10 kilomètres autorisés.
Je gare la voiture au parking des Allées Boufflers, jouxtant l'Adour. Je passe par les fortifications nord de la ville pour atteindre le square Lafayette ; un petit square où se cotoient jeux pour enfants et entrée de la salle de concert Le Magnéto (quand elle est ouverte). Juste au-dessus, les fortifications ont été plus ou moins aménagées avec un petit espace pelouse nous proposant un petit panorama sur les rives de l'Adour.
Entrons complètement à présent dans ce qui est appelé ici Le Petit Bayonne. Et là, tu te dis peut être : "Mais s'il y a un Petit Bayonne, peut y'a-t-il un Grand Bayonne ?"
À cette question fort judicieuse, je te répondrais : "Oui, tu as raison, mais pas que."
Et pour le comprendre, tout de suite, sans plus attendre, un peu d'histoire géographico-économico-culturello-politico-illico-explicative pour remarquer, notamment, que la ville s'élève sur les ruines d'un ancien castrum romain, Lapurdum (Labourd), dont le rôle était alors de surveiller l'accès au principal port de Novempopulanie. Lapurdum devint ensuite Bayonne, du basque Ibaï Ona, "la rivière bonne" en référence à la Nive.
"Bayonne s'est développée au point de rencontre de l'Adour et de la Nive, à quelques kilomètres seulement du Golfe de Gascogne qui, comme tu peux le voir prend un E et n'a donc rien à voir avec le golf de Chiberta. La devise de la ville est nunquam polluta, qui veut dire Jamais souillée.
Les rivières séparent la ville en trois parties plus ou moins égales avec chacune leurs particularités.
Sur la rive gauche de la Nive, le Grand Bayonne est le véritable centre de la cité. Les restes des remparts y protègent encore le Château-Vieux et la cathédrale Sainte Marie.
Le Petit Bayonne, avec ses musées et ses maisons anciennes, est pour sa part situé entre le cours de l'Adour et la rive droite de la Nive.
Enfin, sur la rive droite de l'Adour, le quartier de Saint-Esprit est dominé par la citadelle Vauban." ÉDITIONS ATLAS

Plan : Presslib
Bayonne se compose en fait de sept quartiers, mais reconcentrons-nous aujourd'hui sur un seul d'entre eux : le Petit Bayonne.
Entrons sans oublier, bien sûr, de porter le masque.
Celui présent sur l'affiche a même été personnalisé.
La première curiosité, ou premier édifice d'importance, croisée lors de cette entrée dans le Petit Bayonne est l'église Saint-André qui a donné son nom à la place Paul Bert... Hein ? Ah ben non puisqu'elle s'appelle Place Paul Bert, du nom du médecin, physiologiste et homme politique français Paul Bert (1833-1886) à qui l'on doit de nombreuses recherches sur la physiologie de la respiration, les greffes et l'anesthésie. Il fut également l'un des fondateurs de l’« école gratuite, laïque et obligatoire » qu'instaurent les lois de Jules Ferry ; ce qui ne l'empêcha toutefois pas d'exposer des thèses racialistes dans plusieurs manuels scolaires qui se réfèrent à des idées et à des théories explicitement racistes avant de mourir du choléra à Hanoï à l'âge de 53 ans.
Un rapide passage devant une porte discrète mais présente,
à côté de l'église Saint-André.
"Adoration perpétuelle"
Adoration : Amour fervent, culte passionné.
Perpétuelle : Qui dure toujours, indéfiniment.
Voilà pourquoi j'ai parfois du mal avec les religions et cette "passion" débordante.
BREF : voici l'église Saint-André.
Oui, les églises sont ouvertes en cette épriode de pandémie. En même temps, au moment où je m'y rends, il n'y a personne dans l'édifice religieux.
Comme son nom l'indique, l'église Saint-André est dédiée à Saint André. Eh ouais. Mais qui était saint André parce que c'est bien beau de dire : "Ah ouais, trop nul, bien sûr que Saint André est dédiée à Saint André quoi !" ?
Eh bien, Saint André était un saint... Ah, ah, ah... "Ah ouais euh, comme si on s'en doutait pas que saint André était un saint, trop stylé nul quoi !"
André était un Juif de Galilée, frère de saint Pierre, et le premier des apôtres à connaître Jésus-Christ. Il est né à Bethsaïde, en Galilée, sur les bords du lac de Tibériade au Ier siècle. Tout d'abord pêcheur, il fut surtout à la recherche de Dieu. Lorsque Jean-Baptiste désigna Jésus-Christ en disant : "Voici l’Agneau de Dieu", "l’Agneau de Dieu qui l'emporte sur les péchés du monde" (Jean I:29-40), il le suivit et ne le quitta plus.
Il finit crucifié sous l’empereur Néron, à Patras en l’an 60. Ramené à Rome sous le pape Pie II en 1462, son crane fut considéré comme une des quatre plus importantes reliques de la basilique Saint-Pierre de Rome, avec un morceau de la Croix du Christ, le voile de Véronique, la lance de Longin.
Entrons dans l'église Saint-André de Bayonne.
"Construite par les architectes Hippolyte Durand et Hippolyte Guichenné entre 1856 et 1869 sous le règne de Napoléon III dans le style néo-gothique, elle a été financée en grande partie par un legs (5 millions de francs en plusieurs dons) du banquier Jacques-Taurin de Lormand.
Le 13 décembre 1895, une partie de la voûte s'effondre sur la tribune de l'orgue, car le sol est marécageux. Les flèches, trop lourdes et culminant à 74 mètres, sont démolies en 1901 et remplacées en 1903 par les deux tours-beffroi actuelles.
En forme de croix latine, l'église s'inspire des églises gothiques du XIIIe siècle avec deux tours en façade et une rosace imposante au-dessus des portails. Elle est à trois nefs ogivales.
À l'intérieur de l'église, on remarque un tableau du Bayonnais Léon Bonnat (1833-1922) représentant l’Assomption et un tableau d'un autre Bayonnais, Joseph Pascau (1875-1944) représentant la Sainte Famille, un chemin de croix en céramique de 1956 d'André Trébuchet. L'orgue a été offert par Napoléon III en 1862." WIKIPEDIA
"L’édification de ce bâtiment dans le style néo-gothique le plus pur, à cet endroit précis, est apparue pour certains comme l’affirmation du catholicisme triomphant sur le courant janséniste, encore latent au sein du clergé local." MUSÉE BASQUE
Un beau soleil à l'extérieur permet de faire ressortir les reflets des vitraux sur les murs et les sols.
Je ressors de l'église Saint-André dont la grande porte fait maintenant face à la belle fresque de Den XL, réalisée en 2020, dans le cadre du super Festival Points de vue-SpaceJunk.
Le festival Points de vue-Spacejunk se tient chaque année à Bayonne aux mois d'octobre et novembre. Nous en avons déjà parlé à plusieurs reprises sur ce blog (cf : Bayonne, à la recherche des fresques et Bayonne, Festival Points de vue).
Plus d'une centaine de fresques et de graffs sont présentes à travers la ville ; Petit-Grand Bayonne, Saint-Esprit, et autres quartiers. On peut, notamment, se lancer à leur recherche dans un fantastique périple à vélo...
FRESQUES ET VELO
JEU
Parmi toutes ces photos de Jénorme posant en tenue de cycliste
devant quelques-unes des fresques présentes sur l'agglomération bayonnaise,
une n'a rien à voir avec la choucroute.
Sauras-tu retrouver laquelle ?
Voici une façon originale de découvrir un art, une ville, ses quartiers, ses habitants tout en faisant de l'exercice, feignasse !
Pour être sûr de n'en louper aucune et d'avoir une approche artistique de chacune, autant passer par l'association SpaceJunk qui organise des itinéraires à vélo ou à pied pour les découvrir : DÉCOUVRIR LES FRESQUES à VÉLO AVEC SPACEJUNK.
Allez,
reprenons notre exploration (sommaire) du Petit Bayonne,
en parcourant de façon aléatoire les rues et autres places
de ce quartier coloré et populaire.
Demi-tour pour prendre un peu d'altitude en allant direction Château Neuf.
CHATEAU-NEUF
Bâtie sur l'ordre de Charles VII après la reconquête française de Bayonne en 1451, cette forteresse prend appui sur le rempart anglais des XIIIème et XIVème siècles ; et notamment sur le portail du Mocoron qui défend l'entrée du Petit Bayonne (Borc Nau).
Les deux tours massives dominantes (l’une ronde, l’autre oblongue, cantonnées de tourelles d’escalier) sont tournées vers la ville, montrant la volonté royale d'alors de soumettre les Bayonnais, nouveaux sujets de la couronne de France.
Bon, je t'avouerais que tout ce qui est militaire, rois, fortifications et tout ça, ben, c'est pas ce qui m'intéresse le plus pour parler de Bayonne.
Donc, je vais me contenter de faire un peu le tour de ce lieu en regardant ailleurs.

Entrée de l'amphithéatre troglopelouse de l'IUT Vue sur le Petit Bayonne et les flèches de la cathédrale

Vue sur la cathédrale Sainte-Marie depuis la terrasse de l'IUT
Je quitte le campus de l'IUT situé dans l'ancienne caserne de Chateau-Neuf pour redescendre dans les rues et ruelles du Petit Bayonne.
Sur le parking Paul Bert, un panneau de l'office du tourisme nous parle du Petit Bayonne.
"AU MOYEN AGE : LA NAISSANCE DU QUARTIER
Au XIIème siècle, Bayonne connait sa première expansion urbaine : les terres basses marécageuses du confluent sont progressivement occupées, formant les quartiers neufs du Borc Nau et Pannecau, sur la rive droite de la Nive. Le peuplement s'organise autour de deux axes : l'actuelle rue Bourgneuf aménagée sur une levée de terre et le canal Pannecau. Le nouveau quartier est relié à la ville par le pont Bertaco, pont de bois situé à l'emplacement de l'actuel pont Pannecau.
ENTRE NIVE ET ADOUR : LE QUARTIER DU PORT
Dès son origine, le quartier est fortement marqué par les activités fluviales et maritimes. Les chantiers navals sur la rive droite de la Nive font face au marché aux poissons de la rive gauche dès le XIIIème siècle. Charpentiers de navires, avironniers, galupiers, tilholiers et gens de mer organisés en corporation, vivent ici. La rue des Tonneliers rappelle aujourd'hui l'importnace du commerce du vin dans les activités maritimes de Bayonne au Moyen Age.
DU XIIIème AU XVIIIème SIECLE : UNE FORTE PRÉSENCE RELIGIEUSE
Dès le début du XIIIème siècle, les Dominicains bâtissent en bordure de l'Adour un vaste couvent dont les vestiges affleurent sous l'actuel lycée Paul Bert. L'église des Cordeliers s'élève au bord de la NIve : retracé au sol, son plan est visible aujourd'hui le long du mail Pelletier. Non loin de là, les Clarisses sont installées près de la porte Mousserolles dès le XIVème siècle, alors que les Visitandines rejoignent le quartier au XVIIème siècle : leur couvent est partiellement conservé rue Marengo. La Révolution de 1789 marque la disparition de ces édifices religieux qui plaçaient Bayonne parmi les villes françaises accueillant le plus de couvents.
DU XIIIème AU XXème SIÈCLE : L'EMPREINTE DU POUVOIR MILITAIRE
Sous la domination anglaise, le quartier est enclos dans une vaste enceinte partiellement conservée dans les murs du Chateau-Neuf, édifié au XVème siècle par Charles VII. Des boulevards et des bastions sont aménagés au XVIème siècle, améliorés et complétés au cours des deux siècles suivants selon les plans de Vauban. Dès le XVIIème siècle, des casernes et un arsenal prennent place entre la NIve et le Chateau-Neuf. Agrandies au XIXème siècle, les casernes de la Nive sont les derniers terrains militaires cédés à la ville à la fin du XXème siècle." OFFICE DU TOURISME BAYONNE
Ce jour, le parking Paul Bert est occupé par plusieurs dizaines dee voitures. Mais, pendant les Fêtes de Bayonne, celle-ci prend un visage complètement différent. Fermée à la circulation, elle recouverte de sable afin d'accueillir les vachettes pour les traditionnelles courses de vaches.
Cette année encore, et pour le seconde année consécutive, les Fêtes de Bayonne n'auront pas lieu ; festivités officiellement déclarées ouvertes pour la première fois le mercredi 13 juillet 1932 et qui ne se sont interrompues que pendant les années de guerre de 1940 à 1944. L'idée est venue d'une bande de copains de la section rugby de l'Aviron Bayonnais qui, fréquentant les fêtes de Pampelune, proposa de créer celles de Bayonne dans le même esprit.
Comme "nous sommes en guerre" (dixit Emmanuel macron, discours du 16 mars 2020), en plus des fête de Bayonne annulées, les commerces de cette places et des rues du Petit Bayonne sont également fermés. Et quand les bars et restaurants du Petit Bayonne ont les volets baissés, forcément l'ambiance n'est pas la même.
Je m'engage dans la rue des Cordeliers. Aujourd'hui, peu de bruit. Peu de vie. Les rideaux sont fermés.
Les vitrines exposent toutes le même mot "Fermé".
C'est une autre façon aussi de se demander quelle peut être l'origine du noms de certains bars ou restaurants.
Par exemple, pour le Txupinazo.
À la Saint-Firmin, chaque année à Pampelune, ont lieu les traditionnelles fêtes de... de... ben Pamplune eh oh, faut suivre là ! On va pas faire le canarval de Dunkerque à Pamplune, hein ?! Chaque chose à sa place et les vaches seront bien gardées... surtout à Pamplune.
Bon BREF : à la Saint-Firmin, chaque année à Pampelune, ont lieu les traditionnelles fêtes de Pampelune, en Espagne, en l’honneur du saint patron de la communauté florale, Firmin d'Amiens... Ouais... Bon... Et là, tu vas me dire : "Mais alors, pourquoi n'ont-ils pas fait les fêtes de Pampelune à Amiens ?"
Euh... écoute... on va essayer d'avancer un peu là, et éviter de s'arrêter dès qu'il y a quelque chose qui semble pas cohérent.
DONC BREF : à la Saint-Firmin, chaque année à Pampelune, ont lieu les traditionnelles fêtes de Pampelune, en Espagne, considérées comme les troisièmes du monde, en nombre de participants, après le carnaval de Rio et la fête de la bière à Munich.
Je passe sur les détails et teneurs de ces fêtes incroyables pour en venir à notre interrogation première : que veut dire Txupinazo ?
Eh bien, le Txupinazo, c'est le coup d’envoi des fêtes de Pampelune, donné chaque année (sauf cette année et l'année dernière, hein, bien sûr, covid, pandémie, machin, tout ça, gestes barrière) le 6 juillet à 12 heures précises sur la plaza Consistorial, en face de la mairie. Là, des milliers de personnes agglutinées attendent impatiemment l’ouverture officielle des festivités, dans un concert de chants, sous les jets de Cava (vin mousseux), de farine et autres projectiles.
Et puis, la foule scande en chœur le nom de San Fermín, le conseil municipal apparaît au balcon, et à midi pile, face aux milliers de pamplonicas tendant leurs foulards rouges vers la mairie, une personnalité désignée prononce la fameuse phrase : « Pamploneses, Pamplonesas, Viva San Fermín, Irunshemes, Gora San Fermín », reprise en chœur par la foule. Le premier pétard est lancé (on l’appelle le txupinazo, ou el primer cohete), indiquant aux Pamplonais que leurs fêtes sont désormais ouvertes, dans les hurlements de joie d’une foule prête à affronter les neuf jours que comptent les sanfermines. C’est à ce moment-là que chacun noue autour de son cou le précieux foulard rouge. (d'après WIKIPEDIA).
Alors, pour ceux qui n'ont pas eu envie de lire tout le texte ci-dessus, concentrons le truic en disant que le Txupinazo est ce premier pétard qui lance les fêtes de Pampelune.
Et puisque nous en sommes en nous demandé quelles sont les origines des mots et des choses, voyons quelle peut être la source du nom de la rue des Cordeliers.
Naïvement, je pensais que les cordeliers étaient des personnes qui concevaient les cordages pour les bateaux, vu que Bayonne est à côté de rivière, de fleuve et de l'océan. Ainsi, dans cette rue, peut être y avait-il des boutiques, des ateliers de personnes concevant ces cordages, aujourd'hui disparus pour laisser place à des bars et restaurants...
Mais non. Pas du tout ! Rien à voir. Hors sujet. Nul.
Apparus en 1222-1228, vêtus d'un gros drap gris et d’une ceinture de corde, les Cordeliers étaient des moines, surnom donné aux frères mineurs de l'Observance ou aux frères mineurs conventuels. Et là, vois-tu, je n'irai pas plus loin parce que je m'y perds un peu dans tous ces corps et noms religieux.
Je sors de la rue des Cordeliers pour atteindre le quai Augustin Chaho, dont le nom n'a rien à voir avec l'auteur-compositeur-interprète sautillant, chanteur et musicien français d'origine espagnole, Manu Chao.
Oh putain, la vache : un bar ouvert, un musicien qui joue, des gens non masqués ! Mais qu'est-ce que c'est que cette époque de dépravés ?! Inconscients !!!!
Non, bon, Manu Chao et Augustin Chaho sont deux personnalités différentes.
Augustin Chaho (Agosti Xaho en basque) était un écrivain, périodiste, indianiste, philologue et homme politique basque français de langue basque et française. Précurseur du nationalisme basque dans les années 1800, Chaho est l'inventeur de la formule zazpiak bat (les sept font un, autrement dit les quatre provinces basques du sud et les trois du nord forment un Pays basque uni). Homme de gauche, républicain, partisan de la laïcité, il adhéra aux idées socialistes dès leur apparition et fut le premier à parler de la construction du Pays basque dans le cadre de l'Europe.
En dépit de la fougue d'Augustin Chaho, et de sa modernité sur bien des points, son combat reste isolé et s'éteint avec lui. Personne ne poursuit son œuvre. Ce sont bien les frères Arana Goiri et notamment Sabino, qui passe une partie de son enfance entre Hendaye et Bayonne, qui lancent le mouvement de libération nationale basque à la fin du XIXème siècle.
(d'après WIKIPEDIA)
Donc : j'arrive sur le quai Augustin Chaho d'où l'on a une magnifique vue sur les balles façades des maisons situées sur la rive gauche de la Nive, sur le quai Amiral Jaureguiberry, faisant parti d'un autre quartier de la ville, le Grand Bayonne.
"Quais de la Nive : quai des Corsaires, quai galuperie, Agusutin Chaho et quai Jauréguiberry offrent une rangée de maisons typiquement bayonnais : construites sur pilotis, elles se composent de 2 corps de logis et d'une courette centrale éclairée par une verrière, les étages s'appuient sur des arcades de pierre. Ces maisons servaient à stocker le grain, les bateaux mouillaient entre le Pont Mayou et le pont Pannecau, et étaient déchargés par une gabare ou galupe qui pénétrait sous la maison entrepôt." J'Y SUIS ALLEE
Ces enfilades de hautes maisons à plusieurs étages me font automatiquement pensé aux grand'place que l'on peut croiser dans les villes belges ou du nord de la France, comme Arras et Dunkerque.

Arras, Grand Place Dunkerque, le port
Mais on n'est pas obligé d'y penser. C'est vrai : ça ne sert à rien d'aller à Bayonne si c'est pour que cela te rappelle l'architecture nordiste ou belge. Autant aller directos dans le Nord ou en Belgique. Sinon, c'est un peu comme faire les fêtes de Pampelune à Amiens... Mais qu'est-ce que je raconte, moi ?!
OH
RECENTRONS NOUS UN PEU !
Imaginons, par exemple, qu'il nous prendrait l'envie de traverser la Nive pour nous rendre dans le Grand Bayonne et plus précisément sur le quai Amiral Jaureguiberry, hein ? Imaginons, comme ça, soyons fous ! Qu'est-ce que l'on verrait depuis ce quai ?
Eh oui, bravo :
on aurait une très belle vue
les maisons du quai Augustin Chaho.
Chaque samedi, en même temps qu'aux Halles, c'est ici au bout du quai Augustin Chao que se tient le marché de Bayonne avec ses étales de produits, de viandes, de fromages et de légumes des producteurs locaux. Ce jour là, nous sommes mardi, c'est calme et l'esplanade Roland Barthes est bien déserte... ou aérée. Il y a souvent des jeunes qui viennent se poser pour jouer aux cartes sur la pelouse, ou jouer de la guitare, ou simplement parler en buvant quelques verres. Un terrain de pétanque non officiel accueille également les férus de ce sport provençal.
Dans un coin de l'esplanade,
dans un coin discret,
une autre devanture fermée.
Le confinement avant.
Je longe la Nive par le quai Augustin Chaho jusqu'à la rue Pannecau dans laquelle je m'engouffre.
Tout comme la rue des Cordeliers, la rue Pannecau est très calme en ces temps de pandémie obligeant bars, restaurants et commerces non essentiels à fermer. Oui, je sais : je me répète, mais c'est tout de même une situation économico-culturello-sociale surréaliste.

Commerce fermé Graff de Exist et salon de coiffure
À savoir puisque nous nous intéressons à l'origine du nom de certains restos et bars, le Tiap est un petit gueuleton improvisé en basque. Il est un peu étonnant de voir que cet enseigne de restauration ait pris ce nom traditionnel pour vendre des pizzas...
Quand on parle de la rue Pannecau, on pense à plusieurs histoires.
Tout d'abord avec le pont Pannecau, longtemps nommé pont Bertaco réaménagé en maçonnerie sous Napoléon III. Il est le plus vieux pont de Bayonne.
Construit en 1120 sous domination anglaise pour relier le Petit au Grand Bayonne, il fut détruit à plusieurs reprises par les crues de la Nive. Il était en bois jusqu'au milieu du XIXème siècle. Circulation interdite, puis autorisée, puis interdite, le pont Pannecau n'a cessé de voir son activité changer. Toutefois, comme nous le révèle François Lafitte Houssat, "[…] une ordonnance municipale de 1327 prévoyait l’enfermement de toute femme querelleuse et de mauvaise vie dans une cage de fer plongée dans l’eau de la Nive depuis le pont. La pratique perdura jusque vers 1780, elle portait le nom évocateur de Cubainhade ou Cubainhedey" (cf : Les Bayonnades).
L'autre histoire qui colle à la rue Pannecau est celle de France Bielle, dite "Michelle de la rue Pannecau". Tu peux retrouver l'histoire de cette figure locale en allant sur ce lien : France Bielle, dite Michelle de la Rue Pannecau.
Prochaine rue du Petit Bayonne, parallèle aux autres : la rue des Tonneliers. La rue Pannecau est séparée de la rue des Tonneliers par le quai de la Galuperie.

Quai de la Galuperie, vue du quai Commandant Roquevert
Sur ce quai de la Galuperie, on retrouve ces belles maisons hautes colorées
avec façades à colombages, dont certaines furent à deux doigts
de s'écrouler en 2016, à hauteur du bar mythique Le Clou.
Mais d'où vient ce nom, "La Galuperie" ?
Eh bien tout simplement des galupes qui, jadis, étaient amarrées à cet endroit.
Pour rappel, la galupe est l'appellation gasconne des anciennes gabares. Ben ouais. Voilà. Bon, c'est une barque à fond plat qui était utlisée pour le transport de marchandises sur eau jusqu'au XXème siècle.
Ce nom de quai nous rappelle en mémoire les temps où les berges de la Nive et leurs arceaux étaient parfois inondés. C'était le temps d'une grande activité maritime, marchande, économique et commerciale. Ces galupes de 10 à 25 mètres de long et de 4 à 5 mètres de large pouvaient emporter jusqu'à 70 tonnes de marchandises. On transportait, entre autres, le jambon de Bayonne de sa salaison à l'ébauche finale. Ah ben oui, à un moment donné, il fallait bien que je parle du jambon de Bayonne. Les galupiers étaient regroupés en confrérie et tenaient assemblée au cloitre du couvent des Cordeliers, aujourd'hui disparu.
Sous les beaux immeubles à arcades, àa la base, les arcades reçoivent habituellement, en d'autres temps plus "pacifiques", les terrasses des bars et restaurants.
Mais quelle est cette fresque là-bas, au bout des arcades, au début de la rue des Tonneliers ?
Qui sont les quatre gars qui figurent sur cette fresque ? Sont-ce des artistes, des rugbymen, des musiciens ? Ouais, c'est sûrement ça, des musiciens. Un groupe basque, un groupe basque qui a l'air bien rock, voire métalleux. Aaaaah, y'en a pas 36 des groupes basques bien métalleux composés de quatre musiciens connus dans le monde entier. Il y a Can of Worms qui a fait une tournée au Japon en 2018. Il y a aussi Killers, appelé également Génocide ; mais ils ne sont que 3. Il y a Su Ta Gar qui sont 4, mais pas très connus mondialement. Ahlalalalalala.... Mais... Mais... il y a aussi...
Ah merde, pardon, je me suis trompé de lien.
Effectivement, Luis Mariano est basque et connu dans le monde entier,
mais il est seul.
Voyons plutôt avec...
Eh oui bien sûr : GOJIRA !
Hein ? Ah ? Ils sont Landais. Merde. La boulette. Bon... Ben écoute, euh... je ne sais pas qui sont ces gens fresqués ici, à l'entrée de la rue des Tonneliers.
ENTRONS DANS LA RUE DES TONNELIERS !
Oui bon, malheureusement, les bars et restaurants sont fermés aussi, ici rue des Tonneliers, en ce moment.
Alors quand on dit "Tonneliers", on pense de suite à "Tonneau", hein, ok, on est d'accord, non, oui, hein ? Mais est-on sûr qu'il y a un rapport entre le métier de tonnelier et cette belle rue du Petit Bayonne ? Et si oui, pourquoi ? Mais si non, alors pourquoi pas ?
Eh bien, nous n'allons pas faire durer le suspense plus longtemps car, oui, en effet, dans la rue des Tonneliers de Bayonne, il y avait bien des tonneliers. Autrefois résidents de la rue Doeur (qui veut dire Tonneau en gascon), ils ont rejoint la rive droite pour s'installer dans la rue des Tonneliers au XVème siècle.
De cette, une belle perspective sur la cathédrale Sainte-Marie apparait.
Oui, une belle vue sur une voiture bleue d'Eunedis aussi.
À l'autre bout de la rue des Tonneliers, en parallèle de la rue du trinquet, une petite place enclavée et discrète évite de faire parler d'elle afin de ne pas voir trop de touristes. C'est la place Patxa.

"La place Patxa est un lieu marqué d’histoire avec le “Mouvement Patxa”,
le “Patxoki”, les fresques sur l’histoire du Pays basque ou encore les fêtes alternatives de Bayonne."
COLLECTIF PLACE PATXA
Le groupe anarco-abertzale Patxa a occupé cette place dans les années 80. Il fut le symbole des combats indépendantistes, alternatifs, féministes, anti-militaristes... Un collectif d'habitants de cette place ont accepté que la place soit rénovée, à condition de ne pas toucher certains éléments d'une histoire forte, notamment certaines fresques emblématiques du lieu.
Je traine un peu au hasard des rues, ruelles et passages.
Mon regard se pose ici et là.
Et puis, je regarde l'autre rive de la Nive, au bout du pont Marengo avec les deux flèches de la cathédrale Sainte-Marie qui semblent me dire : "Viens te promener un peu dans le Grand bayonne maintenant."









































